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8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 15:00

 

Pas de miracle, mais pas une catastrophe non plus, et quelques regrets.

 


Voici enfin la première course 2015 sous mes nouvelles couleurs, dans un format sur lequel je n’ai aucune expérience: un duathlon S avec drafting (5/20/2,5). Je n’ai jusqu’à présent fait qu’un seul duathlon dans ma vie, l’année dernière, mais c’était un long, et ma seule expérience de drafting date de ma 1ère année en triathlon il ya déjà 5 ans.

Le parcours vélo est de type « critérium », avec 4 tours et 4 virages à 90° plus un demi-tour par tour, autant dire beaucoup de relances. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, moi qui ai l’habitude du no-drafting et donc de l’effort linéaire sans à-coup.

La préparation hivernale n’étant pas au niveau des années précédentes, je ne m’attends pas à faire des miracles, mais j’espère ne pas avoir trop régressé non plus. Bref, ce sera un bon test. Les dernières semaines, j’ai l’impression d’être pas si mal que ça en vélo, malgré le peu de volume, mais par contre j’ai l’impression de ne pas être bien à pied. La course se fera de toutes façons au feeling.

Côté pratique, j’ai décidé de faire toute la course avec mes chaussures de course à pieds, pour optimiser les transitions. D’autant plus en conditions drafting, quelques secondes de perdues à la transition peuvent faire la différence entre accrocher le bon paquet ou se retrouver tout seul en chasse patate derrière (oui, faut écouter le Tour de France pour comprendre les expressions). J’ai convaincu Nicky de faire de même. On est tous les 2 aussi nuls en transition l’un que l’autre, et je suis sûr que l’on peut gagner 30s/1min sur la transition, et que l’on ne les perdra pas sur le vélo à rouler avec des chaussures normales. Des générations de cyclistes l’ont fait, ya pas de raisons. Au final, je pense que c’était le bon choix.

L’échauffement est limité à son strict minimum, 5min avec 2 accélérations, on a juste le temps de changer Anthony, lui donner à manger, essayer de l’endormir avant de passer le relais aux gentils accompagnateurs de la Tribu 64 qui se proposent de le garder pendant qu’on fait la course. Heureusement, il fait un super beau temps.

Sur la ligne de départ, on écoute le briefing, et je sens que j’ai déjà un peu soif. Pas bon ça. Puis à un moment ça part, tout le monde court alors que le départ n’a pas été donné. Je me dis : « c’est pas possible, on va pas tous griller le départ quand même ». Je suis atterré et me mets à marcher en me disant que je vais pas courir si c’est comme ça. En fait, le départ est donné 200m devant et tout le monde courait pour aller se positionner en 1ère ligne. Du coup je me fais avoir une nouvelle fois, je suis bloqué, impossible de me mettre devant, je suis en 5-6ème ligne, je suis deg, car une nouvelle fois, je sais que 10-15s de perdu sur la première CAP peut faire la différence entre le bon groupe ou pas.

 
Ça part très vite, je me fais même doubler par pas mal de monde sur les 100-200 premiers mètres. Je me dis que c’est débile, il ne peut pas y avoir autant de monde capable de courir 20km/h sur 5km. Et petit à petit, effectivement, je « ramasse les morts », comme on dit, sauf que là je les ramasse au bout de 1-2min ! Ya vraiment des gros problèmes de gestion là ! Bon, moi je ne suis pas un modèle en l’occurrence, car en analysant ma course, je vois une lente régression de la vitesse au fur et à mesure des 5km. Je dois perdre un bon km/h entre le début et la fin.

Au bout d’un km, je voyais que j’étais pas si mal, car c’était assez groupé à l’avant, ils n’étaient pas bien loin. Au demi-tour, je vois que des petits groupes se forment et moi je commence à coincer, mais je fais l’effort pour essayer de continuer à remonter. Malheureusement, sur le retour, le vent est de face, et je n’arrive pas vraiment à profiter de l’abri des autres concurrents, et je fais le train une bonne partie du retour.

Je lève un peu le pied sur la fin pour essayer de récupérer avant le vélo. Je suis aux environs de la 25ème place, et déjà étonné de ne pas avoir réussi à être mieux classé. Je cours à environ 17,3km/h (GPS). Pas énorme donc, mais finalement je ne perds « que » environ 1 minute sur les meilleurs !

 
La transition se passe bien, forcément, mais les premiers km en vélo seront extrêmement difficiles. On est 2-3-4 à quelques mètres les uns des autres, et ça part très très vite. J’essaye de m’accrocher à un gars qui fait un gros effort, mais j’ai le palpitant au taquet ! On est loin de la gestion de l’effort sur un format sans drafting. J’arrive à prendre un relais à un moment, mais j’ai l’impression que le gars me rattaque au moment de prendre le relais. Je laisse presque tomber à un moment et fais signe au gars derrière de passer, mais je me souviens plus trop comment j’arrive à rester dans les roues. On se retrouve finalement à 3, et on essaye de s’organiser tant bien que mal pour recoller au gros paquet devant. Mais que c’est dur ! les relais arrivent vite, à chaque virage je perds quelques mètres que je dois combler le plus rapidement possible, et à chaque demi-tour c’est l’horreur 20s à fond pour ne pas se faire décrocher ! Vraiment ça n’avait rien à voir avec une course sans drafting dont j’ai l’habitude, avec un effort linéaire, tout en auto-gestion. On reste à 3 pendant environ 2 tours à bien appuyer sur les pédales sans réussir à reprendre le groupe devant avant de se faire rejoindre par un groupe plus important d’une dizaine de coureurs. Là je peux enfin un peu plus récupérer, je me mets à l’arrière et ne passe plus un relais ! Heureusement, il y a 3 coureurs de l’équipe des pompiers de Bordeaux qui se relayent à l’avant et qui assurent une très grosse partie du travail. J’avoue que je suis resté caché derrière, mais c’était pas de tout repos, surtout avec les relances comme je disais. Il y avait une partie en faux plat montant, et généralement c’était là où je me sentais le mieux, ce qui me rassure un peu sur ma condition physique à vélo.

Sur le vélo, je n’étais pas hyper à l’aise, mais c’était moins la cata que ce que je craignais. J’arrivais à me faire une place dans le groupe sans problème, et les dépassement de groupes auxquels on prenait un tour se passait plutôt bien, même si on s’est fait insulter à un moment par 2 compétitrices qui ont trouvé qu’on les avait doublés d’un peu trop près. J’avoue qu’il y a eu quelques moments un peu chaud, en particulier quand 2 gars devant moi ont commencé à se toucher par l’épaule et à prendre appui l’un sur l’autre pour ne pas tomber… j’ai vite décalé sur le côté pour les éviter au cas où ils chuteraient, mais ils ont réussi à regagner l’équilibre.

Sur les 2 derniers km, je trouve que ça ralentit un peu, j’ai réussi à récupérer, et je décide de me porter vers l’avant. J’essaye aussi de m’acheter un semblant de confiance pour apporter « ma pierre à l’édifice », surtout que je connais un peu un des gars qui roule fort devant depuis un moment, et je me disais que j’allais essayer de l’aider. Je vois que le gars en question a pris une dizaine de mètres d’avance, et je décide d’y aller. Je le relaye assez vite, puis je lui fais signe de passer, mais rien ne vient. J’essaye encore 10-15s et je refais signe, mais je commence à m’asphyxier, je regarde derrière, tout le monde est bien calé. Je me relève un peu mais reprend la 2ème place, et je reprends un relais assez vite, et j’entre au parc à vélo en premier, toujours environ 20-25ème. Il y a encore pas mal de monde dans le parc, j’essaye d’écouter le speaker qui annonce les groupes devant, mais c’est pas facile. De toutes façons, dès le début je sens bien que les jambes ne répondent pas. J’ai l’impression d’être en mode yogging, de ne pas réussir à avancer, et, ce qui est pire, que je ne trouve pas l’envie d’aller dans mes retranchements. Je me contente de mon petit niveau, je ne veux pas essayer d’aller plus vite, et quasi tous les gars de mon groupe me passent dès le 1er km, malgré les quelques secondes que j’ai gagné à la transition à ne pas changer de chaussures. J’essaye juste de reprendre mon souffle, et en fait je gagne sans doute rien à la transition car je prends mon temps pour remettre mon vélo et enlever mon casque. Je n’ai pas du tout bu en vélo, j’étais tellement concentré et à bloc que je n’ai pas pris le temps d’aller chercher mon bidon, et j’ai la bouche ultra-sèche.

2,5km, c’est pas grand-chose me direz-vous ! Ceux-là ont été longs, et c’est de mon point de vue la plus grosse déception de la journée, de ne pas avoir réussi à courir à bon niveau, mais surtout de ne pas avoir réussi à aller dans mes retranchements. Je l’ai joué « petit joueur » en fuyant l’inconfort et la souffrance plutôt que d’aller chercher la performance.

Je réussis néanmoins à me motiver sur les 200 derniers mètres pour aller chercher une place et finir 26ème. Je cours ces 2,5km à 16km/h environ (au GPS). Autant dire très loin de ce que je pensais être capable de faire, et plus d’un km/h moins vite que ma vitesse sur le premier 5km ! J’étais donc effectivement bien cramé !

Le niveau était très dense, et le top 20 était à 20s, le top 15 à 40s, le top 10 à 1m10, le podium à 1m40, et la victoire à 2m20.
Je ne suis donc pas si loin que cela…

Le but de cette course était quand même avant tout la qualification à la demi-finale de D3 de duathlon. On est très loin du compte et très loin de la qualif. Pas vraiment de regrets sur ce point, car on n’avait tout simplement pas le niveau. Même si on avait tous fait la course parfaite, ce ne serait pas passé, les équipes qui se sont qualifiées étaient tout simplement meilleures que nous.

Au final, c’était un format nouveau mais vraiment sympa. J’en tire un nouveau respect pour ceux qui font des courses avec drafting. Moi j’ai toujours trouvé que le court n’a rien à envié au long, mais j’ai toujours été adepte du no-drafting, car je trouve que ça dénature la course. Au final, selon moi, c’est sûr que le drafting dénature la course (dans le sens où la tactique de course, et la chance de se retrouver ou non avec un bon groupe, qui s’entend, a un rôle prédominant dans le classement final), mais la partie vélo n’est vraiment pas plus facile que sans drafting. L’effort est différent, mais j’ai vraiment serré les dents et eu les cuisses en feu à plusieurs occasions pendant la course.

Au global, je suis quand même déçu de ma performance, mais j’essaye d’en tirer quelques enseignements pour la suite. J’ai noté :
-          J’ai effectivement perdu en CAP, mais c’est peu surprenant
-          Je n’arrive toujours pas à accepter l’inconfort/la souffrance en course. Cette course devait être un test à cet effet, mais je ne m’y suis pas assez préparé mentalement je pense. C’est à refaire donc.
-          Compte tenu de ma préparation cet hiver, et de l’échauffement pré-course, du mauvais positionnement sur la ligne de départ, et de la déshydratation dont je pense avoir beaucoup souffert lors de la 2ème cap (2-3L de flotte avalés dans les heures suivant la course pour un petit pipi…), je trouve que ça aurait pu être bien pire et que je ne suis pas si loin du niveau des meilleurs aquitains. Oui, cela sonne comme un listing d’excuses, mais j’assume : je trouve que j’aurai pu faire une meilleure course, et j’espère que cela me motivera pour les prochaines.

En conclusion, je suis surtout déçu que l’équipe ne se soit pas qualifié pour la demi-finale D3 qui a lieu à Carcassonne dans un mois. Tant pis, on n’ira pas. Heureusement, les filles et les jeunes de la Tribu 64 ont porté haut nos couleurs, félicitations à eux/elles !

Quant à moi, il y a encore du boulot ! J’espère pouvoir consacrer un peu plus de temps à l’entrainement dans les prochains mois, retrouver de l’envie (de s’entrainer, de performer), et de m’améliorer pour arriver pas trop mal pour Mimizan, le prochain objectif !

Et merci encore aux accompagnateurs (ils/elles se reconnaitront) pour avoir gardé Anthony le temps de la course.

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Published by benji-triathlon - dans CR complet
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