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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 21:25

2ème Ironman de la saison. Après une course réussie 6 semaines auparavant au Frenchman, je m’aligne sur l’Altriman pour mon 2ème objectif de la saison.
Ces 2 courses sont opposés : parcours tout plat sur le Frenchman, parcours très difficile (4500m D+ en vélo, 800mD+ CAP) sur l’Altriman. J’avais choisi en début de saison de privilégier le Frenchman, et toute ma préparation hivernale et printanière était donc orienté vers cet unique objectif. Je me disais que je ferai l’Altriman avec la préparation Frenchman, en insérant 2 ou 3 sorties vélo de montagne entre les 2. Les 2 stages d’une semaine dans des coins vallonés m’ont quand même permis de faire du D+ dans ma prépa (2 semaines avec plus ou moins 10 000 m de D+ dans chaque). Et en 2013, j’avais réussi une très bonne course sur l’half Altriman avec une prépa parisienne sans montées de plus de 7-8min.
Les 6 semaines entre les 2 courses devaient être axés sur la récupération. Ma bonne course à pied au Frenchman a fait que cette récupération a été très longue. Je n’ai également pas été très sérieux sur le sommeil pendant ces 6 semaines, ce qui n’a pas aidé. Bref, je n’ai pas pu faire la grosse sortie montagneuse envisagée, j’ai juste réussi à placer une sortie avec 5 montées de 30min et « Big Training Day » vélo/CAP.
J’arrive donc sur l’Altriman sur de ma force « intrinsèque », et de bonnes sorties vélo et natation, mais encore en doute sur ma récupération du Frenchman et sur ma capacité à refaire un gros marathon, surtout avec la difficulté annoncée.
Je me fixe un objectif très ambitieux, mais j’essaye de ne pas trop en parler autour de moi, même si je pense que cela pouvait transparaitre dans mon discours, comme sur ce blog. La victoire donc. Je pense que la start-list du Frenchman est plus fournie que celle de l’Altriman. Alors 3ème au Frenchman, pourquoi pas gagner l’Altriman ?
Pour autant, je ne ressens pas de pression, et j’ai beaucoup d’envie de me frotter à la course. Le sentiment avant le Frenchman était différent : je savais que j’allais rester courbé sur mon vélo 5h à regarder ma roue avant, on a connu plus sympa comme sortie vélo. Là sur l’Altriman, une boucle de 190km à l’assaut de 5 ou 6 cols, de belles descentes, quelques faux plats. Bref, tout ce qu’il faut pour se faire plaisir. En arrivant en voiture, on emprunte une partie du parcours, et les fortes pentes me donnent le sourire : j’ai hâte d’y être (quand j’y repense ! J’étais pas bien !).
J’attends aussi avec impatience la natation, car je pense que je pourrai nager seul et me faire plaisir à ne pas batailler avec plein d’autres nageurs.
 
Bref, le matin de la course arrive, réveil 3h du mat, on arrive 1h avant le départ au parc à vélo, mais le temps passe vite. Je dois mettre le maximum de bouffe sur le vélo. Nicky m’a offert un porte bidon à fixer derrière la selle, qui comprend 2 portes bidons, et un endroit où mettre de la bouffe. Je remplis ma bentobox et ce frigo arrière de mes bonbons habituels, mais je rajoute également 3 barres et 2 sandwich, que je cale entre les barres aéro, derrière mon aerodrink. Je pars donc avec 4 bidons et pas mal de bouffe. Ça fait du poids, qui m’handicapera un peu sur les montées, mais je préfère avoir le plus d’autonomie possible, pour ne pas être victime d’une éventuelle défaillance des ravitos de l’orga. Je pense que je n’ai pas assez pris de bouffe, mais je n’ai plus de place sur le vélo, je me dis que je complèterai avec les ravitos sur la dernière heure.
Dans le parc, je suis le seul avec un vélo de CLM ! Je savais que c’était osé comme choix, mais je pensais pas être le seul ! Bon, de toutes façons, je suis habitué à ce vélo, je n’ai même pas envisagé de prendre mon « mulet », qui de toutes façons n’est pas plus léger. Sans doute plus maniable, mais je suis habitué à mon CLM, il me convient. J’ai acheté des nouvelles roues plus typé montagne 3 semaines avant, et les sorties avec avant la course sont un bonheur, je freine beaucoup mieux (elles sont en alu) et j’ai l’impression d’être mieux avec. Moi qui ne sens en général jamais mes changements de matos, pour une fois, je suis très content !
 
Direction le plan d’eau. La veille j’avais nagé un peu, elle est fraiche mais une fois dedans aucun problème. Par contre, avec le vent la veille, il y avait un bon petit clapot. Là, le matin, pas de vent, c’est calme.
Départ 5h30, il fait nuit, on doit traverser le lac, il y a une voiture avec les phares allumés en face, qui indique la direction à suivre. Sur le bord de l’eau, on la voit bien, je m’échauffe un peu et on arrive effectivement à la voir, ça devrait le faire.
Pan ! Ca y est c’est parti. On avait prévu avec coach Nick de faire la nata à la cool, pour ne surtout pas s’entamer. Logique sur une course aussi longue, vous me direz ! Mais c’est la grosse pagaille. Au coup de pistolet, des fumigènes rouges installés en face de nous sur quelques bateaux s’allument. Je pense que l’effet visuel doit être excellent. D’ailleurs, Nicky qui a vécu le départ depuis notre logement sur les hauteurs des Angles (elle faisait le half 3h plus tard), a dit que c’était effectivement bien sympa. Mais pour nous, c’est le bordel ! Je suis complètement aveuglé par les fumigènes, comme beaucoup d’autres j’imagine. Du coup, on se met des coups, on se monte dessus, sans même réussir à se voir, ou à savoir dans quel direction on nage ! Je suis obligé de faire pas mal de mouvements de polo, et je vise entre 2 fumigènes. Je suis dégouté, je pensais que le niveau plus faible en natation sur l’altriman me permettrait de sortir vite de la pagaille et de poser ma nage très vite, c’est tout l’inverse. Et puis, au bout de 30sec ? une minute ? (je me rends pas compte), on passe les fumigènes, et c’est le bonheur. Je vois enfin devant moi, en quelques mouvements, je me retrouve esseulé, personne devant, personne à droite. Et à gauche ? Ouais ben à gauche je sais pas, je ne respire (et ne regarde donc) qu’à droite ! Voilà qui ressemble plus à ce que j’imaginais. J’essaye de reprendre mon souffle, de poser une belle nage, bien en glisse, et de trouver un bon petit tempo, qui ne me coute pas trop d’énergie. Je vise les feux, je dévie un peu vers la gauche mais ça va à peu près. L’orga avait dit que les bouées étaient éclairés, mais il faut s’approcher assez proche pour les voir. J’arrive à la première bouée, et je tourne à 90° à droite pour viser la 2ème bouée. Mais je ne vois pas bien. Je fais des mouvements de polo et je gueule « c’est par où ? », car il y avait un bateau de l’orga au niveau de la première bouée. Ils me disent que je suis dans la bonne direction, je continue, et j’aperçois ensuite la bouée, effectivement éclairés, mais par intermittence. J’arrive à cette bouée, et tourne une nouvelle fois à 90° pour repartir vers la zone de départ (et d’arrivée). Mais je ne suis pas sûr de la direction, et je regueule une nouvelle fois pour qu’on m’aide. Mais cette fois je ne comprends pas trop ce qu’on me dit. Il y a pas mal de lumière à un endroit, je me dis que ce doit être le bar sur la zone de départ et je vise cela, un peu à gauche, car la zone d’arrivée est à 100m de la zone de départ. Je suis pas trop mal sur ce retour. Je suis toujours seul. A la 2ème bouée, j’avais entendu un gars juste derrière moi qui gueulait aussi, mais personne ne m’a touché les pieds depuis un moment. Je commence à m’imaginer premier à sortir de l’eau, mais en même temps je commence à me dire que peut être je suis trop rapide. J’essaye de bien ressentir mon effort et ma respiration. Je suis un chouilla moins en prise que sur le Frenchman, mais je me dis que je peux encore en mettre un peu moins, et j’essaye de réduire la fréquence de bras, et d’allonger un peu plus, pour faire baisser le cardio.
Je négocie bien ce retour, j’aperçois la dernière bouée qu’il faut contourner avant de sortir. La lumière que je voyais était bien celles de la zone de départ, et il y a une lumière moins forte pour la sortie, qui m’aveugle après la dernière bouée.
Je sors et suis obligé de quitter les lunettes pour voir où je mets les pieds. Plein d’applaudissements, mais je n’arrive pas à savoir si je suis effectivement 1er. Je ne vois personne devant, et derrière, il y a 10-20s d’écart avec le prochain. J’aperçois néanmoins un gars qui nage de la zone de départ à celle d’arrivée. Il devait être devant moi, mais se planter et aller vers la zone de départ plutôt que la zone de sortie, et ils ont dû le réorienter. Je sors donc sur la berge et court 50-100m sur le petit pont pour me diriger vers la zone de départ pour le 2ème tour.
Au 2ème tour, je suis encore plus seul au monde, et je vise mieux la première bouée. La 2ème bouée, j’ai l’impression qu’ils ont enlevé la lumière, j’ai du mal à la distinguer. Par contre, pour le retour, les grosses lumières de la zone de départ sont éteints j’ai l’impression, je ne distingue qu’une petite lumière, qui doit être celle de l’arrivée. Du coup, je prends beaucoup plus à gauche que le premier tour. Je sais que si je vais trop à gauche, je vais me retrouver trop près de la berge. Les années précédentes, les gars sortaient même de l’eau et couraient sur la berge. Là, des arbitres et les organisateurs sont là pour nous remettre à droit. C’est ce que je fais, mais suis quand même obligé ne nager 50-100m dans 40cm d’eau, je ne peux pas nager correctement et racle le fond avec mes mains. Pas bien grave, je suis quasi arrivé. Je me fais reprendre sur cette dernière ligne droite par un gars, j’imagine celui qui s’était trompé au 1er tour. Je n’essaye même pas de l’accrocher. Pendant toute la course, le but est de faire abstraction des adversaires, sinon c’est l’explosion en vol assuré si on se met en sur-régime.
Je sors de l’eau, je me dis que je dois être 2ème, mais en fait on m’annonce 4ème. Je suis pas trop déçu, et court vers le parc à vélos. Depuis une semaine, je regarde la météo pour la journée, et depuis 24-48h, les prédictions sont plutôt bonnes (à part un vent à 30/40km/h annoncé), et j’ai exclu la veste mi-saison, et j’hésitais jusqu’au dernier moment entre trifonction seule et maillot sans manche pour le début. Mais en fait, dès le matin, il faisait pas trop froid (16-17°C). J’avais laissé la veste à T2, et dès la sortie de l’eau, j’enlève le haut de la combi et commence à analyser mon ressenti de froid. Même avec la trifonction mouillée, je n’ai pas froid. C’est décidé, je pars en trifonction seul ! J’ai mis une veste dans le ravito perso au cas où le temps se gâte, on ne sait jamais. Du coup, je fais une transition assez rapide, même si je foire un peu l’enfilage de la ceinture porte-dossard.
Je sors 3ème du parc à vélo, je vois le 2nd pas très loin, mais j’ignore si le premier est loin. En fait, il sorti loin devant, il a du s’échapper dès le début et je l’ai jamais vu. 6min devant quand même ! Moi je nage en 56m34, mais je ne le sais pas, j’imagine que je dois être autour d’une heure. Bon clairement, il ne devait pas y avoir la distance, je ne vaux pas ce chono.
 


Le départ à vélo se passe bien, il fait un peu frisquet, mais je sens que cela ne posera pas problème. Je me pose sur les prolongateurs pour les 2-3 premiers km en faux plat descendant et je reviens sur le 2ème sans effort. Le but est de se préserver sur le plat pour pouvoir appuyer un peu plus dans les montées.
Je passe 2ème avant la première petite bosse, il m’encourage, moi aussi. Je sens qu’il y a un esprit un peu différent sur cette course, où l’on s’encourage les uns les autres, plus que sur une course « normale ». Je lui rends ses encouragements et entame la montée « tranquille », en me fixant des limites à ne pas dépasser, tant au niveau cardio qu’au niveau puissance. Un supporter sur le côté de la route m’annonce avec 7min de retard sur la tête de course ! Ah ouais, je me dis que le gars devant est un super nageur, mais je m’en fais pas trop. En général, les supers nageurs amateurs ne sont pas les meilleurs triathlètes, et j’espère le reprendre assez vite en vélo.
Le parcours commence avec 2 petites cotes qui s’enchainent sur les 13 premiers km avec 300m de D+ environ. Je m’attends à me faire déposer sur cette partie, car je suis tout en gestion, et j’imagine que certains vont faire l’erreur de partir trop fort. Je n’ai pas de supers jambes dans la montée, mais le cardio a l’air de rester bas, je me limite donc en puissance. Mais j’arrive à la fin de la 2ème bosse, je prends un bidon au ravito, et me lance dans la première longue descente de 13km environ. Un petit coup d’œil au chrono pour ce qui sera le fil rouge de cette sortie vélo : ma vitesse moyenne. En haut de la cote, je suis à 22,4 km/h. C’est bon ça ! Je vise 24 voire 25 sur la journée, donc 22 en ayant fait que des côtes, c’est plutôt pas mal.
 
J’appréhende cette descente car dans mes souvenirs du half, elle était assez dangereuse.
Finalement, je me sens bien, et elle passe bien. J’ai l’impression de pas trop mal descendre, et personne ne m’a encore doublé, je me dis que j’ai dû faire une bonne natation, quand un coureur me passe. Je reconnais le dossard 2 du « favori », 3ème il y a 2 ans, et très bon cycliste. Je ne le vois pas plus d’une minute. Pffff, je suis encore une brêle en descente ! Même par rapport au half il y a 4 ans, j’ai perdu presque 45s, même si j’avais bénéficié d’un coureur qui m’ouvrait la descente, je me souviens, et que j’appuyais sans doute un peu plus fort sur les relances. On va dire que je suis plus prudent. Mais j’étais quand même stupéfait de la rapidité avec laquelle il m’a déposé. Cela me fait même sourire sur le vélo. C’est plutôt bon signe, je reste confiant.
Bon, je déprime pas pour autant, je savais qu’il allait me doubler, mais je m’étais pris à imaginer un peu plus loin. Je commence mes petits calculs. J’imagine lui avoir pris environ 5min dans l’eau. Il m’a repris 5min en 20km. Sur 190 bornes, cela fait plus de 45min, ce qui fait que je vais poser le vélo avec 40min de retard. Ça commence à faire beaucoup à rattraper à pied, même si sur l’Altriman, de nombreux coureurs explosent, et peu réussissent à passer en dessous de 4h. J’imagine pouvoir reprendre 20-30min à de nombreux coureurs donc, à pied.
J’arrive enfin en bas de la descente, petit coup d’œil à la montre : 29,4km/h de moyenne. Bon, je m’enflamme pas pour autant, on n’a pas beaucoup monté, beaucoup descendu.
C’est parti pour le premier « vrai » col de la journée, le col de Creu, 13km à 5,9% d’après l’orga, mais le début est très roulant, je vois qu’un coureur est juste derrière moi, je me dis qu’il m’a rattrapé en descente et que sur le faux plat je vais réussir à le distancer. Mais non, au bout de quelques minutes, il se porte à ma hauteur. Je ne le reconnais pas, il est de Montpellier, et on papote une minute, lui aussi était impressionné par la vitesse du gars qui nous a doublé, mais lui c’était en montée. Il est sympa, il m’encourage, puis part devant, et me dit « à tout à l’heure, peut être ». Je lui réponds « peut-être », mais je compte bien le revoir avant la fin. Il prend de l’avance plus vite que ce que je pensais, mais avec les lacets sur la route, je le garderai en visu pendant toute la montée. Finalement, la cote n’est pas aussi difficile qu’annoncée, plutôt 13km à 4,5 dont les 8,5 derniers à 5,5%. J’essaye aussi de la monter « souple », et je contrôle encore au capteur de puissance, car le cardio ne monte toujours pas à la limite fixée (155bpm).
En haut du col, il y a des supporters, la Tribu est là et m’encourage, comme les autres, c’est sympa. J’ai vu que je suis passé avec déjà 3min de retard sur le jeune de Montpellier. Ça fait beaucoup, je me dis, mais j’espère qu’il s’est enflammé et que le reprendrai plus loin. Et la vitesse ? 24,3km/h au sommet, après 1h40, c’est tout bon, on est un peu plus haut qu’au départ, et on a déjà monté à peu près 1000m des 4500 D+ prévu. Je le sais pas à ce moment, mais celui qui m’a doublé dans la descente, le Gaël, m’a déjà collé 7min en haut du Col !
Commence une longue descente en faux plat descendant, où je peux me mettre en position aéro et récupérer un peu. Je crois que c’est à ce moment que le 5ème me rattrape. On restera ensemble quasiment toute la course, à plus ou moins une minute l’un de l’autre. En général il me doublait en descente, et je le reprenais sur les montées ou les faux plats. Du coup on a aussi discuté un peu. Il me dit que c’est sa 3ème participation, qu’il a fait 9ème l’année dernière, je lui dis qu’il est parti pour faire mieux ! Il essaye de me dire qu’il va plus vite que moi dans les descentes parce qu’il est plus lourd, mais je lui réponds que je suis juste nul en descente, c’est pas une question de poids !
On grimpe 2 petits cols, où j’ai pas trop de souvenirs, et de nouveau une méga descente. Très pentue, je me fais à nouveau déposer, et je me fais peur sur un virage mal négocié, qui me rappelle « pas de risque, pas de risque ». Certains débranchent le cerveau en descente, moi je n’y arrive pas. D’ailleurs je ne veux pas. Je sais qu’au bout de cette descente, on sera au point le plus bas du parcours, 1000m en dessous du point de départ, et qu’après ça va piquer pour remonter. Mais je me dis que par rapport aux autres, j’ai fait la majorité des descentes qui me sont défavorables.
J’arrive en bas de la descente en 3h04 pour 90km environ, soit 29,5km/h. Je me dis qu’avec une telle avance, les 25 devraient être faisables. Mais quelques calculs mentaux plus tard, je me dis que finalement c’est encore loin d’être gagné.
Par contre, je commence à être faiblard en réserve de bouffe, et il reste encore 5h. J’ai beaucoup mangé, mais pourtant j’ai encore faim. Je me dis qu’il va falloir réussir à se ravitailler. En hydratation, par contre, je suis nickel. J’aperçois que je reviens sur le gars devant petit à petit sur la fin de la descente plus plate. Je me dis que c’est le gars avec qui je roule depuis un moment, mais en fait non, c’est le gars qui est sorti premier de l’eau, que je rattrape enfin. Je l’encourage en passant, me revoilà 4ème.
Je me souviens pas trop de la prochaine cote, 12km à 6,9%. Après encore une descente, on arrive dans la partie que l’on avait reconnu en voiture avec Nicky, ça veut dire que ça sent la fin ! Enfin, encore 70km dont le Port de Pailheres, En vérité, j’ai fait un peu plus que la moitié du parcours en temps : 4h20 pour 119km et donc encore 27,2km/h depuis le début.
C’est dans ce coin là que j’ai réussi à faire ma première « pause » pipi. Ca faisait un moment que je me disais que je pourrai uriner, mais j’essayais d’attendre un peu, car j’avais peur que cela m’irrite en pédalant avec une trifonction souillée pendant trop longtemps.
Arrive la cote la plus raide du parcours, je préviens le copain que je reprends sur les premiers lacets que ça ne dure que 2km. Bizarrement, elle me fait moins sourire qu’en voiture. Je commence à redouter le Port de Pailheres qui se rapproche. Sur les faux plats qui suivent, on se fait reprendre par un gars en jaune, et on n’essaye même pas de s’accrocher. Il a l’air fort le bougre. Je repasse 5ème !
Je ne sais plus exactement où, mais on m’a annoncé la tête de course à 15min, puis 17min un peu plus tard. Ça me rassure, je me dis que le gars devant est en train de craquer, finalement je n’ai pas tant perdu que ça ! Je commence à me dire que je peux poser avec moins de 30min de retard.
La descente qui suit est très étroite, mais heureusement avec peu de voitures, et je m’en sors bien. Cela nous emmène au pied du Port de Pailheres, la GROSSE difficulté du jour. Et je ne suis pas au mieux, je redoute le gros coup de bambou, comme je l’ai déjà vécu dans l’Aubisque, où j’ai été obligé de m’arrêter par 2 fois. Là j’ai bien mangé, mais la dernière heure a été difficile, le sandwich était difficile à macher et avalé, je n’ai quasi plus rien.
Fil rouge : encore 26,9 km/h au bas du Port de Pailheres ! Mais je sais que la moyenne va prendre une claque dans la prochaine heure et demie !
Pailheres, c’est 16km à 7,8% dont les 10 derniers à 8,5% environ. Les 4 premiers sont moins pentus, mais ma puissance est bien plus faible qu’au début, mais je ne suis pas encore à l’agonie. Je me dis qu’il faut que je gère cette montée pour ne surtout pas exploser. Je m’arrête au ravito perso à Rouze, après 4km de montée, et j’avais laissé des gums, je fais le plein. Je me dis que j’étais bien bête de ne pas mettre plus de gums, car ça va me faire la montée, mais pas beaucoup plus, faudra que je m’arrête aux prochains ravitos !
Je reprends mon compagnon d’échappée, et là je vois qu’il ne me reprendra pas, car il a l’air d’être encore plus dans le dur que moi. Il n’y a plus les pancartes qui annoncent les km et les pourcentages. Du coup, je sais pas trop ma vitesse, mais j’ai l’impression que les km défilent et que le coup de bambou n’arrive pas. Je reprends confiance, et fait un pointage à chaque borne kilométrique : je suis entre 10 et 12km/h, plutôt pas mal je me dis.
C’est vers mi-pente que je m’aperçois que le temps est en train de changer. Jusqu’à présent il faisait bon, pas trop de soleil, parfait quoi. Là je commence à ressentir un peu le froid, et le ciel s’assombrit. Je commence à regretter de ne pas avoir pris ma veste qui était dans mon sac de ravito perso. Mais 30min avant, tout allait bien ! Et il commence à pleuvoir… Et à venter… Au fur et à mesure que je monte (sommet à 2000m), le vent forcit, la température baisse. La pluie reste à peu près constante, heureusement ça reste une petite pluie.
Mais le vent ! Sur les derniers lacets, on sent bien la différence quand on l’a de face ou de dos ! J’ai le souvenir d’un virage où on se prend le vent en pleine face, qui nous arrête net ! Je tiens mon vélo de plus en plus fort, et je fais de gros écarts avec les rafales. Je suis vraiment pas rassuré, et j’oublie tout et me concentre uniquement sur la tenue du vélo. Les 2 derniers km de Pailheres, il n’y a plus aucun abri, et le vent souffle vraiment très fort. Heureusement que je n’ai pas de jantes hautes, je ne sais pas si j’aurai réussi à maitriser le vélo. Mais bon, on continue, faut bien continuer. Je suis quand même content d’avoir mon casque de CLM, il me porte chaud. Et dans ma trifonction avec manches, je commence à avoir froid, mais c’est surtout les mains qui s’engourdissent. Pas bon pour tenir le vélo ça ! Les 300 derniers mètres, c’est l’enfer, on a une petite descente et petite remontée, balayée par le vent. J’arrive sain et sauf au point de demi-tour. A ce moment-là, c’était mon objectif ! J’essaye de manger un bout, mais j’ai du mal avec mes mains, et avec le vent, c’est vraiment pas facile. Je mets un sandwich dans la bouche et entame la descente. Les 150 premiers mètres, j’ai cru que je partais dans le fossé. Je freinais tout ce que je peux pour ne pas prendre de vitesse pour réussir à contrôler le vélo en cas de nouvelle rafale. J’avais l’impression d’être à 10km/h (en vérité 25). Je me demande vraiment ce que je fais là, et je me dis que c’est vraiment dangereux de monter par ces conditions. Mais au bout de quelques minutes, je suis de retour sur les pentes protégées du vent, et je peux descendre tranquillement. Finalement, ma combi est top, elle ne reste pas mouillée et je n’ai pas froid en descente. Je ne suis quand même pas hyper à l’aise et j’ai hâte que ça se termine. Je croise Seb du club, pas si loin que ça, et Val vers la fin de la descente, lui qui entame la montée. Aux deux j’essaye de leur dire d’être prudent vu le vent en haut. Apparemment j’ai eu de la chance, certains ont même eu de la grêle ! Je pense que cela aurait été plus sage de nous faire faire le demi-tour un ou 2km avant le sommet, pour éviter ce vent violent. Au final, il n’y a pas eu d’accidents, heureusement.
C’est bon, la grosse difficulté est passée, je m’en sors pas trop mal, mais reste encore une montée de 8km à 6%. Celle-là, je me disais qu’elle allait faire mal. Et effectivement elle fait mal. Elle me semble interminable, j’attends la fin après chaque lacet, mais elle ne vient pas. Je m’arrête au dernier ravito, je prends plein de bananes, j’espère que ça va le faire, mais je pense que j’aurai du encore plus manger. J’ai avalé une quantité de bouffe pendant le vélo, je m’impressionne moi-même !
Un coup d’œil à la montre : 24,1 km/h après le col. Ça va être chaud !
Enfin le dernier col est passé, petite descente qui fait du bien, puis les 12 derniers km vent de face en faux plat montant. Mais bizarrement, cela se passe bien. Je les ai fait la veille, je sais que c’est assez roulant, et j’arrive à rentrer assez rapidement. Du moins c’était mon impression. Je vois que je suis pas loin de finir en moins de 8h, et pendant un moment, j’essaye d’appuyer pour y arriver, mais assez vite, je me souviens du conseil de mon coach sur le Frenchman, de ne pas appuyer « betement » pour essayer de passer une barrière « symbolique » et compromettre le reste de la course.
Ca y est, j’arrive à la fin, mais je déraille à 2km de l’arrivée ! Bon, arrêt express pour remettre la chaine, et c’est reparti. Ouh la, c’est dur, grand plateau en montée ! J’arrive à repasser petit plateau, et cette fois c’est bon. J’arrive à T2 enfin. J’essaye de désenfourcher le vélo en marche, mais après 8h, je suis pas hyper souple, je prends pas de risque, je m’arrête avant de désenfourcher.
Au final 190 bornes, 4500m de D+ en 8h01m39s, soit 23,7 km/h. Arggh, je n’ai pas réussi à tenir les 24km/h ! Mais bon, en début de saison, je me disais que 23 serait déjà bien.
Je suis plutôt content de la partie vélo, sur le moment, et même à posteriori. On m’informe que le premier est à 25min, et le 3ème à 10min. C’est bon ça, je suis confiant, ça peut le faire, je suis exactement dans la position où je voulais être, pas trop loin des premiers, pour pouvoir les récupérer à pied.
Au final, je fais le 5ème temps vélo, quasi à égalité avec mon compagnon de route sur les 90km au milieu du parcours. Le Gael me prend 33 minutes. J’aurai signé pour cet écart, sur 8h, sur un parcours montagneux, c’est pas si énorme je trouve. Au Frenchman, j’avais pris 18min sur 4h45. Bon vous me direz c’est à peu près le même rapport retard/heure de route, mais en général il est plus facile de creuser les écarts en montagne que sur le plat. Mouais, j’me comprends !
Le gars de Montpellier a lui aussi creusé l’écart, il me prend 25min sur le vélo et a 20min d’avance à T2. Et le 3ème m’a pris 17min et part effectivement avec 10min d’avance.
Finalement, même si j’ai eu l’impression de souffrir beaucoup sur la fin du parcours et le Port de Pailhères, je pense que j’ai fait une 2ème partie de parcours meilleure, en comparaison avec les autres. Vu sur Strava, c’est d’ailleurs la seule portion où j’ai repris du temps à Gael, 1er temps vélo.
 
Bon, je pars en course à pied en me disant que la victoire est jouable, plus que jamais. Le parcours CAP est constitué d’un petit aller-retour plat de 2*2,5km, puis d’un long aller-retour dans la direction opposée, avec une longue montée pour nous amener à un lac en altitude. Tout ça à faire 2 fois.
Sur le premier aller-retour, je guette les premiers. Je ne vois pas le premier, qui a déjà du faire l’aller-retour, mais je vois les 2ème au bout de 1m30 de course, et le 3ème au bout de 6m30. Mais je pensais que l’aller-retour faisait 2*2km. J’imagine le faire en environ 17m30, et donc je me dis que j’ai déjà repris pas mal de temps. Mais finalement, je vois que c’est plus long que prévu, et je suis au demi-tour au bout de 11min environ. Ce qui veut dire que je ne reprends rien sur le 3ème, et j’ai près de 20min de retard sur le 2ème. P’tit coup au moral. D’autant que je me sens pas hyper bien. Mes km ne sont pas hyper rapides, autour de 4m20-4m30. J’ai peur de faire une hypo, les ravitos sont assez espacés, et je me dis qu’il faut que je boive bien à chaque ravito, quitte à m’arrêter à chaque fois, chose que je ne fais jamais d’habitude. J’avais pris une petite gourde souple à remplir à chaque ravito pour pouvoir siroter tranquillement, mais je vois dès le début qu’elle fuit. Super, je la jetterai au premier ravito. J’ai du mal à manger mes gels, je sens que c’est pas la grande forme. J’essaye de garder un bon rythme, car devant, ça peut craquer à tout moment, je n’ai pas encore baissé les bras.
J’entame la longue montée, au début assez douce, sur chemin typé trail. Je croise les gars de la Tribu qui finissent le half, j’essaye d’avoir encore le sourire et les encourager, et je croise Nicky qui en termine également.
J’arrive à courir sur cette montée, mais je commence déjà à être dans le dur. Je me dis que je marcherai dès que la pente est trop forte. Effectivement, quand on arrive en ville, je marche, comme presque tout le monde, je m’arrête au ravito. A partir de ce moment, je rentre en mode survie. Mais pas seulement mode survie « finisher », mais mode survie « tu vas le plus rapidement possible sans crever ». Bon, j’exagère bien sûr, mais j’essayais de ne pas baisser les bras, malgré les moments de marche. Et ils sont nombreux. J’adopte ma tactique que j’avais préparé, mais que j’espérais mettre en place moins rapidement et moins longtemps : dès que ça monte trop, et que le cardio dépasse 140bpm, je marche. Bon, je marche vite bien sûr. Dès que j’ai repris un peu mon souffle, que le cardio est autour de 130, je coure une vingtaine de mètres, puis je remarche, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement ou fin de la cote. Je gravis la première cote comme ça, pas trop mal, je m’arrête pour le ravito, et je vois que le premier est déjà en train de revenir. Moi il me reste une descente et une petite montée avant d’arriver au demi-tour. Il a au moins 5km d’avance ! J’ai rien repris ! J’essaye de prendre les écarts avec lui et les suivants, mais je ne suis déjà plus lucide, je n’arrive plus à rien calculer. Je vois juste que je suis encore loin. La descente me fait du bien. On s’encourage avec le 2ème, je lui dis que le 1er n’est pas loin. Le 2ème et le 3ème ont l’air de bien courir, je ne sais pas si je pourrai revenir. Je doute sérieusement, et je vois la victoire s’envoler, et même le podium. Mais je ne baisse pas encore les bras, on ne sait pas ce qui peut arriver. J’arrive au demi-tour, j’essaye de manger des gels, je bois du coca et de l’eau, comme à tous les ravitos. On m’encourage, et je repars. Depuis quelques km, j’ai l’intestin qui ne va pas bien. J’essaye de retenir, me dire que ça va passer, mais je sens qu’il va falloir faire une pause. Oui, autant je peux pisser en courant, et ça ne me dérange pas, autant la grosse commission, je n’essaierai pas ! Je croise mon compagnon d’échappée qui sort d’un fourrée et qui dit « ah, ca fait du bien ! ». Bon, on est tous pareil alors.
Je remonte la petite bosse, mais je n’arrive que très peu à courir, même si la pente est assez faible. Sur la longue descente, je commence à chercher un endroit où m’arrêter. Je vais à droite, à gauche, on va arriver dans la ville, et je n’arrive pas à me retenir, faut s’arrêter Maintenant ! Je vois des poubelles et de l’herbe à coté. Tant pis, je m’arrête là. J’enlève la trifonction en courant et je m’arrête en express. 30 secondes de perdus, mais c’était obligatoire. Première fois que ça m’arrive en course. Heureusement, il n’y avait personne pour assister à ce spectacle…
Bon, j’arrive quand même à courir aux alentours de 15km/h sur la descente, mais je commence déjà à redouter le plat, car je sais que je n’aurai « pas le droit » de marcher. J’aurai environ 8km à tenir avant de revenir vers le petite montée.
Bon, le 2ème tour je n’ai plus trop de souvenirs. Je croise les 1er/2ème/3ème un peu plus loin qu’au premier tour, mais comme je vais moins vite, c’est pas dit que je leur ai repris du temps. Je passe le 1er semi en 1h45 environ. C’est moins que ce que j’espérais, mais surtout je redoute la grosse explosion du 2ème semi. Je me dis que si j’arrive à le boucler en 2h ce serait déjà pas mal.
C’est le calvaire, je n’avance plus, je regarde de temps en temps la montre, les km sont entre 4m50 et 5min sur le plat. Je m’arrête à chaque ravito, 30s, 1min, je sais plus, le temps de manger et boire. Je ne réponds à personne, on m’encourage à chaque fois que je repars.
Arrive la côte. Pour rappel donc, petit cote pas trop pentue type trail, et grosse cote à 8-10% en ville. J’essaye de me dire de courir le plus longtemps possible sur la petite côte. Je n’en peux plus. J’attends avec hâte la grosse cote pour pouvoir marcher. Mais j’y arrive, je réussis à courir cette partie jusqu’au dernier petit coup de cul où je marche. A chaque fois que je me mets à marcher, je dis, à voix haute, à voix basse, je sais plus trop : « je suis mort », comme pour me donner le droit de m’arrêter. Mais le compétiteur reprend le dessus à chaque fois, et je recours 5, 10,15, 20m quand je peux, en cote, et dès que c’est plat ou que ça descend, je cours. Ce doit être un spectacle désolant de me voir lutter ainsi pour grapiller seconde par seconde. Les gens de la Tribu sont postés à divers endroits et m’encouragent, ça redonne un peu d’énergie, pour quelques secondes.
J’arrive en haut de la grosse bosse, Nicky et Seb sont là et m’encouragent, mais ils ne savent pas à quelle position je suis. Moi je sais, je leur fais signe : « 4ème ». Je me lance dans la descente vers le lac comme je peux. Le premier n’est pas là, bon j’ai dû lui reprendre du temps. A chaque virage, je m’attends à le voir, mais non. Et enfin, je vois le gars de Montpellier, il est passé premier ! Puis un peu plus loin le gars en jaune. Toujours pas de Gael. Mais ces 2 là ont trop d’avance, je ne les reprendrai pas. Petite montée vers le lac, je commence à me dire que peut être je ne l’ai pas vu. Mais au demi-tour je le vois, il marche, il a l’air de se prendre le ventre. Après le ravito, je le double, j’essaye d’avoir une belle foulée pour finir de le démoraliser et qu’il ne se remette pas à courir. Et oui, c’est moche, c’est la course. A ce moment, une partie se joue dans la tête. Bon, moi, physiquement je suis au bout du rouleau, mais finalement je réussis à ne pas perdre trop de temps, et je me dis que le 3h45 est carrément jouable, voire 3h40. 3h30 c’est mort depuis longtemps. La grande descente fait mal partout, mais je préfère ça que courir sur le plat où il faudra fournir des efforts que je n’ai pas envie de faire. Je sais que c’est quasi fini, il reste 2-3km de descente et 1-2km de plat. Mais dès qu’il y a un peu de montée, je n’arrive plus à courir.
Allez, c’est la fin, mais je commence à avoir peur qu’on vienne prendre ma 3ème place, et je me retourne sur le dernier km. Pourquoi faire, je sais pas trop, de toutes façons, je ne gère plus rien. Je croise Valérian, je suis content de voir qu’il a déjà fait 5km et qu’il coure bien, il est parti pour être finisher. Je trouve les ressources pour l’encourager.
Enfin la ligne d’arrivée comme une délivrance. J’essaye de taper dans les mains, mais le cœur n’y est pas vraiment. Je suis exténué, je m’assois sur la rambarde après l’arrivée. Le premier vient me féliciter. Je le félicite aussi. Il a vraiment été sympa toute la course à m’encourager, je suis content qu’il ait réussi à gagner. Nicky est là, elle m’embrasse, elle me félicite. Je lui dis que c’était vraiment dur. Puis je sais pas trop pourquoi, je craque émotionnellement, je pleure. Nicky croit que c’est parce que je suis déçu de pas avoir gagné ! Mais en fait je pense que ça faisait 3h que je luttais mentalement et physiquement, et que là il fallait décompresser. La speakeuse me laisse finir. Merci. Puis petit interview où je répète à qui veut l’entendre que j’ai vraiment souffert. Normalement, je n’utilise pas ce mot « souffrir » pour les triathlons, mais là, le mot « inconfort » est trop faible.
 
Donc voilà, au final, je fais pas un marathon dégueu, 3h38, 3ème temps, mais en fait les 3 premiers du classement général, on a fait à peu près le même temps marathon, 25 secondes nous séparent ! J’aurai préféré faire le meilleur temps, pour 25s, mais c’est pas très important. Je finis en 12h40, à 10min de mon objectif donc, et 20min de la victoire, et 10min de la 2ème place. Sur le marathon, il y avait vraiment 42,2km cette fois, d’après GPS.
Mais surtout je finis dans un état de fatigue que je ne me souviens pas avoir connu. Pendant la course, heureusement, j’ai réussi à ne pas réfléchir et à me désoler, juste à avancer. Mais après la course, ça fuse : « mais pourquoi je fais ça ? », « c’est fini, je ne referai plus jamais une course aussi difficile », et même « je veux vraiment encore continuer ce sport ? ».
Bref, le moral n’est pas au beau fixe. Cette 3ème place ne me satisfait pas vraiment, mais au vu de la course, j’aurai très bien pu faire 4ème, et donc c’est un bon lot de « consolation ». Je ne crache pas dessus même si j’espérais mieux.
 
Quelques jours plus tard, j’ai déjà repris des couleurs et de l’envie. Je reste déçu de ma performance, mais j’essaye de l’analyser avec un peu de recul. 6 semaines après le Frenchman, je pense que j’avais encore trop de fatigue pour être efficace. Du coup, je me demande si c’était à cause de la difficulté de la course elle-même que j’en ai autant ch.. en course à pied, ou « simplement » parce que je n’avais pas réussi à récupérer du Frenchman, et un autre IM plus plat aurait été tout aussi difficile. A méditer !
 
Donc repos les prochaines semaines. J’espère réussir à faire quelques sorties vélo plaisir en montagne, à enfin escalader quelques cols des Pyrénées que je n’ai toujours pas fait, à profiter un peu de la famille, de travailler un peu dans le jardin, le potager, et la maison, et pourquoi pas de ne rien faire par moments, ça fait longtemps que j’ai pas fait ça !
Et pour la suite des aventures triathlétiques, je me laisse quelques semaines, on verra bien quand on rempile !
 

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 21:31

 

1 semaine avant l'Altriman, je n'ai pas pu résister à l'envie de remettre un dossard. Par rapport aux autres années, je fais beaucoup moins de courses, et ça me manque !

Un petit S au Lauragais donc, pour ma 3ème participation en 3 ans. Après ma 2nde place l'année dernière, l'objectif que je me fixe, au vu de la start-list où je ne reconnais personne ayant un niveau meilleur que le mien, est la victoire. rien que ça... Mais le coach m'a averti:  autant en nat et en vélo, je peux m'amuser, autant à pied, si je me dépouille, ça peut avoir un impact sur ma perf à l'Altriman.

5 semaines après ma 3ème place au Frenchman, j'ai l'impression d'être pas mal en nata et en vélo, mais pas encore récupéré toutes mes capacités à pied.

Quelques minutes avant le départ, j'analyse la ligne de départ: la 1ère bouée est à 200m, on doit la laisser à notre droite. Si je veux pas me faire coincer, il faudrait que je parte à gauche. Mais j'ai l'impression qu'à droite c'est un peu plus court, et j'ai prévu de faire un départ assez rapide qui doit me permettre de passer à la corde. En plus, tout à droite, il n'y a pas trop de monde, j'ai bon espoir de réussir à poser ma nage tout de suite. J'ai fait un gros échauf nata qui devrait me permettre de mener à bien ce plan.

Le départ est un compte à rebours, et par miracle, tout le monde le respecte, et part au "zéro" ! Au départ, je pars vite, je me sens hyper bien, je vois que je suis devant, tout se passe bien. Le premier passage de bouée se passe bien, le virage est très ouvert; vers la 2ème bouée, je suis encore dans la tête de course, mais ça commence à piquer. La 2ème bouée, le virage est quasi à 360°. J'avais d'ailleurs peur qu'il y ait des carambolages entre ceux qui ont passé la bouée et ceux qui y arrivent, mais il n'en fut rien. Je perds le contact avec les 2 premiers, et je laisse une ou 2 longueurs avec un 3ème. Mais je vois que finalement je ne perds quasi rien sur lui, et je fais l'effort pour recoller et me mettre dans ses pieds. Bonne pioche, il va droit comme une flèche. J'ai fait la betise une fois de m'écarter car je pensais pouvoir nager encore plus droit, j'ai vu qu'il n'en était rien, et je me suis vite remis derrière avant de perdre ses pieds ! Je vois un autre nageur à notre droite, et j'ai l'impression qu'il est un peu meilleur mais qu'il nage moins droit.

C'est à ce moment que la pluie redouble d'intensité. Bien trippant de nager sous une telle averses, on voyait quasi plus l'arche d'arrivée, j'ai une pensée pour les spectateurs, et heureusement elle s'arrêtera très vite, avant de prendre le vélo.

Sur les 50 derniers mètres, je baisse un peu le régime et laisse le gars devant prendre un peu d'avance. Je sais que la T1 est longue et difficile, et j'essaye de faire baisser un peu le cardio en prévision.

en sortant de l'eau, Nicky m'annonce 6ème. C'est ce que je pensais aussi, c'est la 1ère fois que j'arrive à connaitre mon classement dans l'eau ! Elle m'annonce à 40s des premiers. C'est pas mal, j'espère combler ça à vélo.

Dans le parc, j'entends le speaker annoncer le 3ème de l'année dernière qui part 1er de T1. De mes souvenirs, j'avais terminé avec 2min d'avance sur lui en 2016, mais il m'avait rien pris dans l'eau. Là, ça s'annonce plus difficile, mais largement faisable.

Sur les résultats, je pars 5ème de T1, à 1min du 1er. J'ai donc perdu 15-20s en T1 (si les écarts de Nicky et du chronométreur sont corrects), ce qui me parait cohérent, j'étais pas hyper rapide.

Sur le vélo, j'ai une cible puissance, mais le parcours en côte, fait qu'il y a beaucoup de variations. Je reviens vite sur le 4ème, puis sur les 2-3 au bout de 2km. J'ai aperçu le premier et essayé de prendre un écart, que j'évalue autour de 50s. Le parcours est en A/R, donc je pourrai voir à où j'en sis au demi-tour. Mais sur les coteaux, je scrute au loin, mais je ne l'aperçois quasi jamais, ça m'inquiète...

Au 1/2 tour, je vois que j'ai environ 1min de retard. Ca me met un coup au moral, de rien avoir repris, mais le retour est vent de face, je me dis que cela va m'avantager sur mon vélo de chrono.

J'ai la chance qu'une voiture reste juste derrière kui, et ça me donne une bonne visu devant, et je vois que je me rapproche très vite. Finalement, je le rejoins au 15ème. Donc j'ai comblé 1min en 5km. Au passage, je vois aussi au demi-tour que l'écart est fait avec les poursuivants.

Je me dis qu'en appuyant, je peux mettre un bon écart à T2, pour pouvoir gérer ma CAP. Mais la fin du parcours est un enchainement de cote, et il grimpe bien le bougre. Du coup il me dépose en cote, et se permet même de m'encourager ! quel effronté ce jeune :-). Je le reprends surles faux plat, et j'ai l'impression que je suis même plus rapide en descente ! incroyable !

Bref, je n'arrive pas vraiment à creuser l'écart sur cette portion. Le dernier km est plus propice, j'essaye encore, et j'arrive premier au parc à vélo, mais j'entends qu'il est juste derrière. a T2, il prend quelques mètres d'avance, et je me pose plein de questions. Je vois bien qu'il a une belle foulée, qu'il va falloir que je m'emploie pour espérer gagner. Je suis tiraillé, je sais pas quoi faire: le suvire et "risquer" de puiser dans les réserves pour l'Altriman, le suivre à distance en me calant à allure cible un peu moins haute, ou lacher et terminer "tranquille" et terminer 2ème.

De coup, j'opte pour l'option entre les 2. Je fais pas l'effort pour recoller, mais je lache pas complètement non plus. CAP hyper frustrante du coup, je perds du terrain petit à petit, sans donner le max, j'espère qu'il va craquer devant, mais ça n'arrive pas. Au 2ème km, je tente une petite accélération pour voir si je peux recoller sans me mettre dans le rouge, mais je ne me rapproche pas vraiment. Il a une bonne avance maintenant, il faudrait vraiment que je me mette minable pour espérer le reprendre. Je reprends mon rythme en espérant toujours qu'il craque, mais je dois me résoudre à la 2ème place, et je lève un peu le pied sur les 200-300 mètres, pour garder ce peu de jus pour l'Altriman.

Je sais pas si j'aurai pu gagner en de me donnant pas de limite, car il a quand même bien couru devant, mais ma stratégie aurait sans doute été différente, et c'est au final assez frustrant.

Bon au final 2ème c'est pas mal, mais j'avou que je commence à être un peu blasé des podiums sur les "petites" courses maintenant. J'en ai une vingtaine, mais seulement une victoire, et je courais pour une deuxième.

Bon, j'ai quand même pris du plaisir en nata et en vélo, et je suis satisafait de mon niveau (meilleur temps vélo, une minute d'avance sur le 2ème, à peu près même temps que l'année dernière, malgré le vent).

 

Dans une semaine, Altriman donc. A l'opposé du Frenchman en terme de tracé, mais j'espère y faire aussi bien, voire mieux. Je risque de perdre du temps en vélo sur les meilleurs, mais le rattraper en CAP. Difficile d'annoncer et prédire des temps, mais j'espère faire moins de 13h, voire 12h30 via 1h de nata, 8h de vélo, 3h20 en CAP, plus les transitions. Si j'y arrive, j'espère être pas loin de la gagne. On verra bien.

Dernière minute: il va faire froid ! Donc de la fournaise plate du Frenchman, je passe à la montagne frigorifiée de l'Altriman. Au moins, si j'arrive à perfer, je pourrai dire que je peux m'adapter à toutes les conditions ! Mais j'avoue que j'aurai préfére une grosse chaleur. Le froid me fait peur ! a dans une semaine pour le verdict. a priori un live sur chronoweb.com pour ceux que ça intéresse.

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 09:42

Bon, on en était où ? Pour ceux qui ont loupé la première partie, c'est ici

J'enfourchais le vélo, c'est ça ?

Quelques photos de ma sortie du parc avant de continuer, on voit bien comment je tasse le gars à ma gauche en sortant, pas de pitié ! Et sur l'autre photo, petite anecdote: j'avais mis un gel dans mon sac de T1 à prendre juste avant de monter sur le vélo, ce que je fais, mais je me retrouve avec le déchet dans les mains, je ne sais pas où le jeter. Heureusement, un arbitre est là, je lui demande si je peux le laisser à mon emplacement, il me dit oui, je peux partir les mains libres !

c'est vrai, j'ai les pieds dégueu, je vous l'accorde

 

Le vélo

On à 300 mètres environ pour arriver sur la boucle de 60km. Le gars à ma gauche me distance, je rentre sur la boucle, sur un gros rond-point, je finis de mettre mes chaussures à ce moment-là, il y a pas mal de monde, c'est bon pour la motiv, je fais une relance et me cale en position de CLM. Sur cette partie, je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Je me suis préparé psychologiquement à me faire beaucoup dépasser, comme à Lacanau, je sais que mon point fort est la course à pied, et il ne faut absolument pas que je calque mon effort et ma vitesse sur les autres concurrents. En fait, ça fait même parti de la stratégie espérée: étant donné la densité plus importante que les années précédentes, on (coach Nick et moi) que devant ça va se tirer la bourre en vélo, que certains vont aller trop vite, et que je vais ramasser tout ce joli monde en course à pied. Quant à moi, Nick m'a donné des instructions, mais me laisse relativement libre quant à l'application. En gros j'ai une cible de puissance à tenir, mais j'ai le droit de jouer un peu autour selon les conditions de course (vent pour/contre principalement, chaleur également, voire selon les concurrents qui me doublent, même si cela va à l'encontre de ce que je viens de dire). Pour ceux que ça intéresse et à qui ça peut parler, je dois viser une moyenne de 220 watts, avec une variation de 20 watts.

Je me cale au début vers 230. J'ai le droit d'aller jusqu'à 240 si je me sens vraiment facile, mais ce n'est pas le cas, je reste à 230. C'est déjà au dessus de ce que je pensais il y a quelques jours être capable de faire (je pensais 215-220), donc je m'enflamme pas. Je constate également que le cardio est plus haut que lors de la préparation, entre 140 et 145. Je suis déçu, mais c'est normal, j'ai pas mal de fraicheur que j'avais pas pendant la prépa. Et puis je suis quand même moins haut qu'à Zurich où j'étais resté vers 150 pendant un bon moment.

Le but est aussi et surtout d'essayer d'être le plus aéro possible, et pour moi cela veut dire garder la tête bien basse. Lors de la prépa, je n'ai pas fait énormément de prolongateur. Les 2 stages étaient en zone montagneuse et je pense que je dois avoir un max sur prolongateur à 1h30 en continu. Avec mes douleurs à la selle qui m'empechait de tenir la position plus que 10 minutes lors des stages, c'est un des gros challenge du circuit. C'est con, mais je crains plus le mal de c.. que le mal de jambes !

Bref, après 2-3km en ville avec pas mal de monde, je me retrouve sur la première des longues lignes droites. Le parcours en compte 6, entre 5 et 15km chacun. J'ai l'impression d'aller vite, mais je n'affiche pas la vitesse au compteur. Je reviens assez vite sur le gars que j'ai failli faire tomber. Je double également 2 autres gars, parti pas très loin devant moi à T1. En contrepartie, vers le 10ème km, je me fais doubler par une fusée. Il y a les prénoms sur les dossards, il s’appelle Ludovic, je ne le connais pas

L’orga a mis des panneaux tous les 10km. Je m’en servirai tout du long pour voir ma vitesse et faire un peu de calcul mental. Au minimum, j’espère tenir 36km/h, soit 16m40 tous les 10km. Au passage du 10ème km, je vois que j’ai mis un chouilla moins de 15min, soit 40km/h ! C’est bon pour le moral, même si j’essaye de pas m’enflammer et je n’oublie pas que j’ai bippé à la montre après les 300 mètres pour rentrer dans la boucle.

On est sur une portion aller/retour et je peux donc voir qui est devant, et leur avance. Je vois un gars devant que je pointe à 6m30, puis 3 gars pas loin les uns des autres, et quelques autres un peu plus loin. Je ne compte pas hyper bien, mais je vois que je dois être 13 ou 14ème.

Juste avant le demi tour, vers le 17ème km. Une autre fusée Guillaume, et j’imagine que c’est Guillaume Belgy. Je suis content de constater que je suis sorti devant lui de l’eau (même si je l’espérais) mais j’espérais même qu’il me rattrape un peu plus tard. Guillaume ne m’a pas doublé depuis 5 secondes, qu’un arbitre sur le bord de la route, placé idéalement à ce moment-là, vocifère quelque chose, et je crois distinguer « 12 mètres ! » qui est la distance règlementaire de non-drafting !

Alors si je me prends un carton ici, ce serait vraiment trop bête, j’ai à peine eu le temps de constater qu’on me doublait que déjà j’ai l’impression d’être en faute. Je décide de bien montrer que je suis les règles et me relève (cela me permet par ailleurs de soulager le haut du corps, qui va devoir subir la position CLM encore plus de 4h), et arrête de pédaler jusqu’à ce que Guillaume soit assez loin pour qu’il n’y ait pas l’ombre d’un doute que je drafte, environ 20 mètres. Cela ne prend que 5-10 secondes, et je passe de 39 à 35km/h, puis je me remets à pédaler. De toute façon, le différentiel de vitesse est tel qu’au bout d’une minute, il est déjà loin. Je me dis que l’arbitre n’a pas pu me mettre de carton pour ça, et de toutes façons, je n’ai rien vu, et j’en fais abstraction. J’avoue que je ne me souviens pas de la règle quand on se fait doubler. Il me semble qu’on a 30s pour sortir de la zone de drafting, et j’en étais très loin, mais il me semble même que cette année, c’est au gars qui double de faire l’effort de distancer l’autre (un peu bizarre à mon avis mais bon).

Quoi qu’il en soit, ce sera le seul épisode où j’ai été confronté personnellement sur cette course à un semblant de drafting. Sur cette épisode, on peut d’ailleurs voir sur mon relevé, dispo sur strava, que je n’ai pas de hausse de vitesse quand Guillaume me double au 17ème, mais par contre on voit bien que j’arrête de pédaler et que je perds 4km/h en 10s.

Sur le retour, je double la première féminine, je suis surpris, elle a dû prendre une belle avance en natation, et encore un autre gars.

J’en profite aussi pour regarder si derrière il y a beaucoup de monde, et si c’est loin. Je suis content de voir mon coéquipier Bruno, un de mes petits « challenge » sur cette course était de sortir devant lui de l’eau, car on a sensiblement le même niveau de natation. Je vois que j’ai déjà 2-3 minutes d’avance sur lui, et que derrière moi il y a du monde, mais pas tout près, j’espère que ça ne va pas trop revenir. J’encourage Bruno en le voyant mais après je me remets en mode aéro et je baisse la tête. Je sais pas si vous avez compris, c’est le leitmotiv de ma course…

Je vois Nicky pour la première fois, je me permets juste de lever un peu la tête et de lever le pouce... Pour l'instant, tout va bien !

On approche un des quelques virages du circuit, qui coïncide avec un ravito. J’avais bien étudié la carte les jours précédent, et je savais que 3 ravitos proposaient des bisons avec boisson ISO, et ils étaient idéalement placés à un endroit où on devait ralentir, et espacé de 20km environ chacun. J’ai 2 bidons avec moi, un classique sur le cadre, et un entre les barres aéro qu’on ne peut pas enlever (appelé aérodrink dans le jargon), qu’il faut donc remplir avec un autre bidon. J’ai donc prévu avant chaque ravito de faire le plein de l’aérodrink avec le bidon sur le cadre, de jeter ce bidon avant d’arriver au ravito, de chopper un bidon ISO, et de le remettre sur le cadre. Et pendant la course, je ne bois qu’à l’aérodrink. Premier ravito donc, je fais le plein de l’aérodrink, je jette le bidon, je gueule (pas très poliment il est vrai) aux bénévoles « ISO ! » et j’essaye d’en chopper un. Hélas, arrive ce à quoi je m’attendais un peu. Les bénévoles sont pas hyper bien briefés sur la meilleure manière de donner un bidon à un vélo en mouvement. En gros, la meilleure façon, c’est de poser le bidon sur le plat de la main, et de laisser le cycliste le chopper. Si on tient le bidon dans sa main, on prend le risque de créer une résistance au cycliste qui choppe le bidon, et on risque la chute du cycliste, et le carambolage avec le bénévole, et il est en plus très difficile à synchroniser le moment où le cycliste prend le bidon et le bénévole doit le lâcher. Là donc, je vois que la bénévole tient le bidon dans sa main. J’essaye de le chopper en essayant de bien tenir le vélo au cas où, mais je n’arrive pas à le prendre, il tombe par terre lors de l’échange. Hors de question de m’arrêter, et la zone de ravito est courte, pas d’autres bénévoles avec un bidon. Tant pis, hors de question de m’arrêter, j’ai l’aérodrink plein, ya pas encore péril de déshydratation. Mais va pas falloir se louper au prochain ! C’est un des points d’amélioration que j’ai noté d’ailleurs, les zones de ravito, et également les zones où on pouvait jeter les bidons et déchets n’étaient pas très bien indiqués ni délimités. Mais bon, pour faire mieux, il faudrait aussi plus de bénévoles, le nerf de la guerre !

On arrive sur la partie très granuleuse, un passage de 3km où on sent tout notre corps et tout le vélo vibrer. Ça va, je suis habitué avec les routes du Béarn, mais ce n’est jamais agréable. Je serre les dents et garde la position, tête basse, le regard à 3m devant la roue avant, j’attends que ça passe ! A chaque passage sur ce terrain, j’ai eu peur qu’une des vis de mon vélo se fasse la malle. J’ai eu quelques épisodes pendant la prépa où j’ai eu des vis desserrées, et même si j’avais tout bien vérifié les derniers jours, j’ai un doute. Bizarrement, je ne crains pas trop la crevaison. J’ai mis un liquide anti-crevaison dans mes boyaux (quelle galère à mettre d’ailleurs !), et le revêtement est quand même dans sa majorité très bon, et je n’y pense pas trop. J’ai quand même pris un boyau de rechange au cas où !

Panneau 20km, j’ai un peu ralenti, mais je suis encore au-dessus de 36km/h sur ce 2ème tronçon, ça me booste une nouvelle fois.

On rentre à Hourtin encore une fois sur une longue ligne droite, je suis complètement esseulé, c’est moi et mon vélo contre les éléments. En l’occurrence, les éléments sont très cléments pour l’instant. Pas un pet de vent (ou du moins on ne le sent pas) alors que depuis 2 mois, ça souffle fort dans le coin, on a vraiment eu de la chance de ce côté-là. On passe le 30ème km, je suis toujours pas mal, à 230 watts, et après une petite alerte dans les fessiers, qui me faisait redouter le même ressenti qu’à Lacanau, mais je me disais que sur IM, impossible de tenir cette douleur encore 150km, mais elle est repartie aussi vite qu’elle n’est venue. Après cette petite alerte donc, on arrive au 2ème ravito, faut pas se rater, faut pas se rater… Et m…. ! Je me rate, le bidon tombe une nouvelle fois par terre. Là, je suis sur la zone rouge. Je vais finir mon aérodrink dans quelques km, et j’ai encore 20km avant le prochain ravito. Pas bon du tout ça, c’est un coup à foirer son IM avant de l’avoir vraiment commencé ! Je décide que quoi qu’il arrive, à partir de maintenant je ne loupe plus un bidon, quitte à passer au ralenti.

Je vois Nicky qui m’encourage juste avant le ravito, elle m’annonce mon classement (que j’ai oublié là, mais c’était environ 13ème je pense). C’est un bon boost pour finir le tour. Je me sens toujours bien, mais je me doute que je ne tiendrai pas cette allure tout du long.

On fait un dernier aller-retour où je peux regarder qui est devant et faire les écarts, mais cette fois-ci je ne lève pas la tête et je reste bien concentré sur ma position. Après le demi-tour, j’essaye quand même de voir si derrière ya du monde, et je vois qu’il y a un petit trou de 3-4 minutes mais après il y a un paquet, c’est très très limite (pour ne pas dire plus) niveau drafting. Ça ne me gêne pas plus que ça, mais j’espère juste qu’ils ne vont pas revenir sur moi pour ne pas être gêné.

Après le demi-tour, il y a un ravito avec juste de l’eau. Normalement je ne dois boire que de l’iso, mais devant la situation, je ralentis pour chopper un bidon d’eau et remplir mon aerodrink. Du coup, il me restait un fond d’ISO, ça le dilue à mort, mais je me dis que c’est mieux que rien, j’étais déjà quasi à sec.

On revient une dernière fois en ville, et la circulation commence à se densifier. C’était ma grande crainte, avec le beau temps et le long WE, que les routes soient beaucoup empruntées, et que ça fasse bouchon. Il n’y a pas tant de monde que ça, mais on van me double un peu avant d’arriver sur un dos d’âne, ça ralentit devant, je suis obligé de me relever, de freiner, j’essaye de gueuler d’avancer, mais ça a pas trop l’air de prendre, et finalement je double comme un con, j’appuie comme un sourd, je passe la ligne blanche (passible de disqualification…), et je sors un peu de ma course, tout ça pour 15-20 secondes de perdues. Une fois que je suis de nouveau tranquille avec personne devant, j’essaye de me calmer, de me dire que c’est con de s’énerver, il reste encore longtemps et que je vais perdre de l’énergie bêtement. Sur la dernière partie, j’entends Valou et la petite famille m’encourager sur la gauche de la route, j’essaye de faire un petit signe.

On finit la boucle par un tour du rond-point, je m’applique pour chopper un bidon d’iso (je passe à 15km/h) dans le virage, et je relance après la sortie du rond-point, bien boosté par les encouragements du public nombreux. Boosté aussi par ma montre qui m’indique 1h33 pour ce 1er tour. Soit moins de 4h40 sur les 180km ! Mais je commence à sentir que je ne tiendrai pas cette allure, donc je me fais pas d’illusion, mais je me dis que le 4h45 est peut être jouable mais je m’enflamme pas, je continue à m’appliquer à bien rester aéro, on fera les comptes à la fin. Pour le coup, je lève un peu la tête au début du 2ème tour pour apercevoir et faire un signe à Val et la troupe, car ils m’avaient encouragé bien bruyamment quelques minutes plus tôt. Je les vois, je fais un petit signe, ils m’encouragent de nouveau, et c’est reparti !

J’ai donc bouclé ce 1er tour à environ 38 km/h (229w), mais je ne suis que le 23ème temps. Je suis classé 12ème, et il y a un trou derrière moi : le 13ème est à presque 4min. Devant, il y a un gars à 15s que je reprendrai rapidement, et ensuite il y a 2 minutes d’écart. C’est vraiment super, je reste dans ma course, personne pour s’abriter derrière moi ou me donner de l’abri, c’est pile ce que je veux, et ça ne fausse pas ma course.

A l’entame de la 2ème boucle, je sens que je ne réussirai pas à tenir la même puissance tout du long. C’était prévisible mais j’espérais quand même… A l’approche des 10km, je regarde ma montre : 15min passent, 15m30… toujours pas le panneau en vue. Je fais l’effort de ne pas lever la tête pour essayer de l’apercevoir, je reste le plus aéro possible mais il me tarde de le voir. 16m… Finalement je passe en 16m30, donc un tout petit peu plus que 36km/h. Je ne suis pas rassuré, mais je vois que la moyenne depuis le début est à 37,6km/h sur ma montre, même si je fais du 36km/h le reste du temps, je devrais être vers 37km/h au final, très satisfaisant. Je constate également que la tête de course a déjà terminé l’aller-retour quand je m’y engage : pas de voiture de tête. J’ai espéré un moment avoir repris du temps à la tête quand je la voyais pas, mais il a fallu se rendre à l’évidence quand j’ai vu les premiers cyclistes passer : la tête avait déjà fini l’aller-retour et tourné à droite. Je continue mon bonhomme de chemin, toujours peinard, toujours tout seul, et après le demi-tour, j’ai l’impression que ma vitesse augmente. Effectivement, au 20ème km, ma moyenne a augmenté (en fait je roulais à l’aller à 35km/h et au retour à 41 km/h !). Le vent s’est donc levé un petit peu, mais ça reste très doux et à peine perceptible de mon point de vue. Par contre, ma puissance chute, j’essaye de me caler à 220-225, mais ce n’est pas évident.

Bon, à partir de là, il ne se passe plus grand-chose, je navigue de ravito en ravito, les panneaux qui indiquent tous les 10km me servent de repère et je les attends avec impatience. Je me souviens plus trop quand, mais sur ce tour, je double une personne au début donc, et une deuxième un autre moment, et c’est tout ! Et personne ne me double. Derrière, je constate aux demi-tours que le groupe derrière subsiste toujours, est resté à 3-4 minutes, mais a perdu pas mal d’éléments et ça a l’air de rouler plus clean. En tout cas ce n’est plus un paquet, ça roule à la queue leu leu. Ça continue à rester mon challenge : faut pas qu’ils reviennent sur moi.

Tous les ravitos se passent bien, je ralentis pour bien prendre les bidons. Les bonbons énergétiques passent bien, je reste sur mon plan de marche, mais j’ai quelques oublis parfois, que j’essaye de rectifier en en prenant un peu plus de temps en temps. J’essaye de bien rester en position aéro tout le temps, sauf dans les virages, où je me lève pour essayer de bien tout étirer. Mais je me rends compte que si je fais des mouvements trop brusques, je pourrai me bloquer la nuque, tellement elle est raide de rester en tension tout le temps dans la même position. Et je relance après chaque virage, ça fait du bien, et ça permet de se remettre tout de suite dans l’allure. J’ai un nouvel épisode difficile avec des voitures devant, mais cette fois-ci je reste derrière, je perds un peu de temps mais ce n’est pas grave, j’en profite pour me détendre, je suis tendu de chez tendu !

Je vois Enzo sur le bord de la route qui m’encourage, et quelques minutes plus tard, il se porte à ma hauteur en scooter, me dit quelque chose du genre « je suis bien posé sur le vélo, c’est bien », puis me dit autre chose, mais je n’entends pas et le lui dit. Il me redit que c’est bien et je suis soulagé de le voir partir, j’avais peur de me faire cartonner pour accompagnement interdit. Ça peut arriver vite ! Mais bon, c’était cool d’avoir ses encouragements, et je me dis que je suis en train de faire une course pas dégueu.

re-le petit pouce en l'air, mais là c'est du bluff ! Merci Enzo pour la photo

Nicky me dit que je suis 10ème, c’est au-delà de mes espérances. Avec la start-list et mon niveau vélo montré à Lacanau (où je pose au-delà de la 20ème place), je ne pensais pas poser dans les 10 premiers.

Je finis donc ce 2ème tour à la 10ème place. Je roule ce tour à 37,5km/h de moyenne et 223w, finalement je perds peu en terme de temps sur mon 1er tour : 1m30. Inespéré après le premier 10km où j’avais déjà 1m30 de retard sur mon chrono du 1er tour. Ça me rebooste à fond même si je sens que le dernier tour sera difficile, que les jambes commencent déjà à fatiguer. Je ne suis que 28ème temps vélo sur ce 2ème tour. J’ai toujours 3m30 d’avance sur le groupe de 4 qui me suite.

Dès l’entame du 3ème tour, ça se complique. Je suis dans le dur, je sens que je roule moins vite, je développe moins de puissance. J’essaye de faire illusion sur la première ligne droite car je sais qu’on est vent contre. Je suis difficilement à 210-215w, autour de 35km/h, et je me dis qu’au demi-tour, je pourrai baisser un peu le wattage pour récupérer. En fait, je me fixe comme objectif de ne pas descendre en dessous de 200w, mais je vois assez souvent 190 et je suis obligé d’en remettre une couche. Je me concentre d’autant plus sur ma position aéro. Forcément elle est de plus en plus difficile à tenir, mais je sais que ça peut compenser un peu le manque de puissance. La selle ne me fait presque pas mal, miraculeusement, mais je me permets quelques relances, même en ligne droite, pour réussir à détendre les muscles du haut du corps, pour pouvoir ensuite rester 10min bien posé sans bouger en position aéro.

Ce 3ème tour sera une lutte permanente avec mon compteur de puissance. Je guette les panneaux 10km, les ravitos, je compte le nombre de km restants. Je ne suis pas au mieux, mais je continue à faire illusion, je navigue autour de 200-210W et environ 36 de moyenne. Au premier demi-tour, je vois que je reviens sur un gars. Je reviens sur lui très vite, je vois qu’il n’est plus en position aéro, je vois son dossard, « Pierre », et je comprends que c’est Pierre Gaspariau, 2ème l’année dernière. Je sais qu’il a fait l’Ironman d’Afrique du Sud plus tôt cette année, et j’espérais le reprendre en course à pied, mais je ne pensais pas le reprendre à vélo. Il a dû trop donner en début de course à essayer de suivre le train imposé et il a dû exploser. Moi, on ne va pas se mentir, ça m’arrange, une place de gagnée, il ne reviendra pas, c’est sûr. Et je me dis que la stratégie commence à porter ses fruits. Si d’autres comme lui sont allés trop vite, ça va exploser dans les prochains km. A ce moment, il me reste encore 40km, et ça parait très long. Mais je vois que derrière ça ne revient toujours pas, je suis toujours seul au monde, bien posé, concentré, et je serre les dents. Bizarrement, je ne pense pas du tout au marathon derrière. En toute logique, je devrais en avoir peur et me dire que vu l’état dans lequel je finis, je ne vais pas réussir à bien courir, mais non, je n’y pense même pas, je suis concentré sur le moment présent : pédaler. Je n’ai absolument aucune pensée pour le marathon. En général, je l’attends avec envie, mais là ce n’est même pas le cas, je pense juste à finir le vélo ! D’ailleurs, dans cette 3ème boucle, comme sur la 2ème d’ailleurs, je ne regarde plus du tout pendant les A/R où sont mes coéquipiers, je regarde 2m devant, et basta ! Heureusement, le revêtement est vraiment bon, et hormis 2 ou 3 nids de poules que j’ai repérés, il n’y a pas de risque de chute. Il faut juste faire attention à la circulation, mais comme je n’ai pas d’autres cyclistes avec moi, et que finalement je ne prends un tour qu’à très peu de monde, je ne suis pas trop gêné

seul au monde je vous disais ! Bon, c'est vrai qu'on voit pas devant, faut me croire sur parole. re-merci Enzo pour la photo. Il y était, il pourra vous dire lui que j'étais tranquilou tout seul, à siroter ma limonade.

Sur le dernier aller-retour, je vois que je reviens sur un autre gars. Je le reprendrai finalement dans les 2 derniers km, lui aussi est relevé, mais il n’a pas lâché le morceau, il avance encore, il doit essayer de se détendre avant la course à pied. Et mais je le reconnais, c’est le « Ludovic » qui m’avait doublé comme une fusée au départ ! Comme on se retrouve ! Ca ça fait plaisir ! Je vois que j’ai présumé de mes forces, mais je ne suis pas le seul. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

J’ai fait ce 3ème tour à 36,3 km/h et j’ai perdu « beaucoup » de temps sur ce 3ème tour : 3min par rapport au 2ème tour et donc 4m30 par rapport au 1er. Je développe 205W de moyenne, une bonne baisse aussi donc, mais j’ai réussi à ne pas couler complètement.

 

Malgré cette moyenne en baisse, je fais le 16ème temps sur ce tour (pour rappel 23ème et 28ème temps sur les 2 premiers tour). Comme quoi j’ai bien baissé, mais ça commençait déjà à exploser de partout sur ce tour. L’accumulation des km, peut-être un peu le vent qui s’est levé et la chaleur qui a commencé à apparaitre (que je n’ai pas du tout ressenti sur le vélo). D’ailleurs, une stat assez éloquente : sur les 20 premiers au classement général aux 120km, 5 abandonneront (dont les 2 que j’ai doublé au 3ème tour).

Je fais finalement mon vélo en 4h48m40s officiellement, à environ 37,1km/h et 219w. A mon compteur, j’ai environ 178,5km. J’ai regardé d’autres traces sur strava, et fait le parcours sur openrunner, je suis plus proche des 179. Enfin, il doit manquer entre 1km et 1,5km je pense.

Je pose donc 8ème, après 300 derniers mètres où je suis un peu perdu et j’ai peur de ne pas prendre la bonne route. Très content, je me dis que le top 5 est largement jouable, et donc les primes.

Je fais une très bonne transition : un bénévole nous prend le vélo, on n’a plus qu’à courir récupérer notre sac de transition, aller dans la tente, et se changer. Je perds un peu de temps à enfiler mes chaussettes, un bénévole me propose un peu d’eau, j’en prends un peu, et je pars avec 3 gels dans la main.

Dès que je me mets à courir, j’oublie le vélo. Les jambes répondent « normalement ». Je sens que je ne « vole » pas, une sensation qui peut m’arriver à la pose du vélo sur les premières foulées, mais je ne suis pas scotché non plus. J’essaye de me caler assez vite à une vitesse que je pense pouvoir tenir très longtemps, et j’attends que mon cœur se stabilise pour vérifier la FC, car on avait décidé (enfin surtout lui !) de gérer le marathon à la FC, comme à Zurich. Et encore plus aujourd’hui, avec la chaleur qu’ils annoncent, ce sera une bonne option. Coach Nick m’a prévenu de ne pas trop regarder l’allure car elle risque d’être lente à cause de la chaleur. Même si je cours en 3h15, ce sera peut-être le meilleur chrono de la journée, il m’avait dit la veille.

A la pose du vélo, je pense au sub-9 également. J’ai fait un meilleur vélo qu’escompté, et pris pas mal d’avance pour pouvoir laisser quelques minutes au marathon et quand même y arriver. Nicky me dit que je suis 8ème à la sortie du parc, et me dit également (du moins c’est ce que je comprends) : « tête de course à 12min ! ». Je me dis que c’est impossible, que vu combien de temps ils m’ont repris au 1er tour, ils doivent avoir au moins 20min d’avance. Mais je me prends à espérer que tout le monde a craqué, et 12min sur marathon, ce n’est pas grand-chose, je commence à envisager une possible victoire. Elle me dit également que mon temps pour l’instant est de 5h52. Elle pensait me faire plaisir, car ça me permet de passer le marathon en 3h08 pour chercher le sub-9, mais je pensais avoir encore plus d’avance que ça. Mais finalement je n’avais pas trop pris en compte les transitions, et j’ai nagé en plus d’une heure, je ne le savais pas pendant la course, je pensais avoir fait moins. Donc j’ai de l’avance, mais pas non plus un boulevard.

Nicky : Ben m’avait annoncé tous les autres gars qu’il pensait favoris de la course, et à part Gaspariau, ils sont tous devant, aux 5 premières places ! Je prends les dossards et les écarts, pour pouvoir les reconnaitre ensuite lors des tours suivants, quand il y aura plein de triathlètes dans des tours différents, pour pouvoir lui dire sa place et ses écarts. Un gars est là, il connait tous les premiers : « Ah oui, ca c’est Save, il est fort ; ca s’est Onillon, il est balèze, la c’est Belgy, c’est un ouf, etc… » il me demande « et vous votre mari c’est qui ? » « Benjamin Feraud ». « Ah non, connais pas ». Quand Ben passe, je lui donne l’écart sur la tête (22min en fait), puis je dis à Pumba, le pote de Seb, qui suit la course avec moi : « allez viens, on y va ». Il me demande si on ne prend pas les écarts sur ceux qui arrivent après et je lui dis : « non c’est pas la peine, il se fera pas rattraper ». Le gars à coté doit halluciner et se dire « ben dis donc, elle manque pas d’air, elle ». Mais je suis confiante, je sais que c’est son point fort et qu’il va remonter un paquet ! Le lendemain j’ai revu le gars, mais j’ai pas osé aller le voir pour savoir si la course lui avait plu…

 

La Course à pied

Les années précédentes, le marathon était très court, environ 40,5km. L’organisateur a annoncé qu’il avait allongé cette année, que ça faisait pile 42,2, mais je reste dubitatif, la partie qu’il a augmenté ne me parait pas très longue.

Bref, c’est parti pour 40 bornes et plus, la casquette vissée sur la tête. Je constate que mon allure correspond à peu près à la FC cible de 145 bpm.

Je fais le 1er km en 3m57. Ça me rassure, et j’espère tenir cette allure longtemps. Je prends mon 1er gel au 1er ravito. J’ai plein d’encouragements, ça fait plaisir, surtout que la plupart ont l’air de dire que j’avais une bonne foulée et une bonne allure. Moi, je prends cela comme une « confirmation » que je dois aller plus vite que la plupart devant moi, ou du moins avoir l’air d’aller plus vite. Donc que ça souffre devant.

Je vois Val et la famille m’encourager fort après le 1er km. J’essaye de leur faire un petit signe de remerciement, mais j’ai du mal à sortir de ma bulle. Pourtant, il faudrait, j’ai 40km à faire, il ne faut pas trop se recroqueviller sur soi, sinon on risque de ne penser qu’à sa douleur, son inconfort. Si on s’ouvre aux autres, ça permet de voir autre chose, penser à autre chose. Je suis seul sur un chemin entre le 1er et le 2ème km, j’ai tout le loisir de voir et d’entendre un photographe qui me mitraille 20 fois en 1 seconde. Je pense d’ailleurs que la photo ci-dessous est l’une d’elles. On voit que j’ai encore l’air à peu près frais.

ce p... de bras gauche qui veut pas rester dans l'axe ! C'est fou ça quand même ! J'ai même donné cette mauvaise habitude à mon fils !

 

Je vois le vélo ouvreur revenir avec derrière le premier, Boris, on se croise un peu avant le km 2 de mémoire. Ça veut dire que j'ai environ 6km de retard, entre 24 et 25min donc. Connaissant le palmarès du gars, dans ma tête, pour la victoire, c’est plié, mais cela ne me marque pas plus que ça. Je continue ma course. Coach Nick avait mis au point une tactique imparable d’une simplicité et d’une efficacité redoutable : je pars à 145bpm et augmente l’intensité progressivement pour arriver au 30ème km vers 150bpm. Ensuite je ne regarde plus rien, j’accélère, et je récupère tous ceux devant ! Et donc jusqu’au 30ème, je dois rester concentré sur moi-même, bien me gérer, bien m’alimenter, bien m’hydrater. Et je rajoute : bien m’asperger d’eau pour essayer de ne pas trop faire monter la température corporelle. Donc le fait de voir Boris ne m’abat pas trop le moral. Je croise ensuite Jérôme Save, lui aussi a beaucoup d’avance, mais le parcours est fait de telle manière que je ne croise pas tout le monde, je ne sais donc pas dans quelle position est Jérôme. Je suis très loin de lui (au moins 10min), mais je ne prends pas les écarts, je prends juste note à quel endroit on s’est croisé, pour pouvoir voir au tour suivant si je lui reprends du temps. Je croise ensuite 3 autres gars, plus ou moins loin, et je vois qu’aucun d’eux n’a l’air de courir très vite, et j’espère les reprendre avant la fin du marathon. En fait, je les reprendrai tous les 3 avant la fin du 1er tour ! Ils étaient partis entre 3 et 6 minutes devant moi. A chaque ravito, je m’arrose abondamment. Comme il n’y a encore personne sur le parcours, je peux prendre des bouteilles entières que l’on me tend et que je me verse sur la tête. Mais je loupe également un verre de coca à un ravito, et je suis encore sur un bon train et refuse de m’arrêter pour boire. Je n’ai aucune envie de manger, et pendant un moment, je me dis « c’est bon, ça va passer », mais heureusement j’ai assez de lucidité pour évacuer cette pensée et me dire « si tu ne bouffes pas, autant arrêter maintenant, car tu vas rien faire de bon ». Je me force à manger un gel tous les 2-3km, et une fois le premier avalé, les autres passent mieux. Je suis content, cela me fait une petite victoire sur moi-même, d’être arrivé à éloigner cette pensée.

Il y a 5 ou 6 ravitos sur la boucle, mais seulement 3 ou 4 où il y a du coca. J’en prends dès que je peux, et aux autres juste une ou 2 gorgées d’eau. Je finis le premier tour, Nicky me confirme ma 5ème position. Je suis rentré dans la course maintenant. Théoriquement je ne devais pas y penser avant le 30ème, mais j’y suis déjà ! Un mot sur l’allure quand même. Après le 1er km en 3m57 donc, le 2ème encore à 15km/h en 4m pile, et ensuite la lente dérive commence déjà. Je m’y attendais, je mets ça sur le dos de la chaleur, car j’espérais tenir 15km/h pendant un tour. Mais en fait dès le 3ème km, je suis en 4m10, mais là j’arrive à stabiliser, je suis entre 4m04 et 4m11 du 3ème au 9ème km. Mais déjà dans ma tête, je sais que le sub-3h est mort. Il faut faire 4m16 de moyenne par km, et je sais que je vais ralentir à un moment. L’avance que je prends là ne sera pas suffisante. Mais en fait je n’y pense plus trop, j’essaye juste de faire le mieux possible, je ne pense pas trop au résultat en terme de chrono. Par contre je garde Jérôme en ligne de mire, ou au moins dans la tête.

Je boucle ce 1er tour en 41min pour 10km pile au GPS (donc environ 9,9km réel), soit 4m08/km environ.

J’ai encore plein d’encouragements, Philippe me dit que Nick est à fond derrière son ordi à me suivre, et c’est vrai que je pense à lui, et à tous ceux qui peuvent me suivre sur l’ordi, quand je passe sur les tapis qui prennent le chrono, j’espère les surprendre et leur faire penser que je peux y arriver ! Nicky m’encourage encore et encore, elle me dit que toute La Tribu est derrière moi, que même à Nanterre ils ne m’ont pas oublié et qu’ils suivent ma progression. J’essaye de rester concentré, mais ça me fait plaisir. J’aperçois également les messages que Nicky a mis à la craie sur la route, ou du moins ceux qui n’ont pas été effacé par l’averse de la veille. Des encouragements, des trucs à la con : « j’te dis qu’t’es tendu, t’es tendu ! ». Je croise à peu près tous mes coéquipiers, j’essaye de les encourager au moins une fois chacun, mais pas à chaque fois, j’essaye de ne pas me disperser. Je vois que Bruno est pas très bien, Pauline est loin de la première féminine, malheureusement, Aurélie n’a pas l’air mal, Fred a l’air bien, et quand je double Seb, je voulais lui dire une connerie qu’on se disait qu’on allait se dire à nous même pendant la course, à la Stallone-Rocky : « T’as pas mal ! J’ai pas mal ! ». Mais bon, j’avoue j’ai oublié, et je me suis contenté d’un petit signe de la main… Je croise également Jojo, qui n’est vraiment pas loin au 1er tour, il a du très bien rouler (en fait une minute de mieux que moi). Moi, je me concentre sur les mecs devant, je n’ai aucune crainte que des gars derrière puissent me reprendre. C’est sûr, ça donne l’impression du gars sûr de lui. C’est pas faux, je me sais fort à pied, et j’ai vu lors des demi-tours que de tous les gars que j’ai croisé qui était à moins de 10min de moi, aucun de me parait courir assez vite pour me reprendre. Et je n’imagine pas quelqu’un me reprendre 10min sur marathon, sauf grosse défaillance de ma part bien sûr.

Le deuxième tour commence, je ralentis encore et navigue entre 4m15 et 4m25 tout ce deuxième tour. Je suis encore à 145bpm, voire un peu plus. Je fais ce que je peux, mais je vois que j’ai repris du temps à Boris. Pas énorme, 3-4 minutes, pas assez pour espérer le reprendre avant la fin, mais c’est bon pour le moral. Je choppe 3 gels au ravito, j’essaye d’en manger 3 par tour, plus le coca et un peu d’eau. Il y a Enzo qui m’encourage, qui me dit que devant c’est en train de craquer. Ces paroles sont trop bonnes à écouter. De mon côté, c’est pas la folie, mais je garde un bon rythme, et je vois bien en croisant tout le monde que personne ne court très vite. Avant le premier aller-retour, je vois que j’ai repris pas mal de temps à Jérôme, mais je ne sais pas s’il est 3ème ou 4ème, et si l’autre est loin devant ou pas. Nicky continue à m’encourager, me dit que je suis pas loin de Jérôme. Dans ma tête, je me dis que c’est tout bon, si je lui ai repris quasi 10min en 20km, c’est que je suis en train de bien courir. Vers le 19ème km, Enzo m’attend et m’encourage en me disant : « allez, devant ça craque, ya Nicolas Tardieu juste devant en noir, il est cuit de chez cuit, et Save est pas loin, tu vas le reprendre avant le semi ». Effectivement, je vois le gars en noir qui est quasi à l’arrêt, me voilà 4ème. Je passe au semi mais je ne vois toujours pas Jérôme. Je le passerai finalement au bout d’un km dans le 3ème tour.

a priori dans le deuxième tour, vu qu'il y a d'autres personnes sur le circuit :-). Encore une belle foulée, mais ça ne durera plus très longtemps.

 

2ème tour passé en 43m20 (4m23/km réel). Je vois bien qu’il n’y aura pas 42,2km, mais à ce moment, dans ma tête, je m’en fous ! Je passe le semi (en fait plus proche de 20km) officiellement en 1h24m21, meilleur temps. Boris limite bien la casse, 1m30 derrière moi. Apparemment il a fait un 1er tour très rapide mais après il a bien accusé le coup. Un autre gars, qui finit 52ème au final, fait 1m moins bien que moi. Derrière nous 3 premiers, il y a déjà 4m30 d'écart avec le 4ème et j’ai repris environ 10min à Jérôme.

J’entame donc ce 3ème tour gonflé à bloc, mais je sens que ça répond de moins en moins bien. Je croise Philippe qui me gueule dessus une nouvelle fois que je suis en train de tout casser, que Jérôme est juste devant ! Et effectivement, je commence à l’apercevoir, et le double avant le 1er km du 3ème tour. Je le double au train, sans chercher à en faire trop. De toutes façons, je vois bien qu’il ne peut pas s’accrocher, il est déjà en train de lutter. De mon côté, je perds encore de la vitesse, et suis maintenant autour de 4m30/km. Je me dis que ce n’est pas si mal, que je perds de la vitesse, mais que je reste en contrôle.

Mes souvenirs sont un peu flous sur ces 2 derniers tours, je n’arrive pas à remettre les choses dans l’ordre. Je me souviens qu’on a pris une averse mémorable, qui a bien aidé à nous rafraichir, j’ai croisé le 2ème, Belgy, dans le 3ème tour, je vois qu’il a encore une avance confortable (une dizaine de minutes), que Nicky et Enzo essayent de m’encourager. On a un échange mémorable avec Enzo :

« tu veux que je te donne l’écart avec ceux devant ? »

« vas-y »

« 9 min de Belgy , 13min Dessenoix »

Du coup, je me dis que devant c’est mort, et je commence à me demander si ça peut pas revenir de derrière. J’avais entendu le speaker dire que Nicolas Tardieu revenait, et j’ai eu peur qu’il ait laissé passer l’orage, et qu’il court maintenant comme un lapin. Mais en fait non, in ne s’est jamais remis.

« derrière c’est loin, laisse tomber, faut regarder devant. Allez Benji, ils peuvent craquer devant, faut pas lacher ! »

« ouais, mais ici aussi ça peut craquer » je lui réponds.

Et là, tout le monde autour : « mais non !!!! allez, tu vas tout défoncer ! ». Trop marrant.

Mais bon, on est à la fin du 3ème tour, j’ai encore 9min de retard, je vois pas bien comment je pourrai reprendre ça en 12km. Surtout que Belgy, il m’a collé plus de 5min à pied à Lacanau, c’est un très bon coureur, en plus d’être un excellent cycliste, et c’est déjà miraculeux d’avoir réussi à lui reprendre du temps.

Ce 3ème tour j’oscille entre 4m22 et 4m38, et je le passe en 45min, soit 4m33. Je continue ma lente décélération. Idéalement, j’espérais faire le 1er tour à 3m55/km, et perdre 10s/km à chaque tour. Là, je suis parti plus lentement (4m08/km au 1er tour), mais la décélération n’est pas si mauvaise (4m23 au 2ème tour, et donc 4m33 au 3ème).

A Zurich, c’est le 3ème tour qui avait été difficile. Là, ce sera plus le début du 4ème.

Juste après l'averse, dans le 3ème tour à priori. On voit que c'est moins aérien, et la figure est moins fringante. On s'accroche !

 

Je prends un tour à la première féminine à la fin de ce 3ème tour, elle court vite dis-donc !

Nicky me dit que coach Nick est à fond derrière l’ordi et lui dit de me dire « ne change rien ! ». Ouais, super, sauf que ça fait 30km que je cours, là, j’en peux plus, je peux pas ne rien changer, faut que je ralentisse. Difficile d’expliquer l’état d’esprit et les sensations dans ce 4ème tour. Je vois que le cardio baisse un peu, et flirte autour des 140bpm. C’est pas si mal, c’est que j’ai réussi à garder un bon investissement tout du long, même si j’aurai aimé réussir à rester autour de 145bpm. J’ai peut-être eu une baisse de motivation quand je me suis rendu compte que la 3ème place était assurée et que devant c’était quasi impossible à aller chercher. Mais à la fin du 3ème tour, je vois que je suis à pile 2h pour 28km, donc encore sur les bases du sub-3h, et donc du sub-9h. Je suis surpris, je pensais avoir perdu plus de temps, et je me remobilise. Bien sur, je n’espère pas faire sub 3h, je ne peux plus courir à 4m16, mais je me dis que je ne serai pas si loin.

Mais au fait, je n’ai pas parlé de pipi-caca encore ! Ca ne me ressemble pas, on va remédier à ça. Sur le vélo, vous me demandez ? Et ben non, pas cette fois-ci. J’ai eu un peu envie sur la fin du vélo, mais c’est pas venu, sans me gêner pour autant. A pied, au bout de quelques km, je sens que je peux me délester, j’attends d’être à un endroit sans trop de gens, et c’est parti ! Il parait que c’est difficile de faire pipi en courant. Moi je ne comprends pas pourquoi, un peu de relâchement, et ça part tout seul. C’est sur après on n’est pas très frais, mais là avec toute l’eau qu’on se met dessus et la sueur, la trace va rapidement disparaitre… Ce sera la seule fois de la course, mais ça m’a bien soulagé !

Ce 4ème tour donc. La vitesse se dégrade encore : 4m42, 4m47, 4m48, 4m52 ! Arggghhh ! Mais en fait non, je ne regarde pas trop la montre, je fais ce que je peux. Mais je me souviens pas que les jambes étaient lourdes. Je pense c’était un manque d’énergie, ou peut être déshydratation. J’ai sans doute pas réussi à assez boire pour vraiment être au top. En tout cas, je n’ai pas mal aux jambes, musculairement, l’entrainement a payé, « j’ai pas mal ! ». Mon 36ème km est le moins rapide, en 4m55, à cause en particulier d’un petit arrêt à un ravito avec 2-3 triathlètes qui me bloquaient l’accès au coca, où j’ai du m’arrêter pour chopper un verre. C’est à ce moment que je vois Nicky, qui m’encourage une nouvelle fois, je lui dis que j’en peux plus, et elle arrive à trouver des mots pour me rebooster : « pense à ton chrono ! ». Mais c’est vrai ça, j’étais venu ici pour le chrono, pas pour la place, le sub-9 est peut être pas perdu. Comme quoi le cerveau contrôle le corps. Km 37 en 4m42, km 38 en 4m38. C’est pas folichon, mais réussir à accélérer à ce moment, c’est pas mal quand même. Je croise Belgy au km 36, il a encore 2km d’avance, je le félicite d’un signe de la main, je sais même pas s’il sait que je suis 3ème, et que j’ai essayé de le reprendre depuis 10km. Ca sent bon la fin, j’accélère encore, km39 en 4m34. Ca y est, je peux prendre la bifurcation pour aller à la ligne d’arrivée. On nous avait prévenus qu’on allait passer dans le sable et quelques mini-bosses. Ça va, on peut faire 300m difficile après 40km de plat. Je me sens des ailes, même dans le sable, je peux encore appuyer fort. Je vois la ligne d’arrivée, je ne relâche pas mon effort. Je suis à plus de 15km/h sur la dernière ligne droite, et je franchis enfin la ligne d’arrivée sous les applaudissements du public, et Nicky et Val qui sont là. Dernier km en 4m16, malgré le sable et les mini-bosses !

La dernière ligne droite ! La foule en délire !

A l’arrivée, je sais pas trop quoi faire, je lève un peu les bras sur les 50 derniers mètres, puis pense à applaudir le public, qui était très présent ce jour et m’a bien aidé, autant à vélo qu’à pied. On met une banderole au niveau de mon torse quand je passe la ligne d’arrivée, mais je suis gêné ; pour moi c’est les vainqueurs qui ont le droit de « casser » la ligne d’arrivée et la banderole. Là je ne suis que 3ème. Je prends quand même la banderole mais je n’ose pas la lever au-dessus de ma tête. En fait je suis comme un con, je n’ai pas pensé du tout à ce moment, ou à comment je vais savourer ce moment, je suis resté concentré jusqu’au dernier mètre, et maintenant que c’est fini, je me rends compte que je n’ai pas savouré ce dernier km, j’étais juste à bloc !

A l'arrivée, tout le monde il est content !

 

Bon ça aura quand même eu l’avantage de me faire casser la barre des… 8h50 ! Pile 8h50m00s. Enorme, je n’y crois pas.

Avant d’épiloguer longuement, comme à mon habitude, les derniers chiffres de la CAP :

Dernier tour (un peu plus long que les autres car bifurcation pour aller jusqu’à l’arrivée) : 48min pour 10,3km GPS (10,2 réel), soit 4m42/km. Encore 10s de perdu donc.

Et donc à ma montre 2h57m10s pour 40,4km GPS (40km réel), soit 4m26/km, soit 3h06m53s pour 42,2km. Officiellement 2h57m46 (j’ai couru un peu du 1er tour avant de lancer ma montre). Meilleur temps. Le 2ème est à 6min (celui qui finit 52ème), puis c’est Dessenoix 3h06m24 et Belgy en 3h08m35. Je leur reprends donc pas mal de temps (8m30 et 11min) mais pas suffisamment pour espérer les revoir. Ils finissent respectivement à 13min et 5m40 devant moi. Derrière, il y en a pas mal en 3h10 environ, puis le 11ème temps est déjà 20min derrière en 3h18.

Sur le 2ème semi, malgré ma difficulté, comme toujours, c’est difficile pour tout le monde, et c’est là en fait que j’ai fait les plus gros écarts. Je suis en 1h33m25, donc quand même 9min de perdu par rapport au 1er semi, mais je reprends plus de 6min au 2 premiers. D’autres sont intercalés, en 1h34, 1h36, 1h38, mais je réussis à faire le meilleur temps, à 1m30 du 2ème.

Une fois la ligne passée donc, j’ai droit à un petit interview, puis je peux retrouver Nicky, et Val, ils ont l’air aussi heureux que moi. Je me ravitaille, je bois, je bois, je bois. J’attends pour la bière l’arrivée des coéquipiers, sinon je vais être bourré très vite. Nicky arrive à passer sur l’aire d’arrivée, on peut discuter, et je file me faire masser, tant qu’il n’y a pas trop de monde. Du coup j’ai droit à une masseuse par jambe !

si on zoome sur la montre, on voit que... Non je déconne !

On en est là, quand un gars se présente, me dit qu’il est arbitre principal, et qu’il a en charge de ne plus me quitter des yeux jusqu’à ce que je me présente au contrôle anti-dopage. La classe, mon premier contrôle anti-dopage ! Bon, en fait c’est assez chiant et long, c’est hyper procédurier pour que l’athlète, en cas de contrôle positif, ne puisse pas s’engouffrer dans une brèche « vice de forme » pour se dédouaner. Heureusement, j’arrive à faire pipi assez vite, et ça ne me prend qu’une demi-heure environ, mais pour les 2 autres, ils attendent d’avoir envie… Je peux repartir profiter de la ligne d’arrivée, et accueillir mes coéquipiers, tous finishers, certains plus contents de leur course que d’autres, forcément. Moi, je suis sur mon petit nuage, et j’ai du mal à cacher ma joie. Que c’est bon de réussir son objectif !

Les 3 premiers. C'est bon ça !

 

Derrière moi, j’en ai pas parlé, mais Jérôme a réussi à garder sa 4ème place, mais il termine 15 minutes derrière moi. Malgré le parcours rapide donc, la chaleur a fait des dégâts, on n’est que 3 en dessous de 9h, Derrière Jérôme, c’est plus rapproché, 9h07, 9h10, 9h11, il n’y a plus de gros écarts, le 10ème est en 9h17.

Après la course et les jours suivants, je suis vraiment vraiment très content de ma course. J’ai réussi à battre tous mes adversaires que je pensais « prenable », les 2 seuls devant sont indéniablement meilleur que moi, et je n’imaginais pas pouvoir les battre. Je suis très content de mes chronos aussi, tout va bien.

Puis, au fur et à mesure des jours qui passent, je pense (oui je pense trop au général) à ce que j’aurai pu faire de mieux. Et finalement, je trouve que j’aurai quand même pu faire mieux. C’est bizarre, à Zurich, je m’étais dit que j’avais fait la course presque parfaite, que je ne pouvais pas espérer mieux. Là, je pense que je fais une meilleure course, mais je me dis que j’étais pas à mon maximum. Par contre, je ne parle pas en terme de classement, car pour le coup, je sais que de tous les « favoris », je suis celui qui a le mieux réussi sa course. C’est sur je pense avoir laissé quelques minutes par ci par là ; mais les autres c’est plutôt des dizaines de minutes qu’ils ont laissé, donc je ne peux pas regretter mon classement.

Déjà pour le sub-9h, comme je disais, le parcours est court, donc je voulais faire des calculs de prorata pour voir ce que j’aurai fait sur Ironman « complet ». Je me disais avec 10min d’avance ça passe facile, mais en fait :

En course à pied, j’ai donc 40km réel, et un peu plus car j’ai pas bippé, peut être 150m. Ça fait quand même 2km de moins. A 4m26/km moyen, ça fait déjà 8m52 de « gagné ». Après, je suis assez surpris de mon kilométrage à ma montre. On avait environ 250-300m de plus que le parcours de l’année dernière (la bifurcation pour l’arrivée qu’ils n’avaient pas), et l’année dernière mon coach me disait qu’il y avait environ 40,4km, et openrunner affiche 40,8km, mais en zoomant je vois que le demi-tour est un peu plus loin à un endroit (environ 60m, donc cela allonge de 240m en tout, soit un total à 40,55 pour l’ancien parcours). Et mes coéquipiers affichent environ 41km, comme d’autres sur Strava. Du coup, forcément je doute, j’aimerai qu’il y ait 40,5 voire 40,6 ou 40,7, mais en fait j’en sais rien. En tout cas, je gagne entre 6m40 et 8m50 sur ce marathon plus court. Et encore, j’ai pris ma vitesse moyenne, et on sait que les derniers km sont les plus longs. Quoi que dans mon cas, j’ai eu un petit sursaut sur la fin, ce n’est pas impossible que je sois arrivé à courir les derniers km en 4m30.

Sur le vélo donc, entre 178,5 et 179, à 37km/h, cela m’a fait gagné entre 1m40 et 2m25

Et sur la natation, difficile aussi de dire, mais je pense qu’il y avait entre 50 et 150m de trop, soit entre 45s et 2m15 de perdu.

Si on fait le total, ça fait que j’ai gagné, grace au mauvais kilométrage, entre 6m05 et 10m30. Soit un temps total entre 8h56m et… 9h00m30s ! Purée, mon sub-9h ! Ce n’est pas possible !3 jours après, je commence à me rendre compte que le sub-9 est peut-être pas « validé » ! Bon, ensuite je me suis dit, certains IM comptent dans leur marathon les distances de transition. Ça m’arrange. Et honnêtement, je trouve pas ça déconnant J. Bref, les transitions étaient de au moins 200m en tout, cela est suffisant pour repasser la barre des 9h, et on arrêtera là les calculs !

 

Pour ce qui est de faire mieux, comme je disais, je pense que j’ai laissé un peu de temps dans les 3 sports. Mais restons honnête, le parcours était très très rapide. En vélo on n’a eu que très peu de vent, et à pied c’est tout plat. C’est sûr que la chaleur a joué et nous a empêchés de courir encore plus vite, mais cela reste un parcours rapide. Difficile d’en trouver un plus rapide je pense.

Mais donc, en natation, je n’ai pas hyper bien géré, c’est moi qui étais devant pendant 2000m, puis j’étais complètement perdu et n’ai pas pu accrocher les pieds. Je pense avoir bien perdu entre 30s et 1min sur cette partie, si j’avais eu des pieds à prendre, et que j’avais mieux repéré la fin du parcours.

Sur le vélo, je cherche la petite bête, mais je pense pas que j’étais dans un grand jour. 219w, je pense que je suis capable de faire mieux. Et en terme d’aéro, je veux encore essayer de m’améliorer, en tentant de baisser mon poste de pilotage, changer ma position, resserrer éventuellement les appuis-coudes, tenter la position « mante religieuse ». Voire changer de vélo, mais là faut passer à la banque ! Bref, faut que je fasse des tests, j’ai vraiment envie de les faire pendant l’hiver, je pense que je peux encore gratter quelques 1/10 de km/h.

Et en course à pied… Bon, difficile de dire que je ne suis pas satisfait de cette course à pied. Meilleur temps, je repousse tous mes adversaires à plus de 9min, voire beaucoup plus. Mais au final, je ne valide pas le sub-3h. C’est sûr que les conditions de chaleur ne s’y prêtaient pas, contrairement à Zurich où il faisait 18°C, c’était parfait, mais le parcours était tout plat et très rapide, contrairement à Zurich où il y avait quelques montées et pas mal de virages. Donc je ne sais pas si on peut dire que le parcours était « lent ». En tout cas, même sur ce jour, j’ai l’impression de m’être laissé endormir au début du 4ème tour, que j’aurai pu gratter 10, 15, voire 20 secondes par km à ce moment-là, si j’avais réussi à me remettre dans ma course, et peut être aussi si j’avais mieux mangé/bu. Encore une fois, je suis conscient que j’ai été sans doute le meilleur sur ces aspects sur la course, et c’est ce qui m’a valu ma 3ème place, mais je pense pouvoir être encore meilleur…

Donc pas de regrets sur le classement, mais un peu sur le chrono, à posteriori.

Je suis reparti gonflé à bloc, avec l’envie d’en découdre à l’Altriman, mais la fatigue m’est tombé dessus 3-4 jours après la course, quelque chose de bien. Je me trainais comme une loque toute la journée, j’ai suivi Nicky en vélo sur un entrainement en course à pied, j’arrivais pas à suivre ! Mais là ça revient, et l’envie de reprendre la compétition aussi. L’altriman donc, le prochain objectif. Je vais pas avoir beaucoup de prépa spécifique, mais j’ai quand même pas mal de km de montagnes lors des stages, quasi 10 000m de D+ à chaque stage. Je pense que ça va le faire. Difficile de se donner un chrono ou un classement objectif, tellement la course est particulière et que j’ai du mal à me situer par rapport aux meilleurs qui font cette course. Mais clairement j’avais dit que si je revenais sur l’Altriman, ce serait quand je penserai avoir le niveau pour le gagner. Je pense ne pas en être loin, on verra bien.

 

Quelques vidéos pour finir, de mon arrivée, et de mon interview. Le speaker ne me connait toujours pas, malgré une dizaine de podiums sur des courses qu’il commentait ! Le lendemain à la remise des prix, il a même dit : « un jeune qui monte ». Mouais, je suis plus jeune, et je pense être arrivé au pic là, mais bon, c’est gentil quand même.

Allez, c’est la fin, bravo à ceux qui ont lu jusque-là, merci pour les mots d’encouragement ou de félicitations. Si ce CR vous a paru long, dites-vous que je l’écris surtout pour moi, je sais que j’aurai plaisir à le relire d’ici quelques mois ou quelques années, soit pour me remémorer ce que j’étais capable de faire à une époque, soit avant mon prochain IM, pour me souvenir de ce qui m’attend et de ce que je dois bien et mieux faire.

Avant cette course, je me disais que ce serait mon dernier Ironman préparé spécifiquement, tellement il m’est difficile de tout miser sur une seule course, et la pression que je me mets en conséquence, mais maintenant j’ai envie de remettre ça. J’ai fait 4 IM, et je les ai tous réussi, en baissant à chaque fois le chrono (bon en fait mon 2ème était légèrement moins rapide que mon 1er, mais le parcours plus dur), alors peut être que je peux aller encore plus vite ?

A dans 5 semaines pour le CR de l’Altriman, mais peut être que je ferai un petit S avant…

 

Ah, j'oubliais, j'ai pas pu récupérer mes 1000 euros de récompense, il faut attendre les résultats du controle anti-dopage dans 2 mois. Mais j'ai quand même eu droit au podium le lendemain, avec du beau monde !

represent La Tribu en jaune et noir. RESTECP !

 

Et pour vraiment finir, les 2 vidéos :

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Published by benji-triathlon
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 22:05

Bon, après une semaine à repousser l'inéluctable, je m'y colle, voici le CR de mon premier Ironman depuis Zurich 2014. On va faire comme si vous ne connaissiez pas le résultat, OK ?

Ce sera long et pénible, mais vous en viendrez à bout avec de la persévérance et un gros mental.

On y va ?

La Prépa

Non, ne vous inquietez pas, je ne vais pas décrire mes 5 mois de prépa. Mais comme je n'ai pas fait d'entrée pré-IM dans mon blog, je la fais maintenant. Une prépa plus courte qu'à l'habitude donc. J'avais fait une fin de saison 2016 course à pied jusqu'en novembre, ce qui m'a forcé à faire ma coupure plus tard que d'habitude. Je commence donc fin décembre, et on enchaine encore sur de la course à pied, avec le but de faire un gros cycle sur 2 mois, pour ensuite pouvoir faire beaucoup de vélo et finir par la natation. C'est une organisation assez différente des dernières fois. Jusqu'à 3 semaines avant le Frenchman, j'avais l'impression que tout se mettait en place parfaitement: j'avais un niveau en course à pied encore meilleure que mes saisons précédentes, et je tenais des allures indécentes à allure IM. En vélo, mes sorties en stage montraient que je tenais la forme, et en natation, après 4 mois où j'avais l'impression de ne pas réussir à avancer, j'ai profité de petite vacances au soleil pour nager tous les jours en eau libre, et au retour, j'étais plus très loin de mon meilleur niveau.

Bref, tout ça c'était avant, avant qu'au lendemain du half de Lacanau, je fasse un tour du parcours du Frenchman à puissance cible avec tout mon matos de compet’, et je me rendais compte qu’à allure IM, cela donnait du 34-35 km/h. Moi qui visais 36km/h mini, 37 idéalement, et 38 dans mes reves, je tombais de haut.

Les 2 dernières semaines ont été difficile, entre tous les tests vélo pour essayer de comprendre pourquoi je n’avancais plus, des douleurs aux ischios qui apparaissaient à pied, mes douleurs à la selle qui me font craindre de ne pas réussir à tenir la position aéro très longtemps, des sons bizarres qui émanaient de ma roue avant, et la pression d’avoir un unique objectif, on peut pas dire que je suis serein. Et ca se ressent sur mon humeur… Et pour corser le tout, gros coup de fatigue 2 semaines avant l’objectif, qui nous oblige à revoir le programme d’entrainement quasi quotidiennement. Heureusement, je refais surface 5-6 jours avant, et je sens les batteries se recharger à bloc à l’approche de la course.

J’essaye tous les petits artifices pour gagner en aéro. En particulier, je m’épile les jambes et les bras. Cela fait naitre des sentiments mitigées chez Nicky : d’un coté elle n’aime pas du tout esthétiquement, mais d’un autre coté, je vais comprendre ce qu’elle endure à chaque passage de l’esthéticienne… Effectivement, on verse une petite larme à l’arrache de chaque papier-cire, mais on y arrive en pensant aux 10s de gagnés sur 180km ! Non, en fait je sais pas combien ca fait gagner, j’espère un peu plus ! Je change ma chaine, je lave le vélo, j’essaye de planquer toutes les réparations pour ne pas perturber le flux de l’air. J’ai beau avoir fait une école d’aéronautique, ça reste du beau pifomètre !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juste avant le premier arrachage de poils...

et c'est pas fini !

Lorsque je me suis inscrit au Frenchman, et pendant toute la préparation hivernale, j’avais des ambitions démesurées. J’avais choisi le Frenchman car son parcours paraissait rapide (tout plat) et que les Ironman labellisés sont hors de prix, et j’essaye de ne plus cautionner cela en boycottant ces épreuves. Bon, je ne dis pas que j’en ferai plus jamais, mais j’essaye d’éviter en tout cas. Maintenant que la course est passée, je peux le dire, mon but était tout simplement de la gagner ! Bon, je savais que c’était un objectif déraisonnable, car il était grandement fonction de paramètres que je pouvais maîtriser, c’est à dire qui allait s’inscrire. Mais je me tenais le raisonnement suivant : Tous les bons amateurs qui ont le niveau pour aller à Hawaii cherchent en général à y aller (ou y retourner). Je me disais donc que cette course allait attirer les seconds couteaux du triathlon amateur français. Et dans cette catégorie, je pensais avoir de bons arguments pour m’imposer. En plus, il y a des primes importantes, 2000 au 1er, 1500 au 2ème, 1000 au 3ème, 500 au 4eme et 300 au 5eme. C'est toujours bon à prendre! Bon, je m’étais également mis un objectif en temps pour ne pas être dépendant des autres : je visais sub-9h, avec sub-1h en nat, sub 5h en vélo, et sub-3h en course à pied. Pour les non-habitués, sub-9h, c’est un peu le graal du triathlète amateur. Et sub-3h à pied, c’est encore plus difficile, même certains pros ont quelquefois du mal à atteindre cette marque.

Jusqu’à 3 semaines avant l’objectif, j’étais cependant très confiant sur l’objectif. Je m’imaginais même dans mes rêves les plus fous un chrono du genre 56min/4h44/2h57 pour 8h40 avec les transitions, cela me paraissait du domaine de l’envisageable

A l’approche de la compétition, je revois mes ambitions à la baisse : j’ai vu la start-list, c’est bien plus fourni que ce que je pensais, et plus dense que les années précédentes. Je dénombre au moins 5 gars que je connais qui ont un meilleur potentiel, et mon coach en connaît un 6ème. Mais je ne désespère pas pour autant. Ces 6 gars me mettraient une rouste sur n’importe quelle épreuve jusqu’à l’half IM, et certains d’entre eux l’ont déjà mise (la rouste), mais sur IM, je sais que les cartes sont redistribuées, et que la gestion, l’alimentation, l’hydratation, et le mental, comptent autant que le potentiel athlétique, et dans ces aspects, je me sais et me sens fort. En réalité, je vois 2 gars qui me paraissent au dessus du lot, et les autres me semblent prenables.

J’essaye de recadrer mon objectif au chrono. Si ces 6 gars font une course parfaite, et moi aussi, je serai 7ème (au mieux). Si je réussis à faire moins de 9h et que je finis 10ème, je ne peux pas être déçu, j’essaye de faire abstraction de la compétition. Ceux qui me connaissent se doutent comment ça a été dur…

Les derniers jours, pour pimenter le tout, la météo s’en mêle. Ils annoncent très chaud le jour J. Pas la grosse canicule mais les 27-30°C, qui rendront la course à pied très difficile. Dans ces conditions, le sub-3h devient très compliqué, voire impossible avec mon niveau. Mais d’un autre coté, je sais que la chaleur durcira la course, et j’ai tendance à mieux supporter la chaleur que la majorité, et donc selon moi cela m’avantagera.

Voilà donc pour les éléments de ma prépa.

Ah non, un peu de nombres pour clôturer :

Depuis le 20 décembre, début de la prépa après 3-4 semaines de pause :

41h de nata pour 112km

86h de CAP pour 1100km

133h de vélo pour 3720km

et 16h de PPG pour 0km, forcément…

Tout ca en 22 semaines environ.

Pour ceux ne veulent pas faire d’addition/division, ca fait environ 12h30 par semaine.

Mais pour être complètement transparent, sur les 12 dernières semaines (sans compter la dernière), j’ai mis l’accélérateur, bien aidé par 2 semaines de stage à 35 (trop géniales les 2, merci encore aux participants de ces stages qui me liront), je suis à 17h de moyenne (sans compter ces 2 semaines, c’est plutôt 13,5h par semaine).

Ces dernières semaines seront d’ailleurs rythmées par l’appel du 4000 !!!!

Non, pas 4000 blagues/jour, mais 4000km de prépa, chiffre clé avancé par mon entraineur pour arriver avec une bonne caisse à vélo sur son IM.

J’ai tout fait pour y arriver, mais il m’en aura manqué 300. Cela ne me gêne pas du tout, car une bonne partie de ces km étaient en montagne, ce sont des km qui valent double ! Mais bon, ca aura quand même permis de bien délirer dessus avec les partenaires de stage et d'entrainement, et à me botter les fesses pour rallonger de quelques km les sorties quand je le pouvais ! ( Nicky prend la parole :mais tu savais pas que Pauline faisait pareil !)

Purée, je vous ai déjà assommé, et pas encore de blagounettes en vue, c’est plus ce que c’était les CR ! (Nicky : Mac Du te plaint pas on attendait ton devis...)

Allez, pour ceux qui veulent, on passe à l’avant-course, les moins motivés peuvent passer au récit de course direct. Enfin, les moins motivés peuvent fermer ce blog en fait.

 

Avant-course

On laisse les petits chez les grands-parents à Mimizan, et on part à Hourtin le vendredi matin, la veille de la course. Je voulais pas trop tourner en rond sur le site de la course, c’est pourquoi je voulais arriver le plus tard possible. Au programme de la journée, trouver l’appart, faire un plouf dans le lac pour reconnaître le parcours, un petit tour en vélo pour vérifier les réglages et les jambes, retirer les dossards, poser le vélo, et trouver un moment pour manger et si possible se poser tranquilou pour regarder le tour d’Italie.

Au final, la journée sera rythmée. La nata en lac se passe bien, et je constate qu’on aura un départ couru dans l’eau sur une cinquantaine de mètres. C’est tout bon pour moi, je suis bon à ce jeu là, ca me permettra de me placer aux avants-postes dès le début. Je fais quelques départs simulés avec l’aide de Val et sa cheville en titane pour essayer de voir à partir de quelle profondeur il vaut mieux se mettre à marcher que continuer à « dolphiner » (je vais pas re-expliquer, vous n'avez qu’à relire le CR de Lacanau, merde!). Mais bon, coach Nico me mettra en garde le soir même : pas de dolphin sur IM ! Ca pompe du jus et ça fait gagner quelques secondes.

2ème étape : le vélo, en compagnie de Seb, qui joue à se faire peur la veille du départ : il casse sa vanne sur sa chambre à air, puis s’aperçoit que sa chambre à air de secours est déjà percée ! Et bien, mieux vaut s’en rendre compte la veille que le jour J ! Moi, pendant ce temps, je stresse de ne pas avoir le temps de tout faire, et je lui mets la pression pour réparer vite, ce qu’il fait d’ailleurs à l’aise. On part, et c’est mon tour de faire le boulet, j’ai oublié ma montre ! Difficile alors de faire des allures cibles… On arrive à téléphoner à Nicky, je récupère ma montre dans la voiture, on peut enfin y aller. Là, je sens que j’ai pas de supers jambes de veille de course, mais c’est pas la cata. Par contre, énorme et très belle surprise : je fais des moyennes de maboule à allure IM : proche des 39km/h ! Bon, c’est super, mais ya un détail qui me chiffonne : pour ne pas l’abimer ou la salir la veille de course, je n’avais pas pris ma nouvelle trifonction Kiwami à manches (oui, celle à 300 boules, oui…), j’avais mis mon ancienne, Kiwami aussi, que j’ai depuis 3 ans, avec laquelle j’avais déjà fait l’IM de Zurich avec bonheur.

Bon, ca fait 3 semaines que je fais des moyennes de merde à vélo, que je ne comprends pas d’où ca peut venir, et la veille de course, je tombe sur ça. Ca remue fort dans ma petite tête : est-ce possible que ma nouvelle trifonction qui devrait etre plus rapide (c’est essentiellement pour ca que je l’ai acheté) soit la cause de cette non-vitesse depuis tout ce temps ? On en discute un peu avec coach Nick, et on décide de garder la nouvelle trifonction à manches, essentiellement pour me protéger du soleil. Mais quelques heures après, je retourne ma veste de tri-fonction : c’est décidé, je reprends ma vieille : je me barbouille de crème et tant pis pour les coups de soleil ! Je ne sais pas si c’est grâce à elle que je suis allé vite lors de cette reconnaissance, mais une chose est sure, ça m’a mis le moral dans les nuages de voir cette vitesse, c’est un signe, je vais lui faire confiance une dernière fois à cette trifonction verte, aux couleurs de mon ancien club Nanterre !

Après un repas relax grâce à mes 3 comparses de bungalow, qui auront grandement contribué à m’aider à évacuer mon stress d’avant-course (ya pas à dire, c’est important les veilles de course d’être le plus relax possible), on va chercher les dossards, et on prépare les vélos, avec le Giro en arrière-fond. C’est bon pour moi, tout est prêt, il me reste plus qu’à préparer mon dossard. Purée, ces cons là, ils se sont trompés sur mon prénom sur mon dossard, ils ont mis Tom ! C’est Seb qui tilte plus vite que moi : euh, ils se sont pas trompés sur ton prénom mais sur ton sac, ils t’ont donné le 338, pas le 238 ! Ouh pinaise, le petit coup de stress ! Plus le temps de faire un aller-retour, on prend le vélo avec nous pour tout faire sur place. Je connais un Tom qui va être content de me voir avec son dossard ! Tom est hyper-cool (normal pour un belge). Les bénévoles sont un peu débordés mais on arrive à chacun récupérer nos dossards, puces, etc.

Direction le parc, on dépose les vélos et les sacs de transition. J’essaye de visualiser chaque transition pour voir que je n’ai rien oublié… Re-pinaise, mes chaussettes ! Faire 180km nu-pieds, ca me fait pas peur, c’est ce que j’avais prévu, mais 42km sans chaussettes, c’est quand même risqué. Je me dis : « tant pis, au pire t’auras les pieds en feu, ca te fera oublier tes douleurs là où ca compte, dans les jambes ! ». On va au briefing, mais c’est bondé, il fait chaud… allez tant pis, je saute le briefing, je vais au bungalow chercher mes chaussettes ! Tout est bien qui finit bien, je mets mes chaussures sur le vélo, avec les élastiques, ce sera ca de moins à faire (ou à oublier de faire!) le matin de la course. En meme temps, s’il pleut… « Mais non, il pleuvra pas ! » me dit Nicky. C’est vrai, je les laisse, on se retrouve avec les autres de la Tribu pour un petit apéro sur l’herbe. On essaye d’être relax, mais on sent quand même un peu la tension. « J’te dis qu’t’es tendu, t’es tendu ! Me dis pas « j’suis pas tendu » dis moi « oui Claudie j’suis tendu » ». Bref, on se souhaite bonne chance, bonne nuit, et on part manger chacun dans notre bungalow. Une dernière plâtrée de pâtes, et je me couche vers 22h, mais j’ai du mal à m’endormir. Pas grave, la dernière nuit, de toutes façons, elle sert à rien. J’arrive quand même à dormir un peu car je n’entends pas l’orage pendant la nuit. Apparemment de gros coups de vent !

Réveil à 4h avec Seb. Il se fait son traditionnel jambon/oeuf, je reste sur mon Clusters/lait de ri/weetabix, complété par un peu de pates à l’envie. Oui, on peut avoir envie de pâtes le matin. Je jette un dernier coup d’oeil aux madeleines et bonbons que Nicky m’a acheté. Allez, dans 12h, je pourrai me jeter dessus ! L'ambiance est relax, on déconne, ca aide à moins se prendre la tête sur la course à venir. De toutes façons, je l'ai déjà imaginé 1000 fois à l'entrainement, plus besoin de le faire une énième fois. (Nicky : avec la musique de Seb le matin on pouvait que rigoler : Céline Dion avec la chorégraphie!)

On arrive en avance au parc à vélo. J’avais dis à Seb, ca sert à rien de dormir 15min de plus, et on sait jamais ce qu’on peut trouver dans le parc, mieux vaut se prendre de la marge.

Je retrouve mon vélo, mes chaussures trempées (merci Nicky!) mais c’est pas grave, il va faire chaud, c’est peut être même mieux ! Je gonfle mes boyaux, je tourne un peu la roue pour accéder à la valve… Mais ca frotte sur le frein ! Ca frotte fort même ! c’est quoi ce bordel, hier à la pause c’était nickel. Je me dis qu’avec le coup de vent et ma roue plein, le vélo a du tomber sur le coté et le frein a bougé. Super… Je vérifie le frein avant et repositionne le frein arrière, vérifie qu’il est bien serré, ca a l’air de coller, mais je me serai bien passé de ça. Je ne pense même pas à vérifier mon dérailleur. Heureusement il n’avait rien.

Le temps passe, je mets mes 70 bonbons énergisant dans ma Bentobox. Ca déborde ! Ah non, il reste un peu de places par là. J’en rajoute autant que possible, on sait jamais, si une petite faim devait survenir. Je table sur 2 bonbons toutes les 10min et un 3ème en bonus toutes les 30. Soit 14 par heure, 70 pour 5h. Le compte est bon. Les dents par contre elles vont morfler avec ce sucre ! Nicky me tartine de crème solaire « « white zinc », un truc de surfer australien qui doit normalement bien rester sur la peau. Je ne compte pas m’en mettre pendant la course. Du coup, j’aurai le look indien (ou mort vivant, selon les références) sur toute la course.


Je vous l'accorde, je n'ai pas encore the eye of the tiger, mais ca ne saurai tarder !


et là, je l'ai ?
 

Seb me taxe mon PQ, et 5min plus tard, c’est moi qui doit y aller. Bordel de prout, ou c’est qu’il est ? Ouf, le voilà qui revient l’air béat ! Je trouve les toilettes, aucune queue, je fais ma dernière vidange, et je peux aller dans les bus qui nous emmènent au départ, de l’autre coté du lac (la nata est une traversée de lac). J’ai perdu mes coéquipiers, mais par chance ils montent dans le même bus que moi. On déconne dans le bus, ca aide à faire passer la pression. Dans le bus, je pense à passer la pommade qui doit m’aider à ne pas trop souffrir de la selle, bonne rigolade quand les extérieurs prennent des photos et que je suis à poil dans le bus.

Sur l’aire de départ, je commence à m’échauffer à sec, je reçois les derniers encouragements de Nicky et Val et sa cheville en titane, puis on nous donne accès à la plage de départ. On fait le dernier échauf collectif avec la tribu, on s’encourage et direction l’eau pour le dernier echauf aquatique.

I believe I can fly ! ou au moins swim fast.

 

oooooh, le beau sourire crispé pour essayer d'évacuer le stress!

Je mets mes lunettes et direct la pression monte. Ca y est, c’est maintenant ! Le DJ nous donne du French : Edith Piaf et France Gall, on a déjà vu mieux pour galvaniser les foules ! Je m’échauffe bien comme il faut, je suis un des derniers à sortir de l’eau. La plage de départ est très large, cela permet de ne pas être gêné. Je choisis un endroit où j’ai l’impression que personne n’est « taquet/compet » et où je pourrai me détacher facilement pour poser ma nage rapidement. On nous annonce 5min avant le départ. Je passerai les 5 prochaines minutes à enlever mes lunettes toutes les 15s pour essayer d’enlever la buée, et à me dire : c’est pas grave, tu suis les bouées tous les 200m, ou les pieds devant toi.

 

Natation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le départ, vu d'un angle de vue différent

 

Ca y est, les fauves sont lachés, je prends un bon départ en courant, et conformément aux instructions du coach, dès que je ne peux plus courir, je commence à nager. Je vois qu’à coté de moi, les gars marchent encore. Je me relève une dernière fois, fais quelques pas, et replonge pour de bon. Je suis au milieu, je vois qu’à gauche il y a un gros paquet, et à droite un petit. Quant à nous, nous sommes 2 ou 3 à nager devant au milieu. Je me dis que j’ai fait le bon choix. Du coup, je ne suis pas obligé de nager très fort au départ, j’essaye de garder un bon rythme pour arriver à la première bouée pas trop mal placé. Elle est placée à 200m environ du départ, mais elle est placée dans l’axe de la course, de telle manière qu’elle n’implique pas de faire un virage, et donc ce n’est pas la cohue. On passe à 10-20m de la bouée, je me retrouve dans un petit groupe, un groupe s’est déjà détaché devant, ce n’est pas grave, je sais qu’il y a des nageurs que je ne peux pas accrocher devant. Je reste en 2ème position du groupe, mais j’ai du mal à nager propre, je nage légèrement à droite du gars, et je lui touche souvent les pieds, et on se rentre un peu dedans avec le mec à gauche. A chaque mouvement, j’essaye de bien regarder les pieds devant pour garder ma ligne. Ca marche pas mal, mais ça continue à se fritter. Après un nouveau carambolage, j’entends un gars gueuler et s’énerver. Bon, c’est pas le moment de se prendre un coup de poing, je décide de laisser la place. De toutes façons, je trouvais que l’allure n’était pas terrible. Je me décale à droite et remonte le premier pour prendre les commandes du groupe. J’ai de supers sensations, et je suis content de ma décision. Je vois bien devant, le plan d’eau est calme, je peux nager très propre, plutôt en amplitude, mais quand il y a des petites vaguelettes à cause des bateaux, je passe en fréquence pour relancer la machine. Derrière, je ne sens pas de doigts gratter mes pieds. Soit ils sont très respectueux, soit je les ai lâché. Je vois devant un peu à droite un gars qui a l’air de bien nager, mais qui m’a l’air de zigager pas mal et de s’arrêter même de temps en temps pour regarder devant. Petit à petit, je le rattrape et je me dis que je vais me caler derrière. Mais dès qu’il sent que je suis derrière, il met une accélération, j’hésite à suivre, mais je renonce assez vite : déjà il ne nage pas hyper droit et apparemment a des changements d’allure fréquents, et en plus il ne veux personne dans ces pieds, c’est un coup à se cramer pour gagner 30s, je préfère rester sur mon rythme. Je le vois s’éloigner, mais le garde en ligne de mire, et je vois qu’effectivement il ne nage toujours pas droit (à moins que ce soit moi…). Le temps passe tout doucement, il y a des bouées tous les 200m, mais je ne les ai pas compté, je n’ai aucune idée de où nous en sommes : on a nagé 10, 20, 30min ? Je continue sur mon rythme, toujours personne pour prendre un relais devant, mais je ne faiblis pas. Je vois même avec plaisir que je suis en train de revenir sur le gars devant. On le rattrape et cette fois-ci c’est lui qui se cale derrière.

Bon, là ca fait un moment qu’on nage, j’aimerai qu’on arrive au virage. Car le parcours est une longue ligne droite, puis on tourne à gauche pour rentrer dans le port, passer sous un pont, et arriver sur une ile là où est le parc à vélo. Théoriquement un super parcours.

J’attends donc ce virage avec impatience. Puis j’aperçois au loin 2 bouées rouge. Jusqu’à présent il n’y avait que des jaunes. Et merde, j’aurais du aller au briefing ! Je dois passer où ??? Je dois commencer à ralentir car le gars qui nage pas droit me redouble, et je le vois s’éloigner de plus en plus à droite. Moi je décide de me diriger vers la bouée rouge à gauche, j’imagine qu’on doit passer au milieu de ces 2 bouées, et comme on tourne à gauche, j’essaye de prendre la corde. L’autre n’a pas du voir la bouée à gauche et s’éloigne loin… Mais du coup je doute… J’essaye de voir si les bateaux me font des grands signes, mais rien, je continue, je passe la bouée rouge, je tourne à gauche, et là, vous me croyez, vous me croyez pas (pour ceux qui ont lu jusque là bien sur), je ne vois plus rien. Je suis complètement aveuglé par le soleil levant que l’on a en face. Mais pas qu’un peu, hein, complètement, je ne discerne rien ! Je suis obligé de m’arrêter et laisse passer quelques gars qui jusque là étaient derrière moi, qui eux ont l’air de réussir à se diriger. Je commence également à fatiguer, mais heureusement je me dis que c’est la fin. Mais en fait ca dure avant d’atteindre le port. Je suis complètement désorienté, je ne me souvenais plus que le parcours faisait autant de zigzag sur la fin, et cette partie me paraît interminable. Tous les gars de mon groupe me passent devant petit à petit. c’est un peu frustrant mais je me dis que je ne laisse que 30s-1min, il n’y rien de dramatique. On longe la berge où il est tentant de faire quelques mètres à gauche pour se lever et marcher, mais on continue à nager, on passe dans des roseaux, on voit qu’il y a des spectateurs sur le coté, mais je ne distincte rien. Enfin on passe sous le pont et j’aperçois l’arche d’arrivée. Je m’extirpe de l’eau, je suis content de ma nage, et je vois que je n’ai pas de vertiges comme je peux en avoir de temps en temps.

on m'a déjà vu moins à l'aise à la sortie de l'eau !

Je ne connais pas mon classement, mais j’imagine dans les 20, (nicky : j'ai compté 17-18 ) qui était ce que je pensais faire. Je fais une très bonne transition, j’ai tout dans mon sac de transition, les bénévoles sont au petits soins, et je peux partir au petit trot récupérer mon vélo, en attachant mon casque. Transition comme je l’avais imaginé, elle s’est déroulé parfaitement. Enfin, jusqu’à ce que je doive sauter sur le vélo. Quel bordel ! En fait j’ai enfin compris pourquoi je n’y arrivais pas : je suis habitué à enfourcher mon vélo par la droite, et d’appuyer en premier sur la pédale gauche pour me lancer. Sauf que quand on fixe les chaussures sur les pédales et qu’on les retient en place avec des élastiques, la chaussure gauche est derrière. Du coup je suis obligé d’appuyer en premier avec le pied droit et je suis pas du tout à l’aise. Une fois encore, c’est la cata, je manque de renverser un gars qui me doublait par la gauche, mais enfin je peux me lancer.

Au final, à l’analyse des résultats, je sors en 1h00m31s. C’est plus que ce que j’espérais (environ 57min), mais il y avait sans doute un peu plus. C’est le même parcours que l’année dernière, coach Nick me parlait de 4000 à 4100m. De mon coté, je suis allé voir les traces des athlètes sous Strava et j’ai retracé le parcours dans google earth, et je trouve environ 3900m. Un peu plus donc mais si on enlève les 50-60 mètres courus au départ, on n’est quand même pas loin du compte.

Dans l’absolu donc, un peu décevant, mais en relatif par rapport aux autres, je suis satisfait, je sors 20ème de l’eau, et grâce a ma bonne transition, je ressors 15ème.

Je suis à 6m40 du 1er, et 5m40 des adversaires « direct » , dont Boris Dessenoix, favori du jour selon moi, triathlète avec de nombreuses références en courte distance (D1 notamment) mais dont c’est le premier IM. Je perds 4min sur Jérome Save, Pierre Gaspariau, Nicolas Tardieu, Nicolas Onillon, que j’avais identifié comme mes adversaires les plus probables pour les places sur le podium, et j’arrive à repousser Guillaume Belgy, l’autre favori de la course selon moi, à 1m45, alors qu’on était sorti ensemble de l’eau à Lacanau. Les 4min de retard sur les autres favoris, et 5m40 sur Boris, c’est plutôt satisfaisant. Par exemple, Gaspariau et Save m’avaient pris 2m40 sur le half du Soulor Aubisque en 2013, mais c’est vrai que j’ai fait des progrès depuis. Et sur le triathlon indoor de st Gaudens début 2016, Jérôme me prend 40s en 300m (ca fait 8min30 proratisé sur 3800m). Mais c’était en piscine, et je sais que je nage bien mieux en lac (merci la combi!). Et sur Boris, proratisé sur un CD, ca ferait du 2m20, autant dire impossible pour moi de sortir avec si peu de retard sur les gars qui font de la D1 !

Vous avez encore du temps à perdre? Bon, vous l'aurez voulu, la suite de la course, c'est ici

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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:00

Répétition Générale !

 

Je me présente à Lacanau plein de bonnes intentions. Depuis ma déconvenue au marathon en février, je me suis beaucoup entrainé et tout a l’air d’être en place dans les 3 sports : 7 semaines à 13h de moyenne et 2 semaines de stage à 33 et 35h (où je me suis fait plaisir à vélo : 650km et 9 300m de D+ au 1er, 700km et 10 400m de D+ au 2ème), soit presque 18h en moyenne sur les 9 dernières semaines ! Mais le dernier stage s’est terminé juste une semaine avant Lacanau, et j’ai quand même un peu continué la dernière semaine. Je ne pourrai pas arriver au top de ma forme à Lacanau (ce n’était pas le but), mais normalement j’ai les moyens de me faire plaisir, et j’espère d’en savoir un peu plus sur mes possibilités. J’ai l’impression que dans les 3 disciplines, tout s’est mis en place dans le dernier mois, c’est l’occasion rêvée de se tester grandeur nature. C'est mon 1er triathlon depuis presque 8 mois !
Difficile de se donner un objectif, mais j’ai comme consigne de ne pas me griller en nat, de tout donner à vélo sans penser à la suite, de partir comme je peux en CAP, et de faire le point à mi-course : soit je passe en mode ironman sur les derniers km si plus rien ne répond, soit de tout donner pour aller chercher une place si l’envie, la possibilité, la force et l’énergie sont là.
Les jours avant sont consacrés à regarder la météo, ils annoncent en alternance soit moche, soit pluie, et de toutes manières beaucoup de vent. Le matin de la course, pourtant, on dirait que le soleil est là et que le vent se fait discret. Cool, j’avais peur de pas pouvoir sortir la roue pleine, mais là c’est bon. Il y a un peu de vent, mais ça va passer.


Après un petit échauf à l’eau, pas aussi complet que ce que j’aurais du faire, me voilà sur la ligne de départ. On est environ 500 mecs et 100 filles. On demande aux mecs de se positionner sous l’arche, d’environ 10m de large, et les filles à coté à droite. Alors que la plage fait 200m de large…
Ça ne peut pas marcher… et ça ne marche pas ! Tous les mecs vont sur la droite, et se déportent de plus en plus pour former une ligne de départ de 50-100m de large. Certaines filles ne comprennent pas et demandent : mais pourquoi vous venez sur la droite ??? Je réponds : « ya un courant de malade sur la gauche, tout le monde veut partir le plus à droite possible. Si vous voulez être tranquille, allez à gauche ! ». Je me positionne sur la ligne de départ et ne suis pas trop surpris au coup de pistolet qui arrive un peu à l’improviste. Le départ est particulier : il y a peu de fond sur 50-100m et il faut réussir à courir en levant haut les jambes pour aller vite au départ. J’avais prévu ça la veille et fait un essai. Je mets en pratique et cours bien tant que je peux avant de faire quelques mouvements de dauphin (on se projette hors de l’eau vers l’avant en poussant fort sur les jambes et on rentre « en plongeant » dans l’eau avant de se relever et de recommencer : ça « copie » un peu le mouvement du dauphin, d’où son nom), et je me retrouve en 1ère ligne ! Bon, ça c’est fait, reste le plus dur. Avec le vent, l’eau du lac est plein de clapot, et le courant nous envoie vraiment sur la gauche. Les bouées sont minuscules, je ne les vois pas, avec mes lunettes embuées. Je m’étais fixé un repère avec des arbres en face, mais même en regardant toutes les 2 respis, je dévie constamment à gauche. Je me fais assez vite reprendre par un 1er groupe, que je n’arrive pas à accrocher. En fait, ils passent tous sur ma droite, et je n’arrive pas à me remettre dans le flux. J’essaie à un moment de prendre les pieds d’un gars, mais au bout de 30s, je l’avais déjà perdu, je sais toujours pas comment. Bref, la galère commence, elle durera 30min à ne pas arriver à voir où j’allais, à ne pas réussir à prendre des pieds.
Après la première bouée, le clapot et/ou le courant se calme, et j’arrive à poser un peu ma nage, mais ensuite ça repart, je me retrouve enfermé dans un petit groupe et je n’arrive pas à garder ma ligne, je n’arrête pas de rentrer dans les gens, et je finis par sortir. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette sensation d’anxiété dans l’eau, au milieu d’un groupe, à boire la tasse, à ne pas comprendre où je suis. Mais en sortant du groupe, je sors de la machine à laver, mais je reprends le clapot. Je ne vois même pas l’arche de sortie avant la toute fin, j’essaye juste de suivre le flux.
J’arrive enfin vers le bord, je me relève pour faire quelques mouvements de dauphin, mais j’ai peur de m’épuiser pour rien, et je me relève pour marcher. Un peu trop tôt sans doute, j’ai de l’eau au genou et marcher est difficile. Mais bon, tout le monde fait pareil, et je sors tant bien que mal, en essayant de ne pas tomber car la tête tourne un peu.


Très très mécontent de cette natation où je n’ai pris aucun plaisir et où j’ai eu l’impression de perdre beaucoup de temps. Pourtant, je n’étais pas asphyxié, j’étais juste complètement désorienté et je n’ai jamais réussi à nager propre, en contrôle.


Au final, je sors 33ème, bien loin de ce que je me disais avant la course (15-20ème), à presque 6min du vainqueur de l’an dernier, Fraysse, qui est très bon nageur. Au vu des résultats et des triathlètes que je connais, je pense que j’ai perdu finalement « que » environ une minute par rapport à mon niveau. Mais c’est frustrant car je pensais être un bon nageur d’eau libre et ces conditions difficiles auraient du m’avantager et il n’en fut rien.


Je fais une T1 qui me paraissait correcte, en contrôle, au moment où je l’ai fait, mais faut croire que j’étais trop en contrôle, car je perds beaucoup de temps, entre 30s et 1min, par rapport aux premiers. J’ai du mal à comprendre pourquoi.


A la sortie du parc, je « saute » sur mon vélo et essaye d’enfiler les chaussures qui tenaient par élastique, et c’est la cata. Je m’étais pas entrainé et ça se voit, je galère et mais trop de secondes à me relancer. Enfin je me mets en position, c’est parti pour 80km, j’espère un peu plus de 2h, en position contre-la-montre. A mon dernier stage, j’ai eu du mal à tenir cette position, à cause d’un mal de selle récalcitrant. C’est ballot pour le Frenchman vous me direz, c’est tout plat ! Effectivement, c’est pas terrible, mais c’est le premier test grandeur nature.
J’appuie fort dès les premières minutes, mais dès les premières minutes, je vois ceux devant s’éloigner et d’autres me doubler. A chaque fois qu’on me double, je me dis : « bon ça doit être un champion », mais au bout de 5 champions, je commence à me poser des questions. J’essaye de pas me griller quand même, mais les 20 premières minutes j’appuie plus que de raison.
Le parcours est sympa, le revêtement top, mais on est toujours en prise. Et oui, le plat c’est pas forcément plus facile, on peut jamais se relâcher. Le parcours est globalement en carré, et avec le vent on est parfois de côté, parfois de face, parfois de dos.
Sur une ligne droite, je sens que ça va vite et me dis qu’on doit être vent de dos. Un radar à 43km/h me le confirme. Mais après le prochain virage, on se prend le vent en pleine face. Enfin, peut-être qu’il était de ¾, mais on n’a aucun obstacle pour nous protéger, c’est dur ! Après analyse de mes données, j’étais quand même à 36km/h sur cette portion mais j’avais l’impression d’être à l’arrêt ! Je me dis qu’au prochain tour, il faudra faire attention à pas trop donner sur la ligne droite vent de dos, même si c’est grisant, pour en avoir assez pour la dernière ligne droite vent de face. Sur cette portion, j’ai du doubler un concurrent qui allait un poil plus vite que moi, quel effort à produire pour réussir à le doubler. Il faut pas prendre trop de temps pour doubler, sinon on risque le carton bleu pour drafting, ce qui fait qu’on est obligé d’appuyer encore plus pour le doubler en 30s environ. En me calant devant lui, je suis obligé de décélérer un peu, et j’ai peur qu’il me redouble illico, mais non, il reste derrière, et je peux me remettre à allure assez vite. Au bout d’une heure, je commence déjà à me dire que je suis parti trop vite et que j’arriverai jamais à tenir. En plus, on m’annonce 29ème, je suis loin par rapport à ce que j’espérais, et en plus en donnant tout ce que j’ai sur le vélo ! Bref, je suis pas optimiste… Je continue comme je peux ce deuxième tour. C’est difficile dans les jambes, je commence à souffrir de la selle et je dois me relever de plus en plus souvent pour soulager les points de pression, mais en plus les jambes, et en particulier les fessiers, commencent à me faire souffrir. A chaque coup de pédale, j’ai comme un coup dans la fesse. J’ai jamais eu ça. Peut-être c’est du à cette position que j’ai moins fait cette année à l’entrainement, et aux fessiers que j’ai donc moins sollicité. Je ne sais pas, mais là ils sont bien présents. Mais le 2ème tour avance, je ne craque toujours pas, et je reprends même petit à petit des concurrents. 28ème, 28ème, 26ème, 25ème. C’est bon pour la confiance. La grande ligne droite vent de face est épique. Je reprends 2-3 gars, je vois que devant ils n’arrivent plus à tenir la position et se relèvent. Pile ce qu’il ne faut pas faire vent de face. Je suis content d’avoir réussi à gérer mais il me tarde que ca arrive. Les 5 derniers km sont longs mais j’essaye de pas trop faiblir pour ne pas perdre tout le temps « gagné » dans le 2ème tour.
Sur les derniers mètres, je me fais reprendre par mon « co-entrainé par Nick » Philippe. Il commence à taper la discute, me dit qu’il a tout donné, qu’il est cuit ! Moi je lui dis surtout de passer, qu’on va se prendre un carton ! Il m’aura quand même repris 4m30 sur le vélo ! Je pose le vélo finalement 23ème et ressors de la T2 22ème, après une T2 très réussie (6ème temps, meilleur temps des 25 premiers au général), mais que je n’ai pas l’impression d’avoir mieux réussie que la T1. J’oublie quand même de prendre les 2 gels que j’avais prévu le matin, et que j’avais laissé sur le vélo, et qui m’ont pourri la vie à chaque fois que j’essayais de prendre des gums dans ma Bentobox.
 
A vélo, je fais 2h09 officiel, environ 38,2km/h, c’est pas mal avec le vent qu’il y avait je trouve, mais ça me place seulement 32ème temps. Je concède 10min au premier. Sur un parcours de 2h, ça commence à faire lourd quand même. Avec un vélo en 2h06-2h07, j’aurai été content, mais là, je suis loin derrière des concurrents que je ne pensais pas meilleurs que moi. C’est très frustrant, d’autant qu’une nouvelle fois, je n’ai pas géré cette partie, qu’est-ce que ça aurait été si je l’avais fait, j’aurai perdu 15min ! Bref, c’est comme ça, je pensais être meilleur que ça en vélo, la réalité me rattrape une nouvelle fois !
 
J’attaque la course à pied sans pression donc, je me dis que je suis loin, je vais essayer de courir bien relâché, bien propre, comme m’a demandé mon coach, et on verra bien. Je me dis que le top 10 est peut-être encore jouable, mais je n’en fais pas un objectif, je n’ai aucune idée de mon retard. Le premier km est très difficile, les fessiers me rappellent comme je les ai maltraité en vélo lors de chaque pas ; mais au bout de 5min, la douleur s’estompe et je peux courir sans gêne.


La course à pied se compose de 3 tours. En gros chaque tour est un A/R, avec l’aller vent de face et un revêtement difficile : herbe, sable, tapis sur le sable, ou sous-bois. Mais le retour se fait sur bitume (c’est pour moi ça !) vent de dos.


Je suis content quand je vois que le 1er km est fait en 4’01 malgré la difficulté. Le 2ème aussi, et le 3ème plus lent en 4m10. Je me dis que ca y est, je vais craquer, mais les 5 prochains passent en 3m52 de moyenne. Je finis donc ce 1er tour en 3m57/km environ. Et j’ai l’impression de pas être en sur-régime et de pouvoir continuer comme ça. J’avais comme consigne de faire le point à ce moment-là de la course : soit tout donner pour aller chercher le meilleur classement possible, soit ralentir et rentrer en mode IM. Je coupe la poire en 2 : je vais continuer sur ce rythme, qui n’est pas un rythme où je me fais péter le caisson, mais un rythme rapide où je reste en contrôle, et je vois où ça me mène. On m’annonce à la fin du 1er tour, entre 12ème et 15ème déjà, selon les personnes à côté de la route. Ça m’encourage à tenir pour aller chercher ce top 10, et aussi pour essayer d’enfin courir un half à plus de 15km/h, ce que je n’ai jamais fait, même si je pense en être largement capable. Sur ce 1er tour, j’ai effectivement dépassé quelques personnes, mais je pensais pas en avoir doublé autant pour me retrouver si proche du top 10.
Je double en particulier vers le 5ème km un gars que j’avais depuis le début en ligne de mire mais que j’avais du mal à reprendre. Il m’encourage quand je le dépasse et me dit que 2 gars sont devant. Je ne lui réponds pas, je suis resté dans ma bulle quasi toute la course à pieds (désolé pour tous les encouragements que j’ai reçu qui n’ont pas eu de remerciements, ni même de signe de reconnaissance…), mais je pense « je m’en fous de ces 2, c’est devant que je vise ! ».


Bref, ce premier tour est plaisant, il y a peu de monde sur le circuit, je sais que ça va être différent sur les 2 prochains tours, et je ne pourrai pas savoir à quelle place je me situe. Je croise Valentin à la fin de mon 1er tour qui part sur son 1er, et j’espère le rattraper avant la fin. Je double sur le début de mon 2ème tour 2 coéquipiers de la Tribu 64 que j’essaye d’encourager. C’est plus difficile de courir, il faut doubler souvent, faire attention à sa trajectoire, à là où on met les pieds. Mais mon rythme ne faiblit pas, je reste aux alentours de 15km/h. Le vent a encore forci et le début du 2ème tour on se le prend pleine face, je suis content de plus être sur le vélo !
Pas grand-chose à dire sur ce 2ème tour, j’essaye de guetter les coureurs qui ont un chouchou et je pense en doubler 2, mais j’arrête de regarder au bout d’un moment, on verra bien ! Au début du 3ème tour, j’entends une fille qui encourage un gars qui finit son 2ème tour en lui disant qu’il est dans le top 10. Je dois avoir 2-3min d’avance sur lui, ça a l’air de sentir bon pour le top 10.
Mais je reste sur mon bon rythme, sans essayer d’accélérer, en essayant de ne pas ralentir. Je commence à compter les km restants quand même, ça devient de plus en plus dur. J’arrive à doubler Val vers le 17ème km, puis j’ai en ligne de mire 2 autres membres de la Tribu, cela m’aide à continuer à bien courir. Quand je reprends Christophe, je sens que mes jambes commencent à moins bien répondre : comme des débuts de crampe, une difficulté motrice à bien enchainer les pas, une sensation qu’elles risquent de flancher à tout moment. Il reste 2-3km, et j’ai peur de devoir m’arrêter. Mais ca tient, et la ligne d’arrivée se rapproche. Je double Aurélie qui fait une super course vers le 20ème km, puis enfin je me permets d’accélérer un peu sur la fin.


Je passe la ligne d’arrivée et on m’annonce 6ème. Bon, une belle remontée donc, un peu inespéré.
Je finis loin (entre 13min et 14m30) des 3 premiers, mais pas si loin du 4ème et 5ème (2min et 3min). Dommage. Derrière, il y a un petit trou, 3m30 avec les 7ème et 8ème. Plutôt satisfait de ma course à pied, je fais un chouilla mieux que 15km/h, sur un parcours pas si facile que ça, et le 3ème temps. Mais bon, le 1er temps me colle 5min à pied. Un monde ! Derrière moi, le 4ème est à 2m30, j’ai également créé un petit écart. Avec l’effort que j’ai fait sur le vélo, c’est quand même plutôt pas mal, on va pas être trop gourmand.
 
Globalement, cette 6ème place est à peu près ce que je vaux je pense, mais la manière ne me convient pas. En nata, c’était catastrophique, et en vélo, je suis déçu d’être aussi loin. Je me rattrape à pied, comme d’habitude, et tant mieux que ce soit là où je suis le meilleur, car c’est dans cette discipline qu’on peut créer les plus gros écarts (surtout en Ironman), mais ça reste quand même frustrant de ne pas réussir à être meilleur dans les 2 autres disciplines.
 
Dans 3 semaines, le gros morceau, le Frenchman, où je viserai moins de 9h. Avant Lacanau, je me disais que ce ne serait pas si difficile, mais maintenant, je me rends compte que je n’irai pas aussi vite qu’espéré en vélo, et que chaque minute, voire chaque seconde, sera précieuse.
 

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 09:00

TROP BEAU !
 
Non, c’est pas mon résultat, mais plutôt comment je me suis vu sur ce marathon. Et le marathon me l’a fait payer. Chèrement. Quand marathon pas content, lui toujours faire ainsi, il parait. Et bin, je confirme.
Mais commençons par le commencement.
Pour ceux qui souhaiteraient sauter les préliminaires, je ne vous en tiendrai pas rigueur, rendez-vous au passage sur la course elle-même, ou même au résultat, tout en bas. A tout’
 
Pour les autres… youhou, ya encore quelqu’un ?
Donc marathon de Castellon, près de Valence. Plus de 6h de route depuis chez moi. Pour ne pas me taper 6h de route la veille de la course, j’avais décidé de partir le vendredi soir, faire une pause pour la nuit, et ainsi couper la route en 2. Attends, il va pas nous raconter son voyage, là ? Si, si, mais je vous assure, ya des trucs drôles (à posteriori bien sûr).
Je reprends, départ à 6h de Saint-Vincent, pour arriver avant 22h30 à l’hôtel où j’ai réservé, heure limite indiquée sur la réservation. Première partie du voyage pépère, pour traverser les Pyrénées, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il allait falloir bourriner sur la fin pour arriver avant 22h30, et que la jauge d’essence est pas loin de la réserve. Je bourrine donc, ce n’est pas dans mes habitudes, pour arriver à 22h22 dans le village, la jauge d’essence presque au bout, mais il y a une station d’essence à l’entrée du village. Je tourne un peu en rond avant de trouver l’hôtel. Normal, aucune lumière sur la devanture. J’arrive, portes fermées, on renvoie au restaurant à l’entrée du village. J’y vais. Fermé. Il y a un numéro de téléphone sur la porte, mais mon téléphone ne capte pas. Et pour finir, la station-service est fermée pendant la nuit.
Je résume donc : je n’ai pas de lit, pas d’essence, pas de téléphone, je suis pommé dans un village où rien ne bouge.
Bon, je retrouve mes années d’étudiant, on va dormir dans la caisse. Je suis pas plus embêté que ça, mais je crains le froid. J’arrive à baisser tant bien que mal la banquette du passager, mais c’est pas facile, il y a le vélo derrière (oui, le vélo, on va y venir…). Je trouve un endroit sans trop de lumière, et j’arrive à dormir un peu, mais le froid me réveille vers minuit. J’ai pas pris de blouson, je n’ai que mon petit pull à capuche. Je sors tous mes t-shirts de mon sac que j’avais pris pour avant/après la course, et je les enfile tous. Même avec 6 couches de vêtement, j’ai encore froid. Bon, j’essaye de raisonner. Pour mettre le chauffage, faut que je mette le moteur, et il me reste vraiment peu d’essence. J’allume quand même 5min en me disant que ce sera peut être suffisant. Au bout de 5min je suis pas mal, mais dès que j’éteins le chauffage, j’ai re-froid. Impossible de dormir. Bon, je prends une autre décision : je vais me poser sur le parking de la station-service et je mettrai plus de chauffage. Si je tombe en panne sèche, au moins, je serai sur place pour remplir le lendemain.
Je reprends la route pour les 500m qui me séparent de la station-service. Et là, vous me croyez, vous me croyez pas, les flics arrêtent toutes les voitures ! Heureusement, Nicky m’avait donné les papiers de la voiture au dernier moment ! En fait, ils me demandent rien d’autre que de souffler dans un alcootest. J’arrive à comprendre à peu près ce qu’il me demande, et je souffle de toutes mes forces, ya pas de risque ! Bon, il se rend compte que ma gueule pas nette n’est due à l’alcool mais à la fatigue, et il me dit de circuler. J’essaye de baragouiner pour qu’il me dise quand est-ce que la station-service ouvre, et miracle ! Il me dit qu’il y en a une autre (au moins c’est ce que je comprends) ouvert 24/24 500m plus loin. J’en profite pour lui demander s’il connait un hôtel, et il m’indique un à une vingtaine de km, mais je comprends un mot sur 2 et je ne suis pas sûr de le trouver, et en plus, c’est à rebours de là où je veux aller. Mais bon, j’arrive au moins à trouver la station-service, je suis sauvé pour la nuit, je pourrai au moins chauffer la voiture ! Je commence à aller dans la direction qu’il m’avait indiqué, mais au bout de 10min, je suis dans la pampa, je me dis que je trouverai jamais ce qu’il m’a indiqué, et je décide de reprendre la route direction Castellon, je suis bien réveillé maintenant, et de m’arrêter dans un coin pour dormir quand je serai fatigué.
Je fais comme ça une cinquantaine de km avant de vouloir m’arrêter pour la nuit. Je loupe un premier embranchement. Quelques minutes plus tard, je vois un autre endroit pour m’arrêter, je ralentis, et 2ème miracle, je vois un panneau avec un lit, signe international pour hôtel. Juste à côté, voilà l’hôtel, le bar est allumé, il y a 4 gars de la Guardia Civil et le barman. Je rentre et lui demande s’il a une chambre pour la nuit. Il discute un peu avec le gars dans la cuisine et oui ! Je lui demande quand même combien, même si dans ma tête je ne sais pas quel prix j’aurai refusé ! 25 euros, nickel, je prends.
Mais arrivé dans le chambre, il fait bien froid. Normal, la fenêtre est ouverte. J’arrive pas à faire marcher le chauffage. Bon, tant pis, je sors la couverture, je prends une bonne douche chaude, et c’est parti pour la nuit… Réveil à 5h par le froid. Je renfile mon pull, triture à nouveau le chauffage, et j’arrive à me rendormir, jusqu’à 8h environ. Ça c’est de la nuit de compet !
Et en rentrant dimanche soir de la course, je vois que j’ai reçu un mail de booking et du 1er hôtel (fermé) comme quoi j’étais pas venu et qu’il fallait que je leur transfère le complément. J’ai pas encore répondu…
 
Je reprends la route le lendemain, tranquille, et arrive à Castellon vers midi. Mon hôtel est en plein centre-ville, je me mets dans un parking sous-terrain, et monte récupérer mon dossard, à 500m du parking et de l’hôtel. Puis direction hôtel pour faire le check-in. C’est long ! C’est à l’ancienne, on prend toutes les références de la carte d’identité, on te fait signer des papiers, on imprime des feuilles, bref, on fait des papiers qui ne serviront jamais. Enfin, je peux récupérer mon manger à la voiture (des pates !), et m’assoir tranquille sur un banc pour manger.
Donc oui, j’avais pris mon vélo pour la simple (et bonne ? je sais pas) que je savais que j’aurai une après-midi à tuer à Castellon, et que j’ai acheté quelques composants à mettre sur mon vélo (manettes de changements de vitesses neuves, nouveaux plateaux, nouvelle chaine), et qu’à la maison je n’arrive jamais à prendre le temps de le faire.
Bon, maintenant, il faut trouver un endroit pour la faire, cette mécanique ! Dans le sous-sol du parking, c’est glauque, d’autant plus qu’il fait très beau dehors. Je me vois mal le faire sur le square, avec tous les passages, et il faudrait que je sorte tout d’un coup de la voiture (sac d’outils, vélo, pied d’atelier) et que je le trimbale à la surface, je le sens pas.
En plus, j’ai vu le parcours, il passe en plein centre-ville, en plus sur la fin du parcours (km 40). Donc moi qui voulais partir juste après l’arrivée, je risque de me retrouver coincer une ou 2 heures, le temps que les derniers arrivent. Et pour finir, le parking est pas donné en centre-ville. Sur les infos marathon, ils disaient qu’il y avait plein de parking gratuit un peu plus loin à 2-3km au nord, à l’université. Je me dis que je vais aller là-bas, je serai tranquille pour bricoler. Et pour rentrer à l’hôtel, je pourrai courir, il faut justement que je fasse un petit footing de 20min.
Je fais donc cela, un peu de bricolage. Pas tout ce que je voulais faire car forcément j’avais oublié des outils et des guides de montage… Mais bon, j’ai quand même avancé !
Puis je vais pour rentrer à l’hôtel. Je mets tout dans le sac : le manger pour le soir et le matin, les affaires pour le marathon. Je checke 10 fois que j’ai rien oublié, car je veux pas me repayer un aller-retour à pied à la voiture la veille du marathon !
Je mets tout ça sur le dos, c’est pas très pratique pour courir, mais je le fais quand même. Arrivé à l’hôtel, je sors la clé. P…. la clé ! Pas là, pas là non plus ! Je sors toutes les affaires, introuvable. Bon, et bien je vais me taper l’aller-retour, hein ? Je laisse quand même le sac à l’hôtel et repart plus léger. J’essaye de positiver. De toutes façons, le marathon n’est pas un objectif, je suis là pour m’entrainer pour l’IM. Alors un peu de km en plus, c’est pas grave. Je retrouve la clé, et je peux enfin glandouiller dans ma chambre d’hôtel quelques heures devant le championnat d’Espagne d’athlé indoor, manger le reste de mes pates, lire un peu, et enfin dormir avant le grand jour.
Réveil à 6h pour manger, la course est à 9h, puis re-glandage pendant plus d’une heure, je pars vers 7h50 pour déposer mon sac à la consigne. Puis glandouille encore un peu avant de partir m’échauffer. J’avais pourtant tout prévu niveau chronométrique : 20min echauf, dernière pause pipi-caca à l’hotel, dernier echauf vers la ligne de départ, j’arrive 5min avant le départ.
Je suis dans les temps sauf qu’il y a la queue à l’entrée des SAS. L’organisation était top jusque-là, mais là, c’est le bordel. L’entrée est mal indiquée, tous les sub 3h se retrouvent au sas 2h45 et ce n’est qu’au moment de rentrer qu’on nous montre l’autre SAS. Là il y a encore une belle queue (enfin un attroupement), et ça rentre un par un, avec un seul bénévole. Le départ approche, tout le monde est stressé, et là ils « ouvrent » les barrières entre les SAS, et tout le monde avance !
Pour ceux qui ne sont pas habitués au monde de l’athlé et des SAS de départ. En général sur les grosses courses, pour que les plus rapides partent devant et les plus lents derrière, pour éviter trop de bordel au départ, on demande le temps objectif aux concurrents et on leur accorde un dossard qui leur permet d’accéder à des SAS de départ. Dans notre cas, il y avait les sub 2h45, sub 3h, sub 3h30, sub 4h, et plus de 4h il me semble. Ces SAS sont grillagés sur les côtés, avec une entrée filtrée (celle qui bouchonne), et il y a une barrière entre les SAS (parallèle à la ligne de départ donc) pour les séparer. Quelques minutes ou secondes avant le départ, on ouvre ces barrières et tout le monde s’agglutine vers la ligne de départ. A Boulogne, cela avait été fait quelques secondes avant le départ, c’était nickel.
Donc là, je suis encore dehors quand ils ouvrent les barrières de SAS. J’ai peur que le départ soit donné dans la foulée. Finalement la bénévole ouvre en grand le grillage et on peut rentrer, mais plein du SAS 3h30 nous sont passés devant. Je vois le ballon 3h15 et 3h devant moi. Je me faufile comme je peux autant que possible, mais après c’est bouchonné. Je suis dégouté. Il va falloir se battre pendant au moins 500m pour réussir à s’extirper et pouvoir courir correctement à mon allure. Ça veut dire que je vais devoir faire un peu de sur-régime si je ne veux pas rester coincé dans des pelotons qui courent moins vite.
 
Là, j’assiste à toute la splendeur des « grandes organisations » dont vous êtes le héros. Les 2 speakers qui nous annoncent que c’est notre jour, qu’on est les meilleurs, qu’on va accomplir quelque chose de grand, etc… sur la musique de Carmina Burana pour nous faire prendre conscience de l’énormite de notre accomplissement et des héros que l’on est en passe de devenir. Ca m’a rappelé les sketches de Johan Métais (que je recommande) : on est en plein dedans. Je me demande ce que je fous là, coincé au milieu de 1500 couillons.
 
La course :
 
Mais bon, enfin, on nous libère, j’attends, je piétine, je marche, et enfin je peux passer la ligne de départ, une dizaine de secondes plus tard, et enfin courir. Je zigzague comme prévu, je trouve un allié de circonstance, qui trace la route, et on se dépatouille petit à petit de la foule. Au 1er km, c’est bon, on peut retrouver notre rythme. Ce 1er km est passé en 3m38, mais globalement en faux plat descendant. Je me suis dit que je suis un peu rapide, mais je n’ai pas non plus trop entamé la réserve.
 
Petit apparté pour les objectifs : le but est de courir à 3m50/km, ce qui fait 2h41m45 pour le marathon. L’objectif principal est donc de descendre sous les 2h42. Mais si je me sens bien, je m’interdis pas d’aller un peu plus vite et d’aller chercher 2h40 voire 2h38. Si cela se passe moins bien, j’ai 2 autres objectifs : 2h45 (temps qualificatif pour les championnats de France) et 2h48m47 (15km/h).
 
J’essaye de me recaler à 3m50, mais ça court très vite autour de moi. Cela m’étonne, et j’essaye de pas m’emballer. Une grande partie de ceux-là vont exploser d’ici la fin. Je mets 2-3km à me caler. J’avais également, outre l’allure, 2 autres moyens de me réguler. Ma respiration : je dois rester « sous contrôle », pouvoir faire de longues inspirations et expirations. Et ma fréquence cardiaque : si possible rester en dessous de 157bpm.
 
En terme de respi je suis bien, mais en terme de fréquence cardiaque, je suis déjà à 160 au 1er km. Je ralentis pour redecendre un peu, et je garde le rythme sur les km 2-3-4. Mais l’allure est difficile à appréhender car on est souvent en faux plat, descendant sur les 3 1ers km, puis montant. Je suis en 3m48 sur les 2 et 3, mais passe en 3m54, 3m58, 3m59 sur 4, 5, 6, tout en gardant une FC à peu près sous contrôle. C’est le premier signe que les choses ne vont pas comme je l’espérais. Normalement, j’esperais courir en 3m50 avec une FC de 155 au moins, et donc avoir une petite marge pour accélérer, mais je suis plutôt vers 157-158. Au km 6, on a le droit à une belle haie d’honneur avec plein de supporters, c’est bien sympa.
Les km 7-8 sont toujours en montée, et je sens un peu de vent, et je fais l’effort pour reprendre un groupe 10m devant et me protéger du vent. Mais les pulses montent vers 160bpm. Je croise les premiers, un groupe de 4 africains, et un peu plus loin les premiers espagnols. Sur le faux plat descendant qui suivent, je garde le même rythme et les pulses ne descendent pas. Et bien tant pis, on verra bien où cela nous mènera (vous devinez déjà ?) km 7 en 3m48, et km8, en montée, en 3m47 (c’est là où j’ai dû accélérer je pense). Km 9 et 10 se passent bien, en descente, en 3m43 et 3m44, et je récupère un peu. Je passe le 10km en 38m25, donc avec 5s de retard sur le tableau de route. Je me dis que la montée/descente a pas du aider et je reste confiant, je suis bien. Les 8 prochains km seront les meilleurs de ma course. J’étais bien, j’ai repris plein de monde, j’ai bien profité. Je me suis rapproché d’un gros groupe devant, reçu plein d’encouragements que j’ai pu apprécier. Ces 10km sont passés en 3m46/km, même si globalement on était en descente (-35m). Vers le 18ème km, même si j’étais encore bien dans l’allure, j’ai commencé à sentir les cuisses, et je me suis dit que ça risquait de coincer. J’ai continué à bonne allure jusqu’au semi, que je passe en 1h20m15s environ, donc avec 45s d’avance sur l’objectif. Les 2h40 me paraissent inatteignables depuis le début et n’ont jamais vraiment été en jeu. Par contre, j’ai les 2h42 en tête depuis le début. Mais alors que je passe le semi avec 45s d’avance, je sais déjà que je ne les ferai pas. J’essaye de switcher dans la tête au prochain objectif, 2h45, qui était pour moi la limite à partir de laquelle je ne pouvais pas être satisfait de mon temps. Il faut que je courre environ à 15km/h pour le reste de la course. Normalement, 15km/h ne me semble pas rapide, mais là, cela me semble déjà une montagne.
 
Je passe encore le 22ème en 3m48, à mon agréable surprise car je pensais avoir ralenti. Après, par contre, on entame la remontée, et le chrono s’en ressent, même si je garde une allure correcte : 3m56, 4m, 3m58, 3m58, 3m58 pour les km 23 à 27. Mais je sens que je ne pourrai pas tenir ce rythme, et les 2h45 me semblent en péril. Les cuisses sont maintenant bien dures, et dans la tête, c’est difficile. Je switche au dernier objectif, 2h48.  Avec l’avance que j’ai, c’est encore carrément faisable. Mais la vitesse chute inexorablement, même si j’arrive à limiter la casse : 4m06, 4m08, 4m02, 4m09 jusqu’au km 31, avec un passage aux 30km en 1h55m50, soit une moyenne de 3m52. Par contre, mon allure du semi au 30km est de 4m/km. Pour tenir l’objectif de 2h48m47, il faudrait que je course les 12,2 dernier km en 53min, un peu moins de 14km/h, en 4m20.
Je fais encore illusion quelques km : 4m20, 4m13, 4m17, 4m16 jusqu’au 35ème, mais les cuisses sont maintenant complètement bloquées, et les 2h48 me paraissent illusoires. Je n’ai plus d’objectifs, j’hésite à m’arrêter. Je n’en peux plus, et courir m’est extrêmement pénible. J’essaye de ne jamais parler de souffrance quand je fais du sport, pour garder un peu de perspective, mais on n’en est pas loin. J’en vois un qui s’arrête devant moi. Le chanceux ! Je décide de continuer jusqu’au bout, au moins pour m’habituer à cette sensation de courir avec les cuisses défoncées, qui pourra me servir au Frenchman. Encore 2km, 4m42 (en montée) et 4m32. Il reste 5km, mais là j’explose pour de bon. Je n’ai plus qu’un objectif, rallier la ligne d’arrivée sans marcher, mais que c’est long, que c’est difficile. J’ai peut-être oublié ce qu’est l’Ironman, mais je me souviens plus avoir eu autant de mal sur la fin.
Pour emballer le tout, je crois que je fais une petite hypo sur la fin. Je me sens livide, j’ai le regard vide, je n’ai plus aucune interaction avec les supporters qui m’encouragent. Je ne ressemble plus à rien. Chaque km est une lutte. Je constate que je reste quand même en dessous de 5min, soit 12km/h, pendant ces moments difficiles : 4m43, 5m, 4m56, 4m52, 5m pour les 5 derniers km, avant de finir les 200 derniers mètre en 58s.
Le speaker hurle mon nom. Super. Je suis lessivé, déçu bien sûr.
Une des seules satisfactions est d’être arrivé à courir à 12km/h sur ces derniers km où j’étais à l’agonie, alors que je cherchais même pas à aller le plus vite possible, je voulais juste rallier l’arrivée. J’espère ne pas vivre cela sur le frenchman, mais si je dois le vivre, j’espère réussir à m’appuyer sur cette expérience pour réussir à ne pas craquer complètement, et toujours rester au-dessus de 12km/h, même si idéalement j’aimerai même rester en dessous de 4m40, mais bon, on a vu que c’était pas si facile que ça…

Donc au final ca fait du 2h52m02 officiel. Je pense que ma puce a pas du être détectée au départ car je suis crédité de 2h52m02 réél également, alors que j'avais une dizaine de secondes avant de passer la ligne de départ, donc d'après moi plutôt 2h51m50 réél. Bon, ca change pas grand chose ! Ca fait du 4m05/km environ sur le marathon, et 56 minutes sur les 12,2 derniers km (4m35/km...). J'en ai vu défilé du monde sur ces 10 derniers km, et je n'ai doublé personne. Au final, je me classe 123ème sur environ 1600. Pour la petite histoire, c'était ma première course en vétéran. En Espagne, apparemment, en athlé, les seniors vont jusqu'à 34 ans. A partir de 35 ans, on est "vétéran 1". 
Le marathon n'était pas tout plat, mais on ne peut pas dire qu'il était difficile non plus. 120m de D+/D- environ d'après ma montre, avec pas mal de virages, mais la plupart n'était pas vraiment des virages serrés et il n'y avait pas trop de relance.

J'ai pas trouvé de photos pour agrémenter le tout, mais j'ai la vidéo de mon arrivée. Enfin, 2 vidéos. La 1ère où on me voit passer la ligne et me dire que c'est enfin fini, et on entend le speaker hurler mon nom et dire quelque chose (en espagnol ?). D'ailleurs si quelqu'un comprend, je suis preneur, j'ai juste compris "de su vida", mais le reste ???

http://www.corriendovoy.com/atletismo/193324/maraton-bp-castellon-2017

Et la deuxième ce sont mes 100 derniers mètres (à partir de 30s environ), où on peut voir que ma foulée est absolument magnifique.

http://www.corriendovoy.com/atletismo/193325/maraton-bp-castellon-2017

Ca ne diminue pas ma motivation pour le Frenchman ! On continue l’entrainement, et j’y serai plus fort !

Sinon, ca aurait pu être encore pire bien sur. J'aurai pu être espagnol et aller skier à Formigal ce WE. Pour la petite histoire, le plus gros embouteillage que j'ai vu de ma vie. Des voitures à la queue leu leu pendant presque une heure quand je roulais en sens inverse pour revenir. Ils y sont encore je crois.

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29 janvier 2017 7 29 /01 /janvier /2017 10:00

Un 10km en pré-fatigue

J’accrochais mon 1er dossard de l’année ce dimanche, à Oloron Ste-Marie, pour un 10km, en pleine prépa marathon.

Le but de cette course était double : me faire plaisir avec ce premier dossard hivernal, et enchainer un gros bloc de course à pied pour le marathon : 47km en 18h entre samedi après-midi et dimanche matin, et même 59km en 48h si j’inclus l’entrainement de vendredi après-midi.
Le 10km venait en fin de ce cycle, le but étant de courir vite malgré la fatigue musculaire engendrée par les 15km de la veille et 18km du matin même. Je ne suis pas confiant du tout, l’entrainement du matin ayant été pénible, même à vitesse modérée (10km à 3’55/km environ).
Mais bon, le soleil s’est levé, il fait un peu froid mais pas trop, on a une super vue sur les montagnes, la course s’annonce très belle. Je croise quelques visages connus, à priori plus ou moins de mon niveau. J’espérais jusqu’à la veille que le niveau ne soit pas trop haut, pour me permettre d’aller peut être chercher une belle place. Mais les mauvaises sensations du matin me ramènent à une ambition plus mesurée, et le fait de voir ces têtes m’encourage à me concentrer sur moi-même et non les autres. Le but est de tenir 3’40/km sur ce 10km, soit 36m40.
La ligne de départ n’est pas trop chargée, et je peux me placer en 2ème ligne, juste derrière ceux que j’identifie comme favoris.
Je prends un départ assez prudent, je me retrouve 20 ou 30ème assez vite avant de me stabiliser autour de cette place, et de doucement commencer à remonter, dès les 500 mètres, pour rattraper les traditionnels « je pars à bloc et j’explose au bout de 500m ». J’ai la surprise de doubler entre autres aux 500m un gars, pas tout jeune, qui est déjà en pleine détresse respiratoire, et je me dis que c’est fou de pas réussir à gérer ses départs, avec une certaine expérience.
Bref, moi, je suis bien, un coup d’œil à ma montre aux 500m me donne un bon coup de boost, je suis en 3m20/km. Je ralentis tout de même pour essayer de rester à 3m30 environ. Au premier km, j’entends un supporter dire aux 2 coureurs d’Oloron juste devant moi qu’ils sont 12ème. Ce qui fait de moi 15ème, un autre coureur étant intercalé entre eux et moi. Devant, j’ai vu qu’un petit groupe s’était détaché nettement. Derrière, c’est un peu éparpillé. J’essaye de rester concentré sur moi, mais le fait d’avoir des cibles devant m’aide à garder le rythme, et je me dis que si ca craque devant, je rattrape tout le monde (sauf le petit groupe devant bien sur). Je passe les 3 premiers km en 3m31 de moyenne, et je commence à calculer dans ma tête en combien je dois passer les km restants pour tenir 3m40 de moyenne. Petit exo de maths appliquées, rendu plus complexe quand tu cours à fond . En l’occurrence, là, j’ai 9*3=27s sur mon plan de marche, à diviser par 7km restants, je peux courir en 3m44 les prochains ! Ca occupe…
Bon, les 3 premiers km sont plutôt descendants et vent pour (j’avais reconnu le parcours lors de ma séance matinale), donc je ne suis pas hyper confiant non plus.
Je suis passé 13ème, j’ai encore un gars d’Oloron devant quand on entame la longue ligne droite en faux plat montant et vent contre. Je fais l’effort pour recoller et me protéger quelques secondes, mais au final je me sens bien et le double assez vite.
Je me sens fort, et je continue à augmenter mon effort, même si la vitesse ralentit à cause du faux plat et du vent : 3m37, 3m35, 3m40, 3m38 jusqu’au 7ème. Le 3m40 de moyenne est quasi assuré, mais j’ai continué à doubler, et il me reste 2 gars devant à aller chercher (le groupe détaché devant est loin devant, hors de vue et de portée). Je ne faiblis pas et essaye de lâcher les chevaux. Jusqu’au 3-4ème km, j’essayais de rester en gestion, mais depuis, j’ai accéléré, et maintenant je passe en mode « je donne tout jusqu’au bout ».
Le 8ème en 3m31 toujours plutôt en faux plat montant, puis le 9ème est plutôt plat, et je double la dernière cible, km en 3m26. Je donne tout sur le dernier km, mais il me parait interminable. J’arrive sur la ligne d’arrivée, les 3 premiers sont déjà en train d’être interviewés, et le 4ème attend également à côté. Je pensais être 7ème, mais je me dis que peut être je suis 5ème. Loin des autres en tout cas. Je passe ce dernier km en 3m06, mais seulement 0,92km d’après ma montre, soit 3m23/km environ, alors qu’il était plutôt en descente. J’ai un peu craqué sur ce dernier km, mais bon, j’avais pas grand-chose à aller chercher.
Au final, ça donne 35m02 chrono officiel, mais selon ma montre et moi, plus proche de 35m23 sur un vrai 10km.
Ça reste très très satisfaisant, au vu de l’objectif, presque 8s de moins par km.
Et je vois le lendemain dans la République des Pyrénées que je suis bien 5ème, à 1min du 4ème quand même (je l'avais battu de 30s environ à la Moustachu 2 mois auparavant), et à 1m24 du 3ème, que j’avais battu lors du 10km de Nouste Henric en septembre 2016, d’une minute environ. Je pense que sans la fatigue musculaire, j’aurai pu rivaliser avec eux.
les résultats ici
Tout ça nous emmène au marathon de Castellon, en Espagne, le 19 février.
Je sais toujours pas ce que je vise, le marathon est une course que je ne maitrise pas, donc difficile de se lancer dans des prédictions. J’ai donc découpé les objectifs : j’espère au minimum faire moins de 2h48m47s, qui correspond à 15km/h, mais une perf de 2h45 me parait faisable. Après, sait-on jamais, 2h40, voire 2h38m14s (16km/h) ne sont peut-être pas impossible à aller chercher.
On verra comment les 15 prochains jours se passent, j’ai également une inflammation sur certains ligaments autour de la cheville à essayer de résorber, on verra le jour J ce qu’il est possible de faire.
De toutes manières, le but de ce marathon était de me « forcer » à passer une bonne charge en course à pied en ce début d’année, ce qui est d’ores et déjà gagné. Je pourrai ensuite intégrer beaucoup plus de vélo et un peu plus de natation pour arriver fin prêt, fin mai, au Frenchman.
 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 20:00

Une course pour rien

Après mon double 10km fin novembre, je voulais encore essayer de caser quelques courses avant la fin de l’année, mais le coach a freiné mes ardeurs et recommandé une vraie coupure. Etant donné mes objectifs ambitieux (à venir sur le blog) pour 2017, je m’y pliais, à contrecoeur dans un 1er temps, puis il faut bien l’avouer, avec plaisir. Ca libère un sacré paquet de temps pour faire autre chose ! Je m’étais tout de même inscrit aux Courses de la Paix à Pau, un 10km très populaire. Au moment de l’inscription, j’imaginais arriver encore en bonne forme pour viser une bonne place, voire un podium, pour essayer de m’inscrire un peu plus dans le « paysage » des coureurs dans le coin, car cette course est une des plus connues du coin, avec plus de 2000 inscrits, et pas mal de publicité autour.

Je jour J approchant, je savais bien que cet objectif était impossible, je ne suis plus au top de ma forme. J’hésitais donc entre différentes possibilités, et au final je pensais courir avec Nicky. Mais une trentaine de minutes avant la course, elle me dit qu’à cause du nombre de coureurs, on piétine, ou marche pendant des km avant de pouvoir courir. Elle a fait la course l’année dernière et elle a ce souvenir. Ca va me saouler, et finalement je me dis que je vais courir tout seul, on verra bien. Le coach m’avait quand même demandé de ne pas la faire à fond, que cela pouvait être contre-productif, et m’avait donné une limite d’investissement correspondant à une allure semi-marathon environ. A ce moment, j’oublie que je ne suis plus en forme, je repense à Boulogne Billancourt, j’ai couru ce semi à 3m33/km, soit un 10km en 35m30. Si je tiens cette allure, je peux faire une bonne course, dans les 20 premiers, voire peut être même les 10. Je me fixe une limite à 160bpm, pour me forcer à ne pas aller trop vite.

Bon évidemment, je ne suis plus à ce niveau. Depuis Boulogne Billancourt, le 20 novembre, j’ai fait :

- Les 2 fois 10km 1 semaine après

- Un footing de 40min

- 2 séances de natation d’une heure environ, dont une séance de water polo

Tout ça en 1 mois.

 

C’est un bordel sans nom au départ de la course. On essaye de faire rentrer 2000 personnes dans une ruelle. Personne veut laisser sa place. On doit partir à 20h, et à 20h, il y a encore plein de personnes devant la ligne de départ. Oui parce qu’évidemment on fait rentrer tout le monde par la ligne de départ, c’est tellement plus simple. Moi je suis pas en mode « perf », et j’en profite pour finir mon échauffement qui avait été très succinct. J’essaye de me faufiler qq minutes avant le départ par le coté, mais c’est saturé. Bon, tant pis. Le départ est donné, je ne bouge pas, et je remarque après qq secondes que devant moi personne n’avance. Bordel, ce sont des marcheurs qui se sont mis là en attendant que leur course parte 10min plus tard ! Je me faufile, réussit à retrouver le flux des coureurs, et passe enfin la ligne de départ, 30s après le départ officiel. Bon, évidemment, là, l’embouteillage est à son comble, je ne peux pas doubler, un gars tombe devant moi. La galère !!! J’arrive au bout d’un moment à passer le cordon des supporters et court pendant une trentaine de secondes sur le large trottoir et je double beaucoup de monde et quand je retrouve la route, cela s’est un peu dilué, j’arrive à courir normalement, plus ou moins. Les 160bpm sont atteints très vite, et je passerai toute la course à essayer de ne pas trop les dépasser. Mais globalement j’étais quand même plus proche des 165bpm. Je me rends compte rapidement que je suis loin, très loin des premiers, et pas forcément beaucoup plus rapide que les personnes qui m’entourent. Quelques regards sur ma montre confirment que je suis très très loin de mon objectif, je ne suis même pas à 15km/h. J’essaye tout de même de prendre du plaisir, le parcours est très beau, à travers Pau, bien accidenté. Mais de plaisir je n’en ai pas. Je cours avec le frein à main, et même comme cela je commence à avoir les jambes un peu lourdes, et l’articulation de la hanche douloureuse. Pfff ! Comme on perd vite quand on s’arrête, c’est déprimant.

Je termine quand même la course, à un peu moins de 15km/h, et autour de la 150ème place. Même si je m’étais donné à fond, j’aurai été très loin de la 20ème place. J’ai presque 10min de retard sur le premier, et 8min sur des gars que j’ai déjà battu ces derniers mois !

Bref, j’ai beau me dire que c’est normal d’être moins rapide sans entrainement, le coup est difficile à encaisser.

 

Donc une course pour rien, pas de plaisir, pas de performance, pas d’envie.

Je reprends l’entrainement sérieusement début janvier, en espérant retrouver ma forme le plus vite possible.

C’est le dernière course, alors je peux faire mon bilan de l’année, et parler de la saison prochaine. J’ai hâte ! (d'y être, pas d'en parler...)

 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 19:00

2 en 1

 

Une semaine après ma dernière course objectif de la saison, le semi de Boulogne-Billancourt, je suis un peu pris entre 2 eaux :

J’ai envie de faire une bonne pause pour repartir frais et dispo dans 2-3 semaines pour une longue saison de triathlon, mais en même temps, je veux profiter de mon bon état de forme à pied pour aller glaner quelques beaux résultats sur les courses du coin.

Je coupe donc la poire en 2 lors de cette première semaine de coupure : au programme, zéro entrainement, et 2 courses de 10km, les 2 le même jour, samedi 28 novembre.

C’est un peu con, 2 courses le même jour ? Certes, c’est pas le meilleur moyen de perfer, mais les 2 courses sont sympas, j’ai envie de les faire. Les grands-parents sont là pour garder les petits, alors on rentabilise, Nicky pourra venir faire les 2 courses également.

Au programme donc, la Moustachu à Pontacq, départ 11h, et la corrida d’Argelès-Gazost, départ 19h.

C’est parti pour les CR :

 

La Moustachu, à Pontacq

 

L’échauffement est sommaire pour la Moustachu, le temps de faire chauffer littéralement le corps et enlever les dernières couches d’habits pour pouvoir partir en trifonction sans avoir froid. On m’a mis la pancarte apparemment, sur le site facebook de la course, on m’annonce favori, étant donné que j’ai fini 4ème l’année dernière, et que les 3 premiers sont absents. Et même sur le journal local, ils m'annoncent favori, là c'est la classe quand même !

 

 

 

C'est sur, j'aurai pu éviter les taches de gras...

 

 

Mon plan est le suivant : suivant l’allure à laquelle ça part, j’essaye de rester dans le groupe de tête. Si je vois que j’ai une chance de gagner, je me donne à fond sans me soucier de la course du soir. Si je vois que la victoire n’est pas possible, j’avise pour essayer de garder un peu de force pour le soir.

Je me place trop loin sur la ligne de départ, bêtement, et le départ est chaotique. Je me retrouve un peu piégé autour de la 10èmeplace sur les 200 premiers mètres, mais ça ne part pas très vite devant. Puis un gars place une accélération vraiment brutale, et certains le suivent. Je fais l’effort, en essayant quand même « d’absorber » l’accélération. Je me retrouve dans un groupe de 4, et rapidement, celui qui a placé l’accélération se fait décrocher. On est donc 3, et on avance comme cela pendant 2 ou 3 km. J’essaye de prendre un relais mais on ne me laisse pas vraiment passer. Mais, inéxorablement, un des 2 gars prend de l’avance, et j’essaye de garder un bon rythme, mais l’écart grandit petit à petit. C’est plutôt moi qui fait le rythme derrière. Mon compagnon de route, Nicolas du club basque xiberotarrak, je l’avais remarqué à l’échauffement, sa tête me disait quelque chose, et je me doutais qu’il serait devant. Celui devant, je le connais pas. Nicolas me dit au 3ème km : « on le reprendra pas », je réponds juste « on verra ». Selon moi, ce n’est pas perdu, on l’a encore en ligne de mire, il peut très bien avoir une défaillance, on doit avoir 10-15s de retard, c’est pas perdu. Je commence à faire le rythme de plus en plus, et malheureusement on se prend un peu de vent en pleine face, et je peux pas me cacher. Je regarde de temps en temps mes temps à chaque km, et après 3 premiers km encourageants en 3m26 (dont le 1er avec 13m de D+ qui a du me faire bien mal…) et un 4ème en 3m22 à la faveur d’un faux plat descendant, ça commence à devenir plus laborieux, autour des 3m30. A partir du 5ème, je commence à bien sentir mes mollets, je me dis que cela doit être à cause du semi il y a 6 jours. A la faveur d’un virage à gauche et d’un ravito (que je saute) vers le 7ème km, le 3ème me laisse quelques mètres d’avance. On passe sous une route et je profite du petit enchainement descente-montée pour appuyer un peu et creuser un petit trou. A partir de là, je continue sur le même rythme, c’est pas la grosse grosse forme, mais c’est suffisant apparemment pour assurer le podium. Les 2 derniers km sont pas mal en zigzag, et je peux voir que je suis pas si loin que ça du 1er, et que j’ai creusé un trou d’une 15aine-20aine de secondes avec le 3ème. Le dernier km, je relâche un peu, en voyant que devant je le rattraperai plus, et que j’ai un peu de marge derrière. Je termine donc 2ème, un petit poil déçu, j’espérais gagner cette belle course. Mon chrono aussi me laisse quelques regrets, je fais 33m56, soit 43s de mieux que l’année dernière. Or l’année dernière c’était ma compet de reprise après une année plus cool, alors que là, je suis en fin de cycle CAP. Bon, je me trouve bien quelques excuses faciles : apparemment mon semi est encore présent, au moins dans mes mollets, les dernières semaines d’entrainement étaient plus basées sur l’allure semi, et une semaine sans rien faire, c’est pas forcément le meilleur moyen de préparer une compet.

J’ai à peu près le même kilométrage à ma montre que l’année dernière, et c’était rigoureusement le même parcours. Cela donne environ 34min50 réel, à Am15 de mon record à Odos. Le parcours étant quand même sinueux et un peu valloné, j’avais considéré l’année dernière que l’on pouvait enlever 20s par rapport à un parcourt plat, mais je suis encore loin des 34min.

Comme le 1er arrive avec pile 30s d’avance, je me dis qu’il y avait vraiment la place pour gagner, avec un meilleur état de forme. Cela dit, lui aussi avait fait un semi dimanche dernier, il a fini 4ème de Lourdes-Tarbes. Et le 4ème a aussi fait Lourdes-Tarbes, finissant 6ème. On était tous dans la même galère, en fait, et le plus fort a gagné.

Je me console un peu avec plusieurs autres choses : en discutant avec le 1er et le 3ème après la course, ce sont quand même des coureurs qui ont l’habitude de gagner ou d’être bien placés dans la région, avec pour tous les deux des grosses références chrono en marathon cette année : 2h34 pour le 1er, 2h37 pour le 3ème. Bon, le 3ème a fait un marathon le WE dernier, ce qui explique qu’il a eu du mal à suivre cela dit.

Et puis surtout ma moustache a la satisfaction d’être sacré du titre honorifique, mais malheureusement non récompensé, de moustache la plus rapide de la course, la preuve en image !

 

1st Mo !

 

et ici l'article sur le site internet avec photo de meilleur qualité

 

Et puis, l’article paru sur la République des Pyrénées a fait que plein de gens m’ont reconnu et félicité pour ma course et ma moustache le lundi. Ça fait toujours plaisir !

 

Trail urbain d'Argeles-Gazost

 

Après un après-midi reposant, on repart avec Nicky, direction Argelès-Gazost, pour la 2ème course de la journée, un trail urbain, en 3 boucles de 3,3km dans le centre-ville. Avec Nicky, on n’avait pas bien compris le principe de « trail urbain ». On a vite compris : ça monte et ça descend !

On a tous les deux les mollets bien raides avant la course, et Nicky a aussi des douleurs au pied. Nicky décide de faire la course tranquilou, moi je vais la faire à fond avec mes moyens, en espérant que ce sera suffisant pour décrocher un podium, car il y a des produits régionaux à gagner !

Mon échauffement est encore plus succinct. La course démarre en descente, j’espère que ça va pas partir comme des fous, et que je pourrai « finir » la chauffe sur la première descente.

Nicky me dit qu’ils ont annoncé 2 bons traileurs au départ. Bon, ça laisse 1 place sur le podium à aller chercher, c’est pas gagné.

Je me positionne en 1ère ligne, et le départ n’est pas trop rapide. J’essaye quand même de bien doser mon effort, et je me retrouve environ 10ème à la fin de la descente. Je remonte doucement sur le plat qui suit, et recolle au groupe de tête de 4 personnes après 1km environ, juste au moment où 2 s’échappent, avant la 1ère montée. Je ne suis pas en mesure de suivre, et je reste avec les 2 autres. La première montée se passe bien, j’arrive à rester au contact, et heureusement, car l’un d’eux a une bonne lampe frontale et éclaire les passages quand il y a trop de pénombre. Les montées sont une combinaison d’escaliers, où j’arrive à courir et même 2 par 2 par moments, de montée sur bitume, et de montée sur chemin. On redescend sur la grande route et ensuite vient encore une montée. Celle-là n’en finit pas. Je me dis : « c’est pas possible, on n’est pas descendu d’autant ! » Encore plein d’escaliers, une montée très raide sur bitume. J’arrive à suivre, et je suis encore relativement confiant, car j’essaye d’analyser où je pourrai attaquer lors des 2 prochaines tours. On arrive enfin au « sommet », et effectivement, ça redescend raide jusqu’à 100 mètres de la ligne, où ça remonte un petit peu. Je prends une dizaine de mètres de retard sur la descente et la petite montée avant de partir sur le deuxième tour, le gars devant ayant accéléré sur la fin. Moi je m’affole pas, et après la descente du début du 2ème tour, sur le plat, je recolle, comme sur le début de course. Il y a beaucoup de monde dans les rues, la course est hyper sympa. Je cours avec un local, et il a le droit à plein d’encouragements, qui nous motivent tous les 3 (enfin, moi ça me motive pour essayer d’aller le gratter !). Le 2ème tour se passe à peu près comme le 1er, sauf que je commence vraiment à sentir les jambes se raidir de partout. Les pentes raides (montantes et descendantes) et la fatigue commencent à me jouer des tours. Sur la fin du 2ème tour, ça accélère encore, et cette fois je ne suis pas en mesure de revenir sur le plat. Je ne baisse néanmoins pas les bras et garde encore un rythme aussi haut que possible. Par 2-3 fois, j’ai l’impression de revenir sur les 2 de devant, et je lutterai jusqu’au bout, en terminant aussi vite que possible, mais je n’arrive pas à les rejoindre, et je termine au final 5ème.

Forcément déçu, je termine à 18s de la 3ème place et du panier garni. Forcément, je me dis que sans le 10km du matin (et le semi de 6 jours avant), le podium était largement jouable. Je connais de nom le 3ème-4ème, et je pensais que même avec les efforts consentis avant la course, j’avais assez de marge pour espérer finir devant. Force est de constater que non. Les 2 premiers sont 1m30 et 2min devant. Forcément, c’est très loin, mais je me dis quand même qu’avec un meilleur état de forme, c’était pas perdu d’avance.

Après avoir passé la ligne d’arrivée et rendu mon dossard, je repars à l’assaut d’un 4ème tour (mais il est malade ce type) pour essayer de rejoindre Nicky et faire son 3ème tour avec elle. On se disait que peut être je réussirai à lui reprendre un tour avant la fin de son 2ème tour, mais non ! Je cours vite pour la rejoindre le plus vite possible, je la reprends au bout d’un peu moins de 1km, juste avant la 1ère montée. On termine ensemble, j’essaye de la motiver/coacher sur la fin de course, on reprend quelques filles. Elle finit à la bagarre avec une autre fille, et réussit à prendre 15m d’avance sur la ligne droite finale, mais coupe son effort 3m avant la ligne et se fait doubler au dernier moment ! Ah la la, elle est pas compet’ cette fille ! Bon, en même temps, elle était parti vraiment tranquille et du coup c’était un sprint pour la 14ème place, pas très important.

Vraiment une chouette course, avec une super ambiance. Après 30min de voiture pour rentrer chez nous, on arrivait à peine à marcher, les jambes complètement ankylosés, c’était drôle à voir !

 

Au niveau chronomètre, je cours à un peu moins de 16km/h, avec une lente décélération de tout en tour : 11 :53 au 1er, 12 :12 au 2ème, 12 :25 au 3ème. 36m30 pour environ 9,6km donc. Bon, sur un parcours autant accidenté, avec entre 150 et 200m de D+, difficile d’en conclure quoi que ce soit.

Et pas d'article dans les journaux locaux ! C'est plus ce que c'était les journalistes !

 

Au final, la difficile réalité me rattrape quand même : je n’ai pas le niveau pour espérer enchainer des courses tous les WE et « assurer » des podiums, même sur les petites courses des alentours. Je voulais faire le 10km de Jurancon le WE prochain, mais je pense que le plus sage serait de ne pas y aller. On verra !

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 10:00

Et pour quelques secondes de moins !

 

Ca y est, enfin, c’est la fin du cycle de course à pied. Je dis enfin car j’avoue que je commence à saturer mentalement, j’ai besoin d’une coupure.

Pas tant physique, car je ne fais pas des grosses semaines (6h/semaine en moyenne, dont 3h30 de course à pied depuis début septembre), mais ca fait quasiment un an que je n’ai pas vraiment coupé complètement. Il y a eu une petite coupure pour la naissance de Coralie, mais on peut pas dire que c’était du repos ! Et finalement elle est très cool donc j’ai repris très vite le rythme.

Bref, le but de ce cycle de fin de saison à pied était double : premièrement battre mes records du 10km et semi-marathon, et si possible passer les barres de 34min au 10 et 1h15 au semi, qui étaient synonyme de qualif aux championnats de France quand j’ai commencé le triathlon en 2010 (depuis, les minima ont été rehaussé à 34m15 et 1h15m30 mais dans ma tête ces « barrières » restaient les buts ultimes). Deuxièmement réussir à m’améliorer en CAP pour pouvoir transférer ces progrès sur mes triathlons des 2017. Physiquement bien sûr, mais aussi mentalement, pour pouvoir me dire : « je l’ai fait une fois, je peux le refaire ».

J’ai commencé avec pas mal de 10km, et pour le dernier une perf de 33m35 au-delà de toutes mes espérances en début de cycle. J’ai eu ensuite un mois pour adapter ma vitesse acquise sur 10km au semi-marathon. Contrairement au 10km, je n’ai qu’un semi au programme, je n’ai pas le droit à l’erreur. Je me suis inscrit sur le semi de Boulogne-Billancourt, couplé avec un WE à Paris en famille. Le même WE, il y avait le semi-marathon Lourdes-Tarbes, beaucoup plus proche de chez nous, et j’ai beaucoup hésité entre les 2. Finalement, c’est le fait que le semi de Boulogne soit homologué FFA (et même FIA), et que donc je n’aurai pas de question à me poser sur la valeur de la perf (yavait bien la distance ?...), et que le semi de Boulogne est connu pour être très rapide, avec à peine 60m de D+/D-.

 

Les dernières semaines, j’ai hésité sur l’objectif à tenter. Je rêvais d’un sub-1h15, mais si c’est pour tenter quelquechose d’impossible et exploser, il vaut mieux viser quelqueschose de plus plausible, style 1h16, et « assurer » au moins un nouveau record personnel (autour de 1h18 actuellement).

Je n’ai qu’une opportunité, donc la définition de l’objectif chronométrée est primordiale. Vous allez me dire : « mais de toutes façons, t’as claqué 33m35 aux 10km sans montre, t’as qu’à tout faire au feeling comme ça tu te poses pas de questions ! ». Ce à quoi je répondrai : « alors tout d’abord merci de suivre les CR, ca me touche. Si, si, vraiment. Et ensuite, je me sens pas de faire un semi « au feeling ». Ça fait 2 ans que j’en ai pas fait, contrairement aux 10km que j’ai pas mal enchainé, et qui m’avaient permis de très bien me connaitre sur cette distance, sans avoir besoin de montre ». Donc il était important pour moi de me fixer un plan de marche et de m’y tenir.

On le définit donc avec coach Nick : le sub-1h15 n’est pas un objectif déraisonnable : on va le tenter. Le plan est le suivant : départ relativement rapide, quasi obligé si je ne veux pas retrouver bloqué après 300-400m par les personnes parties trop vite, puis calage à 3m33/km, ce qui doit me faire arriver en 1h14m54s. Ca me laisse 6s de marge. Je suis large.

Je décide néanmoins de pas regarder tous les km ma vitesse pendant la course. Le GPS n’est pas suffisamment précis pour donner des données fiables sur 1km, et en plus on va passer sous des ponts qui vont perturber le signal, et je ne suis pas sûr de la fiabilité des bornes kilométriques placés par l’orga. Je décide donc de découper la course tous les 5km, mais de garder un œil sur la vitesse moyenne.

Le jour J arrive enfin. Les derniers jours n’ont pas aidé à la confiance : d’abord je sens les jambes « lourdes », et puis la mété0 s’annonce mauvaise : vent fort et pluie. Heureusement pas trop froid, idéal même, autour de 12°C. Mais le vent me fait très peur et peut rajouter des paquets de secondes, voire de minutes… La nuit avant la course, j’entends le bruit du vent dans les arbres, j’ai du mal à dormir du sommeil du guerrier et je commence déjà à imaginer un plan B avec révision de l’objectif si le vent a raison de ma vitesse. Il faut également le prendre en compte pour la stratégie de course. Il sera encore plus intéressant d’essayer de courir groupé, quitte à aller un peu plus vite ou un peu moins vite que la vitesse idéale, car le gain de courir derrière un gars quand le vent est de face, c’est énorme.

Le matin, le vent a un peu baissé, et la pluie a l’air de vouloir nous éviter. Mais la chaussée est quand même humide de la pluie de la nuit. Je fais mon échauffement correctement, même si je suis plus habitué à courir en pleine ville, sur les trottoirs à éviter plein de choses, et les passants en particulier. Il y a du monde partout, 8000 coureurs annoncés. L’échauffement n’est pas hyper rassurant, je suis très haut en battement, pas de supers sensations, un peu comme pour le Nouste Henric il y a 2 mois. J’y avais quand même fait une belle course, et c’est ce que j’essaye de me dire.

J’ai réussi à avoir un dossard dans le 2ème sas, en moins d’1h25, le 1er étant réservé aux moins d’1h15. J’arrive à me faufiler jusqu’en 2ème ligne du sas. 2min avant le début, les sas se regroupent, je me retrouve en 3ème ou 4ème ligne, pile où je veux être.

 

Je suis loin d’être confiant sur la ligne de départ, mais enfin le starter nous libère !

Je pars vite, comme prévu, mais je me fais doubler jusqu’aux 400m environ, où je stabilise ma position, puis commence à remonter, en devant un peu zigzaguer ou accélérer par endroits. Je trouve mon rythme de croisière assez vite sur ce 1er km, et je regarde un peu ma montre pour voir que je suis le plan de marche en passant en environ 3m25 au 1er km, un peu plus rapide donc, comme convenu, que le 3m33/km prévu pour le reste de la course. Le rythme cardiaque est plus élevé que ce que j’espérais, mais j’arrive à stabiliser autour de 165bpm. Je me fixe une limite à 166 sur le plat, 168 en montée, dans la première partie de course, au-delà duquel je ne m’interdis pas d’aller, mais je sens que c’est ma limite si je veux espérer ne pas exploser d’ici la fin.

Le vent est présent, et il est donc important d’essayer de trouver un groupe de coureurs derrière lesquels s’abriter. Je repère rapidement un coureur de Marseille qui m’a l’air d’avoir une belle foulée, un bon rythme, et qui regarde sa montre assez souvent. Je le prends comme repère et essaye de rester derrière. On est un petit groupe et on remonte déjà du monde, parti trop vite. Je suis relativement à l’aise, mais pas autant que ce que j’espérais. En fait, sur ce semi, je n’ai jamais eu de moments où j’ai couru à mon aise, sans devoir me forcer à tenir l’allure. Rapidement, je me rends compte d’un problème technique potentiellement très problématique : je glisse sur certains types de revêtements humides. C’est pas la patinette, bien entendu, mais à la fin du geste, je sens que je glisse au niveau de la pointe de pied. Je me dis que je perds quelques précieux Newton à chaque foulée, ça fout les boules. J’essaye de courir sur les bandes blanches dès que je peux, car j’ai remarqué que je ne glissais pas dessus (bizarre car on dit qu’en vélo on dit qu’il ne faut jamais rouler dessus si c’est humide). Mais bon, des fois il faut choisir entre courir derrière un gars et bénéficier de l’effet coupe-vent ou courir sur la ligne blanche et ne pas glisser.

On passe une ou 2 petites cotes (des tunnels ou ponts) et je remarque que je descends mieux que tous les autres concurrents autour de moi. Les entrainements en descente ont payé : je me laisse aller sans efforts supplémentaires, et je reprends 10, 15 voire 20 mètres sur mes concurrents sur une descente de 200m à 4-5%.

On passe le 5ème km toujours groupé. Je remarque un autre coureur qui a l’air de bien courir, avec un t-shirt « student-quelquechose », mais qui reste pour l’instant caché également. Je passe en 17m35, avec 10s d’avance sur mon temps objectif donc. C’est bien, mais c’est peu, et comme dit avant, je ne suis pas facile. Je ne sais pas vraiment si on a plutôt descendu, plutôt pris le vent de coté, de face, ou de dos. Je dirai plutôt de côté. Je suis pas hyper confiant donc, car je pense que je vais devoir ralentir.

On continue sur les bords de Seine encore quelques km avant d’arriver dans le Bois de Boulogne et la seule vraie difficulté du parcours, 2 petites bosses que je connais bien, pour 30m de D+ en tout. J’arrive à les grimper en restant dans le groupe, et en restant à la limite des 168bpm, et je fais le rythme sur la descente. On passe au 10ème km à la fin de la 2ème montée, et je vois que je suis en 17m46, pile dans les temps, j’ai conservé mes 10s d’avance, et je me dis que j’ai en plus fait le gros du dénivelé. Je devrais être en confiance, mais je sens que je commence déjà à être dans le dur, c’est pas bon.

 

Dans le bois de Boulogne, le groupe a éclaté. Le gars de Marseille n’est plus là, on reprend au fur et à mesure des gars qui s’accrochent, en général pas plus d’un ou 2 km, et je me retrouve à « devoir » prendre quelques relais, avec le vent qui tourbillonne.

On prend un virage à gauche, et là c’est la douche froide : gros vent de face, et c’est moi qui suis devant. Je repère un gars 20-30m devant et je fais l’effort pour le rattraper rapidement pour me mettre à l’abri. Heureusement, assez vite on a une longue descente. Je me mets devant et je cours en plein milieu d’une 2 fois 2 voies, sur la ligne blanche ! On continue à rattraper du monde, et en particulier un gars qui va s’accrocher à nous et bien m’aider car à chaque fois que j’essayais de passer devant pour relancer, c’est lui qui en mettait un coup. Bon, forcément, il a explosé après 2-3km, mais c’est toujours ça de pris. On rejoint les docs, et je ne cours plus qu’avec le gars au t-shirt « student », et je sers les dents pour rester avec lui. Je passe quand même un relais pour lui montrer qu’on peut essayer de s’aider mutuellement : dans une course comme celle-là, la position importe peu, comparé au chrono. Si je peux gagner 10-15 secondes en prenant des relais et terminer derrière, je préfère plutôt que rester derrière toute la course et terminer devant en accélérant sur la fin.

On passe le 15ème km, 17m58, j’ai perdu 13s, et dorénavant je suis en retard sur mon plan de marche.

A ce moment, je me dis que c’est cuit pour les 1h15. En fait, dès le 11ème km, je me disais que ça allait être difficile, et dans ma tête je commençais à transférer l’objectif vers 1h16 : j’avais le droit de perdre 6s par km. Donc là j’ai environ 5s de retard sur mon objectif, et vu la lente dégradation de la vitesse, je ne me fais pas trop d’illusion, mais je continue à donner le meilleur de moi-même. A partir de ce moment, je ne regarde plus ma montre. Je passe en mode warrior, #serrelesdents comme disent les jeunes (oui, je fais semblant de connaitres les expressions de djeunes, mais je sais bien que ça ne prend pas…). Je m’accroche à « student », et j’attends que le temps et les km s’écoulent. Un gars nous annonçe environ 40ème. Ca me rassure dans l’objectif des 1h16 : je me dis que vu les conditions de vent, tout le monde court plus lentement et 1h16 « correspond » à 1h15 sans vent. En effet, les années précédentes, avec 1h15, j’aurai été 45-50ème. Là je suis déjà dans les 40 et devant je vois que les groupes se désagrègent et des gars sont en perdition.

Je ne sais plus exactement à quel km j’ai vraiment débranché le cerveau, je crois le 18ème environ, à la faveur d’une montée/descente sous un tunnel. Sans penser du tout à 1h15, juste en me disant : … en fait, non, en me disant rien du tout, je sais pas ce qui s’est passé, j’ai juste eu l’impression d’accélérer, et je suis passé devant, et j’ai fait mon propre rythme. On reprend pas mal de personnes sur ces 3 derniers km, et c’est très motivant car on dirait qu’ils sont pile 50-100m derrière les autres pour que dès qu’on en reprend un, un autre se profile devant. Je repère même un gars avec un t-shirt style « racing » que j’avais vu à la ligne de départ, et que je ne revois que maintenant. Il me parait loin, mais finalement je le reprendrai à 2km de la ligne.

Dernier virage au 20ème km. Je bippe à ma montre mais ne regarde pas. De toutes façons je donne tout. En fait, je suis en 17m54, donc j’ai perdu encore 9s. J’ai donc 13 ou 14s de retard, que je dois refaire dans le dernier km. Enfin, un peu moins car mon plan de marche m’amenait en 1h14m54, donc 6s de marge. Mais bon, au final, tout ça je ne le sais pas, et heureusement que je n’ai pas regardé, car je me serai sans doute découragé de voir que j’étais pas dans les temps. Mais 10s, c’est rien, vous allez me dire. Au 20ème km, quand on doit gagner 10s sur un rythme qu’on n’arrive déjà pas à tenir, cela parait une montagne, donc je pense que je me serais découragé.

J’essaye d’en remettre une couche sur ce dernier km. Enfin, 1,1km, car à ce moment, tous les mètres sont difficiles. Je m’attends à voir la ligne d’arrivée à tout moment, mais on arrive sur le grand rond-point de début de course, et il doit rester 200-300 mètres mais c’est interminable. Ca y est, mes muscles ne répondent plus correctement, la foulée est saccadée, j’ai présumé de mes forces pour quelques centaines de mètres, sur cette accélération finale du dernier km. Je vois enfin la ligne d’arrivée après le rond-point, et ces 200 mètres sont très longs, je m’efforce à garder le meilleur rythme possible, mais j’ai l’impression d’entendre derrière moi des pas se rapprocher. Puis à 100m environ, je vois l’horloge de course sur la ligne d’arrivée : 1h14m45s. « Ouh Pinaise, je peux le faire ! ». Accélération brutale du Benji ; comme quoi, on a toujours des ressources cachées, la difficulté est de réussir à obliger son cerveau et son corps à les utiliser. Je sprinte, les yeux rivés sur l’horloge, 1h14m50s, 1h14m55s… Rhhaaaaaaa (rale silencieux du Benji en train de vider ses dernières cartouches). Ca va le faire, ça va le faaaaaaire !!!!! 57, 58, 59s. Meeeeeeeeeeeerde ! Je finis mon sprint sans voir l’horloge, en pile 1h15m ou peut être 1h15m01. Je m’écroule pas derrière, car c’est pas mon style, mais le « enc… » soufflé juste après la ligne veut tout dire.

Je suis trop content, 1h15 dans ces conditions difficiles, je suis allé les chercher avec les tripes. Comme j’ai dit, je n’ai jamais été « facile » et j’ai été en prise à chaque instant.

Ensuite vient l’attente, les calculs avec les temps de ma montre. J’espère que l’horloge indique le temps « officiel » (à partir du coup de pistolet). Au temps « réel » (à partir du passage de la ligne), je pense avoir une ou 2 secondes de marge, et donc être passé sous les 1h15.

Une ou deux heures plus tard, Nicky m’apprend, par une copine qui avait déjà regardé les résultats, que je fais 1h14m57 ! Bon, l’horloge avait peut-être quelques secondes d’avance, car je suis certain de pas avoir franchi la ligne en moins de 1h14m59s, mais je prends, c’est le temps de l’orga qui fait foi !

 

Donc après les 34m qui sont tombés il y a un mois, c’est le deuxième gros palier que je franchis, cette fois dans l’extrême difficulté. Je suis content, fier, fatigué, mais soulagé également, d’avoir réussi une bonne course. Je suis également un peu déçu car les conditions météo n’étaient pas au top, et ces p…. de chaussures qui glissaient, c’était trop bête. J’ai regardé depuis, et effectivement les minis picos d’accroche sous la chaussure sont tous usés au niveau des appuis. Quand c’est sec, cela n’a pas d’impact, mais sur le mouillé, apparemment, ça glisse bien. J’aurai aimé frapper un grand coup et exploser cette barre des 1h15, mais je dois me contenter de la passer ric-rac. Mon état de forme sur la journée ne me paraissait pas idéale non plus, mais difficile de vraiment le dire avec certitude. Par contre, dans la gestion de course et le mental, j’ai été très fort, je doute fort de pouvoir reproduire le même schéma si je devais refaire la course. Après les premier 500m, je n’ai jamais été doublé (ou alors j’ai redoublé après), et je pense être passé d’environ 70ème au 1er km à 35ème (c’est mon classement final), à la faveur de dépassements réguliers tout au long de la course. J’ai lâché tous mes compagnons de route qui me paraissaient meilleurs que moi pour réussir à me dépouiller complètement sur les derniers mètres (22 km/h sur les 70 derniers mètres environ).

J’ai pas encore eu le temps de tout analyser, mais j’ai regardé les 4-5 premiers, ils finissent en 1h02m et des brouettes, là où les 3 précédentes éditions se gagnaient en 1h01m, ce qui tend à confirmer que le parcours n’était pas trop rapide cette année. Le 1er de l’année 2014 (année 2015 annulée après les attentats) fait 2ème cette année, et les autres sont des coureurs de très haut niveau également (8m02 au 3000m steeple pour l’un, 7ème en 2h08 au marathon de Paris cette année pour un autre).

Du coup, forcément, je me dis que j’aurai pu faire encore mieux !

 

Petit point pour les curieux concernant l’hydratation et l’alimentation : j’ai essayé un truc d’après les conseils du coach : 2 gels vidés dans une petite fiole, mélangés avec très peu d’eau (50mL). Et j’ai pris ça entre le 8ème et 13ème km environ. Ça m’a servi de ravito liquide et solide, sans avoir à négocier les ravitos, et en me permettant de me ravitailler facilement, par petites gorgées, sans que la charge en poids soit très importante. Du coup le dosage était très sucré, mais c’est passé nickel.

 

Allez, ce CR est déjà bien assez long. Place à la récup, mais je vais quand même enchainé avec la Moustachu de Pontacq la semaine prochaine, car ma moustache m’interdit de faire l’impasse.

 

J’ai prévu de faire prochainement une analyse et un retour sur ma saison 2016, riches en courses, et de présenter un peu ma saison 2017. Tous les ans, je me dis que j’ai atteint mon plein potentiel et que je ne peux plus espérer progresser et tous les ans, j’arrive encore à le faire. Cette année, après ces 2-3 mois de courses à pied et les supers résultats et supers progrès malgré un entrainement limité, et malgré les meilleurs résultats de ma vie, et malgré un age, 35 ans, où les années vont commencer à compter, pour la première fois, je pense pouvoir progresser. Espérons !

 

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Published by benji-triathlon
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