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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 12:00

DS(dans le)Q

Pas mal de choses à dire après cette journée à St Jean de Luz pour mon dernier triathlon de la saison. Je sais pas si j’oserai toutes les dire ici, on verra en écrivant ce qui sort du clavier !

Je m’étais inscrit sur le S de st Jean il y a quelques mois, car cette épreuve est rapidement pleine, et en cette fin de saison c’était une des épreuves les plus proches de chez nous.

Comme écrit dans mon précédent article sur ce blog, la fin de saison est axée sur la course à pied. Je ronge mon frein à main, j’ai vraiment trop hate de prendre part à des 10km et voir ce que ca donne. Mon coach m’a dit dernièrement qu’il pensait que j’avais bien progressé et passé un petit cap, au vu des derniers entrainements. Pas énorme, de l’ordre de 5 secondes au km, mais elles sont difficiles à aller chercher ces 5 secondes. Bref, en ce moment, mon sport, c’est la course à pied. Je continue un entrainement de nat et de vélo par semaine pour ne pas trop perdre et ré-entamer la saison 2016-2017 de triathlon sans trop de retard quand même.

Mais donc, ce triathlon que j’avais prévu de longue date, ne me fait pas envie plus que ça, malgré le fait que mon dernier tri remonte à plus de 2 mois. Si je n’étais pas inscrit, et qu’il restait des places, c’est sûr que je n’y serai pas allé.

La veille, en remettant la roue pleine et en faisant un petit tour pour dérouiller les jambes avec tout l’attirail (trifonction, casque CLM, belles roues), je retrouve l’envie et la motivation, et finalement j’ai hâte d’être au lendemain.

Le but de cette journée pour moi est d’essayer de reprendre du plaisir. J’essaye de ne pas penser au classement, juste aller le plus vite possible et essayer d’apprécier la course, sans pression de résultat. On s’y rend en famille, avec Nicky et Coralie, Anthony restant avec ses grands-parents.

La pré-course vaudrait un article à lui tout seul, mais je vais essayer d’abréger. D’abord la file de 50 mètres pour aller chercher son dossard, la file de 150m pour poser le vélo au parc, files que je ne fais pas en prenant le risque d’aller m’échauffer et de venir chercher le dossard à la toute fin. Entre temps, j’ai filé ma combi et mes lunettes à Nicky, on doit se retrouver aux dossards pour que je le récupère. Je fais un échauffement minimaliste en vélo, j’ai trop peur qu’on ne me donne pas mon dossard si j’arrive trop tard. Puis je ne retrouve pas Nicky. Je retrouve des coéquipiers à qui je donne sans réfléchir mon sac dans lequel il y a le bonnet de l’orga et le sac où je dois poser mes affaires de nata à T1 (car il y a 2 parcs). Donc si on résume, on part dans 20min, je n’ai ni ma combi, ni mes lunettes, ni mon bonnet, ni déposé mon vélo, ni mes chaussures à T2.

Enfin on se retrouve avec Nicky, qui donnait à manger à Coralie. Je récupère la combi, je pose chaussures et vélo, et je me dirige vers la plage. J’enfile la combi et là je me rends compte que j’ai pas mon bonnet. Je retrouve les amis qui ont gentiment déposé le sac nata à T1 pour moi, me filent le bonnet, et me reboostent et remotivent. Je suis prêt, il reste encore 6-7min : je suis large ! Je fais quelques mouvements pour me chauffer les bras, mais il fait une chaleur terrible, je passe sous la douche pour faire baisser la température, je fais un plouf pour bien enfiler la combi et fais quelques mouvements, et direction ligne de départ.

Je suis quand même un peu stressé, mais j’ai l’impression que tout s’est bien goupillé au final. L’échauffement était pas terrible, mais bon, ce n’est pas un gros objectif, on fera avec.

J’arrive à me positionner miraculeusement en 2ème ligne derrière un gars qui a le mords entre les dents et semble prêt à sprinter. Ah oui, c’est un départ sur la plage, à une quinzaine de mètres de l’eau.

Pas de bol, pendant les 3 secondes où le gars se relève un peu (pour détendre ses muscles vu qu’il était dans les starting blocks depuis 3min…), ca part ! Bon, il avance rapidement quand même et je suis derrière.

Le but sur cette nata était d’essayer de prendre du plaisir, donc le moins de coup possible. J’avais prévu de partir sur le coté et de ne pas partir trop vite pour pouvoir bien poser ma nage. Mais bon, on s’adapte, la première bouée est vraiment très près, si je pars sur le côté ou que je ne bagarre pas, ou si je pars pas très vite, l’addition va être trop lourde. Je pars donc à bloc, comme d’habitude, et je m’attends à la guerre, mais ça se passe pas mal. Je fais un bon plongeon, je prends quelques coups de bras, mais je me retrouve assez vite avec le champ libre. Idéalement j’aurai également eu des pieds à suivre mais bon, c’est déjà pas mal de pas se prendre de coups. J’ai l’impression d’être pas mal, je vois la bouée nettement juste devant, je vois des gars à ma droite, et je sens les gars présents à gauche (je respire qu’à droite donc je vois pas à gauche). La première bouée se passe super bien, je prends la corde, la reprise de nage est pas mal et je peux entamer la longue ligne droite jusqu’à la prochaine bouée.

C’est là que ca se complique un peu. On commence à rattraper des féminines parties 5min avant.

Premier aparté et réflexion (certains diront coup de gueule !) :

La fédération souhaite encourage la pratique féminine de triathlon. Le triathlon est un sport qui apparait extrême aux non-initiés. Un sport pour les durs, pour les fous, etc… Les images d’Ironman avec les gars (et filles) qui titubent en passant la ligne, c’est sûr que ça marque. Et donc ça n’attire pas forcément les féminines ou les sportifs loisirs. Pas mal de choses sont faites par la fédé pour essayer de changer cette image, je ne reviendrai pas dessus. Pour ceux qui connaissent un peu plus le triathlon ou qui ont eu l’occasion de voir un départ natation, il y a aussi ce point qui fait peur aux débutants : le départ ! entre 100 et 300 personnes (voire plus !) qui prennent le départ simultanément et qui vont tous dans la même direction, le plus vite possible. On appelle ça « la machine à laver » et une expression triathlétique « ce qui se passe dans l’eau, reste dans l’eau », assez éloquent. Bref, c’est un moment difficile, où on prend des coups, et où on peut avoir quelques frayeurs, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Etant donné que la natation en elle-même est déjà le plus gros challenge pour nombreux nouveaux triathlètes, cette difficulté supplémentaire peut s’avérer décourageante. En mes quelques années de triathlon, j’ai pu constater que c’est un des sujets qui revient le plus souvent au moment d’aborder son premier triathlon. Et souvent, des athlètes qui ont passé tout l’hiver à s’entrainer au crawl en piscine, qui nagent correctement, ils arrivent sur leur premier tri, c’est la panique dans l’eau, et ils se retrouvent à brasser les 300-400 premiers mètres, voire toute la distance.

Pour essayer de remédier à ce problème donc, la fédé a mis en place un « label » triathlon féminin. Un des aspects de ce label est d’imposer un départ différé entre les filles et les mecs. L’idée derrière cela, un peu simpliste et simplifiée, est de dire que les mecs sont des brutes, les filles sont plus cools, laissons les mecs se taper entre eux, et les filles pourront prendre le départ entre elles tranquilou sans prendre trop de coup. Idée qui part d’un bon sentiment, qui a ses avantages, mais qui comporte également beaucoup de désavantages, que je vais essayer de voir ici.

Premièrement, on distingue filles et garcons avec l’idée que le départ des mecs est plus « bastonneux » (pour ne pas dire viril) que celui des filles. C’est en grande partie vraie, mais surtout car il y a plus de mecs que de filles au départ en général, et plus de mecs « compétitifs » (c’est-à-dire qui cherchent à faire le meilleur chrono, en opposition à « loisir », qui cherchent à prendre du plaisir, à finir, sans trop se soucier de leur classement final). Là, à Saint Jean, on devait être entre 50 et 100 à partir fort en essayant de se détacher, les autres derrière essayant surtout d’éviter les coups, quitte à perdre une ou 2 minutes. Chez les filles, je pense qu’il y avait une dizaine ou une vingtaine de filles à partir fort. Forcément, ya plus de baston chez les mecs.

L’avantage donc, c’est de mon point de vue pour les meilleures filles. Elles n’ont pas à lutter avec les mecs et ont rapidement un bon couloir de nage propre. En contrepartie par contre, elles n’ont pas la possibilité de profiter du sillage des meilleurs nageurs mecs.

Voyons maintenant les désavantages. Le plus important, et le plus contre-productif, est je pense pour les filles les moins fortes dans l’eau. C’est celles-là qu’on essaye de protéger à travers le label, et qu’on essaye d’encourager à faire du triathlon. Et que se passe-t-il pour elles ? Elles partent 5min avant les mecs. Elles nagent pas vite. Que croyez-vous qu’il va se passer ? Ben, le troupeau va se passer, sur elle quoi ! C’est exactement ce qu’il s’est passé à St Jean (et ce que j’ai vécu sur quasi tous les S que j’ai fait cette année avec départ différé). Après 200m, on dépassait déjà les dernières filles, qui étaient en brasse. Avec le différentiel de vitesse, la mauvaise visibilité, on leur rentre dedans, et des fois elles doivent se prendre des bons coups de bras (et accessoirement elles peuvent nous donner des bons coups de jambe en brasse).

A la 2ème bouée à St Jean, après à peu près 400m, j’ai eu plus de mal que sur la première bouée. J’étais dans un paquet d’une dizaine de mecs je pense, et on est arrivé en même temps qu’un petit paquet de filles. Ca tourbillonnait dans tous les sens. C’est une des premières fois (voire la première) où j’ai été forcé de faire quelques mouvements de brasse pour reprendre de l’air et avoir un peu de visibilité. Pendant ces quelques secondes où j’avais les horaires hors de l’eau, j’ai entendu pas mal gueuler des filles qui engueulaient les mecs de leur rentrer dedans. Je peux pas parler pour l’ensemble des mecs, mais en ce qui me concerne, clairement, j’ai déjà donné des coups (non intentionnels, je précise quand même) à des filles que je rattrapait. Je ne regarde pas tous les mouvements devant moi, et des fois on a l’impression qu’elle « apparait » juste devant nous.

Afin d’illustrer mes propos, j’ai fait une petite analyse des temps natation de St Jean. Cette analyse est quelque peu faussée car les temps disponibles comprennent la T1, idéalement il faudrait uniquement le temps dans l’eau, mais ca donne une idée :

Le 1er mec a doublé TOUTES les filles à part 1

Les 14 premiers mecs (dont moi donc) ont doublé 84 filles sur 94

Les 29 premiers mecs ont doublé 58 filles

Les 60 premiers mecs ont doublé 44 filles

Les 97 premiers mecs ont doublé 34 filles

Les 218 premiers mecs ont doublé les 10 dernières filles.

Je vous laisse imaginer la course vécue par ces filles qui ont passé leur temps à essayer de ne pas se faire couler par les hordes de nageurs qui arrivent derrière eux. Je ne pense pas que ça ait rendu leur course plus plaisante que s’ils étaient partis avec les mecs.

Et du côté des mecs, ce n’est pas forcément plaisant non plus : très égoïstement, cela nous gêne, peut nous faire perdre les pieds du gars qu’on suivait si on était à bloc, et qu’on s’emplafonne sur une nageuse. Comme dit ci-dessus, on a aussi le risque de se prendre des coups, surtout quand les filles commencent à comprendre que pour se protéger, il faut faire beaucoup de bulles et des grands mouvements avec les pieds. Et enfin on sait aussi qu’on est en train de faire vivre pas la meilleure expérience à ces filles. D’ailleurs, à leur place, je me mettrai direct bien sur le côté quitte à nager un peu plus.

Un dernier point, et là ça me concerne directement mais c’est très égocentrique, c’est en ce qui concerne la lisibilité de la course. Lorsque je joue le classement, j’aime bien savoir à quelle place je me situe. Lorsque je suis sur le vélo et j’ai quelqu’un en ligne de mire, ça me motive d’essayer de le dépasser. Lorsque les filles partent 5’ ou 10’ avant, je perds en lisibilité pendant ma course, et c’est frustrant. Sur le vélo, souvent je dépasse, je dépasse, mais ce sont des filles, et j’ai du mal à me rendre compte si des mecs sont en ligne de mire. C’est souvent particulièrement vrai à Mimizan où les filles partent 10’ avant et je dois les dépasser à vélo. Et je ne parle pas de la dangerosité accrue par tous ces dépassements sur la route !

A qui sert ce départ décalé au final ? Eventuellement à une dizaine/vingtaine de filles, les premières.

Bon, OK, on a bien cassé ce départ décalé, mais quelles autres solutions ? Si on veut absolument donner un départ décalé aux filles, pourquoi ne pas les faire partir 5’ avant, ou 15’ avant. 15’ avant, il y aurait encore quelques filles qui s’en prendraient plein la gueule, mais déjà beaucoup moins. Les premières filles pourraient faire « leur course » dans l’eau, sur le vélo, en CAP, sans être pollué par les concurrents mecs. Et 5’ après, les moins bonnes filles seraient tranquilles, mais arriveraient à la ligne d’arrivée 10’ plus tard que si elles étaient parti 5’ avant. Donc la course durerait plus de temps, donc plus difficile pour l’organisation. Enfin, si on considère que les derniers arrivés sur la course sont des filles (c’était le cas à St Jean, mais pas toujours). Le désavantage certains seraient pour les meilleures filles en natation, qui rattraperaient les moins bons mecs, avec tous les problèmes que ca engendre déjà évoqué, sauf que là le peloton qui se fera rattraper sera bien plus compact. A titre d’exemple, à St Jean, les 10 meilleures filles auraient doublé les 70 derniers mecs (sur 288), et la meilleure aurait quand même dû en doubler 124.

Une autre solution, celle qui me parait la plus simple, est de partir tous en même temps. Si tu veux jouer le classement, tu joues le jeu jusqu’au bout, et tu fais la machine à laver comme tout le monde, fille ou mec. Si tu ne veux pas, tu laisses passer les premiers, t’attends 30 secondes et tu nages plus tranquille.

Enfin, si vraiment tu souhaites faire un départ décalé pour les moins brutaux d’entre nous, tu laisses les concurrents, homme ou femme, choisir leur vague de départ : première vague avec les fous furieux, deuxième vague quelques minutes plus tard (2 suffirait) pour ceux ne souhaitant pas se mêler à la lutte pour le classement. Il y aurait peut-être quelques difficultés de chronométrage, et il faudrait s’assurer que des fous furieux ne partent pas dans la 2ème vague dans le but de ne pas prendre de coups, en faisant par exemple 2 classements différents.

T’as fini ? Ouais, ouais, j’ai fini. Au final, la solution mise en place aujourd’hui m’apparait comme la pire des solutions. De mon point de vue personnel, mais je pense également pour une majorité de concurrents.

On reprend. 2ème bouée, c’est la panique donc, j’arrive à reposer ma nage, je commence à payer les efforts consentis pour être là, il faut faire attention aux filles devant, tout en essayant de garder une bonne trajectoire. Reste une dernière bouée, je ne profite pas trop de l’aspiration. On a eu un peu de houle dans la baie de St Jean, c’était assez sympa je trouvais, j’aime bien nager en mer, ça rajoute un élément en plus à gérer.

J’essaye de bien souffler et ne pas trop accélérer sur la fin car je sais que la transition est un peu longue et je veux essayer d’aller vite. Mais bon, comme d’habitude, j’ai du mal à la sortie de l’eau ; ce n’est pas la cata mais je n’arrive pas à doubler les gars avec moi alors qu’en moyenne je fais partie des meilleurs en course à pied.

Mes amis, comme ils m’avaient dit, sont juste à côté de mon vélo pour m’aider à le repérer. Le parc à vélo est toute en longueur, donc pas vraiment équitable, mais passons, je suis là pour le fun, ça ne me dérange pas cette fois. Je prends mon temps pour bien faire les choses à T1. Je ne suis pas hyper efficace mais je fais les choses bien, et c’est parti.

Rhaa, mais j’oublie plein de trucs ! Une des raisons pourquoi j’étais stressé avant la course c’est que mon bidon aerodrink entre les prolongateurs étaient fixés par des cerflex, et l’un d’eux s’est cassé juste avant l’échauffe, et j’en avais pas pris dans mon sac (qui était de toute façons dans la voiture, la clé étant avec Nicky…). Et pour terminer, j’avais également oublié les élastiques dans le sac ! Mon aerodrink ne tenait qu’à un cerflex. Ca avait l’air de tenir, mais du coup normalement je mets ma montre sur l’aerodrink pour l’avoir de visu, et cette fois je voulais pas prendre le risque de la perdre, donc la première chose à T1 a été de la mettre au poignet. Et pour les chaussures de vélo, j’avais quand même 100/200m à courir, donc impossible de les faire avec les chaussures de vélo au pied, je les ai mis sur le vélo, sans élastique. Au final je n’ai pas été bien moins mauvais qu’avec les élastiques.

Le parcours vélo est tout plat. On a environ 1,5km avec pas mal de virages où je fixe les chaussures et je ne prends pas trop de vitesse, et après c’est parti pour 10km tout droit, à peu près tout plat.

Mes supporters m’annoncent 10ème à la sortie de l’eau. Cela me satisfait. Ils m’annoncent à 1m30 de la tête d’après ce que j’ai compris, mais en vérité j’étais déjà à 2m45 !

Ah oui, nouveau flashback. Je me prenais pas trop la tête pour le classement, mais forcément je me disais que le podium était jouable, voire la gagne. A l’arrivée sur le site, le speaker annonce le nom du favori, Carl du Team Charentes Triathlon. Un jeune triathlète qui m’avait déjà battu confortablement à Mimizan en 2014. Il s’est encore amélioré, et normalement je n’ai aucune chance. Ça m’enlève un peu de pression même si je ne pars pas encore perdant, ne sachant pas exactement son niveau (au final j’avais effectivement aucune chance !)

Donc quand on m’annonce 1m30 du 1er, j’ai un peu de mal à y croire, mais je n’y prête pas attention. Je me fais doubler assez vite par un gars dans les virages, mais je le garde à moins de 50m, et dès que la partie linéaire arrive, je m’emploie pour le rattraper. Petit à petit je grignote, je reviens sur d’autres mecs, une ou 2 filles, et on revient sur un autre gars devant. Le gars que je suivais double celui-là, je reste en retrait, mais je me souviens plus trop pourquoi, soit je me rapprochais trop, soit je sentais que le 2ème allait craquer, je commence à doubler. Et comme expliqué dans un précédent article, quand on se suit, si on commence à doubler, il faut doubler tout le monde, sous peine d’être pénalisé pour drafting. Je fais un gros effort pour passer devant, mais je sens que je suis en sur-régime et je n’insiste pas pour garder le rythme. Je vois sans surprise que le gars me redouble peu après, mais que celui derrière reste derrière. Enfin j’en sais rien, je regarde pas derrière. Je reste comme cela, à 7m du 1er, pendant tout l’aller. Je suis surpris de voir personne devant. Je sais que le 1er est loin devant, d’ailleurs on le croise à un moment donné qu’il est sur le retour, et je vois qu’on est loin du demi-tour. Je ne pense pas à la gagne. Mais on arrive au demi-tour et on a croisé personne d’autre : on a doublé toutes les filles, et je suis 3ème juste derrière le 2ème. Au retour, je trouve que le gars devant ralentit, je suis de plus en plus à l’aise derrière, et j’hésite à doubler. J’hésite trop longtemps et 2 gars me doublent et viennent se mettre devant. Le gars que je suivais commence à craquer et je vois les 2 premiers commencer à prendre 10-15 mètres. Je décide d’y aller, et je me dis que je vais avoir un peu de cran et prendre le commandement. Gros effort pour repasser devant mais cette fois je tiens mon effort. Il n’y a pas une grosse différence par rapport à avant. De toutes façons j’ai la montre au poignet et je ne la regarde pas. Le but n’est pas d’essayer de faire le trou mais juste de me faire plaisir et de pouvoir dire quand même que j’ai fait ma course au moins sur le retour, sans me soucier des autres. Je serre les dents quand même sur les derniers km, et arrivent les virages pour finir, j’en profite pour enlever les pieds des chaussures. Un gars me double, je reste derrière, et on arrive à 2 à la T2. Je me fais surprendre par la ligne de pose et je suis obligé de m’arrêter complètement avant de désenfourcher le vélo (plutôt que de sauter directement le vélo en route, quelques secondes de perdues J). Je fais une bonne T2, malgré une chicane piégeuse à l’entrée du parc qui fera des dégâts derrière, d’après Nicky.

On sort en groupe du parc, 2/3/4 en même temps, le 5ème est plus loin apparemment. Je me retrouve vite 3ème, et le 2ème part comme une bille. J’ai mal à la tronche et je le laisse partir. Dans la tête, c’est très difficile et je suis prêt à me contenter de la 3ème place. Mais j’arrive à ne pas faiblir et petit à petit je reviens sur lui et le reprends au bout de 500m/1km. Je ne faiblis pas et j’arrive à le décrocher. Je me dis qu’il reste 4km, que ça va être difficile. Je sens les jambes qui flanchent un peu, je suis pas au mieux. Il fait chaud, les km paraissent long. Je croise enfin le 1er qui fait demi-tour. On court sur une piste cyclable. Peu après arrive le ravito, on dévie sur la droite sur un chemin à terre, je vois le ravito un peu à gauche, et une chemin un peu à droite, je demande où aller, mais je ne comprends pas la réponse. Je me dirige vers le ravito, on me propose eau ou coca, je prends de l’eau que je me verse dessus, virage en épingle à gauche pour reprendre la piste cyclable et c’est parti pour le retour.

Je vois que le 3ème n’est pas loin, c’est pas encore gagné, mais que le 4ème est définitivement décramponné, le podium est quasi assuré. Le retour est bien compliqué, mais j’arrive à tenir le rythme, et l’arrivée arrive comme une délivrance Bon, le speaker, comme à son habitude, croit deviner qui est meilleur que qui, et annonce Aitor machin-chose quand j’arrive : « ah non, c’est pas Aitor, c’est bizarre, normalement quand les basques sortent de T2 à la lutte, c’est eux qui gagnent ». Bon c’est pas grave, il arrive à retrouver mon nom quand je franchis la ligne. 2èmederrière Carl, je suis content. Le 3ème arrive 30s plus tard, il était pas loin ! Je n’attends pas le 4ème et je vais me ravitailler. On discute un peu avec le 3ème, tout va bien.

Le basque Aitor arrive et nous dit « vous avez coupé, vous avez pas fait la course jusqu’au bout ». On est surpris, on lui demande pourquoi. Il nous dit qu’il fallait pas faire demi-tour au ravito mais qu’il fallait continuer et il y avait encore environ 400m jusqu’au demi-tour (800 A/R donc). Je suis surpris mais je me dis que c’est pas impossible. Il nous dit qu’il va porter réclamation. Le 3ème est dégouté. Moi je suis plus fataliste : si on s’est trompé, on va être disqualifié, c’est la règle. J’ai déjà fait une bonne saison, les podiums, maintenant je connais, un de plus, un de moins, ça ne changera pas grand-chose. Je demande au 1er pour voir si lui a fait le même parcours et il nous confirme qu’effectivement le demi-tour était plus loin. Mais qu’effectivement, s’il n’avait pas eu le vélo ouvreur, il aurait fait demi-tour comme nous. Et mince ! Ca sent pas bon ! Puis je me demande comment ils faisaient pour contrôler. Certains concurrents me montrent un bracelet qu’on leur donnait au demi-tour. Mais surprise, le premier, Carl, n’a pas de bracelet non plus ! Et surtout quand on est arrivé à l’arrivée sans bracelet, personne ne nous a rien dit. Donc je suis assez curieux de savoir sur quelle base, quelle preuve tangible, ils vont nous disqualifier. Le temps passe, les résultats sont pas affichés, et on va manger avec Nicky en attendant la remise des prix, qui doit se faire à 15h30. J’en profite pour récupérer mes affaires de natation, mais surprise, nouvelle queue de 15min pour récupérer ses affaires. C’est bon je le ferai après. Je récupère mon vélo (c’était plus rapide) et je vais voir là où je me suis trompé. Effectivement, je vois une flèche, à mon avis très mal positionné, qui indiquait le chemin à suivre. Le banc de ravito était placé un peu en perpendiculaire de la trajectoire, j’ai compris que c’était le point de demi-tour, mais non, fallait chicaner. Je fais le parcours à vélo pour voir de combien j’ai raccourci pour pouvoir adapter les temps finaux. Je vois que la partie volée était de 900m environ.

Je reviens à 15h30 pour la remise des prix mais il n’y a rien. Au final ca a eu lieu à 15h apparemment. Je vois les résultats affichés et je vois que je suis disqualifié. Un peu dégoûté quand même. Le 3ème est disqualifié aussi. Je suis un peu dégoûté quand même car je colle quand même 5min au 4ème (Aitor, qui se retrouve donc 2ème officiellement), et que les 900m je les aurai fait en 3min et des poussières.

Un peu dégoûté de la manière dont cela s’est passé : il y avait des bénévoles, ils m’ont servi de l’eau, mais aucun ne m’a indiqué le chemin à suivre ou m’a appelé pour me dire que je me trompais. Et non plus le 3ème, alors qu’ils m’avaient déjà vu me tromper et qu’ils auraient pu penser à prévenir les autres. Le 4ème lui devait connaitre le parcours ou a vu la flèche, car il a demandé précisément aux bénévoles, qui lui ont indiqué la voie. Et ensuite, personne de l’orga ou du corps arbitral n’est venu me voir. Je n’ai pas pu me défendre, je n’ai pu que constater le DSQ. Je ne connais pas exactement la réglementation. Je suis certain qu’ils avaient le droit de me disqualifier, sur ça pas de problème. Par contre, étaient-ils obligé de me disqualifier, ou avaient-ils la possibilité de m’infliger à posteriori une pénalité de temps correspondant à ce qu’ils estiment être juste (quitte à grossir le trait, il est normal que je sois pénalisé), je ne connais pas la réglementation pour le savoir. Mais si c’était possible, ils ne l’ont pas fait.

A titre d’exemple, le WE précédent (ou 2 WE avant, je sais plus), il y avait le championnat de France de trail. A cause d’un mauvais balisage, certains coureurs, dont certains du groupe de tête, ont coupé le parcours. Il n’a pas été décidé de les disqualifier mais de leur infliger une pénalité de 10min (qui était très sévère au vu du nombre de km coupé, mais au moins ils étaient pas DSQ). Finalement, le 3ème de la course, qui vient du Béarn, c’est pour cela que je connais l’histoire, a coupé le parcours, écopé des 10 minutes (il a été mis au courant pendant la course), mais a réussi à franchir la ligne 10 min avant le 4ème et a été classé 3ème. Comme quoi même sur une course très importante, on peut trouver des solutions sportivement plus satisfaisantes.

Sportivement, il était clair que nous méritions notre podium. Le 4ème était loin derrière (plus d’une minute après correction du temps). Ou au minimum, il aurait été sympa, lors de la remise des prix, de commenter cette erreur, d’indiquer que les 2 et 3 étaient disqualifiés pour s’être trompé, sans faire exprès de chemin, et nous citer ou nous inviter sur le podium. Nous avons fait l’erreur, mais de mon point de vue, c’est un échec aussi de l’organisation. Lorsque le 2ème et 3ème de ta course sont DSQ pour une erreur de parcours dont ils ne se sont pas rendu compte, ça la fout mal. Mais non, je n’étais pas à la remise des prix, mais rien, silence radio, 2ème est Aitor, point barre.

En regardant les résultats des filles ce matin, je me rends compte que la 2ème et 3ème féminine ont aussi été disqualifiés ! Mais bon, je ne sais pas pourquoi, si c’était comme nous ou une autre raison.

Je m’étais déjà planté de parcours sur le half de St Jean, et selon moi, l’orga ne fait pas assez d’effort pour baliser son parcours. Ce qui peut paraitre évident pour celui qui fait le parcours et qui dessine les flèches, l’est beaucoup moins pour un athlète au bout de ses forces, qui concentre toute son énergie dans sa foulée ; il nous reste très peu d’énergie pour analyser le parcours, il faut que ce soit l’évidence même. Si ne serait-ce qu’un coureur se trompe, c’est que ça aurait pu être mieux indiqué.

Je n’ai pas cherché à discuter avec le corps arbitral ou l’orga. De toutes façons, leur décision est définitive, ils ne reviendront pas dessus. Si eux ont choisi de ne pas chercher à me contacter, je ne voyais pas l’intérêt. Le 3ème lui, a été moins philosophe, et s’est bien pris la tête avec l’arbitre et l’orga, mais cela n’a rien amené. En même temps, c’était un de ses premiers podiums, je comprends sa déception. Si cela avait été mon 1er, ou une course objective, j’aurai été dégouté. Mais je pense que je n’aurai pas fait l’erreur sur une course objective car j’aurai reconnu le parcours plus précisément. Malheureusement, j’ai appris à ne plus faire confiance aux orgas. Il faut connaitre le parcours tout seul, car souvent les bénévoles sont dépassés ou les flèches sont pas évidentes à suivre, ou encore pire, les motos ouvreuses se trompent !

On reste l’après-midi et on voit la natation du M. Encore un grand moment d’organisation : 2 boucles. Et sur la fin de la 2ème boucle, ceux qui terminent doivent laisser la bouée à gauche alors que ceux qui terminent la 1ère boucle doivent la laisser à droite. Donc si vous avez bien suivi, tout est parfait pour qu’on se rentre dedans assez violemment. Les filles étant partis devant et la première étant très bonne nageuse, elle prend un tour à bon nombre de concurrents. Le kayak ouvreur est dans le peloton, c’est du grand n’importe quoi ! Finalement, la première nageuse décide de ne pas prendre la dernière bouée, pour éviter de se prendre en face à face les nageurs dans leur premier tour. Peut-être le kayak ouvreur lui a-t-il dit de pas le faire ? Quoi qu’il en soit, elle a bien coupé le parcours, tout le monde a pu le constater. Elle gagne la course, et n’a pas été disqualifié ? Pourquoi ? Personne ne s’est plaint car aucun concurrent n’a pu le voir ? Sportivement elle méritait sa victoire car elle avait beaucoup d’avance, mais d’après le règlement, c’est exactement le même cas que pour nous !

Bref, assez déçu par l’orga de St Jean de Luz. Ils font le plein facilement chaque année, je pense grâce au très bel endroit dans lequel ils organisent leur triathlon, mais je trouve que beaucoup de choses laissent à désirer : les queues pour récupérer les dossards et les affaires de natation, c’était grotesque ; le parcours CAP qui permet aux premiers (et d'autres?) de se tromper, sans que les bénévoles interviennent, c’est dommage. Le parcours natation du M en 2 boucles avec le problème évoqué, c’est risible. Et de ce que j’ai vu ces dernières années, peu d’efforts sont faits pour s’améliorer. C’est dommage, mais tant qu’on fait le plein, pourquoi s’embêter à offrir un meilleur triathlon !

Pour finir une analyse de mes temps persos :

8ème temps nata+T1 à 2m45 du 1er donc, et 1m10 du 2ème, pas si mal considéré que j’ai un peu laissé de côté cette discipline

6ème temps vélo à 2m10 du 1er (temps qui me parait suspect, étant donné qu’il est 300ème temps en nata et CAP) et 1m40 du 2ème (1er de la course), et 10s du 3ème. Pas si mal donc, même si j’espérais un peu mieux, malgré le manque d’entrainement. Je tiens environ 39,5km/h, et environ 41 km/h sur la partie rectiligne. Je suis un peu en dessous de mes puissances en général, mais ça parait normal. J’ai quand même réussi à tenir les 300W quand j’ai repris les devants sur les 6-7 derniers km.

Je pose donc 3ème, avec le 2 et 4, à 4m20 du 1er !

En CAP je fais le 1er temps à cause des 900 mètres en moins, en 3m25/km GPS. Ce n’est pas les 5 secondes de mieux au km espérés, mais étant donné qu’il faisait assez chaud, et que je me sentais pas hyper bien, j’essaye de m’en contenter. Si j’extrapole à cette vitesse les 900 mètres manquants, je suis 2ème temps, et je me prends une rouste par Carl, 53 secondes de mieux. Un peu déçu de ne pas réussir à continuer mon « streak » de meilleur temps CAP, mais face aux meilleurs que soi, on s’incline.

Au total, au temps corrigé, je suis 2ème à 5m10 de Carl (une rouste donc), 40s derrière le 3ème (DSQ lui aussi), et 2min derrière le 4ème(finalement 2ème), 2m30 derrière le 5ème (finalement 3ème). Ensuite, cela passe à 4min.

Et maintenant, place aux courses à pied !

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Published by benji-triathlon
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commentaires

Mathieu 13/09/2016 00:37

J'avous... Cest tres tres detaillés, domage pour ces 900m