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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 21:44

Profitant d'un WE entre amis à Vaisons la Romaine, j'embarquais mon mulet monté en compact (34-50*12-25) dans l'intention de m'attaquer au Mont Ventoux.

Chez Fanny - Vaisons - Ventoux 009

J'avais prévu une bonne sortie de 130 bornes en finissant par le Mont Ventoux, mais ressentant un peu de fatigue, je change au dernier moment l'itinéraire pour le réduire à 110 bornes, en passant par le Ventoux au début de la sortie, vers midi.

Dès le début de la sortie, comme à mon habitude, je me perds à essayer de chercher une hypothétique route à travers la montagne, et après quelques A/R sur des petites routes à fort pourcentage, je me résouds à passer par la nationale. Cela m'aura au moins permis de m'échauffer à la grimpette. Plus je m'approche du Ventoux, plus je me sens tout excité à l'idée de tenter l'ascension. J'avais décidé de le monter par Bédoin, qui est considérée comme la plus difficile (21,5km à 7,3% de moyenne).

J'arrive à Bédoin après 30km, prêt pour l'ascension. C'est seulement le deuxième col HC auquel je m'attaque. J'avais gravi très douloureusement le Tourmalet il y a presque 10 ans, à l'occasion de mes débuts en vélo de route. Ca avait été un très très long chemin de croix, malgré mon triple plateau. J'avais du posé pied à terre au moins 2 fois, et je n'avais rejoint le sommet que parce que mon pote m'attendait là haut et que je n'avais pas le choix.

C'est donc avec beaucoup de prudence, de respect, et un peu d'appréhension que j'abordais le Ventoux.

L'objectif premier était de le monter sans poser pied à terre, et j'espérais en moins de 2h, pour avoir une moyenne à plus de 10km/h.

 

Les premiers km sont plutot faciles, avec une pente oscillant autour de 4%. Je passe direct en petit plateau, et mouline tranquillement, en essayant d'en garder sous la pédale. Ca donne du 18 à l'heure environ.

Après 1km de faux plat, arrivent les premiers forts pourcentages au km6, je passe direct le plus petit braquet, j'essaye de passer encore une vitesse, et j'entends comme un gros frottement de pédale: la chaine se coince entre les rayons et le pignon, la butée est mal reglée. J'ai le reflexe d'arreter de pédaler illico et de freiner toute de suite. Je me vois deja en train d'appeler ma copine pour venir me chercher, à 6km du début du Ventoux, et je m'en veux d'avoir été négligent sur mon matériel. Mais ca va, apparemment pas de casse, je vais pouvoir repartir.

Il fait plutot bon, il y a beaucoup de monde sur la route, on entre dans une jolie foret, bref, la montée s'annonce très agréable. Je trouve mon rythme sur les pentes plus raides, et je constate avec surprise que les bornes commencent à indiquer des pourcentages plus redoutables, entre 8 et 10%, mais que mes sensations sont bonnes, je les passe sans problème, à 12-13km/h, voire 11km/h pour les portions les plus pentues.

 

En m'attaquant au Ventoux, je m'attendais à souffrir, mais je suis agréablement surpris, tout se passe à merveille, je gère mon effort et avance bien. Je double beaucoup de monde, et personne encore ne me rattrape.

Au bout d'une douzaine de bornes, je me rends compte que je vais réussir l'ascension sans problème, et j'essaye de me donner un peu plus pour essayer de faire un bon chrono. Je me souviens quand meme des quelques pages que j'ai lu sur le Ventoux, et me garde de tout lacher tout de suite.

J'arrive au Chalet Reynard, encore en forme, je sais qu'il me reste encore environ 6km, avec une pente plus douce que les 9% de moyenne que je m'enchaine depuis une dizaine de km.


Chez Fanny - Vaisons - Ventoux 010

C'est à partir de là que le paysage lunaire apparaît, que le vent se fait plus présent, et que les degrés C° commencent à chuter. J'enfile les manchettes que j'avais aux poignets, et admire la magnifique vue que l'on a de là. Mais très vite le vélo reprend ses droits, et je me reconcentre sur la pente devant moi. On peut voir également la longue ribambelle de cyclistes éparpillés sur la route, ca donne des bons points de mire.

Je trouve la force et l'envie de passer quelques dents, et je monte à 18-19km/h sur les premiers km, avec une pente de 5-6%. Petit à petit ca devient plus dur, et à 1,5km de l'arrivée (col des Tempetes pour les connaisseurs), virage à gauche, il ne reste qu'une longue ligne droite, qui me paraît bien pentue. Je me prends des rafales de vent sur la gueule. C'est difficile d'admirer le paysage dans ces conditions. Je m'accroche (littéralement) à mon vélo et essaye de bien appuyer pour ce dernier km, qui est vraiment, comme on peut le lire, le plus difficile. Je descends à 11km/h dans les partes les plus dures, mais je ne faiblis pas trop.

 

Un dernier virage et j'arrive en haut: 1h32 à mon compteur! Personne ne m'a doublé pendant l'ascension… Je descends du vélo, j'ai mal au genou depuis quelques km, il fait froid, il y a beaucoup de vent. Les amis sont venus me rejoindre en haut du Ventoux en voiture. J'ai le choix, soit je descends dans mes vetements, mouillés par la sueur, avec un petit coupe-vent, avec les mains gelées, et je continue mon tour, soit je m'installe dans la voiture et je mets le vélo dans le coffre. A 1912m d'altitude, on reffléchit pas comme à 200m, quand on prépare le parcours sur une carte. Je prends une petite photo, démonte lé vélo, et hop, retour en voiture!

Je pense que c'était la bonne décision, je me suis bien fait plaisir sur cette ascension, je pense que le reste de la sortie aurait été moins bonne et pas forcément profitable...

 

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Published by benji-triathlon - dans général
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