CR Bosca Trail 12km 2026

Publié le par benji-triathlon

Ce dimanche je m'étais inscrit, un peu au dernier moment, à un trail près de Pau. Le but : s'amuser, enchainer quelques courses sans pression du chrono (comme les 10km). Par contre, je ne voulais pas adapter mon entrainement juste pour cette course, et je l'imaginais même plutôt comme une charge supplémentaire d'entrainement. Je n'ai toujours pas réparé mon tapis de course et du coup j'ai fait pas mal de petites sorties trail, et bien que l'entrainement ne soit pas trop régulier, j'ai réussi à battre mon record sur une montée test que j'ai juste à coté de chez moi.
Je voulais la faire sur un peu de préfatigue musculaire, donc j'ai fait une sortie trail de 16km la veille pour me fatiguer un peu (mais pas à très haute intensité quand même).
Le Bosca Trail, c'est un bon souvenir, c'était peut être ma meilleure course trail il y a 2 ou 3 ans, lorsque j'ai gagné la course de 20km avec une avance très confortable sur le 2ème, qui était mon coéquipier aux Givrés, et qui avait à peu près le même niveau que moi (même meilleur je pensais). J'avais fait une grosse course, je m'étais surpris ce jour-là.
Là j'ai préféré m'inscrire à la petite course, le 12km, en me disant que c'était plus proche de ce que je fais à l'entrainement (que le 22km ou le 42km). Ils annoncent 350m de D+, ce qui n'est pas énorme.
Je fais un echauf un peu trop long et poussé, d'environ 5km, toujours dans l'optique de "charger" un peu. Je réfléchis un peu à la tactique pour cette course. Je me dis que je vais pas essayer de partir seul pour gagner, je vais essayer de "gérer" le plus possible en restant dans le groupe de tête. Ma légendaire modestie refait surface : je n'ai pas regardé la liste des coureurs, mais je me dis que c'est une course relativement petite, j'ai regardé les temps de l'année dernière, et je me dis que la gagne est largement jouable, mais je ne veux pas me mettre minable pour pouvoir enchainer l'entrainement lundi et mardi...
Pendant l'echauf, je vois un autre coureur qui monte aussi, et je trouve qu'il monte assez vite, car moi je fais un effort important, et je reviens à peine sur lui. En le voyant, son visage me dit quelque chose, mais je ne suis pas sur. Il me semble que c'est Julien H., un très bon triathlète et traileur de Pau, qui a gagné également une édition du VautourMan. Si c'est bien lui, le plan risque de ne pas marcher...
 
Sur la ligne de départ, je reconnais également Philippe R., qui avait un niveau similaire au mien il y a quelques années, mais sur le 10km de Nay, j'avais quasi 1m30 d'avance, donc je me dis que je devrais pouvoir le battre sans trop de difficulté. Je me place derrière Julien et c'est parti !
Après 100m, on commence une première montée. Un gars est parti à fond, mais ne semble pas être, à sa morphologie et son allure, un super coureur, et je n'essaie pas de le suivre. Je reste dans le pack de tête, et on revient petit à petit sur le premier, qu'on reprend au bout d'une minute environ. Julien passe 1er et accélère franchement, et j'essaie de le suivre. Derrière ça ne suit pas. OK, au bout de 2min, on est déjà tous les 2 devant, et derrière c'est le trou.
Je m'accroche car il monte fort. J'avais repéré cette première montée, et je sais qu'il y a un petit replat, que ça remonte un peu, mais que c'est pas trop long avant un plat et une descente. J'arrive à basculer avec lui mais dans la descente il envoie super fort ! Moi je suis pas trop à l'aise mais je fais l'effort. Je décroche quand même un peu, mais heureusement la descente n'est pas trop longue et je n'ai que quelques secondes de retard, que je rattrape sur le plat et la montée qui suit.
La 2ème montée arrive vite, et je suis déjà pas loin du max. On n'a fait que 2 ou 3 km ! Je suis pas du tout dans le plan fixé de pas trop puiser ! Mais bon, sur une course, le premier but, c'est d'essayer de gagner quand même, donc je m'accroche !
J'essaie au bluff de me porter au niveau de Julien, et de passer un peu devant, histoire qu'il croie que je suis "facile", au bluff. On ralentit un peu et il me dit "ah mais je t'avais pas reconnu, tu t'es coupé les cheveux", et je lui réponds que moi non plus je n'étais pas sur de le reconnaitre, et je lui demande si c'est bien Julien, et il me confirme. Bon, on est quand même bien dans notre course, et on ne discute pas plus. 
La montée est bien difficile, bien longue. Je m'accroche pour basculer en haut, et arrivé en haut, on tourne à droite, et là je vois qu'on doit tourner à gauche de nouveau et remonter une cote tout droit avec des pourcentages très importants. Gros coup à moral, et dès les pentes importantes, je marche. Si j'avais continué à courir, même si j'avais pu, j'aurais explosé ! Je vois Julien qui s'éloigne en continuant à courir, et je me dis : "bon, il est trop fort, tant pis, tu finis en gérant". Mais en arrivant en haut, je suis avec plusieurs autres personnes (on commence à rattraper des participants du 22km parti une heure avant), et je crois voir Julien qui n'est pas si loin, à quelques dizaines de mètres, mais je suis pas sur que ce soit lui. Je mets un bon coup de collier sur le faux plat qui suit, et je reviens finalement assez vite, au bout d'une minute environ, sur lui. Par contre je souffle fort et j'ai besoin de récupérer ! On n'a fait que 4km ! Sur les descentes qui suivent, j'arrive cette fois à m'accrocher à Julien.
Ensuite il y a pas mal de plat, avec un peu de vent, et je reste derrière. Il ne me demande pas de passer, mais je me décale de temps en temps pour voir mieux où je pose les pieds, et je vois que le vent a quand même une influence, et je me remets autant que possible derrière.
Encore une grosse montée à venir, mais c'est pas possible. De nouveau, une pente de fou pour finir, et de nouveau, je marche. Mais là je vois que Julien continue un peu mais marche aussi, environ 10m devant. Je fais l'effort pour revenir très vite sur lui, et on bascule ensemble. Je pousse un râle quand on bascule ensemble, histoire qu'il voit que je suis au max. Un peu con comme tactique, mais je me dis que lui aussi doit être au max, donc c'est une façon de se dire "quelle galère !", avec un soupçon de camaraderie !
Je sais plus si c'est lui qui parle en 1er pour dire "c'est dur" ou moi, mais après je dis "ça n'en finit pas ces montées, c'est pas possible ya plus de 350m", et il me dit qu'on a déjà plus à sa montre, et qu'on n'est qu'à 8km.
Je craque et je lui demande s'il veut qu'on finisse ensemble. Ce n'est pourtant pas une pratique que j'aime beaucoup. Je l'avais fait une fois sur un trail, mais le gars avec qui j'ai fini m'a attendu quand j'ai pété, et il méritait de gagner, je ne sais pas trop pourquoi il m'a attendu. Moi j'ai un esprit très compétitif et si je peux gagner je ne vais pas me priver.
Mais là, je pense que c'était un mécanisme du cerveau pour arrêter de se faire mal ! Si on finit ensemble, on peut ralentir et finir tranquille, vu qu'on doit avoir une bonne avance sur le 3ème, avec l'allure qu'on a depuis le début et qu'ils ont sauté dès le début.
Il ne me répond pas, et je lui dis "je suis compétiteur, mais c'est difficile de refuser quand on le propose, hein ?". Au final je me souviens pas s'il refuse, ou juste s'il ne répond pas, mais du coup on continue comme ça, en ralentissant un peu quand même.
Puis 500m plus tard, Julien me fait "vas-y, j'en peux plus !". Bon, faut pas me le dire 2 fois. Je suis moi aussi à deux doigts d'abandonner la lutte, et je me dis qu'il faut direct le décourager pour pas qu'il reprenne confiance. Donc j'accélère bien en essayant de faire l'écart le plus possible. Il reste 4km, à priori pas trop de montées, c'est parti. C'est beaucoup de plat, de petites montées et descentes. On double encore des gars du 20km, et j'essaie d'écouter si j'entends Julien derrière, mais je refuse de me retourner pour pas qu'il pense que je suis à la limite.
Au final, je finis les 4km assez rapidement, quasi à fond, mais je dois quand même marcher sur quelques parties raides tellement je n'en peux plus. Les gars du 22km que je double me paraissent aller de plus en plus vite, j'ai de plus en plus de mal à les doubler. J'en double encore 2 sur le dernier km dont un dans la descente finale, et sur les 200 derniers mètres plats, j'allonge bien, je suis content car j'ai encore une belle allure. Le speaker m'annonce 5ème du 22km avant de se rendre compte que je suis le 1er du court. Je suis content d'avoir doublé quasi tous les gars du 22km qui sont partis 1h avant nous.
Le 6ème vient me voir à la fin et me dit : "tu m'as mis un coup au moral quand tu m'as doublé", c'est vrai que je suis passé vite, mais lui ne savait pas que j'étais sur le 12km.
Julien arrive environ 2' plus tard. Comme quoi quand on lache prise mentalement on perd du temps très vite : 2min en 4km alors qu'on avait fait jeu égal pendant 8km et confirmera au micro ce que j'avais dit 2min plus tôt, sauf que lui a trouvé qu'on s'était tous les 2 attaqué dans les premiers km, alors que moi j'avais l'impression que lui attaquait, et que moi j'essayais juste de m'accrocher !
Donc hyper content de la course : déjà je gagne, ça fait toujours plaisir. Devant Julien qui est quand même costaud, même si on ne sait jamais vraiment les états de forme de chacun. J'ai couru environ 12km pour 450m de D+, soit 4'16/km, une de mes meilleures moyennes sur un trail avec ce type de D+. Les descentes n'étaient pas hyper techniques, mais pas hyper roulantes quand même, et les montées assez pentues quand même. J'ai également bien couru dans les descentes où j'ai réussi à tenir Julien à peu près. Petit regret, je laisse passer 2 ou 3 KOM Strava à quelques secondes, dommage ;-). Et jusqu'à la fin, même quand je pensais être cuit, j'ai réussi à tenir une bonne allure. Je finis 5'30 devant le 3ème, soit environ 27" de mieux par km. C'est énorme, alors que sur 10km plat à Nay, je ne lui ai repris que 9"/km.
Je pensais être meilleur coureur de route, mais peut être que le trail me correspond mieux finalement ?
Par rapport au gagnant de l'année dernière, sur le même parcours, je reprends 6' également !
Et les gagnants du 22km mettent 1h43. Donc je pense que j'aurais pu également le gagner, il aurait fallu que je reparte pour 10km en 52', soit 5'12/km, quasi 1 minute de plus par km que ce que j'ai fait, pour un dénivelé similaire, largement faisable à mon avis.
 
En attendant la remise des prix, je suis reparti pour un petit tour pour charger encore un peu plus, pour finir la journée à 29km. Mais le lundi et le mardi finalement je n'ai rien fait, un peu trop de travail pour pouvoir sortir ! On s'y remet mercredi, et je pense participer ce WE à un nouveau trail au Sargailhousse, la course la plus proche de chez moi que j'essaie de faire chaque année.
Mais surtout j'aimerais essayer de reprendre un entrainement un peu plus régulier ces prochaines semaines.
 

 

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