CR du M de Casteljaloux

Publié le par benji-triathlon

3 semaines après Challenge Almere, j’avais prévu d’essayer de perfer sur distance half, sur le rebond de l’IM, avant d’amorcer la coupure. J’avais vu L’extrememan Narbonne, avec souvent une start list assez dense sur les 5 premiers. Ça pourrait être sympa.

Mais quelques jours avant, mon corps me lache : j’ai de nouveau mal aux dents, j’ai une crève pas possible. En plus, Nicky est en course la veille, et il faudrait que je prenne la route de nuit pour arriver à l’arrache à Narbonne. Je décide d’annuler, je suis pas en mesure d’être performant. Mais je cherche quand même une solution de remplacement, plus proche, moins compliqué pour s’y rendre, et plus court. Ce sera le M de Casteljaloux, qui a l’avantage de se courir l’après-midi, et qui a une start-list assez dense, mais où je pense pouvoir quand même jouer la gagne et me faire plaisir.

La météo est idéale, la température du lac un peu fraiche. 
Je me positionne à gauche au départ, et je vois que les jeunes qui devraient se retrouver aux avants-poste en nat sont là également. Il s’agit de Sébastien Pascal, du TTM, excellent nageur et coureur, qui fait de la D1, et des jeunes de Blanquefort, dont Dylan Gomesse, qui fait de la D2 et qui nage et court bien. Je ne me fais aucune illusion, je ne chercherai pas à prendre leurs pieds, ils sont un voire 2 crans au-dessus de moi. Mais je me dis que je les aurai en point de mire au moins jusqu’à la première bouée, situé environ 150-200m en face.
Le parcours nata est bien clair : un rectangle, une sortie à l’australienne, et un 2ème rectangle.

Où est Charlie ? Un indice ? Au dernier plan, 2ème ligne, le seul qui a pas l'air pressé (ça aide la barbe aussi)

C’est parti ! Et je prends un super départ, je suis juste derrière les jeunes, et j’arrive à tenir les pieds pendant 50-100m. Je vois un gros troupeau à droite, mais moi je nage seul, et j’ai les jeunes juste devant pour me guider. J’arrive à la première bouée, et je constate avec plaisir que je suis quelques mètres derrière les jeunes, mais surtout devant le troupeau à ma droite. Je suis 1er du « reste du monde », quoi ! Mais maintenant je me retrouve seul. J’ai quand même les jeunes en ligne de mire, et je m’applique à nager propre, droit. Puis un concurrent me remonte et me double assez vite. L’indice des lunettes roses me fait penser que c’est une féminine, qui avaient une zone de départ décalée, qui a dû perdre du temps au départ, et qui remonte maintenant comme une balle pour essayer de reprendre le groupe de tête. J’essaye quand même de prendre ses pieds, et je réussis pendant 100-200m, mais le niveau est trop élevé, j’ai peur d’exploser, je préfère temporiser et je nage seul. Je finirai la première boucle comme ça, j’essaye de prendre les écarts au passage de la dernière bouée en comptant mes coup de bras. Je vois que je suis à priori à moins d’une minute, ça me booste bien. Je signe tout de suite si je sors d’un 1500m avec seulement 2min de retard sur ces jeunes !

Un coup d’œil derrière à la sortie à l’australienne pour voir si je continue mon effort seul ou si ça vaut le coup d’attendre des mecs derrière moi pour nager grouper. Je vois que derrière, je n’ai pas fait de gros trous, mais il y a quand même 10-15s je pense, et après c’est très éparpillé. Je décide de poursuivre seul pour essayer de creuser un peu les écarts sur mes autres concurrents.

Sortie à l'australienne

La deuxième partie se passe bien, jusqu’à la moitié du parcours environ, où je sens quelqu’un me toucher les pieds. Arggggghh, ils sont juste derrière ! Je voulais essayer de creuser l’écart, et y en a qui sont revenus. Mais bon, je me sens bien, et je continue sur mon rythme sans chercher à ce qu’il prenne un relais. Sur les derniers 50m, il essaye de me doubler, mais j’ai pas fait tout en tête pour me laisser doubler à la fin. J’accélère un peu et je sors juste devant. Je vois que c’est Ludo Prouzet, avec qui j’ai discuté un peu avant la course, et je sais que c’est un excellent cycliste, et j’espérais sortir un peu devant lui pour prendre un peu d’avance, et idéalement pouvoir m’accrocher quand il me dépassera à vélo (pas en draftant, non…).

A la sortie de l'eau, Ludo derrière qui va me doubler d'ici quelques secondes...

Mais il fait une bien meilleure transition que moi, et j’ai déjà 10-15s de retard à la sortie de T2.
Coté comptable, je sors 6ème de l’eau, derrière Pascal, sa sœur qui m’a doublé dans l’eau (indice des lunettes roses :-)), et les 3 de Blanquefort.

Les chronos sont pris après T2, et j’ai 2m18 de retard sur Pascal, et entre 1m30 et 2m06 sur les 3 de Blanquefort.
Derrière, j’ai quand même réussi à faire un petit trou. Le 8ème est à 15s, et le 9ème déjà à 45s.
Le speaker nous donne les écarts, et je suis confiant de réussir à revenir sur les jeunes devant.
Je suis hyper content de cette nata à posteriori. Mais c’est bizarre, à Almere j’ai vraiment l’impression d’avoir nagé comme une m…, alors que sur les 3 courses suivantes (2 à Baudreix et là), je suis hyper satisfait et ce sont peut-être mes meilleures natations en compet. Difficile à expliquer, mais j’espère que j’arriverai à utiliser cette bonne base de fin de saison pour réussir à m’améliorer encore en natation l’année prochaine. C’est quand même sympa de sortir devant de l’eau, on se sent tout de suite dans la course !

Bon, après c’est moins drôle. J’appuie comme un bourrin pour essayer de revenir sur Ludo, mais peine perdue, je ne reprends rien et je sens que je suis en sur-régime, je suis obligé de le laisser partir et il prend le large. Je reviens assez vite sur la féminine devant, puis je me retrouve seul. Mais lors d’une petite côte, un gars me double. Mais ça roule bizarre, je suis obligé de me mettre en roue libre, et même en ne prenant aucun risque drafting (je visais 10m pour 7m réglementaire), ma puissance chute et j’ai l’impression de me trainer. J’hésite à repasser direct, mais j’attends une autre petite côte, où je sais qu’il va aller plus vite que moi. Une fois sur la descente roulante, je repasse devant, et je compte bien ne plus me relaisser passer devant. Encore une petite cote où il revient à côté de moi, mais cette fois-ci il ne passe pas, et je continue.
Le parcours est globalement plat, avec quelques faux plats et toutes petites cotes.
Au bout d’une vingtaine de km, j’ai enfin en ligne de mire les gars de Blanquefort. Je pensais revenir plus vite que ça. Je prends des écarts et je vois que je reviens petit à petit. 1min/45s/35s/25s, l’écart fond à vitesse grand V. A un virage assez serré à gauche, avec de la visibilité, je vois qu’en fait derrière moi il y a du monde, 4-5 personnes ! Ils sont revenus de l’arrière mais après ils sont pas passés !

Et juste quand il restait 15s à boucher sur Blanquefort, le même gars me repasse devant. Et là, alors que je pensais que j’allais revenir en 1 ou 2min, j’ai l’impression qu’on stagne, on galère à revenir. Ça me saoule. Je vois maintenant que les 3 de Blanquefort sont là : il y en a 2 devant, et un un peu derrière, sur lequel on revient. Mais lui est en train de revenir sur les 2 devant.

Bref, ce qui devait arriver arriva, regroupement général à environ 10km de l’arrivée. On est un groupe de 8 et c’est du grand n’importe quoi. Les distances ne sont pas respectées, ça roule à 2 de front. Un gars de derrière passe et essaye d’imprimer le tempo. Moi je suis dernier mais repasse 5ème quand un gars commence à laisser un trou. Puis je me refais doubler et je n’y tiens plus. J’appuie fort sur les pédales et advienne que pourra, j’ai pas l’intention de finir la course en roue libre. Je me doute que ce sera difficile de faire sauter tout le monde, vu les distances entre les coureurs, il faudrait que je sois bien au-dessus du lot pour y arriver. Mais j’ai quand même l’intention d’essayer. Si j’avais été un peu intelligent, pour jouer le podium, j’aurais dû rester au chaud pour garder de l’énergie pour la CAP, mais je me dis que je peux peut être essayer de gagner quelques secondes sur le vélo. Bien que la CAP soit mon point fort, je suis pas serein, je sais que Gomesse en particulier court bien, et que de mon côté, la puissance que je suis capable de sortir en vélo montre que je suis pas dans un grand jour.
Bref, j’appuie comme je peux, mais c’est pas la folie non plus. Avant la T2, 2 me repassent devant, et on arrive à 8 groupés à T2. Je n’ai pas d’yeux derrière la tête pour savoir si certains draftaient, et je ne me retourne jamais en course, mais bon, je pense quand même que quelques petits cartons se sont perdus.

La meute aux trousses à T2 !

Je refais une transition foireuse. Un gars me passe entre la rembarde et moi juste quand je vais pour accrocher mon vélo. Sympa ! Je fais l’erreur d’enfiler la casquette avant mes chaussures. C’est rien, quelques secondes, mais ça aura son importance ! Juste quand je pars, je constate que j’ai oublié ma montre sur le vélo. Tant pis, je courrai sans. Même 10s de perdus, je sens que je peux pas me permettre.
Le speaker nous annonçe à plus de 3min des premiers. Je sais que pour la victoire, c’est mort. Pour la 2ème place, je me dis que si Ludo explose et que je fais une bonne CAP, ya peut-être moyen de revenir. Mais vraisemblablement, il ne reste que la 3ème place sur le podium à aller chercher. Et là, yen a 2 qui partent à fond les ballons. Entre la T2 et les 500 premiers mètres, ils ont déjà plus de 20s d’avance. Moi je repars avant dernier du groupe, mais au bout d’un km, je suis en chasse des 2 premiers du groupe pour la 3ème place. Je me dis qu’ils sont partis beaucoup trop fort et qu’ils vont exploser. On fait un demi-tour et je constate que Pascal est effectivement loin devant avec une super foulée. Ludo a l’air bien, je n’arriverai pas à le reprendre. Et les 2 devant tiennent le rythme pour l’instant. Et ils s’éloignent même petit à petit.

la foulée lourde, et l'oeil hagard. Pas de doute, je suis dans un bon jour !

Il y a 2 tours, et après le 1er tour, je ne les vois même plus. Je sens que je suis pas bien, je n’avance pas terrible, et j’ai même peur que ça revienne de l’arrière quand je passe et qu’ils annoncent un gars de mon groupe qui a l’air d’être juste derrière.
Arrive le demi-tour, et je vois que Gomesse est en train de craquer, l’autre (de Versailles), a 20-30m d’avance. De mon côté, je sens que la 5ème place est inévitable. Je ne reviendrai pas, et derrière c’est assez loin.
Mais vers le 8ème km, je vois un gars devant marcher, et surprise, c’est le gars de Versailles ! Il essaye d’emboiter le pas de Gomesse quand il le double, mais il s’arrête quelques centaines de mètres plus loin. A mon tour de le doubler, il s’accroche, j’ai peur qu’il récupère et me dépose, mais non, il est cuit et se remet à marcher. Et je vois que je reviens fort sur Gomesse !
Purée, il va donc falloir que je bataille jusqu’au bout ! Il a plein de personnes pour l’encourager, mais je reviens petit à petit. Je sens que ça peut le faire, ce sera juste. On arrive dans le dernier km, je suis pas si loin que ça, peut-être 15s. On a une partie un peu sablonneuse, j’essaye de faire l’effort pour revenir. On arrive dans les 300 derniers mètres, et j’ai le coup de bambou (physique ou mental ???). Dans ma tête, c’est fini. Puis quelques secondes plus tard, j’arrive à retrouver l’envie de me battre, et je ré-accélère. Mais les derniers 100-200m sont pas mal en zigzag, et j’arrive sur la dernière ligne droite de 30m avec encore 5s de retard. Je tente quand même me tout pour le tout, mais il entend la foule et sprinte aussi, et j’échoue pour 2s.

 
Forcément un peu déçu, mais je savais que ce serait difficile de sortir une belle course aujourd’hui. Ça m’aurait bien fait plaisir de le gratter sur la ligne et de finir par un petit podium, mais l’avantage, c’est que j’ai pu rentrer chez moi pas trop tard sans attendre le podium !
De manière objective, je n’ai pas fait une super course, surtout en vélo et en CAP. Je fais seulement 8ème temps vélo, à plus de 3min des 2 premiers (mais 1m30 du 3ème), et 3ème temps CAP (Pascal, qui écrase la course, me prend 3min !, et Kevin Deschamps presque 2min). En temps normal, je devrais pas être trop loin de ses temps, mais bon, je sentais que j’étais pas au mieux. Mais bizarrement, ces 2s ne me restent pas en dehors de la gorge. C’était une course sympa, tant pis, c’était pas du tout un objectif donc c’est pas grave. Je pense que j’aurais pu lutter pour la 2ème place (Ludo Prouzet 1m30 devant) dans une meilleure journée, mais ce n’était pas mon jour.

Et voilà, dernier triathlon pour une année riche en 2018. Je finis quand même un peu sur les rotules, et suite à cette course, j’ai fait une bonne coupure, pour essayer de repartir sur de bonnes bases pour 2019.

Ayé, saison terminée !

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