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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 09:00
les résultats ici (avec mes temps qui n'apparaissent pas dans le classement officiel...)
le CR du sprint de la veille ici
DSQ avec les honneurs !
 
Le lendemain, je m’alignais donc sur le triathlon L du Soulor Aubisque. Au menu 1900m de natation, 105km de vélo avec la montée du Soulor et de la fin de l’Aubisque, et 21km à pied. Plutot un profil pour les cyclistes donc, avec 3h20 de vélo pour les meilleurs d’entre nous ! Un triathlon qui va se gagner en un peu plus de 5h donc, et où les derniers mettront plus 9h, soit comme un IM (pour les meilleurs).
 
Aucune ambition particulière pour moi, c’est le dernier triathlon de la saison, il fait beau, j’ai hate d’affronter la montagne. J’espère faire un top 10, voire un top 5, mais je suis conscient que le podium paraît difficilement atteignable, car pas mal de beau monde a fait le déplacement (c’était le championnat régional Aquitaine longue distance).
La veille au soir, d’ailleurs, on s’était permis une petite bière pour nous aider dans la longue journée du lendemain. L’autre Nanterrien, le guerrier Mc Durand, avait fait le sprint le matin et on allait enchainer sur le L ensemble. D’ailleurs, je sais pas si d’autres que nous ont enchainé les 2 courses !
Comme la veille, je ne m’échauffe pas, pas la motiv, et je me mets à l’eau au dernier moment. Je croise McDu qui a l’air d’avoir froid et qui me dit que j’ai eu raison de pas m’échauffer. Il fait effectivement un peu frais, mais le soleil devrait réchauffer tout ça sur le vélo. Comme la veille, je me mets en 1ère ligne, et je pars plutot bien. Le plan, comme sur l’Ironbask, était de ne pas laisser trop de jus en natation. Je pense être environ 10ème, les gars devant n’ont pas l’air de prendre le large, et je nage dans un bon petit groupe. Pas grand-chose à dire de cette natation, je reste avec le groupe, j’essaye de me protéger, à part sur la fin du 2ème tour où je prends une autre direction (qui est meilleure j’ai l’impression). Pour une fois, on faisait 2 tours, mais sans sortie à l’australienne, c’était sympa. Au final on rattrape sur la fin un gars du 1er groupe qui a du exploser et on m’annonce environ 12ème à la sortie. On est 5 dans notre groupe, mais 15 secondes derrière, il y a un autre groupe de 5. Derrière, il y a un écart de 1m30 ! Le trou est fait ! Je perds quand même 4m30 sur le 1er, mais « seulement » 2m45 sur le 1er groupe (2ème au 6ème). C’est pas si mal. Je peux encore m’améliorer bien sûr, mais je commence à réussir à limiter la casse en natation.
 
J’étais tellement à la bourre au départ que j’avais pas eu le temps de mettre mes chaussures sur mon vélo, et je m’étais dit que tant pis, je les mettrai à mon emplacement. Je reste efficace pour enlever ma combi et la T1 est pas mal. Mais après avoir enfourché mon vélo, je n’arrive pas à clipser mes chaussures. Immédiatement, je comprends ma boulette : les protège-cales qui sont restés sur les chaussures… Oh là là, la honte, en plus c’est la 2ème fois que ca m’arrive (Bergerac 2011). Comme l’orga a dit que les arbitres seraient intraitables, je décide de ne pas les laisser sur le bord de la route pour les récupérer plus tard, mais de les mettre dans mes poches arrières. Quelques dizaines de grammes à se trimballer jusqu’en haut du Soulor donc !
Je me mets enfin en position de contre la montre, et il y a un peu de monde. J’en rattrape certains, d’autres me rattrapent. J’essaye de garder le rythme fixé par coach Nick sur la 1ère partie. Il faut garder des forces pour le Soulor, mais aussi et surtout pour les 50km après l’Aubisque et pour le semi derrière.
J’ai repéré les 1ers km hier, et c’est en faux plat montant, avec quelques montées où il ne faut pas s’affoler. Certains me prennent 50m dès que la pente s’élève, mais j’ai le plaisir de voir que je les reprends quasi systématiquement sur la descente ou le faux plat suivant. Ca me réconforte dans la stratégie de gérer la puissance. Je perds quand même des places, et je n’ai pas les jambes de feu que j’avais à l’IronBask. J’ai 20W de moins, mais j’ai l’impression que ca fait aussi mal. Je me dis que c’est normal, et que ce n’est pas grave, la course est longue et le vrai objectif de la course, c’est de gérer le vélo pour réussir à courir un semi correct derrière. Je me retrouve 16ème environ à l’entame du Soulor. Le panneau du 1er km indique 9%. Ah d’accord, ca part direct ! Mais moi j’adore quand ca monte, et je me cale à la puissance fixée par Nick, je me mets sur 39*28, et j’avance. La puissance fixée me va parfaitement. Je ne suis pas en surrégime, mais j’avance correctement. Sur le début de la montée, je continue à me faire reprendre, mais je m’affole pas. Je double mon père qui était parti plus tot avec Nicky faire le parcours en cyclo-touriste. Je lui demande comme ca va, mais il me répond juste de continuer. Bon, alors j’y vais, j’imagine que Nicky est un peu plus loin. J’entends ensuite un gars encourager un gars derrière moi : Allez Baptiste ! J’imagine que c’est Baptiste Cazaux, originaire de la région, et qui avait fini devant moi au CD de la Montagne Noire. Je n’essaye même pas de m’accrocher, mais je remarque qu’il a enfilé un maillot de cycliste. Après moult tergiversations, j’avais décidé de partir en trifonction, vu le temps qu’il faisait. J’ai eu un peu froid dans la vallée, mais globalement je n’avais pas à le regretter jusqu’à présent. Mais je me dis que si le local met une petite laine, j’ai peut être fait le mauvais choix. J’avais mis en prévision mon maillot de cycliste dans mon ravito perso en haut de l’Aubisque. Je ferai le point à ce moment !
Je passe Nicky, elle me dit que je suis 17ème. C’est pas terrible, mais j’ai confiance de reprendre du monde. Elle me dit qu’il y a des « grosses cuisses » devant, que je devrais reprendre.
Enfin je commence à reprendre du monde, et me retrouve 13ème. Je suis régulier et je peux monter à ce rythme encore longtemps. Je vois à regret le panneau « sommet à 3km », je pensais que ce serait plus long. Les paysages sont magnifiques, mais je n’ai pas trop le temps de les regarder, je ne suis pas « facile » non plus. Il y a des chevaux sur la route, on les évite, c’est marrant. Il y a quelques personnes pour encourager également. Je roule un moment avec un gars du SAM, et un de ses potes en vélo qui fait un bout de chemin avec nous et nous encourage. Puis je pars devant.
J’arrive en haut du Soulor de la descente n’est pas hyper prononcée, il faut encore pédaler pendant 1km, et ensuite c’est la vraie descente. Des grandes courbes, mais je ne suis pas à l’aise. La route est vraiment à flanc de montagne, et une erreur pourrait se couter cher. J’ai hâte de réattaquer la montée, et l’Aubisque arrive assez vite, mais les pentes sont toutes douces au début, 1, 2, 3%. Ca ne monte vraiment que sur les 2-3 derniers km. Je reviens petit à petit sur un gars qui m’avait doublé en descente. Je bascule en haut de l’Aubisque en 11ème ou 12ème place. Je décide de ne pas prendre de ravito perso, il fait hyper beau, je garde ma trifonction. Un bénévole me demande si je veux mon ravito perso, je dis non, et il m’indique la descente. Ah mince, je voulais pas de ravito perso, mais je pensais qu’il y aurait un ravito « normal » pour faire le plein, car pendant la montée j’ai pas trop mangé, et j’ai perdu mon bidon, je sais pas trop quand, mais j’imagine pendant le tunnel où on ne voyait absolument rien de rien. Il y aurait eu un gros caillou ou un animal, ça aurait été exactement pareil, sauf que je le prenais en pleine face… Pour l’année prochaine, un petit éclairage permettrait de gagner en sécurité.
Donc je me lance dans la descente ! Enfin je me lance, je m’aperçois assez vite que je ne suis vraiment pas bon descendeur. Je me fais reprendre par des bolides ! Je perds 4 ou 5 places dans la descente. Je suis tétanisé, je n’ose pas prendre de vitesse, je n’ai pas trop confiance en mes freins et j’ai peur de chauffer la jante à blanc avec mes freinages incessants. Sur toute la descente je ne dépasse jamais le 60km/h ! C’est un long calvaire, et j’attends avec impatience le faux plat où je pourrai rappuyer sur les pédales.
Après environ 16km et 22 minutes, je retrouve des pentes plus faibles qui me permettent de me remettre dans la course.
Je ne sais pas combien de temps j’ai perdu, mais bien 2-3 minutes sur les gars qui m’ont doublé je dirai, voire plus, car je les perdais de vue en moins d’une minute après qu’ils m’aient doublé.
Je sais qu’il reste 40km, et c’est maintenant que j’ai le droit de vraiment plus appuyer sur les pédales. Mais je n’ai pas des super jambes, et je reste à une puissance raisonnable. En plus, le revêtement est assez pourri par endroit, c’est usant, et ma petite bidouille pour tenir ma montre droite s’est défait et je ne vois plus très bien les indications de puissance. Je gère donc plus au feeling pour ces derniers km. Je suis content de me remettre en position CLM, et je reprends un des gars qui m’avait doublé dans la montagne. Après, par contre, plus personne devant. J’ai hâte d’arriver au parc à vélo, les jambes sont lourdes.
On arrive à la dernière difficulté de la journée. J’avais vu sur le parcours que les 40 derniers km étaient en faux plat descendant, sauf une petite montée. Elle fait mal, j’essaye de la gérer, et à un virage, un gars m’encourage et me dit que c’est fini. Mais après le virage il reste encore 300-400m ! Sur une montée de 1km, 300m, c’est pas rien, ce n’est pas fini ! Mais après c’est le bonheur, une belle route, de la vitesse !
Une moto m’ouvre la route depuis quelques km, mais je pense qu’elle ne doit pas faire bien attention car 2 fois je suis revenu sur elle. Une fois j’ai dû crier pour qu’elle accélère, et l’autre fois j’ai commencé à la doubler avant qu’elle s’en aperçoive et accélère.
Enfin j’aperçois un gars en rouge devant, à 100-200m. On est sur une belle route en faux plat descendant, et je me dis que dans quelques minutes je reviendrai sur lui. Je me souviens plus trop de ma place, je crois que j’étais 14ème à ce moment.
C’est là que la moto ouvreuse tourne à gauche. Je suis surpris car je n’ai pas vu d’indication, et j’hésite un peu à la suivre, mais il faut se décider en 1 seconde, et je tourne aussi. On était sur une grande route, et tourner à gauche était assez dangereux. Ca aurait du me convaincre que c’était la mauvaise route. Au lieu de ça, je suis simplement très dubitatif, et j’essaye de crier à la moto si elle est sûr de son chemin, mais elle n’a pas l’air de m’entendre. Je ne suis pas au top niveau réflexion et je décide de continuer. Il y a des flèches jaunes par terre, mais je ne me souviens pas les avoir vu auparavant, et je n’aperçois pas le gars en rouge devant (mais la route est sinueuse, il est peut être devant). Bon inutile de vous dire que c’était la mauvaise route. Au lieu de faire le point, réfléchir calmement, et me dire que c’était ma mauvaise route, je fais confiance à la moto et continue. Mais 1km plus loin, une grosse cote est devant nous, et celle-là je me souviens plus l’avoir vu dans le parcours. Je continue encore, en me disant que peut être, mais déjà je suis très douteux. Elle me fait bien mal, les pourcentages sont élevées, les routes dégradées. J’aurai dû faire demi-tour, mais je me disais si c’est vraiment la bonne route ce serait con. Avec la 2ème bosse, j’étais quasiment sur que c’était pas la bonne route, mais la moto continuait devant. Enfin elle s’arrête et je pense que c’est pour faire le point, mais non, c’était juste pour m’attendre, et dès que je suis à 50m elle repart, malgré mes gesticulations et cris. De toutes façons, dans ma tête, c’est trop tard, je me dis que je vais continuer comme ça, la route doit mener à peu près au même endroit (d’après mes souvenirs de la carte). J’ai déjà fait 4-5 minutes sur cette route, ça fait 10 minutes de perdus si je fais demi-tour, la course est foutue. J’essaye de pas trop m’énerver mais je craque un peu, et monte une des montées un peu à bloc (400m à 12% quand même !).
Enfin on arrive dans un village, et la moto continue à suivre les flèches jaunes. Il se rend compte quand même que quelque chose ne va pas, et il se porte à ma hauteur. Je lui dis qu’on est perdu, il me dit qu’il suit les flèches jaunes et que « c’est le bordel ». Mais dans le village, il continue à suivre une flèche jaune qui tourne à droite dans une petite rue. Je le suis, je sais plus trop pourquoi, mais 100m plus loin, je m’arrête et lui dit que je fais demi-tour et que je vais essayer de rejoindre Baudreix. Il est maintenant derrière moi, et je lui fais signe de venir à ma hauteur. Je lui demande comment rejoindre Baudreix, il me dit qu’il sait pas. Bon, il a pourtant une carte scotchée sur sa moto ! Je lui dis de partir devant et d’essayer de trouver, qu’il se rende utile quoi ! Heureusement, un cycliste qui passait par là m’aide. A son allure, je pense que c’est un compagnon d’infortune de la course, mais c’est juste un gars du coin. Il m’indique la route à suivre et je vois enfin un panneau Baudreix.
Je retrouve la course environ 2km avant l’arrivée.
Deux gars passent devant moi, ils doivent être surpris de me voir arrivant d’une rue perpendiculaire. Je peux y aller, et les rattrape assez facilement. Je me dis que j’ai perdu du temps, mais finalement pas tant que ça car je vois qu’il y  a encore peu de vélo dans le parc et on m’annonce 16ème.
Je fais 3h42 pour 105km environ, soit à peu près 28,5km/h pour environ 1900m de dénivelé positif. C’est pas une moyenne de fou, et d’ailleurs j’ai perdu beaucoup de temps sur le vélo : plus de 20 minutes sur les 1ers !
A ce moment, j’avais depuis longtemps pris la décision que j’irai me dénoncer aux arbitres pour me faire disqualifier, mais je suis content d’être en bonne position pour avoir une motivation supplémentaire pour faire un bon semi-marathon.
Pour clôturer cet incident, j’ai pu analyser un peu la différence entre les 2 parcours et j’en conclue :
J’ai fait 9,7km au lieu de 11,5km du parcours réel mais sur des routes pourries avec des montées (environ 160m de D+ contre 20m sur le parcours normal). Je me suis tapé en tout environ 1km à 10% ou plus ! En analysant le fichier GPS d’un coéquipier, j’ai calculé que j’ai perdu entre 4m30 et 5m30 en ayant fait mon parcours. En plus, j’ai un peu plus appuyé sur les pédales lors de ces montées, et j’aurai pas du.
Je n’apparais donc pas dans les classements officiels, mais j’étais dans les classements à la fin de l’épreuve, sur place, ce qui m’a permis de voir mon classement. 24ème temps vélo, et je pose 16ème. Sans la bévue, sans doute aurai-je eu le 13ème temps vélo et posé en 11 ou 12ème position.
Bon, au final, c’est ma faute, c’est à moi de vérifier que je prends bien le bon parcours, mais j’aurai aimé que la moto ouvreuse se pose les mêmes questions que moi, on aurait peut-être fait demi-tour au bout de quelques centaines de mètres, et surtout elle aurait pu s’excuser, mais je n’ai pas eu l’impression que ça l’ait vraiment dérangé que je me sois trompé de route et flingué ma course, en partie à cause d’elle. Je pense que si la course avait été un objectif majeur, je l’aurai pris avec moins de philosophie et plus de colère.
 
Mais continuons, enfin le semi-marathon, je n’ai aucune pression. Dans ma tête je suis déjà déclassé, mais j’ai envie de me prouver à moi-même que je peux courir mieux qu’à St Jean de Luz. Le plan est 15km à 15km/h et ensuite « on avise ».
 
Je pars avec mes 2 gels restants, qui me seront bien utiles au km 7 et 14, mais un 3ème aurait été bien. Les ravitos étaient bien et j’ai pu m’hydrater correctement.
Je pars en essayant d’être en aisance sur le 1er km, et à ma surprise, je passe le 1er km en 4m01, malgré une petite montée. J’essaye de pas m’affoler et je continue en essayant de rester en gestion, et le 2ème km est très rapide : 3m53. Je me dis que c’est trop rapide, mais finalement j’essaye surtout de rester en « aisance », et on verra bien. Les km s’enchainent, je passe le 3ème en 3m48 et le 4ème en 3m46. Je n’ai pas l’impression de forcer donc je ne me force pas à ralentir. J’aurai peut-être dû, mais j’ai été joueur… Je reviens sur quelques concurrents, et le demi-tour me permet de voir que je creuse les écarts sur ceux que j’ai doublé très vite. Je crois à mon retour les 1ers de la course. Ils sont déjà sur leur 2ème tour (sur 3), ils doivent avoir environ 6km d’avance ! Pffff, ça fait vraiment beaucoup, mais au moins ils ne m’ont pas pris un tour. J’essaye de me souvenir où je les croise, pour voir au 2ème tour si je reviens sur eux. Pas que j’ai l’intention de les doubler, mais juste pour voir si je cours mieux qu’eux. Je crois également au demi-tour quelques gars qui étaient derrière moi lors de la partie vélo, et qui sont repassés devant à la faveur de mon erreur de parcours. J’en repère en particulier un que j’avais doublé après la descente de l’Aubisque.
Je commence un peu à descendre de rythme, 3m53, 3m58 pour km 5 et 6, mais ca reste largement acceptable. Le parcours était le même que le S, avec en plus une petite boucle de 2km au début sur des graviers, et ensuite dans les sous-bois avec pas mal de petits virages serrés, pas top pour la vitesse. Je le paye avec un 4m23 au km7.
J’entame le 2ème tour motivé, ma mère est là pour m’encourager, mais Nicky et mon père doivent encore être sur le parcours vélo, je me dis que je ne les verrai pas avant la fin de la CAP.
Je mange mon 1er gel, mais je sens que si j’en avais d’autres, je les aurai pris aussi. Je garde mon 2ème pour le km14. L’allure descend, mais je continue à gérer : 4m07, 3m59, 4m01, 4m03 du km 8 à 12. Avec le demi-tour, je vois que je cours beaucoup plus vite que les 1ers, à qui j’ai repris environ 1 minutes à vue de nez, et à tous les autres avec qui j’avais pris des repères. Il n’y a encore pas beaucoup de monde sur le parcours, j’arrive à bien courir, et je ne me soucie pas trop de qui est dans quel tour, j’essaye de courir pour moi.
Lors de la fin du 2ème tour, je perds encore du temps : 4m09 et 4m27 aux km 13 et 14. J’arrive à faire encore illusion au km 15 : 4m08, mais ensuite ca devient très dur, et je passe à 4m20 aux km suivants.
Malgré cela, je reprends beaucoup de monde dans ce 3ème tour. Je commence à regarder les rubans de couleur que l’on donne à chaque tout pour voir si les gars sont dans le dernier tour, comme moi, et j’en reprends pas mal. Certains essayent de s’accrocher, mais explosent, d’autres n’essayent pas. Malgré mon allure pas terrible, j’ai l’impression que tout le monde explose sur cette CAP, peut-être à cause de 3h30 de vélo avant !
Je reprends le gars que j’avais doublé en vélo, ça fait du bien au moral, puis encore d’autres devant. Je me dis que je dois être environ top 10, avec tous les gars que j’ai repris.
Je crois McDu lors du demi-tour, il a quelques minutes d’avance sur moi. On essaye de se taper dans la main, mais on est tellement fatigué qu’on se loupe !  Je ne sais pas s’il est dans son 1er ou 2ème tour.
Les derniers km sont très durs, un peu comme à l’half IronBask, mais cette fois-ci, j’ai juste 4 ou 5km à faire comme ça, plutôt que 10 ou 12 ! Et ça change tout, dans la tête.
J’arrive à tenir à 4m20 sur ces 5 derniers km, mais je regardais plus ma montre, je donnais tout ce qui restait.
Je double un gars qui me demande si je suis 1er. Je ris presque et lui dit qu’ils sont loin devant les 1ers. En fait ils étaient même déjà arrivés !
Je reprends McDu dans les 500 derniers mètres, mais je suis en souffrance et ne trouve pas vraiment les mots pour l’encourager. Tout ce qui sort c’est « c’est vraiment dur notre sport ! ». Pas vraiment des encouragements !
Enfin j’arrive à la fin, je savoure l’arrivée, car j’ai encore souffert. On m’annonce 7ème, je suis satisfait.
Les temps à pied sont très moyens en général. Un seul gars a couru à plus de 15km/h. Ensuite, c’est moi qui ai le 2ème meilleur temps, mais j’ai déjà 4m30 de retard sur lui ! Il a vraiment sorti une très grosse course à pied.
Quant à moi, j’ai couru 1:25:39 pour 20,85km GPS soit environ 20,65km réel. Ramené à 21,1km, ça donne 1:27:10, soit 14,5km/h environ. C’est loin d’être génial, mais quand je compare aux temps des autres triathlètes, je me dis que c’est pas mal du tout.
Je fais 3 minutes de mieux que le 3ème temps à pied, et 6 minutes sur le 6ème. En gros, tout le monde a plus ou moins « explosé », moi un peu moins que les autres.
 
Je ne vais pas me dénoncer tout de suite car je voulais savoir mes temps. J’attends que les 1ers résultats soient affichés, et je prends une photo souvenir. Après quoi, je vais voir les arbitres pour leur dire que j’ai pris un mauvais chemin en suivant une moto. Ils me disent : « on vous met en abandon alors ». Je leur dis que je préfèrerai être disqualifié car j’ai quand même terminé, je leur dis que j’ai fait 7ème et leur montre mon dossard. Après quoi, je vais voir le chronométreur pour lui demander s’il était possible de garder mes temps mais de mettre DSQ. Il me dit qu’il le fera mais à ce jour je n’apparais pas dans les classements. Du coup je me dis que j’ai bien fait d’attendre d’avoir le classement provisoire, sinon j’aurai jamais eu mes temps !
En regardant le classement, si on prend on compte les 5m environ perdus à cause du mauvais chemin, j’aurai sans doute pu intégrer le top 5, car j’avais 1m10 et 2m15 de retard sur les 2 gars de Pau qui ont fini 5ème et 6ème. Par contre, j’aurai été juste pour la 4ème et la 3ème place. Ils étaient respectivement à 6m et 6m45 devant.
Après, on peut jamais savoir, c’est peut-être parce que je me savais DSQ que j’ai couru « libéré » et que j’ai réussi bien courir. Ou au contraire, le fait de voir le podium se rapprocher aurait peut-être décuplé mes forces (mais j’en doute, j’étais au max).
Par contre, les 2 devant étaient intouchables, c’en était presque ridicule, ils m’ont collé 22 minutes !
 
Au final, je suis quand même très content de cette course. Je finis tout près des 2 gars de Pau, qui sont régulièrement à l’avant des courses dans le sud, et qui courraient « à domicile ». Baptiste Cazaux, le local, n’est pas si loin (si on enlève 5min à mon temps…).
J’ai pris beaucoup de plaisir, et malgré mon état de fatigue, j’ai réussi à faire une belle performance.
Mais comme l'année dernière à Carcassonne, je laisse échapper une belle place à cause d'un problème extra-sportif (casse de chaine à Carcassonne)
 
Après ce dernier triathlon, je suis vraiment vidé physiquement et mentalement. Les dernières semaines d’entrainement ont été dures et j’étais vraiment fatigué pendant de longues semaines. Je vais enfin ranger la combi, mais pas encore les chaussures ni le vélo. Je vais essayer de me faire plaisir en battant mon record de l’heure à Longchamps ce WE, et peut être enchainer le WE prochain avec un 10km. Ensuite, vraiment ce sera les vacances, à Hawaii. J’espère que ca me fatiguera pas trop de voir tout le monde courir !

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Published by benji-triathlon - dans CR complet
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commentaires

Fabien Guerret 01/10/2013 17:22

Merci pour ce sympathique reportage Ben. Et bravo, pas seulement pour la très belle perf, mais surtout pour s'être déclaré : une belle leçon de loyauté dans le plus pur esprit sportif !
Au plaisir
Fabien