Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 08:30

 

Une lecon d'humilité

Les résultats ici.

Embrun. Avant de s’attaquer au mythe un de ces jours, je voulais me faire les dents sur le CD. Depuis 2 saisons, je repousse l’inscription, surtout parce que le 15 aout tombait en pleine semaine et Embrun n’est pas facile d’accès. En gros, un A/R Paris-Embrun en pleine semaine pour le CD, j’avais jusque-là résisté. Cette année, pour l’anniversaire des 30 ans du triathlon d’Embrun, ils font le CD le dimanche. J’en ai donc profité : ce sera pour 2013 le cd !

Cette course n’est pas un gros objectif. Le WE précédent, j’avais réussi une super course à la Montagne Noire et là je suis juste content de participer. En plus, ma jambe gauche fait encore des siennes, cette fois c’est l’ischio qui tire, que j’ai dû laisser au repos quelques jours. Ces petites blessures à répétition commencent à s’accumuler, j’espère que çan’annonce rien de plus grave. Je vais essayer de faire attention dans les prochains jours et les prochaines semaines.

J’arrive donc à Embrun le vendredi matin, l’hôtel que j’ai réservé a réussi à libérer la chambre dès 9h du mat. Je résiste à la tentation de me jeter sur le lit pour compléter ma nuit qui n’a pas été au top dans le train, et je pars reconnaitre le parcours vélo.

Çamonte, çamonte, dès le début. Les pourcentages ne sont pas énormes, 7% en moyenne sur 5 km, mais çause quand même. Je le fais en mode tranquille, pour pas puiser dans les ressources, et çapasse nickel. J’essaye de prendre des repères pour dimanche. Genre, au panneau, c’est le dernier virage avant la descente, ou repérer les petits coups de cul qu’il vaut mieux passer en danseuse.

Il y a beaucoup de cyclistes, peu de voitures. La vue en haut sur le lac est vraiment magnifique. A peu près comme à Annecy, mais là j’ai le temps de bien regarder. Arrivé sur le « plateau » en haut, on passe dans quelques villages et c’est une succession de petites montées et petites descentes. Pas de tout repos. En particulier un fameux mur de 20% pendant 70m (selon mon Garmin, mais il n’est pas hyper précis sur de petites distances). En tout cas, même en reco, je suis obligé d’appuyer très fort pour le passer. Une cycliste à coté de moi est pas loin de caler en criant à ses amis « je vais tomber », et je suis obligé de faire un écart à gauche, ou le revetement a pas mal de petits gravillons, et je manque de tomber également, quand ma roue arrière dérappe sur ces gravillons. Mais j’arrive à retrouver un peu de grip pour passer. Tonio me dit que tous les photographes se mettent à cet endroit pendant la course !

La descente est très rapide et assez dangereuse, comme on m’avait prévenu. Tous les virages sont dangereux, mais en particulier un en épingle à cheveux que l’on ne voit pas venir après une longue ligne droite pour prendre de la vitesse. Rien qu’en reco, j’ai réussi à me faire peur. Après la descente, la fin est plus roulante, et là les voitures sont partout. On est vendredi du départ en vacances, et c’est assez dangereux. J’espère que la circulation sera bien faire dimanche.

Le reste de la journée sera tranquille. Je récupère les dossards, regarde quelques reportages sur Embrun à l’exposition qu’ils ont fait pour le 30èmeanniversaire, puis essaye de faire une petite sieste pour récupérer un peu de sommeil. Je saute les 30min de CAP prévues pour laisser mon ischio tendu récupérer avant la course.

Le samedi matin, un petit plouf pour essayer de repérer les lieux. Les bouées ne sont pas en place, mais je fais le parcours à peu près, et essaye de prendre des repères visuels, au cas où les bouées ne seraient pas visibles pendant la course. L’eau est bonne, on pourrait presque y aller sans combi (presque…).

Après avoir déposé le vélo au parc, et dégonflé les pneus, car le soleil tape, et j’ai peur que les pneus explosent, je retrouve Tonio et sa famille au bord du lac pour l’après-midi. Je retourne à l’eau, sans combi cette fois-ci, et effectivement çapasse, c’est même agréable. Mais bon, demain, je la mettrai quand même, faut pas déconner.

Je passe une soirée très agréable près de Briançon, chez la belle famille de Tonio. La course n’est un objectif ni pour moi, ni pour lui, on se permet donc une petite bière et un bon repas (mais pates quand même !).

Le lendemain réveil matinal à 5h30, il fait frisquet, je demande à Tonio la température : 17°C. Ah, çava, il va faire bon ! En sortant pour mettre les affaires dans le coffre, j’ai vraiment froid. En fait, j’avais mal compris, ce n’était pas 17°C, mais 7°C ! C’est une autre histoire. En arrivant à Embrun vers 7h15, il fait 11°C. Mais heureusement çase réchauffe vite, et quand le soleil vient enfin frapper le parc à vélo vers 8h, il fait bon. Je traine, e vers 8h15, quand je me décide à m’échauffer, ils sont déjà en train de faire sortir tout le monde de l’aire d’échauffement. Bon, je m’échauffe à sec comme je peux, mais le cœur n’y est pas. Bizarrement, je ne me sens pas au mieux. Déjà je n’ai pas passé une super nuit, et là j’ai du mal à respirer, je suis stressé, un peu comme sur mes 1ers triathlons. J’ai beau me répéter que ce n’est pas un objectif, çane veut pas passer. Je prends des grandes respirations, et çaaide un peu. Je remonte la combi autant que possible pour libérer mes mouvements et essayer de me sentir moins oppressé, mais ça ne marchepas vraiment.

Les filles partent 10min avant. Çanous permet de voir le parcours qu’il faut prendre. On trace tout droit pendant 200-300m jusqu’à un petit cap, petit virage à 30° à droite pour aller chercher une bouée à encore 200m, virage à gauche pour aller de l’autre côté du plan d’eau, on va chercher ce que je pense être la 3èmebouée à 300-400m puis c’est retour case départ.



On est 1000 au départ. Je m’étais fixé comme objectif (oui, car même une course sans objectif a besoin d’objectifs pour être vécu pleinement) plusieurs choses : en terme de classement, les 3 premiers ont des grosses primes (2000, 1500, 1000 euros), je me doute donc que le niveau sera très élevé, et le top 10 inatteignable. Je me dis : le top 30 serait bien, le top 20 super. Au-delà de ça, j’avais demandé à mon coach de ne pas me donner de consignes sur cette course, que je voulais gérer moi-même. En effet, sur les autres CD, en particulier à Annecy, j’avais géré le vélo pour arriver en forme pour la CAP, mais çaavait été frustrant. Cette fois-ci, je ne veux pas me faire dicter ma conduite par mon capteur de puissance, ni par mon GPS à pied. Ce sera tout au feeling, et le vélo à fond pour me faire plaisir sur un beau parcours, et on verra comment se passe la CAP, que je ferai au feeling également.

J’hésite juste sur la conduite à mener en natation. Avec 1000 personnes au départ (en fait 700 si on enlève 200 filles parties avant et 100 DNS environ), çarisque d’être la baston, et je pensais partir à fond comme jamais puis essayer de ne pas exploser et finir plus tranquille pour ne pas être trop fatigué en début de vélo, car on a environ 200m de plat pour faire tourner les jambes, et après çamonte direct. Ceux qui sortiront à bloc de l’eau risquent de le payer cher.



Natation

Je me place en 3èmeligne, un peu au milieu de la meute, car je n’ose pas m’incruster plus. Je me dis que le niveau sera élevé, mais dans un bon jour, je pourrai peut être sortir dans les 60-70 premiers.

Coup de pistolet, départ, on court sur la plage de galets. Malheureusement, arrivée à l’eau, la pente est très douce, et beaucoup marchent dans l’eau alors que moi je nage dès que le niveau d’eau atteint un peu au-dessus des genoux.

Une des pires natations de ma vie ! Çacogne de partout, je me prends un coup dans l’œil gauche, merci les lunettes, mais çava. 3 secondes plus tard, nouveau coup dans l’œil, et là c’est une autre histoire. Ca fait bien mal, je ne vois pas très bien, mais les lunettes ont l’air de tenir. Je n’hésite pas vraiment à m’arrêter, je me serai fait monter dessus par le reste du troupeau. Donc je continue dans cette machine à laver, ya du monde partout, je ne vois pas grand-chose devant, mais ce que je vois, c’est que je suis trop déporté sur la gauche, et je m’allonge inutilement. A partir du cap, c’est un peu moins la baston, je trace direct vers la bouée, que j’ai en bonne visu. Je suis dans un petit peloton, mais ceux devant sont déjà loin, et à ma droite, je vois le gros de la troupe.

Je passe à la corde à la bouée, privilège d’êtrepassé trop à gauche au 1ercap. Il y a des pieds à prendre, mais ils ne vont pas très vite, et je me décale souvent pour doubler. Je comprends que j’ai sans doute loupé le train des meilleurs nageurs que j’étais arrivé à prendre lors de quasiment toutes mes courses cette année.

Alors que je commence à doubler un gars par la gauche, je sens une forte poussée sur mon dos, vers le bas et l’arrière. Je coule. Visiblement, même après 500m et dans les profondeurs du classement, yen a pour qui c’est encore la guerre. Çam’a beaucoup fatigué, car je nageais en 2 temps, et d’un coup je n’ai pas pu respirer pendant 3-4 secondes, sans prévenir. Mais surtout çam’a énervé, et j’ai hésité à m’arrêter pour lui rendre la pareille, mais finalement je me suis dit que ce serait contre-productif, et de toute façon, je ne suis pas sûr de savoir qui m’a fait le coup !

Comme je nage plus vite que la plupart à côté de moi, je suis obligé de me décaler en bord de peloton pour pouvoir doubler facilement. Je ne profite pas trop de l’aspiration. On passe la dernière bouée, et on se met sur le chemin du retour. Le soleil est en plein devant nous, on ne voit absolument rien. La veille, j’ai fait l’erreur de nager 1h après l’horaire de départ, et pour le repérage, çachange tout ! Mais au moins, j’ai dormi 1h de plus !

Bref, je me contente de suivre le reste de la troupe. On passe une bouée que je n’ai vu qu’au moment de la passer. De toute façon, je suis le flux de nageurs, je ne vois rien devant. Je me décide enfin à rester dans les pieds d’un gars qui ne nageait pas trop mal. Çame permet de réduire la fréquence de bras, de faire tomber les pulses en prévision du vélo.

Mais on commence à doubler des filles qui nagent pas très vite, certaines en brasse, et il faut être vigilant et zigzaguer par moments pour les éviter. Les pauvres, elles ont du se prendre un paquet de mecs qui ne regardaient pas devant…

Je sors de l’eau, pas vraiment satisfait de ma natation. Malheureusement, beaucoup se joue dès le départ. Si je pars un peu plus devant, je peux peut être chopper un meilleur groupe, je peux rester dans les pieds, je prends une meilleure trajectoire, etc… Çadoit jouer sur 30s/1min sur un 1500m. Bon, on ne peut pas gagner à tous les coups, et là ce n’était pas ma meilleure natation.

Officiellement, je fais 19:39 et le 86èmetemps, mais à priori les chronos ont été rabotés de 1 ou 2 minutes, d’après ma montre (et celle de Tonio et de plusieurs autres qui ont confirmé). Je ne sais pas ce qui s’est passé, peut être le départ décalé des filles a déstabilisé les chronométreurs…

Je perds quand même plus de 7 minutes sur le 1er ! Mais il était vraiment à part, sans doute un nageur, car le second est déjà à 2 minutes, et le gros de la troupe des meilleurs à 4 minutes. En gros, je perds 3m40 sur la tête de course, ce qui n’est finalement pas si mal.

Ma T1 est assez mauvaise également. Je galère à enlever ma combi, surtout à cause de ma montre. Je mange un gel directement à mon emplacement, car les 30-40 premières minutes du vélo ne me permettront pas de manger sur le vélo, car je risque d’être à bloc…

Apres analyse des resultats, temps natation et T1 a prendre avec extreme precaution, car plus de 260 coureurs sont crédités d'un temps T1 de 2m20 tout pile. Autant dire impossible. Ca sent a plein nez l'erreur informatique. Et comme les temps totaux me semblent corrects, je pense que ce sont les temps et classement natation qui sont a prendre avec des pincettes.



Vélo

Je pars pour le vélo, il y a beaucoup de monde, beaucoup de concurrents et énormément de supporters.

Au tout début du vélo, je double autant que je me fais doubler. Je pars fort, mas quand certains me doublent, je reste à mon allure. Je veux faire un vélo à fond, mais accélérer ce serait suicidaire. J’entends Tom m’encourager, c’est cool d’avoir des encouragements personnalisés !

Dès les 1ers km, un gars au bord de la route crie à un concurrent juste devant moi : « le 1erà 6m30 ! » Ah d’accord, déjà 6m30 de perdu ! J’hallucine, puis me dit que c’est ce qui me sépare des meilleurs…

Puis, au bout de quelques centaines de mètres en cote, ceux qui m’avaient doublé commencent déjà à faiblir ! Décidément, certains ont du mal à se gérer. A partir de là, je double beaucoup de monde, et peu me doublent. Je retrouve la configuration de course de mes 1ères années, quand je sortais loin de l’eau, et je remontais à vélo. Je me sens bien, j’appuie fort. J’ai le souffle court, mais j’essaye de me dire que c’est normal si je veux aller plus vite que d’habitude. Je rejoins au cours de la montée un gars de MSA que je reconnais. Il avait fait le sprint de Vernon avec moi, et avait terminé 1min derrière. Je suis content, car je le reprends assez tôt sur le vélo, et il ne s’accroche pas. Je continue mon ascension, et je reviens sur un gars qui m’avait doublé au début et qui depuis avait 50-100m d’avance.

J’ai pas mal géré la montée car j’arrive au bout de la cote juste quand je me dis qu’il faudrait que çacesse ! Je grimpe ces 5km à 7% à une moyenne de 16,4km/h. Sur le plateau casse-pattes, j’arrive encore à appuyer fort, et je continue à doubler, mais certains me doublent maintenant. Je suis bien, heureux. Je ne prends pas le temps d’admirer trop le paysage, car je reste concentré sur la route pour éviter les imperfections et anticiper les virages, mais j’essaye d’avoir un sourire ou un petit geste pour les bénévoles et aux supporters.

C’est vers ce moment que je double un gars en jaune fluo, qui restera avec moi (plutôt derrière) pendant le reste du vélo.

Arrive aussi le fameux mur ; on arrive face à lui, donc il n’est pas fourbe, genre juste après un virage… On a donc tout le loisir de préparer le braquet (pour moi 39x28 comme pour toute la montée). Je prends un peu d’élan sur la petite descente, et danseuse pendant une dizaine de secondes, mais c’est assez pour faire monter le cœur, couper le souffle et faire bruler les cuisses ! Grace à mon élan, je ne descends pas en dessous de 12km/h.

Un gars sur un beau vélo vert arrive à mon niveau après le mur et je lui dis un truc du genre « elle pique celle-là » (oui, je sais c’est très con, je sais pas pourquoi j’ai dit ça). Il acquiesce puis se remet en danseuse et part à toute blinde. Je le reverrai plus !

On entame la partie la plus délicate pour moi : la descente. Je ne prends aucun risque, et perds pas mal de temps. 5 ou 6 coureurs que j’avais doublé dans les derniers km me rattrapent et s’éloignent petit à petit, dont le gars en jaune. C’est là aussi que je me fais littéralement déposé par un gars sur un vélo CLM (on n’était pas si nombreux), un casque à pointe (encore moins nombreux) et une roue pleine (là c’est carrément le seul que j’ai vu). Et çaenvoie ! Je souris car je me dis qu’il mérite bien, après avoir amené sa roue pleine dans la bosse.

La descente est un calvaire, mais je me suis pas fait peur. Finalement, le seul endroit où j’ai eu peur, c’était sur un faux plat sur le plateau, où j’ai pris un virage assez large trop rapidement et je suis passé à quelques cm du bord de la route (coté montagne, pas coté ravin, quand même…). Malgré ma reco, je suis arrivé trop vite sur le virage à 180° dans la descente, mais les freins ont tenu !

Enfin on arrive sur le plat ! Position CLM et c’est parti pour la remontée. Je reprends tous ceux qui m’ont doublé dans la descente. Et oui, le vélo CLM a quand même ses avantages. Vu la différence d’allure quand je les double (je suis un peu au dessus de 40km/h), je me dis que je vais leur mettre plusieurs minute sur les 15 km restants, mais arrivé à une montée 2km plus loin, en voilà 2 qui me doublent ! Bon, je suis un peu dégouté, mais les arbitres étaient présents, donc je me dis qu’ils n’ont pas drafté mais juste utilisé mon point de mire pour accélérer.

La fin du parcours est un plaisir ! J’appuie comme un abruti sur les pédales, sans réfléchir à la suite de la course. Alors que je me dis « il faudrait arriver, car je vais finir par exploser… », je vois une pancarte « Embrun 4km ». 4km, çame parait énorme à ce moment-là, et je ralentis un peu, mais personne ne revient sur moi. Je finis le reste du vélo à fond, sauf le dernier km, où j’essaye de récupérer un peu. Je suis content de moi, même pas inquiet pour la CAP, on verra bien !

Dans les dernières centaines de mètres, il y a énormément de monde qui encourage. C’est génial. Sans doute le plus de monde que j’ai vu sur une course à part Roth, et avec Bermeo (Pays Basque) et l’IM en Afrique du Sud.

Je gars en jaune est juste à côté de moi quand je descends du vélo. Je pensais l’avoir lâché dans les derniers km, mais il s’est accroché. Il me double en courant à côté du vélo. Il va vraiment vite !

T2 pas terrible, j’hésite à prendre un gel avec moi, mais je me dis que je vais être à fond et que j’arriverai pas à manger. Je pars avec mon petit bidon de boisson ISO, je me dis que çava le faire.

Je fais finalement le 48èmetemps vélo, et je rattrape beaucoup de monde car je pose le vélo 43ème. Je suis content de mon vélo, mais quand je vois que malgré tous mes efforts, je ne fais que 48èmetemps, et je concède 10 minutes aux meilleurs, je ne sais pas comment je vais arriver à gagner encore des minutes dans les prochaines années…

CAP

Dès le départ, la famille de Tonio est là et m’encourage bruyamment. C’est bien sympa, et j’essaye de leur faire des grands signes pour les remercier.

Je n’ai aucune idée de mon classement. Le fait que personne sur le parcours ne me l’ait indiqué me fait penser que je suis assez loin, mais sur le vélo, je commençais à être un peu esseulé à la fin, ce qui me faisait espérer une bonne place à l’avant.

Finalement, au bout de 500m, un gars sur le côté de la route me dit : « Bravo Benjamin, tu es dans les 45 environ ». Je suis un peu déçu car le top 20 parait trop loin et le top 30 difficile. Je passe quelques dizaines de secondes à réfléchir à qui m’a donné cette info. Je me dis que ça doit être Olivier, un gars que j’ai rencontré à Roth et d’autres courses avec McDu, ces 2 dernières années. Je me dis qu’il doit faire le LD avec Mac ce jeudi.

Le gars en jaune est devant à 20-30m, et je reste derrière pendant quelques minutes, puis finalement je reviens sur lui, et je passe direct, j’ai décidé de faire ma course, pas de calquer mon allure sur quelqu’un d’autre. Je l’entends derrière un peu, mais bientôt je ne l’entends plus.

Mon GPS bippe après chaque km et indique le temps pour ce km. J’hésite, en entendant le bip, à regarder mon temps, mais je résiste. De toutes façons, çane m’apportera rien. Si je trouve l’allure trop rapide, je risque d’avoir peur de craquer et ralentir. Si je trouve l’allure trop lente, çarisque de me démotiver et de toute façon je peux pas accélérer. On verra à la fin.

On avait annoncé un parcours plat, et c’est le cas pour le début du parcours, mais pendant environ 1km, il ya pas mal de minuscules montées dans les sous-bois qui font mal aux jambes et ralentissent l’allure. Le parcours est un grand A/R en une seule boucle. Çapermet de se situer exactement au classement. Je croise le 1erassez vite, vers le 3èmekm. Il doit avoir 3 ou 4km d’avance ! Le 2èmeest plus loin, je reconnais la trifonction de Beauvais de Cyril Viennot. Le 3èmeest un peu plus loin aussi. Ces 3 là ont vraiment une allure impressionnante à pied. J’ai l’impression qu’ils volent. Je mesure bien la différence de niveau qui nous sépare. Malgré mes progrès et mes meilleurs résultats dernièrement, je vois bien que les meilleurs français, c’est un tout autre niveau !

Tom est encore là, et m’encourage et me filme. Son chien et tout fou de voir autant de monde, çame fait sourire. J’essaye de le remercier, mais je suis déjà dans mes retranchements, c’est pas facile.

Je compte patiemment tous les gars que je crois. Effectivement, le top 10 sont loin devant, et même le top 20 est très loin. Çacontinue à défiler, et j’espère voir le demi-tour bientôt. De mon côté, après avoir passé le gars en jaune, il n’y avait personne devant pendant un moment, puis je double la 6èmefille.

Je me sens pas trop mal. C’est dur bien sûr, mais j’ai l’impression d’être constant. Je passe le demi-tour 36èmed’après mon compte et je me dis que je vais encore en doubler quelques-uns. Mais le 30èmen’est pas tout près quand même. Le retour est plus dur mais j’essaye de garder une bonne allure. Je reviens sur 2 concurrents, me voilà 34ème. Je double une concurrente hollandaise qui court très bien, et encouragée par plein de ses compatriotes. Me revoilà dans le sous-bois, j’ai doublé encore 2 personnes, et je reviens sur le 31ème, que je double avant d’arriver dans les 1,5 derniers km. Plus personne devant. Des pensées négatives m’envahissent :  « reste 31ème, ya plus personne devant, décélère, çasert à rien ». Mais j’arrive à les chasser et je continue sur mon bon rythme, et je vois le 30èmedevant. Je fais l’effort pour accélérer et combler le retard illico, car je sais pas où est l’arrivée, et je la crois toute proche. Un virage serré m’empêche de doubler, j’ai l’impression qu’il fait exprès de changer de ligne pour m’empêcher de passer, mais j’arrive quand même à passer. Ca y est je suis dans le top 30 !

Encore 500m, encore un devant, et un bénévole me dit en passant : « va le chercher. » d’un ton le plus naturel du monde ! Je pense qu’il ne m’a pas vu, et je me rapproche petit à petit, jusqu’à revenir à son niveau à 100m de la ligne, et je place une accélération direct avant qu’il ne me voit. Mais il réplique le con ! Moi qui pensais déjà avoir fait une accélération violente, je vois qu’il me reste encore pas mal de marge. J’en remets une couche, et là tous mes muscles des jambes le sentent. On court cote à cote pendant 20-30m puis il lâche à 30m de la ligne.

Yeah ! Au cas où j’ai mal compté, çame donne une place de sécurité pour le top 30, 29ème. J’ai envie de lever les bras en passant la ligne, car je suis content et fier, mais je me dis que 29ème, c’est un peu beaucoup pour passer la ligne en levant les bras.



Au final, 27èmeen fait, j’ai dû mal compter. Donc je suis à peu près au niveau que j’espérais. Je mesure aussi (j’insiste…) l’écart avec les pros et même les bons amateurs. Je ne sais pas si je pourrai prétendre un jour à me rapprocher de ce niveau, mais pour l’instant j’en suis loin.

La satisfaction vient quand même de la CAP, après un vélo difficile et fait à bloc. Je cours le 10km en 35m10 d’après l’orga, mais la distance n’y était certainement pas. D’après mon GPS, en prenant 1,01km GPS pour 1km réel, j’ai couru 3m46s/km sur 9,85km (pas mal de distance dans le parc), soit un équivalent 37m40 sur 10km réel. En soit c’est pas exceptionnel, mais sur un parcours plat mais pas hyper roulant, avec 2km cassants, et une bonne partie sur gravier avec pas une super accroche, c’est très satisfaisant, et peut être ma meilleure perf sur CD. Je ne fais que le 12èmetemps, mais les temps sont très rapprochés. Je ne perds « que » 1m30 sur le meilleur temps CAP (le vainqueur), et à peine 1m10 sur Cyril Viennot. Quand je les ai croisés, je pensais vraiment être beaucoup plus loin d’eux. Ces écarts avec les meilleurs m’étonnent beaucoup, mais surtout me donnent beaucoup de satisfaction. Pour rappel, Cyril Viennot avait couru en 2h48 (meilleur temps) le marathon sur l'IM en Afrique du Sud quand moi j'avais mis 3h15... Alors oui, il n'était surement pas dans le meme état de forme mais quand meme!

Je suis content également de mon vélo, mais avec seulement une 47èmeplace, il y a des progrès à faire.

Partager cet article

Repost 0
Published by benji-triathlon - dans CR complet
commenter cet article

commentaires