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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 10:00

Répétition Générale !

 

Je me présente à Lacanau plein de bonnes intentions. Depuis ma déconvenue au marathon en février, je me suis beaucoup entrainé et tout a l’air d’être en place dans les 3 sports : 7 semaines à 13h de moyenne et 2 semaines de stage à 33 et 35h (où je me suis fait plaisir à vélo : 650km et 9 300m de D+ au 1er, 700km et 10 400m de D+ au 2ème), soit presque 18h en moyenne sur les 9 dernières semaines ! Mais le dernier stage s’est terminé juste une semaine avant Lacanau, et j’ai quand même un peu continué la dernière semaine. Je ne pourrai pas arriver au top de ma forme à Lacanau (ce n’était pas le but), mais normalement j’ai les moyens de me faire plaisir, et j’espère d’en savoir un peu plus sur mes possibilités. J’ai l’impression que dans les 3 disciplines, tout s’est mis en place dans le dernier mois, c’est l’occasion rêvée de se tester grandeur nature. C'est mon 1er triathlon depuis presque 8 mois !
Difficile de se donner un objectif, mais j’ai comme consigne de ne pas me griller en nat, de tout donner à vélo sans penser à la suite, de partir comme je peux en CAP, et de faire le point à mi-course : soit je passe en mode ironman sur les derniers km si plus rien ne répond, soit de tout donner pour aller chercher une place si l’envie, la possibilité, la force et l’énergie sont là.
Les jours avant sont consacrés à regarder la météo, ils annoncent en alternance soit moche, soit pluie, et de toutes manières beaucoup de vent. Le matin de la course, pourtant, on dirait que le soleil est là et que le vent se fait discret. Cool, j’avais peur de pas pouvoir sortir la roue pleine, mais là c’est bon. Il y a un peu de vent, mais ça va passer.


Après un petit échauf à l’eau, pas aussi complet que ce que j’aurais du faire, me voilà sur la ligne de départ. On est environ 500 mecs et 100 filles. On demande aux mecs de se positionner sous l’arche, d’environ 10m de large, et les filles à coté à droite. Alors que la plage fait 200m de large…
Ça ne peut pas marcher… et ça ne marche pas ! Tous les mecs vont sur la droite, et se déportent de plus en plus pour former une ligne de départ de 50-100m de large. Certaines filles ne comprennent pas et demandent : mais pourquoi vous venez sur la droite ??? Je réponds : « ya un courant de malade sur la gauche, tout le monde veut partir le plus à droite possible. Si vous voulez être tranquille, allez à gauche ! ». Je me positionne sur la ligne de départ et ne suis pas trop surpris au coup de pistolet qui arrive un peu à l’improviste. Le départ est particulier : il y a peu de fond sur 50-100m et il faut réussir à courir en levant haut les jambes pour aller vite au départ. J’avais prévu ça la veille et fait un essai. Je mets en pratique et cours bien tant que je peux avant de faire quelques mouvements de dauphin (on se projette hors de l’eau vers l’avant en poussant fort sur les jambes et on rentre « en plongeant » dans l’eau avant de se relever et de recommencer : ça « copie » un peu le mouvement du dauphin, d’où son nom), et je me retrouve en 1ère ligne ! Bon, ça c’est fait, reste le plus dur. Avec le vent, l’eau du lac est plein de clapot, et le courant nous envoie vraiment sur la gauche. Les bouées sont minuscules, je ne les vois pas, avec mes lunettes embuées. Je m’étais fixé un repère avec des arbres en face, mais même en regardant toutes les 2 respis, je dévie constamment à gauche. Je me fais assez vite reprendre par un 1er groupe, que je n’arrive pas à accrocher. En fait, ils passent tous sur ma droite, et je n’arrive pas à me remettre dans le flux. J’essaie à un moment de prendre les pieds d’un gars, mais au bout de 30s, je l’avais déjà perdu, je sais toujours pas comment. Bref, la galère commence, elle durera 30min à ne pas arriver à voir où j’allais, à ne pas réussir à prendre des pieds.
Après la première bouée, le clapot et/ou le courant se calme, et j’arrive à poser un peu ma nage, mais ensuite ça repart, je me retrouve enfermé dans un petit groupe et je n’arrive pas à garder ma ligne, je n’arrête pas de rentrer dans les gens, et je finis par sortir. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu cette sensation d’anxiété dans l’eau, au milieu d’un groupe, à boire la tasse, à ne pas comprendre où je suis. Mais en sortant du groupe, je sors de la machine à laver, mais je reprends le clapot. Je ne vois même pas l’arche de sortie avant la toute fin, j’essaye juste de suivre le flux.
J’arrive enfin vers le bord, je me relève pour faire quelques mouvements de dauphin, mais j’ai peur de m’épuiser pour rien, et je me relève pour marcher. Un peu trop tôt sans doute, j’ai de l’eau au genou et marcher est difficile. Mais bon, tout le monde fait pareil, et je sors tant bien que mal, en essayant de ne pas tomber car la tête tourne un peu.


Très très mécontent de cette natation où je n’ai pris aucun plaisir et où j’ai eu l’impression de perdre beaucoup de temps. Pourtant, je n’étais pas asphyxié, j’étais juste complètement désorienté et je n’ai jamais réussi à nager propre, en contrôle.


Au final, je sors 33ème, bien loin de ce que je me disais avant la course (15-20ème), à presque 6min du vainqueur de l’an dernier, Fraysse, qui est très bon nageur. Au vu des résultats et des triathlètes que je connais, je pense que j’ai perdu finalement « que » environ une minute par rapport à mon niveau. Mais c’est frustrant car je pensais être un bon nageur d’eau libre et ces conditions difficiles auraient du m’avantager et il n’en fut rien.


Je fais une T1 qui me paraissait correcte, en contrôle, au moment où je l’ai fait, mais faut croire que j’étais trop en contrôle, car je perds beaucoup de temps, entre 30s et 1min, par rapport aux premiers. J’ai du mal à comprendre pourquoi.


A la sortie du parc, je « saute » sur mon vélo et essaye d’enfiler les chaussures qui tenaient par élastique, et c’est la cata. Je m’étais pas entrainé et ça se voit, je galère et mais trop de secondes à me relancer. Enfin je me mets en position, c’est parti pour 80km, j’espère un peu plus de 2h, en position contre-la-montre. A mon dernier stage, j’ai eu du mal à tenir cette position, à cause d’un mal de selle récalcitrant. C’est ballot pour le Frenchman vous me direz, c’est tout plat ! Effectivement, c’est pas terrible, mais c’est le premier test grandeur nature.
J’appuie fort dès les premières minutes, mais dès les premières minutes, je vois ceux devant s’éloigner et d’autres me doubler. A chaque fois qu’on me double, je me dis : « bon ça doit être un champion », mais au bout de 5 champions, je commence à me poser des questions. J’essaye de pas me griller quand même, mais les 20 premières minutes j’appuie plus que de raison.
Le parcours est sympa, le revêtement top, mais on est toujours en prise. Et oui, le plat c’est pas forcément plus facile, on peut jamais se relâcher. Le parcours est globalement en carré, et avec le vent on est parfois de côté, parfois de face, parfois de dos.
Sur une ligne droite, je sens que ça va vite et me dis qu’on doit être vent de dos. Un radar à 43km/h me le confirme. Mais après le prochain virage, on se prend le vent en pleine face. Enfin, peut-être qu’il était de ¾, mais on n’a aucun obstacle pour nous protéger, c’est dur ! Après analyse de mes données, j’étais quand même à 36km/h sur cette portion mais j’avais l’impression d’être à l’arrêt ! Je me dis qu’au prochain tour, il faudra faire attention à pas trop donner sur la ligne droite vent de dos, même si c’est grisant, pour en avoir assez pour la dernière ligne droite vent de face. Sur cette portion, j’ai du doubler un concurrent qui allait un poil plus vite que moi, quel effort à produire pour réussir à le doubler. Il faut pas prendre trop de temps pour doubler, sinon on risque le carton bleu pour drafting, ce qui fait qu’on est obligé d’appuyer encore plus pour le doubler en 30s environ. En me calant devant lui, je suis obligé de décélérer un peu, et j’ai peur qu’il me redouble illico, mais non, il reste derrière, et je peux me remettre à allure assez vite. Au bout d’une heure, je commence déjà à me dire que je suis parti trop vite et que j’arriverai jamais à tenir. En plus, on m’annonce 29ème, je suis loin par rapport à ce que j’espérais, et en plus en donnant tout ce que j’ai sur le vélo ! Bref, je suis pas optimiste… Je continue comme je peux ce deuxième tour. C’est difficile dans les jambes, je commence à souffrir de la selle et je dois me relever de plus en plus souvent pour soulager les points de pression, mais en plus les jambes, et en particulier les fessiers, commencent à me faire souffrir. A chaque coup de pédale, j’ai comme un coup dans la fesse. J’ai jamais eu ça. Peut-être c’est du à cette position que j’ai moins fait cette année à l’entrainement, et aux fessiers que j’ai donc moins sollicité. Je ne sais pas, mais là ils sont bien présents. Mais le 2ème tour avance, je ne craque toujours pas, et je reprends même petit à petit des concurrents. 28ème, 28ème, 26ème, 25ème. C’est bon pour la confiance. La grande ligne droite vent de face est épique. Je reprends 2-3 gars, je vois que devant ils n’arrivent plus à tenir la position et se relèvent. Pile ce qu’il ne faut pas faire vent de face. Je suis content d’avoir réussi à gérer mais il me tarde que ca arrive. Les 5 derniers km sont longs mais j’essaye de pas trop faiblir pour ne pas perdre tout le temps « gagné » dans le 2ème tour.
Sur les derniers mètres, je me fais reprendre par mon « co-entrainé par Nick » Philippe. Il commence à taper la discute, me dit qu’il a tout donné, qu’il est cuit ! Moi je lui dis surtout de passer, qu’on va se prendre un carton ! Il m’aura quand même repris 4m30 sur le vélo ! Je pose le vélo finalement 23ème et ressors de la T2 22ème, après une T2 très réussie (6ème temps, meilleur temps des 25 premiers au général), mais que je n’ai pas l’impression d’avoir mieux réussie que la T1. J’oublie quand même de prendre les 2 gels que j’avais prévu le matin, et que j’avais laissé sur le vélo, et qui m’ont pourri la vie à chaque fois que j’essayais de prendre des gums dans ma Bentobox.
 
A vélo, je fais 2h09 officiel, environ 38,2km/h, c’est pas mal avec le vent qu’il y avait je trouve, mais ça me place seulement 32ème temps. Je concède 10min au premier. Sur un parcours de 2h, ça commence à faire lourd quand même. Avec un vélo en 2h06-2h07, j’aurai été content, mais là, je suis loin derrière des concurrents que je ne pensais pas meilleurs que moi. C’est très frustrant, d’autant qu’une nouvelle fois, je n’ai pas géré cette partie, qu’est-ce que ça aurait été si je l’avais fait, j’aurai perdu 15min ! Bref, c’est comme ça, je pensais être meilleur que ça en vélo, la réalité me rattrape une nouvelle fois !
 
J’attaque la course à pied sans pression donc, je me dis que je suis loin, je vais essayer de courir bien relâché, bien propre, comme m’a demandé mon coach, et on verra bien. Je me dis que le top 10 est peut-être encore jouable, mais je n’en fais pas un objectif, je n’ai aucune idée de mon retard. Le premier km est très difficile, les fessiers me rappellent comme je les ai maltraité en vélo lors de chaque pas ; mais au bout de 5min, la douleur s’estompe et je peux courir sans gêne.


La course à pied se compose de 3 tours. En gros chaque tour est un A/R, avec l’aller vent de face et un revêtement difficile : herbe, sable, tapis sur le sable, ou sous-bois. Mais le retour se fait sur bitume (c’est pour moi ça !) vent de dos.


Je suis content quand je vois que le 1er km est fait en 4’01 malgré la difficulté. Le 2ème aussi, et le 3ème plus lent en 4m10. Je me dis que ca y est, je vais craquer, mais les 5 prochains passent en 3m52 de moyenne. Je finis donc ce 1er tour en 3m57/km environ. Et j’ai l’impression de pas être en sur-régime et de pouvoir continuer comme ça. J’avais comme consigne de faire le point à ce moment-là de la course : soit tout donner pour aller chercher le meilleur classement possible, soit ralentir et rentrer en mode IM. Je coupe la poire en 2 : je vais continuer sur ce rythme, qui n’est pas un rythme où je me fais péter le caisson, mais un rythme rapide où je reste en contrôle, et je vois où ça me mène. On m’annonce à la fin du 1er tour, entre 12ème et 15ème déjà, selon les personnes à côté de la route. Ça m’encourage à tenir pour aller chercher ce top 10, et aussi pour essayer d’enfin courir un half à plus de 15km/h, ce que je n’ai jamais fait, même si je pense en être largement capable. Sur ce 1er tour, j’ai effectivement dépassé quelques personnes, mais je pensais pas en avoir doublé autant pour me retrouver si proche du top 10.
Je double en particulier vers le 5ème km un gars que j’avais depuis le début en ligne de mire mais que j’avais du mal à reprendre. Il m’encourage quand je le dépasse et me dit que 2 gars sont devant. Je ne lui réponds pas, je suis resté dans ma bulle quasi toute la course à pieds (désolé pour tous les encouragements que j’ai reçu qui n’ont pas eu de remerciements, ni même de signe de reconnaissance…), mais je pense « je m’en fous de ces 2, c’est devant que je vise ! ».


Bref, ce premier tour est plaisant, il y a peu de monde sur le circuit, je sais que ça va être différent sur les 2 prochains tours, et je ne pourrai pas savoir à quelle place je me situe. Je croise Valentin à la fin de mon 1er tour qui part sur son 1er, et j’espère le rattraper avant la fin. Je double sur le début de mon 2ème tour 2 coéquipiers de la Tribu 64 que j’essaye d’encourager. C’est plus difficile de courir, il faut doubler souvent, faire attention à sa trajectoire, à là où on met les pieds. Mais mon rythme ne faiblit pas, je reste aux alentours de 15km/h. Le vent a encore forci et le début du 2ème tour on se le prend pleine face, je suis content de plus être sur le vélo !
Pas grand-chose à dire sur ce 2ème tour, j’essaye de guetter les coureurs qui ont un chouchou et je pense en doubler 2, mais j’arrête de regarder au bout d’un moment, on verra bien ! Au début du 3ème tour, j’entends une fille qui encourage un gars qui finit son 2ème tour en lui disant qu’il est dans le top 10. Je dois avoir 2-3min d’avance sur lui, ça a l’air de sentir bon pour le top 10.
Mais je reste sur mon bon rythme, sans essayer d’accélérer, en essayant de ne pas ralentir. Je commence à compter les km restants quand même, ça devient de plus en plus dur. J’arrive à doubler Val vers le 17ème km, puis j’ai en ligne de mire 2 autres membres de la Tribu, cela m’aide à continuer à bien courir. Quand je reprends Christophe, je sens que mes jambes commencent à moins bien répondre : comme des débuts de crampe, une difficulté motrice à bien enchainer les pas, une sensation qu’elles risquent de flancher à tout moment. Il reste 2-3km, et j’ai peur de devoir m’arrêter. Mais ca tient, et la ligne d’arrivée se rapproche. Je double Aurélie qui fait une super course vers le 20ème km, puis enfin je me permets d’accélérer un peu sur la fin.


Je passe la ligne d’arrivée et on m’annonce 6ème. Bon, une belle remontée donc, un peu inespéré.
Je finis loin (entre 13min et 14m30) des 3 premiers, mais pas si loin du 4ème et 5ème (2min et 3min). Dommage. Derrière, il y a un petit trou, 3m30 avec les 7ème et 8ème. Plutôt satisfait de ma course à pied, je fais un chouilla mieux que 15km/h, sur un parcours pas si facile que ça, et le 3ème temps. Mais bon, le 1er temps me colle 5min à pied. Un monde ! Derrière moi, le 4ème est à 2m30, j’ai également créé un petit écart. Avec l’effort que j’ai fait sur le vélo, c’est quand même plutôt pas mal, on va pas être trop gourmand.
 
Globalement, cette 6ème place est à peu près ce que je vaux je pense, mais la manière ne me convient pas. En nata, c’était catastrophique, et en vélo, je suis déçu d’être aussi loin. Je me rattrape à pied, comme d’habitude, et tant mieux que ce soit là où je suis le meilleur, car c’est dans cette discipline qu’on peut créer les plus gros écarts (surtout en Ironman), mais ça reste quand même frustrant de ne pas réussir à être meilleur dans les 2 autres disciplines.
 
Dans 3 semaines, le gros morceau, le Frenchman, où je viserai moins de 9h. Avant Lacanau, je me disais que ce ne serait pas si difficile, mais maintenant, je me rends compte que je n’irai pas aussi vite qu’espéré en vélo, et que chaque minute, voire chaque seconde, sera précieuse.
 

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Published by benji-triathlon
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