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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 20:26

Ca compte ????

Ma première victoire en triathlon ! Depuis le temps que je l’espérais ! Quand j’ai commencé le triathlon en 2010 et que j’ai vu que j’avais quelques pré-dispositions (merci papa merci maman) qui pouvaient me faire espérer quelques beaux résultats si je persévérai, un de mes objectifs de « carrière » était de gagner un triathlon.

C’est chose faite depuis ce WE.

Vraiment ? C’est là que ça se complique… C’était quand même un format bien particulier, avec très peu de participants (33 dont 20 mecs), alors est ce que ça compte vraiment ? Pour faire taire le doute, j’espère réussir à en gagner un autre, sur un vrai vélo cette fois-ci !

Le format ? 300m piscine sur 25m, 7km sur « wattbike », une sorte de vélo d’intérieur qui mesure la puissance et la restitue en vitesse, par une formule que je ne connais pas, mais qui est forcément croissante (plus tu développes de puissance, plus tu vas vite…), et 2,8km (en réalité un peu plus de 3 à mon avis) à l’extérieur sur des bouts d’herbe détrempée et les cailloux. 1 manche de qualif, puis les finales A et B avec les 4 meilleurs et les 4 suivants.

Un triathlon qui laisse la part belle aux coureurs donc. En effet, sur les formats « classiques » (en dehors d’Ironman), en gros, le vélo compte pour 50% du temps, la CAP pour 30% et la nat pour 20%. Bien sûr ça dépend du parcours et des spécifités de chacun, mais à peu près c’est ça.

Sur cette course, 15% de nat, 40% de vélo, et 45% de CAP.

Un triathlon taillé pour moi donc. D’autant plus que les transitions, où je suis notoirement mauvais, sont plus simples (on enfile direct les chaussures de CAP pour le vélo, et on n’a pas à sauter sur le vélo en marche).

La liste des inscrits avait pourtant fière allure : je comptais au moins 5 coureurs meilleurs que moi, relativement connus dans le petit milieu du triathlon sud-ouest. Le matin même, un désistement faisait qu’ils n’étaient plus que 4. Mais bon, pour 4 places dans la finale, ça s’annonçait chaud pour la finale. Quant à moi, je me suis inscrit au dernier moment, et j’ai eu la chance d’avoir une place suite à un désistement pour blessure. Moi-même j’ai failli déclarer forfait suite à une forte douleur psoas/abdo/oblique gauche, mais une visite chez l’osthéo en urgence le mardi m’a bien aidé, et je ne ressentais quasi aucune gêne le jour de la course.

En arrivant sur place, 2 nouveaux désistements faisaient que j’étais théoriquement, à mon avis, le 3ème plus fort. Ca me faisait une place en finale quasi-assurée (ou du moins bien plus facile à atteindre) mais j’étais un peu déçu car vu la densité annoncée, ça m’aurait permis de me jauger face à un nombre important de cadors du sud-ouest.

L’orga avait organisé les vagues (on était 4 par vague, car seulement 4 wattbike) pour que les meilleurs partent en premier, les un peu moins fort en 2ème, et ainsi de suite. Ceci pour permettre à ceux qui allaient faire la finale (à priori ceux qui partent en 1er) de se reposer un peu plus.

3 étaient dans la première vague, dont les 2 favoris : Jérome Save et Nicolas Boyer, qui avaient déjà eu l’occasion de me mettre une raclée sur les triathlons de Baudreix en 2013 : une vraie belle de Jérôme sur le long, et une petite fessée sur le S par Nicolas. Je ne me mets aucune pression, et je pense que ces deux-là sont meilleurs que moi, mais je m’interdis rien. J’ai fait des progrès, le format est pour moi, alors pourquoi pas ?

Je prends leur temps dans l’eau pendant leur série, ça envoie. Je vais perdre environ 40s sur cette partie. Si j’en perds aussi en vélo, ça va être dur de rattraper 1min en 3km de CAP !

Entre nos 2 séries, les filles partent, puis c’est notre tour. On est aussi 3. J’avais comme consigne de nager plutôt cool, ne pas se donner à fond, car les 10s que je peux gagner en natation en allant à fond, je vais les perdre 10 fois après si j’ai le cœur au plafond en sortant.

Dès le départ, le gars à coté de moi part vite, mais je vois que sa technique n’est pas hyper fluide et je me dis que je vais le reprendre avant la fin des 300. Je le reprends finalement assez vite, au bout de 50m, et je continue sur mon bon rythme, en en gardant dans les poumons et le cœur, ces 300m. Un bon temps néanmoins, 4m09 selon l’orga, et donc effectivement environ 40s de retard sur les meilleurs. Mais cela, pendant la course je ne le sais pas. Je cours « en aveugle » en essayant de faire le mieux possible.

Une bonne T1, si on oublie un petit micmac avec la ceinture porte-dossard, et je saute sur le wattbike. Impossible de trouver sur l’écran la mesure en watt, je n’ai que la vitesse, ou plutôt le « pace » en min/km. Je tourne autour de 1m20/km, et je mets un peu de temps pour me rendre compte que ça correspond à 45km/h. En fait, je l’ai réalisé après la course, pendant la course, j’avais pas l’énergie pour faire ce calcul pourtant simple !

Un bénévole s’approche de moi pour regarder mon compteur et dit : « ah ouais, ca envoie ! ». Bon, je dois pas être trop mal. A côté de moi, je vois le compteur du gars à coté, et je vois qu’il est plutôt à 1m33/km. De l’autre côté, je le vois pas, mais j’entends des voix qui lui disent qu’il reprend du temps. Je n’y prête pas trop attention et j’essaye de tenir les 1m20 tout du long, ce que je réussis à peu près.

Je pars à pied en premier. J’avais repéré le parcours, très boueux, beaucoup de virage, donc à priori très lent. Je n’ai pas regardé ma montre du parcours pour ne pas être influencé et essayer de tout donner. Le début est difficile, j’ai les cannes bien raides, mais les entrainements d’enchainement me sont utiles pour mettre ne branle la machine. Je vois assez vite que je ne crains pas grand-chose de mes 2 compères, qui sont à plus d’une minute derrière et à qui je reprends du temps. 2 boucles de circuit sympa, et je donne le maximum pour être sur de battre le 3ème de la 1ère manche et m’assurer plus ou moins une place en finale.

Je pense faire un bon temps néanmoins et j’hésite à lâcher un peu sur la fin pour me réserver pour la finale mais finalement je me dis : « ce serait con de louper la finale si des mecs derrière me battent pour quelques secondes » donc j’essaye de pas faiblir.

Je finis plutôt content de moi, et j’ai dû être rapide car personne ne m’attend sur la ligne d’arrivée ! et le speaker « il est déjà là ! ».

Je récupère un peu, je sais pas mon temps ou mon classement mais un peu plus tard, l’organisateur me dit : « tu peux te préparer pour la finale ! », je lui réponds : « cool, je suis dans les 4 premiers ? », et il me répond que j’ai le meilleur temps ! Devant les Jérôme et Nicolas ! Il a l’air aussi surpris que moi ! Bon, il me reste 3h à attendre pour la finale, et le temps se passe tant bien que mal. J’arrive à nager un peu et faire un peu de vélo pour décrasser, mais c’est long. Surtout qu’on n’a pas les chronos pour les étudier, regarder les temps intermédiaires, etc… pour passer le temps.

A ma montre, je suis très surpris, j'ai couru les 3km en 15km/h à peu près. Donc pas terrible, je visais 3m20-3m30. Mais j'ai quand même pris 50s sur tous mes poursuivants (excepté sans doute Jérôme avec problèmes de temps intermédiaires). C'est sur que le parcours n'était pas propice à la vitesse mais quand même, cela m'interpelle !

Je mange un bout, je regarde les courses, et petit à petit ca approche. On parle un peu avec Jérôme et Nicolas, on s’assigne nos lignes d’eau, Nicolas me dit qu’il a un problème au ménisque qui l’empêche de courir depuis quelques mois, ce qui explique sa relative contre-performance à pied.

Moi, j’essaye de pas me faire de films. Un peu avant la course, je demande quand même les chronos intermédiaires à l’orga : j’ai le meilleur chrono avec environ 15s d’avance, et le 4ème est à 1m30 environ. Le podium est quasi-assuré, mais la victoire non. Jérôme a eu pas mal de petits soucis de transition et de vélo sur la 1ère manche, les 15s peuvent partir vite.

Je savais que j’allais sortir dernier de l’eau, quoi que je pouvais espérer sortir 3ème. Comme pour la 1ère manche, j’avais l’intention de pas me mettre dans le rouge, et de rester frais pour envoyer à vélo et à pied. Je pensais également appuyer un peu moins sur le vélo car je ne me sentais pas capable de reproduire le même effort, et surtout je pensais pouvoir faire mieux en CAP, où je n’avais pas de supers sensations à la 1ère course.

Sans surprise donc, je me fais largement distancer dans l’eau. Les 2 premiers sortent alors que j’entame mon dernier 50m. Le 3ème sort une dizaine de secondes devant moi.

Sur le vélo, je me cale à 43-44 km/h et j’essaye de tenir. Au bout d’un temps, je regarde l’écran de Jérôme à coté, il est plus aux alentours de 40-41 km/h. Ca fait une faible différence, mais une différence quand même, et ca me motive bien. Les gens autour de moi m’encouragent et me renseignent : ils me disent que j’ai pas perdu plus de temps dans l’eau qu’aux séries de qualif et je comprends que je reprends du temps sur Jérôme mais que je ne vais pas réussir à rattraper tout mon retard (j’entends : « il va lui manquer un ou 2km pour le rattraper »). Bon, je suis vraiment étonné de rouler mieux que Jérôme, mais je prends. Quand à Nicolas, je n’ai pas de renseignement, mais dans la 1ère manche, on a fait à peu près jeu égal, et je me dis si je sors 40s derrière je devrai pouvoir le reprendre.

Nicolas sort du vélo alors qu’il me reste environ 500m à faire. C’est tout bon ! 40s !

Jérôme sort une dizaine de secondes devant moi, c’est tout bon aussi ! Je suis confiant !

Je pense que Jérôme part vite pour essayer de me décourager car ca pique bien. Mais je vois que je reprends petit à petit du terrain, sans m’affoler, et ça me met en grande confiance quand je vois que je reviens sans me mettre dans le rouge. Je mets un peu plus d’un km pour le reprendre, et dès que je passe, je me mets devant et j’essaye d’imprimer un tempo régulier mais fort. Pas un à coup, le but est de le lâcher au train. Au début, il s’accroche, mais au bout de quelques centaines de mètres, il décroche petit à petit. Il reste un tour de 1,5km, et j’ai 10-20m d’avance. Devant, j’ai vu que Nicolas avait une avance confortable, qui me paraissait à première vue difficilement rattrapable, mais au bout de 1km, je voyais qu’on allait le reprendre. Je le reprends au bout d’un peu moins de 2km, et je vois que je reprends toujours du temps à Jérôme. Nicolas s’accroche un peu mais ne peut pas suivre. J’essaye de continuer à accélérer, de ne pas penser à la victoire mais à la façon d’y arriver (un pied devant l’autre, fréquent, grand !). A 500m c’est quasi gagné, mais je remets un dernier petit coup, pour assurer le coup, et pour mettre le plus d’écart possible et faire le meilleur temps possible.

J’arrive vraiment très très content, une quinzaine de secondes d’avance, encore, sur Jérôme, et un peu plus sur Nicolas, et encore un peu sur le 4ème.

A la montre (les résultats définitifs ne sont pas encore sortis), je fais une bien meilleure CAP, environ 40s de mieux que sur la première course, et il le fallait car Jérôme n'était pas loin !

Incroyable donc, je gagne ce petit triathlon mais devant 2 triathlètes qui sont quand même reconnus dans la région.

Malheureusement, Nicolas était diminué, donc ce n’était pas sa vraie valeur. Quant à Jérôme, je ne sais pas dans quelles dispositions il était.

Quoi qu’il en soit, j’ai réussi à gagner cette course, et j’en suis très content, fier, mais également surpris. Surpris d’être autant au dessus à pied, et également d’avoir réussi à faire jeu égal avec Nicolas sur le vélo et mieux que Jérôme, qui sont tous les deux réputés pour leur capacité à vélo.

Quelques explications ? A mon avis, ils n’ont pas fait le bon choix en se positionnant en position CLM sur le wattbike. Cette position n’a pas d’interet si on ne doit pas se battre contre le vent. Moi, j’étais en mode « facteur », et je pense avoir réussi à développer plus de puissance comme ça.

Et bon, j’espère que j’ai fait des progrès depuis 2 ans, surtout que mon entrainement est basé sur les triathlons courts (S/M) contrairement aux années précédentes ou c’était orienté long (half, IM). J’ai été épargné par les grosses blessures, et je m’entraine dur depuis novembre. Alors c’est bien agréable de démarrer cette saison par une victoire, même si elle est un peu particulière.

On verra sur les « vrais » triathlons si je peux aller aussi vite qu’eux. Car au final, tu peux bien développer autant de watts que tu veux, ce qui compte c’est ta vitesse (citation approximative de Cavendish)

Du coup, ça me donne beaucoup de motivation, et de l’ambition, même si j’essaye de ne pas m’enflammer, pour les prochaines courses, à commencer par le duathlon de Périgueux ce WE. Si j’arrive à faire une T1 pas trop dégueu, j’ai bon espoir d’être dans le groupe de tête. On verra bien, les triathlons avec drafting sont tellement particuliers !

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Published by benji-triathlon
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