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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 15:00

 

Pas de miracle, mais pas une catastrophe non plus, et quelques regrets.

 


Voici enfin la première course 2015 sous mes nouvelles couleurs, dans un format sur lequel je n’ai aucune expérience: un duathlon S avec drafting (5/20/2,5). Je n’ai jusqu’à présent fait qu’un seul duathlon dans ma vie, l’année dernière, mais c’était un long, et ma seule expérience de drafting date de ma 1ère année en triathlon il ya déjà 5 ans.

Le parcours vélo est de type « critérium », avec 4 tours et 4 virages à 90° plus un demi-tour par tour, autant dire beaucoup de relances. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, moi qui ai l’habitude du no-drafting et donc de l’effort linéaire sans à-coup.

La préparation hivernale n’étant pas au niveau des années précédentes, je ne m’attends pas à faire des miracles, mais j’espère ne pas avoir trop régressé non plus. Bref, ce sera un bon test. Les dernières semaines, j’ai l’impression d’être pas si mal que ça en vélo, malgré le peu de volume, mais par contre j’ai l’impression de ne pas être bien à pied. La course se fera de toutes façons au feeling.

Côté pratique, j’ai décidé de faire toute la course avec mes chaussures de course à pieds, pour optimiser les transitions. D’autant plus en conditions drafting, quelques secondes de perdues à la transition peuvent faire la différence entre accrocher le bon paquet ou se retrouver tout seul en chasse patate derrière (oui, faut écouter le Tour de France pour comprendre les expressions). J’ai convaincu Nicky de faire de même. On est tous les 2 aussi nuls en transition l’un que l’autre, et je suis sûr que l’on peut gagner 30s/1min sur la transition, et que l’on ne les perdra pas sur le vélo à rouler avec des chaussures normales. Des générations de cyclistes l’ont fait, ya pas de raisons. Au final, je pense que c’était le bon choix.

L’échauffement est limité à son strict minimum, 5min avec 2 accélérations, on a juste le temps de changer Anthony, lui donner à manger, essayer de l’endormir avant de passer le relais aux gentils accompagnateurs de la Tribu 64 qui se proposent de le garder pendant qu’on fait la course. Heureusement, il fait un super beau temps.

Sur la ligne de départ, on écoute le briefing, et je sens que j’ai déjà un peu soif. Pas bon ça. Puis à un moment ça part, tout le monde court alors que le départ n’a pas été donné. Je me dis : « c’est pas possible, on va pas tous griller le départ quand même ». Je suis atterré et me mets à marcher en me disant que je vais pas courir si c’est comme ça. En fait, le départ est donné 200m devant et tout le monde courait pour aller se positionner en 1ère ligne. Du coup je me fais avoir une nouvelle fois, je suis bloqué, impossible de me mettre devant, je suis en 5-6ème ligne, je suis deg, car une nouvelle fois, je sais que 10-15s de perdu sur la première CAP peut faire la différence entre le bon groupe ou pas.

 
Ça part très vite, je me fais même doubler par pas mal de monde sur les 100-200 premiers mètres. Je me dis que c’est débile, il ne peut pas y avoir autant de monde capable de courir 20km/h sur 5km. Et petit à petit, effectivement, je « ramasse les morts », comme on dit, sauf que là je les ramasse au bout de 1-2min ! Ya vraiment des gros problèmes de gestion là ! Bon, moi je ne suis pas un modèle en l’occurrence, car en analysant ma course, je vois une lente régression de la vitesse au fur et à mesure des 5km. Je dois perdre un bon km/h entre le début et la fin.

Au bout d’un km, je voyais que j’étais pas si mal, car c’était assez groupé à l’avant, ils n’étaient pas bien loin. Au demi-tour, je vois que des petits groupes se forment et moi je commence à coincer, mais je fais l’effort pour essayer de continuer à remonter. Malheureusement, sur le retour, le vent est de face, et je n’arrive pas vraiment à profiter de l’abri des autres concurrents, et je fais le train une bonne partie du retour.

Je lève un peu le pied sur la fin pour essayer de récupérer avant le vélo. Je suis aux environs de la 25ème place, et déjà étonné de ne pas avoir réussi à être mieux classé. Je cours à environ 17,3km/h (GPS). Pas énorme donc, mais finalement je ne perds « que » environ 1 minute sur les meilleurs !

 
La transition se passe bien, forcément, mais les premiers km en vélo seront extrêmement difficiles. On est 2-3-4 à quelques mètres les uns des autres, et ça part très très vite. J’essaye de m’accrocher à un gars qui fait un gros effort, mais j’ai le palpitant au taquet ! On est loin de la gestion de l’effort sur un format sans drafting. J’arrive à prendre un relais à un moment, mais j’ai l’impression que le gars me rattaque au moment de prendre le relais. Je laisse presque tomber à un moment et fais signe au gars derrière de passer, mais je me souviens plus trop comment j’arrive à rester dans les roues. On se retrouve finalement à 3, et on essaye de s’organiser tant bien que mal pour recoller au gros paquet devant. Mais que c’est dur ! les relais arrivent vite, à chaque virage je perds quelques mètres que je dois combler le plus rapidement possible, et à chaque demi-tour c’est l’horreur 20s à fond pour ne pas se faire décrocher ! Vraiment ça n’avait rien à voir avec une course sans drafting dont j’ai l’habitude, avec un effort linéaire, tout en auto-gestion. On reste à 3 pendant environ 2 tours à bien appuyer sur les pédales sans réussir à reprendre le groupe devant avant de se faire rejoindre par un groupe plus important d’une dizaine de coureurs. Là je peux enfin un peu plus récupérer, je me mets à l’arrière et ne passe plus un relais ! Heureusement, il y a 3 coureurs de l’équipe des pompiers de Bordeaux qui se relayent à l’avant et qui assurent une très grosse partie du travail. J’avoue que je suis resté caché derrière, mais c’était pas de tout repos, surtout avec les relances comme je disais. Il y avait une partie en faux plat montant, et généralement c’était là où je me sentais le mieux, ce qui me rassure un peu sur ma condition physique à vélo.

Sur le vélo, je n’étais pas hyper à l’aise, mais c’était moins la cata que ce que je craignais. J’arrivais à me faire une place dans le groupe sans problème, et les dépassement de groupes auxquels on prenait un tour se passait plutôt bien, même si on s’est fait insulter à un moment par 2 compétitrices qui ont trouvé qu’on les avait doublés d’un peu trop près. J’avoue qu’il y a eu quelques moments un peu chaud, en particulier quand 2 gars devant moi ont commencé à se toucher par l’épaule et à prendre appui l’un sur l’autre pour ne pas tomber… j’ai vite décalé sur le côté pour les éviter au cas où ils chuteraient, mais ils ont réussi à regagner l’équilibre.

Sur les 2 derniers km, je trouve que ça ralentit un peu, j’ai réussi à récupérer, et je décide de me porter vers l’avant. J’essaye aussi de m’acheter un semblant de confiance pour apporter « ma pierre à l’édifice », surtout que je connais un peu un des gars qui roule fort devant depuis un moment, et je me disais que j’allais essayer de l’aider. Je vois que le gars en question a pris une dizaine de mètres d’avance, et je décide d’y aller. Je le relaye assez vite, puis je lui fais signe de passer, mais rien ne vient. J’essaye encore 10-15s et je refais signe, mais je commence à m’asphyxier, je regarde derrière, tout le monde est bien calé. Je me relève un peu mais reprend la 2ème place, et je reprends un relais assez vite, et j’entre au parc à vélo en premier, toujours environ 20-25ème. Il y a encore pas mal de monde dans le parc, j’essaye d’écouter le speaker qui annonce les groupes devant, mais c’est pas facile. De toutes façons, dès le début je sens bien que les jambes ne répondent pas. J’ai l’impression d’être en mode yogging, de ne pas réussir à avancer, et, ce qui est pire, que je ne trouve pas l’envie d’aller dans mes retranchements. Je me contente de mon petit niveau, je ne veux pas essayer d’aller plus vite, et quasi tous les gars de mon groupe me passent dès le 1er km, malgré les quelques secondes que j’ai gagné à la transition à ne pas changer de chaussures. J’essaye juste de reprendre mon souffle, et en fait je gagne sans doute rien à la transition car je prends mon temps pour remettre mon vélo et enlever mon casque. Je n’ai pas du tout bu en vélo, j’étais tellement concentré et à bloc que je n’ai pas pris le temps d’aller chercher mon bidon, et j’ai la bouche ultra-sèche.

2,5km, c’est pas grand-chose me direz-vous ! Ceux-là ont été longs, et c’est de mon point de vue la plus grosse déception de la journée, de ne pas avoir réussi à courir à bon niveau, mais surtout de ne pas avoir réussi à aller dans mes retranchements. Je l’ai joué « petit joueur » en fuyant l’inconfort et la souffrance plutôt que d’aller chercher la performance.

Je réussis néanmoins à me motiver sur les 200 derniers mètres pour aller chercher une place et finir 26ème. Je cours ces 2,5km à 16km/h environ (au GPS). Autant dire très loin de ce que je pensais être capable de faire, et plus d’un km/h moins vite que ma vitesse sur le premier 5km ! J’étais donc effectivement bien cramé !

Le niveau était très dense, et le top 20 était à 20s, le top 15 à 40s, le top 10 à 1m10, le podium à 1m40, et la victoire à 2m20.
Je ne suis donc pas si loin que cela…

Le but de cette course était quand même avant tout la qualification à la demi-finale de D3 de duathlon. On est très loin du compte et très loin de la qualif. Pas vraiment de regrets sur ce point, car on n’avait tout simplement pas le niveau. Même si on avait tous fait la course parfaite, ce ne serait pas passé, les équipes qui se sont qualifiées étaient tout simplement meilleures que nous.

Au final, c’était un format nouveau mais vraiment sympa. J’en tire un nouveau respect pour ceux qui font des courses avec drafting. Moi j’ai toujours trouvé que le court n’a rien à envié au long, mais j’ai toujours été adepte du no-drafting, car je trouve que ça dénature la course. Au final, selon moi, c’est sûr que le drafting dénature la course (dans le sens où la tactique de course, et la chance de se retrouver ou non avec un bon groupe, qui s’entend, a un rôle prédominant dans le classement final), mais la partie vélo n’est vraiment pas plus facile que sans drafting. L’effort est différent, mais j’ai vraiment serré les dents et eu les cuisses en feu à plusieurs occasions pendant la course.

Au global, je suis quand même déçu de ma performance, mais j’essaye d’en tirer quelques enseignements pour la suite. J’ai noté :
-          J’ai effectivement perdu en CAP, mais c’est peu surprenant
-          Je n’arrive toujours pas à accepter l’inconfort/la souffrance en course. Cette course devait être un test à cet effet, mais je ne m’y suis pas assez préparé mentalement je pense. C’est à refaire donc.
-          Compte tenu de ma préparation cet hiver, et de l’échauffement pré-course, du mauvais positionnement sur la ligne de départ, et de la déshydratation dont je pense avoir beaucoup souffert lors de la 2ème cap (2-3L de flotte avalés dans les heures suivant la course pour un petit pipi…), je trouve que ça aurait pu être bien pire et que je ne suis pas si loin du niveau des meilleurs aquitains. Oui, cela sonne comme un listing d’excuses, mais j’assume : je trouve que j’aurai pu faire une meilleure course, et j’espère que cela me motivera pour les prochaines.

En conclusion, je suis surtout déçu que l’équipe ne se soit pas qualifié pour la demi-finale D3 qui a lieu à Carcassonne dans un mois. Tant pis, on n’ira pas. Heureusement, les filles et les jeunes de la Tribu 64 ont porté haut nos couleurs, félicitations à eux/elles !

Quant à moi, il y a encore du boulot ! J’espère pouvoir consacrer un peu plus de temps à l’entrainement dans les prochains mois, retrouver de l’envie (de s’entrainer, de performer), et de m’améliorer pour arriver pas trop mal pour Mimizan, le prochain objectif !

Et merci encore aux accompagnateurs (ils/elles se reconnaitront) pour avoir gardé Anthony le temps de la course.

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Published by benji-triathlon - dans CR complet
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 20:43

Les dernières avec Nanterre... Snif !

 

classement général ici

classement sprint, CD, half

 

Voilà, c’étaient mes derniers triathlons sous les couleurs de l’ES Nanterre. Dans 2 mois, si tout va bien, j’aurai changé de club, de région, de boulot, de statut familial… Bref ça va en faire du changement ! Je voulais profiter de ce dernier triathlon avec l’ESN pour essayer de la représenter du mieux possible, et pourquoi pas enfin réussir à gagner une course, vu que je chasse les podiums depuis 3 ans, mais sans réussir à m’adjuger la première place !

 

Le Tri Series, une course en 3 étapes, avec un classement général au temps, style Tour de France.

Après avoir participé à seulement 2 des 3 étapes l’année dernière, je me lançais sur le classement général cette année.

3 courses en 2 jours donc, S et M le samedi, et L (half) le dimanche.

Ça risque de donner un CR assez long cette histoire. Je vais essayer de ne pas trop m’égarer et d’extraire la substantifique moelle de cette histoire.

 

Le WE a été plus que réussi avec un savant mélange de blagues et jeux de mots plus ou moins réussis (Val et McDu inside), un nouveau statut de champion du monde de triathlon aux yeux d’au moins un, voire 2 membres de la nouvelle génération, acquis le samedi mais perdu 24h plus tard le dimanche. Des histoires de bouilloire et de cure-dents à dormir debout (ou au moins à payer une caution). Du gore, de la souffrance, de la sueur, de la vase sur le visage ! Et surtout des nanterriens, un toulousain, des supporters qui donnent de la voix, une super orga, des bénévoles aux petits oignons, des arbitres présents cachés dans les fougères prêts à sanctionner, des concurrents qui s’auto-disqualifient, etc… Il s’en est passé des choses !

 

Encore un grand merci à l’organisation, en espérant que cette épreuve gagne en notoriété (mais pas trop quand même pour que ça reste sympa), aux bénévoles (ca m’impressionne toujours de les voir sur le bord de la route à faire la circulation pendant des heures), et aux accompagnateurs(trices) nanterrienns pour leurs encouragements !

 

Sans plus tarder : on se retrouve le vendredi soir avec McDu dans un f1 plein à craquer à Bourges. On peaufine notre discours pour expliquer notre déconvenue à venir sur la course du dimanche. Au bout de 30min, c’est bon, on a assez d’excuses pour pouvoir expliquer n’importe quelle contre-performance à venir (je vous en filerai si vous voulez).

 

On arrive sur place avec pas mal d’avance, mais ça me prend des plombes pour préparer ma monture. Roue pleine arrière, roue avant à jante haute, j’avais sorti le grand jeu !

 

Le but du WE était de s’amuser, et si possible de faire une belle perf (c’est à dire gagner) le classement général sur les 3 épreuves. De plus, je me dis qu’il y a peut-être la place pour gagner le S ou le M du samedi, le niveau n’étant pas à priori très élevé sur ces courses (j’avais fait 2ème et 3ème l’année dernière).

 

Je briefe Val qui est là en spectateur pour le S avant d’enfiler la panoplie de triathlète Meuh-meuh pour le M : « tu me donnes l’écart sur le 1er. Si j’ai une chance d’aller chercher la victoire, j’y vais à fond. Sinon je gère pour ne pas me cramer ».

On est 150 à prendre le départ, la plage est large, je me place en 1ère ligne.

On est un peu surpris par le coup de sirène qui annonce le départ. Je me retrouve en 2ème ligne, mais je fais 2 mouvements de dauphin pour me replacer illico dans les pieds du leader.

Je suis pas trop mal, 2ème, et je vois qu’un peloton important est à ma droite. Il s’étire petit à petit et nous rejoint au niveau de la 1ère bouée. Je recule petit à petit dans ce peloton, et je me dis que devant ca a du filer. Je m’accroche pour ne pas lâcher les pieds, mais dès que quelqu’un me double, j’en profite pour lui laisser ma place, souffler un peu, et me placer dans ses pieds à lui.

Je me dis que devant ca a dû partir mais j’espère avoir bien limité la casse.

Je sors de l’eau bien entamé mais hyper content quand Val m’annonce 8ème à 8s ! Je suis dans le groupe de tête ! Incroyable !

Je fais une transition pas terrible en mettant mes chaussures aux pieds et en enfourchant le vélo style « mamie ».

Mais je me sens bien sur le vélo. Bien que l’IM ait laissé quelques traces de fatigue « profonde », les quelques entrainements vélo où j’ai dû envoyer des watts ont montré que j’étais capable de produire un gros effort sur un temps limité.

Dans ma tête, je me dis, je fais l’effort sur 5km et je vois où j’en suis ; si je continue à attaquer ou si devant ça part et je coupe mon effort.

Je double beaucoup de concurrents en 2-3km et je me retrouve 3ème avec les 2 premiers en point de mire, avec la voiture ouvreuse devant. Je fais des pointages à chaque virage, et aux 3km je suis à 25s du 1er. J’ai dû perdre 20-30s à la transition car pourtant je reviens sur eux. Au bout de 5km je suis plus qu’à 12-15s. Mais l’écart se stabilise… Je lutte pour combler le trou, mais je n’y arrive pas.

Finalement, ce sera vers le km15, à la faveur d’un faux plat très descendant vent de face, et sans doute bien aidé par ma roue pleine, que je réussis à combler les 10s qui me restaient. Mais la montée juste après, je décroche une nouvelle fois, ne voulant pas me griller complètement. Je recolle sur les 2 derniers km sur le plat. Il reste 1km. Je demande à un arbitre à coté si devant ils ont pris un carton, car j’avais vu l’arbitre discuter avec eux à un moment. Elle me dit que non. De là où j’étais, impossible de voir si la distance était respectée, mais comme un arbitre était souvent là, je pense qu’il n’y a pas eu de problème.

Je reperds quelques secondes sur le dernier virage un peu piégeux et me voilà 3ème à la dépose du vélo, à moins d’une dizaine de secondes du 1er.

Je fais une transition correcte et repars à 9s du 1er, 3s du 2ème. Ça paraît rien 3 et 9s, mais je vous assure qu’il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi…

Je pars à une allure où je pense pouvoir tenir voire accélérer, et je vois que malheureusement les 2 gars devant savent courir, mais qu’heureusement ils ne s’échappent pas non plus. Bref, on a à peu près le même rythme. Je me rapproche petit à petit du 2ème, et lui se rapproche du 3ème. Donc c’est moi qui vais le plus vite. Mais c’est vraiment de rien du tout, et on doit gratter mètre par mètre. Au bout de 1,5km je reviens sur le 2ème, on n’est plus qu’à 10-20m du 1er. J’essaye d’accélérer, mais le 2ème en remet une couche, et je temporise. Encore cette difficulté pour moi de vraiment me faire mal quitte à exploser complètement. En plus là yavait le classement général dans la tête. Si je donne tout ce que j’ai là et que je gagne pas, je m’expose à une désillusion le lendemain.

Et je loupe le coche. Le 2ème accélère, rejoint le 1er, ils courent ensemble, et je perds petit à petit mètre après mètre jusqu’à ce que dans la tête j’arrête de vouloir souffrir et me reconcentre sur le classement général.

Je finis donc 3ème, un peu déçu quand même, il faut le dire. Sur le vélo, je commençais déjà à me voir vainqueur, je pensais revenir plus facilement sur les 2 en tête et poser avec un peu d’avance, mais j’ai présumé de mes forces. Je décide également de sortir du sac une des excuses préalablement préparée et parfaitement adaptée : « oui, mais tout ça, c’est à cause de mes transition minables : 20sec en T1 et 5s en T2 = 25s et là ce n’est plus la même histoire mon bon monsieur ».

Au final, 8ème en nat à 12s du 1er, 2ème en vélo à 18s, et 3ème à pied à 33s.

 

J’arrive avec 3 minutes d’avance sur le 1er poursuivant du tri series. Je suis surpris de l’écart, mais content. Je pense (l’erreur !) qu’avec une telle avance sur le sprint, même si j’y suis allé à fond et que lui s’est réservé, que l’écart montre une différence de niveau et que je vais pouvoir aller chercher le général sans trop de problèmes…

 

On se reconcentre direct sur le M qui arrive dans quelques heures. Là je me sens pas trop en forme. Le 2ème du S a prévu de le faire, et je me dis que ça va être dur de lutter contre lui, d’autant plus que je suis pas hyper motivé pour faire une grosse natation.

Le temps de manger la salade de pâtes préparée avec amour par Nicky, d’assister avec horreur à la mise à mort de la bouilloire en plastique du bungalow # 7, de se dégourdir les jambes 15min sur le vélo, et nous voilà une nouvelle fois sur la plage du départ.

 

Cette fois-ci je ne me laisse pas surprendre par le départ. Je pars comme une balle, 2 coups de dauphin, et je me mets à nager. Il ne me reste plus qu’à trouver des pieds pour me caler. Mais, mais, mais ? je suis premier ? je suis premier bordel !!! Je lève un peu plus la tête pour vérifier, mais non, pas d’erreur possible, personne devant, juste le kayak ouvreur. C’est trop bon, mais j’essaye de pas m’enflammer. J’essaye de bien glisser et de reprendre mon souffle pour quand on va revenir sur moi (car je ne doute pas qu’il y en a un paquet juste derrière moi, à commencer par 2-3 gars qui étaient devant moi sur le S). A ma droite, un peloton s’étire mais ne revient pas sur moi. Puis ça me dépasse par la gauche et je passe 2ème à la 1ère bouée. Un autre me passe (je reconnais le 2ème du S), et j’essaye d’accrocher leurs pieds, mais très vite je n’ai pas la force et je décroche. Ensuite, j’essaye de rester accroché au 2ème groupe. C’est dur mais j’y arrive tant bien que mal pendant 1200-1300m, avant d’abdiquer sur la fin et de lâcher une quinzaine de secondes. Musculairement c’était difficile !

 

Je sors 6ème, mais je me doute que devant c’est déjà loin. En fait ils sont déjà 2 minutes devant ! Je pensais pas avoir perdu autant de temps.

 

Sur le vélo je reviens assez vite sur un ou 2 gars, je sais pas trop je suis dans quelle position, mais je me dis que pour la 1ère place c’est quasiment cuit et j’essaye de « gérer ». Je reviens petit à petit sur 2 concurrents. De là où je suis, je ne peux pas voir si ils draftent mais en tout cas ils restent ensemble. Encore une fois, je me retrouve derrière avec du mal à revenir sur eux. On finit le 1er tour, et on m’annonce 5ème. Je me dis donc que le 1er fait cavalier seul devant, un intercalé qui vient de me doubler, qu’il y a le duo, et ensuite moi. Juste quand je suis en train de revenir sur eux, un gars nous double à vive allure, aucune chance de le tenir. Je reste à distance respectable de mon duo, et à un moment je me dis « là c’est pas possible, il s’est vraiment mis dans sa roue ! ». virage à droite et là paf ! un arbitre sur le côté de la route ! Illico elle sort un carton et crie « 117 ! » (le numéro de dossard du gars). Mais elle crie aussi autre chose, que je n’ai pas entendu. Au bout d’un moment, je me demande si je n’ai pas aussi pris un carton. Le règlement stipule 7m, et je me demande si je n’étais pas trop près également. Je me dis que si je la revois je lui demanderai.

Je double le 117, l’autre gars ayant mis un coup d’accélérateur. Je reste à 20m, j’hésite à doubler mais ça avance déjà bien, donc je reste derrière.

L’arbitre passe en moto, et avant que j’ai eu le temps de penser à l’appeler, c’est le gars devant qui lui fait signe. S’ensuit ce qui ressemble à une engueulade avec de grands gestes de la part du concurrent. J’en déduis qu’il a dû prendre le carton aussi et que surement je n’ai rien eu.

Mais à mon tour je lui fais signe et lui demande « tu m’as mis un carton ? » Elle me répond « Oui ! ». Un peu décontenancé, je hoche la tête et dis « OK » mais ne pense pas à lui demander la couleur car il me semble avoir vu jaune et jaune ca veut dire « tu t’arrêtes, l’arbitre t’explique l’infraction, tu répares si possible (genre tu ramasses ce que t’as jeté) et tu peux repartir ». Ensuite elle me redit un truc mais on entend vraiment très mal. Je lui redemande en criant le plus fort possible « MOI, J’AI UN CARTON ??? ». Et là, soulagement, elle me dit « non, non », et me fait un « thumbs up » et un sourire (je crois, sous le casque de moto, difficile de dire…). Je la remercie et me remets dans ma course. Le mec devant devait être énervé car quand elle a mis le carton, lui était effectivement devant. Après, je pense qu’elle les avait déjà averti et qu’elle a sévi sur les 2 pour « l’ensemble de leur œuvre », mais bon, ce n’est que supposition, je ne sais pas.

Je passe l’autre qui s’est pris le carton et en me voyant passer il me dit « j’ai pris un carton p… » ou un truc comme ca. J’hésite sur l’attitude à adopter et je décide de l’ignorer. Je tourne même pas la tête et continue. Un peu autiste comme réaction j’avoue mais qu’est-ce que je pouvais lui dire : « ah, c’est dommage ! » ou « tu l’avais bien mérité, non ? » ?

Je suis 4ème mais pas pour longtemps, je me fais doubler sur la fin et pose 5ème. Je ne sais pas si le podium est loin mais je me doute que pour la victoire c’est mort, et je décide de gérer mon allure pour ne pas rajouter trop de fatigue à la machine…

Je passe 4ème très vite et essaye de demander si le 3ème est loin, mais les bénévoles ou les spectateurs sont un peu surpris de ma question et me répondent assez vaguement : « non, pas trop loin ! ». Bon, je décide de continuer à mon rythme et on verra bien.

Le parcours comporte quelques petits faux plats bien casse-pattes et une belle bosse. J’aperçois le 3ème quand je suis au pied de la bosse et lui en haut. J’essaye de continuer à gérer, je me dis que je vais revenir sur lui quoi qu’il arrive. Je suis à 15km/h en moyenne malgré le relief, je suis content.

Sur la 2ème boucle, j’arrive à revenir sur le 3ème en haut de la bosse. Je me dis que je vais pas laisser échapper le podium et j’accélère dans le faux plat descendant et prends un peu d'avance. Il reste 1km, et j’entends des pas revenir sur moi. Je me dis que le gars avait des ressources finalement, mais en fait je vois le 2ème du tri series me passer comme une balle ! Mince, c’était pas dans les plans, ca, j’espérais encore prendre quelques minutes d’avance avant le half, et voilà que c’est lui qui va combler l’écart.

Il court très bien, et je décide de ne pas me cramer pour aller chercher le podium, je me « contente » de limiter la casse en accélérant un peu.

 

Au final 4ème, avec 5min de retard sur la vainqueur ! C’était le 2ème du S de ce matin, une belle démonstration de force, et je suis content pour lui car il était bien sympa ! Et 15s de perdu au classement général sur le 2ème.

Moi, je suis forcément un peu déçu. Sur les 2 courses, je fais 3ème et 4ème, donc moins bien que l’année dernière, et en plus, j’ai laissé pas mal d’énergie dans les 2 courses, je n’ai plus que 2m45 d’avance au général, et le 2ème a l’air de monter en régime !

 

La soirée se passe à

1.       essayer de réparer mon ongle de pied qui a eu la bonne idée de commencer à se barrer pendant la natation du M, qui m’a fait souffrir à l’australienne et à la sortie de l’eau, mais heureusement pas trop après. Un ruban adhésif pris à McDu, et un renforcement le lendemain quelques minutes avant le départ du L par la Croix Rouge et le tour est joué, et une excuse de plus dans la poche.

2.       essayer de convaincre Val de participer au half du lendemain (c’était pas trop dur)

3.       essayer d’expliquer à mon nouvel admirateur que le gagnant du tri series n’est pas forcément un champion du monde.

4.       Participer à la pasta party, de mon point de vue meilleure que les autres pasta party que j’ai pu voir aux orgas Challenge/Ironman (excepté South Africa où c’était une tuerie !)

5.       Essayer d’obtenir auprès de l’organisateur la bière qu’il m’a promis à la sortie du M. finalement, je ne l’aurai pas eu, ce qui me gâche une excuse pour le lendemain !

6.       Essayer de lutter avec Mc Du pour s’empêcher d’aller participer au concours de karaoké du camping

7.     Et la nuit à lutter contre le froid car on est trop con pour allumer le chauffage, mais merde, on est le 24 aout ! Mais ça fait encore une excuse de plus dans l’escarcelle. C’est bon, on peut mettre 7h sur le half !

 

 

La course elle-même ? Bon, OK, c’était pas fameux ! Je m’attendais à souffrir, mais je pensais pas exploser comme je l’ai fait. Encore une super natation, où j’ai été 2ème dans les pieds du 1er jusqu’à la 1ère bouée, puis j’ai dû me résigner à laisser partir un groupe, et j’ai pris les commandes du groupe de chasse (quelques éléments) pendant quelques centaines de mètres, avant de m’accrocher désespérément au dernier concurrent qui restait avec moi en me disant « si je le lâche, je me retrouve tout seul et je perds beaucoup de temps ». J’y arrive mais une nouvelle fois, je lâche un peu sur la fin. Je sors avec 1min de retard sur la tête, avec un parcours à peine plus long que sur le CD la veille (1min20 de plus pour moi ; environ 2min pour la plupart des compétiteurs).

Ca m’arrange pas qu'il n'y ait pas la distance en nata car, pour une fois, c’est en natation que je fais la différence. Le deuxième du classement général n’est pas très bon en natation (je lui prendrai 5min), mais me rattrape en vélo et en CAP.

Sur le début du vélo, à chaque fois que je me rapproche de la 3ème place, un gars vient me doubler. Le parcours est en 3 boucles, le revêtement est pas terrible, et il y a pas mal de petites montées, j’ai l’impression d’être constamment en prise, et hésiter entre prolongateurs et cocottes.

Je pédale « au feeling », sans trop regarder les watts. J’ai l’impression de pas être trop mauvais sur la première partie, mais je me retrouve rapidement 6ème et seul au monde.

Je finis la première boucle et j’entends le speaker m’annoncer : «Benjamin Feraud, le leader du classement général ». Ya pas à dire, c’est quand même sympa à entendre. 1er tour bouclé en 55minutes, c’est bien plus que ce que je pensais et espérais (33km/h environ). La journée va être longue, et je me dis que j’ai pas pris assez de gums à manger pour tenir 2h45…

Je suis dans mes petits calculs de chronos (alors si je lui ai pris 4min sur la natation du CD hier, je devrais lui en prendre 5 aujourd’hui. S’il m’a pris 2m30 sur le vélo en 1h05 hier, il devrait m’en prendre environ 2m10 sur le 1er tour, et je peux espérer le voir revenir seulement dans le 3ème tour et…), et là je le vois passer, celui que j’attendais dans plus d’une heure et 40km. Il m’aura repris 5 minutes en 35km environ ! J’essaye de pas trop me démotiver, en me disant que si ca se trouve, il a super bien nagé, qu’il est en train de tout donner pour revenir, mais que je vais pas trop perdre dans la 2ème partie et qu’il va exploser à pied. J’essaye de caler mon allure sur la sienne, mais je vois tout de suite que les watts grimpent bien plus haut que ce que je pourrai tenir. Je reste une ou 2 minutes à 20-30m, je vois qu’il se retourne, pour vérifier si je m’accroche. Puis je « laisse » partir. Bon, je mets « laisse » entre guillemets car de toute façons je ne pouvais pas faire autrement ! Le 2ème tour est difficile, mais je garde à peu près la même moyenne.

En finissant la 2ème boucle, j’essaye d’écouter ce que le speaker dit, et j’ai l’impression qu’il raconte que ça devient dur pour moi… Sans doute le 1er est passé depuis longtemps…

 

Je commence la 3ème boucle en me disant que ça allait être très dur. Et effectivement, ce fut très dur. J’ai porté ma croix pendant près d’une heure. Je m’attendais à tout moment à voir passer Jef, mais faut croire que c’était dur pour tout le monde, car finalement je ne concède que 2 minutes sur lui. Je m’alimente comme je peux, je choppe des bananes au ravitaillement, je n’arrive même pas à sortir les mêmes watts que sur Ironman. Bref, j’agonise, j’explose, mais j’essaye de serrer les dents en me disant que ça ira mieux sur la CAP. Je me prends à imaginer une crevaison, et je pourrai abandonner et m’allonger tranquillement dans l’herbe (en vrai j’ai pris de quoi réparer, l’excuse ne marchera pas, flute !)

Au final, je ne perds que 3min sur ce dernier tour, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas autant souffert sur le vélo. J’étais tellement en détresse que vers le km 80, alors que ça fait déjà 2 fois que je suis passé au même endroit, je loupe un virage à droite. Je vais tout droit, et le bénévole me hèle au dernier moment ! Hop, demi-tour, l’occasion de voir que derrière il n’y a personne, et c’est reparti.

Je commençais à revenir sur un gars et à l’avoir en point de mire, mais sur la fin, je suis carbo, et je le perds de vue.

Enfin j’arrive au parc à vélo, quel soulagement ! Le speaker m’appelle désormais « celui qui était premier au classement général ce matin ». Il est à coté de moi dans l’air de transition et il essaye de calculer l’avance au général que le 1er a désormais. Je comprends 3-4 minutes environ (en vérité il pose avec 6m20 d’avance sur moi et il avait 2m40 de retard donc il avait 3m40 d’avance). Je pose le vélo 9ème.

En vélo, j’ai perdu 11 minutes sur lui et plus de 10 minutes sur 5 autres. Mais pour autant je fais quand même le 11ème temps (sur 77…).

Je pars pas trop vite, car je n’ai aucune envie d’exploser et de trainer ma misère pendant 10-15km. Je me cale à 4m20/km, et ca a l’air de passer. Je suis quand même en dessous de ma vitesse de départ sur marathon IM de Zurich, mais il m’est difficile de faire plus.

Au 1er ravito, je m’arrête 10-15s pour prendre des fruits secs (j’avais oublié mes gels) et bien boire coca+eau+coca+eau !

On a 4 boucles à faire, le parcours est plutôt sympa, et on ne peut pas dire que je me fasse mal pour essayer d’aller le plus vite possible. Je n’ai pas encore fait une croix sur la 1ère place au général mais je sais qu’il faut compter sur une grosse défaillance. Je pense aussi à la 2ème place au général car un concurrent du tri series m’a doublé au 30ème km et je ne l’ai jamais revu. Mais bon, j’avais 7min d’avance sur le 3ème, et j’ai du mal à croire que je vais tout perdre.

Je reviens sur un gars qui m’avait doublé en vélo, avec un vélo de route sans prolongateur ! A sa hauteur, je le félicite pour son super temps vélo mais il m’avoue qu’il a trop forcé et qu’il est en train de le payer. Moi je trouve qu’il avance plutôt pas mal, et on coure ensemble 1 ou 2km avant que je le lâche. Il finira finalement dans le dur, 6min derrière moi.

Au 2ème tour, j’aperçois mon concurrent direct qui commence sa 3ème boucle alors que je finis ma 2ème. Je fais un pointage, je suis à 8 minutes environ... Je me dis que c’est mort, mais j’essaye de garder la même allure. Au prochain tour, je ne le vois pas au même endroit, je ne le vois pas du tout. Je sais pas si c’est moi qui ait repris 1 ou 2 minutes ou si c’est lui. Je me sens pas trop mal et je me dis que c’est moi (en fait c’était lui !). Le dernier tour j’ai l’impression de pas trop faiblir mais je perds quand même une dizaine de secondes par km sur mon rythme initial.

A 1km de la ligne, je crois apercevoir un concurrent direct devant moi et les nanterriennes accompagnatrices m'encouragent à le doubler. Mais je n’ai pas vraiment envie de me battre pour une place. Je ne sais pas combien je suis, j’imagine 6 ou 7ème, peut-être 5ème. Je finis comme je peux, mais sans me décarcasser pour le reprendre. En fait, ils étaient 2 devant, j’en ai doublé un, et l’autre a fini devant, à 14 secondes. C’est le 3ème au général du tri series, donc je finis 2ème du tri series (le 1er m’a encore collé 4m45 à pied !). Les organisateurs ont eu pitié de nous et ont pas mal raccourci le parcours, un petit 19km et des broutilles. Je cours en moyenne en 4m23/km réel sur un parcours un peu accidenté, donc c’est pas catastrophique non plus. Je suis plutôt satisfait d’avoir réussi à limiter les dégâts étant donné mon état de fatigue sur le vélo. Je fais le 4ème temps à pied, mais je perds plus de 5 minutes sur les meilleurs.

Je suis classé 7ème (sur 77), pas terrible, surtout que j’ai au moins 10 minutes de retard sur les 4 premiers…

Bon finalement je vais garder mon sac d’excuses, on sait jamais ça peut toujours servir une prochaine fois !

 

Ce que je retiens du WE en terme de triathlon, ce sont mes supers sensations sur les départs en natation, et le fait d’avoir nagé dans le groupe de tête jusqu’aux 300m à chaque fois. Après, il m’a manqué un peu de résistance pour réussir à toujours sortir parmi les premiers, mais c’était bien kiffant de jouer les premiers rôles dans l’eau, et j’espère que ça va m’aider à trouver de la motivation pour retourner dans la piscine cet hiver ! De plus, c’est dans cette discipline que j’ai bâti mon avance au classement général (11 minutes de gagnés sur le 1er au classement général), et ce sont mes 2 autres disciplines (que j’apprécie plus généralement) qui ont fait défaut (14min perdues à vélo, 5min à pied)

 

 

Voilà une vidéo faite avec un drone fourni par le chronométreur. Ca fait de belles images, et en particulier les 2 départs du S et du M. Je suis pas mal à droite sur l’écran, avec un bonnet jaune.

 

 

On ne peut pas vraiment dire que j’ai bien géré les 3 courses. Peut-être qu’on gérant plus le M (mais surtout le S), j’aurai fait une meilleure performance au général, mais je ne pense pas que j’avais les jambes pour aller chercher la 1ère place de toutes façons (il est 8 minutes devant quand même !). En discutant avec le 1er après course, je lui avoue que j’étais bien dégouté de le voir passer aussi tôt, et lui m’avoue que son but était de poser le vélo avec moi, car il pensait pouvoir me reprendre les 2m45 à pied. Je lui réponds « je sais pas, je suis pas mauvais en CAP non plus d’habitude », mais effectivement ce dimanche il m’a mis une claque aussi en CAP, pas sûr que j’aurai pu plus limiter les dégâts si je l’avais eu en point de mire…

 

Là, je suis vraiment fatigué, et j’ai pour objectif un marathon en fin octobre. Avec la naissance qui arrive, les entrainements risquent d’être limités, et le repos chaotique, alors je préfère ne pas viser trop haut. Disons que j’aimerai battre mon record de 2h57m. J’espère bien sur descendre bien plus bas, mais on verra comment se passe la prépa. Pour l’instant un peu de repos me ferait le plus grand bien !

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 10:00

Pas de répit, on enchaine !

 

les résultats ici

 

4ème participation de suite pour moi à ce triathlon de la Montagne Noire

Après 3 participations au CD, je m’inscris cette année sur le sprint, car 6 jours après l’Ironman de Zurich, j’ai un peu peur d’exploser en vol sur le CD.

 

Aucune pression sur ce triathlon, mais de l’ambition quand même.

Le timing est serré : fin du boulot à 17h30 vendredi, train à 19h, arrivée chez Valou à Toulouse à 2h du matin (j’ai réussi à dormir dans le train), lever 5h du mat pour aller à Fontiers Cabardes dans l’Aude pour départ de la course 9h. Valentin est lui inscrit sur le CD de l’aprem. On pourra s’encourager respectivement sur nos courses !

Je décide de ne pas descendre tout mon attirail de compet, d’une part pour être plus tranquille dans le train, et d’autre part parce que le parcours vélo est très vallonné et l’aéro est moins important.

Je pars donc avec mon mulet que j’utilise tous les jours en vélotaf (ça reste un vélo de course quand même) et mes roues d’entrainement.

 

Malgré cela, de l’ambition quand même disais-je. En fait, je vise la victoire. Je me dis que c’est une petite course (100 participants environ), qu’il n’y a pas forcément un gros niveau, et que j’ai toutes mes chances.

Le retard est retardé d’une heure après un orage, les organisateurs espérant que la route sèche un peu.

Je repère quelques concurrents que j’ai croisé sur d’autres courses, et d’autres qui me paraissent bien affutés, et je me dis que la victoire va pas être simple.

 

2014-08-01 S Montagne Noire 04

pour se rendre au départ, 3km tranquilou avec les autres participants.

 

En natation, 3 boucles de 250m avec sortie à l’australienne. Je ne comprends toujours pas pourquoi les organisateurs insistent à faire ces 3 boucles sur le S alors qu’on pourrait n’en faire que 2. En plus, ils ont placé la 1ère bouée à 50-100m, et il y a environ 15-20m entre la bouée et la berge. Bref, c’est clair que ça va être compliqué. D’autant plus incompréhensible que sur le M de l’après-midi, cette première bouée n’est pas prise en compte parce que, d’après l’organisateur « vous êtes trop nombreux, ça va être le bordel ». C’est vrai que sur le M ils sont 120 alors que sur le S on est 105…

2014-08-01 S Montagne Noire 02

où est Charlie Féraud ? indice: il regarde au loin, décontracté... toujours pas? 2ème rang, à droite du bonnet jaune...

 

Bref, ce qui devait arriver arriva : un sprint pour ceux qui veulent jouer les premiers rôles jusqu’à la première bouée. Je prends quelques mètres de retard dès le départ (parti en 2ème ligne) et je lutte pendant les 50m pour ne pas être trop loin. Je m’en sors pas trop mal, je passe 10-15ème environ, mais quand je vais chercher la 2ème bouée, je me rends compte que je double tous les gars devant moi. Je passe 5ème à la 2ème bouée, mais les 4 premiers ont déjà pris 15-20m d’avance. C’est mort, je ne pourrai pas les rattraper.

Apparemment, Valentin me dit qu’une bonne trentaine de gars, dans le peloton, a coupé la première bouée, tellement c’était le bordel.

2014-08-01 S Montagne Noire 01

déjà quelques mètres de retard sur une dizaine de bonshommes, c'est dur de se refaire !

 

Je me prépare à faire toute la nat tout seul, mais un des 4 devant lâche assez vite, je le récupère bientôt, mais finalement je n’arrive pas à le doubler, peut-être a-t-il repris du poil de la bête, mais en tout cas, je reste avec lui jusqu’au bout. J’ai l’impression d’avoir pas mal nagé, mais à la fin de la transition, Valentin m’annonce 5ème à 1m45 déjà. Même si j’ai perdu 10-15s en transition, ça fait quand même pas mal de temps perdu dans l’eau. Une nouvelle fois, j'étais 4ème avec quelques secondes d'avance sur le 5ème, mais je recule à la transition...

 

2014-08-01 S Montagne Noire 06

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La transition de malade, avec les godasses au mied ! C'est un ouf ce mec !

 

Dès le début en vélo, ca descend progressivement. Je perds du temps. Je ne me sens pas à l’aise, même si la descente est pas technique. Je regrette mon vélo de CLM. J’essaye de me baisser sur mon vélo, mais j’ai l’impression de ne pas avancer. Malgré mon petit 50x12 développement max (et même 50x13 car la dernière vitesse avait du mal à passer), je ne manque pas de braquet… C’est pas très bon signe…

 

Après 4km environ, on arrive au village, et la descente s’accentue, et devient plus technique. C’est infinissable, quand est ce qu’on monte. Un nouveau gars me double, je n’arrive vraiment pas à envoyer en descente, j’ai peur, la route est mouillée, j’attends que ça passe !

Enfin un peu de faux plat pendant quelques km. Mon CLM me manque encore mais j’ai l’impression d’être mieux.

Arrive la montée enfin ! Ça commence rude dis donc, je passe vite sur le 34x25 et avance comme je peux. Je me dis qu’il faut que je force si je veux avoir une chance de bien figurer. J’avais prévu de faire le vélo sans retenue, et c’est ce que je m’applique à faire. Je reprends très vite le 5ème, et j’aperçois le 4ème pas loin (celui qui était sorti de l’eau avec moi, un gars de Metz). Je reviens petit à petit sur lui. La pente radoucit un peu, mais ça monte encore. Je commence à espérer la descente… Faut savoir ce qu’on veut. Mais comme je vois que je vais plus vite que les autres, je me dis : « ça fait mal, mais ça fait encore plus mal aux autres ». En doublant le gars de Metz, je l’entends respirer et je comprends que lui non plus n’est pas vraiment en gestion.

Il s’accrochera sur toute la montée et le faux plat suivant.

C’était une montée de 4km environ à 7%, que j’ai grimpé à 1250m de D+/h (17km/h). Les 500 premiers mètres étaient effectivement assez pentus, à 12%, que j’ai grimpé à 1500m de D+/h (13km/h)!

Puis arrive à nouveau la descente. Je ne sais pas trop à où on en est, mais je me dis : « tu récupères un peu et tu te prépares à bien envoyer à la prochaine montée », mais en fait je m’aperçois qu’on est en train de finir la boucle et qu’il n’y aura pas de 2ème montée !

Le parcours consistait en 4km d’à peu près plat, 4km de montée, et 13km de descente ! Pas vraiment pour moi.

Après quelques km de descente, le gars de Metz doit s’apercevoir que je descends vraiment mal et me double. Je le laisse partir, je n’arrive pas à le suivre. Sur les derniers km, la descente est plus douce, et j’appuie fort sur les pédales pour revenir. Je reviens et le double à 2km du but. Il restera derrière et on pose le vélo 4ème et 5ème.

Valentin annonce les 2 premiers à 3m45 ! Bon, là c’est mort. Je suis surpris d’être aussi loin, je pensais pas avoir perdu autant de temps en vélo. Derrière, j’ai l’impression que le trou est fait. Je n’ai pas vraiment regardé mais j’ai vu personne.

 

2014-08-01 S Montagne Noire 07

ce que la photo ne montre pas, c'est que j'ai pas eu le temps de déchausser l'autre chaussure. Du coup j'ai poussé le vélo jusqu'à son emplacement une chaussure au pied, une chaussure sur le vélo. La classe quoi !

 

En descendant du vélo, je vois le 3ème partir. Je me dis qu’il ne va pas être trop loin et j’espère le rattraper, même si je le reconnais, il m’a déjà battu il y a quelques années à Carcassonne, je sais qu’il court pas mal. Après analyse du Garmin à posteriori, il avait quand même 1min environ d’avance à la sortie de T2.

J’entends le speaker dire quelque chose sur les 2 premiers, et je me dis dès à présent que quelque chose ne va pas.

Le gars de Metz m’a une nouvelle fois doublé en transition et pris une 30aine de mètres d’avance. Il part très vite. Le début est en descente.

C’est ce moment que choisit l’Ironman pour se rappeler à mon bon souvenir. Ça faisait 5 jours que je sentais mes mollets, et dès les premiers pas, je les sens bien douloureux ! Je suis prudent sur les impacts et les appuis, je les sens tendus comme un string, il s’agirait pas que mes mollets me lâchent maintenant ! Je les sentirai toute la course, mais c’est surtout dans ce 1er km en descente que j’ai été prudent. Après, ça allait beaucoup mieux. Après la course par contre, le massage exclusif mollets a fait du bien !

Je reviens sur le gars de Metz au 1er km, il me demande si derrière c’est loin, je lui dis que je sais pas, mais que c’est pas derrière qu’il faut regarder, c’est devant !

On passe 2 bénévoles qui marchent et qui nous disent : « il y a une flèche plus loin, il ne faut pas la suivre ». On arrive à une intersection, la flèche à gauche, tout indique que c’est par là, sauf ce que les bénévoles nous ont dit il y a une minute. On hésite avec le gars de Metz, puis finalement on va à droite. On se retrouve dans une petite résidence, demi-tour, c’était bien à gauche. On n’a toujours pas compris ce qu’ils ont voulu nous dire par rapport à la flèche à ne pas suivre ! Environ 20 secondes de perdus dans l’opération d’après Garmin.

J’accélère un peu et me détache du gars de Metz. Je me souviens un peu du parcours, c’est le même que l’année dernière, il y a une bosse monstrueuse sur laquelle je marche pendant 15 secondes, mais je réussis me bouger le c.. pour recourir dès que la pente redevient acceptable (5-7%). Je manque de glisser et me casser la gueule dans la boue après la montée. Au ravito, on m’annonce 2ème, et que les 2 premiers ont été mal aiguillés à la sortie du parc !

Ensuite une légère descente dans un chemin à ornière de tracteur, pas le top pour les chevilles, et je suis hyper vigilant.

Virage à droite et belle montée sur le bitume. Je peux regarder à gauche là d’où je viens pour voir mes poursuivants. Le gars de Metz est à 30s environ, et personne derrière. Devant, je ne vois toujours pas le 1er. De toutes façons, je suis pas hyper motivé pour aller chercher la victoire. Déjà, il va falloir s’arracher et se faire mal à la gueule, et je suis pas hyper motivé pour le faire, j’ai déjà l’impression d’être rapide, pas envie d’accélérer. Et puis, avec cette histoire des 2 premiers, je sais que ce serait une victoire non méritée (jamais je n’aurai récupéré 3m45 à pied), et je voudrais pas que ma première victoire soit associé à ce souvenir. Du coup, je fais pas trop le pressing, je continue sur mon rythme.

Je suis content de réussir à courir tout le long de la montée qui suit : 700m à 7%, grimpé à 12,5-13 km/h.

La fin est une beau faux plat descendant où on peut envoyer. On m’annonce à 1km de l’arrivée à 40s du 1er. Je me dis que c’est mort, si je lui ai repris que quelques secondes en 4km, je reprendrai pas 40s en 1km. Je l’aperçois juste quand lui finit la ligne droite en faux plat et que je m’y engage.

Les derniers 500m sont très typé trail, dans une descente avec pas mal d’eau ruisselante. Je suis hyper vigilant, et arrivé à 150m de l’arrivée, il reste un petit tout à faire, et j’aperçois le 1er vraiment pas loin, il a dû être encore plus prudent sur la dernière descente ! J’hésite un peu à tout donner pour essayer de le griller mais finalement je n’essaye même pas (voir raisons plus haut…). Je finis finalement à 5 secondes.

2014-08-01 S Montagne Noire 08

dernier virage ! désarmément des toboggans, etc...

 

Derrière, le messin arrive une quarantaine de secondes derrière, je pensais avoir plus fait l’écart. Puis les 2 vrais premiers arrivent enfin. Ils sont déçus bien sûr, mais ils ont pas l’air d’être trop dégoutés. Ce sont tous les deux des triathlètes qui ont déjà gagné plusieurs fois, dont un jeune de 15 ans promis à un bel avenir !

 

A posteriori, je regrette un peu de ne pas avoir réussi à me bouger les fesses pour aller chercher la 1ère place, mais bon, j’espère que cette première victoire arrivera bientôt, sans discussion possible !

 

2014-08-01 S Montagne Noire 09

Un podium, c'est toujours sympa, même si celui-ci n'avait pas le même gout que d'habitude.

 

Je reste la journée, encourage Valentin et ses coéquipiers de Toulouse Triathlon, et le soir on est convié à la fête de village avec repas inclus dans l’inscription. C’est sympa, il y a un spectacle de cabaret de prévu, mais la pluie vient un peu gâcher la fête. Il pleut tellement que ca inonde la tente des danseuses, et finalement le spectacle est annulé et les danseuses repartent ! Dommage !

 

Un triathlon bien sympa comme toujours, mais cette fois-ci je suis un peu déçu de l’organisation, avec les erreurs d’aiguillage et au départ de la natation. C’est clair qu’ils ont manqué de bénévoles sur le parcours à pied ; je ne leur jette pas la pierre, c’est déjà super qu’ils organisent ce triathlon, mais j’espère qu’ils apprendront des problèmes de cette année. Un bon aiguillage est primordial, ne pas lésiner sur les flèches, surtout qu’à pied, le triathlète est souvent peu lucide !

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 07:00

On y est enfin : l’Ironman de Zurich, le gros objectif de la saison.

Bon, inutile de faire durer le suspens, course très réussie, et CR à rallonge en conséquence...

 

les résultats ici

 

La course (presque) parfaite !

 

PRE-COURSE

 

Les jours/semaines avant la course, je suis en pleine confiance : les entrainements à pied ont l’air de montrer que je pourrai courir vite et longtemps. En natation, les compétitions de début d’année m’ont montré que j’ai encore fait de gros progrès, je ne comprends toujours pas bien comment, mais je prends.

C’est en vélo où j’avais le plus de doute, mais le dernier mois avant l’Ironman m’a permis de me rassurer, je pourrai faire 180km sans problème. J’ai pas mal de nouvel équipment cette année : une roue pleine Zipp, une roue avant Foglia à boyaux avec jante large, un nouveau cintre, une nouvelle trifonction, un nouveau casque. J’espère que tout cela me permettra de gagner en aérodynamique et d’aller plus vite à iso-puissance. En plus, je me suis épilé les jambes et les bras, suite à une étude de Specialized en soufflerie qui disait que les gains en aéro étaient loin d’être négligeables. Jusqu’à présent, je ne l’avais jamais fait, en partie parce que je pensais que cela ne servait à rien, en partie parce que Nicky ne voulait pas. Mais Nicky a cédé devant mon insistance et quand je lui ai promis que ce serait la seule fois que je le ferai.

Je n’ai vraiment qu’une crainte pour cet IM, c’est l’incident mécanique en vélo, et j’avais pris mes précautions : liquide préventif dans les boyaux, boyau de rechange, et bombe de réparation. Ainsi qu’un multi-outil « just in case ». Mais à part ça, je ne me faisais pas trop de souci sur la course elle-même. J’espérais craquer le plus tard possible en CAP…

 

On avait décidé avec Nicky d’arriver un peu en avance à Zurich pour pouvoir bien se reposer. On a réussi à trouver un logement pas trop cher dans la banlieue, à 10-15km du départ, avec petite cuisine intégrée qui nous permettra de faire notre tambouille et ne pas avoir à aller au resto tous les jours. Problème : il est à 1km de l’aéroport… Heureusement, c’est relativement bien isolé, et avec les boules quiès, on a dormi comme des bébés les 3 jours.

On arrive le jeudi en début d’aprem, juste à temps pour la fin d’étape du Tour de France. On fait quelques courses, on se promène un peu, je remonte mon vélo et fait un petit test, on est tranquille quoi.

 

Après une bonne nuit, le vendredi est consacré au retrait des dossards et à un peu de natation. Il fait trop beau, on se pose sur la plage et on nage le matin. On retrouve Vivien par hasard au briefing (inutile…) et on passe une partie de l’après-midi avec lui, à discuter (triathlon bien sur), à nager un peu, à bronzer. Le soir, la pasta party, ca casse pas trois pattes à un canard. Moi j’y vais car mon entrée est comprise dans le prix de l’inscription, mais Nicky m’attend dehors. 17 euros pour un plat de pâtes, on ne renie pas nos origines écossaises/auvergnates… Heureusement, on arrive à sortir avec nos plats de pates, en esquivant habilement un pauvre bénévole complètement dépassé par les événements et on peut manger en compagnie de Nicky.

 2014-07-27-IM Zurich 001

Petite pensée pour ceux de l’année dernière qui ont dû nager sans combinaison…

 

 2014-07-27-IM Zurich 02

Avec Vivien le vendredi, la fleur au fusil !

 

 

La réalité de la météo nous rattrape le samedi : ils annoncent pluie toute la journée à partir de midi environ. Moi je dois faire une heure de vélo, c’est le « déblocage » classique de la veille de la course. On part en voiture à Zurich, je dépose Nicky qui part visiter un peu Zurich pendant que je vais rouler un peu. Je ne m’éloigne pas trop de la voiture car si ça commence à tomber, je prévois de me rentrer direct. Finalement je ferai un petit 45 minutes sous une fine bruine, avant qu’il ne pleuve vraiment. Je me sens bien, les jambes ne tournent pas toutes seules, mais je sens que je sors la puissance cible IM sans trop forcer, c’est bon signe !

Je pars ensuite essayer de repérer un peu le parcours vélo, mais comme j’ai une mémoire de moineau, ça ne me servira pas à grand chose… Les bosses ne m’ont pas l’air si terribles, et en voiture, les descentes sont faciles…

Je regarde tranquillement le CLM du Tour de France en attendant d’aller déposer mon vélo. En arrivant à la dépose vélo, c’est n’importe quoi, il y a une ligne de quasi 1km, 1h à attendre ! Hors de question que je piétine pendant 1h la veille de l’IM, il y a rien de pire pour se flinguer les jambes. Donc on s’installe sur une chaise en attendant que la queue diminue. On attend presque 1h, assis, à discuter, mais c’est quand même bien chiant, donc au bout d’un moment on y va quand même. L’attente dans la queue durera 25minutes environ, un moindre mal, mais je suis pas mal en colère contre la qualité de l’orga. 3000 athlètes à faire rentrer en 4h, c’est sûr que ça va pas rentrer sur une seule file d’attente… Du coup, je vais juste poser mon vélo, et comme il pleut, mettre une bâche en plastique par-dessus, fourni par l’orga. Là aussi c’est la cohue : les bâches il n’y en a pas pour tout le monde, et l’instinct primaire de certains ressortent pour se battre pour les bâches. Je me dirige vers un carton où il en reste encore une dizaine, je m’avance prudemment et je mets la main sur le dernier quand un autre l’agrippe aussi. Je lève les yeux en souriant pour faire style « ah ben on est emmerdé maintenant, comment on va résoudre cela » mais l’autre a un style plus direct, il tire violemment le sac vers lui et se barre, sans un mot, sans un regard. Ah d’accord, c’est ça l’esprit de la grande famille du triathlon ! Bon, j’attends que le prochain carton arrive, et là un triathlète sympa en prend 2 et donne le deuxième au premier triathlète qu’il aperçoit, moi en l’occurrence.

Je m’étais aperçu dans la ligne qu’un de mes freins était mal réglé, et j’avais encore quelques minis réglages à faire, mais je décide de le faire le lendemain ; il est tard, il est l’heure de rentrer !

 

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Les précieux sacs jaune, objets de tant de fantasmes triathlétiques…

 

 

La soirée, je mets enfin en ligne sur le blog un petit preview de la course, je regarde une dernière fois les news sur la course, je me remémore mes consignes de course pour le lendemain, et dodo à 22h. J’arrive à bien dormir jusqu’à 2h30, mais après ça ne passe plus.

 

LE JOUR J...

 

Réveil pour de bon à 4h. Pour la première fois avant un IM, je ne prendrai pas des pâtes, mais mon petit dej Weetabix + Clusters + lait de soja traditionnel.

 

J’arrive en avance au parc, et je laisse Nicky garer la voiture… Oui je sais pas c’est pas joli joli. D’ailleurs, ça me faisait un peu bizarre, généralement on fait souvent les courses ensemble, et là ça faisait un peu boniche pour Nicky de s’occuper des petites choses pendant que je me préparais pour la course !

Malheureusement, je ne la reverrai pas avant le départ.

Dans le parc à vélo, encore une énorme blague de l’orga, que j’avais vu venir la veille, il y a environ 10 toilettes pour 2000 triathlètes qui ont tous le bid en vrac le matin de la course.

 

Ça ne peut pas marcher, et les queues font des dizaines de mètres. Moi j’y vais dès que j’arrive, et comme il fait encore nuit, personne n’y est encore. J’y vais une 2ème fois après avoir tout préparé, là je dois attendre 10 minutes, mais comparé à ceux ayant décidé d’y aller 20 min plus tard, je m’en sors très bien !

Petit exo de maths appliquées : si sur 2000 triathlètes, ne serait-ce que la moitié doivent utiliser les toilettes, et que l’on compte 2min par utilisation, combien de temps faut-il pour que tout le monde passe, avec 10 toilettes.

Réponse : 2000/2/10*2=200 minutes soit 3h20.

Je ne sais pas combien coute la location de toilettes portables à Zurich, mais apparemment trop pour espérer faire une bonne marge financière sur la course !

C’est encore moins joli, mais j’en ai même vu faire leur (gros) besoin sous un arbre à côté des toilettes, dans le parc à vélo, qui normalement est un parc tout court. Pas glop…

 

Je me dirige vers le départ, je suis serein. J’ai vu Vivien dans le parc à vélos. Il fait partie des 3-4 français dans mon groupe d’âges que je considère ayant un potentiel meilleur que le mien. Les autres sont Fred, qui sort d’une énorme course à l’IM Nice, un ancien cycliste pro du Team Argon, et un gars du Team Mermillod. Vivien n’est pas très confiant, ces dernières semaines/mois ne se sont pas passées comme il l’espérait, et il se présente sur la course sans trop de repères. Mais moi je sais que sur ses qualités « pures », il peut faire une belle course.

Jusqu’à une ou 2 semaines avant la course, je visais très haut au classement : un top 30 au général et un top 5 voire un podium dans ma catégorie d’âge. Mais en regardant la start-list, je me suis dit que je rêvais sans doute un peu trop, et je me suis recentré sur mes performances à moi ; car je ne peux pas contrôler celles des autres, et un podium groupe d’âges paraissait impossible. Mon autre objectif est d’arriver moins de 1 heure après le gagnant. A Roth j’avais 1h30 de retard et en AfSud 1h20 environ, mais j’espère y arriver cette fois-ci. Enfin, le dernier objectif est d’essayer d’arriver devant la première féminine…

 

Au départ, je ne vois plus personne, je m’échauffe en faisant tourner les bras, en essayant de me préparer à l’effort qui m’attend pour ne pas être asphyxié au départ et pouvoir bien embrayer dès le départ. Il y aura 3 vagues : une vague de pro, 5 minutes plus tard une première vague d’amateurs (à priori les meilleurs nageurs) puis encore 5 minutes plus tard la 2ème vague d’amateurs.

 

NATATION :

Mes progrès en natation me faisaient espérer une nata en 57min. Une semaine avant la course, coach Nick me donnait les instructions à suivre, et m’annonçait un objectif de 59 minutes pour la natation. Je trouvais l’objectif peu ambitieux, mais je sais que ce n’est en natation que ça se joue, je ravale ma fierté, et je me dis que je devais me voir trop beau. Je coupe la poire en 2 et espère 58 minutes. Mais le plus important, c’est de ne pas se « cramer ». Le but est de partir pas trop fort, mais après de ne rien lâcher et de ne laisser personne accélérer sans rester dans ses pieds ! J’avais prévu une nage en 2 temps sur les premières centaines de mètres, puis de passer en 3 temps le reste du temps.

 

2014-07-27-IM Zurich 04Avec un rayon de soleil, ca aurait été magnifique. Là c'est juste hyper joli !

 

La natation se passe dans le lac de Zurich, assez clair (quand il fait beau…). Ah oui, car je n’ai pas parlé de la météo ! Il a plu toute la nuit, mais à 5h du mat ça s’arrête. Les sites météo annoncent quand même un peu de pluie le matin. Mais pour l’instant, ça tient.

La plage de départ est très large, c’est très appréciable, et le départ n’est pas trop difficile. Je pars tout à droite (sans doute un peu plus de distance mais plus tranquille) et je ne prends quasi aucun coup. Assez vite, j’ai un couloir de nage pas trop dégueu. La première bouée est assez loin, et heureusement c’est déjà assez décanté en arrivant. Je ne vois rien devant, je me contente de suivre les athlètes devant. J’arrive à prendre la corde de la bouée sans trop de problème en accélérant un peu à l’approche de la bouée.

Le parcours se compose de 2 boucles avec une sortie à l’australienne sur une mini-ile de 20mètres de long et passage sous un pont. C’est très sympa. Vers la moitié de la première boucle, je me dis que je suis peut être parti un peu vite, je trouve le temps long, mais j’essaye de rester dans les pieds. Le lac est pas mal chahuté, il y a des vaguelettes, mais ça me gêne pas trop. Je m’applique à bien nager. Je suis sans doute plus en glisse que ce que je devrais être, mais je ne me sens pas de faire le moulin avec les bras, donc je reste comme cela.

A la sortie à l’australienne, je trottine tranquillement, je suis à l’intérieur d’un paquet assez dense, ça ne sert à rien de courir vite pour bien se placer, je trouverai des pieds de toutes façons.

 

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fin de la 1ère boucle, passage sous le pont avec les encouragements de la foule


C’est reparti pour une boucle, un peu plus longue que la 1ère car on prend une diagonale pour aller chercher la première bouée. Finalement je reste sur du 2 temps où je me sens bien, mais je prends bien soin de bien expirer (consignes du coach !). Le paquet doit perdre de ses éléments petit à petit car on commence à nager à la queue leu leu, et de moins en moins en paquet. Je respire côté droit, et je sens qu’un gars me racle le torse sur le côté gauche. Une fois, 2 fois, trois fois ! C’est pas possible, il fait exprès ! Je fais quelques mouvements de water-polo et regarde à gauche : et là je vois Vivien avec un grand sourire qui se paye le luxe de me faire un signe de la main ! Trop bien, je nage avec lui en fait ! Je l’avais rattrapé un peu plus tôt et avais commencé à le doubler pour essayer de chopper les pieds du gars devant, mais je m’étais pas rendu compte que c’était lui. Il a un bonnet jaune et je peux le reconnaître facilement maintenant.

Soit je faiblis, soit lui durcit le ton, mais je me range derrière lui, et lutte un moment pour ne pas lâcher. Je pense aux instructions de Nick : « Personne ne te lâche ! ». Pas même Vivien ! Bon, il m’avait prévenu qu’il n’était pas au top en natation, mais je suis tout de même très content de nager comme lui.

Je lui gratte pas mal les pieds, et j’essaye de m’appliquer pour ne pas trop le gêner, mais le rythme est un peu en accordéon : on rattrape des gars sur leur premier tour, et c’est pas facile de gérer. Sur la dernière ligne droite, j’ai l’impression que la pluie tombe, les vagues sont un peu plus fortes. Vivien se « relève » 2 fois, je pense qu’il a du se « manger » 2 gars sur leur premier tour. Sur les 300-400 derniers mètres, j’essaye de passer un relais et nage sans me soucier de Vivien. J’espère qu’il profite de mon aspiration mais je ne sais pas où il est.

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Nicky, capable de repérer une aiguille dans une botte de foin à 100m, arrive à me « spotter » (parmi plus de 2000 athlètes) en natation et sort une super photo !

Attention, il existe un piège sur cette photo. Malgré la ligne d'eau, je ne suis pas dans une piscine !

 

On aperçoit enfin la sortie de l’eau et je suis content d’en finir, ça m’a paru bien long ! Je n’ai pas de montre et n’aperçoit pas le temps officiel. De toutes façons, je m’en fous, on verra bien à la fin. Je me dis que j’ai dû tenir mon objectif de 58min, voire 57min, car j’ai l’impression d’avoir nagé vite. Nicky m’apprendra quelques minutes après l’arrivée que j’ai nagé en 1h00m17s. Ma première réaction était de la déception, mais apparemment, tout le monde a nagé assez lentement, et il est probable qu’il y avait un peu plus de distance que 3800m. Une analyse de coach Nick, en particulier en regardant les temps des pros par rapport à leurs temps habituel, lui fait penser qu’il y avait sans doute 4100m, donc 300m de plus. Les meilleurs pros ont nagé en 51 minutes. Ce qui veut dire que j’ai nagé à peine 9 minutes moins rapide qu’eux. Pour moi c’est à peine croyable. En 2012 à Roth, je concédais 12m30 sur le 1er. En 2013 en Afrique du Sud, c’est 11m30 que je perdais. Et là juste 9 minutes ! Alors il faut faire attention, la start-list n’est peut-être pas aussi forte, je ne suis pas assez connaisseur des pros pour connaître bien leurs niveaux.

Si l’estimation de Nick est correcte, ça me ferait un temps sur 3800m de 55m50 ! Il y a 3 ans, je me disais que moins d’une heure sur 3800m était déjà exceptionnel, alors vous imaginez comme je suis content d’avoir fait cette belle natation !

 

2014-07-27-IM Zurich 08enfin la sortie de l'eau !

 

Quoi qu’il en soit, je sors 80ème sur 2655 inscrits (environ 2200 arrivants), mais déjà 17ème de caté !

Je ne vois pas Vivien, mais il est sorti une seconde devant moi.

Ma transition est très moyenne, je prends le temps de boire un coup et de manger un gel que j’avais mis dans le sac de transition, et de fixer les chaussures car il y a pas mal de boue. Je croise Vivien quand je rentre dans le parc, lui est en train d’en sortir avec son vélo. Il m’a pris 1m17 sur la transition !

 

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Benji, tranquilou lors de la transition. Notez le nombre de vélos encore présents :-)

 

VELO

 

Le parcours en vélo est très varié, il s’agit de 2 tours de 90km, décomposé comme suit :

-          30km de plat autour du lac

-          Une petite montée de 2km à 3-4% suivi de 20km légèrement valloné

-          The Beast : une montée de 2,5 km à 6,5% de moyenne

-          Après une descente roulante, la montée/faux plat de Relax Station : 5km à 2,5-3% environ

-          Une descente très rapide

-          11km le long du lac

-          Heartbreak hill : 1km environ à 8%, avec plein de spectateurs

-          La descente et 3-4km pour finir le tour

Donc un parcours bien variée, avec de belles vues que je n’ai pas apprécié car j’étais concentré sur mon effort…

Pour ne pas me cramer dans les montées, mais pouvoir envoyer sur le plat et les descentes, j’avais un développement de 39*53 devant, 11*28 derrière ! J’avais également mis la roue pleine, comme ils n’annonçaient pas trop de vent, et qu’il y avait quand même beaucoup de plat. Ma roue pleine est également très légère, ce qui me pénalisait pas trop dans les montées.

 

Pour cette partie de la course, je partais un peu dans l’inconnu. J’espérais tenir une moyenne proche de 40km/h sur le plat, où j’avais des consignes de puissance à tenir (215 pour les curieux !). Et sur les montées, pas de consignes particulières, mais surtout ne pas se mettre dans le jour, mais les monter quand même rapidement. J’avais mis une alerte à ma Garmin à 300W. Si j’appuyais trop fort, elle bippait pour me rappeler à l’ordre !

J’avais du mal à me donner un objectif de temps, mais j’espérais un chrono autour de 5h05. Il y avait des pancartes tous les 10km. Du coup, je jetais un petit coup d’œil à ma montre en passant, je devais passer en 17min à chaque 10km. 17min*18=5h06, CQFD.

Pour manger, j’avais rempli mon « frigo » de 63 petits bonbons énergétiques (Gum Powerbar), que j’avalais par 2 toutes les 10 minutes. Ca devait me faire pour 5h15, un peu de marge au cas où !

 

Je pars donc sur un bon rythme, en position aéro, mais rapidement les choses ne se passent pas comme prévu.

Déjà je ne me sens pas aussi « facile » que ce que j’espérais. En regardant mon fichier Garmin ensuite, je vois que je commence le vélo à 160bpm, c’est bien trop haut ! Il est possible que je me sois finalement un peu grillé en natation. Mais le cœur redescend petit à petit. Il met quand même 45min pour descendre vers 140bpm, ce qui est déjà un peu plus haut que ce que j’espérais. Cette sensation de jambes pas terribles passera après une petite heure.

Dès le premier virage, je le prends trop rapide et pour éviter la chute, je passe de l’autre côté des cônes ! j’en suis quitte pour une petite frayeur mais ça me reconcentre direct… Ça aurait été dans le 2ème tour ça aurait été plus problématique car je me retrouvais sur la voie réservé aux vélos qui finissaient le tour. Mais là heureusement il n’y avait encore personne.

Pour le reste, c’est difficile de rester dans son rythme et de faire sa course, car il y a beaucoup de participants, et beaucoup ne respectent pas vraiment les consignes en terme de drafting.

 

                             2014-07-27-IM Zurich 152014-07-27-IM Zurich 16

bien concentré sur le vélo. La tête pourrait être un peu plus basse...

 

[début du petit apparté sur le drafting]

Les règles sont les suivantes :

On doit se tenir à 10m du concurrent nous précédant (roue arrière du gars devant à roue avant du gars derrière). Quand on double, on a 30 secondes pour le faire. Quand notre roue avant passe la roue avant du concurrent doublé, on peut se rabattre. Avant, il faut respecter une distance latérale de 2m. Ensuite le concurrent doublé est obligé de sortir de la zone de drafting (10m donc) avant de pouvoir retenter un dépassement. Il a 30 secondes pour le faire. Quand on commence une manœuvre de dépassement, on est obligé de la finir. On ne peut pas se rapprocher à 5m, décider que finalement c’est trop difficile de dépasser et se remettre à 10m.

Voilà, ça c’est les règles.

Si ces règles sont respectées, on doit se retrouver avec de longues files de cyclistes les uns derrière les autres à 10m.

Un corollaire de cette règle est que si tu suis un cycliste à 10 mètres et qu’un autre te double, il est obligé de doubler aussi celui de devant. En effet, à partir du moment où il te double et que toi tu es à 10 mètres, lui rentre dans la zone de drafting du gars devant et doit donc le doubler aussi. Et ainsi de suite pour toute la file de vélo.

 

C’est assez long, 10m. Pas facile de savoir exactement à combien on est, mais en général entre 1m et 10m les gens sont capables de faire la différence…

Hors là, certains avaient du mal à respecter les règles. Je conçois que quand il y a beaucoup de monde, c’est difficile de respecter les règles à la lettre. Moi-même, c’est clair que j’aurai pu me faire cartonner plusieurs fois si on appliquait strictement les règles (en particulier de devoir laisser 2m de coté quand on double).

Par contre le drafting caractérisé n’est pas une fatalité. Quand tu te fais doubler par une vingtaine de personnes à environ 3-4m les uns des autres, ca fout les boules, surtout que tu es obligé de de « relever » pour les laisser tous passé, vu que c’est ta responsabilité de sortir de la zone de drafting. Une fois que tu es derrière, tu te remets en position, et souvent tu te rends compte que tu reviens sur le groupe. Soit que le gars devant en a marre de rouler pour tout le monde et il ralentit, soit que les 20 athlètes devant créent une aspiration qui t’aident aussi, même si tu restes à 10m.

Quoi qu’il en soit, c’est très difficile de faire un effort solitaire, de se caler à une allure, et de s’y tenir, tel que l’on devrait le faire sur IM pour bien réussir. Plusieurs fois je me suis retrouvé « bloqué » par un groupe après qu’ils m’aient passés. Plusieurs fois j’ai fait l’effort pour les redoubler tous en une fois et me remettre à mon allure, pour me faire repasser par le même groupe quelques minutes plus loin. Au final, la bonne tactique est de les laisser filer et de se remettre 50m derrière dans sa bulle, mais ensuite un autre groupe revient sur toi et ainsi de suite. C’est très frustrant et pour la première fois sur une course je me suis énervé. Je me faisais doubler par un groupe, j’étais relevé, à attendre qu’ils passent, quand une moto avec arbitre me passe. Je lui fais comprendre ma frustration par un mouvement de la main, et il a l’air de me dire « t’inquiète, on s’en occupe », je les vois discuter avec les gars devant mais je ne vois pas de carton…

Une autre fois, je suis en train de doubler un groupe, et j’ai un peu présumé de mes forces, je suis obligé de faire un gros effort, que je coupe lorsque je passe le 1er du groupe pour me remettre à mon allure. Plutôt que de suivre les règles et de se mettre 10m derrière (pour ensuite me redoubler par la gauche s’il le souhaite), lui me repasse par la droite comme si de rien n’était, et je me retrouve comme un con !

Le pire, c’est que dans l’ensemble, moi aussi j’ai profité de tous ces passages de groupe, j’ai profité de l’aspiration par intermittence quand ils te passent et quand tu es derrière pas trop loin. Ca gâche un peu la course, mais surtout tu changes de rythme constamment.

 

Bon, voilà pour le drafting. Je ne suis pas habitué à me plaindre sur ce problème (assez de blogs le font) mais cette fois-ci cela m’a vraiment gêné, et je ne peux pas m’empêcher d’émettre des doutes quant à la performance des triathlètes : untel ou untel a-t-il drafté ? Avec autant de monde qui n’avait pas l’air de faire l’effort de suivre la règle, c’est bien naturel de se poser la question. J’ai l’impression que de plus en plus la mentalité en terme de drafting c’est « pas vu pas pris ». On sait qu’on n’a pas le droit, mais on considère cela comme un « risque » à prendre avec la conséquence d’un carton à la clé. Mais il n’y a pas (ou moins) d’auto-régulation que l’on pourrait espérer des coureurs (« si je drafte, mon résultat ne vaut rien »)

En fait, je pense que je n’ai quasiment jamais été doublé par un triathlète seul de toute la course (sauf en descente). Il y avait toujours un petit groupe…

[fin du petit apparté sur le drafting]

 

Retour sur la course :

Les km défilent assez vite, j’avale les 30 premiers km à 39km/h, je suis en avance sur mon plan de marche d’environ 5min, mais je sais que je vais consommer cette avance sur les 40 prochains km.

J’aborde les premières montées avec plaisir, car cela fait exploser les groupes et on se soucie moins du drafting (le drafting est autorisé sur les fortes pentes).

J’aperçois quand même quelques filles PRO qui se sont accrochés aux paquets sans aucune honte et qui maintenant se battent pour ne pas être lâchées quand ma pente s’élève. Je repère en particulier une japonaise qui n’a pas l’air de s’embêter avec ces règles. Ça m’énerve et je retiens son numéro (63) pour pouvoir voir si elle finit la course dans les primes. Heureusement non.

Le parcours est agréable, et ça change de la position aéro constante. Il pleut un peu mais ça me gêne pas. Je suis en trifonction mais je n’ai pas froid. C’est limite quand même. J’ai hâte qu’on arrive à The Beast ! Je perds un peu de temps sur les quelques descentes et virages serrés, mais ce n’est pas bien grave. Je suis bien, j’essaye de profiter.

Enfin The Beast, et je monte à mon rythme, comme demandé, rapide, mais sous contrôle. Du coup, je ne rattrape pas beaucoup de monde. Seulement les plus « lourds ». Je monte quand même à un bon rythme, plus de 1000m de D+/h en moyenne. Ça correspond, il paraît, au rythme d’ascension du Grupetto dans le tour de France. Oui, c’est ça, les gars qui ne « savent pas grimper », les grosses cuisses. 1000m de D+ par heure, ça fait quand même du 20km/h sur une pente à 5%, faut pas chômer !

 

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Dans "the Beast", montée sans se cramer !

 

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Et d'ailleurs on en profite pour se ravitailler


Je suis encore frais pour bien appuyer dans la descente et surtout sur le faux plat de Relax Station où j’en vois déjà qui commencent à payer leur effort ! Moi je suis en position aéro, et je roule ! C’est trop agréable, je me sens fort, je double, je suis bien !

La prochaine partie est la partie que je redoute le plus, la descente sur les routes mouillées. Les premiers km sont assez roulants, ça va, mais la dernière partie est très pentue puis avec des courbes pas évidentes pour moi. Sur le grosse descente, je me fais assez peur car j’ai l’impression que le vélo vibre bien quand je frein ! Je mets un peu de temps à comprendre qu’il vaut mieux ne pas freiner trop fort de l’avant… J’arrive quand même en bas et je peux me remettre en position CLM et me reconcentrer. Malheureusement, je roule avec 2-3 autres gars du même niveau, et une nouvelle fois, le problème du drafting se fait ressentir. Cette fois-ci, j’ai appris, et je n’essaye pas de les doubler, je reste sagement derrière et je prends mon mal en patience, j’espère que la dernière bosse me permettra de prendre un peu d’avance et de rouler tranquille après.

A un moment, je les double quand même car ça commençait à ralentir, et je me rends compte que c’est Vivien devant. J’arrive à sa hauteur et je lui dis : « purée, ça m’a pris 80km pour te reprendre ! ». Il m’annonce qu’il s’est fait cartonner. Je hausse les épaules, je sais pas quoi dire. Je lui dis « c’est pas fini », même si je me dis que 6 minutes, ça va être dur à reprendre ! en tout cas, je ne pensais pas qu’il serait si fort en vélo ! Il s’arrête à la prochaine penalty box quelques km plus loin. Il abandonnera malheureusement après 10km de CAP, pour se reconcentrer sur son prochain objectif.


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   Les Hop Hop Hop sont les mêmes qu’à Roth, mais les cloches de vache sont plus grandes en Suisse !


On entame donc Heartbreak Hill, et c’est vrai que c’est assez pentu, mais moins que ce que je pensais, en 39*28, ça passe nickel (d’ailleurs j’avais passé le 28 dans The Beast aussi !). Il y a pas mal de supporters au début et on avait annoncé une grosse foule. Je suis un peu déçu, autant par la cote que par les supporters. Mais là arrive un virage à droite et je comprends que la foule est devant Ce n’est pas autant la folie qu’à Roth, mais c’est cool quand même. Je n’ai pas autant d’émotion qu’à Roth, mais sur la dernière partie, je ne peux m’empêcher de sourire.

 

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« Heartbreak Hill », les specateurs sont nombreux, attention à ne pas s’enflammer…

 

2014-07-27-IM Zurich 20… et de profiter du spectacle et du moment ! 

 

J’aperçois également pas mal de grands « Ben » marquées sur la route à la craie. Je pense que c’est Nicky qui a fait cela, et j’ai un petit coup d’émotion qui monte. Bizarrement, je relativise d’un coup la course, je me dis que l’important, c’est Nicky, et cette course, finalement, n’a aucune importance. Non pas que j’ai pensé abandonné ou appuyer moins fort, mais juste que même si je ne réussis pas ce que je veux faire, ce n’est pas grave. Cela m’aidera aussi à prendre moins de risques sur les descentes. Ironie, ce n’est pas elle qui a marqué les « Ben » et ils ne m’étaient donc pas destinés !

 

Sur la fin de la 1ère boucle, j’aperçois un bus sur le parcours. Je me dis « c’est pas possible, ils ont pas permis aux bus de circuler sur le parcours quand même ! » Et bien si, ils l’ont fait ! Heureusement, au prochain arrêt, il y a la place pour que je le double. C’est un point négatif de la course à Zurich : le parcours vélo n’est pas fermé à la circulation sur une bonne partie du parcours. Avec plus de 2000 participants, ça peut être chaud par moments la cohabitation cycliste/voiture/bus…

 

Je boucle le 1er tour en 2h31, avec 2 minutes d’avance sur mon timing donc, à environ 35,2 km/h (88,5 km au compteur) et environ 720m de D+/D- au compteur. Je suis content de ce 1er tour, et je n’ai pas l’impression d’être trop entamé.

 

Sur le 2ème tour, je suis repris, encore une fois, par un grand groupe. Je reste à distance respectable, et je m’aperçois que le gars en dernière position du groupe (à part moi) est un PRO espagnol. Je me demande ce qu’il fait là, mais il a l’air de la jouer réglo, à 10m du gars devant (c’est d’ailleurs un des seuls du groupe à vraiment respecter 10m…). Moi je suis également à 10m derrière, je suis à peu près dans ma cible de puissance, ça passe. Petit à petit, on décroche du groupe devant. Puis je sens que l’espagnol est en train de coincer donc je le double. On est à 40-50m du groupe devant, c’est parfait, je peux me remettre à mon rythme et je ne reviens pas sur eux, mais je les garde en ligne de mire. Petit à petit, je vois que l’on se rapproche d’un groupe devant. La jonction se fait, et bizarrement, aucun du groupe devant, à priori moins rapide, n’est lâché par le groupe qui est revenu, et voilà un grand groupe de 40 à 100m devant. Les arbitres sont inexistants, ils doivent être devant, pour surveiller le top 50. J’ai la hargne, la niaque, et j’appuie sur les pédales pour ne pas perdre le groupe de vue. Je me dis « vous tous, attendez un peu, je vais tous vous avaler à pied ! ». Je roulerai derrière à 100m environ pendant 10-20km, et juste avant la montée, je me rapproche pour finir à 50m d’eux environ. C’est une partie de la course dont je suis très fier : résister tout seul au groupe de 40 devant pendant presque 30min. Mais pour cela, j’ai un peu puisé dans mes ressources, une dizaine de watts au-dessus de la cible…

Et une fois la montée entamée, je rattrape petit à petit les lâchés du groupe (Non, j’ai pas dit les lâches ! Je l’ai dit ? bon je l’ai pas dit fort alors…).

Dans les vallées suivantes, je continue de remonter, et je vois que certains se retournent assez souvent (pour voir si une roue est bonne à prendre ?). Je finissais une montée en me disant que j’allais profiter de la descente pour uriner, quand je vois que le gars devant a l’air de m’attendre pour la descente. Le malheureux, il ne sait pas que 1. Je suis une m… en descente et 2. Il risque de profiter d’un peu plus que de l’aspiration s’il me colle de trop. Il comprend assez vite et je le vois qui me double une fois le système « enclenché ». Normalement, il était interdit de pisser autre part que dans les toilettes, mais là j’avoue que c’est moi qui joue à « pas vu, pas pris… ». Je peux repartir de plus belle, et The Beast est monté agréablement, en compagnie d’un autre coureur, et Relax Station une nouvelle fois en position CLM, où je reprends une nouvelle fois plein de coureurs. Ces 30 km ont quand même étaient un peu long, et il me tardait d’arriver au pied de The Beast.

Je n’ai toujours pas de coup de moins bien, même si ma moyenne est moins bonne que sur le 1er tour (2-3 min de retard). Sur mes 2 premiers IM, les 40 derniers km de vélo avaient été difficile, et je suis content d’être toujours en forme à l’approche des 20 derniers km.

 

Sur la dernière descente, je ne prends aucun risque, et un connard me double à droite de manière assez proche. C’est normalement une disqualification directe d’après les règles de l’Ironman (j’avais lu les règles la veille !). Alors d’accord je ne descends pas vite, mais c’est pas une raison pour me doubler à droite ! Bref, ça m’énerve mais j’essaye de rester concentré. J’ai hâte que la descente se termine. Vers la fin de celle-ci, j’entends « allez Nanterre ! ». C’est Fred qui me double. Je l’encourage à mon tour, mais je suis content de le voir maintenant. Je sais que c’est un très bon cycliste, et je redoutais de le voir me doubler beaucoup plus tôt. En fait, j’avais comme objectif de ne pas le voir avant le km90. Ca me booste donc de réussir ce mini objectif !

Relativement souvent sur ce parcours, quand j’étais derrière un gars et qu’on était esseulé, il se retournait régulièrement, genre toutes les 30 secondes ou une minute. J’ai eu du mal à comprendre pourquoi : soit il voulait voir si j’étais dans la roue et à ce moment-là soit m’engueuler, soit me demander de prendre un relais… soit regarder si un arbitre arrivait pour voir s’il pouvait se mettre dans les roues ? C’était assez bizarre, moi je ne regarde jamais derrière moi.

On arrive sur le plat, je me remets en position CLM, et je suis derrière un groupe de 3 coureurs. Je me rapproche petit à petit, et je me rends compte à ma grande surprise que c’est Fred qui est devant. Ça veut dire que je vais à peu près à la même vitesse, je suis très surpris. Je me dis qu’il doit temporiser un peu avant la CAP ou qu’il a trop donné sur le début du vélo. Je me fais doublier ensuite par le gars de la Team Argon, que je m’attendais à voir avant aussi.

Je reste derrière à distance raisonnable, certains essayent de s’accrocher à Fred et Argon boy mais décrochent quelques minutes plus tard, je les rejoins, et c’est moi qui les amène…

Mais bon, il y a quand même moins de monde que sur le 1er tour, c’est plus gérable.

On arrive à Heartbreak Hill, je suis toujours en forme, je la monte à l’aise, il y a toujours pas mal de spectateurs. Un groupe de gars avec des bières à la main me gueulent dessus pour m’encourager, je suis mort de rire, il était à bloc le gars ! « Allez !!! Vas-y !!! Défonce-les !!! ». Ça aide à désinhiber l’alcool !

Je finis en essayant d’être relâché, mais je guette mon chrono pour essayer de faire moins de 5h05.

Je finis mes 2 derniers bonbons sur les derniers km. Je suis trop content de ma gestion de la bouffe. J’ai amené pile poil ce qu’il me fallait. J’ai eu un peu fin vers 3-4h de vélo et j’ai doublé la dose à un moment, heureusement j’avais pris un peu de marge !

Finalement je finis en 5h06m53. J’ai quand même perdu environ 4min sur mon 2ème tour par rapport au 1er. Je suis un peu surpris car je ne me sentais pas moins fort. Peut-être le vent s’est un peu levé, je sais pas. Quoi qu’il en soit, je suis quand même content du chrono.

 

A ma montre je boucle mon 2ème tour en 2h34m47s à 34,3 km/h.

Ce qui fait les 177 km en 5h06m, soit 34,7 km/h pour 1400m de dénivelé environ.

Dans l’absolu, c’est une belle moyenne, dont je peux être fier. Sur les 85km de plat, je fais une moyenne autour de 38,9km/h. Je ne suis pas aux 40km/h rêvés, mais c’est quand même pas dégueu !

Dans le relatif, je suis un peu plus déçu. Je fais 146ème temps vélo. C’est là que je perds le plus de temps par rapport aux autres « bons » amateurs. Il faut aller jusqu’au 16ème de ma caté pour trouver un moins bon temps ! Et les gars autour de moi me mettent entre 5 et 10 minutes, alors qu’en natation je ne perds quasi plus rien…

Mais, mais, je suis en train de devenir un triathlète nageur/coureur ? taillé pour les compétitions avec drafting ! Ça va pas du tout là !

 

Par rapport au pro, je perds 32 minutes sur les meilleurs, et au minimum 15 minutes sur les moins bons. C’est quand même une nette amélioration par rapport à Roth et Afrique du Sud où les meilleurs m’avaient pris 47-50 minutes, et la moyenne des 10 premiers pros 37 minutes. Alors bien sûr, une nouvelle fois, le niveau des pros n’était peut-être pas le même (dommage que Ronnie n’ait pas fait la course !), mais c’est quand même une nette amélioration. Et puis Bertrand Billard est quand même un très bon cycliste, même chez les pros !

 

Alors pourquoi je suis si loin des meilleurs amateurs ? Le niveau a tout simplement augmenté, et les meilleurs amateurs sont maintenant bien plus proches des pros, je pense. Difficile de donner la part également du drafting dans ces chronos. J’ai envie de penser que parmi le top des amateurs, les arbitres étaient plus présents (je les ai vu au début de mon vélo, puis après plus rien, je pense qu’ils étaient devant), les athlètes moins nombreux, et que c’était relativement clean, mais 147ème temps vélo, je me demande s’il n’y a pas aussi un peu de drafting dans l’histoire. Je sais, c’est moche d’accuser sans preuve, juste parce qu’on n’est pas content de son classement… c’est pour ça que je dis que je n’en suis pas sûr ; j’ai constaté à mon niveau pas mal de paquets, mais je ne peux pas dire si c’était généralisé ou si ça a duré dans le temps, ou même combien ont été sanctionnés.

Nicky s’est quand même amusé à prendre quelques vidéos de groupe où les gars n’avaient pas l’air d’être trop gêné de rouler roue dans roue… Bientôt en ligne !

 

Je pose le vélo frais et dispo. J’aurai pu repartir pour une boucle je pense. Je dis pas que je l’aurai fini, et à quelle vitesse, mais j’aurai pu repartir ! Et surtout, je sais qu’il ne peut plus rien m’arriver en terme d’ennui mécanique. Si je foire, maintenant, ce sera uniquement ma faute, et ça je sais le gérer.

Je suis serein, heureux. Pour l’instant, je n’ai pas l’impression d’avoir puiser dans les réserves, tout se passe selon le plan prévu. Je n’ai aucune idée de mon classement, mais en fait je m’en fous, je suis concentré sur ma performance à moi.

 

Je pose le vélo 96ème au général et 31ème de ma caté. Mais ça je ne le sais pas (heureusement !).

Je sais que Fred et le gars de team Argon sont pas loin devant, mais j’essaye de rester concentré sur ce que je dois faire moi. Coach Nick a dit : on ne pense à ses adversaires qu’à partir du semi. Avant, personne ne compte d’autre que soi-même.

 

CAP

 

La CAP est mon point fort, je le sais, et j’ai bien l’intention de faire un beau marathon. J’avais fait 3h15 à mes 2 premiers IM, et cette fois-ci j’espère passer sous les 3h10, et j’espère même 3h05 même si j’ose pas trop l’annoncer avant. Nick m’a concocté tout un programme en juin pour me permettre d’atteindre cet objectif. Ça fait 2 mois que je m’entraine au cardio, et du coup Nick me demande de gérer ce marathon au cardio : entre 140 et 148 pulsations. Du coup, je ne sais pas vraiment ce que je peux espérer, mais étant donné mes entrainements, je me dis que je peux partir autour de 4m10/km. Une décélération programmée sur les 4 tours de 10,5km du parcours me font penser à 4m10 sur 1er tour, 4m20 sur 2ème, 4m30 sur 3ème, 4m40 sur 4ème, pour un total de 4m25/km soit 3h06/3h07 environ.

Le parcours en CAP est vraiment bien je trouve. Il est varié, quelques minis cotes, pas mal de petits virages, beaucoup de bitume, mais un peu de verdure, et plein de spectateurs et d’encouragements !

 

2014-07-27-IM Zurich 10

ceux qui ont assisté à notre mariage reconnaitront peut-être mes chaussures porte-bonheur...


Une nouvelle fois, je prends le temps de manger un gel et boire un peu à la transition avant de partir. Je vois Nicky à la sortie de la transition. Elle me gueule plein d’informations que je ne comprends pas (trop de bruit) mais je m’en fiche. Je lui fais un « coucou » et un grand sourire. Je suis heureux de partir sur la CAP !

Normalement, j’ai 1km pour me poser et me mettre en jambes, mais j’attaque direct ! Je commence à bien me connaître et je me stabilise assez vite autour de 145bpm. Je suis bien, j’essaye de ne pas trop faire monter les bpm. A l’entrainement, j’avais toujours tendance à aller à la limite haute demandée, voire la dépasser, et Nick m’a bien mis en garde de ne pas le faire cette fois-ci. Je reste donc sagement à 145bpm, sans chercher la limite haute de 148bpm, et j’essaye de rentrer en mode décontracté, et me concentrer sur ma technique. Nick m’avait aussi demandé de m’ouvrir aux spectateurs pour ne pas s’enfermer sur moi-même et ma douleur, comme je peux le faire sur mes courses.

Mes premiers km me rassurent direct sur mon rythme : 4m04/4m03/4m06 ! malgré 2 petites montées (D+=6m chacun) et un virage à 180°. Ces « difficultés » feront bien plus mal sur les prochains tours. A ce rythme-là, pas besoin d’aller chercher les 148bpm pour aller encore plus vite, 145 me convient bien.

Nicky est très présente sur la course et m’encourage beaucoup. Elle me dira après la course que j’avais le visage bien moins marqué par la souffrance/douleur que sur toutes mes autres courses, que je paraissais en « total control ». Je croise les pros et dans ma tête ils ont déjà un tour d’avance sur moi. Je vois m’envoler mon « rêve » de finir moins d’une heure derrière le vainqueur…

Je croise également Fred qui n’est pas très loin devant mais je ne vois pas le gars de la Team Argon. En fait je l’ai doublé pendant la transition.

On arrive à la partie que j’ai préféré, 1 km environ dans un parc. Alors oui, il y a une cote assez raide (D+=8m) pour y accéder puis une descente avec un lacet à 180° où du coup on ne peut pas trop profiter de la vitesse de la descente, mais c’est plus calme et on peut être un peu plus serein. En fait j’ai l’impression que ça fait une coupure ! C’est aussi là que l’on récupère nos chouchous pour nos 4 tours. Là, l’orga et les bénévoles est top, on choppe les chouchous facilement.

Je me rends compte que je reviens sur Fred petit à petit. Je suis assez surpris, car généralement il part très vite en CAP. Il est vrai qu’il a déjà fait Nice il y a 5 semaines et je me dis qu’il va forcément craquer à un moment. J’essaye de ne pas me focaliser sur mes concurrents, pas avant le semi on a dit !

Il y a beaucoup de ravitos, et je fais l’effort de bien boire à chaque ravito. Cette fois-ci, contrairement à mes autres IM, je ralentis (un peu, faut pas déconner) pour prendre le temps de boire 2-3 vraies gorgées de boisson ISO à chaque fois. Je prends un gel tous les 5km environ. Ça peut paraître beaucoup mais comme en général les gels sont assez difficile à manger « complètement », je pense que je devais en prendre 2 tiers tous les 5km en fait.

Après ce passage, on a un long A/R le long du lac avant de finir le tour.

Je ralentis à 4m17 au km 4 pour la montée, j’ai un peu peur de commencer à déjà ralentir, mais je repars au km 5 à 4m06 et au km 6 à 4m05.

Je suis facile, et je commence à me dire que les 3h05 sont bien faisables, j’ai déjà un peu d’avance sur mon plan de course. Bon, c’est sûr que 20s d’avance sur un marathon, ça part très vite quand on commence à « craquer ». J’en ai déjà fait l’expérience à Roth et en Afrique du Sud, donc j’essaye de pas m’emballer !

 

Les 4 prochains km sont un peu plus longs, mais je reste proche des cibles voulues : 4m15, 4m14, 4m10, 4m13 pour les km 7 à km 10. Lors de ces km, il y a beaucoup de monde, c’est très sympa, mais il y a le pont à passer, une mini cote donc, et un virage à 180° pour faire demi-tour. Je commence à moins regarder ma montre et à prendre confiance.

Je double Fred à ce moment-là, qui m’encourage encore. Je lui dis « à tout à l’heure » pour essayer de lui faire comprendre que rien n’est joué, qu’il peut encore revenir sur moi.

J’ai remarqué que ma montre, programmée pour bipper tous les 1,01km (1,01 car en général 1,01km GPS correspond à peu près à 1km réel), prend un peu d’avance sur les km de l’orga. C’est à dire que quand j’ai croisé le panneau km10 de l’orga, j’ai encore couru 20-30 secondes avant de bipper avec ma montre. Du coup, je me dis que c’est encore un peu d’avance pour passer en moins de 3h05 la partie pédestre !

Les dernières centaines de mètres pour finir le tour sont sympa, on passe devant la ligne d’arrivée, il y a foule, et on peut taper la cloche « get breathless for PH » pour donner un dollar à l’association. Dans un effort pour justement « sortir de moi-même », je fais l’effort de taper la cloche.

Sur mon GPS, j’avais 430m pour la fin de la boucle. Ce qui fait que selon moi, il manquait environ 120m par tour, soit presque 500m en tout.

 

2014-07-27-IM Zurich 11les routes étaient assez larges, pas trop de problèmes pour slalomer !

 

Vers le km10, je me souviens d’avoir eu un petit coup de moins bien, musculaire il me semble. Heureusement, il passera assez vite et je peux continuer sur un bon rythme.

Je passe ce 1er tour en 43m15, soit environ 4m09 au km, pile ce que je voulais

 

Je continue sur mon rythme à 145bpm, et sans surprise, le début du 2ème tour est plus lent, environ 10-15s plus lent au début.

Mais je m’affole pas, et je retrouve un semblant de vitesse vers le 15ème km, où je repasse en 4m15 en moyenne.

Ce deuxième tour passe sans encombre en 44m32 (+1m15 par rapport au 1er tour), soit 4m16 au km environ. Soit le semi « officiel » (en réalité environ 20,6km) en 1h27m47 !

J’ai pu m’apercevoir lors des demi-tours que je commence à prendre de l’avance sur Fred. Il devra malheureusement abandonner sur blessure vers le km 20.

Personne ne m’a encore doublé, je ne montre pas de signe de fatigue. Je connais exactement mon temps de marathon même si je connais pas à où j’en suis sur la course au global. Je me focalise sur ces temps, et je commence à me dire que le 3h est peut être jouable. Il faudrait passer le deuxième semi en 1h33. Ça paraît chaud mais pas injouable. Mais déjà, je commence à faiblir mentalement et je calcule surtout ce qu’il me faudrait tenir pour arriver à 3h10 qui était ma cible initiale : 1h43, soit 4m53s par km. Impossible que je n’y arrive pas, surtout que je ne faiblis pas encore. Dans ces moments-là, il faut surtout se concentrer sur les moyens à mettre en œuvre pour arriver à l’objectif (technique, hydratation, motivation) plutôt que sur l’objectif lui-même, mais je n’y suis pas arrivé (sorry Nick…)

 

Je repars pour un 3ème tour, et continue ma lente décélération, mes km oscillant entre 4m19 et 4m41 (pour la montée) sur ce tour. Je le boucle en 46m40 (+2m10 par rapport au 2ème tour), pour une moyenne à 4m28/km.

Nicky est toujours là, et elle commence à vraiment m’encourager, à me dire que je suis en train de faire une course vraiment impressionnante, que Nick me suit à distance, qu’il a confiance en moi, et qu’il faut que je sois « relâché à l’extérieur », « concentré à l’intérieur ». Toujours le sens des formules ce Nick ! Nicky me crie « pas de regrets ! » Je crois encore à une formule de coach Nick, mais apparemment non, c’est Nicky qui l’a trouvée celle-là !

Je passe donc le ¾ du marathon en 2h14m27, donc toujours sur les bases de 3h.

Lors du 3ème tour, je me suis rendu compte qu’en fait, les pros ne m’avaient toujours pas repris un tour. Je croise le leader à chaque demi-tour, et il revient très très lentement sur moi. Il me doublera finalement environ à 2km de la fin du tour, mais je reste très proche, et je le vois passer la ligne d’arrivée. A partir de ce moment-là, je sais que mon objectif majeur est validé, je vais finir moins de 1h derrière le gagnant.

 

2014-07-27-IM Zurich 12

là je commence à m'affaisser un peu, la technique n'est plus la même...


C’est dans ce tour également que je double la deuxième fille (ou la 3ème, je sais plus). C’est cool, ça me motive, car un autre objectif était de réussir à finir devant la 1ère féminine…

Mais bon, je sais maintenant que je vais finir quoi qu’il en soit dans un super temps, et j’ai du mal à me motiver pour me rentrer dedans encore plus. C’est le revers de la médaille d’essayer de se « détacher » de la course. Tant que c’est « facile », c’est tout bon, mais quand ca commence à coincer, il faut se remobiliser, et c’est pas facile ; je n’y suis pas arrivé.

Et donc là, au début du 4ème tour, ça commence à devenir difficile. Je perds 30s direct sur les 1ers km. De 4m25/km sur les derniers km du 3ème tour, je passe à 4m55 sur les premiers du 4ème tour. Je me souviens plus trop de cette partie, mais j’étais dans le dur ! Je n’arrive plus à tenir 140bpm. Je ne m’affole pas car je sais que quoi qu’il arrive je fais une bonne course mais je n’arrive pas à accélérer.

Nicky essaye de m’encourager, mais rien ne réussit à me rebooster.

 

Puis, un peu par miracle, je retrouve un peu de punch. Après la petite montée dans le parc (où je ferai mon seul km au-dessus de 5m, en 5m02), j’arrive à repasser à une meilleure allure. Je finirai à une moyenne de 4m40 sur les 5 derniers km. C’était très bizarre comme j’ai retrouvé de l’énergie, j’ai juste réussi à accélérer à un moment. Et heureusement, car j’étais parti pour perdre encore 2 minutes à cette allure…

 

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toujours le ptit coup de stress quand je regarde la montre après chaque km en espérant que je n'ai pas trop ralenti...


Toujours personne ne m’a doublé dans cette 4ème boucle. Nicky essaye de me booster en me disant que devant je peux aller en chercher, mais à ce moment, je m’en fiche complètement de mon classement, je me dis, je fais ma course pour moi, je fais le max (en réalité je le fais pas…) mais je m’en fiche des autres ! D’ailleurs, pendant tout le marathon, je ne regarde ni les dossards, ni les chouchous.

En fait, le seul qui m’ait doublé pendant ce marathon, c’est Boris Stein, le vainqueur, qui m’a pris un tour ! encore une chose dont je peux être fier.

Je boucle ce dernier tour en 50m12 (+3m30 par rapport au 3ème tour), en 4m47/km.

Au final, 3h04m39s pour ce marathon « officiel ». A mon GPS, 42,14km, soit environ 41,7 km « réel ». Ca donnerait un 42,2km réel en 3h06m44, assez proche de l’objectif.

Ce marathon de Zurich est globalement assez rapide, mais il y a quand même 4 virages à 180° par tour, quelques petites montées dont une un peu raide pour environ 30m de D+ par tour.

 

A l’arrivée, je vois 9h18. A ce moment, je me demande s’il faut retrancher 5 minutes car on est parti 5min après les pros. J’y ai cru car je pensais avoir fait 57-58min sur la nat, 5h05 sur le vélo et 3h05 à pied, plus 5min de transition. En vérité, je fais 1h, 5h07, 3h05 et 6min de transition, donc bien 9h18 !

 

Ma dernière ligne droite, je laisse exploser ma joie, je tape les mains des gosses qui la tendent, je suis vraiment content d’avoir réussi une très bonne course.

 

2014-07-27-IM Zurich 21
CONTENT !

 

2014-07-27-IM Zurich 22toutes les émotions arrivent en même temps, mais on lit surtout du soulagement sur mon visage !

et la preuve du 9h18 par l’image !

 

Les temps des pros sur ce marathon ne sont pas très rapide : 2h52m21s, soit à peine 12m30 plus rapide que moi. Je fais le 19ème temps chez les mecs (1 fille a couru plus vite, en 3h). Sur les 18 meilleurs coureurs que moi, 8 étaient pros, et 5 étaient dans ma caté. Il en reste donc 5 dans toutes les autres catés confondues ! C’est bien, mais avec un tel temps, je m’attendais même à mieux. En Afrique du Sud, j’étais 26ème avec 3h15, mais 27min derrière le premier !


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l'analyse du marathon, tour par tour et km par km

rouge, km difficile, orange, km moyen, et vert, je vous laisse deviner !

 

Une nouvelle fois, je me pose la question du niveau des pros sur cette course. Peut-être usés par la course aux points pour se qualifier à Hawaii, personne n’a réussi à sortir une course « pleine », ce qui explique peut-être comment je me retrouve à à peine 45m07 de la gagne…

Cela dit, les 4 premiers du général sont tous qualifiés pour la grande finale à Hawaii (qui réunit en gros les 50 meilleurs mondiaux), donc ce ne sont pas non plus des inconnus.

 

APRES-COURSE

 

Vous l’aurez compris, je suis très très content de ce que j’ai réussi à faire ce dimanche à Zurich. D’autant plus que j’avais tout misé sur cette course, en orientant toute ma préparation vers cet objectif. Un échec aurait été difficile à accepter !

L’Ironman reste la course d’un jour, et heureusement pour moi, j’ai réussi à perfer quasi au max de mes possibilités le jour J. Mais bon, c’est ça le sport, c’est le jour de la compétition qu’il faut réussir à sortir le meilleur de soi, et je suis fier d’y être arrivé.

Ca efface complètement ma relative déception après Cublize. D’ailleurs, je finis 30 secondes derrière un athlète français qui avait fini 2ème à Cublize, plus de 9 minutes devant moi !

 

Une fois la ligne d’arrivée franchie, je ne connais pas mon classement, mais on me dit 7ème de caté et 28ème au général. La 1ère fille finit bien devant moi (5 minutes) (bon, je peux pas réussir tous les objectifs non plus !). Quelques heures plus tard, j’ai gagné une place, 6ème de caté et 27ème au général. Je ne sais pas pourquoi, sans doute quelqu’un a été déclassé pour ne pas avoir effectué sa pénalité. Etant donné mon super marathon, j’espérais presque monter sur le podium, mais j’en suis encore loin : le 5ème finit 5min devant et le 3ème 12 minutes. Quant au 1er, 20 minutes devant (7ème au général) !

A l’arrivée, tout le monde parle de la qualif pour Hawaii. Le gars qui finit derrière moi est français. Il finit à 30s, je l’avais doublé vers le 25ème km et pris 2 minutes d’avance, mais il a rattrapé du temps dans le dernier tour, j’ai eu chaud ! Il espère avoir sa qualif après l’avoir loupé 5 semaines plus tôt à Nice. Il est balèze d’être arrivé à perfer aussi bien 5 semaines après un IM !

De mon côté, je n’ai jamais prévu de prendre le slot pour Hawaii si jamais  je l’avais. En effet, avec la naissance prévue fin septembre, difficile de prévoir un voyage à Hawaii quelques jours plus tard, sans compter de la difficulté d’organiser une prépa avec tous les imprévus que peut contenir une grossesse ! Enfin, Hawaii doit être un fête, à partager. Si Nicky ne peut pas m’accompagner, c’est quand même beaucoup moins cool. Mais un des objectifs était de réussir à mériter cette qualif pour pouvoir dire : j’avais le niveau pour être à Hawaii !

Mais quand on se retrouve avec les autres athlètes de l’équipe de Nick, beaucoup me poussent à prendre mon « slot », à aller à Hawaii. Même Nicky me dit de réfléchir, que l’on peut peut-être s’arranger. Mais ma décision est prise depuis longtemps. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que j’ai si bien réussi ma course. D’ailleurs, ils annoncent seulement 5 places dans notre caté les jours précédents la course, donc c’est loin d’être sûr que je sois qualifié ! Je dis finalement que je vais réfléchir afin d’arrêter le sujet, car ça devient un peu gênant, mais dans ma tête, c’est déjà tout réfléchi.

J’accueille les autres finishers de Nanterre et X-Pier. Denis qui fait une belle course également, Jean-Michel et Sandrine qui sont un peu (beaucoup) déçus. Comme je le disais, l’Ironman reste la course d’un jour, et on peut avoir des jours sans. C’est difficile à accepter… Philippe pour son 1er IM finit en pleine forme, sans marcher sur le marathon, en moins de 12h, et Stéphanie fait une belle perf également. Seul Vivien manque au RV, abandon malheureux au 10ème pour pouvoir repartir sur une belle préparation et perfer à l’IM de Barcelone dans 2 mois !

 

2014-07-27-IM Zurich 144 finishers nanterriens à Zurich

 

Nous partons le soir même à Lausanne voir des amis. Ça fait du bien de sortir un peu de toute l’ambiance Ironman/triathlon et de retrouver des gens « normaux ». Nicky est prête à retourner le lendemain à Zurich pour aller à la remise des slots pour Hawaii, mais je lui répète une nouvelle fois que je ne compte pas l’accepter.

 

Au final, il y aura 6 places dans ma caté. Je peux donc dire que j’aurai pu avoir ma qualif, et sans avoir besoin de « roll-down » (une qualif passe au prochain athlète si un athlète refuse sa sélection). Et ça aussi j’en suis très fier !

Cette fois-ci, c’est moi qui était devant le « peloton » des gars qui sont à quelques minutes de la qualif (le 13ème 30-34 finit à moins de 5 minutes de moi).

Le dernier qualifié est le 9ème, en 9h19m54. Donc malgré ma course presque parfaite, je ne finis avec moins de 2 minutes de marge sur la qualif. Le niveau est vraiment élevé… Et je suis conscient qu’il est possible, voire probable, que je n’arrive plus à me qualifier pour Hawaii.

 

Avec ces 9h18 sur l’Ironman de Zurich, je me dis également que je ne suis plus très loin du but ultime du sub-9. En effet, les conditions étaient bonnes sur cet Ironman, mais il n’est quand même pas hyper rapide. La natation était longue (4-5 minutes), le parcours avait quand même du dénivelé, et en CAP, il est vrai que c’était quasi parfait, mais avec un parcours avec moins de relance, il y a peut-être un gain de 1-2 minutes à escompter (compensé par les 500m trop courts du marathon).

Alors à combien pourrai-je rouler sur un parcours plat sans vent ? Je me dis que j’ai roulé à 38,9km/h sur le plat (il y avait quasi pas de vent, mais de toutes façons c’était des aller/retour (sauf une portion de 2*15km environ). J’ai roulé à la puissance que je pense pouvoir tenir sur 180km. Alors bien sûr, j’ai profité de moments où je ne pédalais pas (descentes) et de moments de détente des articulations et muscles où j’ai pu sortir souvent de la position CLM, et enfin de l’aspiration par moments de groupes qui me doublaient, mais j’ai aussi eu à grimper des montées en mettant beaucoup plus de puissance que sur le plat. Le fait de ne pas être tout le temps sur le prolongateur a peut être également préservé mes muscles pour le marathon. Il est donc difficile d’affirmer que j’aurai pu tenir 38,9km/h sur tout un Ironman plat. Mais si c’était le cas, ça fait un bike split de 4h38… Bon, ça me paraît quand même démentiel, mais je pense que 38km/h est réalisable, ça donnerait un bike split en 4h44, soit 22 min de gagné par rapport à Zurich.

Soit sur un parcours idéal un total d’à peu près 26 min de moins qu’à Zurich, soit pour moi un temps total de 8h52. Bon, attention, je ne dis pas que j’aurai pu sortir cette performance. Je me dis seulement qu’elle m’apparaît aujourd’hui comme dans le domaine du réalisable.

 

Bon, je vais arrêter là de me jeter des fleurs peut-être. Si vous avez lu jusque-là, vous devez vous dire, « il a pas fini de dire qu’il est fier ! » Je ne sais pas si j’arriverai un jour à reproduire cette performance. Les prochaines années, ce sera plus difficile de trouver du temps pour s’entrainer, et je vais arrêter ma collaboration avec coach Nick, donc je sais pas si j’arriverai à retrouver un jour mon niveau de 2014. Donc j’en profite aujourd’hui et on verra pour les prochaines années comment ça se passe.

 

Et pour finir, depuis fin novembre, en 34 semaines d’entrainement, j’ai fait 468 heures d’entrainement, soit 13h45 par semaine en moyenne. J’ai eu la chance de ne pas être blessé (sauf ma chute à Majorque qui m’a empêché de courir/nager 10 jours), décomposé comme suit :

257 heures de vélo (7h30 par semaine)

117 heures de CAP (3h45 par semaine)

70 heures de natation (2h par semaine)

24 heures de PPG (40min par semaine)

Ca fait un sacré paquet d’heures d’entrainement, et ca explique en grande partie ma belle course de dimanche. Et nul doute que je ne pourrai pas consacrer autant d’heures à l’entrainement pendant ces prochaines années.

 

Une nouvelle fois, merci à Nick the coach qui m’a amené à un niveau que je n’imaginais même pas il y a 3 ans, à Nicky de me laisser passer tout ce temps à l’entrainement, et aux coéquipiers et entraineurs de Nanterre pour les entrainements et conseils depuis que j’ai commencé le triathlon à l’ES Nanterre. Je suis content d’avoir réussi à sortir cette belle course pour ce qui sera mon dernier Ironman avec l’ES Nanterre (et oui, un changement géographique et de club est prévu pour dans pas longtemps !).

 

Et puis mince, je le dis quand même: annoncer la veille 9h18 et faire 9h18m07, c'est quand même énorme ! Je vais avoir la pression au prochain pronostic...

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 10:00

Service Minimum...

 

les résultats ici

 

Nous y voilà, le 1er gros objectif de la saison à Cublize. Le L du Lac des Sapins. 3km de nat, 100km à vélo avec pas mal de dénivelé, et 20km à pied, avec là aussi du dénivelé, et pas mal typé trail.

C’est le déplacement club, et on est une vingtaine du club à descendre, et on se retrouve une dizaine dans un gite tout confort. Arrivée le vendredi en debut d’aprem, j’en profite pour remonter mon vélo, et là, catastrophe, la vis de serrage de ma tige de selle se casse. Sans doute ai-je serré/desserré trop de fois… Je reste calme. La tete de vis s’est barrée et il ne reste que le bout de vis dans son filetage. Heureusement, le filetage est débouchant, de sorte que le bout de la vis sort de l’alésage et permet une prise sur la vis. Sans cela, je n’aurai pas pu sortir la vis de son logement, je sais pas ce que j’aurai du faire, mais le cadre aurait été compromis… Le logeur sort des pinces de sa boite à outil et réussit à sortir la vis. J’utilise en solution de réparation une vis de mon porte bidon, et il réussit à me trouver une vis équivalente pour mon porte-bidon. Bon, je m’en sors bien.

Après cela, une petite natation en lac avec Nicky et les copains, et le lendemain un petit tour à vélo pour reconnaître une partie de la boucle de 50km. Je me sens pas trop en forme. Le parcours me convient plutôt pas mal, avec tout le temps des montées, mais aussi des descentes, que je maitrise mal, et encore plus depuis ma chute à Mallorca. Même la petite reco me fatigue, je ne suis pas super confiant. J’avais amené ma roue pleine, car elle n’est pas beaucoup plus lourde que mon autre roue arrière Zipp404 à pneu, et les copains se fichaient pas mal de moi quand je leur disais que j’hésitais à la sortir. Vers la fin de la sortie, les montées étant quand même assez roulantes, j’hésitais encore à la sortir pour le lendemain. Le vent violent dans les 10 derniers km m’ont convaincu de la laisser au gite : j’avais du mal à tenir mon vélo quand il soufflait de travers…

Je repère également le parcours à pied, qui est magnifique, et magnifiquement difficile. Quasi pas de plat, plein de relances, peu de bitume, vraiment un parcours où on peut creuser les écarts.

 

La tactique était de gérer en natation, de faire un bon vélo, mais surtout d’en garder à pied pour remonter plein de monde. Mon objectif affiché est un top 10, mais j’aimerai décrocher un top 5. Le niveau est quand même à priori plus élevé que sur le half Altriman ou half IronBask où j’avais fini 3ème l’année dernière, donc j’essaye de pas m’enflammer en visant trop haut, mais j’espère vraiment faire une grosse perf. Je me sens pas vraiment en top forme, mais je me dis que ça allait se débloquer pour le lendemain.

Au retrait des dossards, on me donne le numéro 11. Je me demande pourquoi on m’a donné ce numéro, et je me dis que peut-être ils me donnent un dossard préférentiel. Enfin la reconnaissance ! J’en parle avec mes coéquipiers et je passe pour un con doublé d’un prétentieux quand on s’aperçoit que seuls les dossards 1 et 2 ont été distribués à des athlètes d’un bon niveau, les autres, on n’a pas encore compris comment ils ont été attribués, mais une chose est sure, c’était pas en fonction du niveau des triathlètes ou de leurs résultats passés ! Quelle déception, mon nom est toujours pas reconnu J

 

Le matin, je suis plutôt tranquille, j’entends l’interview d’un des 2 athlètes au dossard préférentiel, qui dit qu’il vise un top 10, car il y a une délégation du Team Mermillod (connu dans le coin pour être un club de haut niveau ; l’année dernière à Annecy, il y en avait un paquet devant moi !). Je commence à me dire que le top 5 sera très difficile, et que même le top 10 risque d’être chaud. Je sais qu’il y a des lots pour les 10 premiers, je ferai de mon mieux pour l’accrocher, et prendre toutes les places bonus au-delà qui s’offriront à moi.

 

L’avant-course est tranquille, j’ai pris de la marge, et la plupart des copains de Nanterre ne font pas cette course comme gros objectif, du coup l’ambiance est plutôt détendu. Après un petit échauf, et une fois que les athlètes du CD dont partis (15 minutes devant nous), on se place sur la ligne. Gillou vient me donner un conseil : de se placer derrière un ancien du club de Nanterre qui nage bien : Mr Croco. Je m’exécute et suis en 2ème ligne juste derrière lui. La mise à l’eau est un peu chaotique, tout le monde s’avance au-delà de la ligne. Je râle un peu puis m’avance aussi pour pas me faire coincer derrière. Je suis toujours derrière Mr. Croco.

Corne de brume ! Début de la grosse pagaille ! Pourtant on n’est qu’environ 400 au départ, et la ligne de départ est assez large, mais ça bagarre sévère. J’ai l’impression d’être à la ramasse, j’ai perdu Mr Croco dès le départ bien sûr, et j’essaye de survivre sans perdre trop de temps. Dans ces cas-là, le secret, c’est de mouliner des bras, et ça je sais faire. Pour autant je ne m’extrait pas de la masse. Le départ est quand même assez fort, et j’essaye de me remettre à allure normale. Pas question de se crever sur la natation, il y a encore au moins 4 bonnes heures d’effort derrière. J’essaye de passer en 3 temps, mais je n’y arrive pas, le départ en 2 temps fait que je suis désorienté quand je repasse en 3 temps. Je n’insiste pas, je ferai toute la course en 2 temps.

Le parcours est en 2 boucles, en gros en rectangle, de longueur 600 et de largeur 150 (en gros). C’est à dire que le premier virage s’effectue au bout de 600m environ. Je pensais que ce serait suffisant pour étaler un peu les nageurs, mais à l’approche de la bouée, je me rends compte que c’est la grosse pagaille ! je suis encore dans le gros du peloton et je dois littéralement me battre pour réussir à passer. Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu de conditions aussi difficile, et c’est bizarre de l’avoir au bout de 600m d’une course longue distance. Cette 1ère bouée a le mérite d’étire un peu le peloton, et le reste sera plus tranquille.

Je nage dans les pieds pendant tout le 1er tour, mais malheureusement, on commence à revenir sur les derniers du CD, et là c’est pas facile car la différence de vitesse est flagrante, et les pauvres se retrouvent avec des gars qui les rasent (ou pire, leur montent dessus) alors qu’ils pensaient être tranquilles. Si j’avais été eux, j’aurai essayé de me décaler un peu, car ça a du vraiment pas être facile. Pour nous, c’est pas évident non plus, car on peut foncer dans un gars qui fait la brasse devant nous sans s’en rendre compte, où on doit le contourner et retrouver les pieds devant. J’ai dû faire quelques accélérations à ce moment pour ne pas perdre les pieds. Je contrôle bien mais je sens que je suis peut-être un peu trop rapide. Je suis un peu mieux au deuxième tour, peut-être ai-je ralenti, je sais pas. Sur la fin, c’est même moi qui passe devant (ça devient une habitude sur les fins de course et ça montre que je gère plutôt bien je pense) pour finir les 300 derniers mètres.

A la sortie de l’eau, Nicky m’annonce 20ème. Je suis satisfait car j’avais l’impression d’en avoir laissé partir plus devant. Laurent et Nicky me diront plus tard que j’ai nagé en 44 minutes. Si la distance de 3000m y était vraiment, c’est un chrono canon (équivaut à environ 56min sur IM), et je ne sors pas trop entamé. La transition est très longue, mais je dois pas trop mal la gérer car on m’annonce 14ème à la sortie du parc.

A la sortie de l’eau, on annonçait le dossard numéro 2 juste derrière moi, et il me reprendra juste au début du vélo, alors que j’ai (encore) un peu galéré pour mettre mes chaussures. Quant à Mr Croco, il était devant, il est sorti du parc 40 secondes devant moi.

 

Il y a beaucoup de personnes du CD sur le parcours. Je suis surpris de reprendre autant de monde aussi vite. Les dossards sont différents donc je peux voir quand c’est un concurrent du CD ou du L qui me double ou que je double. Je suis pas mal sur le vélo, je suis dans la cible de puissance fixée, mais je ne remonte quasiment personne. Par contre pas mal de monde revient sur moi. Très vite, je me fais doubler par 3 bolides coup sur coup. Je reconnais l’un deux, de l’US Creteil, que j’avais presque battu au CD des Etangs un mois plus tôt. Je sais qu’il est très fort en vélo, et vu la différence de vitesse, il risque de poser le vélo avec une avance trop importante pour espérer le rattraper. Il avait terminé 4ème l’année dernière, et j’essaye de garder dans un coin de mon esprit le but d’arriver devant lui. Ca me saoule quand même un peu car j’ai déjà reculé à la 20ème place, et je n’ai pas l’impression de faire un super vélo. Je perds un peu de temps sur les montées, et en général j’en reprends un peu sur le peu de plat qu’il y a, mais en descente, je perds de vue systématiquement les gars qui me précèdent. Même quand j’essaye de les suivre à la trace, en suivant leurs trajectoires, je n’y arrive pas et je freine. C’est très frustrant. Difficile d’estimer le temps « perdu » en descente, mais j’ai peur que cela devienne rédhibitoire pour mes ambitions ! J’arrive quand même à me stabiliser autour de la 20ème place en entamant le deuxième tour. Enfin on est seul, sans les athlètes du CD. Pas que je n’aime pas les gars du CD, mais je préfère être un peu plus seul sur les courses. J’en aurai quand même profité pour encourager comme je pouvais les nanterriens que j’aurai doublé sur le CD.

Au début du 2ème tour, je reviens petit à petit sur un gars qui m’avait doublé et déposé dans la descente avant. J’arrive en général en haut des cotes avec lui, il me reprend du temps en descente, et je reviens sur lui en montée. J’en profite pour faire une expérience amusante. Quand on a le vent de dos, on est tous les 2 sur les cocottes, et on avance à peu près à la même vitesse. Quand le vent est de face, il est assez fort, et je choisis de me mettre sur les prolongateurs pour mieux « rentrer » dans l’air, même si je ne peux pas appuyer aussi fort sur les pédales. Lui devant reste sur les cocottes ou se met en danseuse. Et là, je reviens sur lui à chaque fois. Comme quoi, même en montée, en vent contre, il est important de minimiser la résistance à l’air.

Je ne me souviens pas trop de la fin du parcours. Je continue à gérer mais je suis déçu de ma position, que j’estime à 20ème environ. J’ai perdu des places sur le vélo, ça devient malheureusement de plus en plus fréquent… Mais j’attends avec impatience la CAP, car je sens que j’ai encore des réserves, et que beaucoup peuvent perdre un paquet de minutes devant.

Je pose finalement le vélo après 3h13 d’effort, bon pour le 24ème temps vélo, et je pose en 21ème position. Pour une moyenne d’environ 31 km/h et 1500m de D+ d’après Garmin, mais quand même 15 minutes de perdus sur les meilleurs. La satisfaction vient du fait que mon 2ème tour est environ aussi rapide que mon 1er tour. Etant donné que le vent s’est levé lors du 2nd tour, c’est une belle stabilité, qui m’a permis de ne pas « sombrer » complètement. D’ailleurs, le Créteil qui m’a doublé au bout de 15-20km m’a pris 5min dans ces 20km (son retard à T1), mais ne m’a ensuite repris « que » 7min sur les 80km restants.

 

Bon, je me lance sur la course à pieds sans trop réfléchir, et je me mets à une allure agressive, mais qui me paraît « tenable » sur 20km. Au bout du 1er km, je suis rassuré, le chrono affiche 4m09, ce qui est très bien vu la difficulté du parcours. Mais un gars s’accroche, je suis surpris (il lâchera au bout de 2-3km et finira finalement 2 min derrière). Dans les prochains km, la vitesse ne baisse pas, j’oscille entre 4m et 4m20 par km, et je reprends du monde. Je croise aussi les derniers du CD qui terminent leur chemin de croix. Le parcours est en 2 boucles de 10km un peu en A/R, donc on croise par moments ceux qui sont en avance/en retard. En particulier, entre le km 3 et km 4,5, on croise ceux qui sont au km 5,5 à 7km. Et il y a une petite boucle qui nous amène de 4,5 à 5,5km où là on ne croise personne. Vous ne suivez pas ? C’est pas grave, j’en arrive aux faits. Je croise pas mal de monde avant d’arriver au km 4,5, et juste à ce moment, alors que je m’engage sur la petite boucle, je vois le gars de Creteil en sortir. Il a donc environ 1km d’avance sur moi. Je le trouve pas hyper fringant, et j’ai bon espoir de réussir à le rattraper car je me sens fort. J’essaye de bien m’alimenter en prenant de ma potion magique régulièrement (un mix de gel Powerbar vidé dans un petit bidon flexible avec lequel je cours) et de boire, mais je ralentis peu aux ravitos et n’arrive en général qu’à boire ½ ou 1 gorgée d’eau ou de coca. Je remonte lors de cette première boucle pas mal de gars qui m’avaient doublé en vélo, et également Mr Croco, qui a l’air de peiner à pied. En fait, je l’ai doublé alors qu’il repartait péniblement avec des crampes. Etant donné son allure quand je l’ai doublé, je pensais le voir loin derrière mais il s’est bien ressaisi et termine 5min derrière. Je commence également à croiser mes coéquipiers et les encourage comme je peux, c’est à dire de moins en moins au fur et à mesure des km : Au début, c’est un « allez Florian ! » franc. Ensuite, un « Allez Aurélien… » murmuré, puis un geste de la main, enfin un hochement de tête, pour finir par un regard vide sans expression… Fabrice, qui a couru le CD, m’encourage sur le bord de la route, et me donne mon classement (15ème environ). Nicky m’encourage aussi, je lui fais un petit signe de remerciement.

Vers le km 8, on affront une cote terrible, plus de 20% selon l’orga, mais vraisemblablement plus autour de 10-15%. Je l’avais repéré et déjà prévu de ne pas courir, d’en « profiter » pour marcher vite, et faire baisser le cœur. La cote fait 150-200m, je marche une grosse minute avant de repartir de plus belle. Je pense avoir fait le bon choix de ne pas me griller à courir dans cette bosse. La descente dans les bois j’essaye d’allonger et j’arrive vers la fin du 1er tour. Je sens que ça commence à devenir plus difficile mais j’ai encore confiance.

 

J’aperçois à la fin du 1er tour notre président Gillou qui part sur la CAP, je le double et lui dit de bien faire attention à gérer cette CAP car elle est très difficile. Je sens déjà que je suis parti trop fort et que ca va être dur de tenir… Je termine ce 1er tour en 40min30 pour 9,77km Garmin (environ 4min11/km réel), ce qui est très rapide compte tenu du parcours difficile.

Je n’ai pas l’impression de trop faiblir au début du 2ème tour, mais force est de constater que je perds environ 15-20s par km par rapport au 1er tour. Beaucoup trop ! Malheureusement, une erreur Garmin dans mon fichier m’empêche de récupérer toutes mes données en CAP, mais j’ai dû mettre environ 3min de plus sur le 2ème tour par rapport au 1er. Les 3-4 derniers km sont vraiment très très difficiles, et je pense même à marcher. Fabrice m’encourage et me dit que le gars de Créteil n’est plus que 20s devant au km 16. J’arrive à le reprendre, et un peu plus loin, je reprends un gars avec qui j’avais fait une partie du vélo et qui s’était « échappé » dans la dernière descente. Je le reprends un peu avant la grosse montée.

Nicky est encore là et m’encourage à fond. Mais j’avais prévu de marcher et je marche. Elle me dit qu’un gars revient derrière : je le sais c’est le gars que j’ai doublé. Mais je n’ai plus la force de répondre à ces encouragements, je suis vidé, j’ai la casquette vissée sur la tête, je regarde mes pieds, les mains sur les genoux, et j’avance aussi vite que possible. Le gars me double en courant, je me demande comment il fait. La pente redevient normale, et je trottine. Je reviens sur lui en 10 secondes, et je le dépose sur le plat, et augmente l’avance sur la descente dans les bois. Encore une fois, j’ai bien géré cette bosse. Les derniers 500m sont sur le plat, mais je souffre. Il faut faire tout le tour du parc à vélo, ça n’en finit pas. Je veux surtout finir devant le gars de Créteil, mais tant qu’à faire, si l’autre ne me rattrape pas, je prends aussi. En arrivant au parc, je crois entendre le speaker annoncer l’arrivée du 6ème, et je me crois 7ème et très satisfait. Dernière ligne droite, et la délivrance de passer la ligne d’arrivée. Je suis épuisé et j’aimerai à la fois m’allonger, manger, boire, récupérer mon souffle. Je mets bien 5min à réussir à me remettre.

Je suis finalement 10ème. Je suis partagé entre la satisfaction d’avoir tenu l’objectif premier dans des conditions difficiles, et d’être allé chercher cette 10ème place « avec les tripes », c’était pas gagné à la pose du vélo, avec 11 places et presque 5min à remonter. Mais aussi déçu car j’ai l’impression de ne pas avoir fait LA course pour ce 1er objectif. Mon niveau de performance est à peu près équivalent à ceux de mes autres courses cette saison je pense. Déçu de mon temps vélo également, et d’avoir craqué à pied sur le 2ème tour. Sur un très bon jour, la 5ème place aurait été de toutes façons très difficiles à aller chercher (encore 5m30 de retard) mais je pense pas impossible. J’ai également péché sur l’alimentation/hydratation, surtout sur la fin du vélo et la course à pied. Je ne prends pas assez le temps de boire, et les quelques secondes de gagnées à ne pas boire/manger, je les paye 1, 2 ou 3 minutes à la fin, et ça aurait pu être pire. J’espère que j’arriverai à me convaincre pour mes prochaines courses de faire l’effort de mieux boire et m’alimenter.

Au niveau des satisfactions, une nouvelle fois la natation, où je sors avec des athlètes qui me mettaient plusieurs minutes l’année dernière. J’ai du mal à savoir ce que je peux envisager comme chrono sur IM, mais j’espère progresser par rapport aux 59min de Roth 2012. Et la CAP bien sûr. Malgré ma défaillance du 2ème tour, je fais le 2ème temps, à égalité avec un gars qui a couru en moins de 3h le marathon sur l’IM de Nice l’année dernière et qui m’a collé 2 min sur la première CAP du duathlon de Douai cette année. Je ne crée pas de gros écarts avec les suivants (1min entre 2ème et 6ème place CAP), et je perds 2 min sur le 1er, mais c’est quand même un bon résultat.

 

Le mois de juin était également consacré à un gros bloc de CAP, en vue du 2ème objectif de la saison : l’IM Zurich. Le travail a l’air de payer, et j’aborde la dernière ligne droite de préparation avec confiance : j’ai prouvé ma valeur en natation et en CAP, reste à réussir à faire ressortir les progrès en vélo de ces 2 dernières années, et je devrais être en mesure de sortir une belle course à la mesure de mes ambitions.

Mes ambitions ? Ce sera bientôt l’objet d’un entrée de ce blog où je m’exposerai aux moqueries en annonçant des objectifs élevés, mais que j’espère pas hors de portée.

 

 

Ca fait longtemps que je n’avais pas donné de nouvelles. 3 courses depuis la dernière entrée :

2ème sur le L des Marches de Bretagne

3ème sur le S de Mimizan

10ème sur le L de Cublize.

 

Vous pouvez accéder aux CR de course en cliquant sur les liens ci-dessus.

 

Cap sur l’Ironman de Zurich à présent. Encore 3 grosses semaines d’entrainement !

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 12:00

Presque "maitre" sur mes terres !

 

les resultats ici

 

Quelques jours avant le s de mimizan, je me prenais à envisager la victoire. 2 ans avant, j'avais fait 3ème, à 1m30 de la victoire. Avec mes progrès depuis 2 ans, je me disais que c'était possible. Si les "forts" allaient chercher les primes sur le M de l'aprem, ça me laisserait le champ libre. Moi j'aurais bien fait le M mais une semaine avant le 1er objectif de la saison c'était pas top.
L'avant veille, je regarde un peu la start list pour voir si je reconnais pas des noms familiers et patatra, les rêves de victoire s'envolent: 2 gars de l'équipe de D2 de Sud Tri Perf seront la. Je connais leur niveau, aucune chance pour moi. Je vois aussi Enzo, que je connais un peu car coéquipier au sein de l'équipe X-Pier, de coach Nick. La aussi un très gros niveau, top 100 à Hawaii, même s'il est plutôt spécialiste longue distance. Donc je ne m'imagine plus sur le podium et redescend un peu sur terre.
La veille, il y a le triathlon S par équipes. L'occasion pour moi de le faire avec mon père et mon frère, et ainsi de repérer le parcours. On fait une course sympa, on arrive à peu près à se coordonner à vélo Grace aux "ra" et "go", signaux convenues pour ralentir ou accélérer... On termine dans les profondeurs du classement, mais c'était quand même agréable. J'ai l'occasion de bavarder quelques minutes avec Antony de Sud Tri Perf, il va faire la course par équipe, et la gagner facilement, avec ses coéquipiers. Je lui demande, en blaguant, mais quand même! Pourquoi ses 2 coéquipiers font le S et pas le M, mais il n'a pas le temps de répondre, je suis halé par mes coéquipiers.

le lendemain, le vrai jour de course. Ma mère inscrit sur le XS, mon père, mon frère et moi sur le S.
Je m'échauffer un peu et ai le temps d'encourager un peu maman qui sort de l'eau en bonne position. Après direction le départ, je conseille à mon frère et mon père de pas partir devant, ça va bastonner. Dans le parc, on annonce que le récent 7eme cadet des championnats de France est là. Bon, la 4ème place aussi est compromise... Je les connais les cadet, ça nage très bien, et ça peut courir très vite. Il n'y a qu'en vélo ou généralement je peux prendre l'avantage.
J'essaie de rester concentré et je décide de partir à la corde, à la bagarre, derrière les gars de STP, qui seront sans doute premier à sortir de l'eau.
C'est parti! Et c'est pas évident, mais c'est pas non plus la grosse grosse baston. J'arrive à rester dans le rythme, mais je vois que ça essaye de déborder par la droite. J'avais bien repéré une colline juste dans l'axe de la bouée à l'échauffement et la veille j'avais l'impression qu'on déviait tous à gauche. J'essaye donc de bien rester à droite et j'ai l'impression que ça marche. Je suis bien calé dans des jambes et je ne compte pas les lâcher. Je suis assez à l'aise, j'essaye de ne pas trop en faire. Au bout de 500m, j'ai l'impression que le gars devant faiblit, je me décale mais je ne peux pas passer, il ralentit encore et la je passe, je finirai les 200 derniers mètres en tête d'un petit groupe.
À la sortie de l'eau, j'entends Nicky me dire 9ème! Une nouvelle fois j'hallucine d'être aussi bien placé. Je me suis amélioré en nat mais j'ai du mal à m'y faire. En plus, dans l'eau, j'ai du mal à voir les gens devant moi, et au départ, j'ai toujours l'impression d'avoir 20 ou 30 gars devant, mais faut croire que soit ils faiblissent, soit je vois mal...
Je fais une transition pas trop mal, et pour la 1ère fois j'essaie les élastiques aux chaussures. Je n'ai pas été hyper bon, en particulier car j'aide mal à sauter sur le vélo en mouvement... Mais pas catastrophique non plus. En plus, en sortant du parc à vélo, j'aperçois Enzo juste devant moi! Je sais qu'il a fait des progrès en nat, et je suis extrêmement satisfait de sortir avec lui. En plus, il est très fort à vélo, ça me donnera une cible.
Comme prévu les 2 gars de STP sortent devant de l'eau, avec quand même 2 min d'avance. Sur 750m, c'est énorme! Je n'aurai jamais un tel niveau, mais ça montre qu'il y a encore de la marge pour progresser. J'en ai pas fini avec les petits carrés au fond de la piscine...

En vélo, je n'avais pas de consignes précises, mais j'avais en tête d'essayer d'accrocher mon maximum de puissance sur 30 min, qui est sensiblement égal à mon max sur 1h.
Le parcours est tout plat, il y a 5 virages en tout, c'est propice aux chronos. Il y a malheureusement un peu de vent il me semble.
Je double plein de concurrentes, les filles sont parties 10 min avant nous. Je dédouble aussi quelques gars, mais je perds petit à petit Enzo de vue. Je suis une peu en dessous de ma cible de puissance mais je m'en fais pas trop, la vitesse à l'air bonne, personne ne m'a encore repris. Il y a un peu de circulation mais pour l'instant ça va. Je reviens sur 2 filles qui avancent bien, mais l'une d'elles se fait prendre par la patrouille: carton! Moi je suis pas inquiet, je roule seul, et les gars que je doublé ne s'accrochent pas.
Je suis constant dans l'effort mais aux abords de mimizan et de ses communes, il y a un perdre circulation et les voitures sont ralenties par les concurrentes devant moi. Je pers quelques secondes 2 ou 3 fois à rester bloqué derrière, mais surtout un peu de stress, et je manque de tomber en me prenant le terre plein central, heureusement pas abrupt, en doublant une voiture...
Il reste quelques km et je crois apercevoir la tri fonction noire d'ensoleillement devant, je reviens sur lui! Finalement je reperdrai une sur le dernier km suite à un nouveau ralentissement de voitures, mais je pose 20s derrière lui. À ce moment je pense être 4ème. Très présomptueux de ma part, je me disais que si j'avais roulé aussi vite qu'Enzo, que devant il ne pouvait rester que les 2 STP.
Nicky me renvoie à la réalité: 6eme, me dit elle, et me dit qu'Enzo est juste devant.
À la sortie du parc, j'aperçois un coureur bordelais qui part. môme une bombe, et Enzo un peu devant lui. Maman me dit à la sortie du parc: 5eme. Bon, j'étais pas 4ème, mais j'étais pas loin apparemment.
Je m'affole pas dans ce 1er km, si j'essaye de suivre le bordelais, j'explose, et je pars à mon rythme. Je regarde pas ma montre, tout au feeling. J'ai plaisir de constater au bout de 700-800m que je reviens sur le bordelais, qui lui même revient sur Enzo. Je reste derrière et reviens progressivement. Mais alors très progressivement! Je dois mettre 2 km pour boucher 50m. Ils courent ensemble depuis 1 ou 2 km. Je ne reste pas longtemps derrière. Je me porte à leur niveau, et je constate que ça respire fort ! Enzo m'aperçoit et me dit: "tu vois benji, je te l'avais dit", allusion à notre discut d'avant course ou chacun disions que l'autre était plus fort et allait finir devant. Je réponds par un court "c'est pas fini!" Et je passe devant.
Comme porté par mon élan, j'ai l'impression d'accélérer. On arrive au ravito, je prends un gobelet pour m'arroser sans ralentir, car j'avais pris ma petite gourde avec moi pour boire, et derrière ça ne suit pas. Il reste 2 ou 3 km, et je décide de tout donner, sans regarder derrière. Je ne pense pas à devant n'ont plus, car je pense les STP intouchables. Je pense à derrière, les 2 courent bien, si je faiblis ils me reprendront. Le 4ème km passe bien, mais le 5eme est infinissable. Pour cause, il fait 1,5km! Le parcours fait 5,5km, j'avais oublié. Il doit rester 700-800m quand j'aperçois Nicky qui me confirme 3ème. Elle me dit que devant c'est à 2 min, je lui demande "et derrière?", et elle me dit de pas faiblir, que ça peut revenir. Et merde! Il va falloir que je m'arrache. J'ai du mal à accélérer mais j'essaye au moins de pas faiblir. Sur la dernière ligne droite, je regarde derrière, mais les spectateurs me rassurent, me disent que c'est bon. Je finis quand même sans ralentir, 3ème, une place que je n'osais pas imaginer au départ. 40s derrière arrive Enzo qui a pris le meilleur sur le bordelais. Le speaker l'annonce 3ème. Sympa de pas m'avoir vu franchir la ligne mec!

Je suis ravi de cette nouvelle perf, nouveau podium. Je suis content de mes 3 manches, même si à vélo je me dis qu'il me manquait 10 watts pour tenir l'objectif. Ça m'aurait pas fait gagner grand chose, 20s tout au plus. En plus, je ne vais pas plus vite qu'il y a 2 ans. La faute au vent peut être? Car je fais un très bon vélo en comparaison des autres. Seul un gars de STP (le gagnant, Nicolas le Hir), me prend plus d'une minute, et sinon Enzo me prend 20s.Et en cap, malgré la bonne impression que j'avais, j'ai couru moins vite qu'à Evreux, environ 5s par km quand même, c'est beaucoup, surtout sur un parcours à mimizan à priori plus roulant qu'à Evreux. Mais je ne perds "que" 30s sur le 2ème STP, Carl Dupont, qui est un bon coureur en D2 (14eme de la 1ère Manche grace à une bonne cap).
Au final, j'accuse quand même 3 min de retard sur le 1er et 2 min sur le 2ème. Ils étaient effectivement intouchables...
Très content de cette course donc, 3ème podium de l'année. Le WE prochain c'est le 1er gros objectif de l'année, le L de Cublize. Malgré m'as bonnes perfs, je ne suis pas hyper confiant. Toutes mes courses ont été abordés dans un cycle d'entraînement et je dois normalement atteindre mon pic de forme dans les prochains jours. Pas mal de petits aléas extra sportifs vont faire de cette derniere semaine pas une semaine de tout repos, que j'essaierai de gérer au mieux.
J'ai hâte d'être dimanche et de plonger dans le lac pour donner tout ce que j'ai!

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 09:00

Un podium en Bretagne

 

 

les resultats ici

 

 

Lever 5h du mat… On va dire que ca m’habitue pour les départs Iron Man mais c’est dur quand même !

J’arrive sur le site 3h plus tard, il fait encore frais, et même si le village de St Aubin est sympa, cela n’ivite pas trop à la pratique du triathlon.

Mais bon, est quand même venu pour ça, alors on fait avec. Après avoir récupéré le dossard et tout préparé, j’enfourche la bête pour un peu de reconnaissance et d’échauffement. Un bénévole m’a prévenu qu’il y avait un beau « coup de cul » de 15% sur 100-200m à passer. Mais mon timing est trop limite, je dois faire demi-tour avant d’y arriver. J’aurai au moins réussi à bien régler le dérailleur pendant cette petite reco. Avec 15% de prévu, je suis content d’avoir monté ma cassette 11-28. Je me rends compte que le parcours n’est pas du tout plat et que la 1ère descente est un peu dangereuse : pas mal de nid de poule à éviter, heureusement très bien signalés sur la route. En tout cas, le vélo, en 4 boucles, me paraît beaucoup moins roulant que ce que j’avais prévu.

 

Je retrouve Willy dans le parc à vélos : il est en petite forme suite à de gros entrainements et une crève récalcitrante. On débat sur la tenue cycliste approprié : lui a prévu de se couvrir, moi je suis décidé à partir en trifonction :elle sèche très vite et est très près du corps, j’ai l’impression qu’elle me tiendra suffisamment chaud, et je veux tester pour voir si ca passe.

Après le petit coup de stress et un echauf éclair à pied quand je me suis rendu compte que j’avais juste oublié ma combi dans la voiture, je l’enfile et on part pour le départ. Je m’échauffe un peu à l’extérieur et essaye de demander le sens du parcours et par où on commence. Tout le monde est perdu, même les arbitres, et on se met à l’eau comme on peut entre les ronces, et je peux nager 100-200m pour finir l’échauffement. C’est bon, je suis chaud !

L’étang est petit et je me souviens plus combien de tours on doit faire… Bon, je verrai bien, je me dis, j’ai pas l’intention d’être devant, je suivrai.

 

Petit cafouillage au départ, je n’arrive pas à attraper la rubalise dans l’eau pour la passer derrière moi. Certains ne s’étaient pas embetés et l’avaient fait avant le départ. Heureusement, on n’est pas nombreux et ceux derrière moi ne sont pas nerveux et ne me montent pas dessus pour me punir des 1-2 secondes de perdues, finalement sans conséquences.

Le plan prévu par coach Nick est d’apprendre de des erreurs : lors de ma dernière compet, j’avais trop donné en natation, et j’étais sorti de l’eau avec le cœur à fond et j’ai eu du mal à m’en remettre. Là, j’ai une consigne de ne pas dépasser 155bpm à la sortie de l’eau. J’ai pas le Garmin avec moi pour vérifier, mais je me dis qu’il faut que je sois à l’aise mais pas trop, dans l’eau !

 

Je pars quand même vite, pour me placer dans un bon groupe. On est peu nombreux, le niveau n’est pas très dense, et je me retrouve à nager dans un petit groupe à l’approche de la 1ère bouée après 200m. C’est quand même un peu le bordel et je me prends un coup sur le menton qui me sonne un peu, mais heureusement sans gravité. Ca me rappelle quand même qu’en natation, il faut faire très attention…

Maintenant que les groupes sont faits, j’essaye de me caler dans l’allure visée, et j’espère que ca me permettra de rester avec le groupe. Je nage néanmoins en 2 temps, car je me sens désorienté quand j’essaye de passer en 3 temps.

Un gars nage juste à côté de moi à droite et on a 2 gars devant nous. Le gars prendra l’intérieur de tous les virages et à chaque fois, cela me fait perdre 1-2 longueurs, que je dois reprendre. Mais ca me rassure d’être dans la zone fixée : je recolle sans problème. On finit un 1er tour, et mes lunettes sont pleines de buées, c’est difficile de voir et je me dis que si je quitte le groupe, je serai perdu. Je n’ai pas l’impression de nager droit ; je ne sais pas si c’est moi ou les autres, mais je me retrouve souvent 1m à gauche ou à droite, ou à téléscoper le nageur à droite.

Mais bon, dans l’ensemble, ca passe bien. La sortie est à la moitié du tour. On a déjà fait 2 tours complet, et je commence à espérer qu’il n’y a que 2,5 tours, et pas 3,5, car je commence à me dire que je fatigue. Lors d’une ligne droite, les 2 devant me prennent quelques longueurs d’avance. Je décide de ne pas accélérer, quitte à les laisser partir, pour ne pas me griller. Je m’applique et à ma grande surprise, je recolle, sans faire plus d’efforts.

Peut être y a-t-il eu un petit coup de bluff et une accélération puis un retour au calme, je sais pas.

Je vois les gars sortir devant moi, ouf, c’est bien 2,5 tours ! Je devais quand même être un peu au dessus de la cible, car je suis content de sortir. On m’annonce 8ème. Je suis moins surpris que les autres fois, je commence à m’habituer à sortir de l’eau en bonne position.

J’arrive à mon emplacement, Willy est là, con emplacement est juste à coté. Il est prêt à partir. Je lui demande s’il est sorti en tête, mais non, 2ème. Il a pris le temps de se couvrir et part en me disant « à tout à l’heure ». Je fais une transition « normale » de mon point de vue, mais elle est pas mal comparée aux utres car je repars 3ème ! En fait on était dans un groupe de chasse dans l’eau, et entre la 3ème et 10ème place c’était bien serré, mais j’ai grillé tout le monde lors de la transition. Ma relative fraicheur en sortant de l’eau a du m’aider. Mais bon, je ne sais pas que je suis 3ème. Je me fais doubler rapidement pendant que j’enfile mes chaussures sur le vélo. Il y a du mieux mais c’est pas encore ça. Je me fais doubler encore après 1 ou 2km par un gars en rouge, puis après encore quelques km, j’apercois Willy devant. Sur le vélo, j’ai eu froid pendant 1 minute environ, le temps de sécher, puis nickel, aucun problème ! Je prends du temps pour revenir sur Willy mais je vois que je reviens petit à petit. Je reviens aussi sur le 1er qui m’a doublé. Quand je passe Willy, un petit mot d’encouragement et mui me dit « quand tu passes les 2 devant, tu seras 2ème ! ». C’est là que je comprends que je suis bien placé. J’arrive à en doubler un et je garde le rouge en ligne de mire, sans parvenir à revenir, mais sans perdre non plus. Le parcours est plein de « toboggans ». En fait, il y a peu de plat mais pas mal de petites montées et descentes. Ça permet de relâcher assez souvent la position de triathlon et de se mettre sur les cocottes ou en danseuse.

 

Arrive le fameux mur au 12èmekm, mais avant cela, la descente, tellement pentue qu’on ne voit pas le bas quand on s’engage. Je freine des 2 mains, et même si le virage en bout de descente est très peu marquée, je ne prends aucun risque. Ca me prendra les 4 tours du circuit pour m’y habituer. Tout de suite après la descente, la bosse, en 2 temps : un 1er où on peut passer pas trop mal sur la vitesse de la descente et une 2ème où je mets le 39-29 et j’appuie fort sur les pédales pour rester à 10km/h. Ca grimpe sec, effectivement sur 150-200m environ. Suffisamment longtemps pour que ça pique et qu’on s’essouffle. D’ailleurs, sur les tours suivants, quand je rattrape ceux qui ont un tour de retard, certains mettent pied à terre et poussent le vélo dans la bosse.

Je me fais doubler coup sur coup par 2 bolides avec roue pleine (comme moi).

Impossible de s’accrocher, il y a un bel écart de niveau. Le gars en rouge arrive à s’accrocher et je les vois s’éloigner très vite. En quelques minutes, je ne vois plus personne devant. Je suis alors 5ème.

 

Ce sera l début de l’aventure solitaire : je ne verrai plus personne jusqu’au 3ème tour où je rattrape la queue de peloton. Mais le parcours est très varié et nous oblige à être vigilant : virages avec gravillons, descente, montée, relance, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

En plus, la consigne était de ne pas regarder les watts, et faire le meilleur vélo possible, comme si je ne devais pas courir derrière.

Le passage au centre-ville est très sympa : c’est un peu en montée, avec quelques virages, donc on ne passe pas à toute blinde, les gens sont nombreux et nous encouragent beaucoup. Yen a un à chaque tour qui nous pousse avec des « allez gamin ! on y va là ! on relance ! C’est bien ce que tu fais ! ». Et ça marche ! On relance à bloc, on se fait plaisir ! Vers la moitié du 4ème et dernier tour, surprise, j’aperçois du rouge devant… Je reviens assez vite sur lui, et je reconnais le loustic du début de course. Il va bien moins vite qu’au début. Moi j’ai été plutôt régulier et je regardais ma montre à chaque tour, et j’étais à 15-20s près sur le même chrono à chaque fois, même si j’espérais accélérer au fil des tours…

Je le passe avec 6-7km à faire. J’avais prévu de lever le pied à 5km du but pour pouvoir quand même courir, et malgré cela, il ne revient pas sur moi et je pose 4ème après un petit cafouillage à l’arrivée : j’essaie de crier pour qu’on m’indique où tourner pour l’arrivée vélo, mais au dernier moment, les arbitres me disent de m’arrêter. Je vois la ligne juste devant moi. En fait, il n’y avait pas à tourner, juste à s’arrêter ! J’ai été trompé par le marquage du XS du matin, où il y avait une flèche pour l’arrivée vélo, et je cherchais la même pour nous.

Bref, je m’arrête net, mais je mords quand même d’un bon mètre sur la ligne. Je descends du vélo et les arbitres n’ont pas l’air de vouloir me pénaliser… Je ne demande pas mon reste et part vers le parc à vélo.

Le speaker tient son rôle d’amuseur public : il comment mes gestes lors de la transition : « Benjamin très concentré, il a un beau casque profilé. Il boit un peu, il a raison, il va faire chaud. Ah, il a pris des lacets élastiques, c’est un malin ! Et le voilà parti ! ». C’était plutôt drôle et sympa !

 

Je fais le 7ème temps vélo. J’étais plutot content de mon vélo (environ 35,5km/h), mais à la lecture des résultats, je vois que les 2 meilleurs me mettent 10 minutes en vélo ! Ça fait mal.

 

Je pars donc 4ème, je n’ai aucune idée des écarts avec les 1ers. Il y a 3 tours, le parcours est plutôt typé trail, avec un petit peu mais pas trop de dénivelé, surtout des passages en forêt avec pas mal de petites relances.

Le parcours est plutôt bien indiqué, mais au bout de 3-4km, je m’aperçois qu’il n’y a plus de flèche ni de rubalise. Je me doute que j’ai dû me tromper, je m’énerve, j’hésite à faire demi-tour mais heureusement je vois un stand de ravito à gauche. Je bifurque vers celui-ci, et les dames me disent que j’arrive du sens opposé des autres. Et merde ! Je leur demande s’ils sont passé il y a longtemps, j’hésite sur quoi faire, et puis finalement je leur demande dans quel sens repartir et j’y vais. Je me dis que j’ai pas du beaucoup couper le parcours, et que je verrai au 2ème tour où je me suis trompé et je verrai le chemin jusqu’au ravito, je pourrai savoir environ combien de temps j’ai gagné (ou perdu) en coupant, et si cela change quelque chose au classement, me dénoncer. Je cours à allure « normale ». je sens que c’est pas un grand jour (normal, j’ai tout donné à vélo) mais que ce n’est pas la cata non plus. Difficile de se juger par l’allure, car le parcours est vraiment pas rapide, je tourne aux alentours de 4m15/km.

A la fin du 1er tour, j’aperçois le 3ème, et je reviens sur lui petit à petit. J’entends le speaker annoncer le 3ème, puis il m’annonce moi en disant « ah, on voit la différence de foulée, nul doute qu’il va avaler le 3ème dans quelques instants », ça me rassure, et effectivement, 500m plus loin, je double le 3ème assez facilement.

Il y a un peu plus de monde sur le 2ème tour (ceux qui ont un tour de retard), et je fais hyper gaffe au tracé pour ne pas me retromper et essayer de voir là où je me suis planté. J’aperçois à un moment une grosse branche mise en travers de la route, et un virage à gauche, mais indiqué après le virage, c’est à dire que la flèche n’était pas mise avant le virage, de sorte qu’on soit prévenu de tourner à gauche, mais 1 mètre après le virage. Je reconnais l’endroit où je me suis planté au 1er tour. S’ils ont mis une grosse branche en travers, c’est que je suis pas le seul à m’être trompé, ça me rassure un peu, même si d’après les bénévoles au ravito, les 3 premier devant moi arrivaient du bon côté, donc ne se sont pas plantés. Je m’aperçois qu’il y a très peu de temps entre l’embranchement incriminé et le ravito, j’ai dû gagner 30s-1min au maximum. On verra à l’arrivée si cela a un impact.

Je continue mon bonhomme de chemin, ça devient plus dur, mais je craque pas encore, à la différence du 2nd, que je rattrape vers la fin du 2ème tour, il est complètement à l’arrêt. Je lui demande si le 1er est proche, et il me dit que c’est mort, qu’il est loin. Tant pis, je continue, mais je me soucie plus de derrière que devant. Le dernier tour est compliqué, les derniers km aussi, c’est normal, mais je termine enfin.

 

Le 3ème n’est pas loin, 1m30 derrière. Suffisamment loin pour que mon coupage de parcours n’ait pas d’incidence. Mais il s’arrête à quelques lignes de la mètre. En fait, lui aussi explique qu’il a coupé et décide de s’octroyer une pénalité d’1m30 pour cela. Finalement, pressé par ses supporters sur le bord, il coupera la ligne avec une minute et quelques secondes de plus, une 20aine de secondes avant le 4ème. Bon, donc, j’étais largement bon pour la 2ème place, ça me conforte dans mon choix de ne pas m’être « dénoncé » aux arbitres. Sur l’application stricte des règles, j’aurai dû être déclassé, mais pour cette fois, je pense que l’équité sportive a été respecté (autant que possible). Sur une course plus importante, le DSQ aurait sans doute été de mise, mais le fléchage peut être meilleur également.

 

Le premier était effectivement bien loin, 10 minutes devant. Je termine avec le 2ème temps CAP, sans creuser de gros écarts, mais en ayant beaucoup donné à vélo c’est rassurant, et preuve une nouvelle fois qu’en général, je ne « craque » jamais complètement en CAP. La CAP est quand même très loin d’être rapide, aux alentours de 4m25/4m30 par km. Il faudra faire mieux à Cublize.

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 15:00

Mode Survie ON, et un peu de controverse…

 

Le classement officiel/officieux ici…

 

La journée commençait mal : je suivais bêtement le GPS pour me retrouver sur le périphérique parisien, et ensuite louper la sortie car pendant un tunnel où le GPS ne captait plus. Je hais Paris.

Bref, 2h20 plus tard, me voici à Vieilles-Maisons un peu en retard pour la reconnaissance du parcours vélo, mais j’arrive juste quand le groupe de copains part. Je vois que Mathieu, qui habite à 1km de chez moi, est aussi de la partie… On a loupé une bonne occasion de covoiturer tiens !

 

Je me sens un peu fatigué pendant la reco, mais je me dis que ça va passer. Dans l’eau, ça va mieux, mais je me rends compte que j’ai encore mon alliance au doigt à 5min du départ… Heureusement, une gentille accompagnatrice accepte de me la garder le temps de la course.

Je me place une nouvelle fois juste derrière Nico le coach, il a le don de toujours bien savoir où partir. On est sur la plage, et le plus court passage est sans doute à droite, mais il y a foule. On se met 15 mètres à gauche. A la sirène, première surprise, à part Nico, ça ne sprinte pas pour aller dans l’eau et je me retrouve bien placé dès le départ. Bon calcul, les morts de faim sont sans doute tous à droite. Je dois quand même lutter 100-150m pour me détacher mais j’aperçois la 1ère bouée (à 200m environ du départ) devant moi et un gros paquet à droite. Je passe sans encombre à la corde (vous aurez compris, on laisse la bouée sur la gauche, le gros de la troupe est donc à ma droite) et je m’aperçois que je remonte pas mal de concurrents. J’essaye de me caler dans les pieds de quelques personnes sur la longue ligne droite opposée. Après la 2ème bouée, on se retrouve 3 de front, et plutôt que de me laisser déporter, je reste bêtement entre les 2. Pas hyper agréable, on se donne quelques baffes, et arrive la sortie à l’australienne. Je sens que je suis rapide, mais trop rapide. La consigne était de ralentir à l’approche de l’australienne pour faire le point : est-ce que j’accroche ceux devant ou je me laisse tranquilou déporter vers le groupe derrière. Au final, on sort à 3, et je me dis que je vais rester sagement dans le groupe de 3. Je me rends compte à la sortie que je suis déjà dans le dur. Je marche un peu dans l’eau pour essayer de faire baisser les pulses, et laisse partir le 1er du groupe pour me caler dans les pieds du 2ème, qui a l’air de souffrir aussi. Le 1er part à droite, le 2ème va tout droit. Bon calcul, on arrive à la 1ère bouée en même temps. Mais on le perd définitivement sur la ligne droite opposée, et je perds moi-même les pieds du 2ème. Je lutte pendant 300-400m pour recoller à coup de « tant pis j’y vais pas » puis « mais même quand je veux le laisser partir il est encore à 5 mètres, c’est trop bête, j’y vais », et du coup je suis toujours « en prise » et au-dessus de ce que je devrais idéalement donner comme intensité. Je le laisse définitivement partir après la dernière bouée (300m de l’arrivée environ) pour essayer de récupérer. A la sortie de l’eau, je sens tout de suite que je suis à bloc. J’ai du mal à courir, le cardio doit être à bloc, j’ai du mal à enlever ma combi. J’entends « 7ème » et je me dis « cool, je dois être 17ème ». En fait, je suis vraiment 7ème ! Je m’étais pas du tout rendu compte que j’étais si bien placé. Arrivée au parc, je n’ai toujours pas enlevé le haut de ma combi, et je marche sur 20 mètres pour essayer de me calmer et d’enlever la combi. Arrivé à mon emplacement où ma montre m’attend, elle a capté 173bpm (pour 183 max), donc beaucoup trop haut sur un CD, c’est la fréquence cardio la plus haute de toute la course…

Au final, 23m26 avec T1, mais toujours difficile de savoir la distance exacte, donc on est plutôt obligé de regarder comparativement aux autres nageurs. Je sors donc 7ème de l’eau, à 1m25 de la tête, un bon nageur de D2, et à 1min de la 2ème place, et avec 1 min d’avance sur la 11ème place. C’est inespéré, mais ça reflète aussi le fait que j’ai trop donné.

Je ne sais pas si c’est ma nouvelle combi, l’adaptation de technique, la muscu des membres sup, ou une combinaison de tout ça, mais sur les 2 triathlons de métropole, je sors 2 natations de bons niveaux. Espérons que j’arriverai à nager aussi bien, mais plus intelligemment, sur mes courses objectifs !

 

Je croise Nico dans le parc, à son emplacement, qui me dit que je suis dans les 10 à peu près. Je me demande pourquoi il n’est pas parti et me dit qu’il doit avoir une mini-blessure qu’il nous avait caché. En fait, son pneu a explosé à cause de la chaleur et il n’a pas pu partir… Il s’est rattrapé en jouant le coach de luxe pendant la course.

Je monte sur le vélo et enfile tant bien que mal mes chaussures, et me fait doubler par Guillaume B de MSA. Ça devient une habitude !

Mais cette fois-ci, je ne suis pas capable de le reprendre immédiatement, et je le vois s’éloigner petit à petit pendant que j’essaye tant bien que mal de récupérer de mon effort trop important en natation. Je n’arrive pas à sortir la puissance prévue et j’essaye de compenser en me « tassant » sur mon vélo pour essayer d’être le plus aéro possible. Guillaume prend rapidement 150, 200, peut être 300m d’avance, mais nous revenons sur 2 autres coureurs. Le parcours est roulant mais avec un peu de vent qui fait que l’on varie entre 30 et 45 km/h. J’avais comme objectif de tenir 39km/h. On croise Nico qui nous encourage et nous donne les écarts avec le 2ème (je comprends que le 1er est hors de portée). Je n’ai pas de supers sensations mais je reviens sur Guillaume progressivement dans le 2ème tour. Le 1er tour est passé à 39km/h tout pile. Sur une relance (pas mon point fort), je me fais doubler par le gars sur lequel j’étais revenu, et je me laisse endormir 1 ou 2 minutes derrière, ce qui me permet aussi de récupérer, en faisant gaffe de ne pas être trop près, avant de relancer et le doubler.

Le 2ème tour est passé à 39km/h également, mais pendant la course, je pensais avoir perdu 20s par rapport au 1er (en fait, je n’ai pas bippé au même endroit). Je me dis que c’est normal, je suis toujours pas hyper à l’aise, mais j’ai l’impression d’avoir récupéré et j’attaque le 3ème en doublant Guillaume et en essayant d’appuyer un peu plus. Guillaume me redouble un peu plus loin (sur une relance…) et je suis surpris car je pensais avoir fait l’effort pour faire le trou. Nico est toujours là, il nous annonce 5 et 6ème (mais je comprends 10ème). On se redouble encore 1 ou 2 fois avec Guillaume et nous reprenons le 3ème et le 4ème sur la fin de course pour poser nous-mêmes 3 et 4ème. Guillaume me double une dernière fois pendant la phase de décélération et d’enlèvement de chaussures où je ne suis pas très bon, mais je fais une meilleure transition pour sortir du parc 3ème. Il me donnera ensuite quelques conseils de transition pour m'aider lors de mes prochaines courses.

 

Le dernier tour est passé à 39,3km/h, ce qui donne une vitesse un peu supérieure à 39 km/h sur les 3 tours, une fois lancé, et un peu inférieur si on compte la mise en route poussive après T1 et la décélération pas terrible avant T2.

La vitesse en elle-même est satisfaisante, même si sur un parcours plat, j’espérais passer les 40km/h, mais la puissance développée est inférieure à l’objectif. On va dire que c’est tout bon : quand j’arriverai à sortir la puissance objective (et je compte bien y arriver), je gagnerai 1 ou 2 % en vitesse. Et oui, c’est pas grand-chose, mais les secondes sont chères…

Je fais le 5ème temps vélo, mais on voit quand même une grosse différence avec les meilleurs : 4 min sur le 1er ! 3min sur le 2ème (qui nous a dépassé), et 1min, 1m30 sur 3ème et 4ème. Derrière, le trou n’est pas fait : le 15ème temps vélo est à moins d’une minute…

Bon, même si le niveau de la course n’était pas hyper élevé, je suis content d’avoir réussi à faire un bon vélo, malgré la fatigue, malgré la nata trop rapide. Mais je pense que je peux faire encore mieux.

 

Me voilà donc en situation quasi-inconnue : 3ème à la pose du vélo. Je n’ose pas trop y croire et je demande aux passants sur le passage combien sont passés avant moi. On me confirme : 2 sont déjà passé. Je sais que Guillaume ne devrait pas me reprendre à pied, mais je ne connais pas le niveau de ceux qui sont pas loin derrière.

J’entame la CAP pas en super forme : j’ai mal au bide (peut être les pates avalées 1h30 avant le départ…) et je n’ai pas l’impression d’avoir une foulée « aérienne ». Nico essaye de m’encourager, de me replacer techniquement (pousser plus loin avec les mollets !), et me donne les écarts : 1m15 sur le 2ème, il me dit d’aller le chercher, mais dans ma tête, je ne pense pas à autre chose que « faut tenir, t’es en mode survie ». Dès le 1er km, c’est pas bon signe. Au 1er km, je regarde ma montre, un peu angoissé de voir plus de 4min, mais à ma grande surprise (et joie), je suis en 3m51. C’est pas exceptionnel, mais ça reste un bon petit rythme, surtout que je n’avais pas de bonnes sensations. Le mal au bide met du temps à partir, mais au bout de 2km ça va mieux. J’attends avec impatience le ravito. Le parcours est en 2 boucles, ou plutôt 2 A/R sur un revêtement un peu « caillouteux » qui ne rend pas très bien, et en très légers toboggans.

 

Un peu avant le demi-tour, je crois entendre des pas derrière, mais je me demande si ce n’est pas mes propre pas que j’entends. Et non, ça se rapproche, et un gars se porte à ma hauterr. Coup au moral, mais je reste dans ma bulle. De toutes façons, je suis en mode « survie », je ne fais attention qu’à moi. Quand je croise le 2ème, il me paraît loin. Au 1er demi-tour, je me rends compte que le gars qui courrait avec moi a commencé à lâcher prise, il est 30-50m derrière. Le ravito arrive au 3ème km, enfin ! je me verse une bouteille d’eau sur la tête, il fait chaud, essaye d’avaler un peu de coca, mais j’avale à peine une gorgée. Je recroise Nico qui me dit de me bouger, et que derrière ça s’active ! On repasse vers le speaker, qui m’annonce 1m40 derrière le 2ème ! Pfff, je perds du temps, c’est mort, je me dis, et me concentre, sur la 3ème place. Je regardais mes temps au km de temps en temps, et j’oscille entre 3m50 et 3m55. Je recroise Nico qui m’annonce 1m25 derrière le 2ème. Il me dit que je lui reprends pas grand-chose mais m’encourage encore. Cette fois-ci, il y a du monde sur le parcours (ceux sur leur 1er tour), et je ne me souviens plus trop à quoi ressemblait le 2ème, ni le 4ème, et je ne fais pas l’effort d’essayer de les reconnaître au demi-tour. Je crois cependant voir le 2ème et me dit que je me suis rapproché. Mais j’ai toujours peur d’exploser. J’arrive à accélérer un chouilla, mais surtout à ne pas ralentir. J’essaye de calculer à combien il faut que je cours pour que le 4ème ne me reprenne pas.

Finalement, je ne faiblis pas, et je crois voir devant le 2ème, assez loin devant, mais assez près pour le reconnaître (100 mètres ?), le 2ème. Nico est encore là, et me dit d’aller le chercher, qu’il est cuit, il me contraint presque à accélérer. Moi j’en peux plus, ça fait 10km que je me dis que je suis en mode survie et je suis juste content d’être 3ème. Mais je sais (et plus important Nico le sait aussi…) que souvent je n’arrive pas à tout donner sur la fin et que je regrette en me disant qu’il me restait de l’énergie. Il me dit (il ne crie pas pour pas prévenir le 2ème…) « pas de regrets ! ». J’arrive enfin à me bouger et j’allonge. Je passe à 20km/h, je ne sais pas trop comment, à 300m de la ligne, et j’arrive à tenir (d’après Garmin) 19,5km/h sur les 300 derniers mètres.

 

Il est juste là devant, ça va le faire. Je le passe à 20km/h, il n’essaye pas d’accrocher. C’est bon, l’arrivée va être juste là, juste là…. Juste là, bordel ! Elle est où ? je me retrouve au parc à vélo, sous l’arche de départ vélo, je regarde autour : Et merde, je me suis trompé de parcours !

Je suis épuisé, tendu, perdu, j’essaye de demander (enfin, je gueule un peu dessus, excusez-moi les mecs…) où se trouve cette pu.... d’arrivée ! Ils me redirigent à travers le parc à vélo et me disent de passer par-dessus la barrière. Ouhhhh, pas une super idée ça, je sens le truc casse gueule ! Ils m’aident à passer au-dessus, je perds presque l’équilibre, et je crampe des 2 ischios en même temps ! Je crie et me dirige clopin-clopant vers la ligne d’arrivée, en sens inverse… Entre-temps, j’ai entendu que le 2ème était déjà arrivé, lui aussi à l’envers, lui aussi s’était trompé.

Je suis dégouté à l’arrivée, et ne suis pas hyper fair play avec l’orga en leur faisant comprendre que je suis vraiment pas content et déçu, mais c’est tout d’abord à moi de repérer le parcours et de ne pas me tromper.Une nouvelle fois mes excuses...

On s’est trompé juste avant le sprint. Le 2ème a tourné à droite, comme pour refaire un tour, alors qu’il fallait aller tout droit. Et moi je l’ai suivi, en plein sprint. Il s’est rendu compte de son erreur avant moi, une fois que j'étais devant et est allé à la ligne avant moi. Il y avait apparemment des indications pour aller tout droit, mais nous ne les avons pas vu…

Les arbitres décident de ne pas nous déclasser (ils auraient pu) et nous classent 2ème pour lui et 3ème pour moi. Difficile de dire si je l’aurai passé avant la ligne si nous avions pris la bonne direction.

Nico me dit que c’est certain, moi je préfère ne pas être aussi affirmatif, mais je pense qu’effectivement je l’ai repris un peu après l’embranchement raté, et il restait 30-40m de l’embranchement à l’arrivée. A la différence de rythme que l’on avait, et comme je n’ai pas l’impression qu’il aurait lutté, je pense que j’aurai arraché cette 2ème place.

Du coup, au lieu de finir sur un gros coup d’adrénaline et de laisser exploser ma joie au passage de la ligne, je finis dans la confusion, énervé, frustré.

Je sers la main du 2ème, il n’a pas l’air de vouloir discuter sa 2ème place, et je décide de ne pas me battre pour être classé 2ème, malgré les demandes de Nico. Au final, ça ne change pas grand-chose ce que dit le classement officiel.

Le classement officiel me donne donc 3ème, à 30 secondes du 2ème… Et oui, j’ai perdu beaucoup de temps à trouver l’arrivée. Au final, j’ai réussi à pas mal creuser l’écart avec le 4ème (à 1min officiellement). En analysant le fichier Garmin, je pense avoir perdu 1m06 dans l’affaire, mais il est difficile d’être précis, c’est sans doute juste à +/- 15 secondes.

Je finis donc avec le 2ème temps CAP officiel (mais le 1er officieux), en environ 37min36 pour 9,99 km Garmin (9,89 réel), soit un 10km réel en 38min, soit 3m48/km.

C’est au-dessus de ce que j’espérais (37min voire 37min30), mais ça reste un bon temps, sur un revêtement avec un rendement pas terrible, et des sensations pas terribles non plus, et tout de même le meilleur temps CAP avec un peu de marge (30s sur le 2ème temps CAP qui finit 4ème, 1min sur le 3ème, 2min sur le 6ème).

 

C’était une belle journée, il a fait beau, il a fait chaud, le parcours était sympa, les organisateurs sympas et la course au top (hormis le dernier embranchement bien sur :-), j’ai fait une belle perf, les copains aussi (3 dans le top 10 pour l’équipe de Nick), j’ai souffert, mais j’ai appris : ne pas partir trop vite en natation, mais j’ai réussi à tenir après !

Place maintenant à un peu de récup pour repartir plein d’énergie pour les objectifs de cet été : Cublize et Zurich

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 10:00

La saison commence vraiment !

 

Les résultats ici

 

 

J’abordais cette course plein d’enthousiasme et d’envie. En effet, cette course étant sélective pour les équipes normandes de D3, le niveau sera à priori plus élevé que ce que je pensais, et je pourrai me comparer à de bons triathlètes normands, et/dont certains avec qui j’ai déjà fait quelques compets. Le club MSA en particulier envoyait une grosse délégation.

J’arrive très tôt sur place pour avoir, pour une fois, le temps de m’échauffer proprement, sans stress. La météo est menaçante. Entre l’echauf à pied et en vélo, une grosse averse se met à tomber, et je crains le pire pour la course. Heureusement elle s’arrête à temps et je peux faire un tour de reconnaissance en vélo et finir de chauffer la machine. Je me sens bien, le parcours est sympa, varié. La descente me fait un peu peur, je ne suis pas rassuré. Je teste pour la première fois mon nouveau poste de pilotage et mes manettes de frein plus aéro. C’est effectivement plus aéro mais moins maniable. Et avec ma chute encore dans mes souvenirs (et visible sur mon bras et jambe gauche) et la roue pleine à laquelle je ne suis pas encore hyper habitué, et la chaussée encore humide, je ne prends aucun risque.

Je teste également ma nouvelle combi, à priori plus flexible au niveau des épaules. Je l’ai pris une taille plus grande que mon ancienne, et elle me couvre plus les mollets et les avant-bras, et je suis bien dedans, mais j’ai un peu peur qu’elle ne soit pas assez serrée une fois dans l’eau… On verra !

Je discute un peu avec quelques nouveaux du club pour qui c’est le premier triathlon. Ils auront un peu de mal en natation mais finiront très bien leur première course.

Moi, je recherche Nick mon coach, qui choisit toujours le meilleur placement au départ, et je le trouve tout à gauche sur la ligne de départ. Et moi qui voulait partir à droite… Je crois des visages familiers, et me positionne en 1ère ligne, juste à côté d’un gars de MSA, Guillaume F., que je sais un peu plus rapide que moi dans l’eau. J’espère réussir à le suivre en m’abritant dans ses pieds. La ligne de départ est très large et j’ai bon espoir de partir assez vite pour ne pas avoir à trop bastonner et prendre les bons pieds.

On essaye de rester concentré malgré les 15 conneries à la minute de McDu, et Pan ! C’est parti.

Pour une fois, mon départ est pas mal, j’arrive à bien courir quelques mètres dans l’eau et plonger « proprement » avant de commencer à nager. C’est un parcours très court, environ 500m de natation, donc il faut partir vite, mais pas s’asphyxier direct non plus. Au bout d’une dizaine de secondes, je vois que je suis à priori juste à gauche de Guillaume. Je reste encore un peu à son niveau, j’ai l’impression de bien tenir le rythme. Une fois que ça s’est un peu décanté, je me laisse glisser et reste bien calé dans ses pieds. Le rythme est bien élevé, mais j’ai l’impression que je pourrai le tenir. Je respire en 2 temps, pas le choix, et lève souvent la tête pour être sûr de bien rester dans les pieds. Après 200m, je jette un coup d’œil à droite : personne en vue ! Bon, ca veut dire qu’on est devant quasiment tous les gars qui sont parti à notre droite, c’est plutôt bon signe, on doit être pas mal placé !

Le parcours est marrant : on doit faire le tour d’un petit ilot au milieu de l’étang. Il n’y a rien de matérialisé pour le tour de l’ilot, donc je m’approche le plus possible de la berge pour minimiser la distance. Je frôle le sol de mes mains, je lève la tête pour voir où sont les branches et les racines, et suis même obligé de bien juger mes mouvements de bras pour arriver pile pour plonger sous une branche basse. Je vois même quelqu’un devant se lever pour faire un mouvement de « dauphin » avant de repartir. Il reste 100-150m après l’ilot mais je commence à fatiguer. Guillaume aussi visiblement car on laisse filer un groupe assez grand devant.

Sur la fin de la natation, je reviens à son niveau et on sort ensemble de l’eau.

Ma combi a parfaitement tenu le coup, et je me suis bien senti tout du long, c’est déjà ça de gagné ! Je fais une bonne transition jusqu’à l’enfilage de chaussures, mais après forcément je perds du temps à mettre mes chaussures avant comparé à ceux qui le mettent sur le vélo.

Je monte sur mon vélo finalement 17ème, 6 secondes derrière Guillaume F. et 2 secondes derrière Guillaume B., de MSA également, avec qui j’avais couru en Afrique du Sud.

Très très satisfait de ma natation, je perds pas trop de temps sur les meilleurs (1m10 tout de même…), et en comparant avec d’autres triathlètes, j’ai l’impression d’avoir progressé (peut être grâce à la nouvelle combi aussi). Je suis content, les 2 semaines d’arrêt à cause de mes blessures ne m’ont finalement pas trop pénalisés, et j’ai réussi à encore progresser cet hiver malgré une baisse de motiv dans cette discipline et des entrainements plus rares (1 ou 2 par semaine).

Guillaume B m’encourage quand je le passe en début de parcours, mais je suis déjà bien concentré et je ne l’ai pas reconnu et ne lui rend pas l’encouragement…

Je me rapproche doucement de Guillaume F., qui a un gars bien calé gentiment dans sa roue. J’hallucine car le gars est vraiment à 50cm de la roue, sans aucun gêne apparent. Apparemment, la qualif pour la D3 est plus important que l’éthique sportive de temps en temps… Je me dis que je vais le pourrir en passant, mais les 2 devant commencent à zigzaguer sur la route et à s’invectiver. Je reste derrière en attendant que ça se passe, car j’ai pas envie de me faire dégommer. J’apprendrai par Guillaume F après la course que le gars, non content de sucer sa roue, s’est permis de le « menacer » après qu’il lui ait demandé plusieurs fois de quitter sa roue !

Bref, je double ce joli monde et je vois devant un beau paquet d’une dizaine de coureurs. Pas à la queue leu leu non plus, mais un petit peloton, avec 2-3m entre chacun, et des fois plusieurs coureurs de front. Je reviens sur eux juste avant la petit montée, et je fais l’effort pour essayer de doubler le plus de monde possible pour ne pas me retrouver dans ce groupe de drafteurs après la cote. Cote de 1km à 5,5% de moyenne environ, que je gravis à 21km/h, suffisant pour doubler la plupart des gars du groupe. Arrivé en haut, il y a un petit faux plat montant, où je remets une couche pour définitivement me mettre devant. Arrive une portion dans les sous-bois, légèrement en descente, où j’arrive à garder 44km/h de moyenne, et enfin la fameuse descente, pas compliqué mais suffisamment pour me faire perdre un peu de temps.

Fin du 1er tour de 12,5km, il en reste encore un. Je me sens bien, je suis les consignes données par le coach, et j’aborde la suite avec confiance. C’est là que 2 gars me doublent coup sur coup. Au début, je crois que ce sont 2 du groupe que j’ai doublé, car je reconnais un maillot, qui sont revenus dans la descente, mais il faut bien se rendre à l’évidence, ça pédale fort. J’essaye de ne pas me laisser distancer par ces 2 loustics, d’autant plus que j’aperçois un concurrent de MSA (encore !) devant, que je pense être Antoine B., que je n’espérais pas revoir aussi vite. Il avait terminé 2ème au S de Vernon plus d’une minute devant moi l’année dernière, et m’avais mis une mine en nat et en vélo. Ça me booste et je continue à bien appuyer sur les pédales.

2014-05-08-S Evreux 01

Je perds un peu de terrain petit à petit sur les 2 mais en reprend sur Antoine. Dans la montée, j’essaye de monter encore plus fort que la première fois, mais malgré une débauche d’énergie plus importante, je ne gagne que quelques secondes par rapport au 1er tour (et rien par rapport aux 2 gars). Avant la descente, je suis quand même presque revenu sur eux, mais une nouvelle fois je perds un peu sur la descente. Je remets un coup sur le petit coup de cul juste après mais doit me résoudre à poser le vélo 15-20 secondes derrière eux.

2014-05-08-S Evreux 02

à T2

 

En analysant les résultats, je vois que les 2 gars sont sortis 40-50 secondes derrière moi. J’ai donc perdu ce temps sur eux au 1er tour. Je ressors du parc 20s derrière eux. Si on considère qu’on a fait la même transition (mais aucun moyen de le savoir), j’ai donc mieux limité les dégâts sur le 2ème tour.

Je signe le 8ème temps vélo. Pareil, je suis très content de ce temps. En puissance pure, je n’ai pas énormément gagné par rapport à Vernon l’année dernière (qui était un mois plus tard dans le calendrier) mais il y avait une bosse plus longue à Vernon, et une descente plus roulante, ce qui avantage la production de watts ! Donc une petite amélioration de puissance, une petite amélioration aéro, pour au final une partie vélo un peu meilleure ! Ca donne du 37km/h environ sur 25km environ, et environ 160m de D+. Pas fantastique en soi, mais le parcours n’était pas hyper roulant quand même.

Ma transition est plutôt bonne, et je repars du parc à vélo en 8ème position. Mais à ce moment je n’ai aucune idée de mon classement, je crois qu’on m’annonce 9ème. Je visais un top 5 intérieurement, donc je me dis que c’est pas gagné, mais je suis confiant, la CAP c’est mon point fort, ya pas de raison !

Mais dès le début, bien que je me sente pas trop mal, je n’arrive pas à reprendre du temps à Antoine, parti 20s devant du parc à vélo, et je me fais même doubler au bout de quelques centaines de mètres ! J’hésite à le suivre, la consigne est de partir vite bien sûr, mais surtout de tout donner sur les 10 dernières minutes. Si je me mets dans le rouge dès le 1er km, je ne sais pas comment je vais finir. Je « décide » donc de le laisser filer. Au final, il me mettra 45 secondes dans la vue à pied, sur 5km, ça fait lourd ! Mais j’apprends également qu’il est champion d’Europe de duathlon et qu’il court le 10km en moins de 31 minutes. Bon, finalement 45 secondes sur 5km c’est pas si mal ! D’autant plus qu’il ne s’est sans doute pas ménager pour aller remonter tout le monde devant et finir 2ème à quelques secondes devant le 3ème.

Le parcours est plat, mais les appuis sont fuyants : pas mal d’herbe sur un sol dur mais « cassé » qui met à mal les chevilles, un peu de boue, un peu de sable, et un peu de vent.

Je reprends assez vite les 2 gars qui m’ont fumé à vélo. Un des 2 me demande de quel club je suis (c’est la guerre entre les clubs de Normandie !). Evidemment, « Nanterre » ne lui dit rien, et il me confond, à cause de ma trifonction verte, avec MSA. Je lui répète « Nanterre » mais après je me reconcentre sur ma course.

Je n’arrive toujours pas à revenir sur Antoine. Je suis frustré car à Vernon l’année dernière j’avais réussi à lui reprendre une 30aine de secondes. Je suis donc 7ème, mais à ce moment je ne sais pas, je me crois 8ème, et devant il y a quelques places à prendre mais je n’arrive pas à me rapprocher.

Le 2ème tour j’essaye d’accélérer, et de me mettre à bloc, mais force est de constater que je n’ai pas réussi (une nouvelle fois) à me faire mal comme je devrais. Ne croyez pas que j’étais tranquille, hein, si vous m’aviez demandé, je pense que j’aurai dit que j’étais à fond, mais finalement je pense que j’avais encore quelques secondes voire dizaine de secondes sous la semelle.

2014-05-08-S Evreux 03

Pas le plus beau coureur qu'on ait jamais vu, mais ca avance un peu quand même !

 

Je rattrape un concurrent dans la dernière ligne droite, avec vent de face, et je fais l’effort pour qu’il ne s’accroche pas. Plus personne en vue dans les 500 derniers mètres, j’essaye de ne pas faiblir et je finis cette course content, en ayant l’impression d’avoir fait une très belle course, même si l’objectif du top 5 n’est pas atteint.

En regardant les résultats, je suis un peu frustré, car je vois que le classement était bien serré (normal c’est un S me direz-vous), et que je n’étais qu’à 40 secondes de la 2ème place. Avec de meilleures transitions, de meilleures descentes, et quelques secondes de niaque sur la fin de la CAP, qui sait ?

Mais bon, le niveau était quand même assez élevé. Outre le champion d'europe du duathlon, qui a donc finit 2ème, il y avait mon coach Nick, 3ème (malgré une T2 difficile, comme quoi ca arrive même aux meilleurs!), Robin Moussel, champion de France U23 de duathlon, 1er.

J’ai du mal encore à bien croire à mon temps à pied. D’après le Garmin, 17m03 sur le 5km, soit 17m13 « réel » (la Garmin surestime toujours un peu le kilométrage), ce qui donne environ du 3m27 par km. Reporté sur un 10km, ça donne du 34m26, soit à peu près mon record sur 10km. Sachant que le tracé était loin d’être roulant, je suis extrêmement surpris par ce temps, surtout que je n’ai pas non plus « explosé » les autres concurrents qui sont moins d’une minute derrière moi. Je fais le 2ème temps ex-aequo avec Antoine de MSA, qui a réussi à accrocher la 4ème place.

J’espère que c’est de bon augure par rapport à ma valeur à pied. On a pas mal travaillé cet hiver mais malheureusement on n’a pas réussi à caser une course à pied pour se tester sur un 5 ou 10km. Mais là, après la désillusion de Douai, je suis très satisfait !

 

Je devais rester l’après-midi voir les copains sur le M, mais la météo a décidé de siffler la fin de la récré, et c’est sous la pluie que je suis rentré me reposer en cette fin de dimanche, en me disant que la saison est belle et bien commencée, et j’ai hâte de remettre ça le WE prochain à Orléans !

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 11:00
Dur Dur le Duathlon !
 
Nicky est en train de préparer un nouveau CR vidéo, je le mettrai en ligne dès que possible. En attendant la version plus classique :
 
Le duathlon longue distance de Douai devait être ma « vraie » rentrée cette saison, le Gwadloup tri n’étant qu’une compétition pour le plaisir, sans réelle préparation.
 
Le dur hiver d’entrainement s’est conclu par un stage à Majorque 2 semaines avant le duathlon, qui devait me permettre d’arriver en forme pour ce duathlon. La chute à vélo et les séquelles m’ont malheureusement empêché de poursuivre sur cette lancée, et j’ai dû m’arrêter de nager 2 semaines, et je n’ai pu reprendre la course à pied qu’après une coupure de 10 jours environ. Mais j’ai pu reprendre le vélo plus rapidement, et j’espérais encore réussir à faire une belle performance sur ce duathlon.
 
C’était seulement le 2ème duathlon de ma carrière (si on exclut le XS fait il y a plus de 10 ans), après celui de la Gileppe Trophy, format S, en 2012.
Je m’aventure donc un peu dans l’inconnu, mais la CAP étant normalement mon point fort, je me disais que ça devrait me convenir.
Au programme donc, 10 bornes à pied, 90 à vélo, et encore 10 à pied. Les organisateurs ont revu le parcours cette année et en ont profité pour rajouter quelques km manquants à pied et en vélo.
 
C’était aussi pour moi la 1ère fois que j’allais tester ma nouvelle roue pleine en compétition, après un premier test à Longchamps une semaine avant. J’avais vu sur un site météo que le vent ne devait pas être de la partie, et j’y allais confiant… Grave erreur !
 
Plein de petites choses en amont ont fait que j’abordais cette épreuve un peu bizarrement, sans réelle ambition. La chute tout d’abord, et les sensations mitigées à pied suite à cette chute, mais surtout les petits oublis avant la course qui m’ont montré que je n’étais pas assez concentré sur cet objectif : oubli de mon nouveau casque aéro chez un ami (heureusement j’avais pas encore vendu l’ancien), oubli de la boisson ISO à la maison, mauvaise gestion pré-course qui me font arriver à l’arrache au parc à vélos, oubli de préparer mon alimentation pour qu’elle soit facile d’accès sur le vélo.
Bref, je n’ai pas été à la mesure de l’évènement dans ma préparation, et ça s’est malheureusement ressenti aussi pendant la course.
 
Maintenant que j’ai donné toutes mes excuses pour expliquer une éventuelle contre-performance, on peut passer au CR de course à proprement parler, et on verra que c’était loin d’être catastrophique :
 
Sur la ligne de départ, je suis mal placé mais je sais que ça va partir très vite, donc je n’essaye pas de me mettre trop près du départ. Mais quand même je suis un peu bloqué et ça m’énerve de doubler des gars qui courent à 13-14km/h au bout de 200-300m. Ça part effectivement vite, mais j’essaye de rester à mon allure cible : celle d’un semi-marathon « maitrisé ». Tout est dans la nuance du terme « maitrisé »… Je cours à une certaine allure qui me fait dire « t’en as encore sous le pied si tu voulais accélérer ». Au 1er km, je passe en 3m40, autant dire trop rapide, mais avec l’excitation du départ c’est un peu normal. Le parcours n’est pas propice à la vitesse : pas mal de parcours en forêt ou dans des chemins à la limite de la boue, c’est plat excepté pour un coup de cul de quelques dizaines de mètres très pentus, mais où on arrive quand même à courir (pas vite !). Ma vitesse varie au gré du parcours, mais se stabilise autour de 3m45 au km, pile poil ce que j’espérais. Je suis loin d’être à bloc, mais je ne suis pas « facile » pour autant. Je double des coureurs au fur et à mesure (j’en vois même qui marchent au bout de 2-3km !), et Nicky m’annonce environ 21ème à la fin du 1er tour. Le vent s’est bien levé, et j’essaye de m’abriter derrière des coureurs lorsqu’il est de face. Le 2ème tour je garde le même rythme, mais les gars qui courent avec moi lâchent petit à petit, sauf un qui s’accroche et qui se permet même d’accélérer dans la dernière ligne droite vent contre. Je ne fais pas l’effort pour rester au contact, en me disant que 10s gagné là risquent de me couter cher. Je boucle ce 2ème tour à la même vitesse que le 1er. Ça me fait la 1ère CAP en 39min, mais il y avait 10,4km réel (10,5km GPS), donc ça fait un 10km en 37m35 environ. Sur un parcours pas évident, tout en maîtrise, je suis plutôt satisfait.
Je rentre au parc environ 18ème, mais ma transition est pas terrible et je ressors dans les 20.
 
Je mets un peu de temps pour me lancer en vélo, puis je me mets en position aéro. Il va falloir tenir la position longtemps, car le parcours est très plat et le vent est bien présent (j’aurai du m’en douter, quoi qu’en dise la météo !). Je me cale à ma consigne de puissance, et c’est parti.
Le parcours est en 3 aller/retour avec aucune vraie bosse, mais 2 faux plat de même pas un km. La difficulté vient du vent. L’aller est en vent de dos et le retour vent de face. Heureusement pour moi et ma roue pleine, il y a peu de portions avec vent de travers.
Sur les 1ers km de vélo, je n’arrête pas de me faire doubler, et je double très peu de monde. Je recule petit à petit dans le classement et je vois mon objectif de top 10 s’éloigner doucement. Je ne panique pas et je me dis que 3 tours ça va être long, et ceux qui vont trop vite maintenant vont le payer cash dans le 3ème tour, mais c’est quand même difficile mentalement de se faire doubler autant, surtout que je suis même pas hyper bien placé.
Je profite du 1er faux plat montant pour me redresser et fouiller dans ma sacoche devant les paquets de « gums » (sorte de bonbons gélatineux qui apportent leur dose d’énergie et relativement faciles à digérer) pour les ouvrir et accéder aux précieux gums. Quelle galère ! Je m’en veux de pas avoir préparé ca avant ! Du coup, j’en oublie de changer de vitesse, je me retrouve à pédaler à 70 rpm avant d’y repenser. Enfin, j’arrive à avaler quelques gums et je repars. Dans la descente, je me fais plaisir et je sens que ma roue pleine me procure quand même un avantage. Ça m’empêche pas de me faire doubler par des gars sur des vélos classiques avec juste des prolongateurs ! Sur le demi-tour, j’hésite à prendre les écarts et compter mon classement, mais finalement j’y renonce et reste dans ma bulle. Je ne regarde pas trop non plus au retour pour voir si mes coéquipiers sont loin. J’entends pas mal d’encouragements, mais en général je ne vois pas d’où ça vient et je ne réponds pas ou fait juste un signe de la main (désolé les gars/filles !).
Toute la première partie du vélo, j’ai les jambes dures et qui piquent. Je comprends pas trop pourquoi, mais sans doute à cause du 10km couru avant ? Je n’ai pas l’habitude d’avoir cette sensation. Je me dis que ça va être difficile de rester à la puissance demandée tout du long, mais pour l’instant je m’y tiens. Ça commence à passer un peu avant la fin du 1er tour, au bout de 40min environ. Il y a un ravito par tour, à la fin du tour. Je me relève pour essayer de chopper quelque chose, mais les bénévoles sont éparpillés et c’est dur de leur faire comprendre de quoi j’ai besoin, et ils s’avancent un peu trop sur la route pour me proposer des choses, et je prends un peu peur et décide de passer mon tour. Pourtant j’en avais bien besoin. Je continue à piocher dans mes gums, mais je finis le paquet. Il m’en reste un deuxième… J’essaye de l’ouvrir dans la montée du 2ème tour, mais je galère trop et prend la mauvaise décision : tant pis je ferai sans. Il me reste juste un gel que je prends, et après…
Au 2ème tour je stabilise mon écart. Nicky m’a annoncé environ 25ème après 1 tour. Je continue toujours au même rythme, et à la mi-course, je me fais doubler par un gars, et c’était le gars de trop. Je n’y tiens plus. J’appuie plus fort sur les pédales et j’essaye de rester au contact. Pendant 10-20 minutes, je mets un peu plus de watts que prévu, mais je me sens fort. On remonte quelques coureurs, c’est agréable. Puis je commence à sentir que je vais pas tenir ce rythme très longtemps, et je redescends aux valeurs prévues.
Je ne me souviens plus combien j’étais à l’entame de la 3ème boucle, mais sans doute au-delà de la 20ème place. Je sens que ça va être dur de terminer avec le bon wattage, mais je décide de serrer les dents et essayer de tenir jusqu’au bout. Je prends le risque que ça coince à pied, mais je voulais voir comment se passerait la CAP si j’appuyais jusqu’au bout en vélo. J’arrive à chopper une barre au ravito, elle me fait du bien !
Je continue à doubler du monde, au moins c’est bon pour le moral. Le vent continue de forcir, et sur les rares parties vent de travers, je sers avec force mes prolongateurs pour essayer de bien rester droit. D’ailleurs, avec la roue pleine, on gagne en aéro, mais on perd aussi en stress et en énergie car il faut toujours être hyper vigilent au cas où une bourrasque viendrait se prendre dans la roue arrière. Enfin, c’était mon 1er essai, et pour une 1ère, il y avait du vent. Ca valide quand même le fait que j’arrive à rouler avec, même avec des conditions difficiles. D’ailleurs, c’est vraiment en vent de travers que j’avais l’impression que la roue plein me « poussait », le fameux effet voile vendu par les constructeurs qui assurent que la roue peut pousser dans les bonnes conditions d’incidence du flux d’air. Je vais pas dire que je valide, mais j’ai effectivement eu cette impression.
Mais revenons à la course, je remonte quelques gars qui m’avaient doublé dans le 1er tour, c’est toujours agréable, et plus beaucoup de monde me double. Mais je ne peux pas éviter la baisse de régime vers la fin du circuit, et les 15-20 dernières minutes sont difficiles, et je dois y laisser 30s-1min dans l’affaire. Un moindre mal.
Je boucle le parcours en 2h29 environ, pour 90.8 km GPS, soit environ 36,6 km/h. Les 3 tours à la même vitesse à 1 ou 2 minute près, le deuxième étant le plus rapide, comme anticipé. Même si le parcours était à priori très roulant, et la chaussée très bonne également, le vent a rendu le parcours difficile, donc je suis plutôt satisfait de la moyenne au final. Idéalement, j’espère atteindre 38km/h sur des halfs roulants cette année. J’ai encore quelques petites améliorations aéro en poche, et j’espère que mes jambes retrouveront de la vigueur dans les prochains mois. Je suis tout de même déçu de mon niveau de wattage, en dessous de ce que j’avais réussi à faire à Vendome l’année dernière en début de saison.
 
Je pose le vélo à peu près 20ème, et dès la descente, je sens que les jambes sont très entamées. J’arrive à peine à trottiner avec le vélo pour aller jusqu’à mon emplacement. Ma transition est une nouvelle fois assez longue, mais je prends le temps d’ouvrir le paquet de Gums et d’en manger 4-5, de prendre un gel avec moi avant de partir.
 
Je pars avec 3 personnes en ligne de mire. Je reconnais le gars qui avait lutté jusqu’au bout avec moi sur la 1ère CAP. Je suis surpris de le voir et encore plus quand je vois qu’il s’éloigne petit à petit ! Je le pensais cramé dès la 1ère CAP, et maintenant il me distance. Je suis un peu dégouté mais je continue sur mon rythme qui est « ce que je peux ». Je reviens facilement sur le 2ème larron et le 3ème reste devant, et je me rapproche petit à petit. Un vélo est devant lui, et je me dis que c’est abusé d’avoir son pote qui lui ouvre la route ! 1er km en 4m05. Et bien, 20s de plus par km que lors de la 1ère CAP, ça va être dur !
Je fais ce que je peux, je bois un peu au ravito, prend mon gel, j’espère que ça va revenir, et j’essaye d’accélérer un peu, mais les km défilent à vitesse constante, 4m05 en moyenne. Au moins ça ne dérive pas ! Je double peu de monde, et bientôt j’arrive à la fin du 1er tour et là Nicky me crie que je cours avec le 1er. C’est seulement là que je comprends que le gars devant était 1er et qu’il m’a pris un tour. Je suis un peu deg car j’espérais le doubler et ainsi gagner une place, mais non. Il boucle sa course juste avant mon demi-tour et c’est reparti. 1er tour en 21m20, presque 2min plus lent que lors de la CAP 1.
Toujours pas beaucoup de monde, mais j’en vois certains qui n’ont pas leur ruban autour du cou mais qui courent avec le poing fermé et je me demande s’ils n’ont pas le ruban à l’intérieur de la main. Je me méfie et commence à accélérer avec les ressources que j’ai. Je suis content de pas craquer, mais quelques coups d’œil à ma montre me confirment que je n’ai pas franchement accéléré non plus. A 500m de la ligne, j’entends quelqu’un revenir derrière moi, et Nicky me crie que je peux en reprendre 2 devant et qu’il y en a un derrière moi. Sur l’avant dernière ligne droite, plein vent de face, à environ 400m de la ligne, j’accélère franchement et passe à 18km/h et j’arrive à lâcher le gars derrière et reprendre 1 des gars devant qui n’essaye pas de m’accrocher. Le dernier devant est encore loin, je ralentis un peu de peur d’exploser, puis sur la dernière ligne droite (80-100m) je donne tout ce que j’ai, mais il se laisse pas faire le con ! Je sprinte à plus de 20km/h pendant plus de 15 secondes, mais il résiste et je lâche prise à 10m de la ligne.
Aujourd’hui, je suis courbaturé de partout, et je pense que ces derniers efforts violents y sont pour beaucoup…
Je boucle le 2ème tour en 21min environ, donc 20s de gagné environ sur le 1er tour, mais en tout environ 3m15 de plus sur ma 2ème CAP que sur la 1ère. Sur 10km ça fait cher quand même. Je cours ma 2ème CAP même pas à 15km/h, en environ 4m03/km réel.
 
Je finis finalement 13ème, au-delà de la 10ème place qui était l’objectif affiché. En regardant les résultats, je me rends compte que la 7ème place n’était qu’à 2 minutes. Comme quoi ça se joue à pas grand-chose. Là je suis déçu, mais si j’avais gagné 2 minutes à droite à gauche j’aurai été content…
Dommage que le pointage en T2 ait foiré, je ne connais pas mon classement vélo et CAP 2. Ca aurait été intéressant de voir...
 
Au-delà de la place, je suis surtout déçu de ma 2ème CAP et de la puissance développée sur le vélo. Mes entrainements me laissent espérer beaucoup mieux, mais pour l’instant je n’arrive pas à le mettre en place en course. J’espère que tout cela va se mettre en place avant mes 2 objectifs d’été (Cublize et Zurich).
Je reste encore confiant, bien sûr, et ma 1ère CAP me fait penser que j’ai un niveau intéressant, sans doute pas très loin de mon meilleur, malgré les 2 semaines difficiles juste avant.
Mais je suis surtout déçu de ma façon d’avoir abordé la course et de l’avoir mal préparé. Je suis convaincu que les 2 minutes étaient largement rattrapables si je m’étais mieux préparé, tant au niveau équipement qu’alimentation qu’échauffement. Et je peux m’en prendre qu’à moi-même !
 
Comme je le disais au début, il n’y a pourtant rien de dramatique, j’ai quand même fait une course intéressante, et j’espère me tester sur les prochaines « petites » courses qui arrivent en mai/juin : 3 S et 1 M ! En plus, la journée était sympa avec une grosse délégation de Nanterre, des coéquipiers X-Pier, et Nicky, Steph et Jonah pour m’encourager ! On est passé à travers les gouttes en plus, que demander de plus !
 
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Published by benji-triathlon - dans CR complet
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