CR très en retard du half de Bizakaia, juin 2019

Publié le par benji-triathlon

Mieux vaut Tard que Jamais !

Pas grand-chose à se mettre sous la dent en terme de CR en ce moment… J’en profite donc pour ressortir et compléter 2 CRs de 2019 que je n’avais jamais fini et mis en ligne, bien qu’ils s’agissaient là de courses objectifs ! 
Je vais donc m’y replonger, presque 2 ans après, avec mes souvenirs, et ce que je retrouve de ce que j’avais écrit à l’époque.
En juin 2019 donc, je terminais la première partie de saison bien chargée (5 halfs en tout… un autre temps !!!) avec 2 courses sur 2 WE : le Challenge Geraardsbergen (Grammont) en Belgique, et le Bizkaia triathlon, première édition d’un triathlon indépendant qui offrait un prize money intéressant, et pas mal de très bons espagnols.

Ce qui suit a été écrit à la suite de la course, quand c’était encore frais dans ma mémoire !

Et on va commencer pour ce premier CR par le Bizkaia Triathlon au Pays Basque, entre Bermeo et Gernika. Pour ceux qui me connaissent depuis mes années nanterriennes, ils se souviendront peut être que j’étais allé faire un sprint à Bermeo dans mes premières années de triathlon, quand je commençais à croire que j’étais pas mauvais, et j’étais rentré avec une grosse fessée de mes amis basques, et la tête pas mal dégonflé. Ça m’avait fait du bien . Bien des km d’entrainement plus tard, je retourne donc à Bermeo, cette fois pour un half, le dernier donc de cette première partie de saison.
 

Cette première partie de saison s’est globalement bien passée, avec des progrès importants constatés en vélo, une course à pied qui s’améliore au fur et à mesure des courses, mais malheureusement un blocage cette année en natation, où je me sens plus faible que l’année dernière.
J’aborde cette dernière compèt assez serein, et en essayant de ne pas me mettre de pression inutile, juste profiter de cette course qui s’annonce magnifique, avec une météo idéale.
Je sais qu’il y a de l’argent aux 3 premiers, et j’ai lu quelques articles qui annoncent 6-8 favoris. J’en connais 1 ou 2, mais la plupart sont basques, et je ne les connais pas. Je ne me fais pas trop d’illusion, et je me dis qu’une place dans le top 10 serait déjà sans doute pas mal.
Le plan concocté par coach Nick (et approuvé par moi-même), est de faire une nata aussi correcte que possible, faire 10km en gestion sur le vélo, puis tenter un gros coup en vélo, en appuyant fort sans se soucier de la CAP derrière. J’ai en effet fait une très belle CAP la semaine dernière en Belgique, et on espère que cet effort en vélo ne se paiera pas (trop) en CAP.
J’ai reconnu le parcours vélo la veille, et il ne m’a vraiment pas mis en confiance. Ça ne fait que monter et descendre et tournicoter dans tous les sens. Un vrai parcours basque quoi ! Et comme je suis pas très à l’aise sur les descentes et les virages, je me dis que c’est vraiment pas fait pour moi. Mais bon, il n’y a pas de gros pourcentage comme il peut y en avoir au Pays Basque, et les montées ont l’air pas trop difficile. J’ai juste l’impression que je ne pourrai pas trop me mettre en position de CLM, qui est devenu mon fort, en particulier grâce à mon vélo Cube Aérium C68, taillé pour l’aéro, je pense que j’ai une position plus aérodynamique que la plupart, et que donc sur parcours roulant, je m’en sors finalement très bien.

Assez d’introduction, arrive le jour J. Pour bien démarrer, j’oublie mes bidons d’iso dans ma voiture garée à T2 avant de prendre le train pour la T1… Bon, heureusement j’avais laissé un bidon avec de l’iso sur le vélo la veille, avec mes bonbons prévus pendant la course (on y reviendra…). J’arrive bien en avance à T1, j’ai le temps de peaufiner mon vélo, trouver de l’eau, bien me refaire 10 fois ma T1 dans la tête, et commencer à m’échauffer.
On va nager dans le port, puis sortir un peu en mer, avant de rerentrer. La mer a l’air calme, le parcours clair, je suis confiant. Je me mets à l’eau un peu trop tôt, et après un petit échauf, je me mets sur la ligne de départ, accroché à une bouée. Mais j’ai trop d’avance, et au bout de quelques minutes ils annoncent « départ dans 7min ». Purée, je me les caille, je refais quelques mouvements mais je veux pas laisser ma place sur la ligne.
Enfin arrive les derniers instants, et comme redouté, dès que l’arbitre s’éloigne en bateau, les concurrents commencent à avancer… Fais ch…, impossible de donner un départ un peu équitable, à chaque fois c’est pareil ! je lâche ma bouée et commence à m’avancer aussi, mais j’ai déjà quelques mètres de retard, et Poueeeeeet ! c’est parti ! Je suis content car je me fais pas taper dessus, je peux poser ma nage direct, et je vois à ma droite un gars qui nage à peu près comme moi, et j’essaye de me mettre au niveau de sa hanche pour profiter un peu de sa vague. A gauche ça part fort, mais je ne le vois pas, je suis plutôt content de mon départ.
Je suis dans ma zone de confort, j’ai l’impression d’être pas mal. Un petit regroupement s’opère, et je vois qu’un premier groupe est devant. Je ne m’affole pas, je n’avais pas prévu d’essayer de prendre le premier groupe, je suis en 2 ou 3ème position de mon groupe, et je nage à côté d’un gars qui a une fréquence hyper lente et donc une grosse amplitude. Mais devant ça commence à partir et je fais le forcing pour prendre les pieds du gars devant. Ça passe, je suis bien, et je prends plaisir sur cette nata ! Ça fait du bien ! On arrive à la dernière bouée avant la sortie du port, et là je comprends que ça va plus être pareil, on se tape des vagues de face (pas des déferlantes, mais quand même), et impossible de poser sa nage. On ne voit pas très bien, mais je suis mon poisson pilote qui prend, il me semble, la bonne direction à en croire le schéma sur le briefing (vers le large !). Mais un kayak se positionne devant lui et le force à bifurquer sur la droite. Et mince, ils ont rajouté une bouée à droite, il fallait tourner un peu à la sortie du port ! Bon, on n’a pas trop perdu de temps quand même il me semble, et on se remet en direction. Là c’est chacun pour soi, les vagues dispersent les concurrents. Heureusement, j’ai les lunettes nickel pour une fois, aucune buée, et j’aperçois bien la bouée malgré les vagues. Un regroupement s’opère à la bouée, on tourne à gauche et prenons les vagues de côté, je gère tant bien que mal, mais paradoxalement, je prends un gros plaisir à nager dans ces conditions difficiles. Ça me rappelle mes années de surf à Mimizan, et je me sens plutôt bien. Après la dernière bouée ça y est, direction le port avec les vagues de derrière, j’essaie de surfer autant que possible, et j’ai un gars à côté de moi. J’hésite à me mettre dans ses pieds mais je sens que je suis limite et je me dis qu’il va me passer naturellement dans une ou 2 minutes et que je me mettrais dans ces pieds à ce moment-là. C’est ce qu’il se passe, et je fais l’effort pour qu’il ne me lâche pas. Ça arrive finalement à 100m de l’arrivée et je sens des mains me gratter les pieds. Et mince, le petit groupe derrière est revenu, et me double même, je retrouve le gars avec l’amplitude de malade ! Tout ça pour ça ! Je vois un petit groupe sortir 30s devant moi, et je sors avec un petit groupe également. Je sors plutôt satisfait de ma nat.
A T1, je suis surpris de voir beaucoup de monde dans la tente, mais je fais une transition éclair, en appliquant parfaitement mon plan mental d’avant course : je laisse le sac attaché au crochet, je sors le casque et le pose, je mets lunettes et bonnets dans le sac, j’enlève combi, je mets combi dans sac, je prends le casque et commence à courir en l’enfilant (non je n’ai pas oublié le dossard, mais sur de nombreuses épreuves en Espagne, il n’est pas obligatoire sur le vélo, on peut le mettre à T2). Trop content de ma T1, je sors pour rejoindre mon vélo, et là c’est le drame, je prends une allée sans réfléchir, et après quelques secondes… Mince, c’est mon allée ? Je fais demi-tour, je me calme, me remémore : « c’était la 3ème allée : 1, 2, 3 : c’est bon, c’était la bonne ! ». Dommage, j’ai perdu 10 petites secondes avec ce demi-tour et cette hésitation, alors qu’avec tous mes repérages, j’avais pris la bonne allée naturellement, mais je m’étais laissé déconcentré. Finalement je fais quand même le 3ème temps T1.
Je fais le 15ème temps nata parmi les mecs (2 femmes, partis 5min après, nageront mieux), et je sors 13ème de transition (sur 350 participants environ). Et je perds 3m30 sur les meilleurs. Pas mal donc, sauf qu’en regardant les meilleurs nageurs sur ce triathlon, ce ne sont pas de bons nageurs, et qu’ils prennent régulièrement 2-3’ facile sur les meilleurs mondiaux. Ce qui fait que cette nata me laisse un gout un peu bizarre. Plutôt content pendant la course, mais déçu après avoir vu les résultats.

J’ai un peu de mal à enfiler mes chaussures sur le vélo, surtout que les 10 premiers km sont tout droits, mais en vrai montagnes russes. De bons toboggans où tu es obligé de t’employer. Je me fais reprendre par 2-3 concurrents, j’essaye de pas m’affoler et je monte à bon rythme sans faire n’importe quoi. Mais je suis déjà en mode « appuie fort, on verra bien », j’ai zappé les 10km de gestion. Comme j’ai des points d’appuis devant, je me dis que je vais en profiter. Et je reviens progressivement sur eux, surtout à la faveur des faux plats, en position aéro, où je reprends du temps.
Vers le 15ème km, on commence la première montée, et je n’essaye pas à tout prix de suivre. Je suis déjà assez haut dans les cibles, je sais que le vélo sera long, autour de 2h30, qu’il faut pas faire n’importe quoi. La montée se passe bien, la descente pas trop mal, puis arrive le long faux plat descendants, entrecoupés de petites montées, et finalement, sur le prolongateur ça passe super bien, et je me fais plaisir. Je remonte tous les concurrents qui m’ont doublé, et j’ai l’impression qu’ils ne s’accrochent pas derrière. Je remonte un ou 2 autres concurrents également, avant d’arriver à la 2ème vraie montée. Là je me fais déposer par un gars, je vois que c’est dossard 6, un favori donc, et je me dis que c’est déjà pas mal d’être sorti devant de l’eau et qu’il ne me reprenne qu’au 40ème km environ.


C’est la montée la plus difficile, environ 150m de D+, et le 6 s’envole, et d’autres arrivent également. Cette fois-ci, le sommet n’est pas loin, et je fais l’effort pour ne pas perdre trop de temps. Je vois en particulier un « Osoro » me doubler facilement, et je me dis que c’est le champion espagnol de triathlon des neiges, très gros cycliste et coureur. Mais finalement je le garde en point de mire, et on se retrouve à 4 cyclistes sur cette partie de circuit, qui alterne entre montées et descentes. Je fais bien attention au drafting, surtout que l’arbitre la veille m’avait prévenu (« ça va cartonner demain, attention », quand je lui avais demandé la distance réglementaire (12m)), mais je trouve qu’on est plus que limite. Je ne prends aucun risque et me retrouve en 4ème position, un peu en retrait des 3 autres. Je suis content que Osoro n’arrive pas à nous lâcher, et surpris.
On continuera à 4 comme ça un bon moment, et souvent je termine les montées quasi à bloc pour être au contact dans les descentes.

A partir de là, c’est le Benjamin de 2021 qui écrit, avec les quelques souvenirs qui me restent.
La fin de vélo est difficile, et je m’accroche comme je peux au petit groupe, qui souvent me prend quelques secondes dans les montées, mais je fais l’effort sur le plat pour les reprendre. Mes souvenirs sont un peu flous, mais il semble me souvenir qu’ils me décrochent définitivement dans la descente finale, je reviens un peu sur eux sur la fin, mais je pose avec moins d’une minute de retard.


Je ne connais pas trop mon classement, mais je me dis que je dois pas être loin du top 10, et le parc à vélo a l’air bien vide. Problème, c’est un nouveau parc à vélo, et je ne l’ai pas repéré, il est grand, et j’ai aucune idée d’où est mon emplacement. Grace à un petit miracle, je trouve ma place sans trop perdre de temps, et je fais finalement une très bonne transition, en récupérant une nouvelle fois « au vol » ce dont j’ai besoin. Je fais même la meilleure transition. J’avais oublié ça !


Mais j’ai oublié de vous parler des bonbons ! Comme à mon habitude, j’avais prévu un ravitaillement en bonbon iso car c’est plus facile à mâcher et digérer pour moi, lors d’un effort difficile sur les halfs et même les IM. Problème : je les avais installés la veille sur mon vélo que j’avais laissé dans le parc, pour être sûr de ne pas les oublier (comme mes boissons ISO…) le matin. 
Et là, je me souviens plus si je m’en suis rendu compte avant la course, ou pendant la course, mais dû au grand soleil de la veille, les bonbons ont littéralement fondus et épousé la forme de ma bentobox. Heureusement elle est en plastique donc ça se décollait plutôt bien, mais en gros j’avais dedans un gros amas de gel collé. Pour réussir à bien doser son apport calorifique et prendre des petites bouchées, c’est raté. Je me souviens pendant la course devoir tirer fort sur cet espèce de mélasse, avec des fils de 30cm qui s’allongent avant rupture, et d’enfourner des énormes morceaux dans ma bouche, à l’arrache ! De mémoire, il m’en restait à T2, signe que je n’avais pas assez mangé. Et je le paierai un peu à pied.
Voilà pour la petite histoire rigolote du Bizkaia Triathlon. Après 10 ans de triathlon à essayer de peaufiner les détails, il peut encore nous arriver des conneries comme ça !
Au final, je suis content de mon vélo, je me suis fait plaisir, j’ai l’impression d’avoir pas trop laché, et d’être dans la course.


En vérité, je fais un vélo honnête mais sans plus. Evidemment, c’est connu, les basques adorent le vélo et sont souvent de très bons cyclistes, en plus d’être des bons coureurs, surtout sur des parcours vallonné ou un peu techniques comme celui-ci. Je fais donc le 15ème temps vélo, mais à 9min du premier. Bon, c’est pas si mal me direz-vous, j’ai l’habitude de prendre plutôt 12-15 minutes sur le vélo, voire plus. Mais là ce n’était pas l’élite mondial qui était présent. Ca restait quand même de très bons coureurs, le vainqueur étant Gustavo Rodriguez, un ancien pro cycliste, reconverti triathlète en 2014, champion d’Espagne de triathlon et duathlon LD. Egalement 12ème aux championnats du monde de triathlon LD ITU quelques mois plus tôt ! En tout cas, il a écrasé la course à pied, après avoir posé premier avec une minute d’avance.
Les 2 premiers sont donc à 8 et 9’ de moi, puis après ça passe à 6’ pour les 3/4ème temps vélo, puis après c’est plus proche de mon niveau, à 4’ devant. Il me manque quand même environ 2’ pour lutter avec les bons triathlètes sur cette course sur la partie vélo

Au final, 2h25 d’effort pour 85,5km et 1000m de D+ environ, soit 35,4 km/h, et 261w de moyenne (279 de moyenne normalisée pour les connaisseurs, ce qui montre que le parcours était assez accidenté).

Autre petite histoire, je me suis aperçu la veille que j’avais oublié ma casquette « fétiche » Cube que j’utilise sur mes CAP, une casquette de vélo à l’ancienne. Mes amis chez qui se logent arrivent à se procurer une casquette de vélo similaire, et je pourrai donc courir avec cette même sensation. Et heureusement car avec le soleil, cette casquette a eu toute son importance.
Pour la course à pied, il y avait 3 tours à faire d’un parcours très varié, avec un premier A/R sur des pistes le long d’un cours d’eau, puis un tour en ville à Gernika avec toujours une ambiance de feu chez les basques, mais avec un revêtement bien dur en pavé, et pas mal de petits virages. Il y avait aussi une passerelle à passer, et un pont qui cassait bien le rythme.
Je me souviens qu’au début, je reprends Osoro, et il n’arrive pas à s’accrocher. Je suis extrêmement surpris car je le sais très fort à pied. Je comprendrai à la fin de la course que c’était son frère, Txomin, et non pas Pello, qui lui était effectivement loin devant ! Mes souvenirs me manquent un peu pour cette CAP, mais au premier tour, j’essaie de compter au demi-tour ma position, mais les premiers sont trop loin devant pour être sûr. Je suis pas trop en confiance car je ne me sens pas aérien, pas fort. Mais je reprends quand même un peu de monde sur la première boucle, et je vois que derrière ça ne revient pas.


Sur les 2 derniers tours, il y a tous les autres concurrents qui ont 1 ou 2 tours de retard, donc c’est plus difficile de voir à où on en est, et j’essaye plutôt de faire le vide et de terminer le plus vite possible. J’ai ma montre avec moi, mais je ne la regarde pas. Je me souviens qu’il faisait pas mal chaud, et que je prenais même des bouteilles entières que je me versais dessus.
Sur le dernier tour, j’arrive à me donner des buts d’aller chercher des gars devant qui me semblent courir pas trop mal et qui pourraient être devant moi.
Les passages en ville font du bien, je reçois beaucoup d’encouragements, et en particulier en me félicitant pour mon allure et l’énergie que je déploie. Les bénévoles également m’encouragent et me félicitent en me disant que je cours le feu ! Ca me redonne confiance, mais également bizarrement me rend émotif, et je sens les larmes monter. Je sais que ça m’arrive parfois sur des courses, je pense que c’est lorsque je vais chercher assez loin dans mes retranchements, et que je reçois des encouragements d’anonymes, ça me fait souvent cet effet… En général je pense que ça me fait quand même du bien, que ça me permet de me relancer et de continuer à montrer que je « mérite » ces encouragements. 


Bref, je compte les km restants, et j’arrive à bien accélérer à l’approche des 1500 derniers mètres lorsque je vois un dernier concurrent que je pourrai peut être reprendre. Je le reprends bien plus vite que prévu, puis c’est un long sprint jusqu’à la ligne. Effectivement, j’ai bien accéléré sur la fin, peut être que j’étais trop en retenue sur le parcours, avec la peur d’exploser en vol, ce qui est arrivé à nombre de concurrents, avec la chaleur et la difficulté du parcours vélo.
Je finis les 2 derniers km en 3:40/km et les derniers 800m en 3:30/km ! Mais sur la partie CAP, je ne fais que 3:55/km : 1h20 pour 20,5km. Sur un parcours pas hyper rapide il est vrai, mais pas non plus très difficile, je pense qu’il était possible de gratter une ou 2 minutes quand même.
Sur la fin, je ne savais toujours pas à quelle position j’étais, mais je commençais à me dire que le top 10 c’était sur, et j’espérais top 5 et pourquoi pas podium.
En passant la ligne d’arrivée, je vois 2 concurrents déjà là, et j’essaye de demander je suis combien, et on me dit 4ème ! A ce moment c’est plutôt la déception qui prime, car il y avait des primes pour les 3 premiers, et que ça aurait été un très beau moment de ma carrière de monter sur le podium de cette course à coté de champions. Mais j’en étais loin : 4min du 3ème, 13min du 2nd, Pello Osoro, et 19min du 1er. Derrière moi par contre c’est plus serré, avec moins de 4’ d’avance sur mes 3 premiers poursuivants, dont le 6 qui m’avait déposé en vélo, mais que j’ai pu reprendre à pied.
En course à pied, un peu a contre-courant de mes sensations, c’est très correct, je fais 3ème temps, loin derrière le premier (7min30’’ !), mais à seulement 1’30’’ de Pello, qui est un très bon coureur, et avec 2’ d’avance sur le 4ème !
Cette course à pied était donc assez difficile et beaucoup ont craqué. Comme je disais, les basques et espagnols en général sont assez forts en CAP, j’en avais fait les frais à Challenge Salou, donc là on peut dire que j’ai fait une belle course à pied, malgré des valeurs en absolu et des sensations pas au top !
Après le course, après avoir appris qu’en tant que 4ème, il n’y avait pas de récompense ou d’appel sur le podium, je me souviens m’être rapidement esquivé


C’est marrant d’écrire un CR autant en différé. Forcément les souvenirs sont estompés, l’analyse moins précise, mais surtout avec le recul le ressenti et ce qu’on en retire est très différent. 2 ans après cette course, je me rends compte qu’après des années d’entrainement, j’avais atteint un niveau quand même super propre (sans fausse modestie…). Je me sens déjà comme un vieux de la vieille relatant ses anciens exploits ! Je ne me fais pas trop d’illusions, à bientôt 40 ans, et avec moins de temps consacré à l’entrainement et d’autres priorités dans ma vie, je ne retrouverai sans doute jamais un tel niveau ! Ce qui me fait apprécier plus aujourd’hui ces performances, mais aussi regretter de ne pas les avoir vus comme tels lorsque je les ai réalisés. Toujours à la recherche de la performance, le fait de ne jamais être satisfait et toujours vouloir plus, c’est très bénéfique pour la performance, car cela nous pousse à nous dépasser, mais ça a aussi l’inconvénient de justement ne pas être satisfait et de ne pas savourer ces moments qui sont l’aboutissement d’années d’engagements et d’entrainements.
Pour continuer à blablater sur ce sujet et revenir sur mes anciennes batailles, je me souviens très bien d’une conversation avec mon coach de l’époque (qui s’en souviendra également peut être en lisant ces lignes) : après ma 12ème place en 8h40 sur le triathlon format iron de Vitoria en 2018, je me souviens avoir été déçu, car j’avais l’impression d’avoir été mauvais sur mon marathon, malgré un chrono pile sous les 3h, et d’avoir coincé sur la fin en vélo. J’avais l’impression de pouvoir faire beaucoup mieux, et c’est ce sentiment qui prévalait. Mon coach m’a tout de suite dit que c’était bien de toujours voir plus haut, mais il a aussi eu la délicatesse de me rappeler que 8h40 sur IM c’était un résultat que peu de triathlètes réussissaient dans leur carrière, et qu’il fallait l’apprécier à sa juste valeur. Et effectivement, ce résultat est et restera ma meilleure performance sur la distance. Donc toujours se rappeler d’apprécier les résultats que l’on peut faire. Même si on peut faire mieux, même si on a l’impression de ne pas avoir été au top le jour J, c’est quand même l’aboutissement de tout un chemin, et ce serait dommage de ne pas l’apprécier sur le moment.
Je m’en rends compte également en ce moment, quand j’essaye de retrouver un bon niveau à pied, et que je vois combien c’est difficile !

Pour cette raison, je suis très content et très fier de mon nouveau record de la montée du Soulor, faite il y a une dizaine de jours ! Assurément je pense pouvoir faire mieux, mais le ferais-je ? Peut-être jamais, et 45’ sur la montée, même si je suis très loin des pros et même des bons amateurs, j’en suis très fier… Ce qui ne m’empêchera pas d’essayer de faire mieux dès que je peux !

D’ici quelques jours (ou semaines…), si je retrouve assez de souvenirs, je vous parlerai du Challenge Geraardsbergen 2019, également une course qui m’a laissé sur ma faim, mais au final encore une course très solide, avec une belle course à pied !
 

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