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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 19:00

2 en 1

 

Une semaine après ma dernière course objectif de la saison, le semi de Boulogne-Billancourt, je suis un peu pris entre 2 eaux :

J’ai envie de faire une bonne pause pour repartir frais et dispo dans 2-3 semaines pour une longue saison de triathlon, mais en même temps, je veux profiter de mon bon état de forme à pied pour aller glaner quelques beaux résultats sur les courses du coin.

Je coupe donc la poire en 2 lors de cette première semaine de coupure : au programme, zéro entrainement, et 2 courses de 10km, les 2 le même jour, samedi 28 novembre.

C’est un peu con, 2 courses le même jour ? Certes, c’est pas le meilleur moyen de perfer, mais les 2 courses sont sympas, j’ai envie de les faire. Les grands-parents sont là pour garder les petits, alors on rentabilise, Nicky pourra venir faire les 2 courses également.

Au programme donc, la Moustachu à Pontacq, départ 11h, et la corrida d’Argelès-Gazost, départ 19h.

C’est parti pour les CR :

 

La Moustachu, à Pontacq

 

L’échauffement est sommaire pour la Moustachu, le temps de faire chauffer littéralement le corps et enlever les dernières couches d’habits pour pouvoir partir en trifonction sans avoir froid. On m’a mis la pancarte apparemment, sur le site facebook de la course, on m’annonce favori, étant donné que j’ai fini 4ème l’année dernière, et que les 3 premiers sont absents. Et même sur le journal local, ils m'annoncent favori, là c'est la classe quand même !

 

 

 

C'est sur, j'aurai pu éviter les taches de gras...

 

 

Mon plan est le suivant : suivant l’allure à laquelle ça part, j’essaye de rester dans le groupe de tête. Si je vois que j’ai une chance de gagner, je me donne à fond sans me soucier de la course du soir. Si je vois que la victoire n’est pas possible, j’avise pour essayer de garder un peu de force pour le soir.

Je me place trop loin sur la ligne de départ, bêtement, et le départ est chaotique. Je me retrouve un peu piégé autour de la 10èmeplace sur les 200 premiers mètres, mais ça ne part pas très vite devant. Puis un gars place une accélération vraiment brutale, et certains le suivent. Je fais l’effort, en essayant quand même « d’absorber » l’accélération. Je me retrouve dans un groupe de 4, et rapidement, celui qui a placé l’accélération se fait décrocher. On est donc 3, et on avance comme cela pendant 2 ou 3 km. J’essaye de prendre un relais mais on ne me laisse pas vraiment passer. Mais, inéxorablement, un des 2 gars prend de l’avance, et j’essaye de garder un bon rythme, mais l’écart grandit petit à petit. C’est plutôt moi qui fait le rythme derrière. Mon compagnon de route, Nicolas du club basque xiberotarrak, je l’avais remarqué à l’échauffement, sa tête me disait quelque chose, et je me doutais qu’il serait devant. Celui devant, je le connais pas. Nicolas me dit au 3ème km : « on le reprendra pas », je réponds juste « on verra ». Selon moi, ce n’est pas perdu, on l’a encore en ligne de mire, il peut très bien avoir une défaillance, on doit avoir 10-15s de retard, c’est pas perdu. Je commence à faire le rythme de plus en plus, et malheureusement on se prend un peu de vent en pleine face, et je peux pas me cacher. Je regarde de temps en temps mes temps à chaque km, et après 3 premiers km encourageants en 3m26 (dont le 1er avec 13m de D+ qui a du me faire bien mal…) et un 4ème en 3m22 à la faveur d’un faux plat descendant, ça commence à devenir plus laborieux, autour des 3m30. A partir du 5ème, je commence à bien sentir mes mollets, je me dis que cela doit être à cause du semi il y a 6 jours. A la faveur d’un virage à gauche et d’un ravito (que je saute) vers le 7ème km, le 3ème me laisse quelques mètres d’avance. On passe sous une route et je profite du petit enchainement descente-montée pour appuyer un peu et creuser un petit trou. A partir de là, je continue sur le même rythme, c’est pas la grosse grosse forme, mais c’est suffisant apparemment pour assurer le podium. Les 2 derniers km sont pas mal en zigzag, et je peux voir que je suis pas si loin que ça du 1er, et que j’ai creusé un trou d’une 15aine-20aine de secondes avec le 3ème. Le dernier km, je relâche un peu, en voyant que devant je le rattraperai plus, et que j’ai un peu de marge derrière. Je termine donc 2ème, un petit poil déçu, j’espérais gagner cette belle course. Mon chrono aussi me laisse quelques regrets, je fais 33m56, soit 43s de mieux que l’année dernière. Or l’année dernière c’était ma compet de reprise après une année plus cool, alors que là, je suis en fin de cycle CAP. Bon, je me trouve bien quelques excuses faciles : apparemment mon semi est encore présent, au moins dans mes mollets, les dernières semaines d’entrainement étaient plus basées sur l’allure semi, et une semaine sans rien faire, c’est pas forcément le meilleur moyen de préparer une compet.

J’ai à peu près le même kilométrage à ma montre que l’année dernière, et c’était rigoureusement le même parcours. Cela donne environ 34min50 réel, à Am15 de mon record à Odos. Le parcours étant quand même sinueux et un peu valloné, j’avais considéré l’année dernière que l’on pouvait enlever 20s par rapport à un parcourt plat, mais je suis encore loin des 34min.

Comme le 1er arrive avec pile 30s d’avance, je me dis qu’il y avait vraiment la place pour gagner, avec un meilleur état de forme. Cela dit, lui aussi avait fait un semi dimanche dernier, il a fini 4ème de Lourdes-Tarbes. Et le 4ème a aussi fait Lourdes-Tarbes, finissant 6ème. On était tous dans la même galère, en fait, et le plus fort a gagné.

Je me console un peu avec plusieurs autres choses : en discutant avec le 1er et le 3ème après la course, ce sont quand même des coureurs qui ont l’habitude de gagner ou d’être bien placés dans la région, avec pour tous les deux des grosses références chrono en marathon cette année : 2h34 pour le 1er, 2h37 pour le 3ème. Bon, le 3ème a fait un marathon le WE dernier, ce qui explique qu’il a eu du mal à suivre cela dit.

Et puis surtout ma moustache a la satisfaction d’être sacré du titre honorifique, mais malheureusement non récompensé, de moustache la plus rapide de la course, la preuve en image !

 

1st Mo !

 

et ici l'article sur le site internet avec photo de meilleur qualité

 

Et puis, l’article paru sur la République des Pyrénées a fait que plein de gens m’ont reconnu et félicité pour ma course et ma moustache le lundi. Ça fait toujours plaisir !

 

Trail urbain d'Argeles-Gazost

 

Après un après-midi reposant, on repart avec Nicky, direction Argelès-Gazost, pour la 2ème course de la journée, un trail urbain, en 3 boucles de 3,3km dans le centre-ville. Avec Nicky, on n’avait pas bien compris le principe de « trail urbain ». On a vite compris : ça monte et ça descend !

On a tous les deux les mollets bien raides avant la course, et Nicky a aussi des douleurs au pied. Nicky décide de faire la course tranquilou, moi je vais la faire à fond avec mes moyens, en espérant que ce sera suffisant pour décrocher un podium, car il y a des produits régionaux à gagner !

Mon échauffement est encore plus succinct. La course démarre en descente, j’espère que ça va pas partir comme des fous, et que je pourrai « finir » la chauffe sur la première descente.

Nicky me dit qu’ils ont annoncé 2 bons traileurs au départ. Bon, ça laisse 1 place sur le podium à aller chercher, c’est pas gagné.

Je me positionne en 1ère ligne, et le départ n’est pas trop rapide. J’essaye quand même de bien doser mon effort, et je me retrouve environ 10ème à la fin de la descente. Je remonte doucement sur le plat qui suit, et recolle au groupe de tête de 4 personnes après 1km environ, juste au moment où 2 s’échappent, avant la 1ère montée. Je ne suis pas en mesure de suivre, et je reste avec les 2 autres. La première montée se passe bien, j’arrive à rester au contact, et heureusement, car l’un d’eux a une bonne lampe frontale et éclaire les passages quand il y a trop de pénombre. Les montées sont une combinaison d’escaliers, où j’arrive à courir et même 2 par 2 par moments, de montée sur bitume, et de montée sur chemin. On redescend sur la grande route et ensuite vient encore une montée. Celle-là n’en finit pas. Je me dis : « c’est pas possible, on n’est pas descendu d’autant ! » Encore plein d’escaliers, une montée très raide sur bitume. J’arrive à suivre, et je suis encore relativement confiant, car j’essaye d’analyser où je pourrai attaquer lors des 2 prochaines tours. On arrive enfin au « sommet », et effectivement, ça redescend raide jusqu’à 100 mètres de la ligne, où ça remonte un petit peu. Je prends une dizaine de mètres de retard sur la descente et la petite montée avant de partir sur le deuxième tour, le gars devant ayant accéléré sur la fin. Moi je m’affole pas, et après la descente du début du 2ème tour, sur le plat, je recolle, comme sur le début de course. Il y a beaucoup de monde dans les rues, la course est hyper sympa. Je cours avec un local, et il a le droit à plein d’encouragements, qui nous motivent tous les 3 (enfin, moi ça me motive pour essayer d’aller le gratter !). Le 2ème tour se passe à peu près comme le 1er, sauf que je commence vraiment à sentir les jambes se raidir de partout. Les pentes raides (montantes et descendantes) et la fatigue commencent à me jouer des tours. Sur la fin du 2ème tour, ça accélère encore, et cette fois je ne suis pas en mesure de revenir sur le plat. Je ne baisse néanmoins pas les bras et garde encore un rythme aussi haut que possible. Par 2-3 fois, j’ai l’impression de revenir sur les 2 de devant, et je lutterai jusqu’au bout, en terminant aussi vite que possible, mais je n’arrive pas à les rejoindre, et je termine au final 5ème.

Forcément déçu, je termine à 18s de la 3ème place et du panier garni. Forcément, je me dis que sans le 10km du matin (et le semi de 6 jours avant), le podium était largement jouable. Je connais de nom le 3ème-4ème, et je pensais que même avec les efforts consentis avant la course, j’avais assez de marge pour espérer finir devant. Force est de constater que non. Les 2 premiers sont 1m30 et 2min devant. Forcément, c’est très loin, mais je me dis quand même qu’avec un meilleur état de forme, c’était pas perdu d’avance.

Après avoir passé la ligne d’arrivée et rendu mon dossard, je repars à l’assaut d’un 4ème tour (mais il est malade ce type) pour essayer de rejoindre Nicky et faire son 3ème tour avec elle. On se disait que peut être je réussirai à lui reprendre un tour avant la fin de son 2ème tour, mais non ! Je cours vite pour la rejoindre le plus vite possible, je la reprends au bout d’un peu moins de 1km, juste avant la 1ère montée. On termine ensemble, j’essaye de la motiver/coacher sur la fin de course, on reprend quelques filles. Elle finit à la bagarre avec une autre fille, et réussit à prendre 15m d’avance sur la ligne droite finale, mais coupe son effort 3m avant la ligne et se fait doubler au dernier moment ! Ah la la, elle est pas compet’ cette fille ! Bon, en même temps, elle était parti vraiment tranquille et du coup c’était un sprint pour la 14ème place, pas très important.

Vraiment une chouette course, avec une super ambiance. Après 30min de voiture pour rentrer chez nous, on arrivait à peine à marcher, les jambes complètement ankylosés, c’était drôle à voir !

 

Au niveau chronomètre, je cours à un peu moins de 16km/h, avec une lente décélération de tout en tour : 11 :53 au 1er, 12 :12 au 2ème, 12 :25 au 3ème. 36m30 pour environ 9,6km donc. Bon, sur un parcours autant accidenté, avec entre 150 et 200m de D+, difficile d’en conclure quoi que ce soit.

Et pas d'article dans les journaux locaux ! C'est plus ce que c'était les journalistes !

 

Au final, la difficile réalité me rattrape quand même : je n’ai pas le niveau pour espérer enchainer des courses tous les WE et « assurer » des podiums, même sur les petites courses des alentours. Je voulais faire le 10km de Jurancon le WE prochain, mais je pense que le plus sage serait de ne pas y aller. On verra !

Published by benji-triathlon
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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 10:00

Et pour quelques secondes de moins !

 

Ca y est, enfin, c’est la fin du cycle de course à pied. Je dis enfin car j’avoue que je commence à saturer mentalement, j’ai besoin d’une coupure.

Pas tant physique, car je ne fais pas des grosses semaines (6h/semaine en moyenne, dont 3h30 de course à pied depuis début septembre), mais ca fait quasiment un an que je n’ai pas vraiment coupé complètement. Il y a eu une petite coupure pour la naissance de Coralie, mais on peut pas dire que c’était du repos ! Et finalement elle est très cool donc j’ai repris très vite le rythme.

Bref, le but de ce cycle de fin de saison à pied était double : premièrement battre mes records du 10km et semi-marathon, et si possible passer les barres de 34min au 10 et 1h15 au semi, qui étaient synonyme de qualif aux championnats de France quand j’ai commencé le triathlon en 2010 (depuis, les minima ont été rehaussé à 34m15 et 1h15m30 mais dans ma tête ces « barrières » restaient les buts ultimes). Deuxièmement réussir à m’améliorer en CAP pour pouvoir transférer ces progrès sur mes triathlons des 2017. Physiquement bien sûr, mais aussi mentalement, pour pouvoir me dire : « je l’ai fait une fois, je peux le refaire ».

J’ai commencé avec pas mal de 10km, et pour le dernier une perf de 33m35 au-delà de toutes mes espérances en début de cycle. J’ai eu ensuite un mois pour adapter ma vitesse acquise sur 10km au semi-marathon. Contrairement au 10km, je n’ai qu’un semi au programme, je n’ai pas le droit à l’erreur. Je me suis inscrit sur le semi de Boulogne-Billancourt, couplé avec un WE à Paris en famille. Le même WE, il y avait le semi-marathon Lourdes-Tarbes, beaucoup plus proche de chez nous, et j’ai beaucoup hésité entre les 2. Finalement, c’est le fait que le semi de Boulogne soit homologué FFA (et même FIA), et que donc je n’aurai pas de question à me poser sur la valeur de la perf (yavait bien la distance ?...), et que le semi de Boulogne est connu pour être très rapide, avec à peine 60m de D+/D-.

 

Les dernières semaines, j’ai hésité sur l’objectif à tenter. Je rêvais d’un sub-1h15, mais si c’est pour tenter quelquechose d’impossible et exploser, il vaut mieux viser quelqueschose de plus plausible, style 1h16, et « assurer » au moins un nouveau record personnel (autour de 1h18 actuellement).

Je n’ai qu’une opportunité, donc la définition de l’objectif chronométrée est primordiale. Vous allez me dire : « mais de toutes façons, t’as claqué 33m35 aux 10km sans montre, t’as qu’à tout faire au feeling comme ça tu te poses pas de questions ! ». Ce à quoi je répondrai : « alors tout d’abord merci de suivre les CR, ca me touche. Si, si, vraiment. Et ensuite, je me sens pas de faire un semi « au feeling ». Ça fait 2 ans que j’en ai pas fait, contrairement aux 10km que j’ai pas mal enchainé, et qui m’avaient permis de très bien me connaitre sur cette distance, sans avoir besoin de montre ». Donc il était important pour moi de me fixer un plan de marche et de m’y tenir.

On le définit donc avec coach Nick : le sub-1h15 n’est pas un objectif déraisonnable : on va le tenter. Le plan est le suivant : départ relativement rapide, quasi obligé si je ne veux pas retrouver bloqué après 300-400m par les personnes parties trop vite, puis calage à 3m33/km, ce qui doit me faire arriver en 1h14m54s. Ca me laisse 6s de marge. Je suis large.

Je décide néanmoins de pas regarder tous les km ma vitesse pendant la course. Le GPS n’est pas suffisamment précis pour donner des données fiables sur 1km, et en plus on va passer sous des ponts qui vont perturber le signal, et je ne suis pas sûr de la fiabilité des bornes kilométriques placés par l’orga. Je décide donc de découper la course tous les 5km, mais de garder un œil sur la vitesse moyenne.

Le jour J arrive enfin. Les derniers jours n’ont pas aidé à la confiance : d’abord je sens les jambes « lourdes », et puis la mété0 s’annonce mauvaise : vent fort et pluie. Heureusement pas trop froid, idéal même, autour de 12°C. Mais le vent me fait très peur et peut rajouter des paquets de secondes, voire de minutes… La nuit avant la course, j’entends le bruit du vent dans les arbres, j’ai du mal à dormir du sommeil du guerrier et je commence déjà à imaginer un plan B avec révision de l’objectif si le vent a raison de ma vitesse. Il faut également le prendre en compte pour la stratégie de course. Il sera encore plus intéressant d’essayer de courir groupé, quitte à aller un peu plus vite ou un peu moins vite que la vitesse idéale, car le gain de courir derrière un gars quand le vent est de face, c’est énorme.

Le matin, le vent a un peu baissé, et la pluie a l’air de vouloir nous éviter. Mais la chaussée est quand même humide de la pluie de la nuit. Je fais mon échauffement correctement, même si je suis plus habitué à courir en pleine ville, sur les trottoirs à éviter plein de choses, et les passants en particulier. Il y a du monde partout, 8000 coureurs annoncés. L’échauffement n’est pas hyper rassurant, je suis très haut en battement, pas de supers sensations, un peu comme pour le Nouste Henric il y a 2 mois. J’y avais quand même fait une belle course, et c’est ce que j’essaye de me dire.

J’ai réussi à avoir un dossard dans le 2ème sas, en moins d’1h25, le 1er étant réservé aux moins d’1h15. J’arrive à me faufiler jusqu’en 2ème ligne du sas. 2min avant le début, les sas se regroupent, je me retrouve en 3ème ou 4ème ligne, pile où je veux être.

 

Je suis loin d’être confiant sur la ligne de départ, mais enfin le starter nous libère !

Je pars vite, comme prévu, mais je me fais doubler jusqu’aux 400m environ, où je stabilise ma position, puis commence à remonter, en devant un peu zigzaguer ou accélérer par endroits. Je trouve mon rythme de croisière assez vite sur ce 1er km, et je regarde un peu ma montre pour voir que je suis le plan de marche en passant en environ 3m25 au 1er km, un peu plus rapide donc, comme convenu, que le 3m33/km prévu pour le reste de la course. Le rythme cardiaque est plus élevé que ce que j’espérais, mais j’arrive à stabiliser autour de 165bpm. Je me fixe une limite à 166 sur le plat, 168 en montée, dans la première partie de course, au-delà duquel je ne m’interdis pas d’aller, mais je sens que c’est ma limite si je veux espérer ne pas exploser d’ici la fin.

Le vent est présent, et il est donc important d’essayer de trouver un groupe de coureurs derrière lesquels s’abriter. Je repère rapidement un coureur de Marseille qui m’a l’air d’avoir une belle foulée, un bon rythme, et qui regarde sa montre assez souvent. Je le prends comme repère et essaye de rester derrière. On est un petit groupe et on remonte déjà du monde, parti trop vite. Je suis relativement à l’aise, mais pas autant que ce que j’espérais. En fait, sur ce semi, je n’ai jamais eu de moments où j’ai couru à mon aise, sans devoir me forcer à tenir l’allure. Rapidement, je me rends compte d’un problème technique potentiellement très problématique : je glisse sur certains types de revêtements humides. C’est pas la patinette, bien entendu, mais à la fin du geste, je sens que je glisse au niveau de la pointe de pied. Je me dis que je perds quelques précieux Newton à chaque foulée, ça fout les boules. J’essaye de courir sur les bandes blanches dès que je peux, car j’ai remarqué que je ne glissais pas dessus (bizarre car on dit qu’en vélo on dit qu’il ne faut jamais rouler dessus si c’est humide). Mais bon, des fois il faut choisir entre courir derrière un gars et bénéficier de l’effet coupe-vent ou courir sur la ligne blanche et ne pas glisser.

On passe une ou 2 petites cotes (des tunnels ou ponts) et je remarque que je descends mieux que tous les autres concurrents autour de moi. Les entrainements en descente ont payé : je me laisse aller sans efforts supplémentaires, et je reprends 10, 15 voire 20 mètres sur mes concurrents sur une descente de 200m à 4-5%.

On passe le 5ème km toujours groupé. Je remarque un autre coureur qui a l’air de bien courir, avec un t-shirt « student-quelquechose », mais qui reste pour l’instant caché également. Je passe en 17m35, avec 10s d’avance sur mon temps objectif donc. C’est bien, mais c’est peu, et comme dit avant, je ne suis pas facile. Je ne sais pas vraiment si on a plutôt descendu, plutôt pris le vent de coté, de face, ou de dos. Je dirai plutôt de côté. Je suis pas hyper confiant donc, car je pense que je vais devoir ralentir.

On continue sur les bords de Seine encore quelques km avant d’arriver dans le Bois de Boulogne et la seule vraie difficulté du parcours, 2 petites bosses que je connais bien, pour 30m de D+ en tout. J’arrive à les grimper en restant dans le groupe, et en restant à la limite des 168bpm, et je fais le rythme sur la descente. On passe au 10ème km à la fin de la 2ème montée, et je vois que je suis en 17m46, pile dans les temps, j’ai conservé mes 10s d’avance, et je me dis que j’ai en plus fait le gros du dénivelé. Je devrais être en confiance, mais je sens que je commence déjà à être dans le dur, c’est pas bon.

 

Dans le bois de Boulogne, le groupe a éclaté. Le gars de Marseille n’est plus là, on reprend au fur et à mesure des gars qui s’accrochent, en général pas plus d’un ou 2 km, et je me retrouve à « devoir » prendre quelques relais, avec le vent qui tourbillonne.

On prend un virage à gauche, et là c’est la douche froide : gros vent de face, et c’est moi qui suis devant. Je repère un gars 20-30m devant et je fais l’effort pour le rattraper rapidement pour me mettre à l’abri. Heureusement, assez vite on a une longue descente. Je me mets devant et je cours en plein milieu d’une 2 fois 2 voies, sur la ligne blanche ! On continue à rattraper du monde, et en particulier un gars qui va s’accrocher à nous et bien m’aider car à chaque fois que j’essayais de passer devant pour relancer, c’est lui qui en mettait un coup. Bon, forcément, il a explosé après 2-3km, mais c’est toujours ça de pris. On rejoint les docs, et je ne cours plus qu’avec le gars au t-shirt « student », et je sers les dents pour rester avec lui. Je passe quand même un relais pour lui montrer qu’on peut essayer de s’aider mutuellement : dans une course comme celle-là, la position importe peu, comparé au chrono. Si je peux gagner 10-15 secondes en prenant des relais et terminer derrière, je préfère plutôt que rester derrière toute la course et terminer devant en accélérant sur la fin.

On passe le 15ème km, 17m58, j’ai perdu 13s, et dorénavant je suis en retard sur mon plan de marche.

A ce moment, je me dis que c’est cuit pour les 1h15. En fait, dès le 11ème km, je me disais que ça allait être difficile, et dans ma tête je commençais à transférer l’objectif vers 1h16 : j’avais le droit de perdre 6s par km. Donc là j’ai environ 5s de retard sur mon objectif, et vu la lente dégradation de la vitesse, je ne me fais pas trop d’illusion, mais je continue à donner le meilleur de moi-même. A partir de ce moment, je ne regarde plus ma montre. Je passe en mode warrior, #serrelesdents comme disent les jeunes (oui, je fais semblant de connaitres les expressions de djeunes, mais je sais bien que ça ne prend pas…). Je m’accroche à « student », et j’attends que le temps et les km s’écoulent. Un gars nous annonçe environ 40ème. Ca me rassure dans l’objectif des 1h16 : je me dis que vu les conditions de vent, tout le monde court plus lentement et 1h16 « correspond » à 1h15 sans vent. En effet, les années précédentes, avec 1h15, j’aurai été 45-50ème. Là je suis déjà dans les 40 et devant je vois que les groupes se désagrègent et des gars sont en perdition.

Je ne sais plus exactement à quel km j’ai vraiment débranché le cerveau, je crois le 18ème environ, à la faveur d’une montée/descente sous un tunnel. Sans penser du tout à 1h15, juste en me disant : … en fait, non, en me disant rien du tout, je sais pas ce qui s’est passé, j’ai juste eu l’impression d’accélérer, et je suis passé devant, et j’ai fait mon propre rythme. On reprend pas mal de personnes sur ces 3 derniers km, et c’est très motivant car on dirait qu’ils sont pile 50-100m derrière les autres pour que dès qu’on en reprend un, un autre se profile devant. Je repère même un gars avec un t-shirt style « racing » que j’avais vu à la ligne de départ, et que je ne revois que maintenant. Il me parait loin, mais finalement je le reprendrai à 2km de la ligne.

Dernier virage au 20ème km. Je bippe à ma montre mais ne regarde pas. De toutes façons je donne tout. En fait, je suis en 17m54, donc j’ai perdu encore 9s. J’ai donc 13 ou 14s de retard, que je dois refaire dans le dernier km. Enfin, un peu moins car mon plan de marche m’amenait en 1h14m54, donc 6s de marge. Mais bon, au final, tout ça je ne le sais pas, et heureusement que je n’ai pas regardé, car je me serai sans doute découragé de voir que j’étais pas dans les temps. Mais 10s, c’est rien, vous allez me dire. Au 20ème km, quand on doit gagner 10s sur un rythme qu’on n’arrive déjà pas à tenir, cela parait une montagne, donc je pense que je me serais découragé.

J’essaye d’en remettre une couche sur ce dernier km. Enfin, 1,1km, car à ce moment, tous les mètres sont difficiles. Je m’attends à voir la ligne d’arrivée à tout moment, mais on arrive sur le grand rond-point de début de course, et il doit rester 200-300 mètres mais c’est interminable. Ca y est, mes muscles ne répondent plus correctement, la foulée est saccadée, j’ai présumé de mes forces pour quelques centaines de mètres, sur cette accélération finale du dernier km. Je vois enfin la ligne d’arrivée après le rond-point, et ces 200 mètres sont très longs, je m’efforce à garder le meilleur rythme possible, mais j’ai l’impression d’entendre derrière moi des pas se rapprocher. Puis à 100m environ, je vois l’horloge de course sur la ligne d’arrivée : 1h14m45s. « Ouh Pinaise, je peux le faire ! ». Accélération brutale du Benji ; comme quoi, on a toujours des ressources cachées, la difficulté est de réussir à obliger son cerveau et son corps à les utiliser. Je sprinte, les yeux rivés sur l’horloge, 1h14m50s, 1h14m55s… Rhhaaaaaaa (rale silencieux du Benji en train de vider ses dernières cartouches). Ca va le faire, ça va le faaaaaaire !!!!! 57, 58, 59s. Meeeeeeeeeeeerde ! Je finis mon sprint sans voir l’horloge, en pile 1h15m ou peut être 1h15m01. Je m’écroule pas derrière, car c’est pas mon style, mais le « enc… » soufflé juste après la ligne veut tout dire.

Je suis trop content, 1h15 dans ces conditions difficiles, je suis allé les chercher avec les tripes. Comme j’ai dit, je n’ai jamais été « facile » et j’ai été en prise à chaque instant.

Ensuite vient l’attente, les calculs avec les temps de ma montre. J’espère que l’horloge indique le temps « officiel » (à partir du coup de pistolet). Au temps « réel » (à partir du passage de la ligne), je pense avoir une ou 2 secondes de marge, et donc être passé sous les 1h15.

Une ou deux heures plus tard, Nicky m’apprend, par une copine qui avait déjà regardé les résultats, que je fais 1h14m57 ! Bon, l’horloge avait peut-être quelques secondes d’avance, car je suis certain de pas avoir franchi la ligne en moins de 1h14m59s, mais je prends, c’est le temps de l’orga qui fait foi !

 

Donc après les 34m qui sont tombés il y a un mois, c’est le deuxième gros palier que je franchis, cette fois dans l’extrême difficulté. Je suis content, fier, fatigué, mais soulagé également, d’avoir réussi une bonne course. Je suis également un peu déçu car les conditions météo n’étaient pas au top, et ces p…. de chaussures qui glissaient, c’était trop bête. J’ai regardé depuis, et effectivement les minis picos d’accroche sous la chaussure sont tous usés au niveau des appuis. Quand c’est sec, cela n’a pas d’impact, mais sur le mouillé, apparemment, ça glisse bien. J’aurai aimé frapper un grand coup et exploser cette barre des 1h15, mais je dois me contenter de la passer ric-rac. Mon état de forme sur la journée ne me paraissait pas idéale non plus, mais difficile de vraiment le dire avec certitude. Par contre, dans la gestion de course et le mental, j’ai été très fort, je doute fort de pouvoir reproduire le même schéma si je devais refaire la course. Après les premier 500m, je n’ai jamais été doublé (ou alors j’ai redoublé après), et je pense être passé d’environ 70ème au 1er km à 35ème (c’est mon classement final), à la faveur de dépassements réguliers tout au long de la course. J’ai lâché tous mes compagnons de route qui me paraissaient meilleurs que moi pour réussir à me dépouiller complètement sur les derniers mètres (22 km/h sur les 70 derniers mètres environ).

J’ai pas encore eu le temps de tout analyser, mais j’ai regardé les 4-5 premiers, ils finissent en 1h02m et des brouettes, là où les 3 précédentes éditions se gagnaient en 1h01m, ce qui tend à confirmer que le parcours n’était pas trop rapide cette année. Le 1er de l’année 2014 (année 2015 annulée après les attentats) fait 2ème cette année, et les autres sont des coureurs de très haut niveau également (8m02 au 3000m steeple pour l’un, 7ème en 2h08 au marathon de Paris cette année pour un autre).

Du coup, forcément, je me dis que j’aurai pu faire encore mieux !

 

Petit point pour les curieux concernant l’hydratation et l’alimentation : j’ai essayé un truc d’après les conseils du coach : 2 gels vidés dans une petite fiole, mélangés avec très peu d’eau (50mL). Et j’ai pris ça entre le 8ème et 13ème km environ. Ça m’a servi de ravito liquide et solide, sans avoir à négocier les ravitos, et en me permettant de me ravitailler facilement, par petites gorgées, sans que la charge en poids soit très importante. Du coup le dosage était très sucré, mais c’est passé nickel.

 

Allez, ce CR est déjà bien assez long. Place à la récup, mais je vais quand même enchainé avec la Moustachu de Pontacq la semaine prochaine, car ma moustache m’interdit de faire l’impasse.

 

J’ai prévu de faire prochainement une analyse et un retour sur ma saison 2016, riches en courses, et de présenter un peu ma saison 2017. Tous les ans, je me dis que j’ai atteint mon plein potentiel et que je ne peux plus espérer progresser et tous les ans, j’arrive encore à le faire. Cette année, après ces 2-3 mois de courses à pied et les supers résultats et supers progrès malgré un entrainement limité, et malgré les meilleurs résultats de ma vie, et malgré un age, 35 ans, où les années vont commencer à compter, pour la première fois, je pense pouvoir progresser. Espérons !

 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:30

Enfin le sub-34 !

 

résultats ici

 

On s’était laissé sur ma déception de ne pas avoir réussi le sub-34 aux 10km de Tournefeuille.

Trêve de suspense, j’ai ce WE réussi à passer cette barrière des 34min aux 10km d’Odos.

Pour ceux qui veulent plus de détails ou qui ont quelques minutes à perdre, retour en arrière :

 

Après Tournefeuille, ça a beaucoup cogité dans ma tête. Coach Nick me répète que le niveau que je montre à l’entrainement est celui d’un gars qui vaut 33m30-33m45 sur 10km, mais force est de constater que sur mes 2 dernières sorties, j’ai buté sur les 34min : 34m13 à Pau et 34m09 à Tournefeuille.

Bref, je doute. Odos arrive 2 semaines après Tournefeuille et le plan est d’arriver au top sur Odos. C’est dans cette optique que je m’étais pété les jambes sur le trail la Corruda une semaine avant Tournefeuille, et qui m’a vraisemblablement handicapé à Tournefeuille.

Je devais faire le run and bike d’Asson entre Tournefeuille et Odos avec Nicky, mais ce dernier est annulé, et je cherche, et trouve, une compet de remplacement à Tarbes, un 10km organisé par le CHU pour sensibiliser aux dons d’organe, les « ran’donneurs ». Mes parents sont là pour s’occuper des petits et Nicky peut donc faire sa course de reprise. De mon côté, j’hésite : soit je la fais à fond, et j’essaye de gagner, toujours agréable. Soit je la fais en entrainement, avec des exos de fractionné, qui devrait me permettre de terminer dans les 5-10 premiers (avec le risque de me prendre au jeu donc), soit je la fais avec Nicky en footing, soit je la fais pas… Au final, je me fais violence pour rester sage, je mise tout sur Odos, et je fais l’impasse sur cette course, je décide de la faire avec Nicky. Jusqu’au dernier moment, c’est difficile de me retenir, mais finalement je reste sage avec Nicky tout du long. On réussit à courir à presque 12km/h, et finalement je finis avec les jambes bien entamées et lourdes, cela m’a paru bien long ces 10km !

J’arrive à caser encore 2 belles séances mercredi et jeudi pour emmagasiner de la confiance, et arrive le WE. Samedi, super beau, j’ai envie d’aller travailler dans le jardin : enlever les ronces, les p@*%# de bambous, tondre, déplacer le bois de chauffage, scier ce bois, etc… (c’est passionnant, hein ?), mais pareil, j’essaye de ne pas trop forcer sur les jambes pour les préserver au max pour le lendemain. Tant pis, je resterai tranquille J.

Depuis quelques jours, le doute est revenu, et je n’arrive pas à avoir confiance en mes capacités. J’ai regardé le parcours, et ce que je pensais «roulant » ne l’est pas tout à fait. 40m de D+ d’après openrunner. A Tournefeuille, il n’y avait même pas 10m et pourtant j’avais eu l’impression que c’était pas tout plat… Je suis allé reconnaitre le parcours mercredi pour mettre toutes les chances de mon côté. Effectivement, ce n’est pas tout plat, mais c’est pas si mal : 1,4 premier km accidenté globalement montant (+15m environ), puis un long faux plat descendant (-25m) jusqu’au 6km environ, long faux plat descendant pour revenir (+25m) , et 1,2 derniers mètres accidenté globalement descendant (-12m environ). Aux 4,5 et 7km on traverse le pont au-dessus de l’A64. Ça parait rien mais c’est une belle bosse (8-10m de D+/D- sur 400-500 mètres) qui peut faire très mal quand on est déjà à bloc. Au final, la ligne d’arrivée est même un peu plus haute que le départ (de quelques mètres)

Pendant la reco, je ne ressens quasiment pas les faux plats descendants et montants. Ca me rassure, je me dis qu’il n’y a que la difficulté du début et les 2 ponts, c’est pas si mal.

Le plan de course est simple : ne pas partir trop vite pour ne pas se griller dès le 1er km, mais ensuite prendre une bonne vitesse grâce au faux plat descendant, puis tenir, tenir, tenir. Nico me donne une cible de 3’20/km à tenir sur la partie « plate ». Ca me redonne un peu confiance en mes capacités (pour rappel 3m24 à tenir pour 34min).

Le jour J, j’essaye de ne pas refaire les mêmes erreurs qu’à Tournefeuille : dernier repas 3h avant la course, lever 6h15 donc… Depuis 2 semaines et Tournefeuille, j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté et j’ai fait encore plus gaffe que d’habitude à ce que je mange (et bois) pour essayer de perdre encore quelques centaines de grammes qui pourraient faire la différence entre 34m02 et 33m58… La veille, je me pèse à 66,8kg, je peux difficilement espérer mieux.

Bref, tout est en place, sauf la confiance. Le stress est bien présent, même si j’essaye de l’évacuer. C’est mon dernier 10km FFA de programmé. Si je loupe les 34min cette fois, j’aurai pas de 3ème chance, et pas sûr du tout que j’arrive à retrouver ce niveau dans les prochaines années. C’est peut-être la dernière occasion pour moi de pouvoir dire : j’ai couru en moins de 34min le 10km. On s’en fout, vous me direz. Certes, mais quand même.

J’arrive sur place 1h avant, juste à temps pour m’apercevoir que j’ai oublié ma montre… Bon, ça ne me gêne pas trop, on va faire cela à l’ancienne, tout aux sensations. Déjà à Tournefeuille, j’avais hésité à la faire aux sensations. Je suis juste déçu de pas avoir les données de vitesse et cardio pour analyser ensuite. Vous comprenez maintenant pourquoi l’introduction à la course est tellement longue, je pourrai pas vous assommer avec mes temps au km une fois la course commencée !

 

Nicky essaiera d’arriver à temps pour me donner la montre, mais on se loupe à quelques minutes, tant pis !

Départ première ligne, mais je me fais doubler comme prévu assez vite par 2 concurrents que j’avais remarqué sur la ligne, qui m’avaient collé une mine à Tournefeuille : on ne court pas la même course. Derrière, par contre, personne a l’air de se détacher. On arrive direct dans la première bosse, que j’essaye de passer « souple » tout en fréquence, et je passe assez vite en 8-10ème position. Je ne m’affole pas et je reprends un à un tous ceux partis devant dès que la route redevient à peu près plate, jusqu’à recoller au groupe pour la 3ème place au bout du premier km environ. On est 3. Pour l’instant, je suis relativement à l’aise, j’entends qu’à côté de moi, ça souffle fort mais ça court vite. J’essaye de passer le relais mais quand je passe ça accélère. Je reste derrière et dès que l’allure ralentit je pointe le bout de mon nez pour relancer l’allure (ce sera ça tout du long !). Tout au feeling. J’entends des pas lourds qui reviennent de l’arrière très vite, et j’ai du mal à comprendre, on est déjà au 2ème km, le gars a l’air de revenir de loin, au moins 50m, et rapidement. Il a loupé le départ ou quoi ? Il intègre notre groupe mais ne relance pas l’allure. On est 4, et on reste groupé jusqu’au premier pont. Le gars qui nous avait rejoint et un autre prennent du retard, on ne les reverra plus, et le gars qui reste prend quelques mètres d’avance, mais je bouche le trou sur la descente. On n’est plus que 2 et on continue à bonne allure. Je suis encore relativement bien quand on arrive à la partie retour et le faux plat montant. Comme à la reconnaissance, je ne sens pas trop le faux plat, mais à partir du 6ème km, ça commence à devenir difficile. Ca cogite un moment dans la tête, et j’ai l’impression d’aller vite, mais je n’ai aucune idée de notre allure : on est dans les temps ? à l’ouest ? en avance ? J’hésite à demander au collègue qui a une montre qui bippe tous les km et qui la regarde souvent, mais je suis déjà taquet compet’, le fait de parler serait un vrai effort que je n’ai pas envie de faire. On continue à courir ensemble, je suis plutôt derrière car quand j’essaye de passer, il relance l’allure. Je prends néanmoins quelques relais quand le rythme baisse trop. Je vois avec plaisir et soulagement que les km continuent à défiler et que je n’ai pas l’impression de craquer, même si c’est de plus en plus difficile. Le 7ème arrive, le dernier pont, je vois qu’un des 2 gars devant n’est pas si loin que ça, peut être une minute, et ça me donne un peu de confiance. Je me dis dans la tête que l’objectif est le 9ème km, et ensuite au mental ça passera. 8ème, toujours côte à côte, on s’accroche les coudes et les épaules de temps en temps, comme des débiles ! Je commence à penser à la 3èmeplace, mais l’objectif est ailleurs, le but est d’aller le plus vite possible, 3ème ou 4ème, on s’en fout. Arrive enfin le 9ème, mais c’est pas la fin ! On arrive sur la partie accidenté plutôt descendante. Petite montée à 500m de la ligne où j’ai peur de voir le gars accélérer, mais on monte au même rythme. J’entends Nicky m’encourager au même moment où je place mon attaque en haut de la montée (de là à dire que c’est elle qui a lancé mon attaque…). Dans ma tête il ne reste quasi rien, en descente en plus, donc je lâche les chevaux et je cours à grandes enjambées. Au bout de 10-15s, je doute de ma capacité à terminer sur ce rythme, et j’entends les pas du gars qui a l’air de revenir. Heureusement, j’aperçois l’arche d’arrivée, ça me rebooste et j’arrive à relancer et finir en sprintant, des fois que je sois pile en 34min ! J’ai assez de lucidité en arrivant pour repasser mon dossard devant dans les 100 derniers mètres pour que le chronométreur puisse le bipper (puce sur le dossard) avec sa raquette à la ligne d’arrivée, et je l’aide à bien prendre le dossard dès la ligne d’arrivée franchie. Un peu limite comme chronométrage pour un 10km officiel d’ailleurs je me dis, on peut perdre quelques secondes facile avec une mauvaise manip ou en cas d’arrivée groupée. Mon compagnon de course arrive quelques mètres derrière. Je le félicite et le remercie pour le train qu’il a mené, cela m’a vraiment aidé. Même s’il n’y avait pas de vent et que donc l’abri était relatif, c’est toujours une aide, au moins psychologique. Je pense que l’on s’est aidé mutuellement à faire le meilleur chrono possible. Après une minute à récupérer, je pose la question fatidique, fébrile, au gars :  « t’as couru en combien du coup ? ». Grosse montée de stress au moment où il me répond… 33m38 ! C’est ça qu’est bon, je dois être en 33m36 ou 33m37, le sub-34min est validé, et de belle manière ! Au final 33m35 officiel et 3ème place. Je me suis vraiment dépouillé sur cette course. Je pense c’est de loin la plus aboutie de ma carrière, où j’ai réussi physiquement et mentalement à garder le rythme tout du long. Je pense que ne pas avoir de montre m’a aidé à ne pas cogiter et à garder toute mon énergie mentale vers le but de tout compétiteur « va plus vite ! ». Mon partenaire de course me dit qu’on est passé aux 5km en 16m45 environ, donc on a été très régulier et finalement assez peu ralenti sur le retour. Ca fait la différence avec Tournefeuille où j’avais bien craqué à partir du 6ème.

 

Les gars devant étaient effectivement intouchables, 32m01 et 32m32. Le 2ème est un coureur connu dans la région, il m’avait pris 1m37 à Tournefeuille, et là il ne me prend donc que 1m03s. Cela confirme (exactement !) les 34s gagnées par rapport à mon chrono de Tournefeuille. Mais peut être également que le parcours de Tournefeuille n’était finalement pas si rapide que cela, étant donné qu’il fait le même temps. Quant au premier, il avait surclassé le semi à Tournefeuille en 1h10. De ne finir qu'à 1m30 de lui me donne de beaux espoirs pour mon semi de Boulogne.

 

J’avoue qu’avant la course, je m’étais dit que si ça passait pas, j’essaierai de faire un chrono seul sur 10 000m sur piste. Mais comme l’appétit vient en courant, je me demande si je ne devrais/pourrais pas essayer d’améliorer encore ce chrono.

En essayant d’être tout à fait honnête et transparent : certes le parcours n’est pas rapide au niveau dénivelé, et le gars avec qui j’ai couru m’a dit que sur un parcours plat, avec un tel effort, on pouvait envisager les 33m15, mais beaucoup de conditions étaient pour le coup très propices à un bon chrono : température fraiche idéale pour ne pas surchauffer, pas du tout de vent, un gars avec qui courir qui m’a poussé à me dépasser, un programme d’entrainement qui m’a permis d’arriver en forme le jour J (merci Nico), des efforts alimentaires sur les dernières semaines que je n’ai pas envie de reproduire trop souvent.

Bref, pas sur du tout que sur un parcours tout plat, j’arrive à sortir par la suite un meilleur chrono. Bien sûr je l’ai dans un coin de ma tête, et je comprends mieux maintenant l’obsession des coureurs de 10km route avec le chrono, et je regarderai dans les prochains jours si une opportunité se présente, mais normalement ma dernière course de la saison sera le semi-marathon de Boulogne. Contrairement aux 10km, je ne courrai qu’un semi, donc je ne pourrai pas me régler. Mes objectifs seront déclinés en 3 :

1.       Battre mon record (1h18). Normalement avec mon niveau actuel, cela devrait passer.

2.       Si possible, aller chercher le sub 1h16 qui était mon objectif en début de prépa.

3.       Si tout se passe bien aller chercher le sub 1h15 (3m33/km quand même…), synonyme de qualif aux championnats de France. Et pour moi une barre « mythique » qui est un objectif de carrière comme l’était le sub-34.

 

Bizarrement, je ressens plus du soulagement d’avoir cassé cette barre des 34 que de la joie ou de la fierté. C’est un peu dommage de me mettre autant la pression pour finalement être plus soulagé que content ! C’est comme ça, mais  j’espère que cette perf m’enlèvera de la pression pour la suite. J’espère faire quand même quelques autres petites courses dans le coin, sans pression chronométrique et avec comme objectifs le plaisir et la gagne !

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 10:00

1ère tentative sub-34 : échec !

Depuis le temps que je l’attendais, ce 10km FFA !

Il devait me servir pour valider ma progression, briser cette barre de 34min que j’ai en tête depuis de nombreuses années, et me projeter sur une super perf à Odos 2 semaines plus tard.

Même si au final, j’échoue « seulement » pour 9 secondes, je suis très très déçu.

Je peux me trouver plein d’explications…euh, pardon, d’excuses en langage de triathlète.

Au premier rang duquel ma sortie du WE dernier : le trail la Corruda avec 1200m de D+pour 20km et 2h08 d’effort. J’ai eu des courbatures jusqu’à vendredi, et les jambes lourdes jusqu’à la veille du 10km. Du coup, je n’ai pas réussi à faire un entrainement « vite » de la semaine, j’ai dû me contenter de 3 footings de décrassage.

Allez, je vous met aussi la crève de la semaine ? Avec plaisir, c’est pas mal comme excuse aussi. Même si j’ai bien réussi à la limiter et à la guérir vite avec mon régime à base d’ail cru. Oui c’est sur ya d’autres inconvénients…

Bon, ça fait que 2 excuses finalement, je trouve rien d’autre !

En avant pour le CR.

Le jour J, tout est en place, on arrive bien en avance, le retrait des dossards est facile et rapide, malgré les 2000 participants (1000 sur 10km et 1000 sur semi).

Je m’échauffe bien, la vitesse est là, sans forcer plus qu’il ne faut. Je me dis que ça va le faire. Je repère les 2 premiers km sur l’échauf, et je trouve que c’est quand même pas tout plat, un petit faux plat dès le début. Je me dis qu’il faura que je m’en rappelle si je me trouve trop lent au chrono.

A la fin de l’échauf, je ressens une petite douleur à l’abdomen sur le côté gauche, style point de côté, mais ça fait tellement longtemps que j’ai pas eu de point de côté, je suis même pas sur de ce que c’est. Bon, pas terrible, mais je me dis que ça va passer.

Le départ est assez bien organisé. Le départ du 10km et du semi est simultané, mais on part d’un endroit différent, à 200-300m de part et d’autre d’un rondpoint. On s’élance donc les uns en direction des autres, et arrivés au rond-point, on tourne à 90° (à droite pour nous, à gauche pour les semis) pour se retrouver sur le même parcours. Au départ, ils ont également mis des SAS de départ, et les gens le respectent, du moins le 1er SAS en moins de 40’. Pour une fois, je peux me mettre en 1ère ligne sans souci.

Je suis tendu au départ, j’essaye de bien respirer. Le départ simultané est un peu cafouillé, un gars au téléphone fait un signe au starter, mais tout le monde part non pas au starter mais au signe du gars. Et heureusement car le pistolet n’a pas fonctionné pas !

Ça part vraiment très très vite ! J’avais vu les chronos de l’année dernière et de 2014, et je m’étais dit qu’en moins de 34’, je devrais être sans doute dans les 3 premiers. Je sais qu’a départ, ça va partir trop vite et je m’affole pas. Je me retrouve 20ème assez vite mais surtout ceux devant prennent déjà 50m d’avance très vite.

Je ne m’affole pas, je pense être pile dans la bonne allure, autour de 3’15/3’20, pour prendre un départ rapide mais pas trop. Mais au bout de 100-200m, j’ai la douleur côté gauche qui reprend. Pour l’instant ça ne m’empêche pas de courir, mais ça commence à m’inquiéter. On est rejoint par les gars du semi et déjà il y en a pas mal qui sont passés. Au bout de 500m, les positions sont stabilisés. J’ai repassé quelques personnes et suis un peu esseulé. Devant, je distingue un groupe déjà avec une bonne avance, et un groupe pas trop loin devant, qui devient ma cible, à une cinquantaine de mètres.

Je me sens bien, la douleur s’estompe à l’approche du 1er km. J’avais réglé ma montre pour bipper tous les 1,01km, et chaque km est indiqué sur la route par l’orga. Dès le 1er km, je vois que je bippe après l’indication de l’orga. 3m17 au 1er km. Pile dans la cible, je prends 7s d’avance sur ma cible de 3m24/km (pour 34m pile), je commence à reprendre confiance. Je me rapproche petit à petit du groupe devant, que je rejoins autour du km 2. Je ne sais pas combien sont encore devant, mais l’objectif podium me semble impossible, je pense avoir vu au moins 4-5 personnes devant. Il est peu probable que seulement 2 devant fassent le 10km. De toutes façons, le classement n’est pas un objectif, c’est uniquement le chrono aujourd’hui que je vise. Le 2ème km est moins rapide, 3m23, mais avec le petit faux plat montant, ça ne m’affole pas. Je suis toujours bien et confiant. Le 3ème km passe en 3m21 malgré une petite montée et descente. Mais ça commence à devenir un peu plus difficile et je commence à douter, malgré mes 10s d’avance. J’ai rejoint le petit groupe, on court à 4 ou 5, et certains craquent. Un autre commence à prendre un peu d’avance. Je ne fais pas l’effort pour rester au contact, j’essaye de garder la même allure. C’est le 4ème km qui me met un petit coup au moral : 3m31. Aïe, il y avait encore une petite côte mais c’est mauvais signe. Je commence déjà à coincer… On arrive au demi-tour, et le gars juste devant prend une mauvaise trajectoire dans laquelle on s’engouffre tous. Au final, on a coupé le parcours, mais on n’a pas été sanctionné, étant donné que c’était seulement de quelques mètres. On devait faire le tour d’un rond-point, que nous avons bien fait, mais pris par l’intérieur alors que l’on devait faire l’extérieur dans la première partie. Bref, cela nous a plus gêné qu’autre chose car on avait un bénévole qui nous criait dessus et on comprenait pas trop ce que l’on devait faire. Je bippe le 5ème km un peu après, 3m29. Aaaarggggh, ca va être chaud. Je caresse l’espérance qu’il y a peut-être un peu de vent ou un léger faut plat montant à l’aller et que je vais pouvoir faire mieux au retour. Je dois me botter le cul car je passe le 6ème en 3m25. Le groupe s’est décomposé, celui devant prend de plus en plus d’avance, je cours avec un autre, et on s’échange la tête de temps en temps. Derrière, j’ai l’impression qu’ils ont laché. Reste 4km. J’ai arrêté de calculer mon avance. Dans ma tête, ca gamberge un peu car à la lecture de mes km bippé, je sais que c’est quasi mort, il faudrait que j’accélère sur la fin alors que je sens que je lutte complètement, mais comme j’ai pas mal d’avance avec les km de l’orga comparé à mes bips, je me dis que peut être mes 1,01km sont un peu trop longs par rapport aux km officiels, et que j’ai encore peut être une dizaine ou plus de secondes d’avance.

7-8-9ème kms sont difficiles, et le chrono ne ment pas : 3m28, 3m34 (il a fait mal celui là) et 3m31, je suis à l’agonie. Val essaye de me relancer et m’encourager à rien lâcher. Le gars avec qui je courais a pris quelques mètres d’avance et je vois qu’il part sur le parcours du semi ! Pfff, lui a encore 11km a faire et il me lâche quand même. Il finira 2ème du semi. Sur le faux plat descendant, j’entends un gars revenir sur moi, puis me doubler. JE me fais violence pour le suivre. Je suis partagé dans ma tête : soit je lâche complètement, à quoi bon se faire mal, j’ai déjà loupé mon objectif ; et de ne rien lâcher, ne penser à rien, juste suivre le bonhomme jusqu’à la délivrance de la ligne d’arrivée. J’arrive à m’accrocher, j’ai même un sursaut d’orgueil où je reviens à sa hauteur pour relancer l’allure quand je vois qu’il faiblit et l’encourager. Je me bats contre le chrono, et je vois le gars comme un allié de circonstance, pas comme un adversaire au classement. Mais il attaque fort assez loin de la ligne. Je ne suis pas son accélération mais je reste à 5-10m derrière. Je reste derrière mais n’arrive pas à recoller. Il reste 150m et dans ma tête j’ai déjà lâché. J’accélère quand même, mais sans réelle conviction de pouvoir le rattraper. Je finis quelques mètres derrière et j’entends un autre gars arriver juste derrière moi. Je le reconnais, il fait partie du groupe que j’avais rattrapé, et lâché vers le 6ème km. Il était parti trop vite au début, mais finalement a fini plus fort que moi.

Je discute un peu avec les 2 larrons. Il n’y a pas de chrono à l’arrivée, je ne connais toujours pas mon temps. Je demande à celui devant, il me dit que c’est impossible que l’on soit arrivé en 34m. Je m’en doute, mais ca me plombe le moral, si on a fait 34m30 ou même 35m ce serait un gros coup d’arrêt à mes prétentions. Le gars derrière me rassure un peu et me dit que lui est passé en 34m11. Je sais que je n’avais pas 11s d’avance donc je comprends que les 34m ne sont pas atteintes, mais sur le coup, j’en étais déjà convaincu. Finalement j’en étais pas si loin : les chronos officiels tombent : 34m06 pour le gars devant, 34m09 pour moi donc, et 34m13 pour le gars derrière. Lui aussi visait sub-34, lui aussi est déçu. On parle un peu du parcours : il est d’accord pour dire que finalement il n’est pas si rapide. Il y a quand même quelques changements de direction avec relance qui cassent bien les pattes. Un peu de faux plat à la con, un petit passage sur gravier. Bon, ça change pas la face du monde non plus, je vous rassure. Environ 15m de D+ total, on peut pas dire que ce soit beaucoup. Mais je m’attendais à quelque chose d’encore plus plat et les petites montées m’ont fait mal et ont fait mal à mon chrono !

C’est con car même si je pense valoir encore moins que 34min, sur cette course, 34m aurait suffi à mon bonheur. Là, pour 9s, je considère cette course comme un échec. Il me reste 2 semaines pour bien rebondir, et arriver en forme pour le 10km d’Odos. Je ne sais pas encore quelle tactique adopter : « assurer » le sub-34 en ne partant pas trop vite, ou tenter un chrono encore en dessous, avec le risque d’exploser et de louper le sub-34. Tout porte à croire que je devrais la jouer sagement, mais on verra…

Ce 34m09 sur 10km officiel est quand même mon record sur 10km, ce qui valide quand même une partie de mes progrès. J’enlève environ une minute à mon meilleur chrono sur 10km officiel, et même sur 10km non officiel (donc sans certitude sur la distance exacte), je n’avais jamais fait aussi bien.

Pour la petite histoire, je finis finalement 6ème, un peu mieux que ce que je pensais à l’arrivée. Ils appellent les 5 premiers pour le podium. Rhaaa, pour 3s, j’aurai du me bouger, même si ce dernier km était déjà assez épique ! Mais bon, il me semblait avoir vu dans le règlement que les premiers de chaque caté seraient récompensés, et qu’il n’y avait pas de cumul de récompenses. Je suis donc « premier » sénior. Je reste un peu pour la cérémonie, qu’ils ont fait rapidement, et ça c’est sympa, car il y a encore du monde sur place, et on doit pas poireauter 2h pour récupérer notre lot. Les 2 autres séniors récompensés ne sont pas restés et je suis seul avec mon fils sur le podium, dans l’indifférence général il est vrai, cela tombe au même moment que l’arrivée des premiers du semi, mais bon je le comprends, selon moi la catégorie sénior est la catégorie reine et on ne devrait pas être récompensé autrement qu’au scratch. Mais bon, je prends, 30 euros de bon à Nocibé que je peux offrir à Nicky et ainsi faire le beau gosse !

Bon, j'ai quand même vérifié les minima pour la qualif pour les championnats de France, apparemment c'est 34m15 ! Il y a quelques années, c'était 34m, et j'étais resté sur cela. Donc à priori je me serai quand même qualifié pour les championnats de France... si j'étais licencié athlé... C'est toujours ca de pris !

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 10:00

2+2<34 ?

Je suis en plein dans mon sixtique (ca se dit?) de courses chaque WE. Déjà 3 de fait, encore 3 à faire.

Je vous avais déjà raconté le S de st Jean de Luz (CR ici pour les retardataires), j'ai fait les 2 dernières semaines 2 courses à pied, afin de préparer l'objectif de 10km qui arrive:

- un 10km sur route à Pau, la Nouste Henric

- un trail de 19km à Lestelle Betharam, la Corruda

Je finis 2 fois 2ème sur ces 2 courses. Je continue ainsi ma série de podiums sur mes 8 dernières courses (si on inclut St Jean où j'ai fini 2ème mais disqualifié par la suite), mais malheureusement je mets fin à mon invincibilité (toute relative bien sur) sur les trails du coin.

L'objectif de moins de 34 minutes sur 10km est toujours dans le viseur, et me parait de plus en plus possible. 1er essai ce WE à Tournefeuille, 2ème essai 2 semaines plus tard à Odos.

Voici 2 "petits" résumés de ces 2 courses:

La Nouste Henric:

Cette course doit me permettre d'avoir des repères chronos et de sensation pour mes tentatives de record sur 10km FFA. Celui-ci n'est pas FFA, il existe donc toujours une incertitude sur la véritable distance.

Le profil de la course est un peu accidenté, mais mon coach est confiant que malgré le dénivelé, on puisse aller vite. On se fixe donc un objectif ambitieux de 33m30 sur 10km réel. Avec une tactique de course intéressante: un premier 500m forcément rapide, pour rentrer dans le rythme. Ensuite un ou 2km où je dois me préserver et ne pas suivre absolument les 1ers, en prévision d'un long faux plat de 2km où je dois attaquer et faire la différence. S'ensuite une descente où je dois essayer de récupérer, puis un peu de plat et un faux plat montant pour finir comme je peux.

Avec ce chrono visé, en regardant les résultats des années précédentes, le podium voire la victoire, est envisageable, mais je n'ai jamais fait de podium en course sur route (sauf une fois dans un petit village landais), alors je ne suis pas particulièrement confiant.

Pendant l'échauf, je croise 2-3 gars que je reconnais, qui m'avaient battus (et bien battus) aux 6km des REstos du coeur en début de saison. Dont un qui gagne beaucoup de courses dans le coin, je ne me fais pas trop d'illusion pour la gagne.

Trève d'intro, on part, ce n'est pas très dense sur la ligne de départ, et je me place en 2ème ligne car j'arrive au dernier moment. Je passe assez vite dans les 5-6 premiers, et les premiers hectomètres se passent nickel. Je respire bien, je maitrise. Au bout de 500m, je regarde ma montre: je suis en moins de 3'10" au km ! Bon, je me souviens des consignes, et je lève le pied. Petit à petit, certains me doublent.

Le favori est déjà parti, on ne le reverra plus. Mais je vois que les autres ne sont pas plus fort que moi. Ils me passent quand je ralentis, mais je les garde à distance.

On arrive à une très forte descente à plus de 10% sur 100 ou 200m avant le fameux faux plat où je pourrai accélérer. Je me surprends à bien descendre cette descente et à ne pas perdre de temps sur les autres coureurs.

Enfin le faux plat arrive, j'accélère direct, et je fais des dégats direct. Je passe en 300m de la 6ème place à la 2ème place. J'essaye d'insister pour creuser le trou.

J'arrive sur le Boulevard des Pyrénées, j'ai le premier en ligne de mire, et je n'entends rien derrière. Je guette Nicky qui devait venir m'encourager, mais je ne la verrai pas. Elle est arrivée quelques minutes trop tard, tant pis ! On arrive sur le faux plat descendant, qui est plus pentue que ce que je pensais, et qui passe assez vite.

J'entends des pas revenir derrière, il profitera de la descente pour revenir sur moi. Il me passe sur le plat après la descente, j'ai peur qu'il me sème, mais je m'accroche et on court ensemble.

Les prochains km sont un peu difficiles, je guette les signes kilométriques, en me disant "plus que 4, plus que 3, plus que 2, etc...". Le parcours est varié, un peu en sous-bois, des petites montées/descentes.

On court encore à 2. Je ne sais pas qui est derrière, mais je n'entends rien, je me dis que le podium est assuré. Bizarrement, l'objectif sur cette course était plus le chrono que le résultat, mais j'oublie le chrono, et je me concentre sur le résultat. Je suis content et satisfait de ma 3ème place, et je n'ai pas envie de me battre pour la 2ème.

J'arrive tout de même à me motiver et à tenter quelques accélérations sur la dernière montée du dernier km. J'arrive à créer un petit écart à un moment, mais je vois que je suis en sur-régime et je suis obligé de ralentir. C'est finalement à quelques centaines de mètres de l'arrivée que j'arrive à décrocher le 3ème, sans réelle accélération franche, au train, ou au mental.

Je finis donc 2ème, très content, et le speaker annonce mon temps: 34m13. Un peu deçu sur le coup car l'objectif, en tenant compte du kilométrage annoncé à 9,9km, était de 33m10. Mais à tête réposé, je me dis que le parcours n'était pas très rapide, pas mal de dénivelé, pas mal de relances, et quelques passages en sous-bois avec moins d'accroche. En plus, à ma montre, j'avais 10,09 km, soit quasiment 9,99km réel (avec l'éternel calcul 1,01km GPS = environ 1km réel).

Ce qui fait un 10km réel en 34m15 environ. Cela me donne confiance que j'arrive à passer sous les 34min sur un 10km plat sur route. En tout cas, c'est déjà mon record, 34m13. J4avais réussi 34m30 à Nanterre il y a 3 ou 4 ans, mais je connaissais pas la distance exacte, sans doute un peu moins que 10km.

Je gagne une nouvelle fois un beau prix avec plein de produits du terroir, que je dégusterai à la fin de la saison, histoire de garder mon poids de forme sur les prochaines semaines.

La Corruda de Lestelle:

La semaine d'après, j'avais prévu de faire la Vincentinoise, où je voulais défendre mon titre, dans mon village. Malheureusement, la course n'a pas lieu, et je me rabats sur la Corruda de Lestelle, une course assez connue dans le coin, même s'il y a de moins en moins d'inscrits au fur et à mesure des années. La faute à un parcours vraiment difficile ?

Il y a 2 courses, une de 19km, et une de 32km.

Je fais celle de 19km, mais avec quelques restrictions pour essayer de ne pas se griller complètement pour l'objectif 10km de la semaine prochaine. Je ne dois pas dépasser 150bpm sur le plat et 165 en montée. Malgré cela, j'espère faire un bon résultat. LE parcours emprunte en partie le trail de la LEstelloise, que j'ai remporté il y a 3 mois.

Le parcours consiste en gros à une grosse montée dans la forêt, et une grosse descente. Avant d'entamer cette grosse montée, il y a quelques km dans la forêt et sur la route.

J'arrive à l'arrache et n'ai pas vraiment le temps de m'échauffer convenablement. C'est ennuyant car un des buts de l'échauffement et d'habituer le coeur à l'effort, pour pas qu'il grimpe trop vite trop haut au début de l'effort, et que je n'arrive pas à le redescendre. Bon, un des buts est aussi qu'il monte vite à sa valeur cible... Non, non, c'est pas contradictoire, mais c'est difficile à expliquer !

Bref, 30s avant le départ, je me débarasse encore de quelques cL de trop au pied d'un arbre, je me dirige vers 1ère ligne et c'est parti ! Ah, non, c'est pas parti en fait, c'est un départ virtuel, comme au Tour de France, on reste tous derrière 2 compères qui font le rythme à un peu plus de 10km/h. Bon, ça me va bien, je peux finir de m'échauffer tranquillement, et le départ réel est donné 4min plus tard.

Assez vite, je vois que je suis proche de ma cible de 150, mais je vois aussi que personne ne s'échappe, il n'y a pas l'air d'avoir un gros niveau. Je suis dans les premières positions, et on continue comme ça, "tranquillement", jusqu'à la forêt et la première montée. Je suis en 2ème position, je vérifie régulièrement ma montre, et je grimpe vite à 165bpm, et quand je le dépasse, je décide, un peu dégouté car je me sens très bien, de marcher, pour faire redescendre le coeur. Mais je vois que je monte aussi vite que le gars devant qui court. Je fais toute la première montée de 3-4min comme ça. On rejoint une partie de route, j'essaye de récupérer. Puis une grosse montée sur bitume et je marche une nouvelle fois. Là je me fais doubler par 4 ou 5 personnes car tout le monde court... Mais tout le monde se grille car je recommence à courir après la montée et je repasse tout le monde et me retrouve 1er 300m plus loin.

On a une petite descente assez pentue où une nouvelle fois, je vois que je cours plus vite que tout le monde et je creuse un tout petit écart.

Et on entame la vraie montée. Je marche dès le début pour rester sous la cible des 165bpm. Un gars est derrière moi, je me décale un peu s'il veut passer, mais il me dit de pas m'inquiéter, qu'il reste derrière.

Et finalement, petit à petit, en marchant, j'entends qu'il s'éloigne, il n'y a plus personne derrière. La montée est très très longue, je marche tout le long mais continue à creuser l'écart. Je suis assez lucide pour pouvoir remercier les quelques courageux qui sont venus nous encourager. La montée va durer 45min environ, pour à peine 4,4km mais 840m de D+, soit un peu moins de 6km/h, mais 1140m de dénivelé par heure, ce qui est pas mal. Au début de la montée, j'en gardais sous le pied, mais j'avoue que sur la deuxième partie, les quadris commencaient à vraiment souffrir, et je ne suis pas sur que j'aurai pu aller plus vite, même sans les limites cardiaques fixées.

J'ai pu me retourner 2-3 fois pour constater que le deuxième n'était pas très loin, entre 30s et 1min environ à vue d'oeil.

J'arrive enfin à la Cabane de l'Isarce, qui est le haut de la montée, mais je ne la vois même pas, je guette du regard les petits rubans blanc et rouge. Je me retourne quand j'entends des voix, on me demande mon numéro de dossard et on me dit qu'il y a un ravito. J'hésite, si je fais demi-tour, je perds facile 40s, finalement je saute le ravito et j'entame la descente, ce que je crains le plus. Dès le début, c'est la galère, j'ai du mal à repérer le chemin, je suis obligné de m'arrêter par 2 fois, dont une fois où je me vois perdu. J'entends le 2ème qui arrive. Bon, je vais l'attendre pour voir la route. MAis je la retrouve juste avant qu'il arrive. Je repars, je me casse la gueule juste quand il passe. Mon genou tape, mais je sens que c'est pas bien grave, il doit y avoir une petite plaie mais rien de grave. Il me demande si ça va, je lui dois "tout va bien", et il passe à toute allure. J'essaye de le garder en ligne de mire, mais c'est impossible, il me met une mine dans la descente.

Quel calvaire cette descente ! 28min pour 5.14 km et 820m de D-, un peu moins de 11km/h. Je serai curieux de savoir combien de temps j'ai perdu dans cette descente mais à coup sur plusieurs minutes !

Mais bon, hors de question de se blesser, donc je fais gaffe. Je me fais passer par un 2ème gars qui me dit "tu me repasseras sur le plat", je lui réponds "on verra", mais vu comment il descend, ça va être dur de rattraper le temps perdu.

Il reste encore environ 5km, majoritairement en descente. Je me dis qu'il ne faut pas que je me grille à essayer de rattraper les 2 premiers.

Il y a encore une petite montée, que je fais en marchant, encore une descente, que je gère. Et à ma surprise, sur le plateau, j'aperçois un coureur devant, c'est le 1er qui m'avait doublé. Il est en perdition et je le double sur une montée bitumée. J'aperçois l'autre devant moi également, mais il a plus d'une minute d'avance, je sais qu'il reste encore une descente dans les bois puis environ 1km bitumé sur le plat, je vois pas comment je pourrai le reprendre. J'essaye de pas trop accélérer sur la fin mais je finis quand même sur le plat autour de 155-160bpm. Nicky est venue m'encourager avec les petits, c'est cool, mais il s'est mis à pleuvoir, ils sont réfugiés sous le coffre de la voiture ! Je fais un petit bisou à Anthony pendant que des bénévoles hurlent car ils pensent que je me trompe de chemin :-)

Et j'arrive à l'arrivée, 2ème, à 1m10 du 1er.2h08m25 pour 20,5km à ma montre, soit 9,5km/h environ, mais 1150m de D+/D- environ.

Au final, sentiment mitigé, car les 1m10 qui me séparent du 1er, je pouvais les trouver à peu près n'importe où si je n'avais pas eu cette retenue, en prévision du 10km le WE d'après. Je suis assez surpris d'avoir réussi à grimper plus vite que tout le monde, même si le niveau n'était pas non plus très relevé sur cette course. Ca a fait une belle séance pour les quadris, et j'espère qu'elle me sera bénéfique pour les prochaines échéances. Le lendemain, j'ai déjà de belles courbatures. J'en avais eu pendant 3-4 jours après le trail la Lestelloise, j'espère que ce ne sera pas le cas cette fois-ci !

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 12:00

DS(dans le)Q

Pas mal de choses à dire après cette journée à St Jean de Luz pour mon dernier triathlon de la saison. Je sais pas si j’oserai toutes les dire ici, on verra en écrivant ce qui sort du clavier !

Je m’étais inscrit sur le S de st Jean il y a quelques mois, car cette épreuve est rapidement pleine, et en cette fin de saison c’était une des épreuves les plus proches de chez nous.

Comme écrit dans mon précédent article sur ce blog, la fin de saison est axée sur la course à pied. Je ronge mon frein à main, j’ai vraiment trop hate de prendre part à des 10km et voir ce que ca donne. Mon coach m’a dit dernièrement qu’il pensait que j’avais bien progressé et passé un petit cap, au vu des derniers entrainements. Pas énorme, de l’ordre de 5 secondes au km, mais elles sont difficiles à aller chercher ces 5 secondes. Bref, en ce moment, mon sport, c’est la course à pied. Je continue un entrainement de nat et de vélo par semaine pour ne pas trop perdre et ré-entamer la saison 2016-2017 de triathlon sans trop de retard quand même.

Mais donc, ce triathlon que j’avais prévu de longue date, ne me fait pas envie plus que ça, malgré le fait que mon dernier tri remonte à plus de 2 mois. Si je n’étais pas inscrit, et qu’il restait des places, c’est sûr que je n’y serai pas allé.

La veille, en remettant la roue pleine et en faisant un petit tour pour dérouiller les jambes avec tout l’attirail (trifonction, casque CLM, belles roues), je retrouve l’envie et la motivation, et finalement j’ai hâte d’être au lendemain.

Le but de cette journée pour moi est d’essayer de reprendre du plaisir. J’essaye de ne pas penser au classement, juste aller le plus vite possible et essayer d’apprécier la course, sans pression de résultat. On s’y rend en famille, avec Nicky et Coralie, Anthony restant avec ses grands-parents.

La pré-course vaudrait un article à lui tout seul, mais je vais essayer d’abréger. D’abord la file de 50 mètres pour aller chercher son dossard, la file de 150m pour poser le vélo au parc, files que je ne fais pas en prenant le risque d’aller m’échauffer et de venir chercher le dossard à la toute fin. Entre temps, j’ai filé ma combi et mes lunettes à Nicky, on doit se retrouver aux dossards pour que je le récupère. Je fais un échauffement minimaliste en vélo, j’ai trop peur qu’on ne me donne pas mon dossard si j’arrive trop tard. Puis je ne retrouve pas Nicky. Je retrouve des coéquipiers à qui je donne sans réfléchir mon sac dans lequel il y a le bonnet de l’orga et le sac où je dois poser mes affaires de nata à T1 (car il y a 2 parcs). Donc si on résume, on part dans 20min, je n’ai ni ma combi, ni mes lunettes, ni mon bonnet, ni déposé mon vélo, ni mes chaussures à T2.

Enfin on se retrouve avec Nicky, qui donnait à manger à Coralie. Je récupère la combi, je pose chaussures et vélo, et je me dirige vers la plage. J’enfile la combi et là je me rends compte que j’ai pas mon bonnet. Je retrouve les amis qui ont gentiment déposé le sac nata à T1 pour moi, me filent le bonnet, et me reboostent et remotivent. Je suis prêt, il reste encore 6-7min : je suis large ! Je fais quelques mouvements pour me chauffer les bras, mais il fait une chaleur terrible, je passe sous la douche pour faire baisser la température, je fais un plouf pour bien enfiler la combi et fais quelques mouvements, et direction ligne de départ.

Je suis quand même un peu stressé, mais j’ai l’impression que tout s’est bien goupillé au final. L’échauffement était pas terrible, mais bon, ce n’est pas un gros objectif, on fera avec.

J’arrive à me positionner miraculeusement en 2ème ligne derrière un gars qui a le mords entre les dents et semble prêt à sprinter. Ah oui, c’est un départ sur la plage, à une quinzaine de mètres de l’eau.

Pas de bol, pendant les 3 secondes où le gars se relève un peu (pour détendre ses muscles vu qu’il était dans les starting blocks depuis 3min…), ca part ! Bon, il avance rapidement quand même et je suis derrière.

Le but sur cette nata était d’essayer de prendre du plaisir, donc le moins de coup possible. J’avais prévu de partir sur le coté et de ne pas partir trop vite pour pouvoir bien poser ma nage. Mais bon, on s’adapte, la première bouée est vraiment très près, si je pars sur le côté ou que je ne bagarre pas, ou si je pars pas très vite, l’addition va être trop lourde. Je pars donc à bloc, comme d’habitude, et je m’attends à la guerre, mais ça se passe pas mal. Je fais un bon plongeon, je prends quelques coups de bras, mais je me retrouve assez vite avec le champ libre. Idéalement j’aurai également eu des pieds à suivre mais bon, c’est déjà pas mal de pas se prendre de coups. J’ai l’impression d’être pas mal, je vois la bouée nettement juste devant, je vois des gars à ma droite, et je sens les gars présents à gauche (je respire qu’à droite donc je vois pas à gauche). La première bouée se passe super bien, je prends la corde, la reprise de nage est pas mal et je peux entamer la longue ligne droite jusqu’à la prochaine bouée.

C’est là que ca se complique un peu. On commence à rattraper des féminines parties 5min avant.

Premier aparté et réflexion (certains diront coup de gueule !) :

La fédération souhaite encourage la pratique féminine de triathlon. Le triathlon est un sport qui apparait extrême aux non-initiés. Un sport pour les durs, pour les fous, etc… Les images d’Ironman avec les gars (et filles) qui titubent en passant la ligne, c’est sûr que ça marque. Et donc ça n’attire pas forcément les féminines ou les sportifs loisirs. Pas mal de choses sont faites par la fédé pour essayer de changer cette image, je ne reviendrai pas dessus. Pour ceux qui connaissent un peu plus le triathlon ou qui ont eu l’occasion de voir un départ natation, il y a aussi ce point qui fait peur aux débutants : le départ ! entre 100 et 300 personnes (voire plus !) qui prennent le départ simultanément et qui vont tous dans la même direction, le plus vite possible. On appelle ça « la machine à laver » et une expression triathlétique « ce qui se passe dans l’eau, reste dans l’eau », assez éloquent. Bref, c’est un moment difficile, où on prend des coups, et où on peut avoir quelques frayeurs, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Etant donné que la natation en elle-même est déjà le plus gros challenge pour nombreux nouveaux triathlètes, cette difficulté supplémentaire peut s’avérer décourageante. En mes quelques années de triathlon, j’ai pu constater que c’est un des sujets qui revient le plus souvent au moment d’aborder son premier triathlon. Et souvent, des athlètes qui ont passé tout l’hiver à s’entrainer au crawl en piscine, qui nagent correctement, ils arrivent sur leur premier tri, c’est la panique dans l’eau, et ils se retrouvent à brasser les 300-400 premiers mètres, voire toute la distance.

Pour essayer de remédier à ce problème donc, la fédé a mis en place un « label » triathlon féminin. Un des aspects de ce label est d’imposer un départ différé entre les filles et les mecs. L’idée derrière cela, un peu simpliste et simplifiée, est de dire que les mecs sont des brutes, les filles sont plus cools, laissons les mecs se taper entre eux, et les filles pourront prendre le départ entre elles tranquilou sans prendre trop de coup. Idée qui part d’un bon sentiment, qui a ses avantages, mais qui comporte également beaucoup de désavantages, que je vais essayer de voir ici.

Premièrement, on distingue filles et garcons avec l’idée que le départ des mecs est plus « bastonneux » (pour ne pas dire viril) que celui des filles. C’est en grande partie vraie, mais surtout car il y a plus de mecs que de filles au départ en général, et plus de mecs « compétitifs » (c’est-à-dire qui cherchent à faire le meilleur chrono, en opposition à « loisir », qui cherchent à prendre du plaisir, à finir, sans trop se soucier de leur classement final). Là, à Saint Jean, on devait être entre 50 et 100 à partir fort en essayant de se détacher, les autres derrière essayant surtout d’éviter les coups, quitte à perdre une ou 2 minutes. Chez les filles, je pense qu’il y avait une dizaine ou une vingtaine de filles à partir fort. Forcément, ya plus de baston chez les mecs.

L’avantage donc, c’est de mon point de vue pour les meilleures filles. Elles n’ont pas à lutter avec les mecs et ont rapidement un bon couloir de nage propre. En contrepartie par contre, elles n’ont pas la possibilité de profiter du sillage des meilleurs nageurs mecs.

Voyons maintenant les désavantages. Le plus important, et le plus contre-productif, est je pense pour les filles les moins fortes dans l’eau. C’est celles-là qu’on essaye de protéger à travers le label, et qu’on essaye d’encourager à faire du triathlon. Et que se passe-t-il pour elles ? Elles partent 5min avant les mecs. Elles nagent pas vite. Que croyez-vous qu’il va se passer ? Ben, le troupeau va se passer, sur elle quoi ! C’est exactement ce qu’il s’est passé à St Jean (et ce que j’ai vécu sur quasi tous les S que j’ai fait cette année avec départ différé). Après 200m, on dépassait déjà les dernières filles, qui étaient en brasse. Avec le différentiel de vitesse, la mauvaise visibilité, on leur rentre dedans, et des fois elles doivent se prendre des bons coups de bras (et accessoirement elles peuvent nous donner des bons coups de jambe en brasse).

A la 2ème bouée à St Jean, après à peu près 400m, j’ai eu plus de mal que sur la première bouée. J’étais dans un paquet d’une dizaine de mecs je pense, et on est arrivé en même temps qu’un petit paquet de filles. Ca tourbillonnait dans tous les sens. C’est une des premières fois (voire la première) où j’ai été forcé de faire quelques mouvements de brasse pour reprendre de l’air et avoir un peu de visibilité. Pendant ces quelques secondes où j’avais les horaires hors de l’eau, j’ai entendu pas mal gueuler des filles qui engueulaient les mecs de leur rentrer dedans. Je peux pas parler pour l’ensemble des mecs, mais en ce qui me concerne, clairement, j’ai déjà donné des coups (non intentionnels, je précise quand même) à des filles que je rattrapait. Je ne regarde pas tous les mouvements devant moi, et des fois on a l’impression qu’elle « apparait » juste devant nous.

Afin d’illustrer mes propos, j’ai fait une petite analyse des temps natation de St Jean. Cette analyse est quelque peu faussée car les temps disponibles comprennent la T1, idéalement il faudrait uniquement le temps dans l’eau, mais ca donne une idée :

Le 1er mec a doublé TOUTES les filles à part 1

Les 14 premiers mecs (dont moi donc) ont doublé 84 filles sur 94

Les 29 premiers mecs ont doublé 58 filles

Les 60 premiers mecs ont doublé 44 filles

Les 97 premiers mecs ont doublé 34 filles

Les 218 premiers mecs ont doublé les 10 dernières filles.

Je vous laisse imaginer la course vécue par ces filles qui ont passé leur temps à essayer de ne pas se faire couler par les hordes de nageurs qui arrivent derrière eux. Je ne pense pas que ça ait rendu leur course plus plaisante que s’ils étaient partis avec les mecs.

Et du côté des mecs, ce n’est pas forcément plaisant non plus : très égoïstement, cela nous gêne, peut nous faire perdre les pieds du gars qu’on suivait si on était à bloc, et qu’on s’emplafonne sur une nageuse. Comme dit ci-dessus, on a aussi le risque de se prendre des coups, surtout quand les filles commencent à comprendre que pour se protéger, il faut faire beaucoup de bulles et des grands mouvements avec les pieds. Et enfin on sait aussi qu’on est en train de faire vivre pas la meilleure expérience à ces filles. D’ailleurs, à leur place, je me mettrai direct bien sur le côté quitte à nager un peu plus.

Un dernier point, et là ça me concerne directement mais c’est très égocentrique, c’est en ce qui concerne la lisibilité de la course. Lorsque je joue le classement, j’aime bien savoir à quelle place je me situe. Lorsque je suis sur le vélo et j’ai quelqu’un en ligne de mire, ça me motive d’essayer de le dépasser. Lorsque les filles partent 5’ ou 10’ avant, je perds en lisibilité pendant ma course, et c’est frustrant. Sur le vélo, souvent je dépasse, je dépasse, mais ce sont des filles, et j’ai du mal à me rendre compte si des mecs sont en ligne de mire. C’est souvent particulièrement vrai à Mimizan où les filles partent 10’ avant et je dois les dépasser à vélo. Et je ne parle pas de la dangerosité accrue par tous ces dépassements sur la route !

A qui sert ce départ décalé au final ? Eventuellement à une dizaine/vingtaine de filles, les premières.

Bon, OK, on a bien cassé ce départ décalé, mais quelles autres solutions ? Si on veut absolument donner un départ décalé aux filles, pourquoi ne pas les faire partir 5’ avant, ou 15’ avant. 15’ avant, il y aurait encore quelques filles qui s’en prendraient plein la gueule, mais déjà beaucoup moins. Les premières filles pourraient faire « leur course » dans l’eau, sur le vélo, en CAP, sans être pollué par les concurrents mecs. Et 5’ après, les moins bonnes filles seraient tranquilles, mais arriveraient à la ligne d’arrivée 10’ plus tard que si elles étaient parti 5’ avant. Donc la course durerait plus de temps, donc plus difficile pour l’organisation. Enfin, si on considère que les derniers arrivés sur la course sont des filles (c’était le cas à St Jean, mais pas toujours). Le désavantage certains seraient pour les meilleures filles en natation, qui rattraperaient les moins bons mecs, avec tous les problèmes que ca engendre déjà évoqué, sauf que là le peloton qui se fera rattraper sera bien plus compact. A titre d’exemple, à St Jean, les 10 meilleures filles auraient doublé les 70 derniers mecs (sur 288), et la meilleure aurait quand même dû en doubler 124.

Une autre solution, celle qui me parait la plus simple, est de partir tous en même temps. Si tu veux jouer le classement, tu joues le jeu jusqu’au bout, et tu fais la machine à laver comme tout le monde, fille ou mec. Si tu ne veux pas, tu laisses passer les premiers, t’attends 30 secondes et tu nages plus tranquille.

Enfin, si vraiment tu souhaites faire un départ décalé pour les moins brutaux d’entre nous, tu laisses les concurrents, homme ou femme, choisir leur vague de départ : première vague avec les fous furieux, deuxième vague quelques minutes plus tard (2 suffirait) pour ceux ne souhaitant pas se mêler à la lutte pour le classement. Il y aurait peut-être quelques difficultés de chronométrage, et il faudrait s’assurer que des fous furieux ne partent pas dans la 2ème vague dans le but de ne pas prendre de coups, en faisant par exemple 2 classements différents.

T’as fini ? Ouais, ouais, j’ai fini. Au final, la solution mise en place aujourd’hui m’apparait comme la pire des solutions. De mon point de vue personnel, mais je pense également pour une majorité de concurrents.

On reprend. 2ème bouée, c’est la panique donc, j’arrive à reposer ma nage, je commence à payer les efforts consentis pour être là, il faut faire attention aux filles devant, tout en essayant de garder une bonne trajectoire. Reste une dernière bouée, je ne profite pas trop de l’aspiration. On a eu un peu de houle dans la baie de St Jean, c’était assez sympa je trouvais, j’aime bien nager en mer, ça rajoute un élément en plus à gérer.

J’essaye de bien souffler et ne pas trop accélérer sur la fin car je sais que la transition est un peu longue et je veux essayer d’aller vite. Mais bon, comme d’habitude, j’ai du mal à la sortie de l’eau ; ce n’est pas la cata mais je n’arrive pas à doubler les gars avec moi alors qu’en moyenne je fais partie des meilleurs en course à pied.

Mes amis, comme ils m’avaient dit, sont juste à côté de mon vélo pour m’aider à le repérer. Le parc à vélo est toute en longueur, donc pas vraiment équitable, mais passons, je suis là pour le fun, ça ne me dérange pas cette fois. Je prends mon temps pour bien faire les choses à T1. Je ne suis pas hyper efficace mais je fais les choses bien, et c’est parti.

Rhaa, mais j’oublie plein de trucs ! Une des raisons pourquoi j’étais stressé avant la course c’est que mon bidon aerodrink entre les prolongateurs étaient fixés par des cerflex, et l’un d’eux s’est cassé juste avant l’échauffe, et j’en avais pas pris dans mon sac (qui était de toute façons dans la voiture, la clé étant avec Nicky…). Et pour terminer, j’avais également oublié les élastiques dans le sac ! Mon aerodrink ne tenait qu’à un cerflex. Ca avait l’air de tenir, mais du coup normalement je mets ma montre sur l’aerodrink pour l’avoir de visu, et cette fois je voulais pas prendre le risque de la perdre, donc la première chose à T1 a été de la mettre au poignet. Et pour les chaussures de vélo, j’avais quand même 100/200m à courir, donc impossible de les faire avec les chaussures de vélo au pied, je les ai mis sur le vélo, sans élastique. Au final je n’ai pas été bien moins mauvais qu’avec les élastiques.

Le parcours vélo est tout plat. On a environ 1,5km avec pas mal de virages où je fixe les chaussures et je ne prends pas trop de vitesse, et après c’est parti pour 10km tout droit, à peu près tout plat.

Mes supporters m’annoncent 10ème à la sortie de l’eau. Cela me satisfait. Ils m’annoncent à 1m30 de la tête d’après ce que j’ai compris, mais en vérité j’étais déjà à 2m45 !

Ah oui, nouveau flashback. Je me prenais pas trop la tête pour le classement, mais forcément je me disais que le podium était jouable, voire la gagne. A l’arrivée sur le site, le speaker annonce le nom du favori, Carl du Team Charentes Triathlon. Un jeune triathlète qui m’avait déjà battu confortablement à Mimizan en 2014. Il s’est encore amélioré, et normalement je n’ai aucune chance. Ça m’enlève un peu de pression même si je ne pars pas encore perdant, ne sachant pas exactement son niveau (au final j’avais effectivement aucune chance !)

Donc quand on m’annonce 1m30 du 1er, j’ai un peu de mal à y croire, mais je n’y prête pas attention. Je me fais doubler assez vite par un gars dans les virages, mais je le garde à moins de 50m, et dès que la partie linéaire arrive, je m’emploie pour le rattraper. Petit à petit je grignote, je reviens sur d’autres mecs, une ou 2 filles, et on revient sur un autre gars devant. Le gars que je suivais double celui-là, je reste en retrait, mais je me souviens plus trop pourquoi, soit je me rapprochais trop, soit je sentais que le 2ème allait craquer, je commence à doubler. Et comme expliqué dans un précédent article, quand on se suit, si on commence à doubler, il faut doubler tout le monde, sous peine d’être pénalisé pour drafting. Je fais un gros effort pour passer devant, mais je sens que je suis en sur-régime et je n’insiste pas pour garder le rythme. Je vois sans surprise que le gars me redouble peu après, mais que celui derrière reste derrière. Enfin j’en sais rien, je regarde pas derrière. Je reste comme cela, à 7m du 1er, pendant tout l’aller. Je suis surpris de voir personne devant. Je sais que le 1er est loin devant, d’ailleurs on le croise à un moment donné qu’il est sur le retour, et je vois qu’on est loin du demi-tour. Je ne pense pas à la gagne. Mais on arrive au demi-tour et on a croisé personne d’autre : on a doublé toutes les filles, et je suis 3ème juste derrière le 2ème. Au retour, je trouve que le gars devant ralentit, je suis de plus en plus à l’aise derrière, et j’hésite à doubler. J’hésite trop longtemps et 2 gars me doublent et viennent se mettre devant. Le gars que je suivais commence à craquer et je vois les 2 premiers commencer à prendre 10-15 mètres. Je décide d’y aller, et je me dis que je vais avoir un peu de cran et prendre le commandement. Gros effort pour repasser devant mais cette fois je tiens mon effort. Il n’y a pas une grosse différence par rapport à avant. De toutes façons j’ai la montre au poignet et je ne la regarde pas. Le but n’est pas d’essayer de faire le trou mais juste de me faire plaisir et de pouvoir dire quand même que j’ai fait ma course au moins sur le retour, sans me soucier des autres. Je serre les dents quand même sur les derniers km, et arrivent les virages pour finir, j’en profite pour enlever les pieds des chaussures. Un gars me double, je reste derrière, et on arrive à 2 à la T2. Je me fais surprendre par la ligne de pose et je suis obligé de m’arrêter complètement avant de désenfourcher le vélo (plutôt que de sauter directement le vélo en route, quelques secondes de perdues J). Je fais une bonne T2, malgré une chicane piégeuse à l’entrée du parc qui fera des dégâts derrière, d’après Nicky.

On sort en groupe du parc, 2/3/4 en même temps, le 5ème est plus loin apparemment. Je me retrouve vite 3ème, et le 2ème part comme une bille. J’ai mal à la tronche et je le laisse partir. Dans la tête, c’est très difficile et je suis prêt à me contenter de la 3ème place. Mais j’arrive à ne pas faiblir et petit à petit je reviens sur lui et le reprends au bout de 500m/1km. Je ne faiblis pas et j’arrive à le décrocher. Je me dis qu’il reste 4km, que ça va être difficile. Je sens les jambes qui flanchent un peu, je suis pas au mieux. Il fait chaud, les km paraissent long. Je croise enfin le 1er qui fait demi-tour. On court sur une piste cyclable. Peu après arrive le ravito, on dévie sur la droite sur un chemin à terre, je vois le ravito un peu à gauche, et une chemin un peu à droite, je demande où aller, mais je ne comprends pas la réponse. Je me dirige vers le ravito, on me propose eau ou coca, je prends de l’eau que je me verse dessus, virage en épingle à gauche pour reprendre la piste cyclable et c’est parti pour le retour.

Je vois que le 3ème n’est pas loin, c’est pas encore gagné, mais que le 4ème est définitivement décramponné, le podium est quasi assuré. Le retour est bien compliqué, mais j’arrive à tenir le rythme, et l’arrivée arrive comme une délivrance Bon, le speaker, comme à son habitude, croit deviner qui est meilleur que qui, et annonce Aitor machin-chose quand j’arrive : « ah non, c’est pas Aitor, c’est bizarre, normalement quand les basques sortent de T2 à la lutte, c’est eux qui gagnent ». Bon c’est pas grave, il arrive à retrouver mon nom quand je franchis la ligne. 2èmederrière Carl, je suis content. Le 3ème arrive 30s plus tard, il était pas loin ! Je n’attends pas le 4ème et je vais me ravitailler. On discute un peu avec le 3ème, tout va bien.

Le basque Aitor arrive et nous dit « vous avez coupé, vous avez pas fait la course jusqu’au bout ». On est surpris, on lui demande pourquoi. Il nous dit qu’il fallait pas faire demi-tour au ravito mais qu’il fallait continuer et il y avait encore environ 400m jusqu’au demi-tour (800 A/R donc). Je suis surpris mais je me dis que c’est pas impossible. Il nous dit qu’il va porter réclamation. Le 3ème est dégouté. Moi je suis plus fataliste : si on s’est trompé, on va être disqualifié, c’est la règle. J’ai déjà fait une bonne saison, les podiums, maintenant je connais, un de plus, un de moins, ça ne changera pas grand-chose. Je demande au 1er pour voir si lui a fait le même parcours et il nous confirme qu’effectivement le demi-tour était plus loin. Mais qu’effectivement, s’il n’avait pas eu le vélo ouvreur, il aurait fait demi-tour comme nous. Et mince ! Ca sent pas bon ! Puis je me demande comment ils faisaient pour contrôler. Certains concurrents me montrent un bracelet qu’on leur donnait au demi-tour. Mais surprise, le premier, Carl, n’a pas de bracelet non plus ! Et surtout quand on est arrivé à l’arrivée sans bracelet, personne ne nous a rien dit. Donc je suis assez curieux de savoir sur quelle base, quelle preuve tangible, ils vont nous disqualifier. Le temps passe, les résultats sont pas affichés, et on va manger avec Nicky en attendant la remise des prix, qui doit se faire à 15h30. J’en profite pour récupérer mes affaires de natation, mais surprise, nouvelle queue de 15min pour récupérer ses affaires. C’est bon je le ferai après. Je récupère mon vélo (c’était plus rapide) et je vais voir là où je me suis trompé. Effectivement, je vois une flèche, à mon avis très mal positionné, qui indiquait le chemin à suivre. Le banc de ravito était placé un peu en perpendiculaire de la trajectoire, j’ai compris que c’était le point de demi-tour, mais non, fallait chicaner. Je fais le parcours à vélo pour voir de combien j’ai raccourci pour pouvoir adapter les temps finaux. Je vois que la partie volée était de 900m environ.

Je reviens à 15h30 pour la remise des prix mais il n’y a rien. Au final ca a eu lieu à 15h apparemment. Je vois les résultats affichés et je vois que je suis disqualifié. Un peu dégoûté quand même. Le 3ème est disqualifié aussi. Je suis un peu dégoûté quand même car je colle quand même 5min au 4ème (Aitor, qui se retrouve donc 2ème officiellement), et que les 900m je les aurai fait en 3min et des poussières.

Un peu dégoûté de la manière dont cela s’est passé : il y avait des bénévoles, ils m’ont servi de l’eau, mais aucun ne m’a indiqué le chemin à suivre ou m’a appelé pour me dire que je me trompais. Et non plus le 3ème, alors qu’ils m’avaient déjà vu me tromper et qu’ils auraient pu penser à prévenir les autres. Le 4ème lui devait connaitre le parcours ou a vu la flèche, car il a demandé précisément aux bénévoles, qui lui ont indiqué la voie. Et ensuite, personne de l’orga ou du corps arbitral n’est venu me voir. Je n’ai pas pu me défendre, je n’ai pu que constater le DSQ. Je ne connais pas exactement la réglementation. Je suis certain qu’ils avaient le droit de me disqualifier, sur ça pas de problème. Par contre, étaient-ils obligé de me disqualifier, ou avaient-ils la possibilité de m’infliger à posteriori une pénalité de temps correspondant à ce qu’ils estiment être juste (quitte à grossir le trait, il est normal que je sois pénalisé), je ne connais pas la réglementation pour le savoir. Mais si c’était possible, ils ne l’ont pas fait.

A titre d’exemple, le WE précédent (ou 2 WE avant, je sais plus), il y avait le championnat de France de trail. A cause d’un mauvais balisage, certains coureurs, dont certains du groupe de tête, ont coupé le parcours. Il n’a pas été décidé de les disqualifier mais de leur infliger une pénalité de 10min (qui était très sévère au vu du nombre de km coupé, mais au moins ils étaient pas DSQ). Finalement, le 3ème de la course, qui vient du Béarn, c’est pour cela que je connais l’histoire, a coupé le parcours, écopé des 10 minutes (il a été mis au courant pendant la course), mais a réussi à franchir la ligne 10 min avant le 4ème et a été classé 3ème. Comme quoi même sur une course très importante, on peut trouver des solutions sportivement plus satisfaisantes.

Sportivement, il était clair que nous méritions notre podium. Le 4ème était loin derrière (plus d’une minute après correction du temps). Ou au minimum, il aurait été sympa, lors de la remise des prix, de commenter cette erreur, d’indiquer que les 2 et 3 étaient disqualifiés pour s’être trompé, sans faire exprès de chemin, et nous citer ou nous inviter sur le podium. Nous avons fait l’erreur, mais de mon point de vue, c’est un échec aussi de l’organisation. Lorsque le 2ème et 3ème de ta course sont DSQ pour une erreur de parcours dont ils ne se sont pas rendu compte, ça la fout mal. Mais non, je n’étais pas à la remise des prix, mais rien, silence radio, 2ème est Aitor, point barre.

En regardant les résultats des filles ce matin, je me rends compte que la 2ème et 3ème féminine ont aussi été disqualifiés ! Mais bon, je ne sais pas pourquoi, si c’était comme nous ou une autre raison.

Je m’étais déjà planté de parcours sur le half de St Jean, et selon moi, l’orga ne fait pas assez d’effort pour baliser son parcours. Ce qui peut paraitre évident pour celui qui fait le parcours et qui dessine les flèches, l’est beaucoup moins pour un athlète au bout de ses forces, qui concentre toute son énergie dans sa foulée ; il nous reste très peu d’énergie pour analyser le parcours, il faut que ce soit l’évidence même. Si ne serait-ce qu’un coureur se trompe, c’est que ça aurait pu être mieux indiqué.

Je n’ai pas cherché à discuter avec le corps arbitral ou l’orga. De toutes façons, leur décision est définitive, ils ne reviendront pas dessus. Si eux ont choisi de ne pas chercher à me contacter, je ne voyais pas l’intérêt. Le 3ème lui, a été moins philosophe, et s’est bien pris la tête avec l’arbitre et l’orga, mais cela n’a rien amené. En même temps, c’était un de ses premiers podiums, je comprends sa déception. Si cela avait été mon 1er, ou une course objective, j’aurai été dégouté. Mais je pense que je n’aurai pas fait l’erreur sur une course objective car j’aurai reconnu le parcours plus précisément. Malheureusement, j’ai appris à ne plus faire confiance aux orgas. Il faut connaitre le parcours tout seul, car souvent les bénévoles sont dépassés ou les flèches sont pas évidentes à suivre, ou encore pire, les motos ouvreuses se trompent !

On reste l’après-midi et on voit la natation du M. Encore un grand moment d’organisation : 2 boucles. Et sur la fin de la 2ème boucle, ceux qui terminent doivent laisser la bouée à gauche alors que ceux qui terminent la 1ère boucle doivent la laisser à droite. Donc si vous avez bien suivi, tout est parfait pour qu’on se rentre dedans assez violemment. Les filles étant partis devant et la première étant très bonne nageuse, elle prend un tour à bon nombre de concurrents. Le kayak ouvreur est dans le peloton, c’est du grand n’importe quoi ! Finalement, la première nageuse décide de ne pas prendre la dernière bouée, pour éviter de se prendre en face à face les nageurs dans leur premier tour. Peut-être le kayak ouvreur lui a-t-il dit de pas le faire ? Quoi qu’il en soit, elle a bien coupé le parcours, tout le monde a pu le constater. Elle gagne la course, et n’a pas été disqualifié ? Pourquoi ? Personne ne s’est plaint car aucun concurrent n’a pu le voir ? Sportivement elle méritait sa victoire car elle avait beaucoup d’avance, mais d’après le règlement, c’est exactement le même cas que pour nous !

Bref, assez déçu par l’orga de St Jean de Luz. Ils font le plein facilement chaque année, je pense grâce au très bel endroit dans lequel ils organisent leur triathlon, mais je trouve que beaucoup de choses laissent à désirer : les queues pour récupérer les dossards et les affaires de natation, c’était grotesque ; le parcours CAP qui permet aux premiers (et d'autres?) de se tromper, sans que les bénévoles interviennent, c’est dommage. Le parcours natation du M en 2 boucles avec le problème évoqué, c’est risible. Et de ce que j’ai vu ces dernières années, peu d’efforts sont faits pour s’améliorer. C’est dommage, mais tant qu’on fait le plein, pourquoi s’embêter à offrir un meilleur triathlon !

Pour finir une analyse de mes temps persos :

8ème temps nata+T1 à 2m45 du 1er donc, et 1m10 du 2ème, pas si mal considéré que j’ai un peu laissé de côté cette discipline

6ème temps vélo à 2m10 du 1er (temps qui me parait suspect, étant donné qu’il est 300ème temps en nata et CAP) et 1m40 du 2ème (1er de la course), et 10s du 3ème. Pas si mal donc, même si j’espérais un peu mieux, malgré le manque d’entrainement. Je tiens environ 39,5km/h, et environ 41 km/h sur la partie rectiligne. Je suis un peu en dessous de mes puissances en général, mais ça parait normal. J’ai quand même réussi à tenir les 300W quand j’ai repris les devants sur les 6-7 derniers km.

Je pose donc 3ème, avec le 2 et 4, à 4m20 du 1er !

En CAP je fais le 1er temps à cause des 900 mètres en moins, en 3m25/km GPS. Ce n’est pas les 5 secondes de mieux au km espérés, mais étant donné qu’il faisait assez chaud, et que je me sentais pas hyper bien, j’essaye de m’en contenter. Si j’extrapole à cette vitesse les 900 mètres manquants, je suis 2ème temps, et je me prends une rouste par Carl, 53 secondes de mieux. Un peu déçu de ne pas réussir à continuer mon « streak » de meilleur temps CAP, mais face aux meilleurs que soi, on s’incline.

Au total, au temps corrigé, je suis 2ème à 5m10 de Carl (une rouste donc), 40s derrière le 3ème (DSQ lui aussi), et 2min derrière le 4ème(finalement 2ème), 2m30 derrière le 5ème (finalement 3ème). Ensuite, cela passe à 4min.

Et maintenant, place aux courses à pied !

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 22:18

Ca faisait longtemps que j’avais pas donné de nouvelles. Bizarrement, ca coïncide à peu près à la naissance de ma fille !

Pour ceux qui veulent tout savoir dans le détail, voici les CR des 4 dernières courses avant ma coupure estivale (cliquez sur les courses pour avoir les CR). Désolé, pas de photos, j'ai pas pris le temps...

S de Baudreix et un podium mémorable

Trail de Lestelle Betharam et une victoire plus difficile que prévue dans des conditions très humides

S du Lauragais, et une revanche à prendre sur l’année dernière (une de plus !)

et le trail des fêtes de Nay

Après les 3 premières courses, et face au constat que je ne pouvais plus consacrer autant de temps au triathlon sur les prochains mois, j’ai décidé de baser la fin de saison sur la course à pied. Cela prend moins de temps pour s’entrainer et c’est plus facile logistiquement : une paire de basket et c’est parti !

J’avais prévu de faire encore quelques courses de triathlon pendant l’été : Bergerac, Montagne Noire, mais j’ai dû jeter l’éponge devant mon état de fatigue !

Pour la fin de saison donc, l’objectif sera de battre mon record sur 10km sur course officielle FFA et d’améliorer mon niveau pour la saison prochaine en triathlon. Pour cela, j’en ai inscrit 3 à mon programme : 10 km à Pau (Nouste-Henric) en course de prépa le 18 septembre, Tournefeuille en course objectif 15 jours plus tard le 2 octobre, et en back-up encore 15 jours plus tard le 16 octobre à Odos à côté de chez moi. Mon record sur 10km officiel est de 35min et des brouettes, je viserai les 34min. J’essaierai d’enchainer par un semi-marathon en novembre, soit à Boulogne à l’occasion d’un WE parisien, soit Lourdes-Tarbes. Je viserai un chrono sub-1h16 si Boulogne, et un top 10 si Lourdes-Tarbes. Et je suis également inscrit sur un dernier triathlon, le S de St Jean de Luz le 10 septembre, où j’espère réussir à prendre du plaisir sans pression. Je nage encore un peu une fois par semaine, et je fais encore un peu de vélo de temps en temps, donc j’espère ne pas être loin des premiers encore une fois.

Et entre ces courses sur route, j’essaierai de faire quelques trails et courses dans le coin. J’ai commencé avec le festitrail à Nay à l’occasion des Fêtes (CR ici), et j’espère faire également le trail de St Vincent où je dois défendre ma victoire de 2015. Enfin, avec Nicky on espère retourner sur le run and bike d'Asson pour sa course de reprise. Ce ne sont pas des courses avec un niveau très relevé, mais elles sont souvent peu chères, conviviales, et avec des beaux lots à l’arrivée !

Et pour la suite ?

Je vais essayer d’enchainer sur 2017 toujours avec coach Nick. Je veux refaire du long en 2017. L’objectif sera d’enchainer deux distances Ironman : Frenchman (Médoc) en mai et 7 semaines plus tard l’Altriman en juillet. Le grand écart donc, en terme de type de course : tout plat sur Frenchman, et montagneux sur Altriman.

A priori, Frenchman sera mon objectif N°1 avec un objectif chrono ambitieux, et l’Altriman se fera grâce à la prépa en amont, et j’espère aller chercher une place d’honneur. J’en dirai plus sur ces objectifs quand ce sera plus net dans ma tête, et si je vois que c’est compatible avec mon emploi du temps. L’année dernière j’ai fait en moyenne 10h45 par semaine. Coach Nick me conseille minimum 12h/semaine pour être en mesure d’atteindre mes objectifs. Avec un enfant en plus, je sais pas si ça va passer !

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 10:00

Encore une victoire en trail !

Première course de ma deuxième partie de saison, le FestiTrail de Nay. C’est une petite course organisé par le club de la ville, les Givrés, à l’occasion des Fêtes de Nay. L’année dernière, c’est Nicky qui avait participé, cette année c’est mon tour. 6,5km annoncé et 165m de D+. Nicky m’avait prévenu que ça grimpait sévère après le 1er km.

Je me doutais que le niveau ne serait pas très élevé et que la victoire était envisageable voire même probable, sans fausse modestie. Malheureusement, il y avait très peu d’inscrit (35) pour une course sympa, bien organisée, bien balisée, avec de nombreux lots et un petit prix d’inscription. Pour ceux qui me lisent qui habitent le coin, je recommande cette course, organisée tous les ans à l’occasion des fêtes de Nay, fin août.

Je m’échauffe très bien, au cas où il faille partir vite, mais sur la ligne de départ, je regarde les adversaires, et je ne reconnais personne que je sais meilleur que moi. Les gars sur la première ligne ont plus l’air de footeux et de rugbeux que de coureurs. Attention, me faites pas dire ce que j’ai pas dit. J’ai moi-même été footeux dans une vie précédente, et footeux et rugbeux sont capables de mettre une fessée à la course à un bon nombre de coureurs. Là, j’aurai bien sur pu me tromper, mais vu leur gabarit, je me disais qu’ils ne devraient pas être capables de m’inquiéter.

Trêves de préliminaires, ça part ! Je trouve le moyen de presque tomber au premier virage quand j’essaye de prendre la corde et que c’est limite niveau place ! Je temporise et passe finalement à l’extérieur. Aux 50m, je vois que ce n’est pas parti très vite et j’attaque dès le début. On verra bien si quelqu’un est capable de suivre. Je fais le trou tout de suite. On fait une petite boucle de 600-800m dans la ville avant de monter dans les hauteurs. En repassant au centre-ville, je vois, en entendant les applaudissements, que j’ai déjà une quinzaine de secondes d’avance. Je me dis que pour la gagne, il y a de grandes chances que ce soit déjà joué. Je décide d’aller le plus vite possible, sans gérer, afin d’essayer de faire le plus gros écart possible, et ainsi faire une bonne séance en conditions de course.

La première grosse montée arrive, et je monte au train. C’est difficile et j’aimerai bien marcher, mais mentalement je tiens le coup et je cours tout du long. J’essaye même de mettre la pression au vélo ouvreur que je rattrape petit à petit en montée. Arrivé tout en haut au bout de 2-3km, un peu de plat typé trail où j’essaye de relancer. Je n’entends rien derrière, et en fait, je n’ai pas trop de doute que je vais gagner. La deuxième partie de course est plus facile, mais il faut faire attention aux chevilles pour ne pas tomber dans le « single track » avec plein de racines, et il y a une grosse descente bien raide qui fait bien mal aux jambes. Encore un petit tour en ville, une mini-bosse que je monte en essayant de garder le rythme, et on arrive. J’essaye de taper dans la main de mon fils à l’arrivée, mais il ne comprend pas et pleure de me voir repartir vers la ligne d’arrivée. Bravo papa !

J’arrive en 24m44. J’avais oublié ma montre donc j’ai pas d’infos sur ma vitesse. D’après l’orga, ils avaient rajoutés 200m (le « single track »), donc il y avait 6,7km. Cela ferait du 16,2km/h, soit 3m42/km. Pour une course avec pas mal de dénivelé et quelques passages techniques, je trouve cela très rapide. Après, il suffit de s’être planté de 300m dans la mesure du parcours et je prends 10s par km.

Bref, j’ai eu l’impression d’être bien, mais difficile de savoir si c’est une course réussie.

Le deuxième arrive loin derrière, à 2m30 environ, je suis content d’avoir autant creusé, plus de 20s par km. Le speaker annonce que mon temps fait partie des meilleurs des dernières années, puis rajoute qu’en plus ils avaient rajoutés les 200m en plus, donc je dois pas être bien loin du record de l’épreuve. C’est cool, mais pas moyen de trouver les résultats sur internet pour vérifier !

Donc voilà, encore une victoire en trail, ça fait 3 sur 3, après St Vincent et Lestelle-Betharam. Comme je disais, de beaux lots à l’arrivée : une bouteille, un bouquet, un pâté, et même un GPS pour voiture que j’ai gagné au tirage au sort. Les 5 euros d’inscriptions ont été bien investis !

Les courses de 10km vont arriver vite. J’espère encore trouver une ou 2 courses, peut-être un peu plus compétitives, pour bien les préparer, et j’espère que les petits gênes au genou et à la cheville ne vont pas s’aggraver !

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 10:00

Course réussie; mais sentiments mitigés...

Une semaine après l’arrivée de ma fille, j’avais prévu le S de Lauragais, à 2h de chez moi. Comme tout se passe bien à la maison, et que mes parents sont là pour aider Nicky, j’ai le droit de m’éclipser en début de journée pour aller m’amuser en triathlon.

J’essaye de prendre cette course juste pour le plaisir, sans objectif, mais forcément, je sais que ces petits triathlon départementaux sont souvent à portée de victoire ou de podium. La veille, à la vue de la start-list, je ne reconnais qu’un nom capable de me battre, Nicolas de Toulouse Triathlon Metropole. Il m’avait déjà mis une belle rouste à Mimizan il y a 2 ans. Cette année, j’ai un meilleur niveau, et je me dis que sur un bon jour, j’ai peut-être une chance de l’accrocher, mais cela me parait quand même très compliqué.

L’échauffement vélo se fait sous une fine pluie, mais j’y suis habitué dorénavant ! Le parcours est pas mal sélectif, un aller-retour avec des petites cotes au début, puis des sections roulantes, et au retour le contraire donc. Assez similaire à Sames du coup, un parcours qui semble me convenir, moi qui suis assez polyvalent rouleur grimpeur (à défaut de descendeur…).

Le départ se fait en 3 vagues : les femmes en premier, 10min plus tard, les mecs licenciés, et encore derrière les mecs non licenciés. Je me place bien sur la ligne de départ, mais c’est chaotique. On nous demande de nous mettre derrière une rubalise, mais certains la repoussent à la main, du coup la ligne est pas très nette. Moi-même, je tiens la rubalise par-dessus la tête. Le départ tarde à être donné et ça s’énerve. Je crois que les organisateurs attendaient quelqu’un pour donner le départ et ça a été très nerveux. Finalement on nous lâche, environ 11m40 derrière les filles, donc effectivement on a pris du retard. Pas bien grave, au contraire, ca nous donne un peu plus de temps pour les doubler. Je pars pas mal, et j’arrive à rester avec un gars en combi orange qui me paraissait bon nageur à l’échauffement, et qui donne une bonne impression pendant la course également. A la première bouée, je sais pas ce qui se passe, mais soit j’ai un coup de moins bien, soit c’est lui qui accélère, ou soit je ne suis pas attentif, mais il part devant et je n’arrive pas à le suivre. Je m’affole pas et reste dans mon groupe, mais j’ai l’impression que devant, il y a du monde. A 300-400m de la fin, j’ai l’impression d’avoir encore de la marge, et je décide de prendre la tête et d’accélérer. C’est sympa, j’ai personne devant, j’ai le gars en combi orange loin devant en point de mire, et j’ai l’impression de recoller un peu.

Je sors de l’eau et on m’annonce 6-7ème. Je suis très surpris, je pensais être plus loin, mais très content. Je pense avoir pas mal nagé, mais j’aurai du suivre le gars en orange ! Au classement, je suis 11ème, mais 3 filles ont nagé mieux que moi (!) et un non-licencié également. Dans ma vague j’étais bien 7ème donc. Je suis à 1m20 du 1er, Nicolas de Toulouse Triathlon Metropole. C’est pas énorme, mais je sais qu’il est très fort en vélo, ya qu’en CAP où je peux espérer lui reprendre du temps. Bon, en sortant de l’eau, je n’ai aucune idée des écarts bien sûr. Je reviens assez vite sur 2-3 gars devant, mais un autre me reprend. Je me rends compte qu’il coince un peu dans les montées mais qu’il envoie en descente et sur le plat. C’est un gars avec un gabarit impressionnant, et je me dis que c’est la bonne roue à suivre (j’ai pas dit à sucer !). On se retrouve 4 et 5ème assez vite, et je reste derrière à distance respectable (environ 10m), mais j’arrive à suivre en appuyant fort. On croise les premières concurrentes qui reviennent, mais au début je crois que c’est des mecs et je me dis qu’ils ont une avance très importante. Puis enfin j’aperçois le Nicolas et je vois qu’on n’est pas loin, environ 1m30 derrière. Je pensais avoir perdu près de 2min dans l’eau, donc à ce moment je pense lui avoir repris du temps en vélo, mais en fait ce n’est pas le cas. Après le demi-tour, on double les 2ème et 3ème et on continue sur un bon rythme. Je remonte le loustic devant dès que ca monte un peu, à tel point que par moments j’arrête de pédaler en montée pour ne pas le dépasser. Mais pourquoi ne pas le dépasser vous me direz ? C’était pas évident car si je me rapproche trop près de lui (dans la zone de drafting), la règle stipule que je dois le doubler, je peux pas me rapprocher et ensuite le laisser reprendre le large. Comme à chaque fois je revenais à la fin de la montée, il aurait fallu que je fournisse un gros effort pour le doubler. Effort inutile car au final il m’aurait quand même redoubler sur le plat. Et je pense que même à 10m, je bénéficiais de l’effet d’aspiration, minime certes, mais qui comble la faible différence de niveau entre nous deux.

Cette course m’a d’ailleurs fait réfléchir au drafting. Là, le gars est sorti 12s derrière moi de T1, et il me reprend au bout de 3-4km. Pourtant, sur les 15-16 derniers km, j’arrive à le suivre. Pourtant, je n’ai pas drafté. Je me dis que finalement, sur les autres courses où je doublais des gars et j’étais énervé de les voir derrière moi à T2 (surtout à Castres), il se peut très bien qu’ils aient fait comme moi, ils se sont accrochés au mental et en bénéficiant d’une aide minime à 10m, sans tricher.

Sur le retour donc, le gars me reprend du temps à chaque descente et j’arrive à recoller à chaque montée. Je ne le double qu’une fois, quand il s’arrête de pédaler suite à je ne sais quel problème (ou pour voir si j’allais passer ou rester planquer derrière ?). Il me repasse ensuite bien vite.

On arrive à T2 à peu près ensemble, et le speaker nous annonce 2ème et 3ème mais dit que le 1er a fait le trou. Ca me met un petit coup au moral mais j’essaye de rester motivé. Dès le début, je vois que mon compagnon de vélo ne pourra pas me suivre en course à pied, et que la 2ème place a l’air assuré.

Je fais finalement 3ème temps vélo, à seulement 10s de Nicolas et 21s du gars devant moi. Un bon vélo je pense donc, même si en terme de watts, c’était pas monstrueux non plus.

La course à pied se passera « bizarrement ». J’ai eu beaucoup de mal à me rentrer dedans. J’arrivais pas à me dire que je pouvais aller chercher le premier, et je redoutais presque de le voir au bout d’une des lignes droites en me disant « il va falloir que j’aille le chercher ! ». Bref, une course à pied correcte selon moi (j’avais oublié ma montre sur le vélo, donc pas de données), mais j’ai le sentiment de n’avoir pas tout donné.

Je termine donc 2ème après avoir sprinté, pour le fun, avec la 2ème féminine, Nicolas et la première féminine arrivant main dans la main 28 secondes devant. Pas si loin donc, mais Nicolas l’a attendu dans le dernier km pour arriver ensemble. Probable qu’il a perdu autour des 30s dans l’histoire. Donc j’étais proche et loin en même temps !

Je fais le meilleur temps CAP, avec 37s d’avance sur le deuxième, et 1m04 sur le Nicolas.

Sentiment mitigé sur cette course. Je n’ai pas pris énormément de plaisir, j’ai toujours eu la pression du résultat, malgré le fait que j’ai essayé de m’en détacher, et la CAP n’a pas été plaisante, je me suis battu avec mon mental toute la course.

Très content d’avoir accroché le podium bien entendu, mais c’était au final le minimum que j’espérais. Difficile de partir sur une course avec la pression de faire premier ou deuxième, même si le niveau n’est pas énorme.

Je suis également content d’avoir une nouvelle fois signé le meilleur chrono en CAP. Depuis Mimizan, j’ai toujours signé le meilleur chrono (Carca, Sames, Baudreix, Lauragais).

Je pense que je dois commencer à saturer et la coupure va faire du bien.

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:00

Premier petit trail "montagnard" et pluvieux

1 semaine après Baudreix, il aurait été sage de prendre un peu de repos. Mais j’avais aperçu depuis quelques jours des panneaux pour un trail de 15km pas très loin de chez moi, et j’ai eu envie de le faire. Comme la petite ne donnait toujours pas de signe de vouloir nous rejoindre, j’y suis allé !

Le coach m’avait prévenu pour la journée une natation en eau libre enchainée par 45min de course à pied bien punchy pour garder le rythme.

Je décidais d’adapter le programme en effectuant consciencieusement la natation dans le lac de Lourdes au petit matin (à l’eau à 7h !), et je traçais direct à Lestelle pour un départ du trail à 9h. J’arrivais 40min avant, le temps de payer, récupérer le dossard, et s’échauffer gentiment.

J’ai 15km de trail avec pas mal de dénivelé, et j’ai prévu d’inclure la séance prévue en course à pied : 8 fois 20 secondes très rapide, 2min rapide aux alentours de 3m30/km, 1m20 récup. Je comptais faire ces blocs une fois la course bien entamée et le Benji bien chaud. Au bout d’une vingtaine de minutes quoi. J’ai même prévu, suivant ma motivation, mon état de forme, et le déroulement de la course, de refaire une série de 8 après un peu de récup.

Il pleuviote au départ, les organisateurs sont un peu dégoutés de la météo. Moi ca ne me dérange pas, il fait pas froid, c’est déjà ça. Certains partent avec K-Way, veste, etc… je ne suis qu’en trifonction. J’ai appris que quand il pleut, finalement il vaut mieux avoir une trifonction saillante qui reste un peu sèche qu’une veste trempée qui colle à la peau.

On est une petite cinquantaine, et j’imagine que la gagne sera jouable, même en intégrant les exos.

Au départ, je ne me mets pas en première ligne car jusqu’au dernier moment je programme ma montre pour bipper aux 20s/2min/1m20 des exos, et comme ce n’est vraiment pas dense je pourrai remonter facilement.

Et c’est parti ! Pour une fois, cela part vraiment pépère, je suis vraiment surpris ! J’imagine que les 1200m de dénivelé doivent faire peur à tout le monde ! Je remonte très rapidement, et je dors du peloton, le premier est 15mètres devant. Je le rejoins assez rapidement et me colle à son rythme. Je suis facile, et je me dis que la gagne devrait pas être trop difficile à aller chercher. On discute un peu, se disant qu’il n’y a pas grand monde, que la pluie a rebuté la plupart, la discussion du samedi à la boulangerie quoi…

Au bout de quelques minutes, je regarde ma montre : on est à 15km/h, effectivement assez tranquille pour moi pour un début de course. On arrive à la première partie trail en montée/forêt, et 2 autres nous ont rejoint, on court à 4. Je suis premier, et dès le début je vois un embranchement sans signalisation. Je pars à droite mais très vite je demande à mes compagnons s’ils pensent pas que c’était à gauche. Un mec répond que c’est bon, mais je doute, car on passe de plus en plus de petites pattes d’oie sans indication et les chemins ne me paraissent pas bien larges. Je m’arrête et les laisse passer car je ne sais plus où aller. Je reste derrière, je suis tranquille, mais je sens qu’on est perdu. Finalement le gars devant dit qu’on est perdu mais sait comment retrouver le chemin. On coupe un peu à travers bois et on retrouve le chemin, avec des gars qui sont en train de monter. On se retrouve aux environs de la 15èmeplace, mais on remonte vite, comme on peut, et j’essaye de pas trop gêner ceux que je double. Certains me demandent ce qu’on fait là et je leur dis qu’on s’est trompé. Je demande en revenant vers les premières positions si le 1er est loin, et on me répond que non, qu’il est juste devant.

J’accélère un coup et passe en 1ère position en haut de la première petite bosse. On est sur un champ et on court dans des traces de tracteurs en dévers, pas idéal pour les chevilles.

C’était d’ailleurs le but numéro 1 : ne pas se blesser. But numéro 2 : faire un bon exercice. But numéro 3 : se faire plaisir et si possible gagner.

Je me fais reprendre sur la petite descente mais on arrive sur une partie bitumée et je décide de commencer mon exo. Pan ! Je démarre à 20km/h, les autres doivent se demander ce qui m’arrive. J’avais hésité à les prévenir mais finalement je me suis dit : ils verront bien. Je gère ces premiers blocs comme je peux, car ça monte, ça descend, mais les autres ne reviennent pas sur moi malgré mes 1m20 de récup. Je dois faire 2 blocs avant d’arriver sur la 2ème partie trail en montée dans la forêt. Et là, c’est un vrai trail de montagne ! On monte sec, sur des chemins caillouteux, boueux. Je continue mon exo en faisant 20s aussi rapide que le permet le terrain, 2min où je cours en montée, et 1m20 où je marche ou trottine si pente faible. Mais j’ai l’impression de bien creuser le trou. Et ça monte, et ça monte, ça n’en finit pas. A l’occasion d’une grande courbe, je regarde derrière, et je n’aperçois personne, je me dis que pour la gagne c’est tout bon, je vais pouvoir gérer tranquillement la fin de course. Enfin j’arrive en haut, il commence à faire froid. On court à travers un petit chemin, et de part et d’autre il y a des herbes hautes trempées qui nous aident pas à nous sécher. Je fais attention à où je mets les pieds pour éviter la blessure, mais j’ai bien aimé cette partie. D’abord parce que je me suis senti super fort, j’arrivais à courir en montée alors que d’habitude il faut que je marche, et c’était agréable de courir en tête, un peu seul au monde. Je me disais que finalement le trail c’est sympa. Mais la descente est arrivée, et je me suis souvenu pourquoi j’aimais pas trop ça en fait !

Le début de la descente est assez roulante mais sur de l’herbe en dévers, hyper casse-gueule, puis sur un chemin boueux très raide, où je suis quasiment à l’arrêt et où je m’accroche aux arbres pour pas tomber. C’est un bon calvaire, et quand j’aperçois enfin un peu de bitume, j’entends des pas derrière ! Pff, toute mon avance évaporée ! Je sais pas j’avais combien d’avance en même temps, mais je pense quelques minutes car j’ai creusé dès le début de la montée et je ne pense pas avoir faibli, donc j’imagine avoir creusé toute la montée. Bref, 2 gars me rejoignent, mais la descente n’est pas fini, on doit courir sur une pente avec des cailloux/graviers. Il n’y a pas de virages, mais un gars me double et va très vite. J’essaye de m’accrocher mais c’est difficile de courir à cette allure. Bon, j’espérais terminer en refaisant une série de blocs, mais je passe en mode « coursier » et je vais aller chercher la gagne. On arrive sur du bitume à peu près plat, et je me pose pas de questions et accélère direct pour reprendre le gars devant et commencer à prendre de l’avance en prévision de la prochaine descente. Et on remonte ! Moi qui pensait que c’était presque terminé ! Je me dis qu’il faut que je refasse le trou pour espérer gagner et je m’emploie à aller le plus vite possible en courant en montant, et dès que ça devient un peu plat, je me mets à très bonne allure. Je manque de me tourner la cheville 2/3 fois quand on court dans des ornières sans vraiment voir où on met les pieds à cause de l’herbe dense… Mais malgré quelques douleurs, ça passe, et le lendemain je ne sentais plus rien aux chevilles. On rejoint la même route qu’au départ que l’on doit faire en sens inverse, mais à une intersection, je ne vois pas de rubalise pour savoir si c’est à gauche ou droit. Un bénévole quelques mètres avant m’avait indiqué « comme au départ » mais je me souviens plus. Je lui redemande et enfin il m’indique le chemin. 20s de perdus ! On revient sur le bitume, mon terrain, et j’essaye encore de creuser l’écart. J’ai la visu sur le 2ème, je dois avoir proche de la minute, mais il y a encore de la descente. Je me dis que ça va le faire. Je fais une bonne descente, et j’aperçois la route en bas, et j’entends personne derrière. C’est gagné ! Dernier passage boueux : shlop ! Mince, ma chaussure est restée coincée ! Hop, demi-tour, je récupère la chaussure, la remet, repart. Shlop ! L’autre chaussure ! Oh la la, j’aurai pas du prendre les lacets de tri. Re-demi-tour, je reprends la chaussure, commence à la remettre, et j’entends des pas d’un gars qui arrive en déboulant. Tout est encore à refaire ! Moi qui comptait faire la dernière portion tranquille ! J’arrive à sortir du bain de boue enfin (pour la petite histoire, j’avais perdu une première fois sur la première montée la chaussure dans un bain de boue similaire…), et je me retrouve sur le bitume. Là, je repars comme un débile mental sur 200-300m, mais à un moment il faut que je me rende à l’évidence : je peux pas tenir ce rythme encore longtemps et il reste encore presque un km. Je lève un peu le pied mais ne regarde pas derrière et continue aussi rapidement que je peux. Dernière partie sur l’herbe, où j’ai un doute sur la direction à suivre… Et arrivée enfin. Pas grand monde pour nous accueillir, normal, c’est une petite orga, mais je suis content de gagner car je me suis bien employé mine de rien.

Au final je gagne avec moins d’une minute d’avance sur le 2ème et le 3ème, mais j’avais quand même l’impression d’avoir gagné facilement. 1h20 pour 15km et 1200m de D+ (et autant de D- du coup), je pendais pas que ce serait si long (11,2km/h).

Le téléphone, avec lequel j’ai couru, n’a pas sonné pendant la course, la petite a eu la bonne idée d’attendre encore quelques heures avant de se pointer ! En même temps, je captais que dalle sur les hauteurs de Lestelle…

Encore une victoire, ça fait 2 victoires pour 2 trails depuis que je suis dans le Béarn ! C’était plaisant comme course, et je pense qu’en fin de saison j’essaierai une nouvelle fois quelques courses.

En plus, j’ai gagné un diner pour 2 dans un resto de Lestelle, beau cadeau !

Pas sûr que c’était hyper intelligent à ce moment de la saison, où j’ai plutôt besoin de récupérer, de me défoncer les cuisses sur une petite course de village, mais je me suis fait plaisir, et c’est bien le plus important.

La réalité m’a bien vite rattrapé : Dès le lendemain, j’ai eu des courbatures aux cuisses comme j’en avais jamais eu, sans doute dû aux descentes ou ça a beaucoup tapé, et je les ai gardé pendant 4 jours ! Mais bon, difficile de se plaindre de douleurs aux cuisses quand sa femme vient d’accoucher !

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