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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 22:57

Due à sa longueur hors norme, ce CR sera coupé en 5 articles:

pré-course

3,8km de natation

180km de vélo

42km à pied

bilan

 

les résultats

Les photos

 

 

4. 15km de plaisir, et 27 de souffrance !

 

C'est parti pour le marathon! marathon roth

 

J'ai de bonnes jambes, comme d'habitude au sortir du vélo. La première partie est plutôt descendante, il y a pas mal de monde, et j'ai une belle foulée. Un coup d'œil à ma montre au passage du 1er km: 3min58. 15km/h. Je sais que ca ne va pas durer, mais je n'ai pas l'impression d'être en sur-régime, donc je continue sur mon rythme. On passe dans la foret, où il y a plein de panneaux que des proches des coureurs ont mis pour les encourager. J'en regarde quelques uns, n'en aperçoit pas pour moi, et essaye de me reconcentrer sur ma course.

Le premier ravito arrive, j'essaye de gueuler "Vasser" comme je peux mais n'arrive pas à chopper un verre. Tant pis, pas de ravito. Je prends des éponges et me les presse sur la tête et les épaules car il fait quand même assez chaud mine de rien. Je louperai aussi le deuxième ravito, mais après j'arriverai à chopper de l'eau.

 

Ca va encore plutôt bien, je croise le panneau 5km, un petit coup d'œil à ma montre: 20:42. J'ai un peu ralenti, mais ca reste très bien. J'essaye de me dire que je dois rester à 4min15 au km, ce qui fait un peu plus de 14km/h.

 

J'essaye de conserver cette allure, mais petit à petit je ralentie. Je suis encore très bien, et me dit que je peux tenir cette allure encore longtemps, et espérer un marathon aux alentours de 3h05. Je sais, c'était ambitieux, mais à ce moment là de la course, j'étais bien.

J'ai déjà repris un bon paquet de coureur, et personne ne m'a doublé. On est maintenant sur le canal, sur une loooooongue ligne droite que l'on va devoir refaire en sens inverse. Je croise les premiers qui reviennent. Ils ont 15km d'avance sur moi, soit environ 1h10. Je me dis que c'est pas si mal, et me paye même le luxe d'encourager le 1er.

 

J'entends un peu plus loin un bruit de pas venant de l'arrière qui a l'air de se rapprocher. Et effectivement, un gars me double, il est facile le salop! Je vois marqué sur sa trifonction "triathlon Saint Hubert", et ca me rappelle le souvenir d'un gars qui m'avait doublé au LD de Troyes et qui m'avait piqué ma place de 20ème!

Bon ce que je vais dire est incroyablement humble, mais comme je n'ai pas l'habitude de me faire doubler à pied sur triathlon, je me souviens bien des quelques mecs qui le font.

 

Je me dis qu'il y a de bonnes chances que ce soit lui, et je lui crie (oui, à ce moment là j'étais assez lucide et frais pour pouvoir crier) avant qu'il ne soit trop loin "dis, t'aurais pas fait 20ème au LD de Troyes ya 1 mois?". Il me répond "ouais, t'y étais aussi?". Moi: "oui, j'ai fait 21ème!". Il se marre, et je lui souhaite bonne chance en lui disant qu'il a une super foulée. Il s'éloigne bien vite.

 

De nouveau, une envie d'uriner me vient. Cette fois ci je suis bien isolé, et j'ai "appris" à le faire sans m'arrêter, pour ne pas perdre de temps. En trifonction de toutes façon, c'est difficile de tout enlever. c'est donc parti pour la deuxième non-pause pipi, ca fait du bien.

 

On arrive au 10ème km, ca commence à devenir difficile. Je prends un gel, il passe nickel. On arrive à un passage avec une petite montée avant d'arriver dans un village où l'on doit faire 2 demi-tours, avant de repartir en sens inverse vers le canal. La petite descente passe trop vite à mon gout, je l'ai à peine sentie! Les kilomètres ont l'air de défiler de plus en plus lentement, mais j'arrive au 14ème. Je passe en 59min, soit la base d'un marathon en 2h57min! Je sais que je tiendrai pas ce rythme, mais je suis content d'avoir fait le tiers du parcours à un bon rythme. Au passage du 15, je regarde également ma montre: les 10km du 5 au 15 m'ont pris 42min54, je suis encore à 14km/h.

 

Mais maintenant je commence à sentir que c'est vraiment dur. Je me dis que je devrais pas tarder à voir passer les gars de Nanterre, et je m'attends à voir Pascal d'une minute à l'autre. Je le croiserai finalement dans mon 18ème km environ, j'ai à peu près 1h d'avance, mais il est parti 30min derrière moi. Un tout petit "allez Pascal" et un petit signe de la main car maintenant ca devient dur de parler. Je croise également Olivier de Mayenne qui me dit que je suis en train de faire une super course, mais je commence à trouver les km longs. On n'en est même pas au 20ème. Je croise encore Mc Durand, et juste avant de repasser par là où arrive les coureurs, et de continuer tout droit, je croise Florian, qui a l'air bien.

 

J'espère encore boucler le marathon en moins de 3h10. Je ne connais pas mon temps total exact, mais je pense que j'ai pris le départ du marathon à environ 6h16, 6h17 (en fait j'ai fait 6h13 mais je pensais avoir pris plus de temps pour les transitions), et donc qu'il faut que je cours 3h13 pour passer sous les 9h30.

 

Et c'est parti pour le deuxième long aller-retour le long du canal. Je passe le 20ème et prend mon deuxième gel. J'ai mis 23min pour faire les 5 derniers km. Ca y est, maintenant ca commence vraiment à ralentir: 13km/h. Je me dis qu'il faut que je tienne ce rythme.

 

Rapidement, je sens que ca va être dur.

 

Mon classement au passage du km 21,5: 116ème, et 101ème de ma vague. J'ai effectivement ramassé beaucoup de monde, mais ca devient difficile, très difficile.

 

Je sens que je ralentis, mais j'ai du mal à trouver de la motivation. Au 25ème, nouveau coup d'œil à ma montre: 24m09: 12,4km/h. Je ne pensais pas tomber à 12km/h, mais maintenant ca parait inéluctable.

Je ne calcule plus trop mes temps de passage et ce qu'il me reste à faire, mais je sais que ca va être dur pour tenir et finir en 9h30.

 

J'ai soif, j'essaye de plus boire aux ravitos, et je mange mon avant-dernier gel.

 

Au 27ème, je me dis qu'il ne me reste plus que 15km. C'est quoi 15km? Je l'ai fait des dizaines de fois à l'entrainement, tranquilou, à 12km/h. Il faut que je le fasse encore une fois.

 

Un coup d'oeil à ma montre au km 28, au 2ème tiers, en 2h06. 13,3km/h de moyenne en tout et 12,5km/h dans le 2ème tiers. Ma moyenne a bien chuté! Le demi-tour en ville, au km 29, me fait du bien. Allez, on rentre au bercail!

 

Mais petit à petit la motivation de courir "vite" laisse place à la motivation de juste terminer et en finir avec ce calvaire. Je calcule le temps qu'il me reste à courir. Je pense que je dois être à 12km/h. 15km, ca fait donc 1h15. Je ne pense plus aux 9h30.

Je cours depuis quelques km avec un coureur que tout le monde encourage à fond. En fait il vient de Roth. Quant à moi, c'est vrai que j'ai le droit à de nombreux "Super Benyamin" et "hop hop Benyamin" et même quelques "Allez Benjamin" de francophones sur la route.

 

Je passe le km 30, et effectivement, je suis pile à 12km/h: 25min pour les 5 derniers km. Je ne pense pas pouvoir accélérer, et mon esprit se recentre sur le temps qui me reste: 1h dans le meilleur des cas, mais 1h12 si je descends à 10km/h, possibilité que je commence à envisager...

 

Je prends mon dernier gel, et continue difficilement. J'en ai trop marre. Je double quelques gars qui marchent. La chance qu'ils ont, je me dis, mais j'essaye de me reconcentrer: et pendant quelques minutes je me répète: tu ne marcheras pas, tu ne marcheras pas, tu ne marcheras pas. Et ca marche, je ne marche pas, mais que c'est dur...

 

Je passe le km34, je regarde ma montre: 20m08. C'est bon, je suis encore à 12km/h, mais par contre je suis même plus assez lucide pour savoir à où j'en suis, je pensais être au 35ème. Ce sera la dernière fois que je regarderai ma montre, de peur de voir la vitesse descendre de plus en plus.

 

Allez, 8km, c'est 40 minutes, c'est rien!

 

J'arrive enfin à la fin de la partie sur le canal, et je croise Ludo, Thierry et Michael qui commencent le parcours. Je donne des petits encouragements comme je peux. Je suis content de les voir, ca veut dire que tous ont fini le vélo, et puis moi ca me fait du bien de croiser des gens que je connais!

 

Je repasse par la forêt. Enfin j'aperçois Nicky! J'espérais la voir avant sur le marathon, mais je suis content de la voir maintenant. Malheureusement, je suis au plus mal. Je lui dis que j'en peux plus, que j'en ai marre. Elle continue à m'encourager et me dit que plein de gens me suivent sur internet et qu'elle reçoit plein de SMS d'encouragements.

IMGP8354 2Nicky, obligé de s'arrêter de courir et de me suivre discrètement de derrière pour pas me vexer...

 

J'aimerai vous dire que cela m'a permis de relancer et de trouver de la motivation, mais la vérité c'est que je n'en pouvais plus, et je n'ai pas réussi à utiliser ces encouragements comme source de motivation.

Je reste dans ma bulle à me dire: 7km:35minutes bordel!

 

Nicky me suit un peu en courant à mes cotés avec une facilité déconcertante, mais ca me décourage plus que ca ne m'aide, et je lui demande d'arrêter. Elle me laisse filer mais revient à la charge quelques centaines de mètre pour m'encourager de nouveau. Ca me fait quand même du bien. Elle me dit qu'elle me rejoint "en haut". Je lui dis "OK" mais je comprends pas trop, et m'attends à la revoir à l'arrivée. Puis arrive la petite cote du début que j'avais pris en descente et là je comprends le "en haut"! Qu'est ce qu'elle fait mal sur la fin! Mais j'arrive à ne pas marcher.

 

IMGP8356

km 38-39, après la petite cote, ca commence à sentir la fin!

 

Je n'ai plus de gel, donc je bois maintenant coca et mélange isostar aux ravitos. Enfin bref, je ne suis plus lucide du tout, et à vrai dire, mes souvenirs sont flous de cette période de la course.

 

Nicky m'encourage de nouveau en haut de la cote. Je suis au 39ème km. On bascule en ville, et là les encouragements redoublent. On passe dans la place centrale, où une sono est installée, des bancs avec des gens partout, c'est génial. Je souris, je tape dans les mains tendues, et j'accélère, sans m'en rendre compte (mon Polar me le dira après!). La foule nous ovationne, on est 2 français roue dans roue. Puis on sort de la ville et là ya plus personne et on est en léger faux plat montant, mais que c'est dur.

 

41ème. C'est bon, c'est bon, ca va le faire. Je ne pense pas du tout au temps. Je me dis que je n'ai pas tenu les 12km/h, et donc que je n'ai pas tenu les 9h30. Mais c'est pas grave, je suis trop heureux d'en avoir fini et de pouvoir arrêter de courir!

 

J'arrive dans l'aire d'arrivée, je lève les mains au ciel et applaudit la foule: les supporters nous ont aidé toute la journée, et c'est ce qui fait la beauté de Roth. C'est le tapis rouge, et enfin la dernière ligne droite. J'aperçois le compteur: 9h28min! Purée, je l'ai fait, moins de 9h30. Ultime satisfaction de la journée.

IMGP8360

Si, si, je vous assure, sous l'arche, en petit, celui qui titube, c'est moi!

 

Je pensais avoir une grosse émotion en passant la ligne, mais j'étais tellement fatigué que je n'ai rien ressenti. C'est dommage.

 

Je titube un peu, après avoir relâché mon effort. On me passe une médaille au cou et on me supporte. Je veux juste de l'eau, j'essaye de leur faire comprendre.

Mais l'eau est à perpet, dans la tente de ravito. enfin on arrive, et je bois à grandes gorgées. Je pense que j'étais un peu déshydraté (aussi car j'ai bu environ 4 litres d'eau le lendemain...). Je m'assois enfin, et reste sans bouger pendant de longues minutes. J'essaye de réfléchir à ce que je viens de faire. Je suis heureux d'avoir réussi à maitriser cette course. Je me ravitaille un peu et sort retrouver Nicky.

 

 

Au final 3h15min35sec pour le marathon. Je ne sais pas quelle était la distance exacte, sans doute un peu moins que 42,2 mais plus que 41,5. Un peu de dénivelé quand même, autour de 150m. Je me classe 83ème du marathon, et 109ème (99ème masculin) au général, et 88ème de ma vague.

 

La suite: bilan

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Published by benji-triathlon - dans CR complet
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