Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 09:00

Un podium en Bretagne

 

 

les resultats ici

 

 

Lever 5h du mat… On va dire que ca m’habitue pour les départs Iron Man mais c’est dur quand même !

J’arrive sur le site 3h plus tard, il fait encore frais, et même si le village de St Aubin est sympa, cela n’ivite pas trop à la pratique du triathlon.

Mais bon, est quand même venu pour ça, alors on fait avec. Après avoir récupéré le dossard et tout préparé, j’enfourche la bête pour un peu de reconnaissance et d’échauffement. Un bénévole m’a prévenu qu’il y avait un beau « coup de cul » de 15% sur 100-200m à passer. Mais mon timing est trop limite, je dois faire demi-tour avant d’y arriver. J’aurai au moins réussi à bien régler le dérailleur pendant cette petite reco. Avec 15% de prévu, je suis content d’avoir monté ma cassette 11-28. Je me rends compte que le parcours n’est pas du tout plat et que la 1ère descente est un peu dangereuse : pas mal de nid de poule à éviter, heureusement très bien signalés sur la route. En tout cas, le vélo, en 4 boucles, me paraît beaucoup moins roulant que ce que j’avais prévu.

 

Je retrouve Willy dans le parc à vélos : il est en petite forme suite à de gros entrainements et une crève récalcitrante. On débat sur la tenue cycliste approprié : lui a prévu de se couvrir, moi je suis décidé à partir en trifonction :elle sèche très vite et est très près du corps, j’ai l’impression qu’elle me tiendra suffisamment chaud, et je veux tester pour voir si ca passe.

Après le petit coup de stress et un echauf éclair à pied quand je me suis rendu compte que j’avais juste oublié ma combi dans la voiture, je l’enfile et on part pour le départ. Je m’échauffe un peu à l’extérieur et essaye de demander le sens du parcours et par où on commence. Tout le monde est perdu, même les arbitres, et on se met à l’eau comme on peut entre les ronces, et je peux nager 100-200m pour finir l’échauffement. C’est bon, je suis chaud !

L’étang est petit et je me souviens plus combien de tours on doit faire… Bon, je verrai bien, je me dis, j’ai pas l’intention d’être devant, je suivrai.

 

Petit cafouillage au départ, je n’arrive pas à attraper la rubalise dans l’eau pour la passer derrière moi. Certains ne s’étaient pas embetés et l’avaient fait avant le départ. Heureusement, on n’est pas nombreux et ceux derrière moi ne sont pas nerveux et ne me montent pas dessus pour me punir des 1-2 secondes de perdues, finalement sans conséquences.

Le plan prévu par coach Nick est d’apprendre de des erreurs : lors de ma dernière compet, j’avais trop donné en natation, et j’étais sorti de l’eau avec le cœur à fond et j’ai eu du mal à m’en remettre. Là, j’ai une consigne de ne pas dépasser 155bpm à la sortie de l’eau. J’ai pas le Garmin avec moi pour vérifier, mais je me dis qu’il faut que je sois à l’aise mais pas trop, dans l’eau !

 

Je pars quand même vite, pour me placer dans un bon groupe. On est peu nombreux, le niveau n’est pas très dense, et je me retrouve à nager dans un petit groupe à l’approche de la 1ère bouée après 200m. C’est quand même un peu le bordel et je me prends un coup sur le menton qui me sonne un peu, mais heureusement sans gravité. Ca me rappelle quand même qu’en natation, il faut faire très attention…

Maintenant que les groupes sont faits, j’essaye de me caler dans l’allure visée, et j’espère que ca me permettra de rester avec le groupe. Je nage néanmoins en 2 temps, car je me sens désorienté quand j’essaye de passer en 3 temps.

Un gars nage juste à côté de moi à droite et on a 2 gars devant nous. Le gars prendra l’intérieur de tous les virages et à chaque fois, cela me fait perdre 1-2 longueurs, que je dois reprendre. Mais ca me rassure d’être dans la zone fixée : je recolle sans problème. On finit un 1er tour, et mes lunettes sont pleines de buées, c’est difficile de voir et je me dis que si je quitte le groupe, je serai perdu. Je n’ai pas l’impression de nager droit ; je ne sais pas si c’est moi ou les autres, mais je me retrouve souvent 1m à gauche ou à droite, ou à téléscoper le nageur à droite.

Mais bon, dans l’ensemble, ca passe bien. La sortie est à la moitié du tour. On a déjà fait 2 tours complet, et je commence à espérer qu’il n’y a que 2,5 tours, et pas 3,5, car je commence à me dire que je fatigue. Lors d’une ligne droite, les 2 devant me prennent quelques longueurs d’avance. Je décide de ne pas accélérer, quitte à les laisser partir, pour ne pas me griller. Je m’applique et à ma grande surprise, je recolle, sans faire plus d’efforts.

Peut être y a-t-il eu un petit coup de bluff et une accélération puis un retour au calme, je sais pas.

Je vois les gars sortir devant moi, ouf, c’est bien 2,5 tours ! Je devais quand même être un peu au dessus de la cible, car je suis content de sortir. On m’annonce 8ème. Je suis moins surpris que les autres fois, je commence à m’habituer à sortir de l’eau en bonne position.

J’arrive à mon emplacement, Willy est là, con emplacement est juste à coté. Il est prêt à partir. Je lui demande s’il est sorti en tête, mais non, 2ème. Il a pris le temps de se couvrir et part en me disant « à tout à l’heure ». Je fais une transition « normale » de mon point de vue, mais elle est pas mal comparée aux utres car je repars 3ème ! En fait on était dans un groupe de chasse dans l’eau, et entre la 3ème et 10ème place c’était bien serré, mais j’ai grillé tout le monde lors de la transition. Ma relative fraicheur en sortant de l’eau a du m’aider. Mais bon, je ne sais pas que je suis 3ème. Je me fais doubler rapidement pendant que j’enfile mes chaussures sur le vélo. Il y a du mieux mais c’est pas encore ça. Je me fais doubler encore après 1 ou 2km par un gars en rouge, puis après encore quelques km, j’apercois Willy devant. Sur le vélo, j’ai eu froid pendant 1 minute environ, le temps de sécher, puis nickel, aucun problème ! Je prends du temps pour revenir sur Willy mais je vois que je reviens petit à petit. Je reviens aussi sur le 1er qui m’a doublé. Quand je passe Willy, un petit mot d’encouragement et mui me dit « quand tu passes les 2 devant, tu seras 2ème ! ». C’est là que je comprends que je suis bien placé. J’arrive à en doubler un et je garde le rouge en ligne de mire, sans parvenir à revenir, mais sans perdre non plus. Le parcours est plein de « toboggans ». En fait, il y a peu de plat mais pas mal de petites montées et descentes. Ça permet de relâcher assez souvent la position de triathlon et de se mettre sur les cocottes ou en danseuse.

 

Arrive le fameux mur au 12èmekm, mais avant cela, la descente, tellement pentue qu’on ne voit pas le bas quand on s’engage. Je freine des 2 mains, et même si le virage en bout de descente est très peu marquée, je ne prends aucun risque. Ca me prendra les 4 tours du circuit pour m’y habituer. Tout de suite après la descente, la bosse, en 2 temps : un 1er où on peut passer pas trop mal sur la vitesse de la descente et une 2ème où je mets le 39-29 et j’appuie fort sur les pédales pour rester à 10km/h. Ca grimpe sec, effectivement sur 150-200m environ. Suffisamment longtemps pour que ça pique et qu’on s’essouffle. D’ailleurs, sur les tours suivants, quand je rattrape ceux qui ont un tour de retard, certains mettent pied à terre et poussent le vélo dans la bosse.

Je me fais doubler coup sur coup par 2 bolides avec roue pleine (comme moi).

Impossible de s’accrocher, il y a un bel écart de niveau. Le gars en rouge arrive à s’accrocher et je les vois s’éloigner très vite. En quelques minutes, je ne vois plus personne devant. Je suis alors 5ème.

 

Ce sera l début de l’aventure solitaire : je ne verrai plus personne jusqu’au 3ème tour où je rattrape la queue de peloton. Mais le parcours est très varié et nous oblige à être vigilant : virages avec gravillons, descente, montée, relance, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

En plus, la consigne était de ne pas regarder les watts, et faire le meilleur vélo possible, comme si je ne devais pas courir derrière.

Le passage au centre-ville est très sympa : c’est un peu en montée, avec quelques virages, donc on ne passe pas à toute blinde, les gens sont nombreux et nous encouragent beaucoup. Yen a un à chaque tour qui nous pousse avec des « allez gamin ! on y va là ! on relance ! C’est bien ce que tu fais ! ». Et ça marche ! On relance à bloc, on se fait plaisir ! Vers la moitié du 4ème et dernier tour, surprise, j’aperçois du rouge devant… Je reviens assez vite sur lui, et je reconnais le loustic du début de course. Il va bien moins vite qu’au début. Moi j’ai été plutôt régulier et je regardais ma montre à chaque tour, et j’étais à 15-20s près sur le même chrono à chaque fois, même si j’espérais accélérer au fil des tours…

Je le passe avec 6-7km à faire. J’avais prévu de lever le pied à 5km du but pour pouvoir quand même courir, et malgré cela, il ne revient pas sur moi et je pose 4ème après un petit cafouillage à l’arrivée : j’essaie de crier pour qu’on m’indique où tourner pour l’arrivée vélo, mais au dernier moment, les arbitres me disent de m’arrêter. Je vois la ligne juste devant moi. En fait, il n’y avait pas à tourner, juste à s’arrêter ! J’ai été trompé par le marquage du XS du matin, où il y avait une flèche pour l’arrivée vélo, et je cherchais la même pour nous.

Bref, je m’arrête net, mais je mords quand même d’un bon mètre sur la ligne. Je descends du vélo et les arbitres n’ont pas l’air de vouloir me pénaliser… Je ne demande pas mon reste et part vers le parc à vélo.

Le speaker tient son rôle d’amuseur public : il comment mes gestes lors de la transition : « Benjamin très concentré, il a un beau casque profilé. Il boit un peu, il a raison, il va faire chaud. Ah, il a pris des lacets élastiques, c’est un malin ! Et le voilà parti ! ». C’était plutôt drôle et sympa !

 

Je fais le 7ème temps vélo. J’étais plutot content de mon vélo (environ 35,5km/h), mais à la lecture des résultats, je vois que les 2 meilleurs me mettent 10 minutes en vélo ! Ça fait mal.

 

Je pars donc 4ème, je n’ai aucune idée des écarts avec les 1ers. Il y a 3 tours, le parcours est plutôt typé trail, avec un petit peu mais pas trop de dénivelé, surtout des passages en forêt avec pas mal de petites relances.

Le parcours est plutôt bien indiqué, mais au bout de 3-4km, je m’aperçois qu’il n’y a plus de flèche ni de rubalise. Je me doute que j’ai dû me tromper, je m’énerve, j’hésite à faire demi-tour mais heureusement je vois un stand de ravito à gauche. Je bifurque vers celui-ci, et les dames me disent que j’arrive du sens opposé des autres. Et merde ! Je leur demande s’ils sont passé il y a longtemps, j’hésite sur quoi faire, et puis finalement je leur demande dans quel sens repartir et j’y vais. Je me dis que j’ai pas du beaucoup couper le parcours, et que je verrai au 2ème tour où je me suis trompé et je verrai le chemin jusqu’au ravito, je pourrai savoir environ combien de temps j’ai gagné (ou perdu) en coupant, et si cela change quelque chose au classement, me dénoncer. Je cours à allure « normale ». je sens que c’est pas un grand jour (normal, j’ai tout donné à vélo) mais que ce n’est pas la cata non plus. Difficile de se juger par l’allure, car le parcours est vraiment pas rapide, je tourne aux alentours de 4m15/km.

A la fin du 1er tour, j’aperçois le 3ème, et je reviens sur lui petit à petit. J’entends le speaker annoncer le 3ème, puis il m’annonce moi en disant « ah, on voit la différence de foulée, nul doute qu’il va avaler le 3ème dans quelques instants », ça me rassure, et effectivement, 500m plus loin, je double le 3ème assez facilement.

Il y a un peu plus de monde sur le 2ème tour (ceux qui ont un tour de retard), et je fais hyper gaffe au tracé pour ne pas me retromper et essayer de voir là où je me suis planté. J’aperçois à un moment une grosse branche mise en travers de la route, et un virage à gauche, mais indiqué après le virage, c’est à dire que la flèche n’était pas mise avant le virage, de sorte qu’on soit prévenu de tourner à gauche, mais 1 mètre après le virage. Je reconnais l’endroit où je me suis planté au 1er tour. S’ils ont mis une grosse branche en travers, c’est que je suis pas le seul à m’être trompé, ça me rassure un peu, même si d’après les bénévoles au ravito, les 3 premier devant moi arrivaient du bon côté, donc ne se sont pas plantés. Je m’aperçois qu’il y a très peu de temps entre l’embranchement incriminé et le ravito, j’ai dû gagner 30s-1min au maximum. On verra à l’arrivée si cela a un impact.

Je continue mon bonhomme de chemin, ça devient plus dur, mais je craque pas encore, à la différence du 2nd, que je rattrape vers la fin du 2ème tour, il est complètement à l’arrêt. Je lui demande si le 1er est proche, et il me dit que c’est mort, qu’il est loin. Tant pis, je continue, mais je me soucie plus de derrière que devant. Le dernier tour est compliqué, les derniers km aussi, c’est normal, mais je termine enfin.

 

Le 3ème n’est pas loin, 1m30 derrière. Suffisamment loin pour que mon coupage de parcours n’ait pas d’incidence. Mais il s’arrête à quelques lignes de la mètre. En fait, lui aussi explique qu’il a coupé et décide de s’octroyer une pénalité d’1m30 pour cela. Finalement, pressé par ses supporters sur le bord, il coupera la ligne avec une minute et quelques secondes de plus, une 20aine de secondes avant le 4ème. Bon, donc, j’étais largement bon pour la 2ème place, ça me conforte dans mon choix de ne pas m’être « dénoncé » aux arbitres. Sur l’application stricte des règles, j’aurai dû être déclassé, mais pour cette fois, je pense que l’équité sportive a été respecté (autant que possible). Sur une course plus importante, le DSQ aurait sans doute été de mise, mais le fléchage peut être meilleur également.

 

Le premier était effectivement bien loin, 10 minutes devant. Je termine avec le 2ème temps CAP, sans creuser de gros écarts, mais en ayant beaucoup donné à vélo c’est rassurant, et preuve une nouvelle fois qu’en général, je ne « craque » jamais complètement en CAP. La CAP est quand même très loin d’être rapide, aux alentours de 4m25/4m30 par km. Il faudra faire mieux à Cublize.

Partager cet article

Repost 0
Published by benji-triathlon - dans CR complet
commenter cet article

commentaires