CR des triathlons S de St Gaudens

Publié le par benji-triathlon

Il y a 3 semaines, j’écrivais que je participais aux 6km de Poueyferré pour remettre un pied à l’étrier et recommencer l’entrainement en vue de faire quelques triathlons en septembre/octobre et pour préparer la saison 2018.
3 semaines plus tard, force est de constater que je n’ai toujours pas repris la route de l’entrainement… La faute à un manque de motivation, mais surtout pour une motivation très importante pour mes travaux de plomberie/chauffage à la maison. Manque de bol, ce blog n’étant pas consacré à la plomberie, vous n’en saurez pas plus !
Mais cela ne m’a pas empêché de m’inscrire aux triathlons de St Gaudens : un S avec drafting le matin, suivi d’un S/équipe l’après-midi.
J’avoue que la veille au soir, je me disais encore : « mais pourquoi je me suis inscrit, je vais être à la rue, je vais pas réussir à prendre du plaisir ». D’autant plus qu’un S avec drafting, c’est pas ce qui correspond le mieux à mes qualités. Et encore plus quand ça fait quelques semaines que je ne nage pas.
Mais bon, le matin, la motivation est là, je ferai de mon mieux, et j’essaierai de prendre du plaisir, surtout sur le vélo. Ce sera une journée en famille, on a amené nos 2 enfants, Nicky aussi fait les 2 courses, et il y a pas mal d’amis de LA Tribu 64, dont certains ont accepté de garder nos enfants pendant la course. Encore merci à eux s’ils lisent ceci !
 
L’eau du lac est chaude mais à l’extérieur ça caille. Je vais quand même le faire en trifonction seul. Par expérience, je sais que l’effort réchauffe !
Particularité de la course, dans l’eau ils ont traçé 2 parcours : un pour les mecs, et un autre pour les filles. Théoriquement de distance identique, mais je suis dubitatif : il est très difficile de mesurer précisément les distances dans l’eau, alors faire 2 parcours identiques, cela me parait difficile. Mais c’est quand même une bonne initiative à la base. Sauf que le résultat, selon Nicky, était pas top : apparemment elle a vécu la plus grosse baston qu’elle ait jamais eu dans l’eau ! Comme quoi, finalement, les filles ce sont pas les dernières à défendre leur place dans l’eau !
Bref, moi je veux absolument éviter la baston, je sais que j’ai pas un super niveau en natation, et j’ai pas envie de me prendre des coups, sur une compet’ où je n’ai pas vraiment d’objectif, hormis essayer de m’amuser. J’essaye de partir le plus à gauche, le long de la berge, et là j’ai un peu de place.
Le départ se passe bien. J’ai vu à l’échauf que j’avais l’impression de pas avoir une glisse dégueulasse. Je gère mon effort, je sais que 750m ça va me paraitre long. Effectivement, au bout de 100-150m, je sens que les bras sont lourds. C’était prévu. Contrairement à ce que je fais d’habitude, je mouline beaucoup moins des bras. C’est moins efficace, mais j’ai pas trop le choix, je pourrai pas tenir une cadence trop élevée. Je me fais serrer de plus en plus le long de la berge, et j’avais vu qu’il y avait un arbre dans l’eau. J’ai le choix, soit je le contourne par la droite et je me fais taper par la meute à ma droite. Soit je le contourne à gauche, mais il y a l’air d’avoir très peu d’eau. Je choisis l’option « safe », je passe à gauche. Mais ça passe pas, il y a de moins en moins d’eau, je nage dans 50cm, 40, 30, j’essaye d’aller le plus loin possible avant de me lever pour tricher le moins possible. Mais quand mon ventre racle le fond, c’est plus possible. Je me lève, fais quelques pas pour passer l’arbre, et dès que c’est passé, je me remets à l’eau sur la droite, toujours pour essayer de tricher le moins possible. J’ai dû faire 10m sans nager environ. Théoriquement, c’est quand même passible de disqualification : quand on a le choix, il faut nager. Là, j’avais le choix, il aurait fallu passer à droite de l’arbre. Mais bon, voilà, c’est comme ça.
La suite n’est pas glorieuse, j’arrive à la première bouée pas trop mal, mais je vois qu’il y a déjà un gros écart avec la tête de course, et pas mal de monde entre eux et moi. Le retour est difficile, je sens que mes bras me lâchent, et même mon corps « serpente », je ne suis pas du tout gainé, ce ne doit pas être une belle nage à voir.
Je sors quand même et file vers T1, à petit trot. Une T1 pas trop dégueu, mais comme d’hab, je monte sur mon vélo vraiment n’importe comment, et je pers de précieuses secondes à me lancer et enfiler mes chaussures. Béa m’annonce 19ème à la sortie de T1. Je suis surpris, je pensais pas être aussi bien placé.

Ca, c'est fait, vive la terre ferme !


Devant, je n’ai pas vu de groupe qu’il aurait fallu rejoindre coute que coute dès les premiers hectomètres, alors j’ai pris le temps de mettre mes chaussures dès le début. On roule à 2 avec un gars de Tarbes, on rejoint un 3ème larron, et on aperçoit un petit groupe devant. Le parcours est très roulant, avec quelques relances mais rien de méchant. Je prends des gros relais pour essayer de revenir, et le gars de Tarbes m’aide aussi, le 3ème on sent qu’il est moins fort, il prend des relais moins forts, moins appuyés. On revient petit à petit sur le groupe, mais les 50-100 derniers mètres sont difficiles. Je fais un gros relais pour essayer de boucher, mais je sens que ça va pas le faire et je demande un relais à 50m du but. Le gars de Tarbes passe, et je récupère derrière, mais je vois qu’on ne comble rien par rapport au groupe. Je reprends le relais, et j’appuie comme un cochon pour essayer de revenir. Je sens que c’est la dernière chance, si ça ne passe pas là, on reviendra pas. J’ai les jambes qui piquent, la bave aux lèvres : je prends du plaisir comme prévu quoi ! Il reste 20 mètres, je suis rôti, mais j’y suis pas encore. J’hésite à demander un dernier relais, mais je me dis qu’il ne va pas réussir à boucher le trou. J’en remets un couche. Là ça ne pique plus, ça brule. Mais je sens que c’est bon, je commence à sentir l’effet du drafting, 15m, 10m. Purée, il y en a 2 qui sont en train de lacher, faut que je rejoigne le groupe devant à 5m, encore quelques secondes d’effort. Ca y est je suis dans les roues. Je suis vidé, et je me demande si c’était un bon calcul. J’ai peur d’exploser à la première relance, et j’essaye de récupérer en restant bien caché dans les roues. Je me retourne, et vois que le gars de Tarbes n’est pas là. J’aurais été bien si je lui avais demandé un relais, tiens ! Bon, le groupe roule pas mal, mais j’arrive à récupérer dans les roues. On est 5 environ, mais c’est pas hyper organisé. J’attends d’avoir bien récupéré avant de prendre des relais. Au bout de 5min environ, je sens que je peux, et j’essaye de contribuer. En fait, je pense qu’on pourrait aller bien plus vite, mais le groupe est hétérogène, les relais ne sont pas fluides et les à-coups nombreux. Plus les km passent, plus je prends des relais longs et appuyés, mais régulièrement des gars accélèrent de derrière pour doubler les gars qui sont en train de rouler, estimant que ça ne va pas assez vite. Quant à moi, je prends ma part de relais, mais j’attends que ce soit mon tour. Du coup je donne pas autant d’énergie que ce que j’aurais pu. Je pense que j’étais quand même bien cramé de mon premier effort. Je n’ai pas pensé une seconde à attaquer pour emmener avec moi les 2-3 autres hommes forts et faire des relais plus efficaces à 3-4 que notre groupe de 5-6. Bref, on a bien roulé mais pas top. En même temps, si le groupe avait été plus fort, je les aurais pas repris vous me direz. Ce à quoi je réponds: c'est pas faux !. J’avais pas ma montre, donc pas de données à partager, dommage, j’aurai bien aimé savoir quelle puissance j’ai fourni pour boucher le trou au tout début.
Je fais l’effort avant T2 pour être le premier à poser le vélo. C’est chose faite, mais ma T2 est foirée, je perds quelques secondes à enfiler mes chaussures, qui n’avaient pas de lacets élastiques, et qui étaient un peu trop serrés. Du coup, je resort 3 ou 4ème de mon groupe, et Béa m’annonce 14ème, le 10ème à 1 minute et quelques. Je me dis que ça va être dur de reprendre une minute, surtout que je suis pas au top. Je reviens quand même sur les 2 de mon groupe, et petit à petit, la foulée revient, je me sens pas trop mal. Une petite douleur dans le ventre me fait craindre un point de côté, exactement comme il y a 5-6 ans sur le même triathlon, décidément ! La confiance revient, et je me dis qu’il y aura bien 1 ou 2 du top 10 qui ne courent pas très bien que je pourrai reprendre pour faire top 10, qui était quand même un peu l’objectif de classement. Je double un autre coureur, mais ça a l’air d’être un relais, et je vois un gars par terre qui a vraiment pas l’air bien, même s’il est conscient. J’avoue que je n’hésite pas beaucoup à m’arrêter. Je lui demande en passant s’il veut les secours, et il me dit qu’ils sont déjà prévenus. On va bientôt finir le 1er tour, et je me dis que je vais prévenir qui je peux. C’est chose faite, je vois un organisateur et lui signale. Bon, je n’oublie pas qu’avec cette histoire, je dois être dans les 10…

fin du 1er tour, dans le dur...


Le 2ème tour se passe pas trop mal. J’ai l’impression d’avoir une bonne allure quand même. Mais il y a beaucoup de monde sur le parcours maintenant (tous ceux qui sont sur leur 1er tour), donc je sais pas si je gratte encore des places. Personne me double et on arrive à l’arrivée. Les derniers 50m, il y a bifurcation entre ceux qui entement le 2ème tour et ceux qui vont à l’arrivée. J’en vois un devant à 20m, trop loin pour le reprendre, mais, mais, mais ??? J’entends des pas juste derrière à ma gauche ! Bordel yen a qui est revenu ??? Mais je suis plus habitué à ça moi ! (je sais, la modestie n’est pas ma qualité première). Comment ça on me reprend à pied ? Dès qu’il a vu ma tête se tourner, le gus lance son sprint, je réponds du tac au tac. Même si c’est pour une hypothétique 9ème place, c’est pas la question ! Bon, nous voilà comme 2 cons, à 40m de la ligne à courir comme des dératés, on est littéralement au coude à coude. J’essaye de mettre le petit coup de turbo qui me fera passer, mais soit ya plus de turbo, soit lui aussi le met, car on est encore au coude à coude. Ligne à 10m, on est toujours comme 2 cons, sauf que celui devant est tout prêt maintenant. En fait, c’est la première féminine qui va finir, et l’orga a préparé la banderole sur la ligne pour elle. Sauf que nous on n’a pas prévu de s’arrêter, et on passe chacun d’un côté, à fond les ballons, et on passe la ligne d’arrivée vraiment en même temps, et sans photo finish, je saurai pas dire qui était devant. Pareil avec la féminine, on est arrivé en même temps, je sais pas si on l’a doublé juste avant la ligne d’arrivée, ou juste après. Bref, on s’est bien flingué les jambes, et on se congratule à l’arrivée en riant bêtement de ce sprint débile. Je m’excuse à moitié auprès de la première de lui avoir « volé » son moment, mais elle en rigole aussi. Tout va bien.
Au final, je suis officiellement 10ème. Je pensais être un peu meilleur mais non. Je suis classé derrière la première féminine et le gars avec qui j'ai sprinté, mais à 10 secondes d'eux! Ya d'autres trucs un peu bizarre sur les temps intermédiaires. La première féminine est sensé m'avoir repris 2 minutes à pied, mais en vérité elle ne m'a jamais doublé et c'est moi qui suis revenu sur elle sur la fin. Il y a une erreur sur mes temps vélo et course à pied. Je pense qu'on m'a mis une minute de mieux en vélo et une minute moins bien en CAP. Officiellement 25ème temps CAP donc, mais en vérité c'est pas si mal. Si j'adapte mon temps vélo et CAP pour me faire poser le vélo avec "mon" groupe (que j'ai reconnu, je pense, à l'aide de l'appartenance aux clubs, et en particulier 2 Toulouse Tri Metropole dans mon groupe), ça me ferait 2ème temps à pied (mais temps vélo tout pourri, autour de la 50ème place). Mais devant le gars avec qui je sprinte, alors qu'il m'a repris... Bref, c'est le bordel dans les classements. Dommage, à part ça, c'était une bonne orga. 
Finalement une bonne course sympa. Je me suis bien dépouillé sur le début du vélo. Je reste un peu sur ma faim sur la 2ème partie, mais bon, comme je l'ai dit, si le groupe roulait plus fort, jamais je serai rentré dessus.

La photo du sprint débile: encore 5m !
 


On a environ 4h jusqu’à la prochaine course, et après avoir mangé un bout, je m’occupe de mon fils qui crapahute partout sur l’aire de jeu. C’est plus fatigant qu’un triathlon, j’ai les jambes défoncés. Il s’amuse bien même s’il découvre que tout le monde il est pas gentil, chez les enfants comme ailleurs. Le lendemain c’est sa première rentrée des classes, donc il va bien falloir qu’il apprenne ça, malheureusement.
 
Pour la 2ème course, je me fais pas trop de souci, je pense avoir suffisamment de marge par rapport à mes coéquipiers pour ne pas avoir à me défoncer. Je vous avais pas dit que la modestie était pas ma qualité première ? Malheureusement, Bruno, malade le matin, ne pourra pas être de la partie. On se retrouve à 4, et c’était un bon élément, qui était pressenti pour terminer dans les 3 la course à pied, donc on doit revoir notre tactique. En nata, 2 sont moins forts, Armand et Seb, moi je suis plus fort, et Chris doit faire le tempo devant. Moi j’ai pour mission de pousser comme je peux Armand et Seb pour limiter la casse. A l’échauffement j’ai vraiment pas de bonnes sensations, et je me demande si je vais réussir à pousser, car le rythme me parait tout de même assez élevé. Mais bon, on fait quand même 2 essais de pousse pour le mettre en place.
Après une centaine de mètres, je sens que j’ai de l’énergie à dépenser, et je commence à pousser Seb et Armand en alternance. On arrive tant bien que mal au demi-tour, et je sens que le retour se fait à vitesse plus lente, et je vois qu’Armand et Seb décrochent de plus en plus de l’allure, et j’essaye de les pousser tant bien que mal.
Je sors de l’eau un peu entamé mais pas trop, juste ce qu’il faut pour faire le vélo à fond.
La T1 est pas trop mauvaise, on met quand même 200m à se regrouper et on y va. Les premiers km ne sont pas optimum, on laisse trop d’espace entre chaque coureur, on ne se protège pas assez. Petit à petit on réussit à passer des meilleurs relais, mais on est toujours à la limite, Seb et/ou Armand sont de temps en temps à la limite de la cassure, et ce n’est pas facile de trouver la bonne allure, celle qui nous fait aller vite, mais pour que tout le monde suive. On passe avec Christophe la majorité des relais, mais Seb et Armand nous soulagent quand même en passant des relais de temps en temps. Bref, un vélo bien mais qu’on aurait pu optimiser.

Yen a un devant qui prend le vent mais qu'est même pas sur la photo !


A pied, je demande de courir à 4 pendant 500m, le temps que l’on se rende compte qui peut courir à quelle allure. Seb et Armand sont à peu près à la même allure, mais Armand a l’air d’être plus dans le dur. Je lui dis de courir à son allure, sans se soucier de Seb pour l’instant, et il décroche légèrement. Je donne la même consigne à Seb et Christophe devant : Seb court à son allure et Chris l’accompagne. Moi je reste avec Armand un peu derrière. Mon idée était que si je voyais qu’Armand perdait petit à petit sur Seb sans parvenir à revenir, j’aurai laissé Armand et on aurait fini à 3 avec Seb et Chris ; mais s’il arrivait à maintenir l’écart ou revenir sur Seb, voire le dépasser, on finit à 4 voire à 3 avec Armand et Chris. A 500m, je lui demande comment il va, il me répond qu’il a encore besoin d’un peu de temps pour trouver son rythme. Je lui laisse jusqu’au km pour lui redemander, il me dit qu’il va mieux et qu’il sera capable de revenir sur Seb. Moi j’ai des fourmis dans les jambes et je lui demande s’il veut que je le pousse, mais il me dit qu’il sera capable de revenir tout seul. Effectivement on revient petit à petit sur Seb et Chris, et une fois le regroupement effectué, je vais voir Seb, qui me dit qu’il est à la limite, et je lui propose de le pousser. Au début il est pas trop pour, mais moi je les avais prévenu : quel que soit notre niveau, on fait la course à fond ! J’insiste donc, et il accepte. Je mets ma main en bas du dos. Pas sur ses fesses, on n’est pas encore assez intime pour ça. Et en fait je ne pousse pas beaucoup, c’est plus un mouvement d’accompagnement, je n’exerce pas de grosse pression. Je sais pas si ça a un effet sur Seb, mais sur moi en tout cas, je sens la différence. Là ça commence à être plus difficile. On fera les 3,5 derniers km comme ça, Seb en serrant les dents pour ne rien lâcher, moi qui l’accompagne comme je peux en le poussant, et Armand un peu plus loin derrière, mais qui ne laisse jamais plus de 20m, en mode warrior aussi. Ya pas à dire, quand on court avec/pour les copains, c’est plus difficile de lâcher mentalement, car il y a la peur de décevoir les autres. Ça pousse à se dépasser !
On finit aussi vite que possible, et on passe la ligne.

jusqu'au bout qu'on avait dit !

Au final, on est tous content de la course. Au classement 9ème sur 40, et on sauve l'honneur en terminant juste devant les filles de la Tribu, et on a bien fait de se faire mal jusqu'au bout. 16s de plus, et le top 10 nous échappait.

Ya des petits trucs à revoir, surtout en vélo, mais c’était sympa. Ça a donné à tous envie de retenter un S par équipe. Ça tombe bien, il y en a un dans un mois environ, faudra qu’on voit si on y retourne !

 
Bon, il me reste encore quelques soudures à faire, faut que j’enfile mon t-shirt BigMat et que j’y retourne. Je voulais finir ça dimanche soir, mais j’étais trop cassé. Et après, retour à l’entrainement, et dans quelques jours des petites nouvelles sur la saison 2018 !
 

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