Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 10:00

2+2<34 ?

Je suis en plein dans mon sixtique (ca se dit?) de courses chaque WE. Déjà 3 de fait, encore 3 à faire.

Je vous avais déjà raconté le S de st Jean de Luz (CR ici pour les retardataires), j'ai fait les 2 dernières semaines 2 courses à pied, afin de préparer l'objectif de 10km qui arrive:

- un 10km sur route à Pau, la Nouste Henric

- un trail de 19km à Lestelle Betharam, la Corruda

Je finis 2 fois 2ème sur ces 2 courses. Je continue ainsi ma série de podiums sur mes 8 dernières courses (si on inclut St Jean où j'ai fini 2ème mais disqualifié par la suite), mais malheureusement je mets fin à mon invincibilité (toute relative bien sur) sur les trails du coin.

L'objectif de moins de 34 minutes sur 10km est toujours dans le viseur, et me parait de plus en plus possible. 1er essai ce WE à Tournefeuille, 2ème essai 2 semaines plus tard à Odos.

Voici 2 "petits" résumés de ces 2 courses:

La Nouste Henric:

Cette course doit me permettre d'avoir des repères chronos et de sensation pour mes tentatives de record sur 10km FFA. Celui-ci n'est pas FFA, il existe donc toujours une incertitude sur la véritable distance.

Le profil de la course est un peu accidenté, mais mon coach est confiant que malgré le dénivelé, on puisse aller vite. On se fixe donc un objectif ambitieux de 33m30 sur 10km réel. Avec une tactique de course intéressante: un premier 500m forcément rapide, pour rentrer dans le rythme. Ensuite un ou 2km où je dois me préserver et ne pas suivre absolument les 1ers, en prévision d'un long faux plat de 2km où je dois attaquer et faire la différence. S'ensuite une descente où je dois essayer de récupérer, puis un peu de plat et un faux plat montant pour finir comme je peux.

Avec ce chrono visé, en regardant les résultats des années précédentes, le podium voire la victoire, est envisageable, mais je n'ai jamais fait de podium en course sur route (sauf une fois dans un petit village landais), alors je ne suis pas particulièrement confiant.

Pendant l'échauf, je croise 2-3 gars que je reconnais, qui m'avaient battus (et bien battus) aux 6km des REstos du coeur en début de saison. Dont un qui gagne beaucoup de courses dans le coin, je ne me fais pas trop d'illusion pour la gagne.

Trève d'intro, on part, ce n'est pas très dense sur la ligne de départ, et je me place en 2ème ligne car j'arrive au dernier moment. Je passe assez vite dans les 5-6 premiers, et les premiers hectomètres se passent nickel. Je respire bien, je maitrise. Au bout de 500m, je regarde ma montre: je suis en moins de 3'10" au km ! Bon, je me souviens des consignes, et je lève le pied. Petit à petit, certains me doublent.

Le favori est déjà parti, on ne le reverra plus. Mais je vois que les autres ne sont pas plus fort que moi. Ils me passent quand je ralentis, mais je les garde à distance.

On arrive à une très forte descente à plus de 10% sur 100 ou 200m avant le fameux faux plat où je pourrai accélérer. Je me surprends à bien descendre cette descente et à ne pas perdre de temps sur les autres coureurs.

Enfin le faux plat arrive, j'accélère direct, et je fais des dégats direct. Je passe en 300m de la 6ème place à la 2ème place. J'essaye d'insister pour creuser le trou.

J'arrive sur le Boulevard des Pyrénées, j'ai le premier en ligne de mire, et je n'entends rien derrière. Je guette Nicky qui devait venir m'encourager, mais je ne la verrai pas. Elle est arrivée quelques minutes trop tard, tant pis ! On arrive sur le faux plat descendant, qui est plus pentue que ce que je pensais, et qui passe assez vite.

J'entends des pas revenir derrière, il profitera de la descente pour revenir sur moi. Il me passe sur le plat après la descente, j'ai peur qu'il me sème, mais je m'accroche et on court ensemble.

Les prochains km sont un peu difficiles, je guette les signes kilométriques, en me disant "plus que 4, plus que 3, plus que 2, etc...". Le parcours est varié, un peu en sous-bois, des petites montées/descentes.

On court encore à 2. Je ne sais pas qui est derrière, mais je n'entends rien, je me dis que le podium est assuré. Bizarrement, l'objectif sur cette course était plus le chrono que le résultat, mais j'oublie le chrono, et je me concentre sur le résultat. Je suis content et satisfait de ma 3ème place, et je n'ai pas envie de me battre pour la 2ème.

J'arrive tout de même à me motiver et à tenter quelques accélérations sur la dernière montée du dernier km. J'arrive à créer un petit écart à un moment, mais je vois que je suis en sur-régime et je suis obligé de ralentir. C'est finalement à quelques centaines de mètres de l'arrivée que j'arrive à décrocher le 3ème, sans réelle accélération franche, au train, ou au mental.

Je finis donc 2ème, très content, et le speaker annonce mon temps: 34m13. Un peu deçu sur le coup car l'objectif, en tenant compte du kilométrage annoncé à 9,9km, était de 33m10. Mais à tête réposé, je me dis que le parcours n'était pas très rapide, pas mal de dénivelé, pas mal de relances, et quelques passages en sous-bois avec moins d'accroche. En plus, à ma montre, j'avais 10,09 km, soit quasiment 9,99km réel (avec l'éternel calcul 1,01km GPS = environ 1km réel).

Ce qui fait un 10km réel en 34m15 environ. Cela me donne confiance que j'arrive à passer sous les 34min sur un 10km plat sur route. En tout cas, c'est déjà mon record, 34m13. J4avais réussi 34m30 à Nanterre il y a 3 ou 4 ans, mais je connaissais pas la distance exacte, sans doute un peu moins que 10km.

Je gagne une nouvelle fois un beau prix avec plein de produits du terroir, que je dégusterai à la fin de la saison, histoire de garder mon poids de forme sur les prochaines semaines.

La Corruda de Lestelle:

La semaine d'après, j'avais prévu de faire la Vincentinoise, où je voulais défendre mon titre, dans mon village. Malheureusement, la course n'a pas lieu, et je me rabats sur la Corruda de Lestelle, une course assez connue dans le coin, même s'il y a de moins en moins d'inscrits au fur et à mesure des années. La faute à un parcours vraiment difficile ?

Il y a 2 courses, une de 19km, et une de 32km.

Je fais celle de 19km, mais avec quelques restrictions pour essayer de ne pas se griller complètement pour l'objectif 10km de la semaine prochaine. Je ne dois pas dépasser 150bpm sur le plat et 165 en montée. Malgré cela, j'espère faire un bon résultat. LE parcours emprunte en partie le trail de la LEstelloise, que j'ai remporté il y a 3 mois.

Le parcours consiste en gros à une grosse montée dans la forêt, et une grosse descente. Avant d'entamer cette grosse montée, il y a quelques km dans la forêt et sur la route.

J'arrive à l'arrache et n'ai pas vraiment le temps de m'échauffer convenablement. C'est ennuyant car un des buts de l'échauffement et d'habituer le coeur à l'effort, pour pas qu'il grimpe trop vite trop haut au début de l'effort, et que je n'arrive pas à le redescendre. Bon, un des buts est aussi qu'il monte vite à sa valeur cible... Non, non, c'est pas contradictoire, mais c'est difficile à expliquer !

Bref, 30s avant le départ, je me débarasse encore de quelques cL de trop au pied d'un arbre, je me dirige vers 1ère ligne et c'est parti ! Ah, non, c'est pas parti en fait, c'est un départ virtuel, comme au Tour de France, on reste tous derrière 2 compères qui font le rythme à un peu plus de 10km/h. Bon, ça me va bien, je peux finir de m'échauffer tranquillement, et le départ réel est donné 4min plus tard.

Assez vite, je vois que je suis proche de ma cible de 150, mais je vois aussi que personne ne s'échappe, il n'y a pas l'air d'avoir un gros niveau. Je suis dans les premières positions, et on continue comme ça, "tranquillement", jusqu'à la forêt et la première montée. Je suis en 2ème position, je vérifie régulièrement ma montre, et je grimpe vite à 165bpm, et quand je le dépasse, je décide, un peu dégouté car je me sens très bien, de marcher, pour faire redescendre le coeur. Mais je vois que je monte aussi vite que le gars devant qui court. Je fais toute la première montée de 3-4min comme ça. On rejoint une partie de route, j'essaye de récupérer. Puis une grosse montée sur bitume et je marche une nouvelle fois. Là je me fais doubler par 4 ou 5 personnes car tout le monde court... Mais tout le monde se grille car je recommence à courir après la montée et je repasse tout le monde et me retrouve 1er 300m plus loin.

On a une petite descente assez pentue où une nouvelle fois, je vois que je cours plus vite que tout le monde et je creuse un tout petit écart.

Et on entame la vraie montée. Je marche dès le début pour rester sous la cible des 165bpm. Un gars est derrière moi, je me décale un peu s'il veut passer, mais il me dit de pas m'inquiéter, qu'il reste derrière.

Et finalement, petit à petit, en marchant, j'entends qu'il s'éloigne, il n'y a plus personne derrière. La montée est très très longue, je marche tout le long mais continue à creuser l'écart. Je suis assez lucide pour pouvoir remercier les quelques courageux qui sont venus nous encourager. La montée va durer 45min environ, pour à peine 4,4km mais 840m de D+, soit un peu moins de 6km/h, mais 1140m de dénivelé par heure, ce qui est pas mal. Au début de la montée, j'en gardais sous le pied, mais j'avoue que sur la deuxième partie, les quadris commencaient à vraiment souffrir, et je ne suis pas sur que j'aurai pu aller plus vite, même sans les limites cardiaques fixées.

J'ai pu me retourner 2-3 fois pour constater que le deuxième n'était pas très loin, entre 30s et 1min environ à vue d'oeil.

J'arrive enfin à la Cabane de l'Isarce, qui est le haut de la montée, mais je ne la vois même pas, je guette du regard les petits rubans blanc et rouge. Je me retourne quand j'entends des voix, on me demande mon numéro de dossard et on me dit qu'il y a un ravito. J'hésite, si je fais demi-tour, je perds facile 40s, finalement je saute le ravito et j'entame la descente, ce que je crains le plus. Dès le début, c'est la galère, j'ai du mal à repérer le chemin, je suis obligné de m'arrêter par 2 fois, dont une fois où je me vois perdu. J'entends le 2ème qui arrive. Bon, je vais l'attendre pour voir la route. MAis je la retrouve juste avant qu'il arrive. Je repars, je me casse la gueule juste quand il passe. Mon genou tape, mais je sens que c'est pas bien grave, il doit y avoir une petite plaie mais rien de grave. Il me demande si ça va, je lui dois "tout va bien", et il passe à toute allure. J'essaye de le garder en ligne de mire, mais c'est impossible, il me met une mine dans la descente.

Quel calvaire cette descente ! 28min pour 5.14 km et 820m de D-, un peu moins de 11km/h. Je serai curieux de savoir combien de temps j'ai perdu dans cette descente mais à coup sur plusieurs minutes !

Mais bon, hors de question de se blesser, donc je fais gaffe. Je me fais passer par un 2ème gars qui me dit "tu me repasseras sur le plat", je lui réponds "on verra", mais vu comment il descend, ça va être dur de rattraper le temps perdu.

Il reste encore environ 5km, majoritairement en descente. Je me dis qu'il ne faut pas que je me grille à essayer de rattraper les 2 premiers.

Il y a encore une petite montée, que je fais en marchant, encore une descente, que je gère. Et à ma surprise, sur le plateau, j'aperçois un coureur devant, c'est le 1er qui m'avait doublé. Il est en perdition et je le double sur une montée bitumée. J'aperçois l'autre devant moi également, mais il a plus d'une minute d'avance, je sais qu'il reste encore une descente dans les bois puis environ 1km bitumé sur le plat, je vois pas comment je pourrai le reprendre. J'essaye de pas trop accélérer sur la fin mais je finis quand même sur le plat autour de 155-160bpm. Nicky est venue m'encourager avec les petits, c'est cool, mais il s'est mis à pleuvoir, ils sont réfugiés sous le coffre de la voiture ! Je fais un petit bisou à Anthony pendant que des bénévoles hurlent car ils pensent que je me trompe de chemin :-)

Et j'arrive à l'arrivée, 2ème, à 1m10 du 1er.2h08m25 pour 20,5km à ma montre, soit 9,5km/h environ, mais 1150m de D+/D- environ.

Au final, sentiment mitigé, car les 1m10 qui me séparent du 1er, je pouvais les trouver à peu près n'importe où si je n'avais pas eu cette retenue, en prévision du 10km le WE d'après. Je suis assez surpris d'avoir réussi à grimper plus vite que tout le monde, même si le niveau n'était pas non plus très relevé sur cette course. Ca a fait une belle séance pour les quadris, et j'espère qu'elle me sera bénéfique pour les prochaines échéances. Le lendemain, j'ai déjà de belles courbatures. J'en avais eu pendant 3-4 jours après le trail la Lestelloise, j'espère que ce ne sera pas le cas cette fois-ci !

Published by benji-triathlon
commenter cet article
10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 12:00

DS(dans le)Q

Pas mal de choses à dire après cette journée à St Jean de Luz pour mon dernier triathlon de la saison. Je sais pas si j’oserai toutes les dire ici, on verra en écrivant ce qui sort du clavier !

Je m’étais inscrit sur le S de st Jean il y a quelques mois, car cette épreuve est rapidement pleine, et en cette fin de saison c’était une des épreuves les plus proches de chez nous.

Comme écrit dans mon précédent article sur ce blog, la fin de saison est axée sur la course à pied. Je ronge mon frein à main, j’ai vraiment trop hate de prendre part à des 10km et voir ce que ca donne. Mon coach m’a dit dernièrement qu’il pensait que j’avais bien progressé et passé un petit cap, au vu des derniers entrainements. Pas énorme, de l’ordre de 5 secondes au km, mais elles sont difficiles à aller chercher ces 5 secondes. Bref, en ce moment, mon sport, c’est la course à pied. Je continue un entrainement de nat et de vélo par semaine pour ne pas trop perdre et ré-entamer la saison 2016-2017 de triathlon sans trop de retard quand même.

Mais donc, ce triathlon que j’avais prévu de longue date, ne me fait pas envie plus que ça, malgré le fait que mon dernier tri remonte à plus de 2 mois. Si je n’étais pas inscrit, et qu’il restait des places, c’est sûr que je n’y serai pas allé.

La veille, en remettant la roue pleine et en faisant un petit tour pour dérouiller les jambes avec tout l’attirail (trifonction, casque CLM, belles roues), je retrouve l’envie et la motivation, et finalement j’ai hâte d’être au lendemain.

Le but de cette journée pour moi est d’essayer de reprendre du plaisir. J’essaye de ne pas penser au classement, juste aller le plus vite possible et essayer d’apprécier la course, sans pression de résultat. On s’y rend en famille, avec Nicky et Coralie, Anthony restant avec ses grands-parents.

La pré-course vaudrait un article à lui tout seul, mais je vais essayer d’abréger. D’abord la file de 50 mètres pour aller chercher son dossard, la file de 150m pour poser le vélo au parc, files que je ne fais pas en prenant le risque d’aller m’échauffer et de venir chercher le dossard à la toute fin. Entre temps, j’ai filé ma combi et mes lunettes à Nicky, on doit se retrouver aux dossards pour que je le récupère. Je fais un échauffement minimaliste en vélo, j’ai trop peur qu’on ne me donne pas mon dossard si j’arrive trop tard. Puis je ne retrouve pas Nicky. Je retrouve des coéquipiers à qui je donne sans réfléchir mon sac dans lequel il y a le bonnet de l’orga et le sac où je dois poser mes affaires de nata à T1 (car il y a 2 parcs). Donc si on résume, on part dans 20min, je n’ai ni ma combi, ni mes lunettes, ni mon bonnet, ni déposé mon vélo, ni mes chaussures à T2.

Enfin on se retrouve avec Nicky, qui donnait à manger à Coralie. Je récupère la combi, je pose chaussures et vélo, et je me dirige vers la plage. J’enfile la combi et là je me rends compte que j’ai pas mon bonnet. Je retrouve les amis qui ont gentiment déposé le sac nata à T1 pour moi, me filent le bonnet, et me reboostent et remotivent. Je suis prêt, il reste encore 6-7min : je suis large ! Je fais quelques mouvements pour me chauffer les bras, mais il fait une chaleur terrible, je passe sous la douche pour faire baisser la température, je fais un plouf pour bien enfiler la combi et fais quelques mouvements, et direction ligne de départ.

Je suis quand même un peu stressé, mais j’ai l’impression que tout s’est bien goupillé au final. L’échauffement était pas terrible, mais bon, ce n’est pas un gros objectif, on fera avec.

J’arrive à me positionner miraculeusement en 2ème ligne derrière un gars qui a le mords entre les dents et semble prêt à sprinter. Ah oui, c’est un départ sur la plage, à une quinzaine de mètres de l’eau.

Pas de bol, pendant les 3 secondes où le gars se relève un peu (pour détendre ses muscles vu qu’il était dans les starting blocks depuis 3min…), ca part ! Bon, il avance rapidement quand même et je suis derrière.

Le but sur cette nata était d’essayer de prendre du plaisir, donc le moins de coup possible. J’avais prévu de partir sur le coté et de ne pas partir trop vite pour pouvoir bien poser ma nage. Mais bon, on s’adapte, la première bouée est vraiment très près, si je pars sur le côté ou que je ne bagarre pas, ou si je pars pas très vite, l’addition va être trop lourde. Je pars donc à bloc, comme d’habitude, et je m’attends à la guerre, mais ça se passe pas mal. Je fais un bon plongeon, je prends quelques coups de bras, mais je me retrouve assez vite avec le champ libre. Idéalement j’aurai également eu des pieds à suivre mais bon, c’est déjà pas mal de pas se prendre de coups. J’ai l’impression d’être pas mal, je vois la bouée nettement juste devant, je vois des gars à ma droite, et je sens les gars présents à gauche (je respire qu’à droite donc je vois pas à gauche). La première bouée se passe super bien, je prends la corde, la reprise de nage est pas mal et je peux entamer la longue ligne droite jusqu’à la prochaine bouée.

C’est là que ca se complique un peu. On commence à rattraper des féminines parties 5min avant.

Premier aparté et réflexion (certains diront coup de gueule !) :

La fédération souhaite encourage la pratique féminine de triathlon. Le triathlon est un sport qui apparait extrême aux non-initiés. Un sport pour les durs, pour les fous, etc… Les images d’Ironman avec les gars (et filles) qui titubent en passant la ligne, c’est sûr que ça marque. Et donc ça n’attire pas forcément les féminines ou les sportifs loisirs. Pas mal de choses sont faites par la fédé pour essayer de changer cette image, je ne reviendrai pas dessus. Pour ceux qui connaissent un peu plus le triathlon ou qui ont eu l’occasion de voir un départ natation, il y a aussi ce point qui fait peur aux débutants : le départ ! entre 100 et 300 personnes (voire plus !) qui prennent le départ simultanément et qui vont tous dans la même direction, le plus vite possible. On appelle ça « la machine à laver » et une expression triathlétique « ce qui se passe dans l’eau, reste dans l’eau », assez éloquent. Bref, c’est un moment difficile, où on prend des coups, et où on peut avoir quelques frayeurs, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Etant donné que la natation en elle-même est déjà le plus gros challenge pour nombreux nouveaux triathlètes, cette difficulté supplémentaire peut s’avérer décourageante. En mes quelques années de triathlon, j’ai pu constater que c’est un des sujets qui revient le plus souvent au moment d’aborder son premier triathlon. Et souvent, des athlètes qui ont passé tout l’hiver à s’entrainer au crawl en piscine, qui nagent correctement, ils arrivent sur leur premier tri, c’est la panique dans l’eau, et ils se retrouvent à brasser les 300-400 premiers mètres, voire toute la distance.

Pour essayer de remédier à ce problème donc, la fédé a mis en place un « label » triathlon féminin. Un des aspects de ce label est d’imposer un départ différé entre les filles et les mecs. L’idée derrière cela, un peu simpliste et simplifiée, est de dire que les mecs sont des brutes, les filles sont plus cools, laissons les mecs se taper entre eux, et les filles pourront prendre le départ entre elles tranquilou sans prendre trop de coup. Idée qui part d’un bon sentiment, qui a ses avantages, mais qui comporte également beaucoup de désavantages, que je vais essayer de voir ici.

Premièrement, on distingue filles et garcons avec l’idée que le départ des mecs est plus « bastonneux » (pour ne pas dire viril) que celui des filles. C’est en grande partie vraie, mais surtout car il y a plus de mecs que de filles au départ en général, et plus de mecs « compétitifs » (c’est-à-dire qui cherchent à faire le meilleur chrono, en opposition à « loisir », qui cherchent à prendre du plaisir, à finir, sans trop se soucier de leur classement final). Là, à Saint Jean, on devait être entre 50 et 100 à partir fort en essayant de se détacher, les autres derrière essayant surtout d’éviter les coups, quitte à perdre une ou 2 minutes. Chez les filles, je pense qu’il y avait une dizaine ou une vingtaine de filles à partir fort. Forcément, ya plus de baston chez les mecs.

L’avantage donc, c’est de mon point de vue pour les meilleures filles. Elles n’ont pas à lutter avec les mecs et ont rapidement un bon couloir de nage propre. En contrepartie par contre, elles n’ont pas la possibilité de profiter du sillage des meilleurs nageurs mecs.

Voyons maintenant les désavantages. Le plus important, et le plus contre-productif, est je pense pour les filles les moins fortes dans l’eau. C’est celles-là qu’on essaye de protéger à travers le label, et qu’on essaye d’encourager à faire du triathlon. Et que se passe-t-il pour elles ? Elles partent 5min avant les mecs. Elles nagent pas vite. Que croyez-vous qu’il va se passer ? Ben, le troupeau va se passer, sur elle quoi ! C’est exactement ce qu’il s’est passé à St Jean (et ce que j’ai vécu sur quasi tous les S que j’ai fait cette année avec départ différé). Après 200m, on dépassait déjà les dernières filles, qui étaient en brasse. Avec le différentiel de vitesse, la mauvaise visibilité, on leur rentre dedans, et des fois elles doivent se prendre des bons coups de bras (et accessoirement elles peuvent nous donner des bons coups de jambe en brasse).

A la 2ème bouée à St Jean, après à peu près 400m, j’ai eu plus de mal que sur la première bouée. J’étais dans un paquet d’une dizaine de mecs je pense, et on est arrivé en même temps qu’un petit paquet de filles. Ca tourbillonnait dans tous les sens. C’est une des premières fois (voire la première) où j’ai été forcé de faire quelques mouvements de brasse pour reprendre de l’air et avoir un peu de visibilité. Pendant ces quelques secondes où j’avais les horaires hors de l’eau, j’ai entendu pas mal gueuler des filles qui engueulaient les mecs de leur rentrer dedans. Je peux pas parler pour l’ensemble des mecs, mais en ce qui me concerne, clairement, j’ai déjà donné des coups (non intentionnels, je précise quand même) à des filles que je rattrapait. Je ne regarde pas tous les mouvements devant moi, et des fois on a l’impression qu’elle « apparait » juste devant nous.

Afin d’illustrer mes propos, j’ai fait une petite analyse des temps natation de St Jean. Cette analyse est quelque peu faussée car les temps disponibles comprennent la T1, idéalement il faudrait uniquement le temps dans l’eau, mais ca donne une idée :

Le 1er mec a doublé TOUTES les filles à part 1

Les 14 premiers mecs (dont moi donc) ont doublé 84 filles sur 94

Les 29 premiers mecs ont doublé 58 filles

Les 60 premiers mecs ont doublé 44 filles

Les 97 premiers mecs ont doublé 34 filles

Les 218 premiers mecs ont doublé les 10 dernières filles.

Je vous laisse imaginer la course vécue par ces filles qui ont passé leur temps à essayer de ne pas se faire couler par les hordes de nageurs qui arrivent derrière eux. Je ne pense pas que ça ait rendu leur course plus plaisante que s’ils étaient partis avec les mecs.

Et du côté des mecs, ce n’est pas forcément plaisant non plus : très égoïstement, cela nous gêne, peut nous faire perdre les pieds du gars qu’on suivait si on était à bloc, et qu’on s’emplafonne sur une nageuse. Comme dit ci-dessus, on a aussi le risque de se prendre des coups, surtout quand les filles commencent à comprendre que pour se protéger, il faut faire beaucoup de bulles et des grands mouvements avec les pieds. Et enfin on sait aussi qu’on est en train de faire vivre pas la meilleure expérience à ces filles. D’ailleurs, à leur place, je me mettrai direct bien sur le côté quitte à nager un peu plus.

Un dernier point, et là ça me concerne directement mais c’est très égocentrique, c’est en ce qui concerne la lisibilité de la course. Lorsque je joue le classement, j’aime bien savoir à quelle place je me situe. Lorsque je suis sur le vélo et j’ai quelqu’un en ligne de mire, ça me motive d’essayer de le dépasser. Lorsque les filles partent 5’ ou 10’ avant, je perds en lisibilité pendant ma course, et c’est frustrant. Sur le vélo, souvent je dépasse, je dépasse, mais ce sont des filles, et j’ai du mal à me rendre compte si des mecs sont en ligne de mire. C’est souvent particulièrement vrai à Mimizan où les filles partent 10’ avant et je dois les dépasser à vélo. Et je ne parle pas de la dangerosité accrue par tous ces dépassements sur la route !

A qui sert ce départ décalé au final ? Eventuellement à une dizaine/vingtaine de filles, les premières.

Bon, OK, on a bien cassé ce départ décalé, mais quelles autres solutions ? Si on veut absolument donner un départ décalé aux filles, pourquoi ne pas les faire partir 5’ avant, ou 15’ avant. 15’ avant, il y aurait encore quelques filles qui s’en prendraient plein la gueule, mais déjà beaucoup moins. Les premières filles pourraient faire « leur course » dans l’eau, sur le vélo, en CAP, sans être pollué par les concurrents mecs. Et 5’ après, les moins bonnes filles seraient tranquilles, mais arriveraient à la ligne d’arrivée 10’ plus tard que si elles étaient parti 5’ avant. Donc la course durerait plus de temps, donc plus difficile pour l’organisation. Enfin, si on considère que les derniers arrivés sur la course sont des filles (c’était le cas à St Jean, mais pas toujours). Le désavantage certains seraient pour les meilleures filles en natation, qui rattraperaient les moins bons mecs, avec tous les problèmes que ca engendre déjà évoqué, sauf que là le peloton qui se fera rattraper sera bien plus compact. A titre d’exemple, à St Jean, les 10 meilleures filles auraient doublé les 70 derniers mecs (sur 288), et la meilleure aurait quand même dû en doubler 124.

Une autre solution, celle qui me parait la plus simple, est de partir tous en même temps. Si tu veux jouer le classement, tu joues le jeu jusqu’au bout, et tu fais la machine à laver comme tout le monde, fille ou mec. Si tu ne veux pas, tu laisses passer les premiers, t’attends 30 secondes et tu nages plus tranquille.

Enfin, si vraiment tu souhaites faire un départ décalé pour les moins brutaux d’entre nous, tu laisses les concurrents, homme ou femme, choisir leur vague de départ : première vague avec les fous furieux, deuxième vague quelques minutes plus tard (2 suffirait) pour ceux ne souhaitant pas se mêler à la lutte pour le classement. Il y aurait peut-être quelques difficultés de chronométrage, et il faudrait s’assurer que des fous furieux ne partent pas dans la 2ème vague dans le but de ne pas prendre de coups, en faisant par exemple 2 classements différents.

T’as fini ? Ouais, ouais, j’ai fini. Au final, la solution mise en place aujourd’hui m’apparait comme la pire des solutions. De mon point de vue personnel, mais je pense également pour une majorité de concurrents.

On reprend. 2ème bouée, c’est la panique donc, j’arrive à reposer ma nage, je commence à payer les efforts consentis pour être là, il faut faire attention aux filles devant, tout en essayant de garder une bonne trajectoire. Reste une dernière bouée, je ne profite pas trop de l’aspiration. On a eu un peu de houle dans la baie de St Jean, c’était assez sympa je trouvais, j’aime bien nager en mer, ça rajoute un élément en plus à gérer.

J’essaye de bien souffler et ne pas trop accélérer sur la fin car je sais que la transition est un peu longue et je veux essayer d’aller vite. Mais bon, comme d’habitude, j’ai du mal à la sortie de l’eau ; ce n’est pas la cata mais je n’arrive pas à doubler les gars avec moi alors qu’en moyenne je fais partie des meilleurs en course à pied.

Mes amis, comme ils m’avaient dit, sont juste à côté de mon vélo pour m’aider à le repérer. Le parc à vélo est toute en longueur, donc pas vraiment équitable, mais passons, je suis là pour le fun, ça ne me dérange pas cette fois. Je prends mon temps pour bien faire les choses à T1. Je ne suis pas hyper efficace mais je fais les choses bien, et c’est parti.

Rhaa, mais j’oublie plein de trucs ! Une des raisons pourquoi j’étais stressé avant la course c’est que mon bidon aerodrink entre les prolongateurs étaient fixés par des cerflex, et l’un d’eux s’est cassé juste avant l’échauffe, et j’en avais pas pris dans mon sac (qui était de toute façons dans la voiture, la clé étant avec Nicky…). Et pour terminer, j’avais également oublié les élastiques dans le sac ! Mon aerodrink ne tenait qu’à un cerflex. Ca avait l’air de tenir, mais du coup normalement je mets ma montre sur l’aerodrink pour l’avoir de visu, et cette fois je voulais pas prendre le risque de la perdre, donc la première chose à T1 a été de la mettre au poignet. Et pour les chaussures de vélo, j’avais quand même 100/200m à courir, donc impossible de les faire avec les chaussures de vélo au pied, je les ai mis sur le vélo, sans élastique. Au final je n’ai pas été bien moins mauvais qu’avec les élastiques.

Le parcours vélo est tout plat. On a environ 1,5km avec pas mal de virages où je fixe les chaussures et je ne prends pas trop de vitesse, et après c’est parti pour 10km tout droit, à peu près tout plat.

Mes supporters m’annoncent 10ème à la sortie de l’eau. Cela me satisfait. Ils m’annoncent à 1m30 de la tête d’après ce que j’ai compris, mais en vérité j’étais déjà à 2m45 !

Ah oui, nouveau flashback. Je me prenais pas trop la tête pour le classement, mais forcément je me disais que le podium était jouable, voire la gagne. A l’arrivée sur le site, le speaker annonce le nom du favori, Carl du Team Charentes Triathlon. Un jeune triathlète qui m’avait déjà battu confortablement à Mimizan en 2014. Il s’est encore amélioré, et normalement je n’ai aucune chance. Ça m’enlève un peu de pression même si je ne pars pas encore perdant, ne sachant pas exactement son niveau (au final j’avais effectivement aucune chance !)

Donc quand on m’annonce 1m30 du 1er, j’ai un peu de mal à y croire, mais je n’y prête pas attention. Je me fais doubler assez vite par un gars dans les virages, mais je le garde à moins de 50m, et dès que la partie linéaire arrive, je m’emploie pour le rattraper. Petit à petit je grignote, je reviens sur d’autres mecs, une ou 2 filles, et on revient sur un autre gars devant. Le gars que je suivais double celui-là, je reste en retrait, mais je me souviens plus trop pourquoi, soit je me rapprochais trop, soit je sentais que le 2ème allait craquer, je commence à doubler. Et comme expliqué dans un précédent article, quand on se suit, si on commence à doubler, il faut doubler tout le monde, sous peine d’être pénalisé pour drafting. Je fais un gros effort pour passer devant, mais je sens que je suis en sur-régime et je n’insiste pas pour garder le rythme. Je vois sans surprise que le gars me redouble peu après, mais que celui derrière reste derrière. Enfin j’en sais rien, je regarde pas derrière. Je reste comme cela, à 7m du 1er, pendant tout l’aller. Je suis surpris de voir personne devant. Je sais que le 1er est loin devant, d’ailleurs on le croise à un moment donné qu’il est sur le retour, et je vois qu’on est loin du demi-tour. Je ne pense pas à la gagne. Mais on arrive au demi-tour et on a croisé personne d’autre : on a doublé toutes les filles, et je suis 3ème juste derrière le 2ème. Au retour, je trouve que le gars devant ralentit, je suis de plus en plus à l’aise derrière, et j’hésite à doubler. J’hésite trop longtemps et 2 gars me doublent et viennent se mettre devant. Le gars que je suivais commence à craquer et je vois les 2 premiers commencer à prendre 10-15 mètres. Je décide d’y aller, et je me dis que je vais avoir un peu de cran et prendre le commandement. Gros effort pour repasser devant mais cette fois je tiens mon effort. Il n’y a pas une grosse différence par rapport à avant. De toutes façons j’ai la montre au poignet et je ne la regarde pas. Le but n’est pas d’essayer de faire le trou mais juste de me faire plaisir et de pouvoir dire quand même que j’ai fait ma course au moins sur le retour, sans me soucier des autres. Je serre les dents quand même sur les derniers km, et arrivent les virages pour finir, j’en profite pour enlever les pieds des chaussures. Un gars me double, je reste derrière, et on arrive à 2 à la T2. Je me fais surprendre par la ligne de pose et je suis obligé de m’arrêter complètement avant de désenfourcher le vélo (plutôt que de sauter directement le vélo en route, quelques secondes de perdues J). Je fais une bonne T2, malgré une chicane piégeuse à l’entrée du parc qui fera des dégâts derrière, d’après Nicky.

On sort en groupe du parc, 2/3/4 en même temps, le 5ème est plus loin apparemment. Je me retrouve vite 3ème, et le 2ème part comme une bille. J’ai mal à la tronche et je le laisse partir. Dans la tête, c’est très difficile et je suis prêt à me contenter de la 3ème place. Mais j’arrive à ne pas faiblir et petit à petit je reviens sur lui et le reprends au bout de 500m/1km. Je ne faiblis pas et j’arrive à le décrocher. Je me dis qu’il reste 4km, que ça va être difficile. Je sens les jambes qui flanchent un peu, je suis pas au mieux. Il fait chaud, les km paraissent long. Je croise enfin le 1er qui fait demi-tour. On court sur une piste cyclable. Peu après arrive le ravito, on dévie sur la droite sur un chemin à terre, je vois le ravito un peu à gauche, et une chemin un peu à droite, je demande où aller, mais je ne comprends pas la réponse. Je me dirige vers le ravito, on me propose eau ou coca, je prends de l’eau que je me verse dessus, virage en épingle à gauche pour reprendre la piste cyclable et c’est parti pour le retour.

Je vois que le 3ème n’est pas loin, c’est pas encore gagné, mais que le 4ème est définitivement décramponné, le podium est quasi assuré. Le retour est bien compliqué, mais j’arrive à tenir le rythme, et l’arrivée arrive comme une délivrance Bon, le speaker, comme à son habitude, croit deviner qui est meilleur que qui, et annonce Aitor machin-chose quand j’arrive : « ah non, c’est pas Aitor, c’est bizarre, normalement quand les basques sortent de T2 à la lutte, c’est eux qui gagnent ». Bon c’est pas grave, il arrive à retrouver mon nom quand je franchis la ligne. 2èmederrière Carl, je suis content. Le 3ème arrive 30s plus tard, il était pas loin ! Je n’attends pas le 4ème et je vais me ravitailler. On discute un peu avec le 3ème, tout va bien.

Le basque Aitor arrive et nous dit « vous avez coupé, vous avez pas fait la course jusqu’au bout ». On est surpris, on lui demande pourquoi. Il nous dit qu’il fallait pas faire demi-tour au ravito mais qu’il fallait continuer et il y avait encore environ 400m jusqu’au demi-tour (800 A/R donc). Je suis surpris mais je me dis que c’est pas impossible. Il nous dit qu’il va porter réclamation. Le 3ème est dégouté. Moi je suis plus fataliste : si on s’est trompé, on va être disqualifié, c’est la règle. J’ai déjà fait une bonne saison, les podiums, maintenant je connais, un de plus, un de moins, ça ne changera pas grand-chose. Je demande au 1er pour voir si lui a fait le même parcours et il nous confirme qu’effectivement le demi-tour était plus loin. Mais qu’effectivement, s’il n’avait pas eu le vélo ouvreur, il aurait fait demi-tour comme nous. Et mince ! Ca sent pas bon ! Puis je me demande comment ils faisaient pour contrôler. Certains concurrents me montrent un bracelet qu’on leur donnait au demi-tour. Mais surprise, le premier, Carl, n’a pas de bracelet non plus ! Et surtout quand on est arrivé à l’arrivée sans bracelet, personne ne nous a rien dit. Donc je suis assez curieux de savoir sur quelle base, quelle preuve tangible, ils vont nous disqualifier. Le temps passe, les résultats sont pas affichés, et on va manger avec Nicky en attendant la remise des prix, qui doit se faire à 15h30. J’en profite pour récupérer mes affaires de natation, mais surprise, nouvelle queue de 15min pour récupérer ses affaires. C’est bon je le ferai après. Je récupère mon vélo (c’était plus rapide) et je vais voir là où je me suis trompé. Effectivement, je vois une flèche, à mon avis très mal positionné, qui indiquait le chemin à suivre. Le banc de ravito était placé un peu en perpendiculaire de la trajectoire, j’ai compris que c’était le point de demi-tour, mais non, fallait chicaner. Je fais le parcours à vélo pour voir de combien j’ai raccourci pour pouvoir adapter les temps finaux. Je vois que la partie volée était de 900m environ.

Je reviens à 15h30 pour la remise des prix mais il n’y a rien. Au final ca a eu lieu à 15h apparemment. Je vois les résultats affichés et je vois que je suis disqualifié. Un peu dégoûté quand même. Le 3ème est disqualifié aussi. Je suis un peu dégoûté quand même car je colle quand même 5min au 4ème (Aitor, qui se retrouve donc 2ème officiellement), et que les 900m je les aurai fait en 3min et des poussières.

Un peu dégoûté de la manière dont cela s’est passé : il y avait des bénévoles, ils m’ont servi de l’eau, mais aucun ne m’a indiqué le chemin à suivre ou m’a appelé pour me dire que je me trompais. Et non plus le 3ème, alors qu’ils m’avaient déjà vu me tromper et qu’ils auraient pu penser à prévenir les autres. Le 4ème lui devait connaitre le parcours ou a vu la flèche, car il a demandé précisément aux bénévoles, qui lui ont indiqué la voie. Et ensuite, personne de l’orga ou du corps arbitral n’est venu me voir. Je n’ai pas pu me défendre, je n’ai pu que constater le DSQ. Je ne connais pas exactement la réglementation. Je suis certain qu’ils avaient le droit de me disqualifier, sur ça pas de problème. Par contre, étaient-ils obligé de me disqualifier, ou avaient-ils la possibilité de m’infliger à posteriori une pénalité de temps correspondant à ce qu’ils estiment être juste (quitte à grossir le trait, il est normal que je sois pénalisé), je ne connais pas la réglementation pour le savoir. Mais si c’était possible, ils ne l’ont pas fait.

A titre d’exemple, le WE précédent (ou 2 WE avant, je sais plus), il y avait le championnat de France de trail. A cause d’un mauvais balisage, certains coureurs, dont certains du groupe de tête, ont coupé le parcours. Il n’a pas été décidé de les disqualifier mais de leur infliger une pénalité de 10min (qui était très sévère au vu du nombre de km coupé, mais au moins ils étaient pas DSQ). Finalement, le 3ème de la course, qui vient du Béarn, c’est pour cela que je connais l’histoire, a coupé le parcours, écopé des 10 minutes (il a été mis au courant pendant la course), mais a réussi à franchir la ligne 10 min avant le 4ème et a été classé 3ème. Comme quoi même sur une course très importante, on peut trouver des solutions sportivement plus satisfaisantes.

Sportivement, il était clair que nous méritions notre podium. Le 4ème était loin derrière (plus d’une minute après correction du temps). Ou au minimum, il aurait été sympa, lors de la remise des prix, de commenter cette erreur, d’indiquer que les 2 et 3 étaient disqualifiés pour s’être trompé, sans faire exprès de chemin, et nous citer ou nous inviter sur le podium. Nous avons fait l’erreur, mais de mon point de vue, c’est un échec aussi de l’organisation. Lorsque le 2ème et 3ème de ta course sont DSQ pour une erreur de parcours dont ils ne se sont pas rendu compte, ça la fout mal. Mais non, je n’étais pas à la remise des prix, mais rien, silence radio, 2ème est Aitor, point barre.

En regardant les résultats des filles ce matin, je me rends compte que la 2ème et 3ème féminine ont aussi été disqualifiés ! Mais bon, je ne sais pas pourquoi, si c’était comme nous ou une autre raison.

Je m’étais déjà planté de parcours sur le half de St Jean, et selon moi, l’orga ne fait pas assez d’effort pour baliser son parcours. Ce qui peut paraitre évident pour celui qui fait le parcours et qui dessine les flèches, l’est beaucoup moins pour un athlète au bout de ses forces, qui concentre toute son énergie dans sa foulée ; il nous reste très peu d’énergie pour analyser le parcours, il faut que ce soit l’évidence même. Si ne serait-ce qu’un coureur se trompe, c’est que ça aurait pu être mieux indiqué.

Je n’ai pas cherché à discuter avec le corps arbitral ou l’orga. De toutes façons, leur décision est définitive, ils ne reviendront pas dessus. Si eux ont choisi de ne pas chercher à me contacter, je ne voyais pas l’intérêt. Le 3ème lui, a été moins philosophe, et s’est bien pris la tête avec l’arbitre et l’orga, mais cela n’a rien amené. En même temps, c’était un de ses premiers podiums, je comprends sa déception. Si cela avait été mon 1er, ou une course objective, j’aurai été dégouté. Mais je pense que je n’aurai pas fait l’erreur sur une course objective car j’aurai reconnu le parcours plus précisément. Malheureusement, j’ai appris à ne plus faire confiance aux orgas. Il faut connaitre le parcours tout seul, car souvent les bénévoles sont dépassés ou les flèches sont pas évidentes à suivre, ou encore pire, les motos ouvreuses se trompent !

On reste l’après-midi et on voit la natation du M. Encore un grand moment d’organisation : 2 boucles. Et sur la fin de la 2ème boucle, ceux qui terminent doivent laisser la bouée à gauche alors que ceux qui terminent la 1ère boucle doivent la laisser à droite. Donc si vous avez bien suivi, tout est parfait pour qu’on se rentre dedans assez violemment. Les filles étant partis devant et la première étant très bonne nageuse, elle prend un tour à bon nombre de concurrents. Le kayak ouvreur est dans le peloton, c’est du grand n’importe quoi ! Finalement, la première nageuse décide de ne pas prendre la dernière bouée, pour éviter de se prendre en face à face les nageurs dans leur premier tour. Peut-être le kayak ouvreur lui a-t-il dit de pas le faire ? Quoi qu’il en soit, elle a bien coupé le parcours, tout le monde a pu le constater. Elle gagne la course, et n’a pas été disqualifié ? Pourquoi ? Personne ne s’est plaint car aucun concurrent n’a pu le voir ? Sportivement elle méritait sa victoire car elle avait beaucoup d’avance, mais d’après le règlement, c’est exactement le même cas que pour nous !

Bref, assez déçu par l’orga de St Jean de Luz. Ils font le plein facilement chaque année, je pense grâce au très bel endroit dans lequel ils organisent leur triathlon, mais je trouve que beaucoup de choses laissent à désirer : les queues pour récupérer les dossards et les affaires de natation, c’était grotesque ; le parcours CAP qui permet aux premiers (et d'autres?) de se tromper, sans que les bénévoles interviennent, c’est dommage. Le parcours natation du M en 2 boucles avec le problème évoqué, c’est risible. Et de ce que j’ai vu ces dernières années, peu d’efforts sont faits pour s’améliorer. C’est dommage, mais tant qu’on fait le plein, pourquoi s’embêter à offrir un meilleur triathlon !

Pour finir une analyse de mes temps persos :

8ème temps nata+T1 à 2m45 du 1er donc, et 1m10 du 2ème, pas si mal considéré que j’ai un peu laissé de côté cette discipline

6ème temps vélo à 2m10 du 1er (temps qui me parait suspect, étant donné qu’il est 300ème temps en nata et CAP) et 1m40 du 2ème (1er de la course), et 10s du 3ème. Pas si mal donc, même si j’espérais un peu mieux, malgré le manque d’entrainement. Je tiens environ 39,5km/h, et environ 41 km/h sur la partie rectiligne. Je suis un peu en dessous de mes puissances en général, mais ça parait normal. J’ai quand même réussi à tenir les 300W quand j’ai repris les devants sur les 6-7 derniers km.

Je pose donc 3ème, avec le 2 et 4, à 4m20 du 1er !

En CAP je fais le 1er temps à cause des 900 mètres en moins, en 3m25/km GPS. Ce n’est pas les 5 secondes de mieux au km espérés, mais étant donné qu’il faisait assez chaud, et que je me sentais pas hyper bien, j’essaye de m’en contenter. Si j’extrapole à cette vitesse les 900 mètres manquants, je suis 2ème temps, et je me prends une rouste par Carl, 53 secondes de mieux. Un peu déçu de ne pas réussir à continuer mon « streak » de meilleur temps CAP, mais face aux meilleurs que soi, on s’incline.

Au total, au temps corrigé, je suis 2ème à 5m10 de Carl (une rouste donc), 40s derrière le 3ème (DSQ lui aussi), et 2min derrière le 4ème(finalement 2ème), 2m30 derrière le 5ème (finalement 3ème). Ensuite, cela passe à 4min.

Et maintenant, place aux courses à pied !

Published by benji-triathlon
commenter cet article
2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 22:18

Ca faisait longtemps que j’avais pas donné de nouvelles. Bizarrement, ca coïncide à peu près à la naissance de ma fille !

Pour ceux qui veulent tout savoir dans le détail, voici les CR des 4 dernières courses avant ma coupure estivale (cliquez sur les courses pour avoir les CR). Désolé, pas de photos, j'ai pas pris le temps...

S de Baudreix et un podium mémorable

Trail de Lestelle Betharam et une victoire plus difficile que prévue dans des conditions très humides

S du Lauragais, et une revanche à prendre sur l’année dernière (une de plus !)

et le trail des fêtes de Nay

Après les 3 premières courses, et face au constat que je ne pouvais plus consacrer autant de temps au triathlon sur les prochains mois, j’ai décidé de baser la fin de saison sur la course à pied. Cela prend moins de temps pour s’entrainer et c’est plus facile logistiquement : une paire de basket et c’est parti !

J’avais prévu de faire encore quelques courses de triathlon pendant l’été : Bergerac, Montagne Noire, mais j’ai dû jeter l’éponge devant mon état de fatigue !

Pour la fin de saison donc, l’objectif sera de battre mon record sur 10km sur course officielle FFA et d’améliorer mon niveau pour la saison prochaine en triathlon. Pour cela, j’en ai inscrit 3 à mon programme : 10 km à Pau (Nouste-Henric) en course de prépa le 18 septembre, Tournefeuille en course objectif 15 jours plus tard le 2 octobre, et en back-up encore 15 jours plus tard le 16 octobre à Odos à côté de chez moi. Mon record sur 10km officiel est de 35min et des brouettes, je viserai les 34min. J’essaierai d’enchainer par un semi-marathon en novembre, soit à Boulogne à l’occasion d’un WE parisien, soit Lourdes-Tarbes. Je viserai un chrono sub-1h16 si Boulogne, et un top 10 si Lourdes-Tarbes. Et je suis également inscrit sur un dernier triathlon, le S de St Jean de Luz le 10 septembre, où j’espère réussir à prendre du plaisir sans pression. Je nage encore un peu une fois par semaine, et je fais encore un peu de vélo de temps en temps, donc j’espère ne pas être loin des premiers encore une fois.

Et entre ces courses sur route, j’essaierai de faire quelques trails et courses dans le coin. J’ai commencé avec le festitrail à Nay à l’occasion des Fêtes (CR ici), et j’espère faire également le trail de St Vincent où je dois défendre ma victoire de 2015. Enfin, avec Nicky on espère retourner sur le run and bike d'Asson pour sa course de reprise. Ce ne sont pas des courses avec un niveau très relevé, mais elles sont souvent peu chères, conviviales, et avec des beaux lots à l’arrivée !

Et pour la suite ?

Je vais essayer d’enchainer sur 2017 toujours avec coach Nick. Je veux refaire du long en 2017. L’objectif sera d’enchainer deux distances Ironman : Frenchman (Médoc) en mai et 7 semaines plus tard l’Altriman en juillet. Le grand écart donc, en terme de type de course : tout plat sur Frenchman, et montagneux sur Altriman.

A priori, Frenchman sera mon objectif N°1 avec un objectif chrono ambitieux, et l’Altriman se fera grâce à la prépa en amont, et j’espère aller chercher une place d’honneur. J’en dirai plus sur ces objectifs quand ce sera plus net dans ma tête, et si je vois que c’est compatible avec mon emploi du temps. L’année dernière j’ai fait en moyenne 10h45 par semaine. Coach Nick me conseille minimum 12h/semaine pour être en mesure d’atteindre mes objectifs. Avec un enfant en plus, je sais pas si ça va passer !

Published by benji-triathlon
commenter cet article
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 10:00

Encore une victoire en trail !

Première course de ma deuxième partie de saison, le FestiTrail de Nay. C’est une petite course organisé par le club de la ville, les Givrés, à l’occasion des Fêtes de Nay. L’année dernière, c’est Nicky qui avait participé, cette année c’est mon tour. 6,5km annoncé et 165m de D+. Nicky m’avait prévenu que ça grimpait sévère après le 1er km.

Je me doutais que le niveau ne serait pas très élevé et que la victoire était envisageable voire même probable, sans fausse modestie. Malheureusement, il y avait très peu d’inscrit (35) pour une course sympa, bien organisée, bien balisée, avec de nombreux lots et un petit prix d’inscription. Pour ceux qui me lisent qui habitent le coin, je recommande cette course, organisée tous les ans à l’occasion des fêtes de Nay, fin août.

Je m’échauffe très bien, au cas où il faille partir vite, mais sur la ligne de départ, je regarde les adversaires, et je ne reconnais personne que je sais meilleur que moi. Les gars sur la première ligne ont plus l’air de footeux et de rugbeux que de coureurs. Attention, me faites pas dire ce que j’ai pas dit. J’ai moi-même été footeux dans une vie précédente, et footeux et rugbeux sont capables de mettre une fessée à la course à un bon nombre de coureurs. Là, j’aurai bien sur pu me tromper, mais vu leur gabarit, je me disais qu’ils ne devraient pas être capables de m’inquiéter.

Trêves de préliminaires, ça part ! Je trouve le moyen de presque tomber au premier virage quand j’essaye de prendre la corde et que c’est limite niveau place ! Je temporise et passe finalement à l’extérieur. Aux 50m, je vois que ce n’est pas parti très vite et j’attaque dès le début. On verra bien si quelqu’un est capable de suivre. Je fais le trou tout de suite. On fait une petite boucle de 600-800m dans la ville avant de monter dans les hauteurs. En repassant au centre-ville, je vois, en entendant les applaudissements, que j’ai déjà une quinzaine de secondes d’avance. Je me dis que pour la gagne, il y a de grandes chances que ce soit déjà joué. Je décide d’aller le plus vite possible, sans gérer, afin d’essayer de faire le plus gros écart possible, et ainsi faire une bonne séance en conditions de course.

La première grosse montée arrive, et je monte au train. C’est difficile et j’aimerai bien marcher, mais mentalement je tiens le coup et je cours tout du long. J’essaye même de mettre la pression au vélo ouvreur que je rattrape petit à petit en montée. Arrivé tout en haut au bout de 2-3km, un peu de plat typé trail où j’essaye de relancer. Je n’entends rien derrière, et en fait, je n’ai pas trop de doute que je vais gagner. La deuxième partie de course est plus facile, mais il faut faire attention aux chevilles pour ne pas tomber dans le « single track » avec plein de racines, et il y a une grosse descente bien raide qui fait bien mal aux jambes. Encore un petit tour en ville, une mini-bosse que je monte en essayant de garder le rythme, et on arrive. J’essaye de taper dans la main de mon fils à l’arrivée, mais il ne comprend pas et pleure de me voir repartir vers la ligne d’arrivée. Bravo papa !

J’arrive en 24m44. J’avais oublié ma montre donc j’ai pas d’infos sur ma vitesse. D’après l’orga, ils avaient rajoutés 200m (le « single track »), donc il y avait 6,7km. Cela ferait du 16,2km/h, soit 3m42/km. Pour une course avec pas mal de dénivelé et quelques passages techniques, je trouve cela très rapide. Après, il suffit de s’être planté de 300m dans la mesure du parcours et je prends 10s par km.

Bref, j’ai eu l’impression d’être bien, mais difficile de savoir si c’est une course réussie.

Le deuxième arrive loin derrière, à 2m30 environ, je suis content d’avoir autant creusé, plus de 20s par km. Le speaker annonce que mon temps fait partie des meilleurs des dernières années, puis rajoute qu’en plus ils avaient rajoutés les 200m en plus, donc je dois pas être bien loin du record de l’épreuve. C’est cool, mais pas moyen de trouver les résultats sur internet pour vérifier !

Donc voilà, encore une victoire en trail, ça fait 3 sur 3, après St Vincent et Lestelle-Betharam. Comme je disais, de beaux lots à l’arrivée : une bouteille, un bouquet, un pâté, et même un GPS pour voiture que j’ai gagné au tirage au sort. Les 5 euros d’inscriptions ont été bien investis !

Les courses de 10km vont arriver vite. J’espère encore trouver une ou 2 courses, peut-être un peu plus compétitives, pour bien les préparer, et j’espère que les petits gênes au genou et à la cheville ne vont pas s’aggraver !

Published by benji-triathlon
commenter cet article
2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 10:00

Course réussie; mais sentiments mitigés...

Une semaine après l’arrivée de ma fille, j’avais prévu le S de Lauragais, à 2h de chez moi. Comme tout se passe bien à la maison, et que mes parents sont là pour aider Nicky, j’ai le droit de m’éclipser en début de journée pour aller m’amuser en triathlon.

J’essaye de prendre cette course juste pour le plaisir, sans objectif, mais forcément, je sais que ces petits triathlon départementaux sont souvent à portée de victoire ou de podium. La veille, à la vue de la start-list, je ne reconnais qu’un nom capable de me battre, Nicolas de Toulouse Triathlon Metropole. Il m’avait déjà mis une belle rouste à Mimizan il y a 2 ans. Cette année, j’ai un meilleur niveau, et je me dis que sur un bon jour, j’ai peut-être une chance de l’accrocher, mais cela me parait quand même très compliqué.

L’échauffement vélo se fait sous une fine pluie, mais j’y suis habitué dorénavant ! Le parcours est pas mal sélectif, un aller-retour avec des petites cotes au début, puis des sections roulantes, et au retour le contraire donc. Assez similaire à Sames du coup, un parcours qui semble me convenir, moi qui suis assez polyvalent rouleur grimpeur (à défaut de descendeur…).

Le départ se fait en 3 vagues : les femmes en premier, 10min plus tard, les mecs licenciés, et encore derrière les mecs non licenciés. Je me place bien sur la ligne de départ, mais c’est chaotique. On nous demande de nous mettre derrière une rubalise, mais certains la repoussent à la main, du coup la ligne est pas très nette. Moi-même, je tiens la rubalise par-dessus la tête. Le départ tarde à être donné et ça s’énerve. Je crois que les organisateurs attendaient quelqu’un pour donner le départ et ça a été très nerveux. Finalement on nous lâche, environ 11m40 derrière les filles, donc effectivement on a pris du retard. Pas bien grave, au contraire, ca nous donne un peu plus de temps pour les doubler. Je pars pas mal, et j’arrive à rester avec un gars en combi orange qui me paraissait bon nageur à l’échauffement, et qui donne une bonne impression pendant la course également. A la première bouée, je sais pas ce qui se passe, mais soit j’ai un coup de moins bien, soit c’est lui qui accélère, ou soit je ne suis pas attentif, mais il part devant et je n’arrive pas à le suivre. Je m’affole pas et reste dans mon groupe, mais j’ai l’impression que devant, il y a du monde. A 300-400m de la fin, j’ai l’impression d’avoir encore de la marge, et je décide de prendre la tête et d’accélérer. C’est sympa, j’ai personne devant, j’ai le gars en combi orange loin devant en point de mire, et j’ai l’impression de recoller un peu.

Je sors de l’eau et on m’annonce 6-7ème. Je suis très surpris, je pensais être plus loin, mais très content. Je pense avoir pas mal nagé, mais j’aurai du suivre le gars en orange ! Au classement, je suis 11ème, mais 3 filles ont nagé mieux que moi (!) et un non-licencié également. Dans ma vague j’étais bien 7ème donc. Je suis à 1m20 du 1er, Nicolas de Toulouse Triathlon Metropole. C’est pas énorme, mais je sais qu’il est très fort en vélo, ya qu’en CAP où je peux espérer lui reprendre du temps. Bon, en sortant de l’eau, je n’ai aucune idée des écarts bien sûr. Je reviens assez vite sur 2-3 gars devant, mais un autre me reprend. Je me rends compte qu’il coince un peu dans les montées mais qu’il envoie en descente et sur le plat. C’est un gars avec un gabarit impressionnant, et je me dis que c’est la bonne roue à suivre (j’ai pas dit à sucer !). On se retrouve 4 et 5ème assez vite, et je reste derrière à distance respectable (environ 10m), mais j’arrive à suivre en appuyant fort. On croise les premières concurrentes qui reviennent, mais au début je crois que c’est des mecs et je me dis qu’ils ont une avance très importante. Puis enfin j’aperçois le Nicolas et je vois qu’on n’est pas loin, environ 1m30 derrière. Je pensais avoir perdu près de 2min dans l’eau, donc à ce moment je pense lui avoir repris du temps en vélo, mais en fait ce n’est pas le cas. Après le demi-tour, on double les 2ème et 3ème et on continue sur un bon rythme. Je remonte le loustic devant dès que ca monte un peu, à tel point que par moments j’arrête de pédaler en montée pour ne pas le dépasser. Mais pourquoi ne pas le dépasser vous me direz ? C’était pas évident car si je me rapproche trop près de lui (dans la zone de drafting), la règle stipule que je dois le doubler, je peux pas me rapprocher et ensuite le laisser reprendre le large. Comme à chaque fois je revenais à la fin de la montée, il aurait fallu que je fournisse un gros effort pour le doubler. Effort inutile car au final il m’aurait quand même redoubler sur le plat. Et je pense que même à 10m, je bénéficiais de l’effet d’aspiration, minime certes, mais qui comble la faible différence de niveau entre nous deux.

Cette course m’a d’ailleurs fait réfléchir au drafting. Là, le gars est sorti 12s derrière moi de T1, et il me reprend au bout de 3-4km. Pourtant, sur les 15-16 derniers km, j’arrive à le suivre. Pourtant, je n’ai pas drafté. Je me dis que finalement, sur les autres courses où je doublais des gars et j’étais énervé de les voir derrière moi à T2 (surtout à Castres), il se peut très bien qu’ils aient fait comme moi, ils se sont accrochés au mental et en bénéficiant d’une aide minime à 10m, sans tricher.

Sur le retour donc, le gars me reprend du temps à chaque descente et j’arrive à recoller à chaque montée. Je ne le double qu’une fois, quand il s’arrête de pédaler suite à je ne sais quel problème (ou pour voir si j’allais passer ou rester planquer derrière ?). Il me repasse ensuite bien vite.

On arrive à T2 à peu près ensemble, et le speaker nous annonce 2ème et 3ème mais dit que le 1er a fait le trou. Ca me met un petit coup au moral mais j’essaye de rester motivé. Dès le début, je vois que mon compagnon de vélo ne pourra pas me suivre en course à pied, et que la 2ème place a l’air assuré.

Je fais finalement 3ème temps vélo, à seulement 10s de Nicolas et 21s du gars devant moi. Un bon vélo je pense donc, même si en terme de watts, c’était pas monstrueux non plus.

La course à pied se passera « bizarrement ». J’ai eu beaucoup de mal à me rentrer dedans. J’arrivais pas à me dire que je pouvais aller chercher le premier, et je redoutais presque de le voir au bout d’une des lignes droites en me disant « il va falloir que j’aille le chercher ! ». Bref, une course à pied correcte selon moi (j’avais oublié ma montre sur le vélo, donc pas de données), mais j’ai le sentiment de n’avoir pas tout donné.

Je termine donc 2ème après avoir sprinté, pour le fun, avec la 2ème féminine, Nicolas et la première féminine arrivant main dans la main 28 secondes devant. Pas si loin donc, mais Nicolas l’a attendu dans le dernier km pour arriver ensemble. Probable qu’il a perdu autour des 30s dans l’histoire. Donc j’étais proche et loin en même temps !

Je fais le meilleur temps CAP, avec 37s d’avance sur le deuxième, et 1m04 sur le Nicolas.

Sentiment mitigé sur cette course. Je n’ai pas pris énormément de plaisir, j’ai toujours eu la pression du résultat, malgré le fait que j’ai essayé de m’en détacher, et la CAP n’a pas été plaisante, je me suis battu avec mon mental toute la course.

Très content d’avoir accroché le podium bien entendu, mais c’était au final le minimum que j’espérais. Difficile de partir sur une course avec la pression de faire premier ou deuxième, même si le niveau n’est pas énorme.

Je suis également content d’avoir une nouvelle fois signé le meilleur chrono en CAP. Depuis Mimizan, j’ai toujours signé le meilleur chrono (Carca, Sames, Baudreix, Lauragais).

Je pense que je dois commencer à saturer et la coupure va faire du bien.

Published by benji-triathlon
commenter cet article
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:00

Premier petit trail "montagnard" et pluvieux

1 semaine après Baudreix, il aurait été sage de prendre un peu de repos. Mais j’avais aperçu depuis quelques jours des panneaux pour un trail de 15km pas très loin de chez moi, et j’ai eu envie de le faire. Comme la petite ne donnait toujours pas de signe de vouloir nous rejoindre, j’y suis allé !

Le coach m’avait prévenu pour la journée une natation en eau libre enchainée par 45min de course à pied bien punchy pour garder le rythme.

Je décidais d’adapter le programme en effectuant consciencieusement la natation dans le lac de Lourdes au petit matin (à l’eau à 7h !), et je traçais direct à Lestelle pour un départ du trail à 9h. J’arrivais 40min avant, le temps de payer, récupérer le dossard, et s’échauffer gentiment.

J’ai 15km de trail avec pas mal de dénivelé, et j’ai prévu d’inclure la séance prévue en course à pied : 8 fois 20 secondes très rapide, 2min rapide aux alentours de 3m30/km, 1m20 récup. Je comptais faire ces blocs une fois la course bien entamée et le Benji bien chaud. Au bout d’une vingtaine de minutes quoi. J’ai même prévu, suivant ma motivation, mon état de forme, et le déroulement de la course, de refaire une série de 8 après un peu de récup.

Il pleuviote au départ, les organisateurs sont un peu dégoutés de la météo. Moi ca ne me dérange pas, il fait pas froid, c’est déjà ça. Certains partent avec K-Way, veste, etc… je ne suis qu’en trifonction. J’ai appris que quand il pleut, finalement il vaut mieux avoir une trifonction saillante qui reste un peu sèche qu’une veste trempée qui colle à la peau.

On est une petite cinquantaine, et j’imagine que la gagne sera jouable, même en intégrant les exos.

Au départ, je ne me mets pas en première ligne car jusqu’au dernier moment je programme ma montre pour bipper aux 20s/2min/1m20 des exos, et comme ce n’est vraiment pas dense je pourrai remonter facilement.

Et c’est parti ! Pour une fois, cela part vraiment pépère, je suis vraiment surpris ! J’imagine que les 1200m de dénivelé doivent faire peur à tout le monde ! Je remonte très rapidement, et je dors du peloton, le premier est 15mètres devant. Je le rejoins assez rapidement et me colle à son rythme. Je suis facile, et je me dis que la gagne devrait pas être trop difficile à aller chercher. On discute un peu, se disant qu’il n’y a pas grand monde, que la pluie a rebuté la plupart, la discussion du samedi à la boulangerie quoi…

Au bout de quelques minutes, je regarde ma montre : on est à 15km/h, effectivement assez tranquille pour moi pour un début de course. On arrive à la première partie trail en montée/forêt, et 2 autres nous ont rejoint, on court à 4. Je suis premier, et dès le début je vois un embranchement sans signalisation. Je pars à droite mais très vite je demande à mes compagnons s’ils pensent pas que c’était à gauche. Un mec répond que c’est bon, mais je doute, car on passe de plus en plus de petites pattes d’oie sans indication et les chemins ne me paraissent pas bien larges. Je m’arrête et les laisse passer car je ne sais plus où aller. Je reste derrière, je suis tranquille, mais je sens qu’on est perdu. Finalement le gars devant dit qu’on est perdu mais sait comment retrouver le chemin. On coupe un peu à travers bois et on retrouve le chemin, avec des gars qui sont en train de monter. On se retrouve aux environs de la 15èmeplace, mais on remonte vite, comme on peut, et j’essaye de pas trop gêner ceux que je double. Certains me demandent ce qu’on fait là et je leur dis qu’on s’est trompé. Je demande en revenant vers les premières positions si le 1er est loin, et on me répond que non, qu’il est juste devant.

J’accélère un coup et passe en 1ère position en haut de la première petite bosse. On est sur un champ et on court dans des traces de tracteurs en dévers, pas idéal pour les chevilles.

C’était d’ailleurs le but numéro 1 : ne pas se blesser. But numéro 2 : faire un bon exercice. But numéro 3 : se faire plaisir et si possible gagner.

Je me fais reprendre sur la petite descente mais on arrive sur une partie bitumée et je décide de commencer mon exo. Pan ! Je démarre à 20km/h, les autres doivent se demander ce qui m’arrive. J’avais hésité à les prévenir mais finalement je me suis dit : ils verront bien. Je gère ces premiers blocs comme je peux, car ça monte, ça descend, mais les autres ne reviennent pas sur moi malgré mes 1m20 de récup. Je dois faire 2 blocs avant d’arriver sur la 2ème partie trail en montée dans la forêt. Et là, c’est un vrai trail de montagne ! On monte sec, sur des chemins caillouteux, boueux. Je continue mon exo en faisant 20s aussi rapide que le permet le terrain, 2min où je cours en montée, et 1m20 où je marche ou trottine si pente faible. Mais j’ai l’impression de bien creuser le trou. Et ça monte, et ça monte, ça n’en finit pas. A l’occasion d’une grande courbe, je regarde derrière, et je n’aperçois personne, je me dis que pour la gagne c’est tout bon, je vais pouvoir gérer tranquillement la fin de course. Enfin j’arrive en haut, il commence à faire froid. On court à travers un petit chemin, et de part et d’autre il y a des herbes hautes trempées qui nous aident pas à nous sécher. Je fais attention à où je mets les pieds pour éviter la blessure, mais j’ai bien aimé cette partie. D’abord parce que je me suis senti super fort, j’arrivais à courir en montée alors que d’habitude il faut que je marche, et c’était agréable de courir en tête, un peu seul au monde. Je me disais que finalement le trail c’est sympa. Mais la descente est arrivée, et je me suis souvenu pourquoi j’aimais pas trop ça en fait !

Le début de la descente est assez roulante mais sur de l’herbe en dévers, hyper casse-gueule, puis sur un chemin boueux très raide, où je suis quasiment à l’arrêt et où je m’accroche aux arbres pour pas tomber. C’est un bon calvaire, et quand j’aperçois enfin un peu de bitume, j’entends des pas derrière ! Pff, toute mon avance évaporée ! Je sais pas j’avais combien d’avance en même temps, mais je pense quelques minutes car j’ai creusé dès le début de la montée et je ne pense pas avoir faibli, donc j’imagine avoir creusé toute la montée. Bref, 2 gars me rejoignent, mais la descente n’est pas fini, on doit courir sur une pente avec des cailloux/graviers. Il n’y a pas de virages, mais un gars me double et va très vite. J’essaye de m’accrocher mais c’est difficile de courir à cette allure. Bon, j’espérais terminer en refaisant une série de blocs, mais je passe en mode « coursier » et je vais aller chercher la gagne. On arrive sur du bitume à peu près plat, et je me pose pas de questions et accélère direct pour reprendre le gars devant et commencer à prendre de l’avance en prévision de la prochaine descente. Et on remonte ! Moi qui pensait que c’était presque terminé ! Je me dis qu’il faut que je refasse le trou pour espérer gagner et je m’emploie à aller le plus vite possible en courant en montant, et dès que ça devient un peu plat, je me mets à très bonne allure. Je manque de me tourner la cheville 2/3 fois quand on court dans des ornières sans vraiment voir où on met les pieds à cause de l’herbe dense… Mais malgré quelques douleurs, ça passe, et le lendemain je ne sentais plus rien aux chevilles. On rejoint la même route qu’au départ que l’on doit faire en sens inverse, mais à une intersection, je ne vois pas de rubalise pour savoir si c’est à gauche ou droit. Un bénévole quelques mètres avant m’avait indiqué « comme au départ » mais je me souviens plus. Je lui redemande et enfin il m’indique le chemin. 20s de perdus ! On revient sur le bitume, mon terrain, et j’essaye encore de creuser l’écart. J’ai la visu sur le 2ème, je dois avoir proche de la minute, mais il y a encore de la descente. Je me dis que ça va le faire. Je fais une bonne descente, et j’aperçois la route en bas, et j’entends personne derrière. C’est gagné ! Dernier passage boueux : shlop ! Mince, ma chaussure est restée coincée ! Hop, demi-tour, je récupère la chaussure, la remet, repart. Shlop ! L’autre chaussure ! Oh la la, j’aurai pas du prendre les lacets de tri. Re-demi-tour, je reprends la chaussure, commence à la remettre, et j’entends des pas d’un gars qui arrive en déboulant. Tout est encore à refaire ! Moi qui comptait faire la dernière portion tranquille ! J’arrive à sortir du bain de boue enfin (pour la petite histoire, j’avais perdu une première fois sur la première montée la chaussure dans un bain de boue similaire…), et je me retrouve sur le bitume. Là, je repars comme un débile mental sur 200-300m, mais à un moment il faut que je me rende à l’évidence : je peux pas tenir ce rythme encore longtemps et il reste encore presque un km. Je lève un peu le pied mais ne regarde pas derrière et continue aussi rapidement que je peux. Dernière partie sur l’herbe, où j’ai un doute sur la direction à suivre… Et arrivée enfin. Pas grand monde pour nous accueillir, normal, c’est une petite orga, mais je suis content de gagner car je me suis bien employé mine de rien.

Au final je gagne avec moins d’une minute d’avance sur le 2ème et le 3ème, mais j’avais quand même l’impression d’avoir gagné facilement. 1h20 pour 15km et 1200m de D+ (et autant de D- du coup), je pendais pas que ce serait si long (11,2km/h).

Le téléphone, avec lequel j’ai couru, n’a pas sonné pendant la course, la petite a eu la bonne idée d’attendre encore quelques heures avant de se pointer ! En même temps, je captais que dalle sur les hauteurs de Lestelle…

Encore une victoire, ça fait 2 victoires pour 2 trails depuis que je suis dans le Béarn ! C’était plaisant comme course, et je pense qu’en fin de saison j’essaierai une nouvelle fois quelques courses.

En plus, j’ai gagné un diner pour 2 dans un resto de Lestelle, beau cadeau !

Pas sûr que c’était hyper intelligent à ce moment de la saison, où j’ai plutôt besoin de récupérer, de me défoncer les cuisses sur une petite course de village, mais je me suis fait plaisir, et c’est bien le plus important.

La réalité m’a bien vite rattrapé : Dès le lendemain, j’ai eu des courbatures aux cuisses comme j’en avais jamais eu, sans doute dû aux descentes ou ça a beaucoup tapé, et je les ai gardé pendant 4 jours ! Mais bon, difficile de se plaindre de douleurs aux cuisses quand sa femme vient d’accoucher !

Published by benji-triathlon
commenter cet article
18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 10:00
CR du S de Baudreix 2016

Un beau podium !

Ce triathlon S de Baudreix, organisé par mon club La Tribu 64, et donc sur des routes familières (quoi que plus en voiture qu’en vélo en général), devait clôturer ma première partie de saison. L’objectif affiché de début d’année était de monter sur le podium, et effacer la déception de l’année dernière où je terminais 14ème à plus de 9min de la gagne. La forme revenant en ce début d’année, mon objectif changeait et j’espérais me battre pour la victoire. Quelques semaines avant, j’apprends la participation de Fred Belaubre, champion de France distance L en titre, sur la course. Passé la déception de savoir que la victoire ne serait pas atteignable, je vois cela comme une opportunité de faire la course avec lui, et de pouvoir me comparer et essayer de monter sur le podium avec lui, ce serait sympa.

La course gagnée à Sames il y a 2 semaines m’enlève beaucoup de pression, je considère avec cette victoire que ma saison est réussie, et que le reste sera du bonus.

La semaine avant la course est un peu perturbée par les travaux à la maison, et j’ai « les jambes lourdes » les jours précédant la course. J’essaye de lever le pied les derniers jours, mais le matin en me levant, je n’ai pas de supers sensations. Faudra faire avec ! Je suis confiant en mes capacités. Je commence à connaitre les gars du coin qui sont de mon niveau ou au-dessus, et j’ai pris l’habitude de regarder les start list pour voir mes potentiels adversaires. A Baudreix, malgré plus de 300 partants, je ne recense, à part Belaubre bien sûr, qu’un gars potentiellement de mon niveau, Jérôme de Villeneuve sur Lot. Je l’avais battu sur ce même triathlon il y a 3 ans mais seulement de quelques secondes, et il m’avait battu au duathlon de Carcassonne en début d’année. Il a un profil très similaire au mien : pas mauvais en nata et vélo, et bon coureur. Je me dis que la 2ème place devrait se jouer entre nous deux, mais je suis confiant d’être un peu meilleur que lui dans les 3 disciplines cette année. Mon coach me conseille de tout faire pour appuyer en vélo et rentrer avant lui à T2 car il pense que je serai un peu moins fort en CAP. Je ne le pense pas, mais j’essaierai quand même cette « tactique ».

Il pleut ce matin, et il fait meilleur dans l’eau qu’à l’extérieur. Cette course est aussi l’occasion pour moi de représenter les couleurs de mon club à domicile, devant mes amis, et je me mets quand même un peu de pression pour faire du mieux possible.

Le départ est dans l’eau, sur une largeur assez importante, et je prends l’option du départ à gauche, même si à droite c’est sans doute un peu moins long. Mais bon, la première bouée est à au moins 300m. Si je me décale au départ de 20m, Pythagore nous dit que je nagerai 66cm de plus. Si ca peut m’éviter la baston, je prends !

Dès le départ, je suis content de mon choix car je ne prends pas de coups, et je peux nager « tranquille ». Mais je vois 2 pointes se former de part et d’autres, et je me dis que je vais sortir loin derrière. Je nage seul un moment puis je me raccroche à une pointe jusqu’à la première bouée. Sur le retour, les gars devant dévient pas mal à droite, je me sens bien, et je pars de mon côté en ligne droite (enfin, c’est ce que je pense, peut-être c’est eux qui allaient tout droit et moi qui ait dévié à gauche, mais je ne pense pas). Je nage pas trop mal j’ai l’impression et je sors avec quelques gars autour de moi. Je suis très surpris quand mon prez de club m’annonce 6 ou 7ème. Les gars partis fort devant ont du ralentir !

En regardant les résultats, je ne fais pas une super natation, je perds encore quelques secondes par rapport aux gars qui étaient à Sames. Finalement, le fait de ne pas être gêné au départ me fait prendre peut être un départ trop prudent et me fait perdre les pieds des gars qui partent très vite ? Après, c’est pas catastrophique, une dizaine de secondes de perdues, mais j’ai l’impression de perdre petit à petit depuis ma natation de Mimizan où j’avais été très fort. Je sors 6ème donc, à 2m30 de Belaubre (je m’attendais à perdre encore plus), et 37s du 2ème, pas loin quoi, mais j’aimerai réussir à franchir encore un palier en nat, qui me permettrai de sortir dans le 1er pack sur ces petits triathlons départementaux.

Transition moyenne (8ème temps, à 14s des meilleurs), et c’est parti pour le vélo.

Effectivement, comme redouté, les jambes ne répondent pas vraiment présentes. C’était pressenti les jours avant, et pendant l’échauffement, mais j’espérais un petit miracle tout de même. Je ne m’accroche pas à tout prix à ma puissance cible, et je fais ce que je peux. Mais quelques coups d’œil sur mon capteur de temps en temps me montrent que je suis quand même 20-30w au-dessous de ce que j’espérais et ce que j’avais fait à Sames. Malgré cela, je remonte les concurrents, et j’entends Nicky au bord de la route avec Anthony m’annoncer mon classement (5 ou 6ème à ce moment-là). Ça me permet, au fur et à mesure des dépassements, de me situer. Je passe rapidement 4ème, puis 3ème. Le parcours est quasi tout plat sur les 5 premiers km, puis 5km de très léger toboggans, on monte une belle petite bosse de 200m, et demi-tour. Je me retrouve derrière le 2ème, un jeune de Pau que je reconnais. A Sames, je l’avais passé facilement, mais là j’ai plus de mal. Je suis obligé de fournir un gros effort pour le doubler. Me voilà 2ème derrière Belaubre. Je continue en essayant de garder le rythme et une position aéro. Sur un des toboggans montant, j’aperçois un gars qui me remonte doucement et se porte presque à ma hauteur, puis redescend derrière. Bon, j’imagine que c’est Jérôme, il est donc juste là, et il est revenu sur moi en vélo ! En fait, je lui ai pris 21s en natation, mais il m’a repris 13s en transition, et donc il m’a rattrapé au bout de 7-8km.

Je reste dans mon rythme et se profile la bosse. Dès les premières secondes, il me passe, et je constate que c’est effectivement Jérôme. Il me prend quelques secondes dans la bosse où je n’arrive pas à vraiment me lâcher, mais j’arrive à revenir sur lui juste après, et je constate avec grand étonnement qu’il a l’air encore moins à l’aise que moi sur les virages (la route est mouillée). Sur le retour, je me cale 10-20m derrière en me disant « il est revenu sur moi, il est sans doute meilleur aujourd’hui, faut pas que je le laisse prendre de l’avance en vélo ». Sur les toboggans montants, il faut que je m’emploie pour pas le laisser partir, mais après sur le plat je suis assez facile. Je reste comme ça 6-7km puis les instructions de mon coach me reviennent à l’esprit, je me dis que j’ai encore de la force à donner en vélo, je sais qu’on arrive dans une partie avec quelques virages et rond points, et je me dis que je vais tout donner dans les derniers km pour essayer de creuser un petit trou et rentrer en T2 avec un peu d’avance. On a également pu croiser Belaubre au demi-tour, et constater qu’effectivement, la course pour la 1ère place ne nous concernait pas !

Je double donc Jérôme et je poursuis mon gros effort jusqu’au bout, en ne réfléchissant pas à la suite ! On arrive à T2, et je cafouille un peu mon enlevage de pieds des chaussures, je perds de la vitesse, et 100m avant T2, il me passe devant. Du coup, je pose le vélo dans sa roue à T2, ça craint, ça laisse penser que je lui ai sucé la roue toute la course ! En vérité, je suis resté derrière donc environ 6km, et je pense avoir respecté les distance tout du long.

Pas très content de ce vélo, mais finalement je fais quand même le 3ème temps, à quand même 2min de Belaubre. Comparé à d’autres triathlètes qui étaient à Sames, je vois que quand même je fais beaucoup moins bien. Dans un bon jour, j’aurai espéré 1 minute, voire plus, en moins. Mais bon, on peut pas être au top tous les jours !

A T2, je me dis, « un coup d’épée dans l’eau ! », tant pis, va falloir être fort en course à pied. Malgré l’avertissement de mon coach, je me sens fort et je pense être capable de « gagner » (être 2ème quoi ! ). J’essaye de faire une bonne T2, et on est cote à cote dans le couloir pour se rendre au parc. Je me dis qu’il faut pas que je sorte avec quelques secondes de retard, car ca peut se jouer sur le mental. Je fais une bonne T2, mais le froid a un peu engourdi mes doigts, et je galère une ou 2 secondes à déclipser ma jugulaire de casque, le stress monte d’un coup, mais j’y arrive finalement. Je pars comme une bille et on sort exactement ensemble du parc à vélo. Les encouragements fusent de toutes parts : autant de « allez Benjamin » que de « Allez Jérôme », et je dois dire que c’est assez tripant d’être dans la lutte comme cela. Jérôme prend les commandes et impose un très gros rythme sur les premiers hectomètres. Je connais le parcours, le début est en montée douce, mais elle peut faire très mal. J’essaye « d’absorber » l’accélération de Jérôme, mais je le laisse prendre 5 mètres d’avance pour ne pas me mettre trop dans le rouge, mais j’y suis un peu quand même ! Je vois que je reviens assez facilement sur la descente et le plat qui suit. Je me porte à sa hauteur et on court cote à cote un moment. Je me rends compte que j’ai bien récupéré de la première montée, et je me sens fort. Je ne dirai pas que je suis « facile », mais j’ai encore une petite marge. Je me dis que je vais courir avec lui et essayer d’accélérer à un km du but environ, mais je vois au fur et à mesure qu’il a l’air de souffrir et que moi je me sens de mieux en mieux. Finalement, au bout de 2km environ, j’accélère doucement, pas franchement, et je vois qu’il ne suit pas, et c’est parti pour un contre la montre de 3km où je vais tout donner. Un peu avant, j’avais tenté la petite blagounette en disant quand on courait côte à côte : « allez, il est pas loin », mais finalement je n’étais pas si facile que ça, et je dois l’avoir juste soufflé, car Jérôme ne réagit pas. Je crois Belaubre qui a plus d’un km d’avance, et sa foulée est impressionnante d’aisance et de vitesse. Moi je suis en mode « arrache » pour essayer de creuser le trou le plus vite possible et dégouter mon adversaire. Au demi-tour, je vois Nicky et Anthony, mais j’ai du mal à décrocher un sourire ou un signe de la main. Elle m’encourage, et je vois que Jérôme n’est pas bien loin, une dizaine de secondes peut être. Il va falloir cravacher ! Par contre, je vois que le 4ème est loin. J’espère qu’en voyant cela, Jérôme va se dire : « allez, 3ème place assurée, c’est pas la peine de me mettre minable et de me battre pour cette 2ème place », et j’essaye d’en remettre une couche. Les dernières minutes sont très longues, on court à côté du lac, et j’essaye de calculer combien de km il me reste. Je ne regarde pas derrière et je continue à tout donner. On court sur les graviers et cela fait du bruit, j’ai toujours l’impression que quelqu’un est juste derrière moi. Finalement, on arrive à la fin, je me permets enfin de regarder derrière moi, je ne vois personne, et je savoure les 50 derniers mètres, il y a beaucoup de monde et d’encouragements, je suis très content et je finis 2ème donc.

J’ai l’impression d’avoir fait une très bonne course à pied, et le classement le confirme, 1er temps, quelques secondes derrière Belaubre en CAP (je me fais pas d’illusion, il a fait la CAP bien en dessous de ce qu’il peut faire, avec 5min d’avance, mais quand même, ça fait plaisir !).

J’arrive finalement avec 40s d’avance sur Jérôme et 4m40 de retard sur Belaubre. Moins de 5min, c’est une très belle perf à mon avis, mais finalement cela ne veut pas dire grand-chose car vu le manque d’adversaires, il n’a pas eu à faire la course à 100%. Le 4ème est loin, à presque 4min.

Je n’ai pas encore eu le temps de voir ma vitesse sur cette CAP, mais je pense avoir fait une très belle CAP.

J’échange quelques minutes avec Belaubre, très accessible et sympathique, puis je dois aller aider Nicky qui note les dossards avec Anthony au demi-tour. C’est reparti pour 2,5km, puis 2,5km retour avec Anthony dans la poussette, en guise de décrassage trop rapide ! Au podium, je monte avec Belaubre, hop photo souvenir, qui éclipse le podium d’il y a quelques années avec Jalabert, et voilà !

Impression quand même mitigée sur cette course. Content du résultat et de ma course à pied, mais un peu déçu de mon vélo. Je n’arrive pas à être constant et fournir un effort complet dans les 3 sports de manière répétée. Néanmoins, je suis content du niveau atteint, qui me permet d’aller chercher des podiums sur ces courses départementales, même en n’étant pas au top du top !

Par rapport à l'année dernière, où la course avait été difficile et je voulais absolument me rattraper, on peut dire que je suis content d'avoir pris ma revanche. Aux chronos ca donne, sur un parcours identique, aux transitions près qui ont été inversé entre T1 et T2: 7min de gagné au total (j’annonçais l'année dernière vouloir gagner 6-7min, gagné !).

Après cette course, c’est un peu l’inconnu. Avec la famille qui s’agrandit, je ne sais pas quel entrainement je pourrai faire ces prochaines semaines/mois, et à quelles courses je pourrai participer. C’est pour cela que Baudreix clôt la « première partie de saison », mais j’espère quand même continuer à faire des courses jusqu’à septembre, si tout se passe bien à la maison.

CR du S de Baudreix 2016
Published by benji-triathlon
commenter cet article
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:00

C’est qui l’Patron ?!

J’étais à Sames ce WE, petit village à la limite du Pays-Basque, du Béarn, et des Landes, à 1h10 de chez nous. Il y avait 2 triathlons, un S le matin, support des championnats départementaux du 64, et un M l’après-midi, support des championnats régionaux d’Aquitaine. J’avais un temps envisagé de doubler une nouvelle fois S et M, mais finalement, avec coach Nick, on a décidé de ne faire que le S, pour se préserver pour Baudreix 2 semaines plus tard, qui est mon dernier vrai objectif de cette saison.

Le S n’était pas véritablement un objectif, mais il n’en restait pas moins que j’ai à cœur de bien performer. Objectif : victoire… rien de moins ! Bien prétentieux moi qui n’ai jamais gagné un triathlon (si on excepte le XS indoor de Comminges sur des vélos d’intérieur). J’avais regardé le classement des 2 années précédentes, et je m’étais dit, en regardant les chronos des athlètes que j’avais déjà croisé, que la victoire était assez largement dans mes cordes, du moins les années précédentes.

De plus, le M l’après-midi va sans doute attirer les meilleurs, étant donné qu’il désignera le champion d’Aquitaine, et le même weekend a lieu les championnats de France Jeunes, donc les meilleurs cadets et juniors, qui ont l’habitude de finir devant moi, ne devraient pas être là non plus. Bref, tout est réuni…

Quelques jours avant le départ, je regarde la start-list, et je n’identifie personne que je ne pense pas pouvoir battre. La porte est ouverte donc, et je vois 2 voire 3 challengers : le gagnant de l’année dernière, Flavien, le 2ème de l’année dernière, Florian, et un gars de Pau qui est fort à vélo, mais que je dois pouvoir battre grâce à la nata et à la course, Fred. Le matin de la course, je regarde les dossards pour le cas où je les croise en course : 1 pour Flavien, 57 pour Florian, 59 pour Fred.

Je suis confiant la matin de la course, et pressé d’en découdre.

J’appréhende un peu le départ natation, car j’ai toujours du mal à me placer en 1ère ligne et ca risque de tabasser une nouvelle fois car le début est étroit.

On part sur la plage. Au début, un arbitre « raisonnable » nous positionne 3-4m derrière l’eau, et je suis bien placé, en 1ère ligne, du bon côté pour tirer tout droit à la première bouée. Mais un 2ème arbitre nous fait reculer derrière les oriflammes, 5mètres plus haut, où s’entassent déjà pas mal de monde. Du coup on se resserre, et je saute de la 1ère ligne et me retrouve en 2ème. Je me dis que je dois sprinter au début pour essayer de passer devant. Une femme a la corne de brume dans sa main et je guette son mouvement, mais elle commence à décompter « 3-2-1… ». Alors bien sur personne n’attend « zéro », impossible de gratter du monde au départ, et c’est parti pour la foire d’empoigne. Donc message aux organisateurs (pas simplement de ce triathlon d’ailleurs, cela se fait souvent) : un compte à rebours pour le départ est une mauvaise idée ! Ca encourage les faux départs, qui ne sont d’ailleurs pas sanctionnés en triathlon. On n’imaginerai pas cela sur une autre épreuve, je ne sais pas pourquoi on le fait en triathlon. Peut-être pour le côté « festif », avec les spectateurs qui reprennent en cœur le décompte ? Mais sportivement, c’est pourri !

Donc, j’arrive à peu près en même temps que tout le monde dans l’eau, et je m’écrase comme une m… dans l’eau, car je prends un pas de trop dans l’eau avant de tenter le plongeon. Le pas de trop où je n’avais pas pied, je vous laisse imaginer… Départ raté donc, je m’active, et c’est la guerre ! Je suis quasi à fond pour essayer de m’extraire de la masse, j’arrête pas de rentrer dans un gars à ma gauche. Je me dis que je vais me prendre un vrai coup de poing si le mec est con, mais mieux que ça, il prend appui sur mon épaule gauche, me coule et me pousse vers l’arrière. Ah ouais d’accord, c’est comme ça sur les courses de village alors ? Je me remets immédiatement dans l’allure et arrive à trouver un couloir de nage, et je suis surpris que j’arrive à remonter pas mal, dont certains qui n’avancent vraiment pas terrible il me semble (je me demande comment ils sont là d’ailleurs !), et j’arrive à accrocher les derniers pieds du groupe qui me semble être le groupe de tête. Mais je n’arrête pas de dévier à gauche, et j’ai du mal à rester bien dans les pieds et profiter de l’aspiration. J’essaye de retrouver mon souffle, mais je suis limite à la rupture. La première bouée arrive et j’essaye de me dire qu’il faut que je tienne au moins jusqu’à la première bouée. Située à environ 350m, je vois qu’effectivement personne n’a réussi à prendre de l’avance, je suis dans le groupe de tête, qui est très étirée, on est moins de 10 devant je pense. Au virage, je suis pas mal, mais un peu après, je n’ai pas trop compris ce qui s’est passé, je crois que l’avant-avant-dernier du groupe a fait un écart ou a lâché, l’avant-dernier (devant moi donc) a fait l’effort pour boucher le trou avec le gars devant, et moi (le dernier donc) je n’ai pas réussi à l’accrocher, et je suis resté avec l’autre qui avait lâché. Au bout d’un moment, j’ai essayé de passer devant pour relancer l’allure et pas perdre trop de temps sur les premiers, mais finalement on a nagé côte à côte les 200 derniers mètres. J’arrive sur la plage pas très content de moi, en me disant que j’aurai du réussir à accrocher le 1er groupe, mais je ne suis pas loin derrière. La montée au parc à vélo, j’essaye de reprendre mon souffle, et mon compagnon de baignade part devant.

Arrivé au parc, je vois le dossard 1 qui est encore à son emplacement, et ca me donne un coup de booste, car j’avais vu que l’année dernière il était sorti 2ème de l’eau, je pensais donc qu’il était assez fort en nata. En fait, après la course, je me suis rendu compte qu’il avait fait le S de Mimizan avec moi, qu’il avait fini 7ème, et que j’avais réussi à lui prendre 13s dans l’eau. Ce qui confirme que j’avais vraiment fait une bonne nata à Mimizan (avec un bon départ) et que je n’ai pas nagé terrible à Sames (avec un mauvais départ). Donc au final, pas terrible d’être derrière lui, mais paradoxalement ça m’a bien motivé en pensant que j’avais pas mal nagé !

En regardant et analysant les résultats, je suis 6ème à 42s du 1er. Je perds 22s sur Flavien et 10s sur le jeune qui était sorti avec moi de l’eau. Je perds donc 10s sur lui à la transition, ca fait beaucoup quand même. Comparé à d’autres athlètes qui avaient fait St Pée et/ou Mimizan, je peux confirmer que j’avais très bien nagé à Mimizan, et pas terrible à St Pée. Ici, à Sames, je suis à peu près à mon niveau. C’est dommage de ne pas avoir pris un bon départ, je pense que j’aurai pu accrocher les pieds devant et sortir avec le groupe de tête.

Une T1 nominale, avec toujours un peu de mal pour sauter sur mon vélo, et quelques secondes de perdues. J’ai encore le palpitant bien haut, et la tactique à vélo était : 1km pour reprendre son souffle, puis la première montée pour se mettre en jambes, et après on appuie sans réfléchir. C’est pas mal comme tactique, hein ? Encore faut-il réussir à la mettre en application ! Pour ce qui est du 1km pour reprendre son souffle, c’est bon, je sais faire. J’en profite également pour mettre les chaussures sur le vélo, et voir sur la première ligne droite que les premiers sont à priori pas trop loin. A priori car je vois pas mal de cyclistes devant à 300-400m, et 2-3 motos devant. Je pense (j’espère) que ce sont les motos ouvreuses et je me dis que je ne suis jamais sorti aussi proche de la tête de course en nata. La première côte arrive, je l’avais repéré, comme le reste du parcours, le matin même. Courte mais bien pentue, j’essaye de ne pas m’enflammer mais la monte à bon rythme et commence à rattraper du monde. J’insiste sur le faux plat qui suit, et je dépose quelques concurrents. Je vois au passage que le numéro 59 n’est pas le bon cycliste de Pau que je croyais, mais son fils, qui a bien moins de puissance en vélo, et qui n’est à priori pas assez fort pour jouer la gagne. Devant, j’aperçois plus qu’un cycliste et une moto devant. J’espère que c’est la tête de course, et je vois que c’est le dossard 1.

La 2ème côte arrive, et je refais le retard qui me restait et me retrouve derrière lui. Je ne prends aucun risque avec le drafting et je reste 10 bons mètres derrière. Je vois que je suis plutôt à l’aise mais je temporise un temps. Arrive le passage le plus technique, une descente rapide avec un tournant, puis 2-3 virages serrés sur le plat. Je suis surpris de voir que je perds direct 50-100m sur lui, que je grignote petit à petit. Je suis encore derrière quand arrive la 3ème bosse, et je refais l’effort pour revenir sur lui avant la fin de la bosse car je sais que la descente est juste derrière et je veux essayer de suivre ses trajectoires. Souvenir de Carcassonne où je n’avais pas fait la jonction en haut de la bosse et j’avais perdu 30s dans la descente. Cette fois la descente n’est pas sinueuse mais rapide, et je ne perds pas de temps, avec une pointe à plus de 65km/h. Vitesse limite pour moi, je faisais pas le malin ! Je suis une nouvelle fois bien calé derrière. Un arbitre nous passe, je suis à bien plus de 7m, pas de problème. Le gars devant est bien nerveux. Depuis le début il n’arrête pas de se retourner, pour voir si je suis encore derrière ? pour voir si je drafte ? Je sais pas mais je me dis qu’il n’est pas serein, et qu’il m’a vu déjà revenir 2 fois (au début et après la descente) et il doit se rendre compte que je suis plus fort. Je temporise encore 1 minute derrière, je vois que je suis en dessous de ma cible, et je me lance, j’appuie fort sur les pédales pour le passer assez vite, pour éviter de prendre une pénalité déjà, et pour essayer qu’il ne s’accroche pas. Je le double au 10ème km.

Au début je me remets à ma cible, voire un peu plus, pour creuser l’écart, puis je souviens de Castres, où j’avais appuyé fort sur le plat, mais peut-être pas assez fort en côte, pour se débarrasser d’éventuels drafteurs. Alors je temporise en attente de la dernière côte car je sais qu’après il y a 10km de plat et il faut que je crée un petit écart avant d’arriver sur cette portion, et je compte le creuser dans la dernière côte. Elle arrive vite, au km12,5, et je la monte fort, en 1m30 à 24km/h environ, je jette un coup d’œil derrière au sommet, je ne vois pas le 2ème, et je fonce dans la descente pas trop technique derrière. D’ailleurs, je ne suis toujours pas sûr d’être 1er, car des motos continuent à nous doubler, et même un arbitre, et je me demande si quelqu’un n’est pas devant. J’en doute car la moto devant (qui a fait un super job d’ailleurs, en étant tout le temps 30-50m devant, jamais moins, pour éviter le drafting) m’a vraiment l’air d’être ouvreuse. Arrive la dernière portion de plat, plus question de réfléchir, et j’appuie fort sur les pédales, un peu au-dessus de ma cible, en me disant que ça va tenir ! J’essaye de rester concentré sur ma position aéro, de continuer à boire, mais les minutes sont longues. Je regarde souvent ma montre et compte les minutes qui restent : plus que 10, plus que 8, plus que 6. J’avais repéré tout le parcours le matin même et j’essaye de me souvenir du parcours. Je sais qu’à la fin de cette portion, on passe sous un petit pont et on a un virage serré en montée à droite, et après on est presque arrivé. Je guette donc ce pont, et au bout d’un moment, forcément je le vois. Aparté: plusieurs fois je me suis dit « allez, c’est trop dur, j’enlève une dent », et j’ai passé une vitesse, mais 2 secondes plus tard, j’arrivais à me remotiver en me disant « ya pas moyen, tu peux tenir », et j’ai repassé la vitesse. Au final c’est passé, je n’ai pas faibli sur la fin.

Une de mes sources de motivation, quand ca devenait difficile: "allez, Antony (pas mon fils, le triathlète) est sur l'IM de Nice en ce moment, et il va plus vite que moi maintenant, et pourtant je n'ai que 25km à faire, je peux bien essayer d'aller aussi vite !". Je sais pas si ça m'a aidé mais j'y ai pensé plusieurs fois.

Arrive le fameux pont donc, et je me fais doubler par 2 ou 3 motos de l’orga. Je me dis une énième fois : « mais qu’est-ce qu’ils foutent 3 ou 4 autour de moi, pourquoi ils vont pas suivre d’autres personnes derrière ? ». Et puis je me dis qu’on arrive à ce virage serré et que j’espère qu’elles vont pas me ralentir, comme à un droite-gauche un peu avant où j’avais du en doubler une. Et là ca loupe pas, je suis derrière une moto, elle ralentit, je vais pour la doubler (à gauche donc), mais je sens le coup foireux, et je freine en gueulant pour signaler ma présence, et ça loupe pas, il était en train de se ranger sur la gauche, sans regarder si j’étais derrière ! Craignos quand même ! Du coup il donne un coup de guidon à droite pour se replacer et j’arrive à passer, je suis quitte pour 2-3 secondes de perdues, une relance un peu plus longue et punchy que ce que j’aurai aimé et un mini coup d’adrénaline. Il reste 2km, mais ils me paraissent bien longs. Plusieurs fois je crois entendre un vélo derrière et je me dis : « ça se trouve yen a un qui est revenu de l’arrière ». Ca y est, on arrive à T2, et plein de gens m’encouragent et applaudissent, et j’essaye de voir sur leur visage et leur gestuelle s’ils regardent et applaudissent également derrière, pour voir si quelqu’un est proche. Mouais, c’est pas évident.

Je suis pas lucide car j’ai oublié d’enlever mes pieds des chaussures sur le vélo, et je m’en rends compte 20m avant la ligne. J’essaye tant bien que mal d’enlever au moins un pied, mais je n’y arrive pas et me résous à descendre du vélo de manière classique mais pas très efficace. Je cours donc avec mes chaussures de vélo au pieds (heureusement sur de l’herbe) jusqu’à mon emplacement où j’enfile les chaussures de course. 5-10s de perdu dans l’affaire ! J’entends le speaker « il a creusé l’écart » et ça me met en confiance.

Finalement, je fais le 1er temps vélo, assez largement : 2ème à 30s, 3-4ème à 1min environ, puis les autres au-delà de 1m50. Un relais fait mieux que moi, de 7 secondes ! Comme le temps vélo prend en compte T2, je pense que c’est là qu’il me gratte les 7 secondes ! Par rapport à Mimizan, je fais des écarts par rapport à des gars qui ont roulé à peu près comme moi. Ca confirme que j’ai très bien roulé à Sames, un peu moins bien à Mimizan, et que le parcours mixte valloné/plat sans trop de descente et virages techniques, est fait pour moi. Après, par rapport aux autres, j’avais un meilleur équipement (roue pleine, casque aéro), c’est sûr que ça aide. Mais je crois que c’est la première fois que je fais le meilleur temps vélo sur un triathlon, nouvelle source de satisfaction. 39m20 pour 25,4km, soit 38,8km/h. Avec les 4 cotes, c’est une bonne moyenne. Le beau revêtement et le fait qu’il n’y ait pas eu de vent a bien aidé, mais aussi proche de 40km/h malgré le dénivelé (environ 150m), j’en suis très satisfait.

Je pars sur la course à pied à fond, avec l’intention de ne pas laisser l’espoir au 2ème, et le VTT ouvreur est devant moi, je lui demande si le 2ème est loin. Il comprend mal en me disant que c’est moi le premier. Bon, c’est déjà ça, ça confirme que je suis premier. Je lui redemande et il dit qu’il ne sait pas. Allez, je me reconcentre et c’est parti. Le parcours est en 3 boucles autour du lac. Une première partie bitumé, mais avec pas mal de gravillons, et une deuxième dans l’herbe et les cailloux, un peu dangereux pour les chevilles, puis une troisième avec une petite cote sur l’herbe, mais assez pentu, avec quelques virages, puis 1 ou 2 zigzag serré.

Je pars très vite donc, mais au bout de quelques dizaines de secondes, j’essaye de me raisonner en me disant : « c’est pas aujourd’hui que tu dois exploser ! » et je rentre en mode gestion, comme sur toutes mes courses. Je me connais assez bien, et je sais le rythme que je peux tenir sans trop faiblir. Je me cale à ce rythme, et j’avais vu que normalement, j’étais meilleur à pied que le dossard 1. A moins qu’un autre coureur ne revienne, je dois gagner. Mais je suis loin de savourer, il reste 5km, et j’ai bien l’intention de ne rien lacher et de même faire le meilleur temps pour enfoncer le clou. Le tour est petit et on entend le speaker partout. Je crois l’entendre annoncer le second, je regarde ma montre : 45s que je suis parti de T2. C’est un bon avantage, mais pas assez pour me permettre d’y aller tranquille.

Je sens que je suis pas mal, j’ai une bonne foulée, mais la respi est difficile. Le tour est court, je boucle le premier et regarde ma montre : 6m20. Il me semble me souvenir que l’année dernière les meilleurs avaient couru en 20min environ. Si je fais 3 boucles comme cela, ça fait 19min, je suis pas mal. Même en comptant 40s de T2, peut être inclus dans le temps CAP, j’ai une petite marge.

A la 2ème boucle, je reprends un verre d’eau, sans ralentir, mais pas pour boire, pour mettre sur la tête, car le soleil commence à taper. J’ai de bonnes sensations, mais je suis à fond, la bave aux lèvres (jolie image…). Je double dès la 2ème boucle des gars de Bayonne que j’avais doublé au début du vélo. Je leur aurai repris 6min en vélo ??? Ca me parait beaucoup, mais je réfléchis pas trop. Un gars de Billère essaye de s’accrocher, mais il ne tient pas très longtemps. Je reçois beaucoup d’encouragements, et j’essaye de ne pas ralentir, mais ça devient difficile. J’entends le speaker qui n’arrête pas de répéter mon nom (et Benjamin Féraud par ci, et Benjamin Féraud par là, ils sont pas près de l’oublier mon nom !), et après le 2ème tour, annonce que j’ai course gagnée, etc… Mais je n’y crois pas encore et je me dis qu’il ne faut pas faiblir. Je me dis que je dois avoir au moins une minute d’avance, et que c’est quasi impossible de la perdre dans ce dernier tour. Je regarde la montre : 6m18 au 2ème tour, je n’ai pas faibli. Le 3ème tour, je n’arrête pas de regarder ma montre : encore 5min, encore 4min, encore 3min.

Je double encore plein de monde. Un gars que je double dit « ah ouais d’accord » quand je le double, et une bénévole dit que j’ai une belle foulée, c’est bon pour la confiance (et pour l’ego !). Mais je suis encore dans l’analyse et je me dis que ça veut dire que les autres vont moins vite, et que ça commence à sentir bon. A 600m de l’arrivée environ, je commence à me dire que c’est gagné, mais je ne savoure pas vraiment, j’essaye de continuer à bien courir. Je double un gars qui s’arrête pour s’étirer, et je lui dis « allez, courage ! », chose que je ne fais jamais d’habitude, concentré sur mon effort. Là, j’ai relâché, mais je garde une bonne allure, jusqu’aux 50 derniers mètres où je me permets des sourires, des signes de la main et je lève les mains… que je redescends tout de suite après la ligne passée pour venir se placer sur mes genoux et essayer de récupérer. J’ai quand même réussi à faire une bonne course à pied je pense.

Le 2ème arrive environ 2min plus tard, on se félicite mutuellement et lui me dit « bravo, beau vélo ». C’est vrai que j’ai creusé l’écart en vélo, mais je pense avoir fait une bonne course à pied aussi.

Au GPS, la CAP, ca donne 18m39 pour 5,22km GPS, soit 3m34/km GPS, environ 3m36/km réel. Environ 10s trop lent par rapport à ce que j’espère donc, mais au vu du parcours, je pense que c’était pas mal, et j’en suis content.

Finalement, j’ai fait à peu près les mêmes temps à 5s près pour les 3 tours, donc j’ai réussi à tenir sur le dernier tour.

Au vu des résultats, j’ai en fait posé le vélo avec un peu moins d’une minute d’avance sur le 2ème (mais qui était le relais) et une minute sur le 3ème, un gars de Bayonne sorti 3s après moi de T1, et à qui je n’ai repris qu’une minute en vélo. Mais ces 2 là n’ont pas bien couru et ont fini 6ème et 14ème. Finalement, le dossard 1 est arrivé 6ème, 2min derrière moi, les 4 et 5ème 10s devant lui. Je lui ai donc repris près de 2min en 15km une fois que je l’ai doublé. Il a dû trop donner sur le début et accuser le coup après.

Donc c’est vraiment à vélo que j’ai construit cette victoire. J’en suis très content car cette année j’avais l’impression d’avoir fait des progrès mais que je n’arrivais pas à concrétiser en course.

A pied, je fais également le meilleur temps, mais je ne reprends finalement que 10s au dossard 1, qui remontera à la 2ème place. A Mimizan, je lui avais repris 1minute ! Mais je pense que c’est surtout lui qui a mieux couru. Le 3ème meilleur temps à pied est loin, à 1m30, ce qui me conforte dans l’idée que j’ai pas si mal couru que ça. Flavien (le dossard 1 donc) fait partie de l’équipe de D2 de duathlon de Pontivy, même si apparemment il n’a pas pris le départ de la première étape.

Et au final, je gagne donc avec 2m10 d’avance sur le 1er et 3m50 sur le 3ème, donc une victoire assez confortable, comme je l’espérais au vu de la start-list.

Evidemment extrêmement content de cette victoire, même si intrinsèquement je ne pense pas avoir fait une perf bien meilleure que mes précédentes courses, mais le contexte fait que j’en retire bien plus de satisfaction.

Je fais une petite recup vélo après la course, et j’arrive en retard pour la remise des prix. Enfin, c’est plutôt la remise des prix qui a commencé en avance par rapport à ce qu’ils avaient dit ! Heureusement, ils me rappellent pour que je puisse aller sur le podium, récupérer ma coupe et mes bons Décathlon et Culture Vélo (cool !) et avoir ma minute de gloire.

J’avais oublié à ce moment, mais c’était support du championnat département, je suis donc champion des Pyrénées Atlantiques (la classe !) et j’ai eu droit à un beau polo, que je mettrai bientôt au boulot pour frimer.

Voilà, cette victoire, je l’attendais depuis un moment. Je crois que j’en étais à environ 15 podiums, sans jamais réussir à gagner, et là c’est presque un soulagement. C’était un de mes objectifs cette saison, et même si je suis conscient que ce triathlon n’avait pas un niveau des plus relevés, une victoire reste une victoire. J’espère aborder mon dernier objectif sans pression. Dans 2 semaines, le S de Baudreix, organisé par mon club, la Tribu 64. Je n’aurai aucune chance de victoire, Fred Belaubre étant inscrit. Mais ce serait cool de faire 2ème ou 3ème derrière lui.

Et puis ensuite, je sais pas trop, mais j’espère réussir à faire quelques courses pour le plaisir, sans pression. Avec cette victoire à Sames, j’efface les déceptions et les frustrations du début de saison, et je peux dire que ma saison est réussie. En cette fin de saison, je ne m’interdis rien, qui sait, si l’envie me prend et la possibilité existe, de monter en distance…

Pour la suite de ma « carrière », avec cette victoire, j’ai réussi tous les buts que je me suis fixé après ma 1ère saison de triathlon, quand je voyais que j’avais un niveau qui pouvait me permettre d’espérer faire de bons résultats, à savoir : empocher des primes (fait à plusieurs reprises : en Guadeloupe, à Mimizan, à la Gileppe), faire un IM (Roth, Afrique du Sud, Zurich) et me qualifier pour Hawaii (fait pour Zurich, même si j’ai laissé mon slot), et donc gagner un triathlon. J’avais déjà gagné un trail à St Vincent chez moi l’année dernière et le triathlon indoor de Comminges en début d’année, mais ce n’était pas un « vrai » triathlon (même si ma victoire à Comminges était face à des triathlètes plus « renommés », toute proportion gardée, qu’à Sames).

Il va donc falloir que je me fixe de nouveaux objectifs. J’y réfléchis déjà, mais je vais me laisser un peu de temps pour voir si c’est raisonnable avant de l’écrire et de passer pour un fou au mieux, un prétentieux au pire. Ce sera sans doute le sujet d’un prochain article.

Published by benji-triathlon
commenter cet article
22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 10:00

On retrouve le podium !

Une semaine après le WE bien rempli à Mimizan, j’avais décidé de m’aligner sur le S de Carcassonne. Ce n’était pas un objectif majeur, mais le but était d’enchainer les courses dans ma période où j’espérais être en pic de forme.

Ca faisait pas mal de route (6h A/R) pour un S, et un lever tôt (5h) pour se rendre sur place, mais comme ma saison pourrait s’arrêter en juin, faut bien que je rentabilise mon entraînement !

Ce jour-là à Carcassonne, il y a 3 courses plus ou moins distinctes : la course de qualification D3 pour la Ligue Languedoc-Roussillon pour les hommes, pour les filles, et la course « open », ouverts à tous. Je m’inscrivais donc sur la course open.

Quelques jours avant le départ, j’ai regardé les inscrits pour voir si je connaissais du monde, et sur le S, je ne reconnaissais qu’un gars de Toulouse Triathlon Metropole, qui court très bien, qui m’a déjà battu sur le duathlon de Carcassonne cette année, et qui a gagné le S de Mimizan l’année dernière. Mais à part lui, je ne connais personne, et la start-list n’est pas très dense : environ 160 partants et seulement 80 licenciés.

Je me fixe comme objectif, d’abord de faire du mieux possible, et être content de ma course, et si possible réussir à battre Sébastien, le gars de Toulouse donc. Je me dis que si j’arrive à le battre, la victoire devrait être jouable, et je vise au minimum le podium, étant donné la faible densité apparente sur la course. Il y a 4 ans, j’avais déjà fait 3ème sur la course, mais elle était à l’époque en septembre.

Sur la D3 par contre, je connais pas mal de monde, et je me dis que ça me donnera une bonne référence par rapport à eux, même si on ne partira pas en même temps. Le drafting étant interdit, on devrait pouvoir comparer les temps. J’espérais rentrer dans le top 3 global, ou au moins être dans des temps similaires, proche de la minute.

Comme ce n’est pas une course objectif, je me déplace donc le matin même. Je n’ai pas monté ma roue pleine ni ma roue avant à jante de 80mm car ça souffle assez fort. Et tant mieux, car le revêtement est bien dégueu et il y a pas mal de montée et de descente. Même avec mon vélo de CLM, je me dis qu’entre ces 3 facteurs, je ne vais pas être en position de CLM très souvent.

La course D3 devait partir à 9h30, les filles D3 à 9h35 et nous à 9h50. Cela me convenait bien car avec 20 minutes de marge par rapport aux mecs de D3, je me disais qu’on allait pas les croiser (ou vraiment les derniers) et que je pourrai avoir une visibilité sur mon classement. Il y a un demi-tour en vélo, et cela devrait me permettre de faire le point. La stratégie était d’essayer de faire un bon départ en nata et accrocher des pieds devant, car avec la faible densité, il y avait un risque que si je n’arrive pas à choper des pieds, je me retrouve à nager tout seul. En vélo, il fallait appuyer fort jusqu’au demi-tour pour essayer de refaire le retard, et puis à pied sauve-qui-peut, en essayant de vraiment accélérer, quitte à exploser, au 3ème km.

Les courses de D3 partent pendant que je m’échauffe. Je n’arrive pas à bien voir par où ou va passer en nata, mais je me dis que je verrai bien. Je me dirige vers la ligne de départ et essaye de me placer en 1ère ligne. Je veux me placer sur la gauche car c’est là que le trajet est le plus court, mais ca bouchonne un peu, et finalement je me mets en 2ème ligne, entre 2 gars de la 1ère. Le speaker annonce « départ dans 4 min » alors que les filles sont parties depuis moins de 5min ! Et m…, ca veut dire que l’on va pas avoir 20min avec la D3 et on va se retrouver à doubler les gars en vélo et la visibilité du classement s’en trouvera très difficile, sans compter les dépassements à faire sur les filles et les gars partis devant, sur une petite route de montagne, alors que les premiers de D3 seront en train de descendre pleine balle en sens inverse.

Je ne suis pas hyper confiant au départ, je me dis qu’il va falloir s’accrocher en nata.

Corne de brume, c’est parti ! Oh la la, je me fais secouer par tous les côtés ! Pour une course qui ne devait pas être dense, je me retrouve dans la pire bagarre de ce début de saison. Du coup je ne respire que tous les 4 temps sur les 10-15 premières secondes pour m’extirper et j’y arrive assez vite au bout de 50m. Mais déjà les écarts sont faits. Yen a 2 devant, et 2 à droite un peu devant. Je dois faire l’effort pour recoller mais je me dis qu’ils sont trop à droite et je continue mon effort. Au final c’était moi qui était trop à gauche, et je n’arrive pas à recoller. Ils sont devant, et je me résigne à devoir faire la nata seul. Du coup, je n’ai pas de pieds à suivre, et j’ai du mal à m’orienter, car la bouée est assez éloignée. J’essaye de bien nager en gardant une bonne fréquence de bras, je ne regarde pas derrière moi pour voir si certains prennent mes pieds, tant pis. Je regarde plutôt devant. Je pense être 5ème ou 6ème, ce qui correspond à peu près à mes attentes, mais j’espérais réussir à prendre des bons pieds et j’ai loupé le coche. En plus, je me retrouve quasi nez-à-nez avec des filles qui ont fait le demi-tour et qui rentrent. Je suis décidément trop à gauche, mais le parcours n’est pas très bien fait, 2 bouées de plus pour nous séparer n’auraient pas été de trop !

J’ai l’impression de me rapprocher un peu du gars devant au demi-tour. Puis vient la partie navrante : on arrive sur une sorte de banc de sable où on peut se mettre debout et courir sur une 15aine de mètres. On avait déjà vu les mecs de D3 le faire avant nous, et je vois aussi le gars devant moi le faire. Je le fais aussi et un kayak de l’orga me dit « ce n’est pas là le parcours ». Super… Je ne fais pas attention et replonge.

En y repensant (il faudrait que je relise mon CR pour être sûr), mais il me semble qu’il y avait déjà les mêmes problèmes il y a 4 ans : la sortie à l’australienne improvisée et le fait que l’on pouvait se rentrer dedans à un endroit. Le problème est que selon que l’on nageait plus ou moins prêt de la plage, on pouvait courir plus ou moins longtemps, donc pour l’équité de la course c’était pas terrible. Il y en a d’ailleurs peut-être qui n’ont pas couru du tout. Enfin cela devait être assez difficile car il fallait faire un détour pour éviter le banc de sable et il n’était apparemment signalé que par des petites bouées de 20cm de diamètre (que j’ai vu à côté des kayaks en courant sur le banc de sable).

Je lutte pas mal sur les 100 derniers mètres, je sors en me disant que j’ai dû laisser du temps par rapport à si j’avais trouvé des pieds, mais que dans l’ensemble je me suis pas mal senti. Arrive maintenant un moment des plus difficiles, il faut rejoindre le parc à vélo, qui se situe à 200-300 mètres en montée, y compris des marches. En général j’ai du mal à courir après la nata, mais cette année ça va mieux, et cette fois-ci j’ai l’impression d’être pas mal.

En sortant de l’eau, je crois entendre « 5ème » et j’entends aussi « il est pas loin le 1er », puis un rire. Je n’y prête pas attention, mais en regardant les résultats, le 1er m’a collé 2min en natation ! C’était donc une blaguounette très drôle !

Je suis effectivement 5ème de ma vague, à 2min du 1er (avec la montée jusqu’au parc incluse, où je pense avoir repris un peu de temps, sans en être sur). Le 4ème n’est qu’à 10s… Si j’avais pu nager dans ces pieds ! Par contre le 2ème et 3ème sont 50s-1min devant. Je pense néanmoins que si j’avais pu prendre un meilleur départ et nager dans leurs pieds, j’aurai peut-être pu tenir (un temps au moins).

Le 1er est un cadet qui nage en 4m17 le 400m ! Finalement 2min sur lui, je me dis que c’est le tarif !

Par rapport au classement combiné avec la D3, je ne fais que le 24ème temps. Mais bon, là je pense qu’il y a clairement un effet de groupe où ils ont pu nager ensemble et profiter de l’aspiration. Si j’étais parti dans cette vague, j’aurai sans doute trouvé quelques pieds salvateurs à suivre et gagner 20-30s. Peut-être également ont-ils plus (ou moins) profiter de la sortie à l’australienne ? S’ils sont habitués de la course, c’est un truc à savoir que l’on peut faire jouer à son avantage !

Bref, je rentre en T1 et fait une transition pas trop mauvaise, même si mon enfourchage de vélo laisse à désirer.

Je devais normalement prendre 1 ou 2 km pour reprendre mon souffle, mais ça monte direct et je veux refaire mon retard, alors j’appuie dès le début, et les jambes ont l’air de répondre. Je double un gars assez vite, puis après 5km en toboggan dans la ville on attaque la vraie montée : 6km de montée à 3,7%, mais avec des pentes qui varient pas mal. Je suis bien motivé pour reprendre du monde devant, mais assez vite je reprends des filles, et même des mecs de D3. Du coup, je commence à être perdu dans les classements. On croise les premiers de D3 qui descendent à toute allure, c’est assez dangereux car la route est étroite. Alors que je double un concurrent, un gars arrive en face et je suis obligé de « serrer » le gars que je double pour ne pas me faire percuter. Le gars gueule (forcément) et je m’excuse d’un geste de la main, mais je crois comprendre qu’il ne m’en veut pas et que c’est après le descendeur qu’il gueulait. Je crois apercevoir la trifonction d’un Toulouse Tri Métropole devant et j’espère que c’est le Sébastien. Je me rapproche petit à petit, et sur le dernier km de montée, qui est un peu plus pentu, je refais quasi tout mon retard, et j’arrive au demi-tour à quelques mètres de lui. Je vois qu’il relance comme un fou après le demi-tour. Moi, je fais un demi-tour au ralenti, je relance moins bien, et déjà j’ai perdu 10s. Puis au bout de 30s de descente déjà je ne le vois plus ! Et voilà, mes talents de descendeurs refont parler d’eux ! Je gère la descente comme je peux, il y a encore beaucoup de monde qui monte, il faut faire attention. Je croise un autre gars du Toulouse Tri Metropole que je sais être un très bon coureur qui m’a déjà laissé sur place sur un tri à la Montagne Noire. Je pense avoir 2min d’avance environ sur lui et je me dis que ce sera suffisant.

J’attends avec impatience la fin de la descente. A un moment je pense être revenu sur le Sebastien mais non, c’est un autre coureur. A ce moment, je commence à me dire qu’il est possible que je sois 2ème derrière le Seb, mais j’en sais rien, on a doublé beaucoup de monde, je ne sais pas si c’était des gars de D3 ou pas.

Sur les 5 derniers km en toboggan, je ré-appuie comme une brute et sur la dernière montée, j’aperçois le Sébastien et j’essaye de reprendre le plus de temps possible pour poser pas trop loin.

Je pose le vélo bien entamé, plutôt content de ma montée, mais dégoûté d’avoir perdu du temps dans la descente. Je me dis que j’aurai du poser devant le Seb, et que maintenant ça va être dur d’aller le chercher en CAP.

Niveau comptable, je fais un vélo à 31km/h, normal que la moyenne soit peu élevée, entre le dénivelé, le vent, et le revêtement dégueu, et une puissance toujours à peu près égale à ce que je fais sur S. Là ca durait un peu plus longtemps mais j’ai pu bénéficier de la position « facteur » quasi tout du long, je n’ai quasiment pas pu me mettre en position de CLM (peut être 5min en tout).

Je fais le 3ème temps vélo de ma course, à 23s du meilleur. Pas si mal donc, mais les 2 premiers sont aussi les 2 qui sont sorti devant de l’eau, et que donc ils m’ont encore repris du temps. Je pose donc 4ème, derrière le Seb, mais je ne le sais pas. Je pense (j’espère) être 2ème en fait, et avoir repris les 2 premiers dans le tas…

Ca se complique quand on regarde le classement combiné avec la D3. Je ne fais que le 13ème temps, à 2min du meilleur. Mais bon, à y regarder de plus près, et je sais que j’en parle beaucoup en ce moment, je pense que tous les éléments sont réunis pour parler de drafting. Sur la course Open, parmi les premiers, il y a des écarts, la course était propre. Sur la D3 par contre, les 5 coureurs qui posent le vélo de la 2ème à la 6ème place ont un écart de 5s en tout, et le 7ème est 5s derrière. De plus, celui qui pose 3ème a été disqualifié (je ne connais pas la raison, je suppose, sans le savoir, qu’il n’a pas fait sa boucle de pénalité après avoir reçu un carton). Ces 5 là ont fait un meilleur vélo que moi

(dont 4 cadets !). En plus, celui qui s’est fait disqualifié n’est sans doute pas le plus fautif car c’est lui qui revient de l’arrière, on peut donc penser qu’il était meilleur à vélo que les autres et qu’il a plus bénéficié au groupe que le contraire ! Enfin, quand j’ai croisé les gars en descente, je me souviens plus exactement ils étaient en quelles positions, mais je me souviens avoir vu un groupe de 5-6 qui se suivaient d’assez près. C’est sur néanmoins que le parcours ne prête pas au drafting, avec des montées et des descentes, mais les montées n’étaient pas très franches, et à 20km/h avec du vent, on gagne encore à se protéger.

Après, bien sûr, certains m’ont mis une raclée sans avoir été aidé, c’est le cas du 3ème de la course D3, qui me colle 2min en vélo en sortant loin de l’eau et en ne bénéficiant pas de drafting. C’est le cas du gars qui pose 1er aussi, qui me colle 1min et qui réussit à poser avec 25s d’avance sur le groupe derrière (il se fera manger à pied).

Voilà, c’est la fin de mon coup de gueule, et j’espère que je n’aurai pas à en parler lors de mes prochaines courses.

A pied, je sens que je ne suis pas très bien, mais heureusement j’ai le Seb en point de mire. Il a une belle foulée le con. J’essaye de souffler un peu, et courir propre, mais déjà les pensées négatives m’envahissent. Je me dis « tu le reprendras jamais de toutes facons, ca sert à rien, etc… ». J’essaye de pas y penser et juste de courir du mieux possible. Je vois au bout d’un km environ que je reviens petit à petit sur Sebastien, et dans la tête, je ne sais pas si certains ont les mêmes pensées que moi dans ces moments, mais c’est à la fois un peu d’euphorie en me disant que je peux le reprendre, mais aussi de la crainte d’être obligé de se faire encore plus mal pour le reprendre, maintenant que je vois que c’est possible ! Je regarde ma montre au 1er km : 3m36 ! C’est nul, surtout que l’on a pas mal descendu ce 1er km. J’essaye de faire abstraction et je ne regarderai plus ma montre.

Bref, je me rapproche, je grignote, mais je sens que c’est pas gagné. Le parcours est un tour du lac, et je me disais que ca allait être plat. Quelle erreur ! On n’arrête pas de monter et descendre, des montées bien sèches, des descentes tout aussi raides. Bref, tout ce qu’il faut pour ne pas aller vite et avoir mal aux pattes. Normalement, je ne suis pas bon sur ces montées et il m’arrive souvent de marcher même. Là, je continue à courir tout du long, et je vois que je reprends du temps à chaque montée.

Je suis quasiment derrière lui, et je me dis que je vais attendre un peu avant d’essayer d’attaquer, mais je me retrouve à sa hauteur juste avant d’attaquer une belle côte bien raide, et presque sans réfléchir, j’attaque. Enfin, sans réfléchir, j’avais vu que j’allais plus vite en côte à priori, et en le passant, j’ai vu qu’il était en détresse respiratoire, alors j’y suis allé. Il n’essaye pas de s’accrocher (ou il n’y arrive pas), et je fais un petit écart tout de suite. Je ne l’entends plus derrière et je continue mon effort. A ce moment, je me mets à croire/imaginer que je suis 1er mais je ne sais pas vraiment. J’essaye de continuer à bien courir, ne pas faiblir, car sur le plat je me dis qu’il peut revenir. Une autre cote se pointe. Je rêve de marcher, mais je me dis que s’il me voit marcher, ca va le booster à mort, je peux pas me le permettre, alors je refais l’effort en montée et je récupère un peu en descente (quand il me voit pas !). On prend un escalier en colimaçon pour descendre, une petite ligne droite, un virage en montée, je me permets de regarder pour voir s’il est loin. Bon, il faut pas chômer, il n’y a pas 15s je pense. Mais la ligne d’arrivée se rapproche. Ca y est, je la vois, mais il reste la dernière montée, celle qu’on a fait en sortant de l’eau. 250m quasiment à 6% environ. J’en peux plus, j’essaye de pas lacher mais mes jambes commencent à mollir. J’aperçois parmi les gars devant en particulier un mec qui ne court pas terrible, mais qui a l’air de se donner à fond, et qui a regardé 2 fois derrière lui. Je me dis : il fait peut être partie de l’Open. J’hésite à tout donner, mais je suis déjà à bout. Je finis comme je peux, en espérant qu’il ne soit pas de ma course, et je finis quelques secondes derrière. En franchissant la ligne, je regarde son dossard. Et m…, il fait la course Open et il me bat pour 4s ! A postériori, je me dis que j’aurai pu le gratter, mais j’étais quand même pas loin de mon maxi. Si j’avais eu une meilleure visibilité sur ma position, et que je l’avais aperçu un peu avant, peut être que j’aurai eu plus de chances de le reprendre (mais lui aurait aussi vu plus facilement que je le reprenais). Et je vois également le speaker qui interviewe un gars, qui a sans doute gagné l’Open. Bon, ca veut dire que déjà il y en a 2 devant. Je suis un peu dépité, et énervé de pas avoir su pendant la course à où j’en étais. Je félicite le Sébastien quand il arrive et lui demande s’il sait on est à quelle place, mais il ne sait pas non plus. Finalement, il faudra que j’attende plus d’une heure pour apprendre que j’ai fait 3ème. Ouf ! Service mini assuré !

Même si ma vitesse en CAP n’était pas terrible (3m48/km GPS de moyenne), difficile de se faire une idée tellement le parcours était accidenté et abrupte. Je suis quand même content de ma course, car je fais le meilleur temps CAP (Open et D3 combiné) et je creuse des écarts assez importants : 35s sur les 2/3/4ème Open, dont les 2 de Toulouse que je savais bon coureur, et 10s sur le vainqueur de D3, 20s sur les 2ème temps CAP de D3, et ensuite on passe à 35s.

Je finis donc 3ème à 4s du 2ème, et 49s du 1er. Pas si loin que ça donc, et je peux regretter de pas avoir réussi à prendre des pieds en nata (même si les 4 premiers du S, vu nos temps nata, ont sans doute nagé seul aussi), et de ne pas avoir été très bon en descente en vélo. La victoire n’était peut être pas si loin que ça.

Par rapport à la D3, je ne prends que la 7ème place combiné, à 1m23 du 1er, mais avec l’aide de nager en groupe natation et le drafting possible/probable, je me dis que le comparatif est un peu biaisé. Je vais pour une fois regarder vers le côté positif, et me dire que j’ai fait 3èmede ma course !

Ce n’est pas encore une course complètement réussie, mais on s’en rapproche, et je renoue avec le plaisir de monter sur le podium, et de ramener quelques petits cadeaux à la maison (le 1er a eu un beau paquet de produits du terroir, une belle récompense ! Moi je n’ai eu « que » la bouteille de vin).

Dans 2 semaines, Sames, le championnat départemental. Je viserai une nouvelle fois le podium, voire la victoire, suivant la start-list, mais surtout j’espère finir la course sans regrets, en réussissant à enchainer de belles façons les 3 disciplines. Puis Baudreix pour la dernière course programmée de ce début de saison.

Published by benji-triathlon
commenter cet article
15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:00

Quand c'est fini, yen a encore !

Le WE à Mimizan s’annonçait chargé : comme l’année dernière, je tentais le triplé S CLM/eq le samedi après-midi, S individuel le dimanche matin, M individuel le dimanche près-midi.

Cela s’était soldé par un cuisant échec, avec une 16ème place sur le S, et une descente aux enfers sur le M, au-delà de la 100ème place et une CAP très difficile. Il y a 2 semaines, j’avais tenté le doublé S/M dans la même journée à St Pée, et une fringale sur le M avait gâché toute chance de bien figurer.

J’arrivais néanmoins confiant à Mimizan. L’objectif principal est le S; le S/eq la veille, je n’ai pas prévu de trop me rentrer dedans, et le M l’après-midi, ce sera que du bonus, et essayer de bien figurer avec si possible un top 20.

Pour le CR du S/eq la veille, c'est ici.

Et pour le S du matin, c'est là.

Et c’est pas fini ! J’ai 3h30 de récup avant de partir sur la 3ème épreuve : le M. Après ma déconvenue de St Pée, je voulais surtout réussir une course propre, ne pas exploser surtout, même si je fais pas un truc exceptionnel. Idéalement, je vise la 20ème place, mais je me dis que ce sera chaud.

La course est en 3 vagues espacées de 15min : les filles en 1er, 1ère vague homme avec tous les favoris et dossards préférentiels (50 quand même !) et ceux dont le nom commencent par A-G, et 3ème vague avec le reste du monde ensuite !

Je pars donc avec la 2ème vague, avec les favoris. Cool ! Je vais doubler pas mal de filles, mais au moins je serai avec les meilleurs.

Cette fois-ci, je mange beaucoup à midi et je prends avec moi des gels pour ne pas avoir de fringale.

Je discute un peu avec les gars de la Tribu et Nicolas, qui double aussi, mais qui part dans la 3ème vague.

Un petit echauf et c’est parti.

Je ne pars pas avec tous les favoris, j’ai pas envie de bastonner. Mais la plage est en biais par rapport à la direction de nage, donc on perd 20-30m entre un coté de la plage et l’autre. Je pars au milieu environ, et je m’extirpe assez vite de la masse, mais dès 100m, j’ai l’impression qu’un gros groupe s’est déjà formé à 50m. Comment c’est possible !!! Jusqu’à la 1ère bouée à 500m environ, je nage plutôt dans les pieds, et effectivement un gros groupe est devant. On est dans les premières positions du 2ème groupe. Après la 1ère bouée, je remonte et prends les commandes du groupe. Pas une décision intelligente car du coup je ne profite plus de l’aspiration, mais j’avais envie de me faire plaisir. Il y a pas mal de clapot et je bois régulièrement un peu la tasse. Mais je tiens bon et je suis toujours devant. J’essaye de faire un gros effort pour ne pas emmener trop de monde avec moi, mais je ne regarde jamais derrière. Je sens de temps quelqu’un toucher mes pieds. C’est de bonne guerre, je touchais les pieds de celui devant avant la 1ère bouée. J’hésite à ralentir pour laisser passer, mais finalement je continue jusqu’au bout. Je ne sais pas si je me suis bien orienté, mes lunettes étaient un peu opaques au bout d’un moment.

Je sors enfin, personne ne m’a doublé. J’hésite à jeter un coup d’œil derrière mais finalement je regarde devant. Je suis content et j’ai l’impression d’avoir bien nagé, mais un coéquipier m’annonce avec 4min de retard. Ca fait lourd quand même sur 1500m, quand je perdais ce matin 1m20 sur 750m. Mais bon, de nager tout seul, tu perds beaucoup. T1 se passe bien, une bénévole me propose de mettre ma combi dans mon sac (car la T2 est à un autre endroit, il faut rapatrier la combi là-bas du coup), ce qui me fait gagner quelques secondes.

Au final, je sors de T1 avec 4m40 de retard sur la tête, à la 39ème place. Il y a 3 filles et 4 mecs de la 3ème vague devant, dont 32ème place de la vague 1. A noter qu’apparemment, la bouée se serait décrochée entre vague 2 et 3, ce qui a amené la vague 3 à nager plus, ce qui peut expliquer pourquoi si peu de gars de la 3ème vague sont devant moi. Il est vrai que Nicolas, qui nage mieux que moi normalement, sort avec 1m50 de retard.

Finalement, j’ai réussi à faire un petit trou derrière moi et à en rattraper du 1er groupe car je sors avec une 15aine de secondes de retard sur 3-4 gars et derrière moi le prochain est à 17s, puis à plus de 30s. J’ai du imprimer un bon rythme en natation, et avec un meilleur placement sur la ligne de départ et un meilleur départ j’aurai pu me caler dans un groupe devant et faire un meilleur temps je pense.

J’enfourche le vélo et j’essaye de gérer mon effort. Pas facile, il y a pas mal de filles à doubler, mais je suis surpris de voir que peu de mecs me doublent.

Mais bon, faut pas rêver, on commence à me doubler. J’essaye de toujours rester dans ma cible, pour ne pas me griller. Je sais en outre qu’à Mimizan, c’est la fin du parcours qui est la plus difficile, avec quelques bosses, puis 5km sur un revêtement dégueu où on peut perdre pas mal de temps.

J’ai plus trop de souvenirs, la course se passe, je double quelques-uns, d’autres me doublent. A un moment je me fais doubler par un, puis 2, puis 3, je me dis, ca y est, c’est la fête au drafting, mais finalement, je vois qu’ils ne sont que 3 (l’année dernière c’était des trains entiers qui me doublaient…) et à distance respectable les uns des autres. Je m’accroche à distance respectable moyenne, et je vois que l’un des gars est un cycliste qui ne fait pas partie de la course et qui drafte sans vergogne. Pas grave vous allez me dire, il fait pas la course. Oui mais du coup moi je peux pas le drafter et je suis un peu plus loin que ce que je devrais. C’est pas très confortable, et je me dis que c’est pas très respectueux. Un arbitre au bord de la route le siffle même en pensant que c’est un concurrent drafteur. Finalement il lachera quelques km plus loin, à l’entrée des bosses. Nicky, Anthony, et mon père m’attendent en haut de la 1ère bosse et m’encouragent. C’est cool, j’essaye de leur sourire, je suis encore lucide. Je leur demande à quel place je suis, ils me répondent « allez Benjamin ! ». J’insiste (en montée, je passe moins vite et peut poser la question 2 fois !) et Nicky me répond « environ 20ème ». Je suis content mais méfiant. Je me dis que je dois plus être autour de 25-30 et que Nicky essaye de me motiver. Mais c’est une info quand même, j’avais aucune idée jusqu’à présent. Je me dis que 20ème peut être jouable. Je me donne bien sur les petites bosses et mange mon 2ème gel dans les descentes, mais je sens que le niveau d’énergie descend. Il me reste les 5km sur le revetement dégueu, et je ne peux plus accélérer et je perds pas mal de temps. Un gars de Bayonne me double comme une bombe et je ne peux pas le suivre. Je me dis que je ne fais pas fringale, c’est déjà bien, mais qu’en terme d’énergie, je sens que je suis pas au top et je redoute la CAP.

Je pose enfin et la longue T2 est poussive. Mon père m’avait bien briefé sur mon emplacement (c’est lui qui avait déposé mes affaires de course) et je trouve sans problème). Je fais seulement le 63ème temps vélo, à 8min quand même du 1er. Ca fait très lourd, je vous l’accorde. 43ème de la 2ème vague (une fille a mieux roulé que moi : Grrrr !). Je pose finalement 35ème, 30ème de la 2ème vague (une fille est devant moi encore).

Le speaker m’annonce à la sortie du parc (faut bien passer le temps…) et rajoute que je fais encore partie des « bons », ce qui me porte à croire que je dois pas être trop mal. J’ai l’impression que le 1er ne m’a pas pris un tour (sinon le speaker parlerai de lui), je suis content aussi.

Les premières foulées ne sont pas trop mal, mais c’est pas la grande forme. Je suis agréablement surpris de voir que le 1er km est passé en 3m45. Bon, il y avait un bout en descente. Les prochains sont plus laborieux, entre 3m55 et 4m, mais je vois que je ne dérive pas, et que je reprends du monde, et que personne ne me double. Je dois pas être trop mal donc. Je me déleste d’une envie pressante, Ironman-style, lorsque la course passe par les sous-bois et qu’il n’y a pas trop de monde, et aussitôt mes douleurs à l’estomac que je trainais depuis le début de la CAP disparaissent. Je mange mon dernier gel, un peu trop pateux. Et je continue mon bonhomme de chemin. Le retour en ville est bien sympa avec plein d’encouragement de ma famille, mes coéquipers, des connaissances, et juste des spectateurs, et j’entame le 2ème tour. Je me dis que je fais pas une fringale, mais que ca va pas tarder. J’aurai du prendre un 2ème gel. Je prends du coca comme je peux, mais je sens que la faim arrive. J’espère que je vais tenir jusqu’au bout.

J’arrive toujours à rester autour de 3m55, et sur le 2ème tour, il y a beaucoup plus de monde (ceux à qui j’ai pris un tour, et les gars de la 3èmevague), mais je vise les gars avec un collier autour du cou, signe que c’est leur 2ème tour. Il n’y en a plus beaucoup, mais au 7ème km, j’aperçois un gars de Pau que je connais de nom, je reviens sur lui doucement. Normalement je suis meilleur coureur que lui, mais là je ne cours pas beaucoup plus vite. Je reste un peu derrière puis essaye de passer devant. Il accélère pour rester à ma hauteur. Je n’insiste pas et je me recale derrière. Il ralentit, je le redouble et cette fois-ci son accélération est moins franche, il lache petit à petit. Mais il reste encore presque 2km, et je commence à être à bout. Valentin m’encourage comme il peut, j’essaye d’allonger la foulée mais je suis vraiment dans le dur.

Enfin j’entrevois les derniers hectomètres, et j’essaye de ne pas ralentir, on ne sait jamais. A 300m de la ligne, j’entends derrière moi : « allez Kevin ! » et à la facon dont elle le dit, je me dis qu’il n’est pas loin et qu’il va essayer de me reprendre. A ce moment, je me dis que je suis pas loin de la 20ème place (qui me fait rentrer dans les primes) et je redonne un coup, je donne tout ce que j’ai jusqu’à la fin. J’entends une nouvelle fois « allez Kevin ! » et ca me rebooste. Comme quoi des fois il vaut mieux se taire plutôt que donner des infos au gars devant qu’on revient sur lui…

Je passe la ligne 10s devant lui, et je vois que c’est un super coureur que j’ai déjà apercu sur plusieurs courses l’année dernière et cette année et qui m’avait enrhumé à chaque fois. Là il me prend 2m40 mais dans un bon jour il aurait pu me reprendre bien plus je pense.

J’essaye de compter rapidement les gars qui sont déjà là, et j’en compte rapidement une vingtaine. Je me dis que c’est mort pour les primes et je suis un peu déçu. Je finis finalement 27ème, et 24ème de la 2ère vague. Derrière moi à moins de 2min, il y a encore un gars de la 3ème vague, qui m’aurait peut être battu sans le problème de bouée, et le prochain est à 2m30.

Je fais seulement le 26ème temps CAP, et 21ème de la 2ème vague, et je perds encore 4min sur la tête de course. Je cours à environ 3m55/km, ce qui n’est pas top, mais pas si mal.

Je finis à 15m15 du 1er, très loin donc, 8m30 du 10ème, 5m du 15ème, et 1m10 du 20ème. Même avec le S dans les jambes, dans un meilleur jour, je suis convaincu que j’aurai pu finir dans les 20. Sans le S dans les jambes, c’est sans doute présomptueux de dire ça, mais je pense que la 10ème place était jouable : 1m30 en nata, 3m en vélo, 3m à pied… mouais, en

Fait c’était chaud la 10ème place, peut-être la 15ème ! Enfin on s’en fout quoi.

La bonne surprise est que je suis resté pour la remise des prix, sur les conseils du gars de Bayonne qui me dit qu’il peut y avoir du roll-down (comme sur IM), car les vétérans qui finissent dans les 20 premiers ne peuvent pas cumuler les primes, et que du coup ca décale les primes pour le 21ème, 22ème, etc…

Finalement, je récupère la prime du 18ème au scratch, car il y a également des gars qui se sont pas pointés (d’ailleurs, y a 4 ans quand je finis 26ème, je ne m’étais pas pointé et peut être j’avais laissé passer une prime aussi).

La remise des récompenses a été très longue mais finalement je repars avec un chèque de 80 euros. C’est bon ca !

Et voilà le WE qui se termine bien, mais je ressasse depuis cette course S, où j’aurais tellement aimé faire mieux. Cette saison je loupe pas mal d’occasions de bien figurer pour pas grand-chose, des petites erreurs, quelques secondes, du manque de pot ; et les épreuves passent et il ne m’en reste plus que 3 pour briller : Carcassonne ce WE, Sames dans 3 semaines, et Baudreix 2 semaines après. A un moment j’espère que ça va passer !

Published by benji-triathlon
commenter cet article