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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:30

Enfin le sub-34 !

 

résultats ici

 

On s’était laissé sur ma déception de ne pas avoir réussi le sub-34 aux 10km de Tournefeuille.

Trêve de suspense, j’ai ce WE réussi à passer cette barrière des 34min aux 10km d’Odos.

Pour ceux qui veulent plus de détails ou qui ont quelques minutes à perdre, retour en arrière :

 

Après Tournefeuille, ça a beaucoup cogité dans ma tête. Coach Nick me répète que le niveau que je montre à l’entrainement est celui d’un gars qui vaut 33m30-33m45 sur 10km, mais force est de constater que sur mes 2 dernières sorties, j’ai buté sur les 34min : 34m13 à Pau et 34m09 à Tournefeuille.

Bref, je doute. Odos arrive 2 semaines après Tournefeuille et le plan est d’arriver au top sur Odos. C’est dans cette optique que je m’étais pété les jambes sur le trail la Corruda une semaine avant Tournefeuille, et qui m’a vraisemblablement handicapé à Tournefeuille.

Je devais faire le run and bike d’Asson entre Tournefeuille et Odos avec Nicky, mais ce dernier est annulé, et je cherche, et trouve, une compet de remplacement à Tarbes, un 10km organisé par le CHU pour sensibiliser aux dons d’organe, les « ran’donneurs ». Mes parents sont là pour s’occuper des petits et Nicky peut donc faire sa course de reprise. De mon côté, j’hésite : soit je la fais à fond, et j’essaye de gagner, toujours agréable. Soit je la fais en entrainement, avec des exos de fractionné, qui devrait me permettre de terminer dans les 5-10 premiers (avec le risque de me prendre au jeu donc), soit je la fais avec Nicky en footing, soit je la fais pas… Au final, je me fais violence pour rester sage, je mise tout sur Odos, et je fais l’impasse sur cette course, je décide de la faire avec Nicky. Jusqu’au dernier moment, c’est difficile de me retenir, mais finalement je reste sage avec Nicky tout du long. On réussit à courir à presque 12km/h, et finalement je finis avec les jambes bien entamées et lourdes, cela m’a paru bien long ces 10km !

J’arrive à caser encore 2 belles séances mercredi et jeudi pour emmagasiner de la confiance, et arrive le WE. Samedi, super beau, j’ai envie d’aller travailler dans le jardin : enlever les ronces, les p@*%# de bambous, tondre, déplacer le bois de chauffage, scier ce bois, etc… (c’est passionnant, hein ?), mais pareil, j’essaye de ne pas trop forcer sur les jambes pour les préserver au max pour le lendemain. Tant pis, je resterai tranquille J.

Depuis quelques jours, le doute est revenu, et je n’arrive pas à avoir confiance en mes capacités. J’ai regardé le parcours, et ce que je pensais «roulant » ne l’est pas tout à fait. 40m de D+ d’après openrunner. A Tournefeuille, il n’y avait même pas 10m et pourtant j’avais eu l’impression que c’était pas tout plat… Je suis allé reconnaitre le parcours mercredi pour mettre toutes les chances de mon côté. Effectivement, ce n’est pas tout plat, mais c’est pas si mal : 1,4 premier km accidenté globalement montant (+15m environ), puis un long faux plat descendant (-25m) jusqu’au 6km environ, long faux plat descendant pour revenir (+25m) , et 1,2 derniers mètres accidenté globalement descendant (-12m environ). Aux 4,5 et 7km on traverse le pont au-dessus de l’A64. Ça parait rien mais c’est une belle bosse (8-10m de D+/D- sur 400-500 mètres) qui peut faire très mal quand on est déjà à bloc. Au final, la ligne d’arrivée est même un peu plus haute que le départ (de quelques mètres)

Pendant la reco, je ne ressens quasiment pas les faux plats descendants et montants. Ca me rassure, je me dis qu’il n’y a que la difficulté du début et les 2 ponts, c’est pas si mal.

Le plan de course est simple : ne pas partir trop vite pour ne pas se griller dès le 1er km, mais ensuite prendre une bonne vitesse grâce au faux plat descendant, puis tenir, tenir, tenir. Nico me donne une cible de 3’20/km à tenir sur la partie « plate ». Ca me redonne un peu confiance en mes capacités (pour rappel 3m24 à tenir pour 34min).

Le jour J, j’essaye de ne pas refaire les mêmes erreurs qu’à Tournefeuille : dernier repas 3h avant la course, lever 6h15 donc… Depuis 2 semaines et Tournefeuille, j’essaye de mettre toutes les chances de mon côté et j’ai fait encore plus gaffe que d’habitude à ce que je mange (et bois) pour essayer de perdre encore quelques centaines de grammes qui pourraient faire la différence entre 34m02 et 33m58… La veille, je me pèse à 66,8kg, je peux difficilement espérer mieux.

Bref, tout est en place, sauf la confiance. Le stress est bien présent, même si j’essaye de l’évacuer. C’est mon dernier 10km FFA de programmé. Si je loupe les 34min cette fois, j’aurai pas de 3ème chance, et pas sûr du tout que j’arrive à retrouver ce niveau dans les prochaines années. C’est peut-être la dernière occasion pour moi de pouvoir dire : j’ai couru en moins de 34min le 10km. On s’en fout, vous me direz. Certes, mais quand même.

J’arrive sur place 1h avant, juste à temps pour m’apercevoir que j’ai oublié ma montre… Bon, ça ne me gêne pas trop, on va faire cela à l’ancienne, tout aux sensations. Déjà à Tournefeuille, j’avais hésité à la faire aux sensations. Je suis juste déçu de pas avoir les données de vitesse et cardio pour analyser ensuite. Vous comprenez maintenant pourquoi l’introduction à la course est tellement longue, je pourrai pas vous assommer avec mes temps au km une fois la course commencée !

 

Nicky essaiera d’arriver à temps pour me donner la montre, mais on se loupe à quelques minutes, tant pis !

Départ première ligne, mais je me fais doubler comme prévu assez vite par 2 concurrents que j’avais remarqué sur la ligne, qui m’avaient collé une mine à Tournefeuille : on ne court pas la même course. Derrière, par contre, personne a l’air de se détacher. On arrive direct dans la première bosse, que j’essaye de passer « souple » tout en fréquence, et je passe assez vite en 8-10ème position. Je ne m’affole pas et je reprends un à un tous ceux partis devant dès que la route redevient à peu près plate, jusqu’à recoller au groupe pour la 3ème place au bout du premier km environ. On est 3. Pour l’instant, je suis relativement à l’aise, j’entends qu’à côté de moi, ça souffle fort mais ça court vite. J’essaye de passer le relais mais quand je passe ça accélère. Je reste derrière et dès que l’allure ralentit je pointe le bout de mon nez pour relancer l’allure (ce sera ça tout du long !). Tout au feeling. J’entends des pas lourds qui reviennent de l’arrière très vite, et j’ai du mal à comprendre, on est déjà au 2ème km, le gars a l’air de revenir de loin, au moins 50m, et rapidement. Il a loupé le départ ou quoi ? Il intègre notre groupe mais ne relance pas l’allure. On est 4, et on reste groupé jusqu’au premier pont. Le gars qui nous avait rejoint et un autre prennent du retard, on ne les reverra plus, et le gars qui reste prend quelques mètres d’avance, mais je bouche le trou sur la descente. On n’est plus que 2 et on continue à bonne allure. Je suis encore relativement bien quand on arrive à la partie retour et le faux plat montant. Comme à la reconnaissance, je ne sens pas trop le faux plat, mais à partir du 6ème km, ça commence à devenir difficile. Ca cogite un moment dans la tête, et j’ai l’impression d’aller vite, mais je n’ai aucune idée de notre allure : on est dans les temps ? à l’ouest ? en avance ? J’hésite à demander au collègue qui a une montre qui bippe tous les km et qui la regarde souvent, mais je suis déjà taquet compet’, le fait de parler serait un vrai effort que je n’ai pas envie de faire. On continue à courir ensemble, je suis plutôt derrière car quand j’essaye de passer, il relance l’allure. Je prends néanmoins quelques relais quand le rythme baisse trop. Je vois avec plaisir et soulagement que les km continuent à défiler et que je n’ai pas l’impression de craquer, même si c’est de plus en plus difficile. Le 7ème arrive, le dernier pont, je vois qu’un des 2 gars devant n’est pas si loin que ça, peut être une minute, et ça me donne un peu de confiance. Je me dis dans la tête que l’objectif est le 9ème km, et ensuite au mental ça passera. 8ème, toujours côte à côte, on s’accroche les coudes et les épaules de temps en temps, comme des débiles ! Je commence à penser à la 3èmeplace, mais l’objectif est ailleurs, le but est d’aller le plus vite possible, 3ème ou 4ème, on s’en fout. Arrive enfin le 9ème, mais c’est pas la fin ! On arrive sur la partie accidenté plutôt descendante. Petite montée à 500m de la ligne où j’ai peur de voir le gars accélérer, mais on monte au même rythme. J’entends Nicky m’encourager au même moment où je place mon attaque en haut de la montée (de là à dire que c’est elle qui a lancé mon attaque…). Dans ma tête il ne reste quasi rien, en descente en plus, donc je lâche les chevaux et je cours à grandes enjambées. Au bout de 10-15s, je doute de ma capacité à terminer sur ce rythme, et j’entends les pas du gars qui a l’air de revenir. Heureusement, j’aperçois l’arche d’arrivée, ça me rebooste et j’arrive à relancer et finir en sprintant, des fois que je sois pile en 34min ! J’ai assez de lucidité en arrivant pour repasser mon dossard devant dans les 100 derniers mètres pour que le chronométreur puisse le bipper (puce sur le dossard) avec sa raquette à la ligne d’arrivée, et je l’aide à bien prendre le dossard dès la ligne d’arrivée franchie. Un peu limite comme chronométrage pour un 10km officiel d’ailleurs je me dis, on peut perdre quelques secondes facile avec une mauvaise manip ou en cas d’arrivée groupée. Mon compagnon de course arrive quelques mètres derrière. Je le félicite et le remercie pour le train qu’il a mené, cela m’a vraiment aidé. Même s’il n’y avait pas de vent et que donc l’abri était relatif, c’est toujours une aide, au moins psychologique. Je pense que l’on s’est aidé mutuellement à faire le meilleur chrono possible. Après une minute à récupérer, je pose la question fatidique, fébrile, au gars :  « t’as couru en combien du coup ? ». Grosse montée de stress au moment où il me répond… 33m38 ! C’est ça qu’est bon, je dois être en 33m36 ou 33m37, le sub-34min est validé, et de belle manière ! Au final 33m35 officiel et 3ème place. Je me suis vraiment dépouillé sur cette course. Je pense c’est de loin la plus aboutie de ma carrière, où j’ai réussi physiquement et mentalement à garder le rythme tout du long. Je pense que ne pas avoir de montre m’a aidé à ne pas cogiter et à garder toute mon énergie mentale vers le but de tout compétiteur « va plus vite ! ». Mon partenaire de course me dit qu’on est passé aux 5km en 16m45 environ, donc on a été très régulier et finalement assez peu ralenti sur le retour. Ca fait la différence avec Tournefeuille où j’avais bien craqué à partir du 6ème.

 

Les gars devant étaient effectivement intouchables, 32m01 et 32m32. Le 2ème est un coureur connu dans la région, il m’avait pris 1m37 à Tournefeuille, et là il ne me prend donc que 1m03s. Cela confirme (exactement !) les 34s gagnées par rapport à mon chrono de Tournefeuille. Mais peut être également que le parcours de Tournefeuille n’était finalement pas si rapide que cela, étant donné qu’il fait le même temps. Quant au premier, il avait surclassé le semi à Tournefeuille en 1h10. De ne finir qu'à 1m30 de lui me donne de beaux espoirs pour mon semi de Boulogne.

 

J’avoue qu’avant la course, je m’étais dit que si ça passait pas, j’essaierai de faire un chrono seul sur 10 000m sur piste. Mais comme l’appétit vient en courant, je me demande si je ne devrais/pourrais pas essayer d’améliorer encore ce chrono.

En essayant d’être tout à fait honnête et transparent : certes le parcours n’est pas rapide au niveau dénivelé, et le gars avec qui j’ai couru m’a dit que sur un parcours plat, avec un tel effort, on pouvait envisager les 33m15, mais beaucoup de conditions étaient pour le coup très propices à un bon chrono : température fraiche idéale pour ne pas surchauffer, pas du tout de vent, un gars avec qui courir qui m’a poussé à me dépasser, un programme d’entrainement qui m’a permis d’arriver en forme le jour J (merci Nico), des efforts alimentaires sur les dernières semaines que je n’ai pas envie de reproduire trop souvent.

Bref, pas sur du tout que sur un parcours tout plat, j’arrive à sortir par la suite un meilleur chrono. Bien sûr je l’ai dans un coin de ma tête, et je comprends mieux maintenant l’obsession des coureurs de 10km route avec le chrono, et je regarderai dans les prochains jours si une opportunité se présente, mais normalement ma dernière course de la saison sera le semi-marathon de Boulogne. Contrairement aux 10km, je ne courrai qu’un semi, donc je ne pourrai pas me régler. Mes objectifs seront déclinés en 3 :

1.       Battre mon record (1h18). Normalement avec mon niveau actuel, cela devrait passer.

2.       Si possible, aller chercher le sub 1h16 qui était mon objectif en début de prépa.

3.       Si tout se passe bien aller chercher le sub 1h15 (3m33/km quand même…), synonyme de qualif aux championnats de France. Et pour moi une barre « mythique » qui est un objectif de carrière comme l’était le sub-34.

 

Bizarrement, je ressens plus du soulagement d’avoir cassé cette barre des 34 que de la joie ou de la fierté. C’est un peu dommage de me mettre autant la pression pour finalement être plus soulagé que content ! C’est comme ça, mais  j’espère que cette perf m’enlèvera de la pression pour la suite. J’espère faire quand même quelques autres petites courses dans le coin, sans pression chronométrique et avec comme objectifs le plaisir et la gagne !

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Published by benji-triathlon
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