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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 17:54

Pour les classements complets, voir ici

 

Miracle, du soleil !

 

Le lendemain, la vraie course, le LD. Ce n’est pas un objectif à proprement parler, mais j’ai à cœur de bien figurer, car beaucoup de notre club de l’ES Nanterre se sont inscrits sur ce triathlon, et ça commence à se chambrer gentiment avant la course…

Mon objectif intra-club était donc de terminer premier, mais j’espérais également poser le vélo premier du club.

Au niveau général, j’avais dit que je visais un top 15, mais j’apprends quelques jours avant que l’épreuve est support du championnat LD régional. Ne connaissant pas trop le niveau, je ne me mets pas trop de pression et me dit : on verra. Niveau chrono, impossible également de viser quoi que ce soit, les parcours sont nouveau et apparemment très casse pattes.

 

Heureusement, le matin, la bonne nouvelle, c’est qu’il fait beau et qu’il va faire beau toute la journée. Il fait encore bien frisquet, et je passe de longues minutes à me demander et à demander aux autres comment s’habiller sur le vélo. Ce sera finalement maillot manche courte avec manchettes dans les poches au cas où. Choix qui s’est avéré bon, même si je n’ai pas utilisé les manchettes. En trifonction seul, ça aurait pu être jouable aussi, mais il y avait des endroits où j’avais un peu froid, donc ça aurait été très limite.

 

Au vu de la froideur de l’eau, ils ont décidé de raboter la natation, il n’y aura que 2000 mètres au lieu de 3000. J’essaye de m’échauffer comme la veille, mais j’ai un peu moins de temps pour le faire, et j’ai l’impression qu’elle est plus froide. Je remonte sur la berge et trouve un endroit nickel sur le tapis de départ. Je demande aux autres athlètes quel est le parcours, car je n’ai pas écouté le briefing. 2 boucles donc d’un km, mais ça me paraît plus long. Apparemment il y a des sas de départs. Moi je suis à gauche, on me dit que les meilleurs sont à droite, mais ça a l’air bien tassé, alors qu’ici je suis en première ligne, que la distance à parcourir est à peu près la même, et qu’apparemment ça se bouscule pas pour partir à côté de moi. Je reste donc, très content de ce choix stratégique.

C’est le départ, et j’essaye de partir vite, pour une fois. Je suis dans le groupe de tête de mon sas, qui contient quand même de bons nageurs. En effet, à droite, un gros paquet a l’air de bien nager.

On doit aller chercher une bouée (enfin une voile de catamaran, pas très visible) à environ 450m avant de faire une petite largeur et de revenir.

Je nage en 2 temps au début, je ne suis pas vraiment gêné, mais je n’arrive pas à voir les voiles, je suis donc le mouvement en me concentrant de temps en temps sur ma nage. J’essaye de passer graduellement en 3 temps, mais j’alterne 2 et 3. Je sens que je suis plutôt dans un bon jour, et je suis content car je fais partie d’un petit groupe pas très dense. Je suis en 2ème position et j’essaye de me mettre bien dans l’aspi du premier. Je le perds de temps en temps mais réussit à le reprendre. J’ai l’impression qu’il ne nage pas très droit, mais je décide de rester derrière quand même. J’ai déjà fait l’expérience d’essayer de nager droit sans profiter de l’aspiration d’un mec qui me donne l’impression de ne pas nager droit, et en général ça ne paye pas…

On finit la première boucle comme cela, dans un petit groupe, et je ne vois personne devant notre groupe. Je me dis que c’est bon signe. Je sais bien que je ne suis pas dans le premier groupe, mais je me dis que je suis peut-être dans le groupe de chasse ou le 3ème. En tout cas, être dans un groupe restreint (une petite dizaine) avec personne devant, personne derrière, c’est que je suis en train de réussir ma nat.

Je sors de l’eau, et doit faire un effort pour recoller aux pieds des 3-4 premiers, puis je reste au chaud jusqu’à la 1ère bouée. Le premier accélère, je préfère ne pas faire l’effort. Il reste encore 750 mètres, et je ne veux pas me cramer. Je suis maintenant en tête de notre groupe. Je ralentis lentement, je sais que derrière ça va doubler. Je me décale un peu, laisse un mec passer et hop, ni vu ni connu je me remets derrière. C’est ça qu’est bon. Autant en vélo le drafting c’est sale, autant en natation ya un coté jouissif…

Finalement on reviendra sur le mec échappé devant. Je sens que je suis quand même pas loin du point de rupture, et je me dis sur les 200 derniers mètres que si ca accélère encore, je laisserai partir. Finalement je reculerai dans la hiérarchie du groupe mais je reste bien au chaud jusqu’à la fin.

 

Je sais qu’il y a beaucoup de supporters aujourd’hui pour l’ES Nanterre, et je les guette du coin de l’œil. J’entends mon nom et des encouragements, et je fais un signe de la main, sans vraiment reconnaître qui c’était. Je suis quand même relativement frais, et quand on m’annonce environ 30ème, j’ai du mal à y croire. Sur 400 participants, c’est de loin mon meilleur résultat. Je pensais sortir aux alentours de la 50ème ou 60ème place, comme d’habitude. Je me mets donc à envisager un bon résultat final, je me disais qu’un top 10 était envisageable.

D’après les résultats officiels, 27ème en 32:52 à 5min du meilleur nageur, mais à peine 2min30 de perdu sur ceux qui termineront en tête de course.

 

J’arrive dans l’air de transition et commence une transition assez longue, avec enfilage de chaussettes, de chaussures, de casque, de lunettes, et de maillot manche courte. De chaussures aussi donc, car je n’ai pas eu le temps de m’entrainer à sauter sur mon vélo, et l’expérience en AfSud me dit que pour l’instant, le mieux que j’ai à faire c’est de mettre mes chaussures avant. Quand j’enfile mes vêtements, Benoit, un très bon nageur de notre club, me donne une petite tape en passant. Incroyable, je suis sorti de l’eau avant lui. J’attache mon casque et part à la conquête du vélo, juste quand je vois Denis arriver à l’aire de transition. J’ai environ 1 minute d’avance, il va falloir que je m’accroche pour la garder ! Je passe devant lui avec mon vélo pendant qu’il se prépare et lui lance « à tout à l’heure », car j’imagine qu’il va sans doute me rattraper.

On avait reconnu le parcours en voiture la veille, et c’est une succession de petites bosses pas hyper pentues, de virages, de relances, de descentes difficiles, et un revêtement pourri, avec beaucoup de gravillons. Par temps de pluie, une usine à crever des pneus et à faire tomber les cyclistes. Heureusement, aujourd’hui il fait beau, ils ont déblayé les gravillons dans les virages, c’est beaucoup plus tranquille. Mais j’ai quand même une peur bleue de crever, et je passe ma main sur mes pneus très régulièrement, même si je ne vois aucune crevaison.

Pour ce 1er tour, j’avais comme consigne de ne surtout pas m’enflammer, et d’y aller « mollo », en faisant gaffe de pas me griller pour le 2nd tour. C’est ce que je fais, surtout dans les montées, où je me fais doubler. C’est hyper frustrant, mais je me dis que c’est pour mieux conserver mon énergie.

Il y a beaucoup de monde, et c’est dur de trouver son rythme. Le drafting est assez présent, et je dois dire que moi aussi, si un arbitre avait été là au mauvais (ou bon, selon les points de vue) moment, j’aurai pu hérité d’un carton. Quand on se fait doubler, on a du mal à laisser direct la distance de sécurité, tout en sachant que l’on va se faire passer par le paquet, qu’il va falloir redoubler ensuite. Alors bon, j’étais pas dans les roues non plus, hein, et je me décalais quand c’était possible, et j’avais au minimum 2 ou 3m de marge devant, mais au sens strict de la règle (5m annoncé au briefing), j’aurai pu être sanctionné. Cela dit, avec moi, d’autres auraient pu être sanctionnés aussi, et de manière beaucoup plus « évidente ».

Je fais donc la plupart de ma première boucle en me faisant plus doubler que je ne double, et toujours avec des paquets devant ou derrière moi. Je préfère en fait quand je suis plus seul avec mon effort à vélo, car là je suis obligé de faire quelques accélérations pour dépasser. En plus, je négocie très mal mes virages et mes relances où je me fais régulièrement doubler, par des gars qui devaient pas être très loin derrière moi…

Au 30ème, je vois un triathlète en jaune et vert qui me double. C’est Denis ! Je commençais à espérer ne pas le voir avant la fin du 1er tour de 40km. Mais non, le voilà déjà ! Je me mets à distance bien réglementaire derrière. Je sais que les arbitres ont plus tendance à sanctionner quand ils voient 2 gars du même club l’un derrière l’autre, donc je laisse 10 bons mètres, et j’essaye de garder l’écart. Je m’attends à devoir m’employer bien plus pour tenir cet écart, mais je vois que ma puissance est à peu près la même que depuis le départ. Ça me surprend, mais je me dis que Denis a peut-être un peu appuyé sur les pédales pour me reprendre, et qu’il est maintenant en mode « cruising ». Un petit paquet commence à se former autour de nous, qui se doublent et se redoublent. Je reste encore derrière, jusqu’au 38ème environ, où je me dis que je vais accélérer un coup. C’est pas que je me sente hyper fort, mais j’ai envie de me faire plaisir à vélo et de voir ce que je peux faire en attaquant un peu plus. Je double donc le petit paquet. On discute quelques secondes avec Denis, et je prends la tête du groupe.

Je sais plus trop à quel moment c’était, mais sur un virage avec un revêtement vraiment dégueu, je perds mon 2ème bidon. Heureusement je suis resté concentré et je m’étais redressé et stabilisé pour le cas où je roulerai dessus. Bien m’en a pris car je roule effectivement dessus mais sans dommage. Je n’hésite pas à m’arrêter, je relance direct. Il y a quelques ravitos, et j’espère que ce sera suffisant.

On arrive au demi-tour à côté du parc à vélo, où j’entends encore des encouragements, qui me font du bien. On m’indique que je suis encore dans les 30. Je m’y attendais.

Sur le deuxième tour, j’avais donc le droit d’accélérer sur le plat, mais pas trop en montée. C’est ce que je fais. En moyenne 10 watts de plus, et environ 2 minutes de gagnées sur le deuxième tour par rapport au 1er, au prix d’un gros investissement. Les minutes coutent cher en vélo ! Je ne gère pas trop au puissance-mètre sur ce 2ème tour. J’avais juste mis une alarme pour ne pas dépasser un certain seuil. Alarme qui sonne dans à peu près toutes les bosses pour me rappeler à l’ordre…

Tout le deuxième tour se fait donc à l’attaque, et je suis bien plus agressif dans les descentes, les virages, les relances, le plat, et aussi un peu les montées.

Au sommet de la première bosse, j’aperçois le ravito et je prends une bouteille d’eau. Mais mince, il ne donnent pas le bouchon avec ! Commence un laborieux travail pour transférer l’eau de la bouteille à mon unique bidon restant. Ça me prend une bonne minute avant de pouvoir reprendre le rythme.

Encore une fois, je suis « coincé » dans un groupe, mais cette fois-ci, j’essaye d’attaquer constamment. Je reste souvent plusieurs minutes tout seul devant en me disant que je suis en train de les distancer, puis, à la faveur d’un virage ou d’une montée, je les vois me dépasser… C’est hyper frustrant, car je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont bien confortablement dans ma roue, même si je ne me retourne jamais pour le vérifier, je veux rester dans ma course.

Vers le 60ème, je commence à envisager la possibilité que je vais « craquer ». Je commence à regarder mon chrono pour savoir dans combien de temps j’arrive. J’ai fait mon 1er tour en 1h12 environ, et là je suis à 45min de mon 2ème tour. J’espère en avoir terminé dans 25 minutes. Je regarde de plus en plus mon chrono, et je vois avec soulagement marqué le km 70. Même si je craque maintenant, ce ne sera pas catastrophique. Mais je continue à appuyer fort sur les pédales jusqu’à la partie à peu près plate finale.

J’ai du mal à manger mes barres, et je suis à sec d’eau. J’ai pris une autre bouteille à un autre ravito, mais je me suis contenté de boire, je ne voulais pas refaire tout le mic mac pour transférer l’eau. Et mes barres donc, je les avais prédécoupées, et enlevées de leur sachet, pour ne pas avoir à me soucier d’avoir à les jeter à des zones désignées, mais du coup avec le soleil, elles ont un peu fondu et ont collé entre eux, et j’ai du mal à les prendre. Il faut vraiment que je sois plus organisé pour ça. J’ai quelques petits moments de faim, et je me dis que c’est pas très bon…

Là je me fais déposer par un mec que je n’ai jamais vu, qui doit venir de l’arrière, et pas très loin derrière dans sa roue, 2 compères que j’ai doublé il y a de ca plusieurs dizaines de minutes. Bon, ca me fait chier, je me dis qu’ils ont sans doute bien profité de mon « travail », mais c’est comme ca.

Je n’essaye pas de les accrocher. D’abord, il reste 5km, pas la peine de se faire trop mal, et de toutes façons, là ce serait du drafting caractérisé, sans la moindre excuse possible. Je reste donc sur mon rythme soutenu depuis le départ, et finalement je ne perds pas grand chose sur le petit groupe de devant. Je vois que l’on revient sur un autre groupe encore devant, et la jonction entre les 2 groupes se fait un ou 2 km avant la rentrée au parc, moi quelques dizaines de mètres derrière. Je finis finalement dans le paquet à la faveur du ralentissement général à l’arrivée au parc.

Je suis content de poser le vélo premier du club. Pendant tout le 2nd tour, je m’attendais à voir Denis me repasser, mais j’ai finalement pu résister à son retour.

T2 se passe un peu mieux que T1, mais je perds quand même quelques précieuses secondes à enlever mon maillot manche courte, et surtout je mets mon vélo à l’envers, et un arbitre me demande de le remettre du bon sens…

Je pars quand même confiant sur la CAP, les copains et les parents m’annoncent encore dans les 30 premiers.

 

Le classement vélo prend à priori en compte T1 et T2.

Je sors donc du parc à la 27ème place, exactement comme avant le vélo. C’est la première fois pour moi que je ne gagne pas de place en vélo. Mais bon, avec une meilleure transition, ou si j’avais fait le forcing pour être premier du groupe à rentrer dans le parc, je gagnais 7 places (7 personnes sont dans les 30s devant moi).

Mon classement vélo (qui inclut T1 et T2 donc) est un peu décevant, je suis 32ème, soit un pire classement qu’en natation. C’est aussi la première fois que ça m’arrive. C’est d’autant plus surprenant pour moi que j’ai l’impression d’avoir quand même bien donné, voire trop sur le vélo. Mais bon, contrairement à Troyes où j’avais quand même un peu explosé sur les 10 derniers km, là j’ai réussi à tenir jusqu’au bout, ce qui veut dire que j’en avais quand même encore un peu dans la réserve ?

Pour les chiffres, ca donne donc environ 1h12 pour le 1er tour de 41km (34,1km/h), et 1h10min15s (35km/h) pour le 2ème tour. Chaque tour avait un dénivelé de 300m environ avec 5 bosses d’environ 1 ou 2 km chacun. Je suis satisfait de la moyenne, car le revêtement était pas terrible, les descentes un peu tortueuses, un peu de vent, et pas mal de relances. En gros c’était pas idéal pour faire une moyenne record. Ça n’a quand même pas empêché les meilleurs de me prendre plus de 13 min à vélo (soit 37km/h…).

En posant le vélo, j’étais donc plutôt content de moi, mais en regardant les classements, je suis quand même un peu déçu. Peut-être que finalement ma natation n’était pas si bonne que ça, c’est juste que le froid a du faire mal à beaucoup de monde, et j’en ai profité pour gratter une vingtaine de places, ce qui explique que mon classement nat soit tellement meilleur que mon classement vélo. Une autre explication pourrait venir du drafting que j’ai trouvé important sur cette course, mais bon, c’est un peu facile comme excuse, et je ne peux pas vraiment vérifier cela. Ou alors, tout simplement, il faut que je continue à faire des progrès à vélo !

 

Mais passons à la CAP. Je pars confiant donc. Même si j’ai bien donné en vélo, je n’ai pas « craqué » sur la fin comme j’avais pu le faire à Troyes l’année dernière ou en Afrique du Sud. Le plan était de retenir les chevaux sur les  7 premiers km, en partant à allure IM, voire un peu plus. Normalement 4’10/4’15 au km donc pendant 7km, jusqu’au sommet de la bosse, et ensuite 4’00/km jusqu’au bout, voire plus si je peux. Le parcours est censé être très lent, avec beaucoup de chemins de terre, de boue, de gravillons, de petites bosses, etc… 4’00/km n’était donc pas intrinsèquement hyper agressif comme objectif, mais la suite prouvera que c’était pas évident.

Je pars donc confiant, trop confiant sans doute, et j’ai du mal à caler mon allure. Je suis à 3’50/km, et je me fais déjà déposer par quelques coureurs. Je n’arrive pas à me dire de les laisser partir, et je continue à mon rythme en me disant : « ca va passer, je suis capable de tenir 3’50/km sur un half ! ». Mais le vélo (et peut être encore l’IM 6 semaines avant) ont laissé des traces, et je ne suis pas si facile. Je passe néanmoins le 1er km en 3’50’’, sur des chemins de terre, mais je ralentis vite et me dit qu’il faut que je passe en 4’10’’. Je ralentis progressivement : 3’58’’ au 2ème, 4’02’’ au 3ème, 4’08’’ au 4ème, et 4’03’’ au 5ème.

J’avais pas mal de monde autour de moi, des gars qui couraient à peu près à la même allure, voire un peu plus vite, et c’était difficile de me dire que j’allais les laisser partir devant. Ça ne m’a surement pas aidé à caler mon allure. En particulier je cours 2 ou 3km avec un gars à 10-20m devant. Je le vois s’arrêter pour se soulager… Et voilà, je passe devant. Quand je vous dit que ça paye d’apprendre à ne pas s’arrêter pour ces choses-là ! Finalement il restera longtemps derrière moi avant de « craquer » dans le 2ème tour, mais ne repassera jamais devant.

 

Selon le parcours sur internet, les 7 premiers km devaient être une longue montée tranquille vers le sommet situé environ 60m plus haut que le départ. En réalité, pendant 5km, c’est plus ou moins plat, avec quelques petits coups de cul. Je me demande quand est ce qu’on va monter, et je ne suis pas déçu. Ca intervient au 6ème km, et on se prend un mur (mon GPS indique 23m de dénivelé sur 130m, soit 18%. Ca me paraît correct. En plus, c’est sur un chemin de terre un peu boueux et glissant. Je cours sur la première partie un peu moins pentue, et je marche quasiment 1 minute, mais ça m’a paru beaucoup plus court que ca, peut être 20s. Comme quoi le temps défile quand on marche !

Mais je ne regrette pas. Je me serais cramé si j’avais couru (4’44’’ pour ce km difficile). Je peux relancer la machine sur le faux plat descendant, mais celui-ci est sur une route d’herbe, et il faut être vigilant. Arrive ensuite le passage dans le sous-bois, qui est très boueux, il faut esquiver les flaques et faire attention de ne pas glisser. Je n’ai pas pris mes trails mais je ne regrette pas. Je suis finalement plus à l’aise dans mes DS trainer. La deuxième montée arrive vite, mais elle est plus roulante et je la passe plus facilement (4’28 au km 7  quand même) avant de pouvoir relancer sur la descente (encore sur des chemins en herbe). Les 3 prochains km se passent en 4’05’’. On revient ensuite sur du plat un peu plus roulant, et la fin du 1er tour. Le 11ème et dernier km du 1er tour, je ralentis un peu, pourtant le revêtement est meilleur, mais on est maintenant sur le plat. Je vois tous les gars de Nanterre, Nicky et Christelle qui ont abandonné, et mes parents qui m’encouragent. Daniel me dit que je suis 17ème, que le 15ème est 30s devant et qu’ils sont cramés. Gillou me dit que le 10ème est 4 minutes devant.

Je ne bois pas beaucoup et je n’ai que 2 gels. J’ai pris le 1er au bout de 5km, et je prendrai le 2ème au bout de 13km environ. Comme sur le vélo, j’ai pas très bien géré l’alimentation et l’hydratation…

 

Je suis content d’avoir repris quelques places, mais je sens que je suis vidé et que je ne peux plus accélérer. A vrai dire, j’ai pensé abandonner à un moment, mais je me suis vite repris. J’essaye d’adopter un état d’esprit positif, mais j’ai du mal. Je fais un signe aux supporters comme quoi je suis vidé, mais ils ne veulent rien savoir et m’encouragent encore plus. Ca fait quand même du bien, ya pas à dire. Autant la 15ème place je me disais que c’était jouable, autant la 10ème je n’y croyais pas une seconde. Je suis maintenant dans mon 2ème tour, et j’essaye de limiter la casse. J’y arrive avec les km qui défilent entre 4’10’’ et 4’15’’. C’est pas terrible, mais suffisant pour continuer à remonter du monde. Au tout début de la CAP, j’avais en ligne de mire un gars de Versailles et un grand en blanc à coté, que j’ai dû me contraindre à laisser partir. J’espère maintenant les revoir, car j’ai l’impression que cette CAP fait mal à tout le monde, et que c’est peut être les 15 et 16ème qui « sont cramés devant » d’après coach Daniel. Je double un gars de Versailles, mais je suis pas sûr que ce soit lui, il y a maintenant des personnes qui font leur 1er tour. Un peu plus loin, plus de doute, c’est bien lui que je reprends. Il a l’air d’être à la peine et ne cherche pas à s’accrocher. J’ai en ligne de mire un autre gars qui est sans doute dans son 2ème tour, car son allure n’est pas trop mal. Je reviens 20m derrière lui juste avant la grosse bosse, et je le vois courir en montée. Je me dis que je vais perdre du temps en marchant, mais miracle, il marche avant moi, et je le double en marchant dans la montée, car j’essaye d’adapter une allure de trailer, avec mains sur les genoux et grande fréquence.

 

Je relance la machine, et bizarrement, ça va un peu mieux. J’ai l’impression que je trouve un second souffle. Sur la seconde montée, j’aperçois un gars de Nantes avec marqué « Anthony » sur sa trifonction, et il me semblait me souvenir que je l’avais vu dans la start liste de l’AfSud et l’avoir doublé en CAP là-bas. Je le double en lui demandant s’il était en AfSud, et il me répond oui, mais j’ai l’impression qu’il est en grande souffrance. Finalement, il terminera à peine 1m20 derrière moi. Sur la descente, j’aperçois un grand en blanc, et je me dis que ça doit être le gars qui m’a doublé un peu avant. J’arrive à recoller juste avant la dernière grande descente bien pentue, à 2km de l’arrivée. Mais sur le plat, il relance, et je ne trouve pas les ressources pour rester derrière lui. Je suis encore à 4’10’’ et je n’arrive pas à accélérer. Je compte les minutes qu’il me reste à courir, je suis pas très bien en point. Quand j’aperçois l’arrivée, je me dis que je vais quand même me battre jusqu’au bout. J’allonge ma foulée pour revenir sur lui, chose faite, mais c’est plus dur que prévu de combler 50m en 200m et j’ai laissé beaucoup d’énergie… J’essaye de le dépasser à 100m de la ligne, mais il réagit bien. Un dernier virage en épingle à cheveux à 20m de la ligne, il relance plus fort que moi, et je baisse les bras. On m’annonce 12ème. Malgré ma débauche d’énergie, mon dernier km ne se fait qu’en 3’54’’.

 

Mes parents me félicitent à l’arrivée, et je vais direct au buffet pour me refaire une santé.

La prochaine heure et quelques fut super, à attendre puis discuter avec tous les autres gars de Nanterre, sous le soleil et la chaleur, à boire et manger à satiété, à échanger nos sensations et se chambrer aussi un peu (faut bien !)

 

Concernant la CAP, je fais environ 1h32m20s pour 22,2km au GPS, donc environ 22km réel. J’ai un peu de doute sur le dénivelé réel, mais sans doute entre 110 et 130 mètres. Soit 14,3 km/h. Ça me donne le 6ème temps en CAP, à tout de même 7m10 du meilleur temps CAP, mais il a mis 2’15’’ à tout le monde. Je ne suis par exemple qu’à 2’20’’ du 3ème temps.

Je reste quand même déçu de ma course à pied. Je n’ai pas réussi à suivre les consignes, et surtout je n’ai pas réussi à tenir mon allure fixée. J’aurai aimé gagné 10s par km après les 4 premiers, soit 3 minutes en tout.

Pour expliquer cette relative défaillance, j’ai plein de petites excuses, mais pas vraiment d’explications flagrantes. En vrac, fatigue post IM peut être pas complètement évacuée, trop donné sur la 2ème boucle en vélo, problème d’hydratation, alimentation…

La bonne nouvelle, c’est que j’ai senti que c’était dur au bout de 2 ou 3km, et j’ai réussi à garder une moyenne de 14km/h pendant plus d’une heure, sans vraiment dériver en vitesse.

 

Au final, 12ème donc, à 15 minutes du 1er, ce qui n’est pas si mal. Le 1er a survolé la course (il fait 145ème à Hawaii 2011, podium en GA). Les autres sont 5 minutes derrière. Je suis donc à 10 minutes du podium. Cela reste assez éloigné, mais avec des progrès en vélo et natation, et une course à pied à un meilleur niveau, j’espère m’en rapprocher encore.

 

Merci à tous les supporters de Nanterre, ça faisait bien plaisir de vous voir mais surtout de vous entendre. Merci aussi pour les photos.

Même si cette course n’était pas un objectif majeur de la saison, je suis content d’y avoir participé avec le club, et d’avoir réussi une course solide. Avec chaque course, il faut continuer à apprendre, et je pense que cette course m’a servi.

 

Les prochaines courses seront 1 sprint à Vernon (j'ai décidé d'annuler les 2 autres pour des raisons diverses et variées) dans les prochaines semaines, un CD à Annecy pour une dernière répétition avant le premier objectif de la saison : l’half Altriman en juillet.

 

 

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