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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:00

C’est qui l’Patron ?!

J’étais à Sames ce WE, petit village à la limite du Pays-Basque, du Béarn, et des Landes, à 1h10 de chez nous. Il y avait 2 triathlons, un S le matin, support des championnats départementaux du 64, et un M l’après-midi, support des championnats régionaux d’Aquitaine. J’avais un temps envisagé de doubler une nouvelle fois S et M, mais finalement, avec coach Nick, on a décidé de ne faire que le S, pour se préserver pour Baudreix 2 semaines plus tard, qui est mon dernier vrai objectif de cette saison.

Le S n’était pas véritablement un objectif, mais il n’en restait pas moins que j’ai à cœur de bien performer. Objectif : victoire… rien de moins ! Bien prétentieux moi qui n’ai jamais gagné un triathlon (si on excepte le XS indoor de Comminges sur des vélos d’intérieur). J’avais regardé le classement des 2 années précédentes, et je m’étais dit, en regardant les chronos des athlètes que j’avais déjà croisé, que la victoire était assez largement dans mes cordes, du moins les années précédentes.

De plus, le M l’après-midi va sans doute attirer les meilleurs, étant donné qu’il désignera le champion d’Aquitaine, et le même weekend a lieu les championnats de France Jeunes, donc les meilleurs cadets et juniors, qui ont l’habitude de finir devant moi, ne devraient pas être là non plus. Bref, tout est réuni…

Quelques jours avant le départ, je regarde la start-list, et je n’identifie personne que je ne pense pas pouvoir battre. La porte est ouverte donc, et je vois 2 voire 3 challengers : le gagnant de l’année dernière, Flavien, le 2ème de l’année dernière, Florian, et un gars de Pau qui est fort à vélo, mais que je dois pouvoir battre grâce à la nata et à la course, Fred. Le matin de la course, je regarde les dossards pour le cas où je les croise en course : 1 pour Flavien, 57 pour Florian, 59 pour Fred.

Je suis confiant la matin de la course, et pressé d’en découdre.

J’appréhende un peu le départ natation, car j’ai toujours du mal à me placer en 1ère ligne et ca risque de tabasser une nouvelle fois car le début est étroit.

On part sur la plage. Au début, un arbitre « raisonnable » nous positionne 3-4m derrière l’eau, et je suis bien placé, en 1ère ligne, du bon côté pour tirer tout droit à la première bouée. Mais un 2ème arbitre nous fait reculer derrière les oriflammes, 5mètres plus haut, où s’entassent déjà pas mal de monde. Du coup on se resserre, et je saute de la 1ère ligne et me retrouve en 2ème. Je me dis que je dois sprinter au début pour essayer de passer devant. Une femme a la corne de brume dans sa main et je guette son mouvement, mais elle commence à décompter « 3-2-1… ». Alors bien sur personne n’attend « zéro », impossible de gratter du monde au départ, et c’est parti pour la foire d’empoigne. Donc message aux organisateurs (pas simplement de ce triathlon d’ailleurs, cela se fait souvent) : un compte à rebours pour le départ est une mauvaise idée ! Ca encourage les faux départs, qui ne sont d’ailleurs pas sanctionnés en triathlon. On n’imaginerai pas cela sur une autre épreuve, je ne sais pas pourquoi on le fait en triathlon. Peut-être pour le côté « festif », avec les spectateurs qui reprennent en cœur le décompte ? Mais sportivement, c’est pourri !

Donc, j’arrive à peu près en même temps que tout le monde dans l’eau, et je m’écrase comme une m… dans l’eau, car je prends un pas de trop dans l’eau avant de tenter le plongeon. Le pas de trop où je n’avais pas pied, je vous laisse imaginer… Départ raté donc, je m’active, et c’est la guerre ! Je suis quasi à fond pour essayer de m’extraire de la masse, j’arrête pas de rentrer dans un gars à ma gauche. Je me dis que je vais me prendre un vrai coup de poing si le mec est con, mais mieux que ça, il prend appui sur mon épaule gauche, me coule et me pousse vers l’arrière. Ah ouais d’accord, c’est comme ça sur les courses de village alors ? Je me remets immédiatement dans l’allure et arrive à trouver un couloir de nage, et je suis surpris que j’arrive à remonter pas mal, dont certains qui n’avancent vraiment pas terrible il me semble (je me demande comment ils sont là d’ailleurs !), et j’arrive à accrocher les derniers pieds du groupe qui me semble être le groupe de tête. Mais je n’arrête pas de dévier à gauche, et j’ai du mal à rester bien dans les pieds et profiter de l’aspiration. J’essaye de retrouver mon souffle, mais je suis limite à la rupture. La première bouée arrive et j’essaye de me dire qu’il faut que je tienne au moins jusqu’à la première bouée. Située à environ 350m, je vois qu’effectivement personne n’a réussi à prendre de l’avance, je suis dans le groupe de tête, qui est très étirée, on est moins de 10 devant je pense. Au virage, je suis pas mal, mais un peu après, je n’ai pas trop compris ce qui s’est passé, je crois que l’avant-avant-dernier du groupe a fait un écart ou a lâché, l’avant-dernier (devant moi donc) a fait l’effort pour boucher le trou avec le gars devant, et moi (le dernier donc) je n’ai pas réussi à l’accrocher, et je suis resté avec l’autre qui avait lâché. Au bout d’un moment, j’ai essayé de passer devant pour relancer l’allure et pas perdre trop de temps sur les premiers, mais finalement on a nagé côte à côte les 200 derniers mètres. J’arrive sur la plage pas très content de moi, en me disant que j’aurai du réussir à accrocher le 1er groupe, mais je ne suis pas loin derrière. La montée au parc à vélo, j’essaye de reprendre mon souffle, et mon compagnon de baignade part devant.

Arrivé au parc, je vois le dossard 1 qui est encore à son emplacement, et ca me donne un coup de booste, car j’avais vu que l’année dernière il était sorti 2ème de l’eau, je pensais donc qu’il était assez fort en nata. En fait, après la course, je me suis rendu compte qu’il avait fait le S de Mimizan avec moi, qu’il avait fini 7ème, et que j’avais réussi à lui prendre 13s dans l’eau. Ce qui confirme que j’avais vraiment fait une bonne nata à Mimizan (avec un bon départ) et que je n’ai pas nagé terrible à Sames (avec un mauvais départ). Donc au final, pas terrible d’être derrière lui, mais paradoxalement ça m’a bien motivé en pensant que j’avais pas mal nagé !

En regardant et analysant les résultats, je suis 6ème à 42s du 1er. Je perds 22s sur Flavien et 10s sur le jeune qui était sorti avec moi de l’eau. Je perds donc 10s sur lui à la transition, ca fait beaucoup quand même. Comparé à d’autres athlètes qui avaient fait St Pée et/ou Mimizan, je peux confirmer que j’avais très bien nagé à Mimizan, et pas terrible à St Pée. Ici, à Sames, je suis à peu près à mon niveau. C’est dommage de ne pas avoir pris un bon départ, je pense que j’aurai pu accrocher les pieds devant et sortir avec le groupe de tête.

Une T1 nominale, avec toujours un peu de mal pour sauter sur mon vélo, et quelques secondes de perdues. J’ai encore le palpitant bien haut, et la tactique à vélo était : 1km pour reprendre son souffle, puis la première montée pour se mettre en jambes, et après on appuie sans réfléchir. C’est pas mal comme tactique, hein ? Encore faut-il réussir à la mettre en application ! Pour ce qui est du 1km pour reprendre son souffle, c’est bon, je sais faire. J’en profite également pour mettre les chaussures sur le vélo, et voir sur la première ligne droite que les premiers sont à priori pas trop loin. A priori car je vois pas mal de cyclistes devant à 300-400m, et 2-3 motos devant. Je pense (j’espère) que ce sont les motos ouvreuses et je me dis que je ne suis jamais sorti aussi proche de la tête de course en nata. La première côte arrive, je l’avais repéré, comme le reste du parcours, le matin même. Courte mais bien pentue, j’essaye de ne pas m’enflammer mais la monte à bon rythme et commence à rattraper du monde. J’insiste sur le faux plat qui suit, et je dépose quelques concurrents. Je vois au passage que le numéro 59 n’est pas le bon cycliste de Pau que je croyais, mais son fils, qui a bien moins de puissance en vélo, et qui n’est à priori pas assez fort pour jouer la gagne. Devant, j’aperçois plus qu’un cycliste et une moto devant. J’espère que c’est la tête de course, et je vois que c’est le dossard 1.

La 2ème côte arrive, et je refais le retard qui me restait et me retrouve derrière lui. Je ne prends aucun risque avec le drafting et je reste 10 bons mètres derrière. Je vois que je suis plutôt à l’aise mais je temporise un temps. Arrive le passage le plus technique, une descente rapide avec un tournant, puis 2-3 virages serrés sur le plat. Je suis surpris de voir que je perds direct 50-100m sur lui, que je grignote petit à petit. Je suis encore derrière quand arrive la 3ème bosse, et je refais l’effort pour revenir sur lui avant la fin de la bosse car je sais que la descente est juste derrière et je veux essayer de suivre ses trajectoires. Souvenir de Carcassonne où je n’avais pas fait la jonction en haut de la bosse et j’avais perdu 30s dans la descente. Cette fois la descente n’est pas sinueuse mais rapide, et je ne perds pas de temps, avec une pointe à plus de 65km/h. Vitesse limite pour moi, je faisais pas le malin ! Je suis une nouvelle fois bien calé derrière. Un arbitre nous passe, je suis à bien plus de 7m, pas de problème. Le gars devant est bien nerveux. Depuis le début il n’arrête pas de se retourner, pour voir si je suis encore derrière ? pour voir si je drafte ? Je sais pas mais je me dis qu’il n’est pas serein, et qu’il m’a vu déjà revenir 2 fois (au début et après la descente) et il doit se rendre compte que je suis plus fort. Je temporise encore 1 minute derrière, je vois que je suis en dessous de ma cible, et je me lance, j’appuie fort sur les pédales pour le passer assez vite, pour éviter de prendre une pénalité déjà, et pour essayer qu’il ne s’accroche pas. Je le double au 10ème km.

Au début je me remets à ma cible, voire un peu plus, pour creuser l’écart, puis je souviens de Castres, où j’avais appuyé fort sur le plat, mais peut-être pas assez fort en côte, pour se débarrasser d’éventuels drafteurs. Alors je temporise en attente de la dernière côte car je sais qu’après il y a 10km de plat et il faut que je crée un petit écart avant d’arriver sur cette portion, et je compte le creuser dans la dernière côte. Elle arrive vite, au km12,5, et je la monte fort, en 1m30 à 24km/h environ, je jette un coup d’œil derrière au sommet, je ne vois pas le 2ème, et je fonce dans la descente pas trop technique derrière. D’ailleurs, je ne suis toujours pas sûr d’être 1er, car des motos continuent à nous doubler, et même un arbitre, et je me demande si quelqu’un n’est pas devant. J’en doute car la moto devant (qui a fait un super job d’ailleurs, en étant tout le temps 30-50m devant, jamais moins, pour éviter le drafting) m’a vraiment l’air d’être ouvreuse. Arrive la dernière portion de plat, plus question de réfléchir, et j’appuie fort sur les pédales, un peu au-dessus de ma cible, en me disant que ça va tenir ! J’essaye de rester concentré sur ma position aéro, de continuer à boire, mais les minutes sont longues. Je regarde souvent ma montre et compte les minutes qui restent : plus que 10, plus que 8, plus que 6. J’avais repéré tout le parcours le matin même et j’essaye de me souvenir du parcours. Je sais qu’à la fin de cette portion, on passe sous un petit pont et on a un virage serré en montée à droite, et après on est presque arrivé. Je guette donc ce pont, et au bout d’un moment, forcément je le vois. Aparté: plusieurs fois je me suis dit « allez, c’est trop dur, j’enlève une dent », et j’ai passé une vitesse, mais 2 secondes plus tard, j’arrivais à me remotiver en me disant « ya pas moyen, tu peux tenir », et j’ai repassé la vitesse. Au final c’est passé, je n’ai pas faibli sur la fin.

Une de mes sources de motivation, quand ca devenait difficile: "allez, Antony (pas mon fils, le triathlète) est sur l'IM de Nice en ce moment, et il va plus vite que moi maintenant, et pourtant je n'ai que 25km à faire, je peux bien essayer d'aller aussi vite !". Je sais pas si ça m'a aidé mais j'y ai pensé plusieurs fois.

Arrive le fameux pont donc, et je me fais doubler par 2 ou 3 motos de l’orga. Je me dis une énième fois : « mais qu’est-ce qu’ils foutent 3 ou 4 autour de moi, pourquoi ils vont pas suivre d’autres personnes derrière ? ». Et puis je me dis qu’on arrive à ce virage serré et que j’espère qu’elles vont pas me ralentir, comme à un droite-gauche un peu avant où j’avais du en doubler une. Et là ca loupe pas, je suis derrière une moto, elle ralentit, je vais pour la doubler (à gauche donc), mais je sens le coup foireux, et je freine en gueulant pour signaler ma présence, et ça loupe pas, il était en train de se ranger sur la gauche, sans regarder si j’étais derrière ! Craignos quand même ! Du coup il donne un coup de guidon à droite pour se replacer et j’arrive à passer, je suis quitte pour 2-3 secondes de perdues, une relance un peu plus longue et punchy que ce que j’aurai aimé et un mini coup d’adrénaline. Il reste 2km, mais ils me paraissent bien longs. Plusieurs fois je crois entendre un vélo derrière et je me dis : « ça se trouve yen a un qui est revenu de l’arrière ». Ca y est, on arrive à T2, et plein de gens m’encouragent et applaudissent, et j’essaye de voir sur leur visage et leur gestuelle s’ils regardent et applaudissent également derrière, pour voir si quelqu’un est proche. Mouais, c’est pas évident.

Je suis pas lucide car j’ai oublié d’enlever mes pieds des chaussures sur le vélo, et je m’en rends compte 20m avant la ligne. J’essaye tant bien que mal d’enlever au moins un pied, mais je n’y arrive pas et me résous à descendre du vélo de manière classique mais pas très efficace. Je cours donc avec mes chaussures de vélo au pieds (heureusement sur de l’herbe) jusqu’à mon emplacement où j’enfile les chaussures de course. 5-10s de perdu dans l’affaire ! J’entends le speaker « il a creusé l’écart » et ça me met en confiance.

Finalement, je fais le 1er temps vélo, assez largement : 2ème à 30s, 3-4ème à 1min environ, puis les autres au-delà de 1m50. Un relais fait mieux que moi, de 7 secondes ! Comme le temps vélo prend en compte T2, je pense que c’est là qu’il me gratte les 7 secondes ! Par rapport à Mimizan, je fais des écarts par rapport à des gars qui ont roulé à peu près comme moi. Ca confirme que j’ai très bien roulé à Sames, un peu moins bien à Mimizan, et que le parcours mixte valloné/plat sans trop de descente et virages techniques, est fait pour moi. Après, par rapport aux autres, j’avais un meilleur équipement (roue pleine, casque aéro), c’est sûr que ça aide. Mais je crois que c’est la première fois que je fais le meilleur temps vélo sur un triathlon, nouvelle source de satisfaction. 39m20 pour 25,4km, soit 38,8km/h. Avec les 4 cotes, c’est une bonne moyenne. Le beau revêtement et le fait qu’il n’y ait pas eu de vent a bien aidé, mais aussi proche de 40km/h malgré le dénivelé (environ 150m), j’en suis très satisfait.

Je pars sur la course à pied à fond, avec l’intention de ne pas laisser l’espoir au 2ème, et le VTT ouvreur est devant moi, je lui demande si le 2ème est loin. Il comprend mal en me disant que c’est moi le premier. Bon, c’est déjà ça, ça confirme que je suis premier. Je lui redemande et il dit qu’il ne sait pas. Allez, je me reconcentre et c’est parti. Le parcours est en 3 boucles autour du lac. Une première partie bitumé, mais avec pas mal de gravillons, et une deuxième dans l’herbe et les cailloux, un peu dangereux pour les chevilles, puis une troisième avec une petite cote sur l’herbe, mais assez pentu, avec quelques virages, puis 1 ou 2 zigzag serré.

Je pars très vite donc, mais au bout de quelques dizaines de secondes, j’essaye de me raisonner en me disant : « c’est pas aujourd’hui que tu dois exploser ! » et je rentre en mode gestion, comme sur toutes mes courses. Je me connais assez bien, et je sais le rythme que je peux tenir sans trop faiblir. Je me cale à ce rythme, et j’avais vu que normalement, j’étais meilleur à pied que le dossard 1. A moins qu’un autre coureur ne revienne, je dois gagner. Mais je suis loin de savourer, il reste 5km, et j’ai bien l’intention de ne rien lacher et de même faire le meilleur temps pour enfoncer le clou. Le tour est petit et on entend le speaker partout. Je crois l’entendre annoncer le second, je regarde ma montre : 45s que je suis parti de T2. C’est un bon avantage, mais pas assez pour me permettre d’y aller tranquille.

Je sens que je suis pas mal, j’ai une bonne foulée, mais la respi est difficile. Le tour est court, je boucle le premier et regarde ma montre : 6m20. Il me semble me souvenir que l’année dernière les meilleurs avaient couru en 20min environ. Si je fais 3 boucles comme cela, ça fait 19min, je suis pas mal. Même en comptant 40s de T2, peut être inclus dans le temps CAP, j’ai une petite marge.

A la 2ème boucle, je reprends un verre d’eau, sans ralentir, mais pas pour boire, pour mettre sur la tête, car le soleil commence à taper. J’ai de bonnes sensations, mais je suis à fond, la bave aux lèvres (jolie image…). Je double dès la 2ème boucle des gars de Bayonne que j’avais doublé au début du vélo. Je leur aurai repris 6min en vélo ??? Ca me parait beaucoup, mais je réfléchis pas trop. Un gars de Billère essaye de s’accrocher, mais il ne tient pas très longtemps. Je reçois beaucoup d’encouragements, et j’essaye de ne pas ralentir, mais ça devient difficile. J’entends le speaker qui n’arrête pas de répéter mon nom (et Benjamin Féraud par ci, et Benjamin Féraud par là, ils sont pas près de l’oublier mon nom !), et après le 2ème tour, annonce que j’ai course gagnée, etc… Mais je n’y crois pas encore et je me dis qu’il ne faut pas faiblir. Je me dis que je dois avoir au moins une minute d’avance, et que c’est quasi impossible de la perdre dans ce dernier tour. Je regarde la montre : 6m18 au 2ème tour, je n’ai pas faibli. Le 3ème tour, je n’arrête pas de regarder ma montre : encore 5min, encore 4min, encore 3min.

Je double encore plein de monde. Un gars que je double dit « ah ouais d’accord » quand je le double, et une bénévole dit que j’ai une belle foulée, c’est bon pour la confiance (et pour l’ego !). Mais je suis encore dans l’analyse et je me dis que ça veut dire que les autres vont moins vite, et que ça commence à sentir bon. A 600m de l’arrivée environ, je commence à me dire que c’est gagné, mais je ne savoure pas vraiment, j’essaye de continuer à bien courir. Je double un gars qui s’arrête pour s’étirer, et je lui dis « allez, courage ! », chose que je ne fais jamais d’habitude, concentré sur mon effort. Là, j’ai relâché, mais je garde une bonne allure, jusqu’aux 50 derniers mètres où je me permets des sourires, des signes de la main et je lève les mains… que je redescends tout de suite après la ligne passée pour venir se placer sur mes genoux et essayer de récupérer. J’ai quand même réussi à faire une bonne course à pied je pense.

Le 2ème arrive environ 2min plus tard, on se félicite mutuellement et lui me dit « bravo, beau vélo ». C’est vrai que j’ai creusé l’écart en vélo, mais je pense avoir fait une bonne course à pied aussi.

Au GPS, la CAP, ca donne 18m39 pour 5,22km GPS, soit 3m34/km GPS, environ 3m36/km réel. Environ 10s trop lent par rapport à ce que j’espère donc, mais au vu du parcours, je pense que c’était pas mal, et j’en suis content.

Finalement, j’ai fait à peu près les mêmes temps à 5s près pour les 3 tours, donc j’ai réussi à tenir sur le dernier tour.

Au vu des résultats, j’ai en fait posé le vélo avec un peu moins d’une minute d’avance sur le 2ème (mais qui était le relais) et une minute sur le 3ème, un gars de Bayonne sorti 3s après moi de T1, et à qui je n’ai repris qu’une minute en vélo. Mais ces 2 là n’ont pas bien couru et ont fini 6ème et 14ème. Finalement, le dossard 1 est arrivé 6ème, 2min derrière moi, les 4 et 5ème 10s devant lui. Je lui ai donc repris près de 2min en 15km une fois que je l’ai doublé. Il a dû trop donner sur le début et accuser le coup après.

Donc c’est vraiment à vélo que j’ai construit cette victoire. J’en suis très content car cette année j’avais l’impression d’avoir fait des progrès mais que je n’arrivais pas à concrétiser en course.

A pied, je fais également le meilleur temps, mais je ne reprends finalement que 10s au dossard 1, qui remontera à la 2ème place. A Mimizan, je lui avais repris 1minute ! Mais je pense que c’est surtout lui qui a mieux couru. Le 3ème meilleur temps à pied est loin, à 1m30, ce qui me conforte dans l’idée que j’ai pas si mal couru que ça. Flavien (le dossard 1 donc) fait partie de l’équipe de D2 de duathlon de Pontivy, même si apparemment il n’a pas pris le départ de la première étape.

Et au final, je gagne donc avec 2m10 d’avance sur le 1er et 3m50 sur le 3ème, donc une victoire assez confortable, comme je l’espérais au vu de la start-list.

Evidemment extrêmement content de cette victoire, même si intrinsèquement je ne pense pas avoir fait une perf bien meilleure que mes précédentes courses, mais le contexte fait que j’en retire bien plus de satisfaction.

Je fais une petite recup vélo après la course, et j’arrive en retard pour la remise des prix. Enfin, c’est plutôt la remise des prix qui a commencé en avance par rapport à ce qu’ils avaient dit ! Heureusement, ils me rappellent pour que je puisse aller sur le podium, récupérer ma coupe et mes bons Décathlon et Culture Vélo (cool !) et avoir ma minute de gloire.

J’avais oublié à ce moment, mais c’était support du championnat département, je suis donc champion des Pyrénées Atlantiques (la classe !) et j’ai eu droit à un beau polo, que je mettrai bientôt au boulot pour frimer.

Voilà, cette victoire, je l’attendais depuis un moment. Je crois que j’en étais à environ 15 podiums, sans jamais réussir à gagner, et là c’est presque un soulagement. C’était un de mes objectifs cette saison, et même si je suis conscient que ce triathlon n’avait pas un niveau des plus relevés, une victoire reste une victoire. J’espère aborder mon dernier objectif sans pression. Dans 2 semaines, le S de Baudreix, organisé par mon club, la Tribu 64. Je n’aurai aucune chance de victoire, Fred Belaubre étant inscrit. Mais ce serait cool de faire 2ème ou 3ème derrière lui.

Et puis ensuite, je sais pas trop, mais j’espère réussir à faire quelques courses pour le plaisir, sans pression. Avec cette victoire à Sames, j’efface les déceptions et les frustrations du début de saison, et je peux dire que ma saison est réussie. En cette fin de saison, je ne m’interdis rien, qui sait, si l’envie me prend et la possibilité existe, de monter en distance…

Pour la suite de ma « carrière », avec cette victoire, j’ai réussi tous les buts que je me suis fixé après ma 1ère saison de triathlon, quand je voyais que j’avais un niveau qui pouvait me permettre d’espérer faire de bons résultats, à savoir : empocher des primes (fait à plusieurs reprises : en Guadeloupe, à Mimizan, à la Gileppe), faire un IM (Roth, Afrique du Sud, Zurich) et me qualifier pour Hawaii (fait pour Zurich, même si j’ai laissé mon slot), et donc gagner un triathlon. J’avais déjà gagné un trail à St Vincent chez moi l’année dernière et le triathlon indoor de Comminges en début d’année, mais ce n’était pas un « vrai » triathlon (même si ma victoire à Comminges était face à des triathlètes plus « renommés », toute proportion gardée, qu’à Sames).

Il va donc falloir que je me fixe de nouveaux objectifs. J’y réfléchis déjà, mais je vais me laisser un peu de temps pour voir si c’est raisonnable avant de l’écrire et de passer pour un fou au mieux, un prétentieux au pire. Ce sera sans doute le sujet d’un prochain article.

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Published by benji-triathlon
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