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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 15:00

Quand c'est fini, yen a encore !

Le WE à Mimizan s’annonçait chargé : comme l’année dernière, je tentais le triplé S CLM/eq le samedi après-midi, S individuel le dimanche matin, M individuel le dimanche près-midi.

Cela s’était soldé par un cuisant échec, avec une 16ème place sur le S, et une descente aux enfers sur le M, au-delà de la 100ème place et une CAP très difficile. Il y a 2 semaines, j’avais tenté le doublé S/M dans la même journée à St Pée, et une fringale sur le M avait gâché toute chance de bien figurer.

J’arrivais néanmoins confiant à Mimizan. L’objectif principal est le S; le S/eq la veille, je n’ai pas prévu de trop me rentrer dedans, et le M l’après-midi, ce sera que du bonus, et essayer de bien figurer avec si possible un top 20.

Pour le CR du S/eq la veille, c'est ici.

Et pour le S du matin, c'est là.

Et c’est pas fini ! J’ai 3h30 de récup avant de partir sur la 3ème épreuve : le M. Après ma déconvenue de St Pée, je voulais surtout réussir une course propre, ne pas exploser surtout, même si je fais pas un truc exceptionnel. Idéalement, je vise la 20ème place, mais je me dis que ce sera chaud.

La course est en 3 vagues espacées de 15min : les filles en 1er, 1ère vague homme avec tous les favoris et dossards préférentiels (50 quand même !) et ceux dont le nom commencent par A-G, et 3ème vague avec le reste du monde ensuite !

Je pars donc avec la 2ème vague, avec les favoris. Cool ! Je vais doubler pas mal de filles, mais au moins je serai avec les meilleurs.

Cette fois-ci, je mange beaucoup à midi et je prends avec moi des gels pour ne pas avoir de fringale.

Je discute un peu avec les gars de la Tribu et Nicolas, qui double aussi, mais qui part dans la 3ème vague.

Un petit echauf et c’est parti.

Je ne pars pas avec tous les favoris, j’ai pas envie de bastonner. Mais la plage est en biais par rapport à la direction de nage, donc on perd 20-30m entre un coté de la plage et l’autre. Je pars au milieu environ, et je m’extirpe assez vite de la masse, mais dès 100m, j’ai l’impression qu’un gros groupe s’est déjà formé à 50m. Comment c’est possible !!! Jusqu’à la 1ère bouée à 500m environ, je nage plutôt dans les pieds, et effectivement un gros groupe est devant. On est dans les premières positions du 2ème groupe. Après la 1ère bouée, je remonte et prends les commandes du groupe. Pas une décision intelligente car du coup je ne profite plus de l’aspiration, mais j’avais envie de me faire plaisir. Il y a pas mal de clapot et je bois régulièrement un peu la tasse. Mais je tiens bon et je suis toujours devant. J’essaye de faire un gros effort pour ne pas emmener trop de monde avec moi, mais je ne regarde jamais derrière. Je sens de temps quelqu’un toucher mes pieds. C’est de bonne guerre, je touchais les pieds de celui devant avant la 1ère bouée. J’hésite à ralentir pour laisser passer, mais finalement je continue jusqu’au bout. Je ne sais pas si je me suis bien orienté, mes lunettes étaient un peu opaques au bout d’un moment.

Je sors enfin, personne ne m’a doublé. J’hésite à jeter un coup d’œil derrière mais finalement je regarde devant. Je suis content et j’ai l’impression d’avoir bien nagé, mais un coéquipier m’annonce avec 4min de retard. Ca fait lourd quand même sur 1500m, quand je perdais ce matin 1m20 sur 750m. Mais bon, de nager tout seul, tu perds beaucoup. T1 se passe bien, une bénévole me propose de mettre ma combi dans mon sac (car la T2 est à un autre endroit, il faut rapatrier la combi là-bas du coup), ce qui me fait gagner quelques secondes.

Au final, je sors de T1 avec 4m40 de retard sur la tête, à la 39ème place. Il y a 3 filles et 4 mecs de la 3ème vague devant, dont 32ème place de la vague 1. A noter qu’apparemment, la bouée se serait décrochée entre vague 2 et 3, ce qui a amené la vague 3 à nager plus, ce qui peut expliquer pourquoi si peu de gars de la 3ème vague sont devant moi. Il est vrai que Nicolas, qui nage mieux que moi normalement, sort avec 1m50 de retard.

Finalement, j’ai réussi à faire un petit trou derrière moi et à en rattraper du 1er groupe car je sors avec une 15aine de secondes de retard sur 3-4 gars et derrière moi le prochain est à 17s, puis à plus de 30s. J’ai du imprimer un bon rythme en natation, et avec un meilleur placement sur la ligne de départ et un meilleur départ j’aurai pu me caler dans un groupe devant et faire un meilleur temps je pense.

J’enfourche le vélo et j’essaye de gérer mon effort. Pas facile, il y a pas mal de filles à doubler, mais je suis surpris de voir que peu de mecs me doublent.

Mais bon, faut pas rêver, on commence à me doubler. J’essaye de toujours rester dans ma cible, pour ne pas me griller. Je sais en outre qu’à Mimizan, c’est la fin du parcours qui est la plus difficile, avec quelques bosses, puis 5km sur un revêtement dégueu où on peut perdre pas mal de temps.

J’ai plus trop de souvenirs, la course se passe, je double quelques-uns, d’autres me doublent. A un moment je me fais doubler par un, puis 2, puis 3, je me dis, ca y est, c’est la fête au drafting, mais finalement, je vois qu’ils ne sont que 3 (l’année dernière c’était des trains entiers qui me doublaient…) et à distance respectable les uns des autres. Je m’accroche à distance respectable moyenne, et je vois que l’un des gars est un cycliste qui ne fait pas partie de la course et qui drafte sans vergogne. Pas grave vous allez me dire, il fait pas la course. Oui mais du coup moi je peux pas le drafter et je suis un peu plus loin que ce que je devrais. C’est pas très confortable, et je me dis que c’est pas très respectueux. Un arbitre au bord de la route le siffle même en pensant que c’est un concurrent drafteur. Finalement il lachera quelques km plus loin, à l’entrée des bosses. Nicky, Anthony, et mon père m’attendent en haut de la 1ère bosse et m’encouragent. C’est cool, j’essaye de leur sourire, je suis encore lucide. Je leur demande à quel place je suis, ils me répondent « allez Benjamin ! ». J’insiste (en montée, je passe moins vite et peut poser la question 2 fois !) et Nicky me répond « environ 20ème ». Je suis content mais méfiant. Je me dis que je dois plus être autour de 25-30 et que Nicky essaye de me motiver. Mais c’est une info quand même, j’avais aucune idée jusqu’à présent. Je me dis que 20ème peut être jouable. Je me donne bien sur les petites bosses et mange mon 2ème gel dans les descentes, mais je sens que le niveau d’énergie descend. Il me reste les 5km sur le revetement dégueu, et je ne peux plus accélérer et je perds pas mal de temps. Un gars de Bayonne me double comme une bombe et je ne peux pas le suivre. Je me dis que je ne fais pas fringale, c’est déjà bien, mais qu’en terme d’énergie, je sens que je suis pas au top et je redoute la CAP.

Je pose enfin et la longue T2 est poussive. Mon père m’avait bien briefé sur mon emplacement (c’est lui qui avait déposé mes affaires de course) et je trouve sans problème). Je fais seulement le 63ème temps vélo, à 8min quand même du 1er. Ca fait très lourd, je vous l’accorde. 43ème de la 2ème vague (une fille a mieux roulé que moi : Grrrr !). Je pose finalement 35ème, 30ème de la 2ème vague (une fille est devant moi encore).

Le speaker m’annonce à la sortie du parc (faut bien passer le temps…) et rajoute que je fais encore partie des « bons », ce qui me porte à croire que je dois pas être trop mal. J’ai l’impression que le 1er ne m’a pas pris un tour (sinon le speaker parlerai de lui), je suis content aussi.

Les premières foulées ne sont pas trop mal, mais c’est pas la grande forme. Je suis agréablement surpris de voir que le 1er km est passé en 3m45. Bon, il y avait un bout en descente. Les prochains sont plus laborieux, entre 3m55 et 4m, mais je vois que je ne dérive pas, et que je reprends du monde, et que personne ne me double. Je dois pas être trop mal donc. Je me déleste d’une envie pressante, Ironman-style, lorsque la course passe par les sous-bois et qu’il n’y a pas trop de monde, et aussitôt mes douleurs à l’estomac que je trainais depuis le début de la CAP disparaissent. Je mange mon dernier gel, un peu trop pateux. Et je continue mon bonhomme de chemin. Le retour en ville est bien sympa avec plein d’encouragement de ma famille, mes coéquipers, des connaissances, et juste des spectateurs, et j’entame le 2ème tour. Je me dis que je fais pas une fringale, mais que ca va pas tarder. J’aurai du prendre un 2ème gel. Je prends du coca comme je peux, mais je sens que la faim arrive. J’espère que je vais tenir jusqu’au bout.

J’arrive toujours à rester autour de 3m55, et sur le 2ème tour, il y a beaucoup plus de monde (ceux à qui j’ai pris un tour, et les gars de la 3èmevague), mais je vise les gars avec un collier autour du cou, signe que c’est leur 2ème tour. Il n’y en a plus beaucoup, mais au 7ème km, j’aperçois un gars de Pau que je connais de nom, je reviens sur lui doucement. Normalement je suis meilleur coureur que lui, mais là je ne cours pas beaucoup plus vite. Je reste un peu derrière puis essaye de passer devant. Il accélère pour rester à ma hauteur. Je n’insiste pas et je me recale derrière. Il ralentit, je le redouble et cette fois-ci son accélération est moins franche, il lache petit à petit. Mais il reste encore presque 2km, et je commence à être à bout. Valentin m’encourage comme il peut, j’essaye d’allonger la foulée mais je suis vraiment dans le dur.

Enfin j’entrevois les derniers hectomètres, et j’essaye de ne pas ralentir, on ne sait jamais. A 300m de la ligne, j’entends derrière moi : « allez Kevin ! » et à la facon dont elle le dit, je me dis qu’il n’est pas loin et qu’il va essayer de me reprendre. A ce moment, je me dis que je suis pas loin de la 20ème place (qui me fait rentrer dans les primes) et je redonne un coup, je donne tout ce que j’ai jusqu’à la fin. J’entends une nouvelle fois « allez Kevin ! » et ca me rebooste. Comme quoi des fois il vaut mieux se taire plutôt que donner des infos au gars devant qu’on revient sur lui…

Je passe la ligne 10s devant lui, et je vois que c’est un super coureur que j’ai déjà apercu sur plusieurs courses l’année dernière et cette année et qui m’avait enrhumé à chaque fois. Là il me prend 2m40 mais dans un bon jour il aurait pu me reprendre bien plus je pense.

J’essaye de compter rapidement les gars qui sont déjà là, et j’en compte rapidement une vingtaine. Je me dis que c’est mort pour les primes et je suis un peu déçu. Je finis finalement 27ème, et 24ème de la 2ère vague. Derrière moi à moins de 2min, il y a encore un gars de la 3ème vague, qui m’aurait peut être battu sans le problème de bouée, et le prochain est à 2m30.

Je fais seulement le 26ème temps CAP, et 21ème de la 2ème vague, et je perds encore 4min sur la tête de course. Je cours à environ 3m55/km, ce qui n’est pas top, mais pas si mal.

Je finis à 15m15 du 1er, très loin donc, 8m30 du 10ème, 5m du 15ème, et 1m10 du 20ème. Même avec le S dans les jambes, dans un meilleur jour, je suis convaincu que j’aurai pu finir dans les 20. Sans le S dans les jambes, c’est sans doute présomptueux de dire ça, mais je pense que la 10ème place était jouable : 1m30 en nata, 3m en vélo, 3m à pied… mouais, en

Fait c’était chaud la 10ème place, peut-être la 15ème ! Enfin on s’en fout quoi.

La bonne surprise est que je suis resté pour la remise des prix, sur les conseils du gars de Bayonne qui me dit qu’il peut y avoir du roll-down (comme sur IM), car les vétérans qui finissent dans les 20 premiers ne peuvent pas cumuler les primes, et que du coup ca décale les primes pour le 21ème, 22ème, etc…

Finalement, je récupère la prime du 18ème au scratch, car il y a également des gars qui se sont pas pointés (d’ailleurs, y a 4 ans quand je finis 26ème, je ne m’étais pas pointé et peut être j’avais laissé passer une prime aussi).

La remise des récompenses a été très longue mais finalement je repars avec un chèque de 80 euros. C’est bon ca !

Et voilà le WE qui se termine bien, mais je ressasse depuis cette course S, où j’aurais tellement aimé faire mieux. Cette saison je loupe pas mal d’occasions de bien figurer pour pas grand-chose, des petites erreurs, quelques secondes, du manque de pot ; et les épreuves passent et il ne m’en reste plus que 3 pour briller : Carcassonne ce WE, Sames dans 3 semaines, et Baudreix 2 semaines après. A un moment j’espère que ça va passer !

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Published by benji-triathlon
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