Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:05

Les photos, il y en a pas trop, ou alors à 6 euros la photo, je les ai pas achetés…

pour les résultats, c'est ici, tous les classements intermédiaires et tout et tout. Au passage, j'ai viré 4 petits rigolos qui se sont amusés à ne courir que 2 tours au lieu de 3 en CAP, ce qui explique quelques différences avec le classement "officiel" disponible sur le site du tri.

Pour un CR plus court, rendez vous ici.

 

Où est passée cette canicule???


J'avais donc choisi Gerardmer comme objectif de cette deuxième partie de saison. Pourquoi Gerardmer?

Plusieurs raisons:

1. C'était l'occasion de rendre visite à des amis près de Nancy. Important, ca, de grouper triathlons et visite d'amis!

2. une épreuve assez montagneuse, qui devait me permettre de tester mes capacités à flanc de montagne

3. Une épreuve "mythique" qui me trottait deja dans la tête l'année dernière

4. Le climat des Vosges en septembre qui est particulièrement adapté au triple effort…

 

Après 5 heures de route vendredi aprem, on passe une soirée tranquille chez lesdits amis à Nancy, histoire de bien décompresser. On dirait pas qu'on va produire près de 6h d'effort demain. Bizarrement, je passe une nuit très agitée, plein des rêves de triathlon et de faux réveils. Je ne pensais pourtant pas être stressé pour cet objectif.

Car oui, au départ, ce triathlon était mon gros objectif de fin de saison (comme en attestent les 3 petites étoiles sur la page "objectifs"…). Mais force est de constater que la préparation n'a pas été optimum. Entre baisse de motivation après l'Ironman de Roth, fatigue généralisée depuis l'IM également, que j'ai du mal à évacuer, et les différentes épreuves pré-Gerardmer qui ne me poussaient guère à un optimise démesuré, j'avais donc décidé de rétrograder l'objectif de "trois petites étoiles, objectif majeur" à "essayer de prendre du plaisir, voir ce que je peux faire, sans réél objectif". D'autant plus que je me suis trouvé une nouvelle douleur, au tibia gauche cette fois, qui s'est éveillé une dizaine de jours avant la course.

Malgré tout, j'espérais accrocher un top 50 qui me semblait dans mes cordes, et afficher un chono proche des 5h05 initialement prévus, même si cela me semblait difficile.

 

Le samedi , réveil à 5h30, car nous avons 1h20 de route jusqu'à Gerardmer. On se prépare gentiment, et déjà on sent qu'il fait très froid dehors, et que la pluie tombe. On se demande si vraiment on se doit de faire ce triathlon. Bon, en même temps, on a payé 130 euros, on va pas s'arreter maintenant!

Nous avons tous les deux, avec Nicky, du mal à manger les pates préparées le matin même. On doit avoir l'estomac noué, la peur de la compétition, mais surtout de la météo, qui s'annonce vraiment très très délicate. Température relevée à 4° à 9h du matin sur un des cols que nous devrons passer. Il pleuviote. C'est vraiment pas sexy Gerardmer quand il pleuviote et qu'il fait 10°C. Nous discutons un peu avec d'autres athlètes, on essaye de se rassurer et s'encourager mutuellement, et on discute des vêtements à mettre en vélo. Je décide de partir en trifonction sous la combi, mais de bien me sécher à T1, et d'enfiler chaussettes et veste mi-saison et gants d'hiver. Hors de question d'avoir froid, je préfère avoir trop chaud dans les montées. Au pire j'ouvrirai la fermeture éclair. Nicky choisit une configuration identique. Je pense que c'était le bon choix.

 

J'avais choisi de prendre mon mulet, un vélo classique Orbea Aqua avec petit prolongateur rajouté, plutot que mon vélo CLM Orbea Ora. En effet, j'avais pris mon CLM sur le tri de la Montagne Noire, et je sentais qu'en montée je n'étais pas très bien installé, et que les descentes étaient plus difficiles à négocier. Et surtout, mon Aqua est monté en compact 34*25, contre 39*25 pour l'Ora, et je sens que je serai content de l'avoir. D'après ce que j'ai pu lire, le vélo de CLM peut quand même être intéressant à Gerardmer, car il y a une trentaine de km de faux plat où il peut y avoir un réél gain, et mon CLM est plus léger que mon mulet, mais bon, on peut pas tout avoir. J'avais quand même monté mes roues Zipp. Il y avait de tout sur la course: des CLM et des vélos classiques.

 

Nous voilà prêt pour le départ. Nicky et Mickael ont décidé de partir en queue de peloton pour éviter la baston. Moi, j'ai quand meme un objectif, et je décide d'aller affronter la baston pour pouvoir sortir de l'eau pas trop loin. Nous sommes 1300 au départ, l'aire de départ fait une vingtaine de mètres de large. Je vous laisse imaginer le carnage. Je suis au 8ème rang à peu près, et la population n'est pas très dense… Pouêêêt! c'est parti! A ma surprise, ce n'est pas le gros rush à l'eau, tout le monde a l'air de prendre son temps pour rentrer dans l'eau. Cool, je me dis que finalement ca va pas être la baston. Mais bon, au bout de 20m, ca y est, on est des sardines, et les coups pleuvent. Je m'en sors pas trop mal, ca bouchonne devant, et du coup ca pousse derrière, mais personne me grimpe dessus. Par miracle, devant moi, au bout d'une centaine de mètres, juste devant, il y a une petite poche vide. J'en profite pendant quelques minutes, je nage bien. Depuis le début, je suis en 2 temps, car il y a tellement de monde que l'on ne peut pas vraiment poser sa nage, et je suis obligé de lever la tête souvent pour éviter les nageurs à coté de moi.


Tout d'un coup je sens une main qui prend appui sur mon épaule. Pas de doute, on me monte dessus dis donc! Devant moi se retrouve un mec avec un bonnet rouge. Je me dis que ca doit être un élite qui est parti en retard et qui essaye de recoller à la tête, mais quelques minutes plus tard, je le vois encore devant moi, il n'a pas pris beaucoup d'avance. Peut etre un mec qui avait un bonnet rouge sous son bonnet jaune, et qu'il a perdu son bonnet jaune. Bref, pas très important.

Le parcours est simple: on traverse le lac, on passe une bouée à notre droite et on fonce vers une arche sur la berge. Sortie à l'australienne, on refait un bout de chemin dans le lac, on passe une deuxième bouée à notre gauche, et direction sortie. Sur la 1ère longue ligne droite, il y a 2 ou 3 bouées jaunes plus petites. Je ne sais pas si on était supposé les laisser à notre droite, mais je me retrouve soudainement avec une de ces bouées à une dizaine de mètre devant sur ma gauche. Et il y a un paquet de mecs à ma droite. Bon, on va dire qu'on n'est pas obligé de la laisser à droite, que c'est juste un guide. Ca tombe bien, ca veut dire que je vais à peu près droit! J'apercois également la 1ère bouée, et la masse des nageurs qui se rétrécit pour passer la bouée. J'y arrive, et par chance, ce n'est pas trop le bordel quand je passe la bouée. A ce moment je vois qu'un groupe commence à s'éloigner devant et je fais l'effort pour passer à l'avant de mon groupe et recoller. C'est assez trippant d'être à l'avant d'un groupe, même si l'on fait le plus d'efforts!

Rapidement arrive la sortie à l'australienne. Je n'aime pas trop ca, malgré mes qualités à pied. Mon cœur monte d'un coup quand je me mets à la verticale et je m'essouffle beaucoup. On court une vingtaine de mètres, les encouragements sont sympa. Devant je vois qu'il n'y a pas foule, je suis content, et je replonge. Cette fois-ci je me mets en 3 temps, pour essayer de stabiliser mon souffle, ma nage, et mon cœur. J'essaye de chopper des pieds, mais j'essaye surtout de nager bien et droit.

Le reste de la natation se passe bien, je n'ai pas de souvenirs marquants en tout cas!

 

Je sors en 29m30 à peu près 130ème. Compte tenu de la difficulté de nager avec 1300 autres nageurs, je suis assez satisfait de ce temps, même si j'avais nagé plus vite à Roth. De toutes facons, on est jamais sur de la distance réelle en natation sur les triathlons…

 

La transition T1 est assez cauchemardesque. Déjà je sais pas pourquoi mais je n'enleve pas le haut de la combi pendant que je cours. Remarque, avec la température, j'ai peut être bien fait. Ne serait-ce que 30 secondes sans combi j'aurai peut être choppé la crève. En plus je me plante de sac, je prends celui de la T2, je suis obligé de rebrousser chemin, une vingtaine de secondes de perdu…

Arrivé sous la tente, il y a quand même du peuple. Je me pose et galère à enlever la combi. Je me sèche le corps, pas question de partir mouillé sur le vélo! Puis j'enfile ma veste mi-saison manche longue et met mon casque profilé. Le casque profilé, c'est pas pour l'aérodynamique sur les lignes droites, mais plutôt parce qu'il n'est pas très aéré et je pense avoir plus chaud avec! Je mets également des chaussettes et mes chaussures, et c'est parti!

Sous la tente, j'entends le speaker annoncer Xavier Diepart (un ancien du club de Nanterre. Un bon, il finira 11ème!) et Alexandra Louison, une des favorites féminines, pas une super nageuse. Je suis surpris d'être aussi prêt de Xavier, mais en fait lui sortait de la transition quand moi j'y rentrais. Je grimpe sur mon vélo, et c'est parti. Je double Alexandra Louison qui est en train de mettre ses chaussures sur son vélo, et je me dis qu'elle devrait me doubler dès que la pente s'élève. Je ne la vois pas le 1er tour, et je me dis que c'était peut être son homonyme (je n'avais vu que Louison écrit sur sa trifonction). En fait c'était bien elle, mais elle n'a pas fait un bon parcours vélo et ne m'a jamais rattrapé.

 

T1 très mauvaise, en 4m30, 300ème temps. Je sors 143ème du parc à vélo, mais je ne sais pas trop à ce moment là à où j'en suis.

 

Au bout de quelques minutes, je commence à avoir froid aux mains. Et mince, j'ai oublié mes gants! Il est trop tard pour faire demi-tour, je vais faire avec, on verra bien. Je suis bien dégouté quand même de penser à mes gants au fond de mon sac transition…

 

Il y a 3 tours à effectuer, de 31.5 bornes et 630m de D+ chacune. En gros 1 ou 2km de plat, puis une première montée pas très longue mais pechue. Petite descente. Faux plats de 10km. Une longue montée pas très dure, descente, puis petite montée très punchy avec des passages à 10% et plus sur quelques centaines de mètres. Descente finale avec un dernier coup de cul de 1km, et arrivée sur Gerardmer.

J'avais dans l'idée de partir pas trop vite pour être sur de ne pas exploser, et essayer de garder un bon rythme sur la dernière boucle.

Mais tout de suite je suis emporté par l'euphorie sur le km de plat et la 1ère montée. Je double pas mal de gens, mais certains me doublent quand même. J'essaye de ne pas m'exciter et de suivre les cadors, je monte à mon ryhtme, sans me mettre dans le rouge. La 1ère montée est assez étroite et il est parfois difficile de passer. Je crois comprendre que je suis dans les 130, 2 personnes nous le criant sur le bord de la route: "c'est bien, vous etes dans les 130!" qu'ils nous disent.

A vrai dire, je suis un peu surpris, je pensais être un peu mieux que ca. A la sortie à l'australienne, il ne me semblait pas avoir vu tellement de nageurs devant.


Je continue doucement ma remontée, mais je prends aucun risque sur la descente. Sur le faux plat, mon vélo de CLM me manque, j'essaye de me faire tout petit, et heureusement il y a peu de vent. Il n'y a pas trop de drafting, mais on est quand même proche les uns des autres. J'attends avec impatience la prochaine montée, car je ne suis pas à l'aise sur mon petit prolongateur. Voilà la belle montée qui arrive, je monte encore au train. 2 gars avec qui je roulais commencent à s'éloigner petit à petit. Je me dis que je les reverrai un peu plus loin… Du moins je l'espère. Mais de plus en plus de monde me double. Je commence à compter combien je double de monde contre combien me doublent, mais après m'être retrouvé à -7 au bout de 10 minutes, je me dis que c'est pas bon et j'arrête. Je comprends pas, normalement c'est moi qui double en vélo. Je commence à douter. Coté paysage, c'est le néant: il y a du brouillard partout, aucun plaisir à chercher de ce coté là. Il y a bien un moment où j'apercois quelques paturages en bas, mais ca dure une dizaine de secondes.

 

La grande descente arrive, je me fais doubler de tous les cotés, je suis au ralenti. Je reprends un peu de monde sur la petite montée bien pentue, mais encore une fois je perds du terrain sur les descentes. Après l'ultime coup de cul, je boucle le 1er tour en 1h04m40. Moi qui visait un truc de l'ordre de 1h, ca fait un peu loin. Je sais que les 5h05 sont morts, j'essaye de changer d'objectif, non pas chronométrique, mais de classement: je vais essayer de rentrer dans les 5% des coureurs, soit un top 70. Le top 50 me paraît alors trop loin.

Après ce 1er tour, comme je le sentais, je n'ai quasiment pas gagné de place. Je suis 120ème, et mon temps vélo sur le 1er tour est 178ème. Pas terrible, mais je me réserve…

 

Le deuxième tour, j'essaye de donner un peu plus sur les montées et sur les faux plats. Les descentes se passent mieux car j'ai le souvenir du 1er tour. Je prends très peu de risques quand même. J'utilise assez peu mon prolongateur car je n'ai pas mis de guidoline dessus, et le contact avec le métal froid me glace les mains. Je suis donc en position "Eddy Merckx dans son record de l'heure" dans les descentes et les faux plats.


Vers la fin de la longue montée, je reviens sur mes 2 camarades du 1er tour, j'en suis ravi. L'un deux craquera, je ne le reverrai plus. L'autre s'accrochera jusqu'au bout et on roulera ensemble jusqu'à la fin. Le drafting est assez présent sur la course, surtout en montée. Sur les descentes et les faux plats, je regarde pas trop derrière, mais systématiquement je me fais doubler au pied des cols...

En fait, mon matos n'est pas au top. En cause, un mauvais passage gros vers petit plateau. Pour le passer, je suis obligé d'être en grand pignon, ce qui fait que quand le petit plateau passe, je mouline dans la semoule et doit retomber des dents sur le pignon pour embrayer. Je perds à chaque fois quelques secondes… et les mecs derrière me passent!


Dès que la pente s'élève, j'arrive assez vite sur mon plus petit développement, 34*25. Ca passe bien, mais si j'avais eu 27, je l'aurai passé je pense sur les passages à plus de 10%.

Ce deuxième tour se passe plutot bien, je suis content de moi, mais je commence à avoir les mains gelées, et du mal à passer les vitesses. Les freins ca va encore. Le reste du corps est bien protégé et je n'ai pas trop froid. J'essaye même sur une montée d'ouvrir la fermeture éclair de ma veste, mais je la referme bien vite.


Deuxième tour en 1h03m18. C'est le 99ème temps, bien mieux que le 1er donc, et je suis maintenant 102ème au général. Je suis content d'avoir réussi à accélérer. Le challenge maintenant est de gérer le dernier tour. J'ai les jambes qui commencent à durcir, je me demande si je vais y arriver sans exploser. Mais quasiment plus personne ne me double, c'est deja ça. Je continue avec mon compagnon de route, Philippe de Gerardmer. Vu le nombre d'encouragement qu'il recoit, je peux pas me tromper! Après un nième encouragement pour Philippe, je me porte à sa hauteur pour lui faire remarquer qu'il était bien connu dans le coin. Après les échanges de courtoisie habituels, je lui demande combien il pense que l'on est. Il me dit environ 105ème on lui a dit. Il me demande si je cours bien. Je lui dis que je me débrouille. "Alors ca devrait le faire pour rentrer dans les 100". Je lui réponds "on verra" mais je vise mieux que les 100 premiers. Ca je lui ai pas dit. Je lui dit que ca devient dur, mais que l'on va s'accrocher à notre place. On repart sans un mot.

D'ailleurs c'était assez bizarre sur la course, le silence. Il y avait beaucoup de coureurs partout, mais peu de paroles. Avec le brouillard ambiant, c'était un peu mystique comme ambiance. De plus la circulation était coupée (c'était top dans les descentes) donc pas de bruit de voitures non plus. On recoit quelques encouragements, mais globalement il n'y a pas beaucoup de monde sur la route, excepté sur la 1ère montée, où surtout au 2ème tour, il y avait une petite foule. On peut pas leur en vouloir, avec ce temps dégueu. C'est dommage, Mickael m'a dit que les autres années il y avait pas mal de monde sur la route.


Les 2 dernières montées du 3ème tour sont difficiles, mais pas que pour moi. Je double un mec en vélo de CLM littéralement scotché sur la montée à 10%. J'essaye de faire la différence sur la partie plus plane, car tout le monde fait son effort sur les 10% et coupe ensuite.

Ca commence à sentir bon la fin du vélo. J'ai l'impression d'avoir bien envoyé au 3ème tour, mais la fatigue s'est également fait sentir. Je boucle ce dernier tout en 1h05m50, soit le 73ème temps. Même si je suis allé moins vite, comparativement aux autres, j'ai "moins" craqué au 3ème tour, donc c'est plutôt satisfaisant.

En vélo un total de 3h13m49, soit 29,3km/h. Je pensais pouvoir tenir 30km/h mais tant pis! 100ème temps vélo au total. Pareil, je pensais faire mieux. Peut être aurais-je du donner plus au 1er tour, mais je pense que je n'étais pas loin du top de mes possibilités.

J'arrive à T2 en 92ème position, bien mieux que ce que je pensais être à ce moment. J'ai surtout repris du terrain dans le 2ème et 3ème tour il me semble, quand certains ont craqué. Moi j'ai un peu craqué, mais pas complètement…

 

Une bonne T2 (118ème) compte tenu des conditions. Je cours en chaussettes sur du bitume jusquà la tente, ca fait mal les pieds gelés quand on court sur le bitume. Je change de chaussettes, enlève la veste, je courrai en trifonction, je me sens bien, j'ai pas trop froid.

J'ai beaucoup donné en vélo, et je me demande comment la course à pied va passer. Plus tôt dans l'année, j'avais très bien couru à Troyes, sur un format similaire, mais là le vélo était en montagne, et il y a un peu de dénivelé en CAP aussi…

 

J'ai gagné une place à la transition: 91ème! Le Philippe est juste derrière moi à la sortie de la transition. J'entends les encouragements derrière moi pour la dernière fois… Malheureusement pour lui, il s'écroulera dans le dernier tour à pied et finira juste à l'extérieur du top 100.

 

Je pars vite, comme à mon habitude. Mais cette fois-ci, je m'étais dit que je devais faire attention à ne pas partir trop vite, pour pouvoir accélérer et bien finir sur la deuxième moitié du parcours. Je ne veux pas finir dans le même état qu'à Roth. Je veux voir si je suis capable de terminer une course en accélérant.


Le parcours est aussi composé de 3 boucles avec un peu de dénivelé. Les avis divergent sur le D+ par tour. Ma montre donne environ 40m, mais d'autres donnent jusqu'à 90m, l'organisation annoncant quant à elle environ 60m. La vérité doit se situer aux alentours de ces valeurs. Quoi qu'il en soit, le D+ est majoritairement composé de 2 longs faux plats, un peu casse-pates, mais pas trop. Il n'y a pas de grande pente qui font bien mal, c'est plutôt "roulant" si on était en vélo…

Au bout de 1 ou 2km, je sens que le souffle commence à être court. Je me souviens ma tactique initiale, et je ralentis un poil, pour être bien. Je suis aux alentours de 15km/h sur le plat. Le parcours est agréable, il n'y a pas trop de longue ligne droite, il n'y a pas trop de monde sur le parcours. Je double pas mal de monde. Je me fais aussi ramasser par des avions, mais je me rends compte que ce sont des relais. Il y a un demi-tour à un endroit, c'est pratique pour voir qui arrive derrière ou qui il y a devant.

Sur le demi-tour, je vois Vasiliev pas très loin derrière moi. Il va me mettre un tour. Un de mes objectifs de la course était de ne pas me prendre 2 tours par le vainqueur (environ 1h). Vasiliev fait normalement parti des meilleurs, donc c'est plutot bon signe qu'il ne me prenne qu'un tour. D'ailleurs, à ce moment, je ne sais pas s'il me prend qu'un tour ou 2 tours, mais je me disais que ce n'était pas possible qu'il soit deja dans son dernier tour.


Quelques minutes plus tard, ce n'est pas Vasiliev mais Cunnama qui me double. Cunnama, c'est le sudaf qui a gagné l'IM de Roth. Il m'avait mis 1h28 dans la vue. Là, il me prend un tour, soit environ 30min. Je suis content de le voir, et j'envisage de rester dans son sillage. Mais je n'y pense que quelques secondes. Je pourrai peut être rester quelques km, mais il m'en reste encore au moins 16 à parcourir, ce serait du suicide. Au final, c'est Cunnama qui fait le meilleur temps CAP en 1h15 (plus de 17km/h, les spécialistes apprécieront), donc heureusement que je n'ai rien cherché. Un peu plus tard, c'est Vasiliev qui me double. Pareil, il est très rapide, je ne tente pas le diable, même s'il s'éloigne moins rapidement que Cunnama.

Le premier tour se passe très bien. J'oublie de regarder ma montre au 1er tour, tant pis, de toutes facons je fais tout au feeling. A ce moment, j'ai deja remonté du monde, je suis 78ème. 1er tour bouclé en 30:17, à priori un peu moins de 15km/h.


Le 2ème tour commence. J'essaye de garder un bon rythme. Je pense que j'accélère un tout petit peu, car il commence à avoir du monde sur le parcours, et ca me booste de doubler. Je croise un mec d'EnergyTri qui me lance, quand je passe "Ah, tu me doubles encore, comme à la Gileppe!", je ralentis un peu pour discuter, il me demande si j'étais à la Gileppe, je dis que oui, mais que je me souviens pas de lui. Apparemment, lui se souvient de moi. Bon, ca c'est fait, je repars avec les encouragements du mec. Sur le faux plat montant, je vois Vasiliev arrêté qui essaye de faire passer une crampe. Je l'encourage comme je peux en russe: "davaï! Vpiryod!" (en gros: "allez, en avant!"), mais déjà que j'ai pas un super accent, mais quand je suis essoufflé, c'est vraiment pas terrible. Apparemment, il m'a quand même compris car il me répond un truc, que j'ai du mal à comprendre. En gros "j'y vais, j'y vais, il faut juste que 'incompréhensible pour moi'". Il me redoublera un peu plus loin, et à la fin de mon tour, j'entends qu'on l'annonce à l'arrivée, dans les 10 premiers. Malgré sa crampe, il finira avec le 4ème temps en CAP, en 1h21. Il y a vraiment des gens qui sont pas faits comme nous!


Je suis toujours bien, j'oublie encore de regarder ma montre après mon 2ème tour, mais je sens que je peux faire un bon 3ème tour. Je ne souffre pas encore. 2ème tour en 28min12, un peu plus rapide que le 1er, mais le 1er était un peu plus long (100m environ pour rejoindre la boucle). Sur les 2 premières boucles, j'ai fait le 24ème et 22ème temps. J'ai encore gagné des places: 64ème.


Le 3ème tour commence. J'accélère encore un peu, puis, lorsqu'il ne me reste plus que 6km, plus franchement. J'ai une sensation d'aisance incroyable, je double du monde par paquets (normal, il y a les gars à qui je prends 1 ou 2 tours). Je commence à souffrir vers le 18ème km, mais je me force à garder une grande foulée. Heureusement, la fin est en faux plat descendant. Sur les 2 derniers km, on court sur un trottoir à coté de la route, il n'y a pas la place de passer à plus que 3. Je slalome à travers les concurrents, suis obligé de courir sur la route par moments. Je sens que je vais vite, et je ne veux pas faiblir avant la fin.

Plus qu'un km. Je reprends un concurrent qui est dans le même tour que moi. Il va assez vite. Il s'accroche, on court cote à cote. Puis j'accélère un peu, et je sens qu'il décroche. C'est trippant.

Mais tout le temps, j'ai l'impression qu'il est sur mes talons. Comme il y a du monde partout, je ne peux pas écouter pour voir s'il est encore derrière. J'accélère encore et encore. Dans les 300 derniers mètres, c'est le bordel, on est entre 2 grilles, il faut encore pousser les athlètes pour pouvoir passer. A 100m de l'arrivée, on sort de la boucle pour finir. Je vois à ce moment 2 athlètes juste devant moi. L'un est cuit, je le passe facilement. L'autre non, et il met un méga coup de booster, impossible de le reprendre.


Je finis donc ce dernier tour en 27m39, 11ème temps! Sur ce tour, mis à part les élites, seul un groupe d'age est allé plus vite. Je ne sais pas si je serai allé plus vite au total en partant plus vite, mais je ne pense pas. Temps en CAP: 1h26m08, 15ème temps (4ème des groupes d'ages). La moyenne n'est pas hyper impressionnante (14,9km/h), mais comparé au reste des athlètes, je ne peux qu'être très satisfait, autant du résultat final que de la facon dont j'ai couru (en negative split: 2ème partie plus rapide que la 1ère). Sur les derniers km, j'avais l'impression de voler, mais tout est relatif. En regardant mes données sur ordi, j'ai parcouru le dernier km en 16,3km/h. Rapide, mais quand même pas démesuré. Je suis content quand même d'avoir réussi à accélérer. Oui je sais je l'ai déjà dit 4 fois mais je le répète!

 

Comme à mon habitude cette année, j'échoue à une place et quelques secondes de mon objectif premier: 51ème temps à 3s du 50ème…

 

Bon, moi qui pensait être encore fatigué de Roth, quelques jours après Gerardmer, j'ai plutôt la forme, et je suis impatient de remettre ca à Carcassonne le 15 et 16 septembre

 

Partager cet article

Repost 0
Published by benji-triathlon - dans CR complet
commenter cet article

commentaires