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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 12:41
CR du WE en Andorre (double CLM en montée + triathlon M)

Merci 34*28 !

les classements du tri ici

ceux des CLM en montée ici

les photos du CLM ici

Un bien long CR pour un bien beau WE

Ce Weekend, on laissait Anthony à la maison et on partait faire les débiles en Andorre. Définition de « faire les débiles en Andorre » ?

Très simple :

- un contre-la-montre en montée le samedi matin : 11,8km pour 975m de D+ (8,3% de moyenne)

- un nouveau contre-la-montre en montée le samedi après-midi : 17,3km pour 1130m de D+ (6,5% de moyenne).

- Un triathlon le dimanche avec 1200m de nage à 1600m d’altitude, 35km de vélo avec une grosse descente entrecoupées de 3km de montée, un peu de faux plat descendant avant de se retaper la même montée que le samedi après-midi, puis 8,8km de trail (que je pensais plat, mais ô combien me trompais-je !)

Le WE commencait également par un contre la montre de 4h en voiture pour arriver avant 21h pour pouvoir récupérer les dossards le vendredi soir et ne pas devoir se réveiller plus tôt le samedi pour les récupérer. Pari gagné avec 2 minutes d’avance, facile !

On terminait la soirée par un petit diner en amoureux, on choisit un plat qui me paraissait être à base de féculents. Effectivement il y avait des pâtes, mais il y avait surtout beaucoup de sauce ! Bah, de toutes façons, on n’est pas venu ici pour faire une perf !

Moi, de mon côté, ça fait quand même un petit bout de temps que j’attends ce WE avec envie. J’adore monter des cols par ici, et ce double CLM en montée va me donner l’occasion de me tester en mode compétition et voir un peu ce que je vaux en montagne.

Le samedi matin, on se pointe bien en avance, on s’échauffe un peu, et on regarde les autres participants, il y a l’air d’y en avoir un bon nombre qui ne sont pas venus pour faire de la figuration ! Théoriquement, on devait donner nos temps estimés et l’orga nous fait partir du temps estimé le plus long au plus court (du plus mauvais au meilleur). Donc théoriquement on doit reprendre du temps à ceux devant et se faire reprendre par ceux derrière. Ya des chances donc que je croise du monde. Mais en fait je me souviens plus ce que j’ai annoncé.

Un test au Soulor m’avait vu monter 900m de D+/h en 47min, soit 1150m de D+/h, et j’espérais arriver à 1200m de D+ sur cette montée, soit 48m45s.

J’avais regardé un peu le profil, mais je m’en souvenais pas, et dans ma tête, cela ressemblait au Soulor, une montée pas trop raide, assez homogène. En reconnaissance, on avait vu le panneau du 1er km qui annonçait 10,5%, je m’étais dit : le 1er km est difficile puis après ça doit descendre à 7-8%.

Nicky part parmi les premières, puis moi je dois attendre une petite demi-heure avant de partir. On part toutes les minutes, mais il y a pas mal de non partants. Celui avant moi est absent, donc le premier devant est à 2 minutes.

Avant de venir à Andorre, je me disais que je pouvais peut être viser un top 5. On me fait partir en 32ème position sur 49, donc cela veut dire que j’ai dû annoncer le 18ème temps ! Bon, même si j’espère avoir sous-estimé mon temps (en fait je me souviens plus combien j’ai annoncé), le top 5 parait bien ambitieux, surtout qu’il y a l’air d’avoir des bons cyclistes dans le lot.

Et c’est parti ! Je commence la première partie en faux plat en essayant de pas me griller. Puis la montée proprement dite commence et je commence à appuyer fort. J’ai laissé mon capteur de puissance à la maison car il est monté en plateau standard (39 dents) et là il me fallait un compact (34). Avec 28 dents derrière, je me disais que ca devrait passer facile. Le 1er km est difficile, le deuxième aussi, le troisième aussi ! Mais bordel, ils sont où les km à 7-8% ? ils sont tous à 9-10% là, c’est trop dur ! Je regarde ma fréquence cardiaque, je suis à plus de 170bpm, tout brule, et je n’ai fait que 3km ! Je tiendrai jamais je me dis. Le doute commence à venir : mais dans quelle galère je me suis embarquée ? Je commence déjà à penser à cet après-midi où il va falloir remettre ça ! Une petite descente permet de me refaire mais bien vite cela remonte. On monte en lacées et à chaque virage les pourcentages sont monstrueux. Je prends le plus large possible pour essayer d’atténuer la pente. Entre chaque virage j’ai l’impression que c’est moins pentu mais ils reviennent vite ! Au bout de 8-9km, j’ai l’impression que je me suis refait une petite santé, et j’essaye de redonner un ptit coup ! Sur un passage avec de la visibilité devant j’aperçois un cycliste devant. Je regarde ma montre rapidement pour pouvoir voir mon retard sur lui. Je passe environ 1m15 derrière. C’est bon, ca, si c’est le gars devant, ça veut dire que je lui ai repris 45 secondes. Et derrière, personne ne m’a encore repris à priori.

J’ai l’impression de bien finir la montée mais que c’est dur ! Enfin je passe la ligne, en 49 minutes environ. Je vois que le meilleur est en 42 minutes ! Pfff, c’est un autre monde ! Un participant me dira ensuite que c’est un semi-pro qui s’entraine régulièrement avec Joaquim Rodriguez. Bon, OK, mais c’est même pas un pro le mec ! Ce sont vraiment des brutes les cyclistes !

Moi je suis plutôt content de mon temps, c’est presque 1200m de D+/h. Après, difficile d’être bien sur de la valeur du dénivelé, on est souvent à +/- 50m, donc je sais pas vraiment si je suis monté plus vite que ma meilleure montée au Soulor…

Je me ravitaille et discute avec Nicky. Elle m’annonce qu’elle est dernière des 5 filles, certaines lui ont pris plus de 10 minutes ! Elle avait à peu près la même analyse que moi : « dans quoi on s’est embarqué ! ». En plus, l’orga devait monter nos sacs en haut, où on avait mis nos vestes pour se réchauffer et notre clé de voiture. Même s’il faisait plutôt beau à Andorre, à 2000m, trempé par la sueur, on a froid. Au final ils nous disent qu’ils ont oublié de sortir le sac de la voiture et qu’il faut redescendre la chercher. Avant de descendre, je regarde le classement, je suis 5ème, et pas mal de monde parti derrière moi est arrivé et n’a pas battu mon temps. Il reste 4 ou 5 coureurs à arriver mais d’après mes calculs ils ne devraient pas me battre (ou sinon ils seraient déjà arrivés) et on repart, Nicky ayant emprunté une veste, et moi dans ma trifonction, dans la descente. Je suis bien content de ce résultat et je me dis que le podium est presque possible car le 3ème est à moins de 2 minutes, une défaillance est possible. La descente je suis à 2 à l’heure, et Nicky encore moins vite ! C’est un peu long, je préfère la montée encore ! On a du mal à retrouver les gars pour avoir notre clé, mais enfin on les retrouve et on rentre se ravitailler à Andorre.

On vérifie sur internet ce qu’ils mettaient sur la montée de ce matin, et en fait c’était normal que c’était difficile, « des pentes moyennes à 10% et des passages inhumains à plus de 15% ». Ah ouais, c’était donc ça ! C’est pour ça que le 34*28 me paraissait pas assez petit comme développement !

On regarde le dénivelé pour cet après-midi, et apparemment il y a un km difficile, une petite descente, puis ensuite du 6% quasiment tout du long. Beaucoup plus roulant donc ! Il y a 1130m pour 17,8km, soit 6,3% de moyenne. Pas effrayant comme pourcentage, mais ca fait quand même long. J’espère réussir à monter en moins d’une heure.

Finalement, après un bon repas, on oublie la difficulté du matin, et on repart motivé pour la deuxième montée. On part dans l’ordre inverse des résultats de la première montée. Nicky part donc en 1er ! Et moi, finalement je ne suis que 8ème. En effet, 3 gars qui s’étaient inscrits au dernier moment, qui sont donc partis après le 49ème sur lequel je m’étais basé pour me dire que les gars finiraient pas devant moi, ont fait un meilleur temps. Le podium est impossible, le top 5 quasiment aussi, le mieux que je puisse espérer est 6ème, mais par contre derrière moi c’est très serré, 2 sont derrière à moins de 30 secondes, et plusieurs autres entre 1 et 2 minutes. Je vais faire du mieux possible de toutes façons. Je garde quand même en tête le triathlon de demain même si au départ, je voulais vraiment perfer aujourd’hui et faire avec les forces du moment le triathlon.

Mon plan était de partir tranquille, car dès le 1er km ca monte sec ! Puis, après le 1er km, normalement les pentes sont plus roulantes et je dois essayer de rester constant et rapide.

Je mets le plan en route, sauf que le 2ème km est aussi raide que le 1er, et le 3ème aussi ! Mais bordel, c’est pas possible ! En fait, la montée que l’on devait faire a subi un éboulement, et on grimpait par l’autre versant. Je perds donc un peu de temps sur ces 3 premiers km montés pas trop vite, et le gars parti derrière moi me rattrape déjà. Quand il me passe, je me dis qu’il faut que j’accélère, et je profite de sa présence pour me rebooster. Je reste à distance bien respectable car le drafting est interdit. Ne rigolez pas, même en montagne ca peut être utile, surtout sur une montée comme celle-ci avec des pourcentages pas trop grands. Il me distance petit à petit mais je le garde en ligne de mire sur les 2-3 prochains km. J’ai l’impression que je reviens même sur lui sur les portions moins pentues. Vers le km 7, pas de doutes, je suis revenu à 10-20m, je me dis que je vais le reprendre, qu’il a trop donné en bas. Mais non, il a l’air d’en remettre une couche et il s’éloigne de nouveau. Un autre gars me double, et je n’ai aucune chance de m’accrocher. Les km s’enchainent à 5-6%, j’essaye de tenir 20km/h. Le vent souffle pas mal, j’essaye de me faire petit sur mon vélo. Je me fais encore doubler par 2 ou 3 gars, dont un qui me double à une vitesse incroyable ! Je finis les 2 derniers km dans le dur, surtout que la pente raidit un peu (7% environ, mais ils font mal !). Je ne finis pas en sprint en pensant à l’épreuve de demain.

Je passe la ligne et suis vraiment fatigué. Nicky vient me voir, elle est arrivée depuis 5 minutes environ, mais a l’air en pleine forme ! Elle m’avouera être montée « en mode mémé ». Mais bon, son temps n’est pas dégueu quand même, 1h26, environ 12,5km/h. Quant à moi, 1h02, je suis assez loin de l’objectif des 1h, mais je pense qu’ils ne sont pas inatteignables, l’année prochaine peut être ? Je perds finalement 2 places au classement général, pour finir 10ème, à 3 secondes du 9ème ! Un peu rageant même si ca ne change pas grand-chose au final.

Je suis à peu près à 1100m de D+/h, donc bien moins que ce matin, mais normal me direz-vous, avec la fatigue, la pente moins raide, et le vent qui s’est levé. Au final je suis bien content de ce double chrono mais je suis HS. J’ai trop mal au c.., j’ai les jambes lourdes ! La descente est interminable. Cette fois-ci c’est Nicky qui doit m’attendre, et on se fait enrhumer par à peu près tout le monde. On doit courir pour poser les vélos au parc avant la fermeture à 19h, mais finalement on y arrive sans trop de problème, et on repère un peu les lieux pour le lendemain

On mange un bout, et on va assister au spectacle du Cirque du Soleil, pour lequel l’organisation nous offrait des places. C’était vraiment sympa, en plein air, mais on avait des places debout…

Le triathlon du lendemain s’annonçait grandiose. Pour récapituler, 2100m de D+ et environ 1h50 d’effort à bloc la veille, 1h de spectacle debout pour se finir au cas où, je pense que tous les coachs sauront apprécier à sa juste valeur ce « déblocage » de veille de course !

On se présente donc sur ce triathlon sans aucune ambition. Sur mon dernier M (et le seul de la saison), je m’étais pris une rouste mémorable, à Mimizan, et la dernière fois que j’ai couru en Espagne, le niveau était monstrueux. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai peur de me prendre des grosses baffes pendant la natation, et surtout de finir très très loin au classement. Il y a 400 partants, et j’essaye déjà de me chercher des excuses et de ne pas être trop déçu si je finis au-delà de la 100ème place, ce qui me parait possible, sinon probable.

Je dis à Nicky qu’il est possible qu’elle finisse une nouvelle fois dernière… Elle est d’accord… Bref, on se prépare à une grosse branlée !

L’eau du lac, en altitude à 1600m environ, est froide, 15-16° annoncé, mais quand je me mets à l’eau, elle m’a l’air encore plus froide. J’ai du mal à respirer, à mettre la tête dans l’eau. La mise à l’eau se fait à une centaine de mètres du départ, et en fait quasi personne n’allait à l’eau jusqu’à 3 minutes avant le départ. Puis c’est la ruée, j’ai juste le temps d’arriver à la ligne de départ quand le départ est donné. Et encore, je pense à la 2ème vague qui doit partir 2 minutes après nous, tous n’auront pas le temps de rallier la ligne de départ je me dis ! Donc sans échauff, je pars, j’ai choisi l’extérieur, et c’est le mauvais choix. En plus, j’ai tendance à me déporter encore plus à l’extérieur. Je nage quasi tout seul jusqu’à la première bouée. Ensuite ca va un peu mieux, mais je reste quand même assez seul. J’ai l’impression de remonter du monde, c’est plutôt cool, j’ai l’impression que la tête de course n’est pas très loin. On fait le 2ème tour, là je me cale dans les pieds d’un mec pendant 400m avant de prendre un relais à mon tour. Les 200-300 derniers mètres me paraissent bien longs.

Enfin j’arrive mais je suis pris de crampes quand je me lève, et je tombe en arrière. Les gars derrière moi me poussent, et en plus j’ai la tête qui tourne. J’arrive à m’extirper de l’eau comme je peux, mais tous le peloton derrière moi est passé devant ! Enfin la tête arrête de tourner et je peux courir, j’ai du perdre une vingtaine de secondes dans l’affaire, rien de dramatique.

Arrivé dans le parc à vélo, je vois encore énormément de vélos, et surtout je n’ai vu personne sortir du parc lorsque je suis rentré. Je me dis que je suis à moins de 3 minutes de la tête de course mais en fait ils sont déjà parti depuis longtemps. Mais le « gros » du peloton n’est pas très loin. Je sors en fait 21ème de l’eau sur environ 300, au milieu d’un beau pack : le 8ème n’est qu’à 1m06 devant et le 45ème est 1 minute derrière ! Vu le peu que je m’entraine un natation, je ne peux qu’être très satisfait. En gros, tout comme Vabrousek, mes entrainements, ce sont mes courses. Bon, c’est pas vrai exactement, j’ai fait une sortie en lac de 40min il y a 2 semaines et 1h de piscine avant le triathlon du Lauragais. C’est vrai que je suis pas motivé du tout par la piscine en ce moment, mais malgré cela je garde un niveau très acceptable sur mes courses. J’espère que je retrouverai la motiv pour l’année prochaine et que je pourrai bien progresser pour retrouver et dépasser mon niveau de 2014 !

La transition est très longue, en montée très raide. Nous avions hésité avec Nicky de mettre nos chaussures de vélo à notre emplacement, ou de les laisser sur le vélo, mais nous n’avons pas d’élastique. Au final, j’ai décidé de mettre mes chaussures à mon emplacement. Nous hésitions aussi à quel textile mettre car le matin il faisait assez froid (13-14°C), mais je sentais que le soleil allait être présent rapidement. Le problème est qu’on commence direct par une descente, et on a peut d’avoir froid. Au final je décide de ne rien mettre à part ma trifonction. J’avais choisi de mettre ma trifonction Kiwami car je sais qu’elle sèche vite par rapport à ma trifonction de la Tribu 64. Tant pis, j’ai porté les couleurs de la Tribu la veille sur les chronos, mais je ne pourrai pas sur le triathlon.

Sur le textile, c’était le bon choix, pas eu froid du tout. Par contre sur les chaussures, la pente était raide, et je glissais avec mes chaussures de vélo. J’ai un peu galéré à monter sur le vélo également. Mais bizarrement je fais une bonne transition, le 12ème temps. Je me souviens plus où était pris les temps vous me direz, peut être que c’était avant la montée !

Hop, c’est parti pour le vélo, quelques centaines de mètre de faux plat et puis la descente commence. J’essaye de m’appliquer et de ne pas tétaniser, mais je ne prends aucun risque. Je me fais bien vite doubler en masse. Je n’arrive pas à prendre de belles courbes, je n’ai pas confiance en mes freins, et je n’ose pas freiner trop fort de peur de bloquer la roue. Par contre, l’orga a réussi à bloquer la route dans les 2 sens, c’est royal. Le drafting est autorisé, mais il n’est vraiment intéressant que sur la partie plane de 10km entre la descente et la montée finale. Je n’essaye pas de suivre les trajectoires des autres. Après quelques km, je vois mon bidon se barrer : mon porte-bidon Décathlon n’est pas assez serré, et j’avais embarqué un gros bidon d’un litre, il a pas résisté longtemps. Je n’hésite pas beaucoup à m’arrêter : je continue. S’il a sauté une fois, il risque de resauter encore, tant pis, perdu pour perdu, je ferai le vélo sans eau, car il n’y a pas de bidon prévu au ravito, il faut s’arrêter et le remplir. Au bout de 5km, on aborde une petite montée, précédée d’un faux plat montant. Je bourrine bien comme il faut pour essayer de revenir sur ceux qui m’ont doublé. En particulier un catalan avec qui j’avais fait la course hier, qui avait fini quelques secondes derrière moi. Je me dis que si j’arrive à faire la partie plane et la montée avec lui, ca pourrait aider. On avait discuté un peu la veille, et je l’ai reconnu quand il m’a passé en descente. J’arrive à revenir sur lui dans la montée, et il m’encourage. J’essaye de prendre le plus de temps possible dans cette montée de 1,5km, et je reprends pas mal de monde, je ne regarde pas si on prend ma roue, je m’en fiche. A 10m du sommet, je fais un signe pour que le gars derrière passe, car je sais que je vais le ralentir en descente. Je vois qu’il est seul dans ma roue, c’est bon, j’ai fait un petit écart. Mais très vite dans la descente ca revient. Le catalan me double, comme bien d’autres. Je vois le panneau « km 2 » et je me dis, « allez, plus que 2km de descente, reste concentré, pas de risques, et tu envoies sur le plat pour les rattraper ! ».

Enfin le calvaire finit, je suis sur le faux plat descendant. Et là, c’est gavage, c’est une 2 fois 2 voies, et ils ont complètement fermé une 2 voies rien que pour nous ! Le revetement est bon, je baisse la tête et j’appuie sur les pédales comme un abruti. 45-50km/h, je ne demande pas de relais, mais je commence à sentir que je faiblis. Un gars me passe et prend un relais, j’arrive pas à me souvenir si je l’avais déjà passé et qu’il s’est mis dans ma roue ou s’il vient de l’arrière. S’il vient de l’arrière il est fort car moi je donne tout ce que j’ai, de frustration de la descente, sans penser aux 17km de montée qui arrive. Je repasse devant au bout de 30 secondes, il y a quelques virages que je ne négocie pas très bien et j’entends des cris derrière ! Et oui, faut pas me suivre de trop près, je suis très mauvais dans mes trajectoires ! On passe dans un petit tunnel, gros gavage ! mais bien vite on arrive au pied de l’ascension finale. Je suis déjà au taquet quand je commence, et je m’attends à voir tout le groupe me passer mais non, je reste devant, même si j’essaye de pas me mettre encore plus dans le rouge. Au bout d’un km, je vois que je suis seul. Bon, c’est que je dois pas être si mauvais. Un peu plus loin devant, je vois le catalan et je m’applique pour le reprendre, petit à petit. Je dépasse un peu de monde et je reviens sur lui au km3 environ. Je suis content car cela veut dire que je monte pas trop mal. Je me mets un peu dans sa roue, on se salue, et on prend des relais chacun son tour. De temps en temps on reprend un gars qui essaye de s’accrocher ou qui prend quelques relais, mais ils sautent tous au final. A un moment je reprends un gars qu’on avait eu du mal à reprendre, je me cale dans sa roue pour retrouver du souffle, mais apparemment ça ne lui plait pas, il fait des gros écarts et accélère. Je comprends pas trop sa tactique, je continue sur mon rythme et je le reprends un peu plus loin. Il ferait mieux de se mettre dans notre roue et de nous aider, mais il a pas l’air de vouloir. Au bout d’un moment, lui aussi craque.

On reste avec le catalan, et ca aide bien car dès que je faiblis devant, il est là pour prendre le relais. Je sens que je monte moins vite qu’hier (normal) mais j’ai l’impression que c’est pas si mal que ca. Vers le 10ème km de montée, mon compagnon me fait comprendre qu’il est cuit et qu’il me laisse partir. J’essaye de l’encourager, mais je sens qu’il a encore des ressources et il s’accroche à ma roue. Moi ca me dérange pas, il avait l’air sympa, et si ca peut lui profiter, tant mieux. Je prends donc maintenant une majorité de relais, mais au bout de 3km, il s’est refait une santé et peut reprendre quelques relais. Il reste 3km environ et il me dit qu’on ferait bien de ralentir un peu pour préparer la CAP. Je suis d’accord et de toutes façons je commence à sentir que je ne peux plus appuyer bien fort sur les pédales ! Je lui demande s’il lui reste de l’eau et il m’en file un peu. J’en profite pour essayer de manger un peu mais je n’ai que des barres. J’en prends une demi, je n’arrive pas à avaler le reste. Quasi rien quoi. Mais je n’ai pas faim, la fringale n’est pas encore là. Les 2 derniers km sont encore difficiles, et j’ai du mal à m’accrocher. C’est moi finalement qui craque et je le laisse prendre quelques mètres d’avance. Enfin on arrive, mais il faut monter encore plus haut que hier !Pfff, ça n’en finit pas. Je finis une dizaine de secondes derrière lui. En arrivant au parc, je vois qu’il n’y a pas trop de vélo, je m’imagine environ 20ème.

Au final, je fais le 24ème temps vélo. Il y avait un temps intermédiaire au début de la dernière montée, comme ça on a le chrono de la première partie (descente, petit col de 1,5km, re-descente, faux plat descendant de 6-7km environ) et de la deuxième (17km de montée). Je fais le 19ème temps de la montée, en 1h07, soit 5min de plus qu’hier quand même, mais on peut enlever environ 1m30 de montée en plus, donc plutôt 3m30 de plus. C’est pas si mal car j’ai vraiment lutter sur la fin. Bon, par rapport aux meilleurs, je suis quand même à 10 min environ sur la montée. Et en tout, je perds 14min sur le meilleur, et 9min sur le 2ème. Finalement c’est pas si mal, sur 1h40 de vélo.

Et sur la première partie, je fais le 62ème temps, en 30m30. Mon camarade catalan me reprend 1m45 sur cette partie quand même ! Et les meilleurs 4m15. J’aurai aimé avoir le chrono uniquement des descentes, car je pense que c’est là que je perds beaucoup de temps, vu que j’ai fait le petit col et le faux plat à bloc. Je pense qu’en estimation basse j’ai du perdre 2m30 sur la descente face aux gars qui finissent dans les 50 premiers du général. Ca fait quand même pas mal sur 15 min environ de descente, mais ca fait partie de la course ! Je me dis toujours qu’il faut que je travaille ce secteur mais je n’y arrive pas, j’ai trop peur !

Je commence donc la course à pied dans une position inespérée, un top 20 en vue.

Je commence à l’aise, je sais pas trop à quoi m’attendre. On est à 2000m d’altitude, donc il parait que c’est plus difficile de courir à cette altitude. Je pensais avoir lu que le parcours était plat, mais je vais vite déchanter. On court un petit km sur l’herbe, puis on passer sur des cailloux et ca monte, ca monte. Je me mets bien vite à marcher. Dès que ca monte trop, je marche. J’arrive à me remettre à courir sur le plat mais je sens que c’est pas la grosse niaque ou la grosse perf. Malgré cela, personne ne revient de derrière, et je reprends quelques coureurs devant. Je n’ai pas trop le temps d’admirer les paysages. Enfin on redescend, et arrive le premier ravito. Je bois un peu de tout, 3 verres, et je prends un gel, qui me fera du bien. Encore une mini bosse puis c’est parti pour un long faux plat descendant où j’arrive difficilement à 4m15/km. Pourtant j’ai l’impression de bien me donner. Je ne suis pas à bloc, je ne veux pas me faire trop mal je pense, et je redoute une nouvelle montée. En fait, je crains qu’il y ait 2 tours et de devoir me retaper toute la montée. Les bip de ma montre à chaque km m’encouragent, et au 6ème bip, je reprends confiance en me disant qu’il n’y a qu’un tour ! On descend en lacet, et je ne vois personne devant, personne derrière. Puis j’aperçois vers la fin quelqu’un devant, mais assez loin, et derrière ca a l’air de revenir aussi, mais assez loin également. Je ne trouve pas l’envie pour me défoncer et essayer d’aller gratter une ou 2 places au général. Comme d’habitude, malheureusement, je me satisfais de ce que j’ai déjà. Je reprends quand même du terrain mais sans vraiment chercher à faire la différence. Je passe enfin la ligne d’arrive, extrêmement satisfait de cette course que j’ai l’impression d’avoir très bien réussie, malgré tous les éléments qui me faisaient craindre le pire. Le plus bizarre reste le fait que je n’ai pas bu du tout pendant presque 2h et pourtant je ne me suis pas senti déshydraté. Pourtant, au début de l’année, même sur des sprints, j’avais l’impression d’avoir été déshydraté et d’avoir en partie foiré ma CAP à cause de cela. Pareil pour la nourriture, une demi barre pour 2h d’effort, puis un gel, et c’est passé, alors que je suis normalement gros mangeur, même sur le vélo.

Au final, je ne fais quand même pas un super chrono à pied, je suis 18ème, à 4m40 du 1er, en 46m10. Mais c’est pas si mal, et si on regarde par rapport au 5ème temps par exemple, je ne suis « que » à 2m30.

Je finis 13ème de cette course, et je pense que c’est ma meilleure course de la saison, encore une fois de manière un peu inexpliquée.

Je me dis que du coup, j’aurai pu faire beaucoup mieux, sans le CLM et le spectacle la veille, en me placant mieux au départ natation, en buvant et mangeant sur le vélo, en étant mieux préparé, mais finalement, je ne sais même pas si cela m’a vraiment pénalisé ! Donc je pense que le top 10 était largement jouable (le 10ème à 50sec), mais au-delà, on va pas s’enflammer, les écarts sont quand même énormes : le 7ème à 5min, le 5ème à 9min, le 3ème à 14m30, et le 1er à 24min !

Le premier est un espagnol qui a fait les JO de 2004, donc normal qu’il soit loin devant. En regardant sur internet, il s’est quand même fait rattrapé par la patrouille comme on dit, en 2013, mais sa suspension a finalement été annulée, je n’ai pas trop compris pourquoi. Bref, c’est lui qui a les meilleurs temps dans toutes les disciplines, sauf en CAP où il est 2ème.

Donc pour la première fois de la saison, je suis vraiment satisfait de ma course. Nicky quant à elle finit également très bien, très loin de la dernière place, 6ème sur 18 filles et 183ème, avec une bonne nat et une bonne CAP.

Quant au titre de cet article, le 34*28, heureusement que je l’avais. Depuis que je suis rentré, je regarde pour réussir à baisser encore mon développement. J’hésite à prendre un 30 dents derrière, ou même passer en triple plateau. Moi j’aime mouliner, alors pourquoi lutter à 70rpm en montagne si je peux passer à 85-90rpm. C’est contraire aux croyances ancestrales cyclistes (quand je pense que certains montaient et montent encore des cols en 42*23 !), mais je suis convaincu que cela sera bénéfique. Bon, par contre j’ai déjà muni toutes mes roues de cassettes 11-28, ca va couter cher s’il faut tout changer !

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Published by benji-triathlon
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