Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 10:00

C'est tro pinjuste

Le WE à Mimizan s’annonçait chargé : comme l’année dernière, je tentais le triplé S CLM/eq le samedi après-midi, S individuel le dimanche matin, M individuel le dimanche après-midi.

Cela s’était soldé par un cuisant échec, avec une 16ème place sur le S, et une descente aux enfers sur le M, au-delà de la 100ème place et une CAP très difficile. Il y a 2 semaines, j’avais tenté le doublé S/M dans la même journée à St Pée, et une fringale sur le M avait gâché toute chance de bien figurer.

J’arrivais néanmoins confiant à Mimizan. L’objectif principal est le S; le S/eq la veille, je n’ai pas prévu de trop me rentrer dedans, et le M l’après-midi, ce sera que du bonus, et essayer de bien figurer avec si possible un top 20.

​CR du S/eq de la veille ici

Le lendemain, le S le matin, j’ai de grandes ambitions. Mon objectif de début de saison, que je n’osais pas trop annoncer, était de gagner la course (rien que ça). Quelques jours avant la course, j’apprends que mon partenaire d’entrainement Louis s’y est inscrit au dernier moment. Bon, je connais son niveau, la gagne semble injouable. Malgré cela, je vise quand même le podium, et j’espère réussir à venir mettre un peu la pression à Louis et je n’ai pas encore abdiqué complètement, sur un bon jour, je me dis qu’il y a peut-être moyen de venir l’inquiéter. Du coup, le plan est très agressif, avec comme adage « qui ne tente rien n’a rien ». Le plan, donc, est de donner plus que de raisons en natation, pour essayer de perdre le moins de temps possible sur la tête de course, et essayer de me rapprocher de la tête en vélo et mettre la pression autant que possible à pied, et croire au miracle. Plan très risqué car en natation, il faut une énorme débauche d’énergie pour gagner quelques secondes, au contraire du vélo et surtout de la CAP, on dès qu’on augmente l’investissement, le chrono s’en ressent.

Sur 750m, le but est de faire un 500 chrono à fond, sans se griller complètement pour autant au départ, et de finir comme je peux les 250 derniers mètres dans les pieds, en essayant de ne rien lâcher.

Je m’échauffe en vélo, où j’ai l’impression que les jambes répondent moins bien qu’hier, et surtout gros échauff dans l’eau, car il va falloir aller vite dès le début !

Je vois Louis au départ, je lui souhaite bonne chance, et je me prépare mentalement à souffrir dans l’eau. Il y a 2 ans, j’étais sorti 11ème de l’eau à Mimizan, en étant moins fort qu’aujourd’hui, donc je me dis que j’ai ma place en 1ère ligne et j’essaye de me placer du mieux possible. Je vois Louis un peu à côté, je me dis que je suis pas mal placé (non, je ne rêve pas de réussir à l’accrocher, mais je me dis que s’il a choisi ce côté, c’est que c’est sans doute le bon choix !).

Après avoir plus ou moins réussi à nous ramener sur la ligne de départ, le speaker nous lache avec un coup de corne de brume.

La veille, j’avais repéré que l’on pouvait marcher une dizaine de mètres avant de se mettre à nager, c’est ce que je fais et je me retrouve dans les premières positions. Assez vite, je me retrouve excentré à droite, et comme je respire à droite tous les 2 mvts, je n’ai pas une très bonne visibilité de ce qui se passe devant, à ma gauche. Mais dans l’eau, je vois que je nage à côté d’un autre, et même si je suis pas dans les pieds, je pense bénéficier d’une aspiration.

Le passage de la bouée à 250m environ se passe bien, virage à droite, je me remets dans les pieds. Je ne vois pas trop ce qui se passe devant, si beaucoup sont devant, s’il y a un grand trou avec la tête déjà. Je continue à appuyer fort et avoir une bonne cadence, et je reste dans les pieds. Je regarde régulièrement devant quand même, je vois qu’on est sur la bonne trajectoire. Aux 500m, je commence à être dans le dur et cela se voir sur mon allure : je vois des gars qui commencent à me remonter. J’essaye de me coller le plus possible pour bénéficier au plus de l’aspi, car je perds les pieds de devant. 2 ou 3 gars me passent, mais j’arrive à rester dans le paquet ces 250m derniers mètres. Enfin la plage, je me relève. Je m’attendais à souffrir lors de cette T1 où il faut courir une vingtaine de mètres sur le sable avant de courir 100-200 mètres pour rejoindre le parc, mais cela se passe pas trop mal, et je double même quelques gars lors de cette transition. Nicky et Aurélie me renseignent sur ma course : 14ème à la sortie de l’eau, plutôt mieux que ce que je pensais quand j’étais dans l’eau, à 1m20 de la tête de course, dont fait partie Louis. Par contre 1m20 seulement de perdu sur la tête de course, c’est clairement une très belle perf pour moi. Je sors 10s derrière Nicolas, qui m’avait pris 40s en 300m en piscine au triathlon indoor de Comminges ! Je savais que je nageais bien mieux en eau libre qu’en piscine, mais là je suis très surpris. Malheureusement, je ne l’ai pas vu à la transition. Dommage car si je l’avais vu, cela m’aurait donné une énorme motivation de savoir que je l’ai accroché en nata et pour essayer de l’accrocher en vélo aussi. Il m’avouera néanmoins après la course qu’il s’était fait chahuter en début de nata et qu’il n’avait pas super bien nagé.

A st Pée par exemple, je perds aux alentours de 2m15 sur les meilleurs (dont Louis), même en enlevant 20s pour ma T1 ratée, j’ai perdu aux alentours de 1m50 sur la même distance. En comparant à 2 autres qui ont fait les 2 courses avec un temps similaire au mien, cela confirme une meilleure natation à Mimizan, même si le gain parait moins important, aux alentours de 15-20s. Je ne suis pas capable de dire à quelle vitesse j’ai nagé, toujours délicat d’avoir la bonne distance dans l’eau, et de toutes façons je ne connais pas mon temps exact dans l’eau, le temps dans les classements est donnée T1 comprise.

T1 comprise donc, je sors 12ème de T1, à 1m30 de Louis, le 1er. 10s de perdue dans la transition donc, c’est plutôt pas mal face à un spécialiste des transitions qu’est Louis ! Je sors au milieu d’un groupe, on est 9 en 20s, entre 1m19 et 1m39 du 1er. Mais je suis à la queue de ce groupe, et ma mise en route ne doit pas être terrible car le début de vélo je ne vois personne. Ou plutôt si, je crois apercevoir des mecs devant, mais ils s’éloignent petit à petit. Par contre, des filles, j’en vois beaucoup ! Elles sont parties 10min avant nous, et du coup on est en plein dans le gros du peloton (je parle du peloton, hein, me faites pas dire ce que j’ai pas dit !).

Le plan était d’essayer de récupérer pendant quelques minutes avant d’envoyer. Idéalement avoir un point de mire et ne pas le lâcher avant de produire mon effort. Mais bon, personne en point de mire, je double, je double, mais que des filles. C’est frustrant ! Je dois doubler un ou 2 gars, puis un me double. Je décide de pas le lâcher, et je me force à rester derrière, à bonne distance pour ne pas risquer le carton. Cela me permet de me remettre dans le rythme, mais au bout d’un moment, je me dis que je suis en train de m’endormir, que je peux aller plus vite. Au panneau des 5km, je décide d’accélérer, et je le double, et essaye de continuer mon effort. Je sers les dents, il y a pas mal de vent, il y a encore des filles à doubler, et petit à petit, je double aussi des mecs. Puis, un 2ème gars me double. Encore une fois, j’essaye de me dire que je vais m’accrocher, mais là ça va encore plus vite, et petit à petit, il s’éloigne devant, sans que je me fasse vraiment violence pour essayer de garder son rythme. Finalement, il posera le vélo avec 30s d’avance sur moi, après m’avoir repris 2min. Il y avait une vraie différence de niveau !

En rentrant vers le parc, Nicky m’annonce avec 2min de retard sur la tête de course. Ça me donne un coup au moral car j’espérais refaire une partie de mon retard sur la tête, et c’est le contraire qui s’est produit ! C’est Nicolas qui a repris tout le monde à vélo (1m30 de gagné sur moi…) et qui pose juste devant Louis.

Je ne sais pas très bien à quel classement je me trouve, j’ai des infos différentes de la part de personnes sur le bord de la route. J’imagine environ 8-9ème, donc assez loin de l’objectif. En plus arrive la partie que je redoutais : la T2. En effet, la particularité du parc à vélo du S de Mimizan est qu’il n’est pas équitable. Les orgas essayent, en général, pour ne pas favoriser ou défavoriser les concurrents en fonction de leur emplacement dans le parc à vélo, d’organiser le parc à vélo de telle façon que chaque concurrent parcours la même distance dans le parc à vélo, en prenant en compte T1 et T2. On essaye également que chacun parcours la même distance dans le parc, vélo à la main. Par exemple, pour un parc à vélo carré, si on arrive de la nata par un coin et que l’on sort vers le vélo du coin opposé, il est judicieux d’essayer de faire rentrer les concurrents à T2 par le même coin que pour l’arrivée T1 nata, et ressortir par le coin opposé (là où ils sont sortis en vélo). Ainsi, tout le monde aura parcouru la même distance (en gros 2 fois la diagonale) et la même distance avec et sans vélo à la main (une diagonale à chaque fois). Il est souvent difficile, logistiquement, de faire ce schéma. Pour assurer l’équitabilité, les orgas prévoient alors des « couloirs » autour du parc à vélo que tout le monde emprunte pour assurer que tout le monde fait la même distance. Bref, un peu difficile à expliquer par écrit !

Dans le cas du S de Mimizan, c’est un parc très inéquitable. Dans le temps, on rentrait d’un coin en nata et on sortait par l’autre coin en vélo, et on faisait le chemin inverse en T2. De cette facon, tout le monde faisait la même distance vélo, mais ceux qui avaient leur emplacement vélo proche de l’arrivée nata (et sortie CAP donc pour ceux qui suivent) devaient faire plus de trajet vélo à la main que ceux dont l’emplacement vélo était proche de l’entrée et sortie vélo. Légèrement inéquitable donc. Depuis quelques années, le parc est devenu encore plus inéquitable. En effet, un couloir a été mis le long du parc à vélo pour qu’en rentrant du parc à vélo, on soit obligé de repasser par le coin de sortie nata. Ainsi, le gars qui a son vélo proche de la sortie vélo a un petit avantage à T1 car il a un peu moins de distance à faire avec son vélo (mais il les fait à pied quand même), mais un gros désavantage à T2 car il doit refaire la diagonale vélo à la main pour déposer son vélo proche de la sortie vélo, puis refaire la diagonale en sens inverse pour rejoindre la sortie pour la CAP, qui se trouve au même point que la sortie nata. Alors que les chanceux qui se trouvent à la sortie nata n’ont qu’à poser leur vélo à T2, et ils sont en quelques pas sur le parcours CAP.

Vous l’aurez compris, pourquoi j’en mets des tartines sur ce point, c’est que j’avais l’emplacement le plus défavorable, au bout du bout de la dernière rangée… On en avait déjà parlé la veille avec les coéquipiers, et le matin en rentrant dans le Parc à vélo, je vois que mon numéro de dossard est marqué sur la pancarte d’une rangée de vélo comme extrémité. Je stresse quelques secondes pour voir quelle extrémité, et quand je vois que c’est la mauvaise, je prends un bon coup au moral. Je me dis que c’est 15-20s de perdu direct sur ceux qui sont avantagés, et 8-10s sur la moyenne qui sont au milieu. Au final, avec ma trace GPS, je vois que la rangée fait un peu moins de 50m, donc l’aller-retour environ 90m. A 16km/h environ, ça fait environ 20s, ce qui confirme à peu près ma trace GPS.

Et donc en arrivant à T2, je sais que je vais perdre ces 20s, et comme j’ai déjà pas mal de retard, c’est très frustrant.

Je fais du mieux possible en T2 et je repars, on m’annonce encore 8-9ème à 2m15 de la tête, cohérent avec les 20s de perdu…

Sur le classement officiel, j’arrive en vélo 8ème, 1m47 derrière Louis, mais j’ai l’impression qu’il y a quelques incohérences, car Nicolas m’avait dit qu’il rentrait en T2 avant Louis et que sur le classement il est 7s derrière. Bref, c’est approximatif.

Je ne fais que le 12ème temps vélo à 2m15 du meilleur, avec une moyenne un chouilla en dessous de 40km/h. Il y avait un peu de vent, donc difficile de se faire une idée, mais ya 2 ans je roulais 1min plus vite et 7ème temps, 1m20 du meilleur. Mais en terme de puissance, je fais à peu près la même chose, voire quelques watts de plus cette année. J’avais pourtant le même matos. Malgré cela, j’ai l’impression de ne pas avoir été assez bon sur cette partie. Plus de 2min sur 20km, ça fait beaucoup quand même. Je perds 15s sur Louis, qui m’a impressionné car lui n’avait pas tout l’attirail du parfait petit Contre-la-montreur comme je l’avais moi. Ya du niveau !

Je ne me souviens pas trop dans quel état d’esprit je suis à ce moment-là, mais je crois pas top. J’espérais lutter pour la victoire, je sais que c’est cuit, et je pense que c’est dur aussi pour le podium car on ne me donne pas d’écart avec le 2ème et 3ème. J’avais des consignes techniques à respecter, mais dès le 1er km, elles volent en éclat (comme toujours…), et je ne pense à rien, juste à essayer d’aller le plus vite possible, puis de plus en plus que l’inconfort se fait ressentir, à quand est ce que ca va se finir. Je double quelques personnes, mais je sais toujours pas où j’en suis. J’aperçois au loin par moments 2-3 mecs qui courent ensemble, et je me rapproche petit à petit, mais vraiment pas très vite. Vers le 3ème km, sur le retour, je me prends le vent contre de face, je n’ai personne derrière qui m’abriter, je vois le groupe devant et les pensées négatives commencent à m’envahir : « Ah, si j’avais pas perdu ces 15-20s, je serai juste derrière et je pourrai m’abriter ! Je les reprendrai jamais… » etc…, comme à mon habitude, je n’arrive pas à avoir l’œil du tigre et juste me concentrer pour me dire « je les mange ! et pis c’est tout ! ». J’aimerai bien réussir une fois…

Je vois quand même que l’un deux commence à décrocher, et à 1km et des brouettes de l’arrivée, un gars à côté de la route avec un chrono dans la main m’annonce calmement 5ème. Je suis surpris, dans ma tête, j’étais plus loin. Mais cela ne suffit pas à me remotiver pour mettre le coup d’accélérateur qu’il faudrait. Je réussis néanmoins à me rapprocher du gars qui a décroché et je sais que j’arriverai à le dépasser. Devant, par contre, je me dis que c’est mort. Je le passe à 300-400m du but, et il m’encourage « allez, tu peux les croquer ! ». C’est Nicolas que je viens de doubler mais je l’ai pas reconnu. Les supporters de la Tribu m’encouragent dans les 300 derniers mètres mais dans ma tête c’est déjà plié. Je me fais violence pour ne pas trop relâcher sur la fin pour ne pas risquer un retour de Nicolas et je finis, 4ème, déçu.

Le 2ème et 3ème finissent à 6 et 11 secondes devant. Je vous laisse imaginer ma frustration. J’aurai aimé partager un podium avec Louis (qui gagne la course), d’autant qu’on avait blagué la semaine d’avant et que les coéquipiers m’avaient mis la pression pour qu’on finisse 1 et 2. Finalement j’étais pas loin (de la 2ème place. De Louis, je suis à 1m43s. J’étais un peu présomptueux de penser pouvoir rivaliser…

Sentiment mitigé quant à ma CAP. A l’arrivée, je me suis dit que j’avais pas si mal couru que ça. Mais au GPS, je suis à 3m29/km, ce qui est loin de l’objectif d’environ 3m20. Le parcours est globalement roulant, avec quelques passages un peu sablonneux et un peu de vent, mais pas de quoi perdre 10s/km, loin de là. Mais je fais quand même le 3ème temps, T2 comprise, ce qui ne m’avantage pas. Le 1er temps a l’air douteux, il finit 50ème au général mais colle 1m40 en CAP à tout le monde ; pas impossible bien sûr mais douteux. Le 2ème me prend une quinzaine de seconde quand même. Les 2 qui ont fini devant moi courent pas mal, je leur reprends 20-30s seulement. Et sur le même parcours, je cours quand même le même temps qu’en 2014, malgré une transition environ 20s plus lente. Donc sentiments mitigés sur cette CAP. Je pense que j’aurai quand même pu faire mieux.

Cette 2ème place et même ce podium m’échappe pour pas grand-chose. Je pense bien sûr à la T2, mais je peux aussi pointer du doigt ma course à pied moyenne et mon vélo pas aussi bon que ce que j’espérais. Et puis la gniaque de fin de course bien sûr ! A posteriori, la stratégie de course n’était peut-être pas la meilleure non plus, n’aurais-je pas dû laisser 20s de plus en natation pour pouvoir enchainer à vélo et à pied et reprendre ces 20 secondes et plus… Difficile de dire.

Ce résultat est cruel, car à 11 secondes près, je fais 2ème, et ma vision sur la course est complètement changée : je me dis que je fais une belle course et j’aurai été extrêmement heureux de faire podium une nouvelle fois à Mimizan. Là, je vois surtout ce que j’ai loupé.

J’espère me rattraper ce WE à Carcassonne, j’essaye de me remotiver !

Et c'est pas fini. Pour le M, c'est ici !

Partager cet article

Repost 0
Published by benji-triathlon
commenter cet article

commentaires