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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 21:25

2ème Ironman de la saison. Après une course réussie 6 semaines auparavant au Frenchman, je m’aligne sur l’Altriman pour mon 2ème objectif de la saison.
Ces 2 courses sont opposés : parcours tout plat sur le Frenchman, parcours très difficile (4500m D+ en vélo, 800mD+ CAP) sur l’Altriman. J’avais choisi en début de saison de privilégier le Frenchman, et toute ma préparation hivernale et printanière était donc orienté vers cet unique objectif. Je me disais que je ferai l’Altriman avec la préparation Frenchman, en insérant 2 ou 3 sorties vélo de montagne entre les 2. Les 2 stages d’une semaine dans des coins vallonés m’ont quand même permis de faire du D+ dans ma prépa (2 semaines avec plus ou moins 10 000 m de D+ dans chaque). Et en 2013, j’avais réussi une très bonne course sur l’half Altriman avec une prépa parisienne sans montées de plus de 7-8min.
Les 6 semaines entre les 2 courses devaient être axés sur la récupération. Ma bonne course à pied au Frenchman a fait que cette récupération a été très longue. Je n’ai également pas été très sérieux sur le sommeil pendant ces 6 semaines, ce qui n’a pas aidé. Bref, je n’ai pas pu faire la grosse sortie montagneuse envisagée, j’ai juste réussi à placer une sortie avec 5 montées de 30min et « Big Training Day » vélo/CAP.
J’arrive donc sur l’Altriman sur de ma force « intrinsèque », et de bonnes sorties vélo et natation, mais encore en doute sur ma récupération du Frenchman et sur ma capacité à refaire un gros marathon, surtout avec la difficulté annoncée.
Je me fixe un objectif très ambitieux, mais j’essaye de ne pas trop en parler autour de moi, même si je pense que cela pouvait transparaitre dans mon discours, comme sur ce blog. La victoire donc. Je pense que la start-list du Frenchman est plus fournie que celle de l’Altriman. Alors 3ème au Frenchman, pourquoi pas gagner l’Altriman ?
Pour autant, je ne ressens pas de pression, et j’ai beaucoup d’envie de me frotter à la course. Le sentiment avant le Frenchman était différent : je savais que j’allais rester courbé sur mon vélo 5h à regarder ma roue avant, on a connu plus sympa comme sortie vélo. Là sur l’Altriman, une boucle de 190km à l’assaut de 5 ou 6 cols, de belles descentes, quelques faux plats. Bref, tout ce qu’il faut pour se faire plaisir. En arrivant en voiture, on emprunte une partie du parcours, et les fortes pentes me donnent le sourire : j’ai hâte d’y être (quand j’y repense ! J’étais pas bien !).
J’attends aussi avec impatience la natation, car je pense que je pourrai nager seul et me faire plaisir à ne pas batailler avec plein d’autres nageurs.
 
Bref, le matin de la course arrive, réveil 3h du mat, on arrive 1h avant le départ au parc à vélo, mais le temps passe vite. Je dois mettre le maximum de bouffe sur le vélo. Nicky m’a offert un porte bidon à fixer derrière la selle, qui comprend 2 portes bidons, et un endroit où mettre de la bouffe. Je remplis ma bentobox et ce frigo arrière de mes bonbons habituels, mais je rajoute également 3 barres et 2 sandwich, que je cale entre les barres aéro, derrière mon aerodrink. Je pars donc avec 4 bidons et pas mal de bouffe. Ça fait du poids, qui m’handicapera un peu sur les montées, mais je préfère avoir le plus d’autonomie possible, pour ne pas être victime d’une éventuelle défaillance des ravitos de l’orga. Je pense que je n’ai pas assez pris de bouffe, mais je n’ai plus de place sur le vélo, je me dis que je complèterai avec les ravitos sur la dernière heure.
Dans le parc, je suis le seul avec un vélo de CLM ! Je savais que c’était osé comme choix, mais je pensais pas être le seul ! Bon, de toutes façons, je suis habitué à ce vélo, je n’ai même pas envisagé de prendre mon « mulet », qui de toutes façons n’est pas plus léger. Sans doute plus maniable, mais je suis habitué à mon CLM, il me convient. J’ai acheté des nouvelles roues plus typé montagne 3 semaines avant, et les sorties avec avant la course sont un bonheur, je freine beaucoup mieux (elles sont en alu) et j’ai l’impression d’être mieux avec. Moi qui ne sens en général jamais mes changements de matos, pour une fois, je suis très content !
 
Direction le plan d’eau. La veille j’avais nagé un peu, elle est fraiche mais une fois dedans aucun problème. Par contre, avec le vent la veille, il y avait un bon petit clapot. Là, le matin, pas de vent, c’est calme.
Départ 5h30, il fait nuit, on doit traverser le lac, il y a une voiture avec les phares allumés en face, qui indique la direction à suivre. Sur le bord de l’eau, on la voit bien, je m’échauffe un peu et on arrive effectivement à la voir, ça devrait le faire.
Pan ! Ca y est c’est parti. On avait prévu avec coach Nick de faire la nata à la cool, pour ne surtout pas s’entamer. Logique sur une course aussi longue, vous me direz ! Mais c’est la grosse pagaille. Au coup de pistolet, des fumigènes rouges installés en face de nous sur quelques bateaux s’allument. Je pense que l’effet visuel doit être excellent. D’ailleurs, Nicky qui a vécu le départ depuis notre logement sur les hauteurs des Angles (elle faisait le half 3h plus tard), a dit que c’était effectivement bien sympa. Mais pour nous, c’est le bordel ! Je suis complètement aveuglé par les fumigènes, comme beaucoup d’autres j’imagine. Du coup, on se met des coups, on se monte dessus, sans même réussir à se voir, ou à savoir dans quel direction on nage ! Je suis obligé de faire pas mal de mouvements de polo, et je vise entre 2 fumigènes. Je suis dégouté, je pensais que le niveau plus faible en natation sur l’altriman me permettrait de sortir vite de la pagaille et de poser ma nage très vite, c’est tout l’inverse. Et puis, au bout de 30sec ? une minute ? (je me rends pas compte), on passe les fumigènes, et c’est le bonheur. Je vois enfin devant moi, en quelques mouvements, je me retrouve esseulé, personne devant, personne à droite. Et à gauche ? Ouais ben à gauche je sais pas, je ne respire (et ne regarde donc) qu’à droite ! Voilà qui ressemble plus à ce que j’imaginais. J’essaye de reprendre mon souffle, de poser une belle nage, bien en glisse, et de trouver un bon petit tempo, qui ne me coute pas trop d’énergie. Je vise les feux, je dévie un peu vers la gauche mais ça va à peu près. L’orga avait dit que les bouées étaient éclairés, mais il faut s’approcher assez proche pour les voir. J’arrive à la première bouée, et je tourne à 90° à droite pour viser la 2ème bouée. Mais je ne vois pas bien. Je fais des mouvements de polo et je gueule « c’est par où ? », car il y avait un bateau de l’orga au niveau de la première bouée. Ils me disent que je suis dans la bonne direction, je continue, et j’aperçois ensuite la bouée, effectivement éclairés, mais par intermittence. J’arrive à cette bouée, et tourne une nouvelle fois à 90° pour repartir vers la zone de départ (et d’arrivée). Mais je ne suis pas sûr de la direction, et je regueule une nouvelle fois pour qu’on m’aide. Mais cette fois je ne comprends pas trop ce qu’on me dit. Il y a pas mal de lumière à un endroit, je me dis que ce doit être le bar sur la zone de départ et je vise cela, un peu à gauche, car la zone d’arrivée est à 100m de la zone de départ. Je suis pas trop mal sur ce retour. Je suis toujours seul. A la 2ème bouée, j’avais entendu un gars juste derrière moi qui gueulait aussi, mais personne ne m’a touché les pieds depuis un moment. Je commence à m’imaginer premier à sortir de l’eau, mais en même temps je commence à me dire que peut être je suis trop rapide. J’essaye de bien ressentir mon effort et ma respiration. Je suis un chouilla moins en prise que sur le Frenchman, mais je me dis que je peux encore en mettre un peu moins, et j’essaye de réduire la fréquence de bras, et d’allonger un peu plus, pour faire baisser le cardio.
Je négocie bien ce retour, j’aperçois la dernière bouée qu’il faut contourner avant de sortir. La lumière que je voyais était bien celles de la zone de départ, et il y a une lumière moins forte pour la sortie, qui m’aveugle après la dernière bouée.
Je sors et suis obligé de quitter les lunettes pour voir où je mets les pieds. Plein d’applaudissements, mais je n’arrive pas à savoir si je suis effectivement 1er. Je ne vois personne devant, et derrière, il y a 10-20s d’écart avec le prochain. J’aperçois néanmoins un gars qui nage de la zone de départ à celle d’arrivée. Il devait être devant moi, mais se planter et aller vers la zone de départ plutôt que la zone de sortie, et ils ont dû le réorienter. Je sors donc sur la berge et court 50-100m sur le petit pont pour me diriger vers la zone de départ pour le 2ème tour.
Au 2ème tour, je suis encore plus seul au monde, et je vise mieux la première bouée. La 2ème bouée, j’ai l’impression qu’ils ont enlevé la lumière, j’ai du mal à la distinguer. Par contre, pour le retour, les grosses lumières de la zone de départ sont éteints j’ai l’impression, je ne distingue qu’une petite lumière, qui doit être celle de l’arrivée. Du coup, je prends beaucoup plus à gauche que le premier tour. Je sais que si je vais trop à gauche, je vais me retrouver trop près de la berge. Les années précédentes, les gars sortaient même de l’eau et couraient sur la berge. Là, des arbitres et les organisateurs sont là pour nous remettre à droit. C’est ce que je fais, mais suis quand même obligé ne nager 50-100m dans 40cm d’eau, je ne peux pas nager correctement et racle le fond avec mes mains. Pas bien grave, je suis quasi arrivé. Je me fais reprendre sur cette dernière ligne droite par un gars, j’imagine celui qui s’était trompé au 1er tour. Je n’essaye même pas de l’accrocher. Pendant toute la course, le but est de faire abstraction des adversaires, sinon c’est l’explosion en vol assuré si on se met en sur-régime.
Je sors de l’eau, je me dis que je dois être 2ème, mais en fait on m’annonce 4ème. Je suis pas trop déçu, et court vers le parc à vélos. Depuis une semaine, je regarde la météo pour la journée, et depuis 24-48h, les prédictions sont plutôt bonnes (à part un vent à 30/40km/h annoncé), et j’ai exclu la veste mi-saison, et j’hésitais jusqu’au dernier moment entre trifonction seule et maillot sans manche pour le début. Mais en fait, dès le matin, il faisait pas trop froid (16-17°C). J’avais laissé la veste à T2, et dès la sortie de l’eau, j’enlève le haut de la combi et commence à analyser mon ressenti de froid. Même avec la trifonction mouillée, je n’ai pas froid. C’est décidé, je pars en trifonction seul ! J’ai mis une veste dans le ravito perso au cas où le temps se gâte, on ne sait jamais. Du coup, je fais une transition assez rapide, même si je foire un peu l’enfilage de la ceinture porte-dossard.
Je sors 3ème du parc à vélo, je vois le 2nd pas très loin, mais j’ignore si le premier est loin. En fait, il sorti loin devant, il a du s’échapper dès le début et je l’ai jamais vu. 6min devant quand même ! Moi je nage en 56m34, mais je ne le sais pas, j’imagine que je dois être autour d’une heure. Bon clairement, il ne devait pas y avoir la distance, je ne vaux pas ce chono.
 


Le départ à vélo se passe bien, il fait un peu frisquet, mais je sens que cela ne posera pas problème. Je me pose sur les prolongateurs pour les 2-3 premiers km en faux plat descendant et je reviens sur le 2ème sans effort. Le but est de se préserver sur le plat pour pouvoir appuyer un peu plus dans les montées.
Je passe 2ème avant la première petite bosse, il m’encourage, moi aussi. Je sens qu’il y a un esprit un peu différent sur cette course, où l’on s’encourage les uns les autres, plus que sur une course « normale ». Je lui rends ses encouragements et entame la montée « tranquille », en me fixant des limites à ne pas dépasser, tant au niveau cardio qu’au niveau puissance. Un supporter sur le côté de la route m’annonce avec 7min de retard sur la tête de course ! Ah ouais, je me dis que le gars devant est un super nageur, mais je m’en fais pas trop. En général, les supers nageurs amateurs ne sont pas les meilleurs triathlètes, et j’espère le reprendre assez vite en vélo.
Le parcours commence avec 2 petites cotes qui s’enchainent sur les 13 premiers km avec 300m de D+ environ. Je m’attends à me faire déposer sur cette partie, car je suis tout en gestion, et j’imagine que certains vont faire l’erreur de partir trop fort. Je n’ai pas de supers jambes dans la montée, mais le cardio a l’air de rester bas, je me limite donc en puissance. Mais j’arrive à la fin de la 2ème bosse, je prends un bidon au ravito, et me lance dans la première longue descente de 13km environ. Un petit coup d’œil au chrono pour ce qui sera le fil rouge de cette sortie vélo : ma vitesse moyenne. En haut de la cote, je suis à 22,4 km/h. C’est bon ça ! Je vise 24 voire 25 sur la journée, donc 22 en ayant fait que des côtes, c’est plutôt pas mal.
 
J’appréhende cette descente car dans mes souvenirs du half, elle était assez dangereuse.
Finalement, je me sens bien, et elle passe bien. J’ai l’impression de pas trop mal descendre, et personne ne m’a encore doublé, je me dis que j’ai dû faire une bonne natation, quand un coureur me passe. Je reconnais le dossard 2 du « favori », 3ème il y a 2 ans, et très bon cycliste. Je ne le vois pas plus d’une minute. Pffff, je suis encore une brêle en descente ! Même par rapport au half il y a 4 ans, j’ai perdu presque 45s, même si j’avais bénéficié d’un coureur qui m’ouvrait la descente, je me souviens, et que j’appuyais sans doute un peu plus fort sur les relances. On va dire que je suis plus prudent. Mais j’étais quand même stupéfait de la rapidité avec laquelle il m’a déposé. Cela me fait même sourire sur le vélo. C’est plutôt bon signe, je reste confiant.
Bon, je déprime pas pour autant, je savais qu’il allait me doubler, mais je m’étais pris à imaginer un peu plus loin. Je commence mes petits calculs. J’imagine lui avoir pris environ 5min dans l’eau. Il m’a repris 5min en 20km. Sur 190 bornes, cela fait plus de 45min, ce qui fait que je vais poser le vélo avec 40min de retard. Ça commence à faire beaucoup à rattraper à pied, même si sur l’Altriman, de nombreux coureurs explosent, et peu réussissent à passer en dessous de 4h. J’imagine pouvoir reprendre 20-30min à de nombreux coureurs donc, à pied.
J’arrive enfin en bas de la descente, petit coup d’œil à la montre : 29,4km/h de moyenne. Bon, je m’enflamme pas pour autant, on n’a pas beaucoup monté, beaucoup descendu.
C’est parti pour le premier « vrai » col de la journée, le col de Creu, 13km à 5,9% d’après l’orga, mais le début est très roulant, je vois qu’un coureur est juste derrière moi, je me dis qu’il m’a rattrapé en descente et que sur le faux plat je vais réussir à le distancer. Mais non, au bout de quelques minutes, il se porte à ma hauteur. Je ne le reconnais pas, il est de Montpellier, et on papote une minute, lui aussi était impressionné par la vitesse du gars qui nous a doublé, mais lui c’était en montée. Il est sympa, il m’encourage, puis part devant, et me dit « à tout à l’heure, peut être ». Je lui réponds « peut-être », mais je compte bien le revoir avant la fin. Il prend de l’avance plus vite que ce que je pensais, mais avec les lacets sur la route, je le garderai en visu pendant toute la montée. Finalement, la cote n’est pas aussi difficile qu’annoncée, plutôt 13km à 4,5 dont les 8,5 derniers à 5,5%. J’essaye aussi de la monter « souple », et je contrôle encore au capteur de puissance, car le cardio ne monte toujours pas à la limite fixée (155bpm).
En haut du col, il y a des supporters, la Tribu est là et m’encourage, comme les autres, c’est sympa. J’ai vu que je suis passé avec déjà 3min de retard sur le jeune de Montpellier. Ça fait beaucoup, je me dis, mais j’espère qu’il s’est enflammé et que le reprendrai plus loin. Et la vitesse ? 24,3km/h au sommet, après 1h40, c’est tout bon, on est un peu plus haut qu’au départ, et on a déjà monté à peu près 1000m des 4500 D+ prévu. Je le sais pas à ce moment, mais celui qui m’a doublé dans la descente, le Gaël, m’a déjà collé 7min en haut du Col !
Commence une longue descente en faux plat descendant, où je peux me mettre en position aéro et récupérer un peu. Je crois que c’est à ce moment que le 5ème me rattrape. On restera ensemble quasiment toute la course, à plus ou moins une minute l’un de l’autre. En général il me doublait en descente, et je le reprenais sur les montées ou les faux plats. Du coup on a aussi discuté un peu. Il me dit que c’est sa 3ème participation, qu’il a fait 9ème l’année dernière, je lui dis qu’il est parti pour faire mieux ! Il essaye de me dire qu’il va plus vite que moi dans les descentes parce qu’il est plus lourd, mais je lui réponds que je suis juste nul en descente, c’est pas une question de poids !
On grimpe 2 petits cols, où j’ai pas trop de souvenirs, et de nouveau une méga descente. Très pentue, je me fais à nouveau déposer, et je me fais peur sur un virage mal négocié, qui me rappelle « pas de risque, pas de risque ». Certains débranchent le cerveau en descente, moi je n’y arrive pas. D’ailleurs je ne veux pas. Je sais qu’au bout de cette descente, on sera au point le plus bas du parcours, 1000m en dessous du point de départ, et qu’après ça va piquer pour remonter. Mais je me dis que par rapport aux autres, j’ai fait la majorité des descentes qui me sont défavorables.
J’arrive en bas de la descente en 3h04 pour 90km environ, soit 29,5km/h. Je me dis qu’avec une telle avance, les 25 devraient être faisables. Mais quelques calculs mentaux plus tard, je me dis que finalement c’est encore loin d’être gagné.
Par contre, je commence à être faiblard en réserve de bouffe, et il reste encore 5h. J’ai beaucoup mangé, mais pourtant j’ai encore faim. Je me dis qu’il va falloir réussir à se ravitailler. En hydratation, par contre, je suis nickel. J’aperçois que je reviens sur le gars devant petit à petit sur la fin de la descente plus plate. Je me dis que c’est le gars avec qui je roule depuis un moment, mais en fait non, c’est le gars qui est sorti premier de l’eau, que je rattrape enfin. Je l’encourage en passant, me revoilà 4ème.
Je me souviens pas trop de la prochaine cote, 12km à 6,9%. Après encore une descente, on arrive dans la partie que l’on avait reconnu en voiture avec Nicky, ça veut dire que ça sent la fin ! Enfin, encore 70km dont le Port de Pailheres, En vérité, j’ai fait un peu plus que la moitié du parcours en temps : 4h20 pour 119km et donc encore 27,2km/h depuis le début.
C’est dans ce coin là que j’ai réussi à faire ma première « pause » pipi. Ca faisait un moment que je me disais que je pourrai uriner, mais j’essayais d’attendre un peu, car j’avais peur que cela m’irrite en pédalant avec une trifonction souillée pendant trop longtemps.
Arrive la cote la plus raide du parcours, je préviens le copain que je reprends sur les premiers lacets que ça ne dure que 2km. Bizarrement, elle me fait moins sourire qu’en voiture. Je commence à redouter le Port de Pailheres qui se rapproche. Sur les faux plats qui suivent, on se fait reprendre par un gars en jaune, et on n’essaye même pas de s’accrocher. Il a l’air fort le bougre. Je repasse 5ème !
Je ne sais plus exactement où, mais on m’a annoncé la tête de course à 15min, puis 17min un peu plus tard. Ça me rassure, je me dis que le gars devant est en train de craquer, finalement je n’ai pas tant perdu que ça ! Je commence à me dire que je peux poser avec moins de 30min de retard.
La descente qui suit est très étroite, mais heureusement avec peu de voitures, et je m’en sors bien. Cela nous emmène au pied du Port de Pailheres, la GROSSE difficulté du jour. Et je ne suis pas au mieux, je redoute le gros coup de bambou, comme je l’ai déjà vécu dans l’Aubisque, où j’ai été obligé de m’arrêter par 2 fois. Là j’ai bien mangé, mais la dernière heure a été difficile, le sandwich était difficile à macher et avalé, je n’ai quasi plus rien.
Fil rouge : encore 26,9 km/h au bas du Port de Pailheres ! Mais je sais que la moyenne va prendre une claque dans la prochaine heure et demie !
Pailheres, c’est 16km à 7,8% dont les 10 derniers à 8,5% environ. Les 4 premiers sont moins pentus, mais ma puissance est bien plus faible qu’au début, mais je ne suis pas encore à l’agonie. Je me dis qu’il faut que je gère cette montée pour ne surtout pas exploser. Je m’arrête au ravito perso à Rouze, après 4km de montée, et j’avais laissé des gums, je fais le plein. Je me dis que j’étais bien bête de ne pas mettre plus de gums, car ça va me faire la montée, mais pas beaucoup plus, faudra que je m’arrête aux prochains ravitos !
Je reprends mon compagnon d’échappée, et là je vois qu’il ne me reprendra pas, car il a l’air d’être encore plus dans le dur que moi. Il n’y a plus les pancartes qui annoncent les km et les pourcentages. Du coup, je sais pas trop ma vitesse, mais j’ai l’impression que les km défilent et que le coup de bambou n’arrive pas. Je reprends confiance, et fait un pointage à chaque borne kilométrique : je suis entre 10 et 12km/h, plutôt pas mal je me dis.
C’est vers mi-pente que je m’aperçois que le temps est en train de changer. Jusqu’à présent il faisait bon, pas trop de soleil, parfait quoi. Là je commence à ressentir un peu le froid, et le ciel s’assombrit. Je commence à regretter de ne pas avoir pris ma veste qui était dans mon sac de ravito perso. Mais 30min avant, tout allait bien ! Et il commence à pleuvoir… Et à venter… Au fur et à mesure que je monte (sommet à 2000m), le vent forcit, la température baisse. La pluie reste à peu près constante, heureusement ça reste une petite pluie.
Mais le vent ! Sur les derniers lacets, on sent bien la différence quand on l’a de face ou de dos ! J’ai le souvenir d’un virage où on se prend le vent en pleine face, qui nous arrête net ! Je tiens mon vélo de plus en plus fort, et je fais de gros écarts avec les rafales. Je suis vraiment pas rassuré, et j’oublie tout et me concentre uniquement sur la tenue du vélo. Les 2 derniers km de Pailheres, il n’y a plus aucun abri, et le vent souffle vraiment très fort. Heureusement que je n’ai pas de jantes hautes, je ne sais pas si j’aurai réussi à maitriser le vélo. Mais bon, on continue, faut bien continuer. Je suis quand même content d’avoir mon casque de CLM, il me porte chaud. Et dans ma trifonction avec manches, je commence à avoir froid, mais c’est surtout les mains qui s’engourdissent. Pas bon pour tenir le vélo ça ! Les 300 derniers mètres, c’est l’enfer, on a une petite descente et petite remontée, balayée par le vent. J’arrive sain et sauf au point de demi-tour. A ce moment-là, c’était mon objectif ! J’essaye de manger un bout, mais j’ai du mal avec mes mains, et avec le vent, c’est vraiment pas facile. Je mets un sandwich dans la bouche et entame la descente. Les 150 premiers mètres, j’ai cru que je partais dans le fossé. Je freinais tout ce que je peux pour ne pas prendre de vitesse pour réussir à contrôler le vélo en cas de nouvelle rafale. J’avais l’impression d’être à 10km/h (en vérité 25). Je me demande vraiment ce que je fais là, et je me dis que c’est vraiment dangereux de monter par ces conditions. Mais au bout de quelques minutes, je suis de retour sur les pentes protégées du vent, et je peux descendre tranquillement. Finalement, ma combi est top, elle ne reste pas mouillée et je n’ai pas froid en descente. Je ne suis quand même pas hyper à l’aise et j’ai hâte que ça se termine. Je croise Seb du club, pas si loin que ça, et Val vers la fin de la descente, lui qui entame la montée. Aux deux j’essaye de leur dire d’être prudent vu le vent en haut. Apparemment j’ai eu de la chance, certains ont même eu de la grêle ! Je pense que cela aurait été plus sage de nous faire faire le demi-tour un ou 2km avant le sommet, pour éviter ce vent violent. Au final, il n’y a pas eu d’accidents, heureusement.
C’est bon, la grosse difficulté est passée, je m’en sors pas trop mal, mais reste encore une montée de 8km à 6%. Celle-là, je me disais qu’elle allait faire mal. Et effectivement elle fait mal. Elle me semble interminable, j’attends la fin après chaque lacet, mais elle ne vient pas. Je m’arrête au dernier ravito, je prends plein de bananes, j’espère que ça va le faire, mais je pense que j’aurai du encore plus manger. J’ai avalé une quantité de bouffe pendant le vélo, je m’impressionne moi-même !
Un coup d’œil à la montre : 24,1 km/h après le col. Ça va être chaud !
Enfin le dernier col est passé, petite descente qui fait du bien, puis les 12 derniers km vent de face en faux plat montant. Mais bizarrement, cela se passe bien. Je les ai fait la veille, je sais que c’est assez roulant, et j’arrive à rentrer assez rapidement. Du moins c’était mon impression. Je vois que je suis pas loin de finir en moins de 8h, et pendant un moment, j’essaye d’appuyer pour y arriver, mais assez vite, je me souviens du conseil de mon coach sur le Frenchman, de ne pas appuyer « betement » pour essayer de passer une barrière « symbolique » et compromettre le reste de la course.
Ca y est, j’arrive à la fin, mais je déraille à 2km de l’arrivée ! Bon, arrêt express pour remettre la chaine, et c’est reparti. Ouh la, c’est dur, grand plateau en montée ! J’arrive à repasser petit plateau, et cette fois c’est bon. J’arrive à T2 enfin. J’essaye de désenfourcher le vélo en marche, mais après 8h, je suis pas hyper souple, je prends pas de risque, je m’arrête avant de désenfourcher.
Au final 190 bornes, 4500m de D+ en 8h01m39s, soit 23,7 km/h. Arggh, je n’ai pas réussi à tenir les 24km/h ! Mais bon, en début de saison, je me disais que 23 serait déjà bien.
Je suis plutôt content de la partie vélo, sur le moment, et même à posteriori. On m’informe que le premier est à 25min, et le 3ème à 10min. C’est bon ça, je suis confiant, ça peut le faire, je suis exactement dans la position où je voulais être, pas trop loin des premiers, pour pouvoir les récupérer à pied.
Au final, je fais le 5ème temps vélo, quasi à égalité avec mon compagnon de route sur les 90km au milieu du parcours. Le Gael me prend 33 minutes. J’aurai signé pour cet écart, sur 8h, sur un parcours montagneux, c’est pas si énorme je trouve. Au Frenchman, j’avais pris 18min sur 4h45. Bon vous me direz c’est à peu près le même rapport retard/heure de route, mais en général il est plus facile de creuser les écarts en montagne que sur le plat. Mouais, j’me comprends !
Le gars de Montpellier a lui aussi creusé l’écart, il me prend 25min sur le vélo et a 20min d’avance à T2. Et le 3ème m’a pris 17min et part effectivement avec 10min d’avance.
Finalement, même si j’ai eu l’impression de souffrir beaucoup sur la fin du parcours et le Port de Pailhères, je pense que j’ai fait une 2ème partie de parcours meilleure, en comparaison avec les autres. Vu sur Strava, c’est d’ailleurs la seule portion où j’ai repris du temps à Gael, 1er temps vélo.
 
Bon, je pars en course à pied en me disant que la victoire est jouable, plus que jamais. Le parcours CAP est constitué d’un petit aller-retour plat de 2*2,5km, puis d’un long aller-retour dans la direction opposée, avec une longue montée pour nous amener à un lac en altitude. Tout ça à faire 2 fois.
Sur le premier aller-retour, je guette les premiers. Je ne vois pas le premier, qui a déjà du faire l’aller-retour, mais je vois les 2ème au bout de 1m30 de course, et le 3ème au bout de 6m30. Mais je pensais que l’aller-retour faisait 2*2km. J’imagine le faire en environ 17m30, et donc je me dis que j’ai déjà repris pas mal de temps. Mais finalement, je vois que c’est plus long que prévu, et je suis au demi-tour au bout de 11min environ. Ce qui veut dire que je ne reprends rien sur le 3ème, et j’ai près de 20min de retard sur le 2ème. P’tit coup au moral. D’autant que je me sens pas hyper bien. Mes km ne sont pas hyper rapides, autour de 4m20-4m30. J’ai peur de faire une hypo, les ravitos sont assez espacés, et je me dis qu’il faut que je boive bien à chaque ravito, quitte à m’arrêter à chaque fois, chose que je ne fais jamais d’habitude. J’avais pris une petite gourde souple à remplir à chaque ravito pour pouvoir siroter tranquillement, mais je vois dès le début qu’elle fuit. Super, je la jetterai au premier ravito. J’ai du mal à manger mes gels, je sens que c’est pas la grande forme. J’essaye de garder un bon rythme, car devant, ça peut craquer à tout moment, je n’ai pas encore baissé les bras.
J’entame la longue montée, au début assez douce, sur chemin typé trail. Je croise les gars de la Tribu qui finissent le half, j’essaye d’avoir encore le sourire et les encourager, et je croise Nicky qui en termine également.
J’arrive à courir sur cette montée, mais je commence déjà à être dans le dur. Je me dis que je marcherai dès que la pente est trop forte. Effectivement, quand on arrive en ville, je marche, comme presque tout le monde, je m’arrête au ravito. A partir de ce moment, je rentre en mode survie. Mais pas seulement mode survie « finisher », mais mode survie « tu vas le plus rapidement possible sans crever ». Bon, j’exagère bien sûr, mais j’essayais de ne pas baisser les bras, malgré les moments de marche. Et ils sont nombreux. J’adopte ma tactique que j’avais préparé, mais que j’espérais mettre en place moins rapidement et moins longtemps : dès que ça monte trop, et que le cardio dépasse 140bpm, je marche. Bon, je marche vite bien sûr. Dès que j’ai repris un peu mon souffle, que le cardio est autour de 130, je coure une vingtaine de mètres, puis je remarche, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement ou fin de la cote. Je gravis la première cote comme ça, pas trop mal, je m’arrête pour le ravito, et je vois que le premier est déjà en train de revenir. Moi il me reste une descente et une petite montée avant d’arriver au demi-tour. Il a au moins 5km d’avance ! J’ai rien repris ! J’essaye de prendre les écarts avec lui et les suivants, mais je ne suis déjà plus lucide, je n’arrive plus à rien calculer. Je vois juste que je suis encore loin. La descente me fait du bien. On s’encourage avec le 2ème, je lui dis que le 1er n’est pas loin. Le 2ème et le 3ème ont l’air de bien courir, je ne sais pas si je pourrai revenir. Je doute sérieusement, et je vois la victoire s’envoler, et même le podium. Mais je ne baisse pas encore les bras, on ne sait pas ce qui peut arriver. J’arrive au demi-tour, j’essaye de manger des gels, je bois du coca et de l’eau, comme à tous les ravitos. On m’encourage, et je repars. Depuis quelques km, j’ai l’intestin qui ne va pas bien. J’essaye de retenir, me dire que ça va passer, mais je sens qu’il va falloir faire une pause. Oui, autant je peux pisser en courant, et ça ne me dérange pas, autant la grosse commission, je n’essaierai pas ! Je croise mon compagnon d’échappée qui sort d’un fourrée et qui dit « ah, ca fait du bien ! ». Bon, on est tous pareil alors.
Je remonte la petite bosse, mais je n’arrive que très peu à courir, même si la pente est assez faible. Sur la longue descente, je commence à chercher un endroit où m’arrêter. Je vais à droite, à gauche, on va arriver dans la ville, et je n’arrive pas à me retenir, faut s’arrêter Maintenant ! Je vois des poubelles et de l’herbe à coté. Tant pis, je m’arrête là. J’enlève la trifonction en courant et je m’arrête en express. 30 secondes de perdus, mais c’était obligatoire. Première fois que ça m’arrive en course. Heureusement, il n’y avait personne pour assister à ce spectacle…
Bon, j’arrive quand même à courir aux alentours de 15km/h sur la descente, mais je commence déjà à redouter le plat, car je sais que je n’aurai « pas le droit » de marcher. J’aurai environ 8km à tenir avant de revenir vers le petite montée.
Bon, le 2ème tour je n’ai plus trop de souvenirs. Je croise les 1er/2ème/3ème un peu plus loin qu’au premier tour, mais comme je vais moins vite, c’est pas dit que je leur ai repris du temps. Je passe le 1er semi en 1h45 environ. C’est moins que ce que j’espérais, mais surtout je redoute la grosse explosion du 2ème semi. Je me dis que si j’arrive à le boucler en 2h ce serait déjà pas mal.
C’est le calvaire, je n’avance plus, je regarde de temps en temps la montre, les km sont entre 4m50 et 5min sur le plat. Je m’arrête à chaque ravito, 30s, 1min, je sais plus, le temps de manger et boire. Je ne réponds à personne, on m’encourage à chaque fois que je repars.
Arrive la côte. Pour rappel donc, petit cote pas trop pentue type trail, et grosse cote à 8-10% en ville. J’essaye de me dire de courir le plus longtemps possible sur la petite côte. Je n’en peux plus. J’attends avec hâte la grosse cote pour pouvoir marcher. Mais j’y arrive, je réussis à courir cette partie jusqu’au dernier petit coup de cul où je marche. A chaque fois que je me mets à marcher, je dis, à voix haute, à voix basse, je sais plus trop : « je suis mort », comme pour me donner le droit de m’arrêter. Mais le compétiteur reprend le dessus à chaque fois, et je recours 5, 10,15, 20m quand je peux, en cote, et dès que c’est plat ou que ça descend, je cours. Ce doit être un spectacle désolant de me voir lutter ainsi pour grapiller seconde par seconde. Les gens de la Tribu sont postés à divers endroits et m’encouragent, ça redonne un peu d’énergie, pour quelques secondes.
J’arrive en haut de la grosse bosse, Nicky et Seb sont là et m’encouragent, mais ils ne savent pas à quelle position je suis. Moi je sais, je leur fais signe : « 4ème ». Je me lance dans la descente vers le lac comme je peux. Le premier n’est pas là, bon j’ai dû lui reprendre du temps. A chaque virage, je m’attends à le voir, mais non. Et enfin, je vois le gars de Montpellier, il est passé premier ! Puis un peu plus loin le gars en jaune. Toujours pas de Gael. Mais ces 2 là ont trop d’avance, je ne les reprendrai pas. Petite montée vers le lac, je commence à me dire que peut être je ne l’ai pas vu. Mais au demi-tour je le vois, il marche, il a l’air de se prendre le ventre. Après le ravito, je le double, j’essaye d’avoir une belle foulée pour finir de le démoraliser et qu’il ne se remette pas à courir. Et oui, c’est moche, c’est la course. A ce moment, une partie se joue dans la tête. Bon, moi, physiquement je suis au bout du rouleau, mais finalement je réussis à ne pas perdre trop de temps, et je me dis que le 3h45 est carrément jouable, voire 3h40. 3h30 c’est mort depuis longtemps. La grande descente fait mal partout, mais je préfère ça que courir sur le plat où il faudra fournir des efforts que je n’ai pas envie de faire. Je sais que c’est quasi fini, il reste 2-3km de descente et 1-2km de plat. Mais dès qu’il y a un peu de montée, je n’arrive plus à courir.
Allez, c’est la fin, mais je commence à avoir peur qu’on vienne prendre ma 3ème place, et je me retourne sur le dernier km. Pourquoi faire, je sais pas trop, de toutes façons, je ne gère plus rien. Je croise Valérian, je suis content de voir qu’il a déjà fait 5km et qu’il coure bien, il est parti pour être finisher. Je trouve les ressources pour l’encourager.
Enfin la ligne d’arrivée comme une délivrance. J’essaye de taper dans les mains, mais le cœur n’y est pas vraiment. Je suis exténué, je m’assois sur la rambarde après l’arrivée. Le premier vient me féliciter. Je le félicite aussi. Il a vraiment été sympa toute la course à m’encourager, je suis content qu’il ait réussi à gagner. Nicky est là, elle m’embrasse, elle me félicite. Je lui dis que c’était vraiment dur. Puis je sais pas trop pourquoi, je craque émotionnellement, je pleure. Nicky croit que c’est parce que je suis déçu de pas avoir gagné ! Mais en fait je pense que ça faisait 3h que je luttais mentalement et physiquement, et que là il fallait décompresser. La speakeuse me laisse finir. Merci. Puis petit interview où je répète à qui veut l’entendre que j’ai vraiment souffert. Normalement, je n’utilise pas ce mot « souffrir » pour les triathlons, mais là, le mot « inconfort » est trop faible.
 
Donc voilà, au final, je fais pas un marathon dégueu, 3h38, 3ème temps, mais en fait les 3 premiers du classement général, on a fait à peu près le même temps marathon, 25 secondes nous séparent ! J’aurai préféré faire le meilleur temps, pour 25s, mais c’est pas très important. Je finis en 12h40, à 10min de mon objectif donc, et 20min de la victoire, et 10min de la 2ème place. Sur le marathon, il y avait vraiment 42,2km cette fois, d’après GPS.
Mais surtout je finis dans un état de fatigue que je ne me souviens pas avoir connu. Pendant la course, heureusement, j’ai réussi à ne pas réfléchir et à me désoler, juste à avancer. Mais après la course, ça fuse : « mais pourquoi je fais ça ? », « c’est fini, je ne referai plus jamais une course aussi difficile », et même « je veux vraiment encore continuer ce sport ? ».
Bref, le moral n’est pas au beau fixe. Cette 3ème place ne me satisfait pas vraiment, mais au vu de la course, j’aurai très bien pu faire 4ème, et donc c’est un bon lot de « consolation ». Je ne crache pas dessus même si j’espérais mieux.
 
Quelques jours plus tard, j’ai déjà repris des couleurs et de l’envie. Je reste déçu de ma performance, mais j’essaye de l’analyser avec un peu de recul. 6 semaines après le Frenchman, je pense que j’avais encore trop de fatigue pour être efficace. Du coup, je me demande si c’était à cause de la difficulté de la course elle-même que j’en ai autant ch.. en course à pied, ou « simplement » parce que je n’avais pas réussi à récupérer du Frenchman, et un autre IM plus plat aurait été tout aussi difficile. A méditer !
 
Donc repos les prochaines semaines. J’espère réussir à faire quelques sorties vélo plaisir en montagne, à enfin escalader quelques cols des Pyrénées que je n’ai toujours pas fait, à profiter un peu de la famille, de travailler un peu dans le jardin, le potager, et la maison, et pourquoi pas de ne rien faire par moments, ça fait longtemps que j’ai pas fait ça !
Et pour la suite des aventures triathlétiques, je me laisse quelques semaines, on verra bien quand on rempile !
 

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Published by benji-triathlon
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commentaires

Sirugue 25/07/2017 01:15

Bonjour Monsieur,

je trouve votre résumé super intéressant et très captivant !

J'adore !!!

Bravo pour votre course et au plaisir de vous croiser lors d'une course.

Nico.

Clément Wuak 19/07/2017 22:57

Salut !

Super résumé et très intéressant d'un point de vue gestion de course. Tu parles pas mal des FC mais en fait c'est quoi ta FCmax ?

Merci !

Clément.

benji-triathlon 20/07/2017 07:23

Salut Clément, 181 environ ma fc max environ. Et au repos autour de 50.
À plus.

FéFé sambarin 19/07/2017 09:24

Bravo ! Félicitations!!!!
Un très beau CR qui donne vraiment envie........de fuir !! lol
Etant finisher de l'half cette année (6 h 27') tu m'as vraiment donné envie de partir sur l'Altriman l'an prochain
bonne récup et bonne continuation !!
Féfé

ARIANE VILLEROUGE 17/07/2017 10:44

Bonjour Benjamin,

n'hésitez pas à me contacter par mail ariane.villerouge@bernascom.com afin d'échanger sur une éventuelle participation au Triathlon de Chantilly.
Belle journée,
Ariane Villerouge.