Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 juillet 2013 6 13 /07 /juillet /2013 08:30

Les résultats complets sont ici

 

 

Comme dans un rêve !

 

 

Nous y voilà donc : le 1er objectif de ma saison : l’half altriman. C’est la 1ère fois que j’organise vraiment ma saison autour d’un objectif. Les 3 saisons précédentes, j’accumulais les courses mais n’affinait pas forcément ma prépa pour arriver en top forme pour une course en particulier (hormis Roth 2012), et je faisais tout à fond.

J’aimais bien, mais cette saison, on (avec coach Nick) a décidé de privilégier une ou 2 courses (half altriman en juillet donc, et half Ironbask en septembre) comme objectifs principaux, les autres courses devant servir de préparation.

J’ai donc été un peu frustré de mes 1ères courses, car à chaque fois je sentais que je pouvais faire mieux. Des fois c’était la CAP qui coincait (Afsud, Vendome), d’autres fois le vélo où je pensais m’être trop retenu (Annecy, Vernon).

J’espérais donc qu’en ce 13 juillet, j’arriverai à sortir une bonne course, comme j’espérais en être capable, et valider le choix de privilégier cette course.

 

J’abordais donc la course avec pas mal de stress. Je me suis préparé pour cette course, avec tous les sacrifices que ça requiert, et dans ma tête, je n’ai pas le droit à l’erreur. Erreur humaine qui me concerne, mais aussi erreur mécanique, qui est en partie hors de mon contrôle. Depuis ma casse de chaine à Carca 2012, j’ai toujours peur que mon vélo me joue des tours.

D’autant plus que mon vélo fait des bruits bizarres depuis une semaine, que je n’ai pas réussi à identifier.

J’arrive à Matemale le jeudi matin, après un périple train/train d’altitude/navette de plus de 15 heures. 2 jours avant la course donc, pour essayer de m’habituer à l’altitude (1500m), selon les bons conseils de coach. Après un petit footing de remise en route et une sieste, je remonte le vélo et part vérifier qu’il fonctionne bien. Toujours ce bruit, comme un bruit de rayon, quand j’appuie sur les pédales. Les rayons ont pourtant l’air serré, mais je triture ma roue quand même, et bien sûr, je voile légèrement ma roue arrière. Déjà qu’elle avait un peu de jeu, maintenant je suis obligé de vraiment écarter les étriers de freins pour éviter que ça touche. Pour le freinage pas terrible donc. C’est pas comme si j’avais 2000m de D- à descendre samedi… Heureusement, la roue avant freine bien. Je décide d’arrêter de triturer la roue. Je partirai comme ça.

 

Pour arranger les choses, mon capteur de puissance ne marche plus. Mais je panique pas pour ça. Pour l’entrainement c’est super, mais pour les courses, je ne suis pas encore convaincu. Je me dis que je gérerai moi-même, sans doute que j’appuierai trop fort en montée, mais j’ai confiance en moi. A la limite, je suis plus déçu de pas l’avoir pour pouvoir voir après la course ma puissance développée, car j’espère bien exploser mes records !

Le vendredi matin, petit plouf matinal de prévu dans le lac. Il fait trop beau, le paysage est magnifique, le lac aussi. J’ai eu du mal à me motiver le matin, et quand un mec m’a dit que la baignade était interdite, j’étais presque soulagé. Mais en fait la baignade est toute à fait permise, et une fois dans l’eau, je suis bien et nage une vingtaine de minutes en essayant de trouver des points de repère pour le lendemain.

 

L’après-midi sera passée à trouver un accès internet pour recevoir les derniers consignes/conseils de coach Nick, à mater le Tour de France avec une étape de plaine mythique, et 45min de vélo à faire pour faire chauffer le moteur en prévision du lendemain. Tout cela se goupille très mal, et je pars faire du vélo à 17h45, environ 15min après qu’une averse ait commencée. Comme mon créneau internet était bloqué à 19, je n’ai pas le loisir d’attendre la fin de l’averse. De toutes façons, il fait chaud, et les averses ne durent pas en montagne il paraît.

Finalement il a plu toute la sortie, j’ai même eu un peu de grêle, mais j’ai pris mon pied, seul sous la pluie, à grimper. C’est vraiment ce que je préfère, affronter la pente !

En descente, par contre, c’est la cata. Avec la pluie, mes freins sont à peine suffisants pour m’arrêter, et j’évite de prendre trop de vitesse… Si demain il pleut, ça va être très dur dans les descentes.

Je choppe les dernières consignes sur internet, je mange, et file me coucher, finalement très détendu. Maintenant ya plus rien à faire : c’est la course qui livrera le verdict !

 

Samedi matin, je pensais m’être pris largement assez de gras, mais le temps file, et j’ai le temps de ne faire que 5min de CAP pour me chauffer. Je cherche un vendeur de gels car je n’en ai pris que 5 et Nick m’a conseillé 3 sur la CAP et 4 en vélo, + quelques barres énergétiques. Pas trouvé de marchand, je décide donc d'en garder 3 pour la CAP, et de partir avec plus de barres sur le vélo pour remplacer les gels manquants. Elles sont plus difficiles à avaler en plein effort, mais tant pis.

Mon vélo est bien chargé. J’ai pris le kit anti-crevaison ++ : une bombe anti-crevaison, une pompe, et 2 chambres à air. Avec les barres énergétiques et les bidons en plus. Pour une course de montagne, c’est pénalisant, mais je n’ai pas pu me résoudre à prendre le risque de crever et d’abandonner.

Le temps file donc, et je m’aperçois que je ne vais pas pouvoir m’échauffer proprement en natation. Je prends le temps de bien enfiler ma combi, pour que les mouvements d’épaule soient le plus aisées possibles, et je tourne les bras pour me chauffer. L’épaule gauche bloque ! Et merde, ça recommence, cette saleté d’épaule, qui fait des siennes depuis quelques semaines. Ya quelque chose de coincé la dessous, qui fait surface de temps en temps !

J’essaye de « faire passer » et ca s’arrange un peu.

Je vais me placer sur la ligne de départ. Pour les halfs, en général, le niveau de natation est moins élevé que sur CD ou sprint, je décide donc de me positionner dans les 1ères positions. Le départ est sur la plage, mais a bouée à aller chercher est bien à gauche, du coup tout le monde veut se mettre à gauche.

Je suis néanmoins en bonne position. Le speaker fait le compte à rebours : 10-9-8… tout le monde avance petit à petit et les fauves se lâchent eux-mêmes entre 2 et 1… Je n’étais pas en reste et part avec la meute.

 

Natation

 

Le plan était de ne pas partir trop vite pour ne pas m’asphyxier (cf 1500m d’altitude) et faire l’effort aux 500m voire à la sortie à l’australienne pour chopper le bon groupe. Mais l’orga a supprimé la sortie à l’australienne. Moi ça me va, je préfère. Le départ est quand même rapide. Je m’extirpe très rapidement de la meute et je nage à bon rythme à côté d’un gars. Devant ils doivent pas être hyper nombreux, d’après ce que j’arrive à voir. Je me rappelle la consigne et me laisse reculer pour me mettre dans ses pieds. Je reste une peu, mais d’un coup ca accélère. J’essaye quelques secondes de suivre, mais on a fait à peine 200-300m, je vais pas tenir comme ça longtemps, et je suis déjà plus rapide que ce qu’avait prévu coach Nick. Je me laisse donc décrocher. Je me dis que je suis parti pour 1600m tout seul. Je mène en effet un groupe jusqu’à la 1ère bouée (environ 800m) mais ensuite le groupe se disloque et je trouve des pieds à prendre. Problème : le gars ne nage pas très droit. Je reste quand même derrière sauf quand c’est vraiment trop flagrant, et lui revient à chaque fois devant moi, preuve (selon moi) que je prends la bonne trajectoire. On arrive à la 2ème bouée (environ 1000m) mais le retour va être compliqué. On a le soleil de côté, on ne voit pas très bien, et les oriflammes qui délimitent la sortie de l’eau sont dans l’axe, on les voit très mal de loin. Heureusement, j’avais en tête la « géographie » des lieux et je m’oriente grâce aux voiles des bateaux à côté.

Sur ce retour, chacun prend sa propre direction, je nage seul, et on reforme le paquet à 200m de l’arrivée. Je suis devant, mais sur les 200 derniers mètres, je me fais doubler par 2-3 gars, sans que je cherche vraiment à préserver ma place. Je suis content de moi, je pense être dans les 20.

A l’entrée du parc, on m’annonce 9ème (en fait j’étais 10ème) !

J’hallucine. Ca veut dire que le groupe devant était à peine de 5-6 personnes et ensuite c’est notre groupe. Mon objectif était le top 10, c’est vraiment bien parti.

Je fais une transition éclair car je décide de partir direct sans trifonction. J’ai vu la veille que quand le soleil est là il faisait chaud, et là le soleil est bien présent. C’était le bon pari, je n’ai pas eu froid du tout. Je me sèche juste un peu le torse pour ne pas attraper froid dans les 1ers km et c’est parti !

Je sors du parc 6ème, mais ca je le sais pas. 4 places de gagnées en T1 !

10ème temps natation donc, en 28:31, et environ 3min de perdu sur le 1er, et 1min30 sur les 2/3/4ème. Cela confirme mes progrès dans cette discipline !

 

vélo

 

Je prends mon temps pour monter correctement sur mon vélo sans prendre de risques, et c’est parti. Juste à la sortie du parc, il y a environ 1km sur une route défoncée, mais quand je dis défoncée, c’est vraiment défoncée. Je m’accroche à mon guidon et là, j’assiste au saut désespéré dans le vide de mon bidon. Noooooooooon ! Décidément, il va falloir que je change de porte-bidons, car ça devient quasi systématique de perdre un bidon. Je ne m’arrête pas car j’ai encore un bidon et le 1er ravito est à 12km. Pas de manique, et enfin on arrive sur une vraie route, en faux plat descendant. La course peut vraiment commencer ! On arrive assez vite à la première difficulté, un gentil col en 2 parties : 3,7km à 5% que je gravis à 19,5km/h, 1km de faux plat descendant, et 2,3km à 6,5%, que je monte à 16km/h. J’essaye de rester en gestion, comme demandé dans les consignes de Nick, mais sans capteur de puissance, c’est facile de s’enflammer… Je double un gars, mais 2 autres me doublent, un gars de Pau, en rouge, et un du TUC (Toulouse) en jaune. On en reparlera… Ils s’éloignent lentement mais surement. J’appuie quand même pas mal sur les pédales, sans pour autant être à bloc. Mais si j’avais eu un capteur, je pense qu’il aurait dit que j’étais au-dessus de la limite fixée.

 

J’arrive en haut du col (col de la Llose, ça ne s’invente pas) en ayant accéléré un peu en me disant que j’aurai tout le descente de 15km pour récupérer. En haut, je choppe un bidon au ravito et je plonge dans la descente. Le gars au ravito m’annonce 7ème, mais j’ai du mal à y croire. En fait c’était vrai, je ne pensais pas avoir doublé 4 gars en T1.

La descente, c’est pas mon fort mais je fais de mon mieux. Je suis seul, et je me fais peur à 2-3 reprises. Les routes sont étroites, avec du gravillon, et les virages n’ont pas beaucoup de visibilité, donc si on prend en compte le risque qu’une voiture arrive en face, les virages sont très serrés. A mi-descente, je me fais rejoindre par un gars et tout de suite mon allure change. Je suis ses trajectoires. Je trouve que lui prend des risques, car si une voiture arrive en face… C’est chaud, mais je me dis que s’il passe, c’est qu’il n’y a pas de voitures, et je peux suivre sa trajectoire à 10-15m.

On double un gars qui est tellement au ralenti que je me demandais s’il faisait la course. Du coup j’ai failli perdre le contact du descendeur en restant bloqué un peu derrière le gars. J’ai vraiment trop hâte que la descente finisse. J’ai les cuisses tétanisées d’être constamment en prise dessus, je suis quasiment jamais assis sur ma selle.

Enfin, ca remonte, et c’est la grande difficulté du jour. 14km à 4,6%, et ca monte de plus en plus au fur et à mesure, pour finir sur 3km à 7%. Mes vitesses : 15,5 km/h sur les 3 derniers km, et 19,6km/h sur l’ensemble. Très légèrement mieux que sur le premier col donc, mais cette fois-ci cela durait bien plus longtemps.

 

La veille, j’avais reconnu le dernier km de la montée et la descente.

Sur le début de la montée, on joue au chat et à la souris avec le gars avec qui j’ai descendu (un coup c’était moi devant et lui qui chassait, puis l’inverse…), jusqu’à ce que je ne le vois plus sur un relais où j’ai du appuyer un peu plus fort. Je fais donc toute la montée tout seul, à mon rythme. J’essaye de sourire et remercier tous les gens et bénévoles qui m’encouragent et les bénévoles. Je sais que ca ne va pas durer (je parle de mes remerciements, pas des encouragements !).

 

Je n’ai plus beaucoup de souvenirs de cette montée. Sur un des virages en épinge, j’aperçois un gars en blanc en contrebas, on se sourit, et je me dis qu’il va me reprendre, mais finalement, non. Je me donne bien fort sur ce col où j’avais « permission » de mettre un peu plus de puissance.

La descente est plus courte et plus aisée, et ensuite le faux plat descendant où j’ai enfin l’avantage de mon vélo CLM et de mon casque aéro. Position aéro, 53x11, et on envoie ! Et oui ma nouvelle cassette va jusqu’à 28 (et heureusement) mais j’ai gagné aussi le 11, qui peut être utile de temps en temps.

Car oui, j’ai troqué mon 12-25 contre une 11-28. Dès la veille, en reconnaissance du col de Creu, je me suis dit que le 28 n’était pas de trop, et pendant la course, je n’ai pas eu à regretter ce choix !

 

Sur le long faux plat descendant, je sens que les jambes commencent à ressentir la fatigue. Il reste encore plus de 40 bornes, mais les dés sont jetés comme on dit. Le faux plat se termine par une vraie descente, et une nouvelle fois je perds du temps, jusqu’à ce que le gars en blanc me rattrappe, et je m’en sers pour améliorer mes trajectoires.

 

On arrive ensemble au bas de la dernière difficulté : une montée séche en 2 temps : 2,3km à 10%, 1km de descente, 4km à 7%. Avec des pics à 10-11% et des petits replats qui laissent penser que ca se termine avant de remonter quelques centaines de mètres plus loin ! Dès que tu penses que c’est fini, tu souffles, et c’est reparti. On reste ensemble quelques centaines de mètres, avec le gars qui m’a rattrapé dans la descente, et ensuite je pars devant, mais là je suis quasi à fond. Et ca n’en finit pas ! Ce sont vraiment les km les plus difficiles de la course. En plus, c’est le prix à payer d’être parmi les premiers, mais l’effort est vraiment solitaire, personne devant, personne derrière.

Les vitesses sont tout de suite moins impressionnantes: 12 km/h sur les 2,3km à 10% et les 4km à 7% à 14,5km/h. Bien que je ne l'ai pas trop senti sur le coup, j'ai clairement faibli sur cette portion: 1km/h de moins comparée à la meme pente de 7% sur la fin du col de Creu.

 

A une intersection, j’ai peur de me tromper et pendant 1 ou 2 minutes, je stresse de pas être sur la bonne route. Mais heureusement un arbitre en moto me double. Ouf, c’est bon !

C’est parti pour la dernière partie du vélo, le faux plat montant pour remonter au lac. Je continue à me mettre en position de CLM dès que je prends un peu de vitesse, malgré le bas du dos qui commence à tirer. Les 10 derniers km seront difficiles, et je regarde ma montre de plus en plus souvent pour les voir défiler.

 

Il commence à pleuvioter, mais il ne me reste que quelques minutes à vélo, je m’en fiche, et je n’ai toujours pas froid (ni chaud avec mon casque CLM d’ailleurs, autre risque que j’avais pris), et je me dis que le pari de la trifonction était vraiment gagnante.

 

A 3km de l’arrivé, un gars me passe en danseuse sur un faux plat montant avec un gros gros braquet, et je me dis : toi tu vas le payer dans quelques minutes ! Je fais les 3 derniers km quelques dizaines de mètres derrière lui. Enfin arrive la route défoncée, signe du dernier km. J’essaye de me relacher un peu, je suis content d’en avoir terminé, sans ennui mécanique, sans grosse défaillance. Mais j’ai peur d’en avoir trop laissé sur le vélo. Autant mes dernières courses je terminais un peu frustré le vélo, en me disant que j’aurai pu plus donner, autant là c’était le contraire.

Je fais une nouvelle transition éclair (3ème temps T2 !), et à la sortie du parc, on m’annonce 6ème. Je ne vois personne devant, je pense que j’ai doublé le gars juste devant.

Je suis effectivement 6ème à la sortie du parc, avec 3 gars à moins d’une minute derrière moi, et le 5ème près de 3 minutes devant.

 

Mon temps vélo : 3:16:13 pour 92,2km au compteur GPS, et environ 1900m de D+ et D-. Soit environ 28km/h. Sur un terrain aussi montagneux, c’est au-dessus de toutes mes espérances ! Je fais le 9ème temps vélo, et je ne perds « que » 10 minutes sur le 1er, et à peine 5 minutes à partir du 4ème. C’est très très satisfaisant, car j’avais pris la mauvaise habitude de perdre beaucoup de temps en vélo. Là, sur une épreuve taillée pour les grimpeurs, donc où je pense que des bons cyclistes ont du s’inscrire, je limite vraiment la casse.

 

CAP

 

A ce moment, je ne pense pas trop à mon classement. Mes jambes me font mal, je n’ai pas cette impression de facilité que j’ai l’habitude de ressentir lors des premiers hectomètres après T2.

Le plan de course était de se retenir pendant les 8 premiers km, sur plat, pour pouvoir être fort sur les 6km suivants, tous en montée, dont une rampe de 1km à 10% annoncé par l’orga. J’avais comme consigne de ne pas regarder mon allure, mais si nécessaire gérer aux pulsations.

 

Je me mets donc en rythme de croisière, mais je ne regarde pas mon allure. Heureusement, je pense que cela m’aurait miné le moral. Je tourne aux alentours de 4’15/km, donc assez loin de ce que je pense être capable de faire sur un half, mais le terrain est pas hyper roulant (chemin de foret, gravier), et le facteur altitude joue aussi. J’essaye de regarder mes pulses, mais la connexion déconne, je décide de ne plus regarder, tant pis, au feeling !

Au bout d’1,5km, je me fais doubler comme jamais je me suis fait doubler ! Aucune chance pour moi de l’accrocher. En fait, il m’a repris 45 secondes en 1,5km ! Un gars l’encourage et lui dit qu’il peut aller chercher la victoire. C’est sûr qu’à cette vitesse, tout est permis ! Moi ca me fait un coup au moral, j’ai perdu une place en CAP, mon point fort…

Les 7 premiers km sont en aller-retour, mon but avant la course était d’avoir moins de 7km de retard sur le 1er pour me permettre de me situer.

C’est largement gagné car je le croise après environ 2km. J’ai donc environ 3km de retard sur lui. Mais sur le coup, j’avais mal calculé, et je pensais avoir 5km de retard, et déjà je trouvais cela pas si mal. Le deuxième est juste derrière et a l’air de mieux courir.

 

Je croise ensuite un peu plus loin le duo du TUC et du gars de Pau. Le gars de TUC n’a pas une super foulée, je me dis qu’il y a moyen de le reprendre, mais le gars de Pau a l’air bien. Puis vient le 5ème, il a environ 1km d’avance. Au demi-tour, le gars qui vient de me doubler a déjà une bonne avance. Derrière, à environ une minute derrière, le gars qui d’avait doublé dans les derniers km en vélo. Finalement, il a l’air de pas trop souffrir des cuisses…

Je ne me fais pas trop de films, je ne pense pas trop au classement. De toutes façons, les 1ers me semblent trop loin pour espérer quoi que ce soir, et ma course à moi requiert toute mon attention et ma concentration.

Ca va un peu mieux, j’essaye de rester en dehors de la zone rouge. Sur toute la partie plate, j’ai gardé un rythme constant autour de 4’15/km.

 

Je vois que derrière moi, il y a un peu de monde, mais c’est pas hyper dense non plus. Je retrouve un peu ma foulée sur le retour, mais je me fais rattraper vers le 7ème km par le gars qui m’avait doublé en vélo. Ca me met un second coup au moral. 2 places de perdues, aucune de gagnée ! On échange quelques mots avec le gars (du club d’Albi apparemment). Il me dit qu’on va s’accrocher et finir ensemble. Je me dis que c’est beaucoup trop tôt pour dire ce et lui répond : « les 6 prochains km décideront ». Il me demande si ca monte ! Je lui dis que oui, et me reconcentre. J’essaye de rester avec lui. Il va un peu plus vite, mais c’est gérable.

A un moment, il se retourne plusieurs fois, et me dit : « les 2 espagnols derrière reviennent fort ». 3ème coup au moral. Déjà 2 m’ont doublé, et 2 autres se préparent  à revenir aussi. Je vais me retrouver 10ème !

 

Je profite que l’on soit seul avec aucun spectateur pour me délester de quelques centilitres liquides, en prévision de la montée qui nous attend… (c'est imagé, non ? )

Virage à droite, et la montée commence. Au loin, en haut, on voit le village des Angles, première étape dans notre montée. Ça commence sur une route de terre et cailloux. Ça monte pas trop fort, mais l’adhérence est vraiment mauvaise, et le gars d’Albi impose une bonne allure. Mais enfin, on aperçoit quelqu’un devant. On mettra quand même un bon moment pour enfin le doubler, au bout de 2km de montée environ.

On est maintenant en ville, sur du bitume, mais les montées s’enchainent. Je suis obligé de marcher quelques mètres sur l’une d’elles, mais je rattrape le gars d’Albi juste après.

Je sais plus à quel moment on a doublé le gars du TUC, mais à ce moment, l’effort était terrible, je réfléchissais plus trop.

 

En fait, la vraie montée ne durait « que » 4,5km environ, pour monter 250m (soit une moyenne de 5%, mais elle s’est faite en 4 montées, avec entre des petites descentes ou du plat. Ça permet de récupérer, mais la remontée est terrible après. Physiquement et mentalement aussi, car à chaque fois on se dit que c’est fini, mais ca repart. En particulier j’attendais avec appréhension le fameux km à 10% annoncé, et les premières rampes de la montée étaient si difficiles que je me disais que c’était là. Mais ces rampes étaient effectivement à 10%, mais que sur 200-300m.

On revient sur le gars de Pau qui n’a pas l’air bien et qui est obligé de marcher et de s’arrêter en fin de montée très pentue. Il s’arrête pour s’étirer ou remettre son genou en place. Ça me booste un peu, et je me dis que pour lui, c’est fini. Mais non, il s’accroche à notre train et on continue à 3. On est donc 4ème, 5ème, 6ème, roue dans roue, après presque 4h30 d’effort!

 

Je pense avoir terminé le plus difficile quand arrive le fameux km à 10% (en fait plus du 8-9%). Je reste avec le groupe au début, mais après je sens que je suis asphyxié et je marche, en m’efforçant d’aller le plus vite possible. J’alterne marche et course sur la montée. Je perds du terrain sur les 2, mais comme je cours plus vite qu’eux (quand je cours…), je limite la casse avec environ 50m de retard en haut. Je marchais à 6-7km/h et courais à 10-11km/h. Il reste environ 7km, avec un nouvel A/R sur faux plat descendant puis montant sur l’aller. Et donc le contraire sur le retour.

Je reviens facilement sur le gars de Pau car j’arrive à bien courir dans la descente alors que lui a l’air de plafonner. Je reviens également sur le gars d’Albi un peu plus loin.

Devant, on commence à apercevoir le 3ème (qui était en fait 1er de la course au début de la CAP, je lui ai repris 3km…). Je commence maintenant vraiment à cogiter au classement. Le gars d’Albi m’a l’air trop fort, mais je pense que derrière ca ne va pas revenir, ce qui me donne une place dans le top 5, ce qui était mon objectif « revé », le top 10 étant mon objectif « affiché » et qui me paraissait plus réaliste.

On revient donc sur le 3ème avant le demi-tour, dans la montée.

 

L’allure a sensiblement augmenté, on est à 16km/h sur le faux plat descendant (-2,5%) et en 4:50 sur la montée à 4%. C’est pas exceptionnel vous me direz, mais après tous nos efforts, on est vraiment en train de taquiner nos limites.

 

J’oubliais, il avait commencé à pleuvoir à torrents pendant le début de la montée en ville. C’était vraiment dantesque, des rivières coulaient dans les rues, on s’en prenait plein la tronche, on était trempé, mais moi ça ne m’a pas dérangé. Ma casquette vissé sur la tête, le regard vide, je ne pensais qu’à mettre un pied devant l’autre. Et comme il continuait à faire bon (ou alors la machine interne était bien montée en température) et donc je n’ai pas ressenti le froid, mais j’ai quand même eu une pensée pour les gars encore sur le vélo (et en particulier à tous ceux sur l’Altriman).

 

C’est peut-être pour ça que j’ai eu quelques crampes au mollet, alors que d’habitude j’en ai jamais à pied. Quand je les ai senti, pendant la montée, passée la surprise et le presque pétage de gueule, j’ai lutté pour les faire passer (c’était des petites) sans m’arrêter en me disant « je vais pas me faire emmerder maintenant par des crampes ! » Ca a à peu près marché, et elles ont bien voulu me laisser tranquilles jusqu’à la fin.

A cause de la pluie, par contre, j’ai failli me tordre la cheville sur un passage « anti-animal » (en gros des cylindres en métal où les sabots en peuvent pas passer) car il était recouvert d’eau et que je pensais que c’était juste une flaque. J’ai marché entre 2 cylindres, ma cheville a commencé à partir, mais j’ai pu me récupérer, je sais pas trop comment. J’ai pris note et fait attention sur le retour…

 

Je suis toujours derrière le gars d’Albi, on est 3ème et 4ème. Les 2 premiers sont loin devant. Le gars d’Albi m’a décramponné à plusieurs reprises dans les montées, mais je suis revenu à chaque fois, quasi toujours à la faveur d’une descente ou de plat.

 

On fait le demi-tour ensemble, et je prends les commandes et accélère sur le faux plat descendant. Je réfléchis pas trop, il reste environ 4km, de toutes façons je regarde plus ma montre, c’est maintenant qu’il faut tout donner !

Derrière, j’ai l’impression que ça coince, et j’aborde la dernière montée sans entendre les pas derrière.

 

Mon dieu que ce fut dur ! Une route en zig-zag, à chaque fois j’espérais voir la fin de la montée, et à chaque fois il y avait un nouveau virage. J’ai trop envie de marcher. Je jette un coup d’œil derrière pour voir si je peux me le permettre. Je ne vois personne. Je tourne un peu plus la tête pour regarder plus franchement… et mince, il n’est qu’à 50m derrière. Je me dis que je pourrai marcher, mais la pente n’est pas si forte, et il faut décourager le poursuivant. Je continue donc, sans vraiment reffléchir, et je me retourne plusieurs fois. J’ai l’impression que je m’échappe petit à petit, mais c’est pas flagrant !

Enfin j’arrive en haut de la montée (1,5km à 2,6% courus à 4:25 au km à 1700m d’altitude, après 5h d’effort, quand même !), je sais qu’il ne me reste plus qu’à descendre, et j’avais apercu pendant la montée le virage à gauche pour l’arrivée. Je me jette à corps perdu dans la descente, sans regarder en arrière, trop casse-gueule, mais j’ai peur que le gars revienne. J’ai l’impression que la descente dure une éternité (en fait 1,5km à -8% que je dévale à 18km/h, mais j’avais l’impression d’aller beaucoup plus vite !).

Enfin j’arrive. Ca y est, c’est bon je suis 3ème !

 

J’ai du mal à y croire mais le speaker confirme : « Benjamin Féraud à l’arrivée, il complète le podium ! »

Je pensais laisser exploser ma joie mais finalement je me contente d’écarter les bras. Je suis exténué. Depuis le 30ème km vélo, je suis à la limite de mes capacités, et là enfin je peux m’asseoir.

L’ambiance est tout mollasson, c’est un peu décevant, mais cette place de 3ème, dont je ne reviens toujours pas tellement ça semblait mal parti au début de la CAP, suffit amplement à mon bonheur.

 

En CAP, je signe le 5ème temps en 1:30:31 pour 20,7km au GPS, soit environ 20,5km réels. Ca fait du 13,6km/h, avec environ 360m de D+ et 230 de D-. Les 2 premiers à pied me prennent quand même presque 5 minutes, mais c’est pareil, je limite la casse, comparé aux 45 secondes de perdues en 1,5km en début du parcours. J’ai du terminer fort !

 

Je vais pas épiloguer trop longtemps sur ce résultat, mais c’est le résultat dont je suis le plus fier et le plus content depuis le début de ma carrière.

En regardant les gars que j’ai battu, je suis encore plus content. Le gars de Pau avait gagné le half de Carcassonne l’année dernière, il m’avait mis plus de 15minutes (en « imaginant » que je n’avais pas eu de casse). Le gars du TUC avait fait 3ème au CD de la Montagne Noire, et m’avait collé 8 minutes. Le 4ème s’est qualifié pour Hawaii à Nice en V1.

Alors, sans doute qu’ils n’étaient pas tous au top de leur forme (Nice 3 semaines avant), et que ce n’était peut-être pas un objectif pour eux, mais il n’empêche que la start-list était quand même de qualité.

Arriver à sortir une telle course alors que tout a été préparé en vue de cet objectif est encore plus satisfaisant. Ça veut dire que le travail avec coach Nick porte ses fruits, que les sacrifices de débuts de saison n’ont pas été vains, et que les courses de préparation m’ont bien servi de … préparation.

Ma saison est d’ores et déjà réussie, et je vais pouvoir décompresser (un peu) avec le sentiment du devoir accompli, et surtout aborder mes autres courses de la saison sans aucune pression !

 

Que de chemin parcouru depuis mon inscription à l’ESN, avec un genou en vrac, en octobre 2009 ! Un merci s’impose à tous mes coachs et compagnons d’entrainement de l’ES Nanterre (et autres !) pour m’avoir aidé à progresser pendant ces 4 ans (déjà!), tout ça dans la super ambiance de club. Merci donc !

 

Epilogue : Et les gels dans tout ça ? Et bien j’ai réussi à manger mes 3 gels comme prévu sur la CAP, mais ce fut dur. En plein effort comme ça ! J’ai hésité à prendre le dernier, mais je l’ai pris finalement au km 15 ou 16, et c’est peut être lui qui m’a donné l’énergie nécessaire pour accélérer à la fin.

Mais sur le vélo, j’ai regretté de ne pas avoir plus de gels. En plein col, c’est difficile de macher, respirer, avaler, respirer… La prochaine fois je le saurai.

Partager cet article

Repost 0
Published by benji-triathlon - dans CR complet
commenter cet article

commentaires