4ème au L de Lacanau ! Nouvelle course référence !

Publié le par benji-triathlon

Depuis octobre et ma reprise, il s’est passé 7 mois. 7 mois où j’ai bien enquillé, de bons entraînements, 2 stages, un ironman en janvier, et 2 courses de prépa en avril. 


Je sens (sais!) que j’ai réussi à faire de beaux progrès dans les 3 sports, et c’est le moment de le montrer. Mais, je traverse quand même une période compliquée, avec une douleur au genou qui ne passe pas, j’ai du lever un peu le pied, et même stopper quelques entraînements quand c’était trop douloureux. Je crains une fissure du ménisque, et je ne sais pas comment va se passer la suite de la saison. J’ai donc décidé de faire ce L de Lacanau à fond (comme toujours vous me direz) mais surtout en objectif, donc avec le ‘tapering’ qui va bien. La blessure aidant, j’arrive donc avec pas mal de fraîcheur. J’ai envie de faire une belle course, au cas où ma saison devait s’arrêter là. 
Je n’ai pas regardé la start-list, mais le matin même je vois que de nombreux bons coureurs sont là. J’essaye de me mettre aucune pression. Podium ? n’en parlons pas ! Top 5 ? ce serait un miracle ! Top 10 ? oui, c’est un bon objectif ! De toutes façons, je ferais de mon mieux, et j’irai chercher toutes les places que je peux.


Je reconnais le parcours la veille, même si c’est le même parcours que l’année dernière. Je constate que je pourrai tout placer sur le gros plateau. Tant mieux, car je n’ai toujours pas réglé mon problème de dérailleur avant. Il y aura moins de vent que l’année dernière, ça devrait rouler plus vite.
L’avant-course se passe bien. On a pris assez d’avance pour avoir le temps de bien tout faire comme il faut. Je m’échauffe bien, me met sur la ligne, et cette fois-ci, la ligne de départ est assez large, et je peux me mettre en 2ème ligne sans problème. Quelques minutes avant le départ, je vois Lucho et Chris juste à coté. Un coup dans la main, quelques encouragements, et on se reconcentre.
Les dernières minutes sont longues, et enfin on part. L’année dernière, j’étais parti à fond, en courant le plus loin possible dans l’eau peu profonde, puis en dolphinant, et je m’étais retrouvé dans les toutes premières places. Mais après j’avais souffert ! Cette fois-ci, je pars sagement. De toutes façons avec mon genou, je veux pas courir en canard. Donc je marche dans l’eau, je reste dans le groupe jusqu’à plonger quand il y a un peu de place.
Je suis bien dans le rythme, et assez vite je me retrouve dans un petit groupe. Je resterai avec le même groupe tout du long, sans trop de difficulté. J’ai bien essayé de me mettre devant à un moment, mais d’autres ont du avoir la même idée, et on se retrouve à 4 de front sur le trajet du retour ! Bon, je me laisse redescendre et me remets tranquille dans les pieds.
Je finis cette natation très content de moi. Je vois qu’il y en a devant bien sur, mais je pense avoir bien nagé, et n’avoir jamais du vraiment puiser fort dans les réserves.
Au parc à vélo, on m’annonce 15ème à 5min de la tête. 5min c’est beaucoup vous me direz. Mais non, devant c’est Sébastien Fraysse, 5min, c’est bien (4m30 même en vérité). Je fais une transition moyenne où je galère un peu avec ma combi, mais ressors quand même 15ème. Un spectateur annonce à un concurrent juste à cote de moi que Boris Dessenoix est à 20s devant. Boris, il avait gagné le Frenchman l’année dernière, en me collant 5m30 dans l’eau. Donc là je me doute qu’il n’est pas au top de sa forme, mais quand même, c’était un bon boost au moral. En tout cas, ça part bien, l'année dernière, je sortais 32ème à 5m30 du même Fraysse.

Gniiiiiaaaaaa, elle est où cette fermeture éclair ???!!!

oui, oui, je suis bien en train de faire la course, tranquille !


Je pars vite, et dans la première descente, je veux enfiler mes chaussures, mais je galère pas mal. Je perds un peu de temps, mais enfin, c’est mis, c’est parti, et je peux appuyer. Et j’appuie fort ! Je double quelques gars, les km commencent à défiler, et personne ne me double… Bizarre… Je reviens sur un gars de Parthenay, peut être Boris ? Je me dis que c’est pas possible, il est bien meilleur que moi. Mais après une minute passée derrière, je vois bien que je peux aller plus vite, et je le dépasse. Un peu plus loin, je vois au loin 3 gars à la queue leu leu (mais clean niveau drafting). Je me rapproche petit à petit. 30s avant de les rejoindre, je vois un arbitre, et je me dis qu’il va falloir que je prenne aucun risque et que je reste bien en dehors de la zone de drafting. Je reste 4ème du groupe pendant quelques minutes pour récupérer un peu. Je prends un gros plaisir. Je me dis que je suis pas loin du top 10, dans un groupe de 4 (c’est pas le « Kona Train » mais bon, c’est un début :-)), et que je suis « dans la course ». Pour la première fois, sur une course avec un niveau un peu relevé, j’ai l’impression d’être « dans la course » dès le vélo. Certes au Frenchman je finis 3ème, mais en vélo j’avais beaucoup de retard, et pas l’impression d’être acteur. Là, je suis bien, je passe 3ème du groupe à la faveur d’une petite cote, et un peu plus tard, je double les 2 autres et je continue sur mon rythme. Je me sens fort, ma puissance développée est bien haute. Sans doute un peu trop haute pour que ça puisse tenir jusqu’au bout. Mais je me dis « je joue, on verra bien, c’est le moment de prendre quelques risques ». Vers le 25ème km, virage un peu serré à droite, une mamie traverse la rue juste après le virage, on manque l’accident à pas grand-chose. Heureusement que je le prenais un peu large, mais j’ai été obligé d’aller de l’autre coté de la route, heureusement que la circulation était arrêtée ! Et Chris passe à ce moment là. J’espérais le voir le plus tard possible. 25Km, c’est à peu près ce à quoi je m’attendais. A Lacanau il m’avait repris au bout de 20km environ. 

Mais c'est pas vrai ! Le photographe se planque pile à l'endroit où je galère avec mes shoes !

Admirez le Cube qui m'a permis de rouler à 40km/h :-)


Mais cette fois-ci, je vois avec plaisir que j’arrive à garder son rythme sans trop de souci. Je vois même que ma puissance baisse un peu, mais je décide de rester sagement derrière pour le moment. Déjà, même à 12m, je dois avoir une petite aide de drafting, et c’est aussi plus facile d’avoir quelqu’un devant, mentalement.
Je reste donc comme ça jusqu’à la fin de la première boucle. Des amis de la Tribu m’annoncent 10ème, le premier à 10min. Petit coup au moral, même en roulant très bien (il me semblait), Fraysse m’a quand même pris 5min en 40km ! Je me dis qu’on ne joue pas dans la même cour, et j’évacue cette info. Juste à ce moment, Lilian Jegou nous double. Lilian est ancien cycliste pro, qui a déjà fait le Tour de France. Chris laisse un petit trou, et je décide d’essayer de suivre Lilian. Je passe Chris et j’ai Lilian en ligne de mire. La puissance augmente, pour le coup ! Mais je tiens, et les prochains km sont un peu difficiles, avec un peu de circulation, et en particulier une voiture qui tracte un bateau qui nous double puis est à l’arrêt sur les dos d’âne. Lilian le double, moi j’essaye, mais il ré-accélère et je me retrouve en danger à sa gauche, avec des voitures qui arrivent en face. Je gueule, et je crois qu’un bénévole sur le coté de la route aussi, et le gars freine, et j’arrive à passer.
Chris me repasse un peu plus tard et me dit qu’il faut essayer de s’accrocher à Jegou. J’acquiesce, mais quelques moments plus tard, Chris s’arrête, et lève la main. J’imagine qu’il a déraillé, mais en fait il a crevé, je l’apprendrais à la fin de la course. Dommage, ça fait un allié de circonstance en moins sur le vélo, et j'aurais aimé qu'on se tire la bourre à pied pour la revanche d'Arcachon!

Moi je continue avec Lilian en ligne de mire. J’arrive à le suivre encore quelques km, puis au bout d’un moment, il s’éloigne petit à petit. Je sens que les jambes commencent à ne plus répondre aussi bien qu’avant. Il reste environ 20km, et je commence mes petits calculs « si je termine à 220W, j’ai quand même une moyenne de 260 » , etc. Je me dis que je vais peut être exploser, que j'ai été con d'appuyer trop fort au début. J'ai peur de voir plein de mecs revenir de l'arrière. Mais surtout j’essaie de rester bien aéro, et finalement, la puissance ne baisse pas tant que ça. Je ne vois personne sur ces 20-25 derniers km. La T2 se profile, et je vois enfin un coureur sur lequel je reviens, et je pose quelques secondes derrière lui, 10ème. Derrière, c'était juste, les 11, 12, et 13ème étaient juste derrière en fait. le 11ème je l'avais doublé 20km avant et il m'a suivi, et les 12 et 13ème ont fait un meilleur vélo que moi, donc ils ont du revenir de l'arrière.
Je roule sur ces 81 km environ, à un chouilla plus de 40km/h. Je n’aurais jamais cru y arriver un jour, même sur M. Alors là sur un L (assez court c’est vrai), je suis aux anges. Le parcours était certes très rapide, mais il y avait quand meme quelques petits coups de cul et un peu de vent. Mon nouveau vélo/nouvelle position, y est pour quelquechose, c'est sur, mais j'ai aussi appuyé plus fort que d'habitude !
Malgré cette belle moyenne, je ne fais que le 20ème temps. Certes à 9min de Fraysse, mais à « seulement » 4min du 5ème et 2min du 10ème. Je suis très loin des meilleurs, mais avec le bon niveau sur cette course, je perds relativement peu de temps. Comparé à l’année dernière, je gagne un paquet de minutes par rapport à pas mal de concurrents, ce qui semble confirmer, si besoin était, mes progrès dans cette discipline, et ce bon segment sur cette course.

Je fais une bonne transition, je ressors, et suis surpris d’entendre le speaker annoncer Colin Arros, juste derrière moi. Il est normalement bien meilleur que moi, au moins en vélo, je suis très surpris. En fait, à la lecture des résultats, il est rentré en transition 1min avant moi, mais il a du trainé en T2. Avec son short à fleurs, il est reconnaissable pour les spectateurs, et j’entends plein de « allez Colin ! » derrière moi. Je n’y prête pas attention, mais je suis content de constater que ces encouragements ont l’air de s’éloigner, c’est que je cours plus vite ! Devant, le gars avec qui je suis sorti prend de l’avance. Moi j’ai comme consigne de rester 3km « sage » avant de lâcher les chevaux. Je perds du temps sur ces 3 premiers km (30s environ), mais je m’affole pas. Après 3km, j’ai le droit d’accélérer, mais ce n’est pas hyper franc. Ce doit être suffisant quand même, car je reviens vite sur le gars devant, que je double au 5ème environ. Je vois qu'il s'agit de Tom d'Oloron, également sponsorisé par Aviva Assurances. L'année dernière, il avait posé bien avant moi, mais avait explosé à pied. Là, il a une bonne allure à pied, mais je me dis qu'il va encore exploser. Finalement il tiendra jusqu'au bout, et fera une très belle course. Entre temps, on a repris Lilian Jegou, qui essaye de s'accrocher, mais je vois bien qu'il galère. Finalement, il ne m'aura repris qu'environ 1m30 sur la fin du vélo.

Dès le début de la CAP, on peut pas dire que j'ai l'air "facile" !


A la fin du premier tour, je me retrouve 7ème. Je sais qu’après, il y aura tous les coureurs dans leur premier tour, donc ce sera difficile de savoir ma position. Je continue sur un bon rythme, mais c’est difficile ! Il reste 14km, il fait chaud, il va falloir être fort ! Il y a un petit demi-tour où je peux constater que je me suis rapproché d’un gars de Hennebont, que j’avais vu dans le premier tour. Mais il court bien, ça va pas être facile. Au début du 3ème et dernier tour, je commence à le voir, 200m devant. Je me rapproche petit à petit, et le double au 16ème km. Mais il s’accroche, et moi je commence à être au bout du rouleau. J'ai un peu peur que ca revienne de l'arrière, je sais pas si les gars sont proches. Ces 5 derniers km seront bien difficiles, avec toujours l’impression que ça va revenir de derrière. Nicky est là et me dit qu’il y a encore un gars à aller chercher devant « avec des chaussures rouges ! » . Moi, je lui demande tant bien que mal si le gars de Hennebont est loin derrière, mais elle me dit qu’il n’y a personne. Je me fais mal pour aller chercher le gars devant, c'est fait au dernier ravito quand il s'arrête, et le dernier km je ne lâche rien. Je passe la ligne d’arrivée et je laisse éclater ma joie, ma rage, et ma fatigue ! On m’annonce 4ème ! C’est trop bon. J’ai l’impression d’avoir fait une course pleine, la meilleure de ma vie. Une course référence dans les 3 sports !
Je reste sur mon petit nuage, mais je redescends un peu à la lecture des résultats en CAP.
Je cours en 3m53/km GPS, seulement 4s/km environ de mieux que l’année dernière. Il faisait un peu plus chaud cette année, et le parcours un peu plus long (21,7 environ contre 20 et quelques l’année dernière), mais un peu plus facile (une partie dans l’herbe supprimée, une partie sur bitume rajoutée). Mais je ne fais que le 4ème temps, et je perds 2min sur le premier. Derrière, le 5ème est quand même à 3min, donc j’ai quand même repris pas mal de temps à pas mal de monde.
Au final, 4ème donc, à quand même 14min de Fraysse. Comme l’année dernière finalement ! Mais bon, pour moi, c’est sur, j’ai fait une bien meilleure course, et je pense que Fraysse a été très très fort, comme Menneson 2ème. J’ai hâte de voir ce qu’ils seront capable de faire sur le Championnat de France.
Le podium est à 2m30. Le 3ème est le gagnant de l’année dernière, qui m’avait collé 15min... J’ai fait une super course, je n’ai pas de regrets, je ne pense pas que j’aurais pu faire beaucoup mieux. Comme je disais, légère déception en CAP, mais largement compensé par la nata et le vélo.

Les résultats ici

Donc là, quelques jours après, je devrais être aux anges, mais tout ne va pas pour le mieux. J’ai toujours mal au genou. Je suis très fatigué, et j’ai même choppé une bonne infection dans la bouche, que j’ai commencé à traiter aux antibio. On m'a arraché la dent de sagesse douloureuse aujourd'hui, bien carriée, si vous voulez tout savoir (non, je ne mettrai pas de photo, bande de dégueulasses!)

Bref, la sensation que mon corps est en train de me lâcher, et dans la tête, ça ne suit pas non plus. Je devais faire une semaine de stage, mais je jette l’éponge au bout de 2 jours et je rentre chez moi me ressourcer. J’espère que l’IRM que je vais bientôt passer expliquera ma douleur au genou, que l’infection à la bouche va se résorber, que je vais retrouver la forme, l’énergie, et l’envie.
Je devais faire Challenge Salou dans 3 semaines, mais je ne veux/peux plus y aller. Je vais rester dans le coin, faire les courses locales (à priori Mimizan, Sames, Revel). C’est certes en contradiction avec mon nouveau statut de « pro », mais je vais essayer d’éviter la fatigue des voyages.
Donc normalement dans 2 semaines je serai à Mimizan, sauf si mauvaises nouvelles d’ici là !

Je me souviens plus si je l'avais déjà écrit, mais l'objectif principal est devenu le full distance de Vittoria, début juillet. J'espère réussir à récupérer, faire un bon dernier bloc, et arriver en forme pour cette échéance, même si toute ma saison (et mes stages) étaient programmées pour un pic de forme début juin. Je fais confiance à coach Nick pour adapter cela au mieux.

 

crédits photos: huruguen.fr
 

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