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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:00

Premier petit trail "montagnard" et pluvieux

1 semaine après Baudreix, il aurait été sage de prendre un peu de repos. Mais j’avais aperçu depuis quelques jours des panneaux pour un trail de 15km pas très loin de chez moi, et j’ai eu envie de le faire. Comme la petite ne donnait toujours pas de signe de vouloir nous rejoindre, j’y suis allé !

Le coach m’avait prévenu pour la journée une natation en eau libre enchainée par 45min de course à pied bien punchy pour garder le rythme.

Je décidais d’adapter le programme en effectuant consciencieusement la natation dans le lac de Lourdes au petit matin (à l’eau à 7h !), et je traçais direct à Lestelle pour un départ du trail à 9h. J’arrivais 40min avant, le temps de payer, récupérer le dossard, et s’échauffer gentiment.

J’ai 15km de trail avec pas mal de dénivelé, et j’ai prévu d’inclure la séance prévue en course à pied : 8 fois 20 secondes très rapide, 2min rapide aux alentours de 3m30/km, 1m20 récup. Je comptais faire ces blocs une fois la course bien entamée et le Benji bien chaud. Au bout d’une vingtaine de minutes quoi. J’ai même prévu, suivant ma motivation, mon état de forme, et le déroulement de la course, de refaire une série de 8 après un peu de récup.

Il pleuviote au départ, les organisateurs sont un peu dégoutés de la météo. Moi ca ne me dérange pas, il fait pas froid, c’est déjà ça. Certains partent avec K-Way, veste, etc… je ne suis qu’en trifonction. J’ai appris que quand il pleut, finalement il vaut mieux avoir une trifonction saillante qui reste un peu sèche qu’une veste trempée qui colle à la peau.

On est une petite cinquantaine, et j’imagine que la gagne sera jouable, même en intégrant les exos.

Au départ, je ne me mets pas en première ligne car jusqu’au dernier moment je programme ma montre pour bipper aux 20s/2min/1m20 des exos, et comme ce n’est vraiment pas dense je pourrai remonter facilement.

Et c’est parti ! Pour une fois, cela part vraiment pépère, je suis vraiment surpris ! J’imagine que les 1200m de dénivelé doivent faire peur à tout le monde ! Je remonte très rapidement, et je dors du peloton, le premier est 15mètres devant. Je le rejoins assez rapidement et me colle à son rythme. Je suis facile, et je me dis que la gagne devrait pas être trop difficile à aller chercher. On discute un peu, se disant qu’il n’y a pas grand monde, que la pluie a rebuté la plupart, la discussion du samedi à la boulangerie quoi…

Au bout de quelques minutes, je regarde ma montre : on est à 15km/h, effectivement assez tranquille pour moi pour un début de course. On arrive à la première partie trail en montée/forêt, et 2 autres nous ont rejoint, on court à 4. Je suis premier, et dès le début je vois un embranchement sans signalisation. Je pars à droite mais très vite je demande à mes compagnons s’ils pensent pas que c’était à gauche. Un mec répond que c’est bon, mais je doute, car on passe de plus en plus de petites pattes d’oie sans indication et les chemins ne me paraissent pas bien larges. Je m’arrête et les laisse passer car je ne sais plus où aller. Je reste derrière, je suis tranquille, mais je sens qu’on est perdu. Finalement le gars devant dit qu’on est perdu mais sait comment retrouver le chemin. On coupe un peu à travers bois et on retrouve le chemin, avec des gars qui sont en train de monter. On se retrouve aux environs de la 15èmeplace, mais on remonte vite, comme on peut, et j’essaye de pas trop gêner ceux que je double. Certains me demandent ce qu’on fait là et je leur dis qu’on s’est trompé. Je demande en revenant vers les premières positions si le 1er est loin, et on me répond que non, qu’il est juste devant.

J’accélère un coup et passe en 1ère position en haut de la première petite bosse. On est sur un champ et on court dans des traces de tracteurs en dévers, pas idéal pour les chevilles.

C’était d’ailleurs le but numéro 1 : ne pas se blesser. But numéro 2 : faire un bon exercice. But numéro 3 : se faire plaisir et si possible gagner.

Je me fais reprendre sur la petite descente mais on arrive sur une partie bitumée et je décide de commencer mon exo. Pan ! Je démarre à 20km/h, les autres doivent se demander ce qui m’arrive. J’avais hésité à les prévenir mais finalement je me suis dit : ils verront bien. Je gère ces premiers blocs comme je peux, car ça monte, ça descend, mais les autres ne reviennent pas sur moi malgré mes 1m20 de récup. Je dois faire 2 blocs avant d’arriver sur la 2ème partie trail en montée dans la forêt. Et là, c’est un vrai trail de montagne ! On monte sec, sur des chemins caillouteux, boueux. Je continue mon exo en faisant 20s aussi rapide que le permet le terrain, 2min où je cours en montée, et 1m20 où je marche ou trottine si pente faible. Mais j’ai l’impression de bien creuser le trou. Et ça monte, et ça monte, ça n’en finit pas. A l’occasion d’une grande courbe, je regarde derrière, et je n’aperçois personne, je me dis que pour la gagne c’est tout bon, je vais pouvoir gérer tranquillement la fin de course. Enfin j’arrive en haut, il commence à faire froid. On court à travers un petit chemin, et de part et d’autre il y a des herbes hautes trempées qui nous aident pas à nous sécher. Je fais attention à où je mets les pieds pour éviter la blessure, mais j’ai bien aimé cette partie. D’abord parce que je me suis senti super fort, j’arrivais à courir en montée alors que d’habitude il faut que je marche, et c’était agréable de courir en tête, un peu seul au monde. Je me disais que finalement le trail c’est sympa. Mais la descente est arrivée, et je me suis souvenu pourquoi j’aimais pas trop ça en fait !

Le début de la descente est assez roulante mais sur de l’herbe en dévers, hyper casse-gueule, puis sur un chemin boueux très raide, où je suis quasiment à l’arrêt et où je m’accroche aux arbres pour pas tomber. C’est un bon calvaire, et quand j’aperçois enfin un peu de bitume, j’entends des pas derrière ! Pff, toute mon avance évaporée ! Je sais pas j’avais combien d’avance en même temps, mais je pense quelques minutes car j’ai creusé dès le début de la montée et je ne pense pas avoir faibli, donc j’imagine avoir creusé toute la montée. Bref, 2 gars me rejoignent, mais la descente n’est pas fini, on doit courir sur une pente avec des cailloux/graviers. Il n’y a pas de virages, mais un gars me double et va très vite. J’essaye de m’accrocher mais c’est difficile de courir à cette allure. Bon, j’espérais terminer en refaisant une série de blocs, mais je passe en mode « coursier » et je vais aller chercher la gagne. On arrive sur du bitume à peu près plat, et je me pose pas de questions et accélère direct pour reprendre le gars devant et commencer à prendre de l’avance en prévision de la prochaine descente. Et on remonte ! Moi qui pensait que c’était presque terminé ! Je me dis qu’il faut que je refasse le trou pour espérer gagner et je m’emploie à aller le plus vite possible en courant en montant, et dès que ça devient un peu plat, je me mets à très bonne allure. Je manque de me tourner la cheville 2/3 fois quand on court dans des ornières sans vraiment voir où on met les pieds à cause de l’herbe dense… Mais malgré quelques douleurs, ça passe, et le lendemain je ne sentais plus rien aux chevilles. On rejoint la même route qu’au départ que l’on doit faire en sens inverse, mais à une intersection, je ne vois pas de rubalise pour savoir si c’est à gauche ou droit. Un bénévole quelques mètres avant m’avait indiqué « comme au départ » mais je me souviens plus. Je lui redemande et enfin il m’indique le chemin. 20s de perdus ! On revient sur le bitume, mon terrain, et j’essaye encore de creuser l’écart. J’ai la visu sur le 2ème, je dois avoir proche de la minute, mais il y a encore de la descente. Je me dis que ça va le faire. Je fais une bonne descente, et j’aperçois la route en bas, et j’entends personne derrière. C’est gagné ! Dernier passage boueux : shlop ! Mince, ma chaussure est restée coincée ! Hop, demi-tour, je récupère la chaussure, la remet, repart. Shlop ! L’autre chaussure ! Oh la la, j’aurai pas du prendre les lacets de tri. Re-demi-tour, je reprends la chaussure, commence à la remettre, et j’entends des pas d’un gars qui arrive en déboulant. Tout est encore à refaire ! Moi qui comptait faire la dernière portion tranquille ! J’arrive à sortir du bain de boue enfin (pour la petite histoire, j’avais perdu une première fois sur la première montée la chaussure dans un bain de boue similaire…), et je me retrouve sur le bitume. Là, je repars comme un débile mental sur 200-300m, mais à un moment il faut que je me rende à l’évidence : je peux pas tenir ce rythme encore longtemps et il reste encore presque un km. Je lève un peu le pied mais ne regarde pas derrière et continue aussi rapidement que je peux. Dernière partie sur l’herbe, où j’ai un doute sur la direction à suivre… Et arrivée enfin. Pas grand monde pour nous accueillir, normal, c’est une petite orga, mais je suis content de gagner car je me suis bien employé mine de rien.

Au final je gagne avec moins d’une minute d’avance sur le 2ème et le 3ème, mais j’avais quand même l’impression d’avoir gagné facilement. 1h20 pour 15km et 1200m de D+ (et autant de D- du coup), je pendais pas que ce serait si long (11,2km/h).

Le téléphone, avec lequel j’ai couru, n’a pas sonné pendant la course, la petite a eu la bonne idée d’attendre encore quelques heures avant de se pointer ! En même temps, je captais que dalle sur les hauteurs de Lestelle…

Encore une victoire, ça fait 2 victoires pour 2 trails depuis que je suis dans le Béarn ! C’était plaisant comme course, et je pense qu’en fin de saison j’essaierai une nouvelle fois quelques courses.

En plus, j’ai gagné un diner pour 2 dans un resto de Lestelle, beau cadeau !

Pas sûr que c’était hyper intelligent à ce moment de la saison, où j’ai plutôt besoin de récupérer, de me défoncer les cuisses sur une petite course de village, mais je me suis fait plaisir, et c’est bien le plus important.

La réalité m’a bien vite rattrapé : Dès le lendemain, j’ai eu des courbatures aux cuisses comme j’en avais jamais eu, sans doute dû aux descentes ou ça a beaucoup tapé, et je les ai gardé pendant 4 jours ! Mais bon, difficile de se plaindre de douleurs aux cuisses quand sa femme vient d’accoucher !

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Published by benji-triathlon
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