CR du triathlon M de Mimizan

Publié le par benji-triathlon

C’est parti, on va essayer de rattraper le retard dans les prochaines semaines.
On va commencer par les 3 courses pré-Vitoria, et donc en premier lieu le M de Mimizan, le 20 mai.

 

Avant la course, les nouvelles sont rassurantes.
Au niveau du genou tout d’abord : l’IRM n’a rien montré, le ménisque, que je craignais fissuré, est intact, comme le reste. Et depuis quelques jours, j’ai l’impression que ça va de mieux en mieux. Je poursuis toujours les investigations médicales, mais je reprends l’entrainement « intensif », avec pour objectif dans 7 semaines le full distance de Vittoria.
Pour une fois, je ne fais pas le S et me concentre uniquement sur le M. Par le passé, j’avais fait par 2 fois 26 ou 27ème, mais en ayant fait le S le matin. Cette année, c’était l’occasion de faire un peu mieux.
Mais j’essaye de me mettre aucune pression, ce n’est pas un objectif, je veux simplement prendre du plaisir, et faire du mieux possible. Mais je me fixe quand même quelques objectifs (forcément…). Idéalement dans le top 10 ce serait super, car le niveau est souvent assez dense. J’ai repéré dans la start-list au minimum 5 athlètes contre lesquels je n’ai aucune chance, et un bon paquet qui sont de mon niveau ou meilleur. Mais si c’est top 15, c’est déjà pas mal, et sinon, ben ce sera pas grave, du moment que je prends du plaisir et suis content de ma course.
La veille, je repère le parcours. Même si je le connais bien, j’ai passé plus de 20 étés à Mimizan, c’est toujours bon de se remémorer. Et je me rends compte que les 15 derniers km, avec un peu de relief et un revêtement vraiment pas terrible, me font bien mal aux jambes.
La tactique sera la suivante : une belle nata, comme m’a demandé le coach ; puis un début de vélo appuyé pour essayer de ne pas me faire reprendre par des groupes en drafting, nombreux à Mimizan, 10km de récup avant d’entamer la dernière partie où il faudra remettre des watts. J’ai envie de faire un bon vélo. Et à pied, on verra bien ce qui sort.
Je ne suis pas hyper confiant avant le départ et un peu stressé, je sais pas trop pourquoi. Je me sens pas en confiance pour la nata, et le fait que ce soit le gros objectif du jour, de réussir cette nata, me rajoute du stress. Je me place sur la ligne de départ un peu à droite, car je n’ai pas envie de bastonner avec tous les favoris qui vont se mettre sur la gauche car le parcours est un peu plus court. Si j’avais lu mon CR d’il y a 2 ans, je me serais peut-être fait violence pour partir à gauche, car j’avais fait la même chose, et il s’est passé la même chose : j’ai perdu quelques dizaines de mètres dès le départ !

 

J’ai l’impression d’être pas mal, je suis tranquille, mais je vois qu’il y a un bon groupe à ma gauche. Jusqu’à la première bouée je nage seul, et après la première bouée, je suis dans les pieds d’un gars, mais je vois que devant il y a un beau groupe, mais on est en train de se faire décrocher, il y a 10 mètres à combler. Je me fais violence, je déboite et accélère pour combler le trou. J’y arrive assez bien, je suis très content d’avoir réussi à faire l’effort, et je récupère dans les pieds. J’ai l’impression que le groupe est énorme. Petit à petit, je remonte, et je vois qu’il y a un assez grand trou devant avec le groupe devant. Je pense être dans le groupe de chasse, avec les favoris devant.
Sur la fin de la nata, je coince un peu, j’avais essayé de me mettre devant pour relancer, mais je n’arrive pas vraiment à distancer les autres.
Je sors plutôt content de moi, mais à la lecture des résultats, c’est la cata ! Presque 5min de perdu sur la tête, 42ème, 5 féminines devant, 20-30s de perdus sur des mecs que j’avais devancé sur des triathlons plus tôt cette année.
A la transition, je vois 2 de ces mecs qui sortent quand moi je rentre, c’est ma première indication que la nata n’est pas si réussie que ce que j’espérais, mais en sortant du parc, on m’annonce dans les 25, et je me dis que c’est pas mal du tout. En fait j’étais bien plus loin, j’ai du mal entendre. Mais tant mieux car ça m’aurait donné un mauvais coup au moral.

T1 pas trop mal réussie, et j’enfourche le vélo prêt à en découdre !

 

Dès le début, les jambes sont bonnes, j’appuie donc sans réfléchir selon la tactique voulue. Je récupère quelques personnes, et personne ne me double. C’est quand même plaisant de moins se faire doubler en vélo que les années précédentes. J’ai en ligne de mire un gars sur les premiers km, sur lequel je reviens toooooooout doucement. Au bout de 5-10km, je reviens enfin derrière lui, et j’essaye de récupérer un peu. Mais je vois que les watts descendent trop, il va falloir doubler. Là je sais pas si lui accélère ou juste j’étais protégé derrière lui, mais je dois faire un gros effort pour réussir à le passer. J’essaye de ne pas trop ralentir une fois que je suis devant, et ça fait du bien de se remettre à une puissance « tenable », et je continue mon effort. Je suis bien en place, j’ai l’impression d’aller vite. Je ne mets jamais ma moyenne sur mon compteur, pour ne pas me plomber le moral si je ne vais pas vite, ou l’inverse me ralentir de peur d’exploser si je vais trop vite. Je gère juste aux sensations et capteur de puissance. Mais à Mimizan, tous les 5km, il y a écrit sur la route le nombre de km. Au 15ème, je jette un coup d’œil au chrono, et je vois que je suis bien au-dessus de 40km/h. Ça me booste bien. J’espérais bien sur atteindre cette vitesse, que j’avais tenu sur 80km à Lacanau, mais c’est toujours pour moi un « palier » symbolique : rouler à 40km/h, je trouve ça toujours grisant. Bref, le comparse que j’avais doublé me redouble, assez aisément, et me dit « on se prend des relais ! » ou un truc du genre. J’ai pas trop le temps de répondre, mais intérieurement je me dis « des relais, pourquoi pas, mais pas dans les roues ! », mais surtout je me dis, si je suis dans ma cible de puissance derrière lui, je ne passerai pas devant ! Et effectivement, il a du se refaire un peu la cerise, car je reste derrière et ne peut pas doubler. On continue comme ça jusqu’à revenir à Mimizan-ville, à la moitié du parcours environ. Sur cette portion plane quasi en boucle, j’ai roulé à 42km/h ! Il y avait un peu de vent mais pas trop. Inutile de dire que j’en suis très satisfait. Mon nouveau vélo Cube et ma nouvelle position (trouvé tout seul mais qui a l’air d’être aéro) doit pas mal aider, car je suis plus fort (en puissance) que les années précédentes, mais j’ai pas non plus passé un énorme palier qui expliquerait ce gros delta de vitesse.
Bref, on arrive sur la 2ème partie de course : un peu plus de virage, puis les bosses. En sortie de Mimizan, il y a un peu de circulation, je suis un peu retardé et ne veut pas prendre de risque. Alors que j’avais redoublé mon compère un peu avant, il me redouble, avec un autre. J’ai peur de voir à ce moment défiler 5-6 mecs, mais non, il n’y a qu’eux deux. Je les perds un peu du fait de la circulation, mais on revient sur un gars que je sais bon nageur, et suis content de le reprendre là alors que ya 2 ans, je le reprenais juste en fin de CAP !
Arrive alors les bosses de Mimizan. Elles ne sont pas très longues, quelques centaines de mètres à chaque fois, mais peuvent être un peu pentues, et le revêtement est pas terrible. Si on n’en a pas gardé un peu sous le pied, on peut perdre beaucoup de temps. C’est ce qui m’était arrivé ya 2 ans, et cette année, j’avais un peu temporisé, environ 5km, derrière mon compère, en prévision de l’effort à fournir.
J’attaque cette partie bien, mais dans les bosses je me fais doubler, même si j’appuie fort. Je ne panique pas, je monte fort, mais en garde pour relancer une fois la bosse passée et reprendre sur les faux plats les autres. Une fois la dernière grosse bosse passée, obligé de mettre petit plateau, je double une dernière fois mes 2 compères, et ensuite je bourrine dans les 2 dernières bosses qui peuvent se passer sur l’élan. Il ne reste que 5km sur une route défoncée où là encore on peut perdre du temps. Je suis encore bien, très content de ne toujours pas faiblir, et je fais l’effort jusqu’au bout, pour ne pas perdre betement 20-30s en relachant trop sur la fin.
J’arrive à T2, je vois mon père qui fait arbitre. Je m’attends à un petit mot, voire mon classement, mais je n’entends que « pied à terre ! ». C’est qu’il prend son rôle à cœur ! En fait, il me dira qu’il m’a même pas reconnu !

Bonne T2. Même s’il fait pas très chaud, je m’arrose copieusement d’eau avant de partir en CAP. Personne ne m’a dit mon classement, mais je pense être déjà dans les 10-15 premiers, vu que je pensais être 25 en sortant de l’eau, et que j’ai doublé pas mal de monde à vélo. En fait, je suis 19ème/20ème, mais tant mieux si je ne l’ai pas su.

 

Je fais un super vélo en 1h00m33s officiel, T2 incluse. Un chouilla plus de 40km/h. J’ai bien résisté dans la seconde partie donc. Avant la course, j’espérais tenir ces 40km/h malgré la fin de parcours compliquée, mais la veille, après reconnaissance, je me disais que c’était impossible. Sur la fin du vélo, je voyais mon chrono à 58-59min, et je me disais : c’est pas possible, tu vas finir en moins d’1h ! Très très content de ce vélo, même si ce n’est que le 17ème temps ! Ya vraiment des brutasses ! Mais bon, hormis par rapport à Valentin Rouvier, qui me prend 4min, je limite très bien les pertes : 2min de perdus sur les autres brutes, et même 1m20 sur Brice Gayant, 6ème temps, qui avait gagné à Arcachon en me prenant 4min en vélo… et ensuite à peine plus d’une minute de perdu sur le 7ème temps vélo. Et je ne perds plus de temps par rapport aux meilleurs globaux systématiquement en vélo : sur les 10 premiers, je fais 6ème temps vélo. C’est plus qu’honnête !

 

On peut revenir à la course à pied. Je me sens bien, on commence par une montée, que j’avale sans me mettre dans le rouge. On a plein d’encouragements, c’est cool. Au bout d’un km environ, ma mère est là avec mes 2 enfants. Ils me reconnaissent juste quand je passe, et je suis encore lucide pour leur lancer un « coucou » et un sourire. Mais je m’arrête pas, faut pas abuser non plus ! La partie la plus difficile arrive juste après, 200-300 mètres dans le sable mou. Les années précédentes, il y avait un chemin en bois sur lequel on pouvait courir, mais cette année, rien. C’est la galère, on avait repéré avec Nicky la veille et réfléchi à la meilleure stratégie. On avait même pensé à enlever les shoes pour courir pieds nus et les remettre ensuite, pour éviter d’avoir trop de sable dedans. On avait essayé de repérer les endroits plus « durs » aussi pour avoir des appuis moins fuyants. Bref, je fais du mieux possible. Je reprends du monde, et dans la partie boisée aussi. Je commence à me dire que je suis en train de faire une course de folie, mais je connais quelques personnes qui devraient être devant moi et j’essaye de les reconnaitre, mais à chaque fois, ce sont des personnes ou des noms (quand ils sont marqués sur leur trifonction) que je ne connais pas. Il y a une petite bosse encore vers le 3ème km. Un gars est devant, je me dis que je vais temporiser pour bien relancer derrière, mais même en temporisant, je le double dans la montée. La fin du 1er tour je suis hyper bien, je suis hyper fréquent, j’ai l’impression d’être une mobylette ! 2ème tour, il y a plus de monde, mais l’orga nous donne un « collier » orange fluo, que l’on peut voir d’assez loin pour reconnaitre qui est dans le même tour que nous.
Je continue à doubler, mais je double un mec en particulier, que je crois reconnaitre d’Arcachon : on avait posé le vélo ensemble et il s’était accroché pendant un km à pied. Mais s’il est là, c’est que je fais pas une si bonne course. Je me doute qu’il y a un truc qui cloche, d’après mes comptes je suis dans le top 5 et je vois encore des mecs devant, et je n’ai doublé aucun « favori ». J’ai l’impression d’être dans le dur après la dernière bosse, il reste 2km et ça ne va plus. Heureusement, je vois juste devant à 20m un gars dans son premier tour qui court bien. Je fais l’effort de revenir sur lui, ça me relance, je reste un peu derrière puis retrouve un second souffle. Il y a encore des places à aller chercher devant ! Je me bats avec moi-même pour ne pas me contenter de ce que j’ai et aller chercher plus loin devant, mais que c’est dur. J’ai la chance d’avoir en ligne de mire toujours des gars avec un collier orange. Dans les derniers 500m, je double un gars qui encourage son pote qui est en train de finir ; je le double et il crie à son pote : « fais gaffe, ça revient ! ». Un autre crie : « allez, t’es top 10 ! » Alors que j’étais prêt à jeter l’éponge, ça me rebooste, je me remets un coup de pied au c.. et je lance mon « sprint » de très loin. Enfin une indication sur ma place, mais c’est pas ce que j’espérais. Enfin, le top 10 est juste là devant quand même. Sur les 200-300 derniers mètres, le parcours se partage, et il ne reste que ceux dans le dernier tour. Je vois qu’il y en a 2 juste devant, mais en plus 1 ou 2 encore un peu plus loin. Je double les 2 gars quasi en même temps. L’un d’eux est à l’agonie, mais l’autre pourrait s’accrocher. Il crie « mais quelle bombe ! » quand je le double, mais je n’ai pas la force de rire ou de sourire ! Il y en a encore un devant, mais je n’arrive pas à me dépouiller pour aller le chercher. Les 50 derniers mètres je baisse les bras et regarde derrière pour vérifier que ça ne revient pas. Ouf, la ligne est franchie ! On m’annonce 9ème.

 

Bizarrement, j’ai eu l’impression de ne pas être bien ces 2 derniers km, mais je les ai couru hyper vite : 3m30 et 3m23 les 2 derniers km, alors que sur l’ensemble de la course je suis vers 3m43/km. Ce n’est pas exceptionnel (idéalement j’aimerais réussir à courir 36 voire 35 sur CD), mais vu le parcours pas forcément évident, ce n’est pas si mal.
Je ne fais que le 7ème temps à pied, très loin des 2 premiers (2m45 et 1m30), mais je sais qu’ils sont de très bons coureurs, et finalement le 3ème temps n’est qu’à 22s. Donc je pense que j’ai quand même fait une bonne course à pied.

Au final, 9ème donc, juste en dessous de 2h. Après le sub-4 à Lacanau, mon premier sub-2 en CD ! Bon, yavait pas la distance en course à pied mais bon…
Je finis quand même à presque 8min du gagnant, Louis, l’ancien de la Tribu, avec qui j’avais roulé quelques jours avant alors qu’il testait pour la première fois un vélo de CLM. 8min, c’est le tarif, rien à dire.
Les 5 premiers sont « intouchables » (plus de 3m30 devant). Yavait du niveau : 3 de D1, le champion de France LD en titre, Méchin (touche à tout : duathlète qui fait des top 5 en D1, et top 50 ou 60 sur IM Hawaii en 9h, et accessoirement il gagne Frenchman en 8h24 une semaine après Mimizan !) et champion australien de cross-tri. Mais derrière, quelques petits regrets. J’ai 2 places à 4 et 10 secondes devant. Avec les primes, ça fait 60 euros de plus à 10s. C’est con quand même. Mais bon, la 11ème place est 6s derrière, donc je suis au milieu ! Et le 6ème (l’australien) était peut être prenable sur un meilleur jour, 1m25 devant.
Voilà pour Mimizan, content de rentrer dans le top 10 sur cette course relevée, même si ce n’était pas une course préparée ou objectif, j’espérais faire un bon résultat.

Les résultats ici


Cette course confirme surtout mes nouvelles dispositions cette année en vélo (5min de gagné sur même parcours par rapport à ya 2 ans…), et que j’arrive à bien enchainer à pied. Enfin, bonnes dispositions à vélo, mais aussi meilleur vélo, avec mon Cube, on va pas tout mettre sur le compte de mes mollets !
Reste à se re-rassurer en nata, et à réussir à faire aussi bien sur beaucoup plus long, en espérant également que j’arrive à tenir ma nouvelle position aéro sans difficulté sur un peu moins de 5h ! Avec ces nouvelles références chrono, j’espère bien ne pas être ridicule en vélo à Vitoria. Je ne connais pas très bien le parcours, mais au Pays Basque, ce sera difficile d’avoir une super moyenne, mais j’espère surtout ne pas perdre trop de temps pour ne pas être hors du coup en course à pied et avoir une chance de revenir !

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