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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 09:42

Bon, on en était où ? Pour ceux qui ont loupé la première partie, c'est ici

J'enfourchais le vélo, c'est ça ?

Quelques photos de ma sortie du parc avant de continuer, on voit bien comment je tasse le gars à ma gauche en sortant, pas de pitié ! Et sur l'autre photo, petite anecdote: j'avais mis un gel dans mon sac de T1 à prendre juste avant de monter sur le vélo, ce que je fais, mais je me retrouve avec le déchet dans les mains, je ne sais pas où le jeter. Heureusement, un arbitre est là, je lui demande si je peux le laisser à mon emplacement, il me dit oui, je peux partir les mains libres !

c'est vrai, j'ai les pieds dégueu, je vous l'accorde

 

Le vélo

On à 300 mètres environ pour arriver sur la boucle de 60km. Le gars à ma gauche me distance, je rentre sur la boucle, sur un gros rond-point, je finis de mettre mes chaussures à ce moment-là, il y a pas mal de monde, c'est bon pour la motiv, je fais une relance et me cale en position de CLM. Sur cette partie, je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Je me suis préparé psychologiquement à me faire beaucoup dépasser, comme à Lacanau, je sais que mon point fort est la course à pied, et il ne faut absolument pas que je calque mon effort et ma vitesse sur les autres concurrents. En fait, ça fait même parti de la stratégie espérée: étant donné la densité plus importante que les années précédentes, on (coach Nick et moi) que devant ça va se tirer la bourre en vélo, que certains vont aller trop vite, et que je vais ramasser tout ce joli monde en course à pied. Quant à moi, Nick m'a donné des instructions, mais me laisse relativement libre quant à l'application. En gros j'ai une cible de puissance à tenir, mais j'ai le droit de jouer un peu autour selon les conditions de course (vent pour/contre principalement, chaleur également, voire selon les concurrents qui me doublent, même si cela va à l'encontre de ce que je viens de dire). Pour ceux que ça intéresse et à qui ça peut parler, je dois viser une moyenne de 220 watts, avec une variation de 20 watts.

Je me cale au début vers 230. J'ai le droit d'aller jusqu'à 240 si je me sens vraiment facile, mais ce n'est pas le cas, je reste à 230. C'est déjà au dessus de ce que je pensais il y a quelques jours être capable de faire (je pensais 215-220), donc je m'enflamme pas. Je constate également que le cardio est plus haut que lors de la préparation, entre 140 et 145. Je suis déçu, mais c'est normal, j'ai pas mal de fraicheur que j'avais pas pendant la prépa. Et puis je suis quand même moins haut qu'à Zurich où j'étais resté vers 150 pendant un bon moment.

Le but est aussi et surtout d'essayer d'être le plus aéro possible, et pour moi cela veut dire garder la tête bien basse. Lors de la prépa, je n'ai pas fait énormément de prolongateur. Les 2 stages étaient en zone montagneuse et je pense que je dois avoir un max sur prolongateur à 1h30 en continu. Avec mes douleurs à la selle qui m'empechait de tenir la position plus que 10 minutes lors des stages, c'est un des gros challenge du circuit. C'est con, mais je crains plus le mal de c.. que le mal de jambes !

Bref, après 2-3km en ville avec pas mal de monde, je me retrouve sur la première des longues lignes droites. Le parcours en compte 6, entre 5 et 15km chacun. J'ai l'impression d'aller vite, mais je n'affiche pas la vitesse au compteur. Je reviens assez vite sur le gars que j'ai failli faire tomber. Je double également 2 autres gars, parti pas très loin devant moi à T1. En contrepartie, vers le 10ème km, je me fais doubler par une fusée. Il y a les prénoms sur les dossards, il s’appelle Ludovic, je ne le connais pas

L’orga a mis des panneaux tous les 10km. Je m’en servirai tout du long pour voir ma vitesse et faire un peu de calcul mental. Au minimum, j’espère tenir 36km/h, soit 16m40 tous les 10km. Au passage du 10ème km, je vois que j’ai mis un chouilla moins de 15min, soit 40km/h ! C’est bon pour le moral, même si j’essaye de pas m’enflammer et je n’oublie pas que j’ai bippé à la montre après les 300 mètres pour rentrer dans la boucle.

On est sur une portion aller/retour et je peux donc voir qui est devant, et leur avance. Je vois un gars devant que je pointe à 6m30, puis 3 gars pas loin les uns des autres, et quelques autres un peu plus loin. Je ne compte pas hyper bien, mais je vois que je dois être 13 ou 14ème.

Juste avant le demi tour, vers le 17ème km. Une autre fusée Guillaume, et j’imagine que c’est Guillaume Belgy. Je suis content de constater que je suis sorti devant lui de l’eau (même si je l’espérais) mais j’espérais même qu’il me rattrape un peu plus tard. Guillaume ne m’a pas doublé depuis 5 secondes, qu’un arbitre sur le bord de la route, placé idéalement à ce moment-là, vocifère quelque chose, et je crois distinguer « 12 mètres ! » qui est la distance règlementaire de non-drafting !

Alors si je me prends un carton ici, ce serait vraiment trop bête, j’ai à peine eu le temps de constater qu’on me doublait que déjà j’ai l’impression d’être en faute. Je décide de bien montrer que je suis les règles et me relève (cela me permet par ailleurs de soulager le haut du corps, qui va devoir subir la position CLM encore plus de 4h), et arrête de pédaler jusqu’à ce que Guillaume soit assez loin pour qu’il n’y ait pas l’ombre d’un doute que je drafte, environ 20 mètres. Cela ne prend que 5-10 secondes, et je passe de 39 à 35km/h, puis je me remets à pédaler. De toute façon, le différentiel de vitesse est tel qu’au bout d’une minute, il est déjà loin. Je me dis que l’arbitre n’a pas pu me mettre de carton pour ça, et de toutes façons, je n’ai rien vu, et j’en fais abstraction. J’avoue que je ne me souviens pas de la règle quand on se fait doubler. Il me semble qu’on a 30s pour sortir de la zone de drafting, et j’en étais très loin, mais il me semble même que cette année, c’est au gars qui double de faire l’effort de distancer l’autre (un peu bizarre à mon avis mais bon).

Quoi qu’il en soit, ce sera le seul épisode où j’ai été confronté personnellement sur cette course à un semblant de drafting. Sur cette épisode, on peut d’ailleurs voir sur mon relevé, dispo sur strava, que je n’ai pas de hausse de vitesse quand Guillaume me double au 17ème, mais par contre on voit bien que j’arrête de pédaler et que je perds 4km/h en 10s.

Sur le retour, je double la première féminine, je suis surpris, elle a dû prendre une belle avance en natation, et encore un autre gars.

J’en profite aussi pour regarder si derrière il y a beaucoup de monde, et si c’est loin. Je suis content de voir mon coéquipier Bruno, un de mes petits « challenge » sur cette course était de sortir devant lui de l’eau, car on a sensiblement le même niveau de natation. Je vois que j’ai déjà 2-3 minutes d’avance sur lui, et que derrière moi il y a du monde, mais pas tout près, j’espère que ça ne va pas trop revenir. J’encourage Bruno en le voyant mais après je me remets en mode aéro et je baisse la tête. Je sais pas si vous avez compris, c’est le leitmotiv de ma course…

Je vois Nicky pour la première fois, je me permets juste de lever un peu la tête et de lever le pouce... Pour l'instant, tout va bien !

On approche un des quelques virages du circuit, qui coïncide avec un ravito. J’avais bien étudié la carte les jours précédent, et je savais que 3 ravitos proposaient des bisons avec boisson ISO, et ils étaient idéalement placés à un endroit où on devait ralentir, et espacé de 20km environ chacun. J’ai 2 bidons avec moi, un classique sur le cadre, et un entre les barres aéro qu’on ne peut pas enlever (appelé aérodrink dans le jargon), qu’il faut donc remplir avec un autre bidon. J’ai donc prévu avant chaque ravito de faire le plein de l’aérodrink avec le bidon sur le cadre, de jeter ce bidon avant d’arriver au ravito, de chopper un bidon ISO, et de le remettre sur le cadre. Et pendant la course, je ne bois qu’à l’aérodrink. Premier ravito donc, je fais le plein de l’aérodrink, je jette le bidon, je gueule (pas très poliment il est vrai) aux bénévoles « ISO ! » et j’essaye d’en chopper un. Hélas, arrive ce à quoi je m’attendais un peu. Les bénévoles sont pas hyper bien briefés sur la meilleure manière de donner un bidon à un vélo en mouvement. En gros, la meilleure façon, c’est de poser le bidon sur le plat de la main, et de laisser le cycliste le chopper. Si on tient le bidon dans sa main, on prend le risque de créer une résistance au cycliste qui choppe le bidon, et on risque la chute du cycliste, et le carambolage avec le bénévole, et il est en plus très difficile à synchroniser le moment où le cycliste prend le bidon et le bénévole doit le lâcher. Là donc, je vois que la bénévole tient le bidon dans sa main. J’essaye de le chopper en essayant de bien tenir le vélo au cas où, mais je n’arrive pas à le prendre, il tombe par terre lors de l’échange. Hors de question de m’arrêter, et la zone de ravito est courte, pas d’autres bénévoles avec un bidon. Tant pis, hors de question de m’arrêter, j’ai l’aérodrink plein, ya pas encore péril de déshydratation. Mais va pas falloir se louper au prochain ! C’est un des points d’amélioration que j’ai noté d’ailleurs, les zones de ravito, et également les zones où on pouvait jeter les bidons et déchets n’étaient pas très bien indiqués ni délimités. Mais bon, pour faire mieux, il faudrait aussi plus de bénévoles, le nerf de la guerre !

On arrive sur la partie très granuleuse, un passage de 3km où on sent tout notre corps et tout le vélo vibrer. Ça va, je suis habitué avec les routes du Béarn, mais ce n’est jamais agréable. Je serre les dents et garde la position, tête basse, le regard à 3m devant la roue avant, j’attends que ça passe ! A chaque passage sur ce terrain, j’ai eu peur qu’une des vis de mon vélo se fasse la malle. J’ai eu quelques épisodes pendant la prépa où j’ai eu des vis desserrées, et même si j’avais tout bien vérifié les derniers jours, j’ai un doute. Bizarrement, je ne crains pas trop la crevaison. J’ai mis un liquide anti-crevaison dans mes boyaux (quelle galère à mettre d’ailleurs !), et le revêtement est quand même dans sa majorité très bon, et je n’y pense pas trop. J’ai quand même pris un boyau de rechange au cas où !

Panneau 20km, j’ai un peu ralenti, mais je suis encore au-dessus de 36km/h sur ce 2ème tronçon, ça me booste une nouvelle fois.

On rentre à Hourtin encore une fois sur une longue ligne droite, je suis complètement esseulé, c’est moi et mon vélo contre les éléments. En l’occurrence, les éléments sont très cléments pour l’instant. Pas un pet de vent (ou du moins on ne le sent pas) alors que depuis 2 mois, ça souffle fort dans le coin, on a vraiment eu de la chance de ce côté-là. On passe le 30ème km, je suis toujours pas mal, à 230 watts, et après une petite alerte dans les fessiers, qui me faisait redouter le même ressenti qu’à Lacanau, mais je me disais que sur IM, impossible de tenir cette douleur encore 150km, mais elle est repartie aussi vite qu’elle n’est venue. Après cette petite alerte donc, on arrive au 2ème ravito, faut pas se rater, faut pas se rater… Et m…. ! Je me rate, le bidon tombe une nouvelle fois par terre. Là, je suis sur la zone rouge. Je vais finir mon aérodrink dans quelques km, et j’ai encore 20km avant le prochain ravito. Pas bon du tout ça, c’est un coup à foirer son IM avant de l’avoir vraiment commencé ! Je décide que quoi qu’il arrive, à partir de maintenant je ne loupe plus un bidon, quitte à passer au ralenti.

Je vois Nicky qui m’encourage juste avant le ravito, elle m’annonce mon classement (que j’ai oublié là, mais c’était environ 13ème je pense). C’est un bon boost pour finir le tour. Je me sens toujours bien, mais je me doute que je ne tiendrai pas cette allure tout du long.

On fait un dernier aller-retour où je peux regarder qui est devant et faire les écarts, mais cette fois-ci je ne lève pas la tête et je reste bien concentré sur ma position. Après le demi-tour, j’essaye quand même de voir si derrière ya du monde, et je vois qu’il y a un petit trou de 3-4 minutes mais après il y a un paquet, c’est très très limite (pour ne pas dire plus) niveau drafting. Ça ne me gêne pas plus que ça, mais j’espère juste qu’ils ne vont pas revenir sur moi pour ne pas être gêné.

Après le demi-tour, il y a un ravito avec juste de l’eau. Normalement je ne dois boire que de l’iso, mais devant la situation, je ralentis pour chopper un bidon d’eau et remplir mon aerodrink. Du coup, il me restait un fond d’ISO, ça le dilue à mort, mais je me dis que c’est mieux que rien, j’étais déjà quasi à sec.

On revient une dernière fois en ville, et la circulation commence à se densifier. C’était ma grande crainte, avec le beau temps et le long WE, que les routes soient beaucoup empruntées, et que ça fasse bouchon. Il n’y a pas tant de monde que ça, mais on van me double un peu avant d’arriver sur un dos d’âne, ça ralentit devant, je suis obligé de me relever, de freiner, j’essaye de gueuler d’avancer, mais ça a pas trop l’air de prendre, et finalement je double comme un con, j’appuie comme un sourd, je passe la ligne blanche (passible de disqualification…), et je sors un peu de ma course, tout ça pour 15-20 secondes de perdues. Une fois que je suis de nouveau tranquille avec personne devant, j’essaye de me calmer, de me dire que c’est con de s’énerver, il reste encore longtemps et que je vais perdre de l’énergie bêtement. Sur la dernière partie, j’entends Valou et la petite famille m’encourager sur la gauche de la route, j’essaye de faire un petit signe.

On finit la boucle par un tour du rond-point, je m’applique pour chopper un bidon d’iso (je passe à 15km/h) dans le virage, et je relance après la sortie du rond-point, bien boosté par les encouragements du public nombreux. Boosté aussi par ma montre qui m’indique 1h33 pour ce 1er tour. Soit moins de 4h40 sur les 180km ! Mais je commence à sentir que je ne tiendrai pas cette allure, donc je me fais pas d’illusion, mais je me dis que le 4h45 est peut être jouable mais je m’enflamme pas, je continue à m’appliquer à bien rester aéro, on fera les comptes à la fin. Pour le coup, je lève un peu la tête au début du 2ème tour pour apercevoir et faire un signe à Val et la troupe, car ils m’avaient encouragé bien bruyamment quelques minutes plus tôt. Je les vois, je fais un petit signe, ils m’encouragent de nouveau, et c’est reparti !

J’ai donc bouclé ce 1er tour à environ 38 km/h (229w), mais je ne suis que le 23ème temps. Je suis classé 12ème, et il y a un trou derrière moi : le 13ème est à presque 4min. Devant, il y a un gars à 15s que je reprendrai rapidement, et ensuite il y a 2 minutes d’écart. C’est vraiment super, je reste dans ma course, personne pour s’abriter derrière moi ou me donner de l’abri, c’est pile ce que je veux, et ça ne fausse pas ma course.

A l’entame de la 2ème boucle, je sens que je ne réussirai pas à tenir la même puissance tout du long. C’était prévisible mais j’espérais quand même… A l’approche des 10km, je regarde ma montre : 15min passent, 15m30… toujours pas le panneau en vue. Je fais l’effort de ne pas lever la tête pour essayer de l’apercevoir, je reste le plus aéro possible mais il me tarde de le voir. 16m… Finalement je passe en 16m30, donc un tout petit peu plus que 36km/h. Je ne suis pas rassuré, mais je vois que la moyenne depuis le début est à 37,6km/h sur ma montre, même si je fais du 36km/h le reste du temps, je devrais être vers 37km/h au final, très satisfaisant. Je constate également que la tête de course a déjà terminé l’aller-retour quand je m’y engage : pas de voiture de tête. J’ai espéré un moment avoir repris du temps à la tête quand je la voyais pas, mais il a fallu se rendre à l’évidence quand j’ai vu les premiers cyclistes passer : la tête avait déjà fini l’aller-retour et tourné à droite. Je continue mon bonhomme de chemin, toujours peinard, toujours tout seul, et après le demi-tour, j’ai l’impression que ma vitesse augmente. Effectivement, au 20ème km, ma moyenne a augmenté (en fait je roulais à l’aller à 35km/h et au retour à 41 km/h !). Le vent s’est donc levé un petit peu, mais ça reste très doux et à peine perceptible de mon point de vue. Par contre, ma puissance chute, j’essaye de me caler à 220-225, mais ce n’est pas évident.

Bon, à partir de là, il ne se passe plus grand-chose, je navigue de ravito en ravito, les panneaux qui indiquent tous les 10km me servent de repère et je les attends avec impatience. Je me souviens plus trop quand, mais sur ce tour, je double une personne au début donc, et une deuxième un autre moment, et c’est tout ! Et personne ne me double. Derrière, je constate aux demi-tours que le groupe derrière subsiste toujours, est resté à 3-4 minutes, mais a perdu pas mal d’éléments et ça a l’air de rouler plus clean. En tout cas ce n’est plus un paquet, ça roule à la queue leu leu. Ça continue à rester mon challenge : faut pas qu’ils reviennent sur moi.

Tous les ravitos se passent bien, je ralentis pour bien prendre les bidons. Les bonbons énergétiques passent bien, je reste sur mon plan de marche, mais j’ai quelques oublis parfois, que j’essaye de rectifier en en prenant un peu plus de temps en temps. J’essaye de bien rester en position aéro tout le temps, sauf dans les virages, où je me lève pour essayer de bien tout étirer. Mais je me rends compte que si je fais des mouvements trop brusques, je pourrai me bloquer la nuque, tellement elle est raide de rester en tension tout le temps dans la même position. Et je relance après chaque virage, ça fait du bien, et ça permet de se remettre tout de suite dans l’allure. J’ai un nouvel épisode difficile avec des voitures devant, mais cette fois-ci je reste derrière, je perds un peu de temps mais ce n’est pas grave, j’en profite pour me détendre, je suis tendu de chez tendu !

Je vois Enzo sur le bord de la route qui m’encourage, et quelques minutes plus tard, il se porte à ma hauteur en scooter, me dit quelque chose du genre « je suis bien posé sur le vélo, c’est bien », puis me dit autre chose, mais je n’entends pas et le lui dit. Il me redit que c’est bien et je suis soulagé de le voir partir, j’avais peur de me faire cartonner pour accompagnement interdit. Ça peut arriver vite ! Mais bon, c’était cool d’avoir ses encouragements, et je me dis que je suis en train de faire une course pas dégueu.

re-le petit pouce en l'air, mais là c'est du bluff ! Merci Enzo pour la photo

Nicky me dit que je suis 10ème, c’est au-delà de mes espérances. Avec la start-list et mon niveau vélo montré à Lacanau (où je pose au-delà de la 20ème place), je ne pensais pas poser dans les 10 premiers.

Je finis donc ce 2ème tour à la 10ème place. Je roule ce tour à 37,5km/h de moyenne et 223w, finalement je perds peu en terme de temps sur mon 1er tour : 1m30. Inespéré après le premier 10km où j’avais déjà 1m30 de retard sur mon chrono du 1er tour. Ça me rebooste à fond même si je sens que le dernier tour sera difficile, que les jambes commencent déjà à fatiguer. Je ne suis que 28ème temps vélo sur ce 2ème tour. J’ai toujours 3m30 d’avance sur le groupe de 4 qui me suite.

Dès l’entame du 3ème tour, ça se complique. Je suis dans le dur, je sens que je roule moins vite, je développe moins de puissance. J’essaye de faire illusion sur la première ligne droite car je sais qu’on est vent contre. Je suis difficilement à 210-215w, autour de 35km/h, et je me dis qu’au demi-tour, je pourrai baisser un peu le wattage pour récupérer. En fait, je me fixe comme objectif de ne pas descendre en dessous de 200w, mais je vois assez souvent 190 et je suis obligé d’en remettre une couche. Je me concentre d’autant plus sur ma position aéro. Forcément elle est de plus en plus difficile à tenir, mais je sais que ça peut compenser un peu le manque de puissance. La selle ne me fait presque pas mal, miraculeusement, mais je me permets quelques relances, même en ligne droite, pour réussir à détendre les muscles du haut du corps, pour pouvoir ensuite rester 10min bien posé sans bouger en position aéro.

Ce 3ème tour sera une lutte permanente avec mon compteur de puissance. Je guette les panneaux 10km, les ravitos, je compte le nombre de km restants. Je ne suis pas au mieux, mais je continue à faire illusion, je navigue autour de 200-210W et environ 36 de moyenne. Au premier demi-tour, je vois que je reviens sur un gars. Je reviens sur lui très vite, je vois qu’il n’est plus en position aéro, je vois son dossard, « Pierre », et je comprends que c’est Pierre Gaspariau, 2ème l’année dernière. Je sais qu’il a fait l’Ironman d’Afrique du Sud plus tôt cette année, et j’espérais le reprendre en course à pied, mais je ne pensais pas le reprendre à vélo. Il a dû trop donner en début de course à essayer de suivre le train imposé et il a dû exploser. Moi, on ne va pas se mentir, ça m’arrange, une place de gagnée, il ne reviendra pas, c’est sûr. Et je me dis que la stratégie commence à porter ses fruits. Si d’autres comme lui sont allés trop vite, ça va exploser dans les prochains km. A ce moment, il me reste encore 40km, et ça parait très long. Mais je vois que derrière ça ne revient toujours pas, je suis toujours seul au monde, bien posé, concentré, et je serre les dents. Bizarrement, je ne pense pas du tout au marathon derrière. En toute logique, je devrais en avoir peur et me dire que vu l’état dans lequel je finis, je ne vais pas réussir à bien courir, mais non, je n’y pense même pas, je suis concentré sur le moment présent : pédaler. Je n’ai absolument aucune pensée pour le marathon. En général, je l’attends avec envie, mais là ce n’est même pas le cas, je pense juste à finir le vélo ! D’ailleurs, dans cette 3ème boucle, comme sur la 2ème d’ailleurs, je ne regarde plus du tout pendant les A/R où sont mes coéquipiers, je regarde 2m devant, et basta ! Heureusement, le revêtement est vraiment bon, et hormis 2 ou 3 nids de poules que j’ai repérés, il n’y a pas de risque de chute. Il faut juste faire attention à la circulation, mais comme je n’ai pas d’autres cyclistes avec moi, et que finalement je ne prends un tour qu’à très peu de monde, je ne suis pas trop gêné

seul au monde je vous disais ! Bon, c'est vrai qu'on voit pas devant, faut me croire sur parole. re-merci Enzo pour la photo. Il y était, il pourra vous dire lui que j'étais tranquilou tout seul, à siroter ma limonade.

Sur le dernier aller-retour, je vois que je reviens sur un autre gars. Je le reprendrai finalement dans les 2 derniers km, lui aussi est relevé, mais il n’a pas lâché le morceau, il avance encore, il doit essayer de se détendre avant la course à pied. Et mais je le reconnais, c’est le « Ludovic » qui m’avait doublé comme une fusée au départ ! Comme on se retrouve ! Ca ça fait plaisir ! Je vois que j’ai présumé de mes forces, mais je ne suis pas le seul. D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes.

J’ai fait ce 3ème tour à 36,3 km/h et j’ai perdu « beaucoup » de temps sur ce 3ème tour : 3min par rapport au 2ème tour et donc 4m30 par rapport au 1er. Je développe 205W de moyenne, une bonne baisse aussi donc, mais j’ai réussi à ne pas couler complètement.

 

Malgré cette moyenne en baisse, je fais le 16ème temps sur ce tour (pour rappel 23ème et 28ème temps sur les 2 premiers tour). Comme quoi j’ai bien baissé, mais ça commençait déjà à exploser de partout sur ce tour. L’accumulation des km, peut-être un peu le vent qui s’est levé et la chaleur qui a commencé à apparaitre (que je n’ai pas du tout ressenti sur le vélo). D’ailleurs, une stat assez éloquente : sur les 20 premiers au classement général aux 120km, 5 abandonneront (dont les 2 que j’ai doublé au 3ème tour).

Je fais finalement mon vélo en 4h48m40s officiellement, à environ 37,1km/h et 219w. A mon compteur, j’ai environ 178,5km. J’ai regardé d’autres traces sur strava, et fait le parcours sur openrunner, je suis plus proche des 179. Enfin, il doit manquer entre 1km et 1,5km je pense.

Je pose donc 8ème, après 300 derniers mètres où je suis un peu perdu et j’ai peur de ne pas prendre la bonne route. Très content, je me dis que le top 5 est largement jouable, et donc les primes.

Je fais une très bonne transition : un bénévole nous prend le vélo, on n’a plus qu’à courir récupérer notre sac de transition, aller dans la tente, et se changer. Je perds un peu de temps à enfiler mes chaussettes, un bénévole me propose un peu d’eau, j’en prends un peu, et je pars avec 3 gels dans la main.

Dès que je me mets à courir, j’oublie le vélo. Les jambes répondent « normalement ». Je sens que je ne « vole » pas, une sensation qui peut m’arriver à la pose du vélo sur les premières foulées, mais je ne suis pas scotché non plus. J’essaye de me caler assez vite à une vitesse que je pense pouvoir tenir très longtemps, et j’attends que mon cœur se stabilise pour vérifier la FC, car on avait décidé (enfin surtout lui !) de gérer le marathon à la FC, comme à Zurich. Et encore plus aujourd’hui, avec la chaleur qu’ils annoncent, ce sera une bonne option. Coach Nick m’a prévenu de ne pas trop regarder l’allure car elle risque d’être lente à cause de la chaleur. Même si je cours en 3h15, ce sera peut-être le meilleur chrono de la journée, il m’avait dit la veille.

A la pose du vélo, je pense au sub-9 également. J’ai fait un meilleur vélo qu’escompté, et pris pas mal d’avance pour pouvoir laisser quelques minutes au marathon et quand même y arriver. Nicky me dit que je suis 8ème à la sortie du parc, et me dit également (du moins c’est ce que je comprends) : « tête de course à 12min ! ». Je me dis que c’est impossible, que vu combien de temps ils m’ont repris au 1er tour, ils doivent avoir au moins 20min d’avance. Mais je me prends à espérer que tout le monde a craqué, et 12min sur marathon, ce n’est pas grand-chose, je commence à envisager une possible victoire. Elle me dit également que mon temps pour l’instant est de 5h52. Elle pensait me faire plaisir, car ça me permet de passer le marathon en 3h08 pour chercher le sub-9, mais je pensais avoir encore plus d’avance que ça. Mais finalement je n’avais pas trop pris en compte les transitions, et j’ai nagé en plus d’une heure, je ne le savais pas pendant la course, je pensais avoir fait moins. Donc j’ai de l’avance, mais pas non plus un boulevard.

Nicky : Ben m’avait annoncé tous les autres gars qu’il pensait favoris de la course, et à part Gaspariau, ils sont tous devant, aux 5 premières places ! Je prends les dossards et les écarts, pour pouvoir les reconnaitre ensuite lors des tours suivants, quand il y aura plein de triathlètes dans des tours différents, pour pouvoir lui dire sa place et ses écarts. Un gars est là, il connait tous les premiers : « Ah oui, ca c’est Save, il est fort ; ca s’est Onillon, il est balèze, la c’est Belgy, c’est un ouf, etc… » il me demande « et vous votre mari c’est qui ? » « Benjamin Feraud ». « Ah non, connais pas ». Quand Ben passe, je lui donne l’écart sur la tête (22min en fait), puis je dis à Pumba, le pote de Seb, qui suit la course avec moi : « allez viens, on y va ». Il me demande si on ne prend pas les écarts sur ceux qui arrivent après et je lui dis : « non c’est pas la peine, il se fera pas rattraper ». Le gars à coté doit halluciner et se dire « ben dis donc, elle manque pas d’air, elle ». Mais je suis confiante, je sais que c’est son point fort et qu’il va remonter un paquet ! Le lendemain j’ai revu le gars, mais j’ai pas osé aller le voir pour savoir si la course lui avait plu…

 

La Course à pied

Les années précédentes, le marathon était très court, environ 40,5km. L’organisateur a annoncé qu’il avait allongé cette année, que ça faisait pile 42,2, mais je reste dubitatif, la partie qu’il a augmenté ne me parait pas très longue.

Bref, c’est parti pour 40 bornes et plus, la casquette vissée sur la tête. Je constate que mon allure correspond à peu près à la FC cible de 145 bpm.

Je fais le 1er km en 3m57. Ça me rassure, et j’espère tenir cette allure longtemps. Je prends mon 1er gel au 1er ravito. J’ai plein d’encouragements, ça fait plaisir, surtout que la plupart ont l’air de dire que j’avais une bonne foulée et une bonne allure. Moi, je prends cela comme une « confirmation » que je dois aller plus vite que la plupart devant moi, ou du moins avoir l’air d’aller plus vite. Donc que ça souffre devant.

Je vois Val et la famille m’encourager fort après le 1er km. J’essaye de leur faire un petit signe de remerciement, mais j’ai du mal à sortir de ma bulle. Pourtant, il faudrait, j’ai 40km à faire, il ne faut pas trop se recroqueviller sur soi, sinon on risque de ne penser qu’à sa douleur, son inconfort. Si on s’ouvre aux autres, ça permet de voir autre chose, penser à autre chose. Je suis seul sur un chemin entre le 1er et le 2ème km, j’ai tout le loisir de voir et d’entendre un photographe qui me mitraille 20 fois en 1 seconde. Je pense d’ailleurs que la photo ci-dessous est l’une d’elles. On voit que j’ai encore l’air à peu près frais.

ce p... de bras gauche qui veut pas rester dans l'axe ! C'est fou ça quand même ! J'ai même donné cette mauvaise habitude à mon fils !

 

Je vois le vélo ouvreur revenir avec derrière le premier, Boris, on se croise un peu avant le km 2 de mémoire. Ça veut dire que j'ai environ 6km de retard, entre 24 et 25min donc. Connaissant le palmarès du gars, dans ma tête, pour la victoire, c’est plié, mais cela ne me marque pas plus que ça. Je continue ma course. Coach Nick avait mis au point une tactique imparable d’une simplicité et d’une efficacité redoutable : je pars à 145bpm et augmente l’intensité progressivement pour arriver au 30ème km vers 150bpm. Ensuite je ne regarde plus rien, j’accélère, et je récupère tous ceux devant ! Et donc jusqu’au 30ème, je dois rester concentré sur moi-même, bien me gérer, bien m’alimenter, bien m’hydrater. Et je rajoute : bien m’asperger d’eau pour essayer de ne pas trop faire monter la température corporelle. Donc le fait de voir Boris ne m’abat pas trop le moral. Je croise ensuite Jérôme Save, lui aussi a beaucoup d’avance, mais le parcours est fait de telle manière que je ne croise pas tout le monde, je ne sais donc pas dans quelle position est Jérôme. Je suis très loin de lui (au moins 10min), mais je ne prends pas les écarts, je prends juste note à quel endroit on s’est croisé, pour pouvoir voir au tour suivant si je lui reprends du temps. Je croise ensuite 3 autres gars, plus ou moins loin, et je vois qu’aucun d’eux n’a l’air de courir très vite, et j’espère les reprendre avant la fin du marathon. En fait, je les reprendrai tous les 3 avant la fin du 1er tour ! Ils étaient partis entre 3 et 6 minutes devant moi. A chaque ravito, je m’arrose abondamment. Comme il n’y a encore personne sur le parcours, je peux prendre des bouteilles entières que l’on me tend et que je me verse sur la tête. Mais je loupe également un verre de coca à un ravito, et je suis encore sur un bon train et refuse de m’arrêter pour boire. Je n’ai aucune envie de manger, et pendant un moment, je me dis « c’est bon, ça va passer », mais heureusement j’ai assez de lucidité pour évacuer cette pensée et me dire « si tu ne bouffes pas, autant arrêter maintenant, car tu vas rien faire de bon ». Je me force à manger un gel tous les 2-3km, et une fois le premier avalé, les autres passent mieux. Je suis content, cela me fait une petite victoire sur moi-même, d’être arrivé à éloigner cette pensée.

Il y a 5 ou 6 ravitos sur la boucle, mais seulement 3 ou 4 où il y a du coca. J’en prends dès que je peux, et aux autres juste une ou 2 gorgées d’eau. Je finis le premier tour, Nicky me confirme ma 5ème position. Je suis rentré dans la course maintenant. Théoriquement je ne devais pas y penser avant le 30ème, mais j’y suis déjà ! Un mot sur l’allure quand même. Après le 1er km en 3m57 donc, le 2ème encore à 15km/h en 4m pile, et ensuite la lente dérive commence déjà. Je m’y attendais, je mets ça sur le dos de la chaleur, car j’espérais tenir 15km/h pendant un tour. Mais en fait dès le 3ème km, je suis en 4m10, mais là j’arrive à stabiliser, je suis entre 4m04 et 4m11 du 3ème au 9ème km. Mais déjà dans ma tête, je sais que le sub-3h est mort. Il faut faire 4m16 de moyenne par km, et je sais que je vais ralentir à un moment. L’avance que je prends là ne sera pas suffisante. Mais en fait je n’y pense plus trop, j’essaye juste de faire le mieux possible, je ne pense pas trop au résultat en terme de chrono. Par contre je garde Jérôme en ligne de mire, ou au moins dans la tête.

Je boucle ce 1er tour en 41min pour 10km pile au GPS (donc environ 9,9km réel), soit 4m08/km environ.

J’ai encore plein d’encouragements, Philippe me dit que Nick est à fond derrière son ordi à me suivre, et c’est vrai que je pense à lui, et à tous ceux qui peuvent me suivre sur l’ordi, quand je passe sur les tapis qui prennent le chrono, j’espère les surprendre et leur faire penser que je peux y arriver ! Nicky m’encourage encore et encore, elle me dit que toute La Tribu est derrière moi, que même à Nanterre ils ne m’ont pas oublié et qu’ils suivent ma progression. J’essaye de rester concentré, mais ça me fait plaisir. J’aperçois également les messages que Nicky a mis à la craie sur la route, ou du moins ceux qui n’ont pas été effacé par l’averse de la veille. Des encouragements, des trucs à la con : « j’te dis qu’t’es tendu, t’es tendu ! ». Je croise à peu près tous mes coéquipiers, j’essaye de les encourager au moins une fois chacun, mais pas à chaque fois, j’essaye de ne pas me disperser. Je vois que Bruno est pas très bien, Pauline est loin de la première féminine, malheureusement, Aurélie n’a pas l’air mal, Fred a l’air bien, et quand je double Seb, je voulais lui dire une connerie qu’on se disait qu’on allait se dire à nous même pendant la course, à la Stallone-Rocky : « T’as pas mal ! J’ai pas mal ! ». Mais bon, j’avoue j’ai oublié, et je me suis contenté d’un petit signe de la main… Je croise également Jojo, qui n’est vraiment pas loin au 1er tour, il a du très bien rouler (en fait une minute de mieux que moi). Moi, je me concentre sur les mecs devant, je n’ai aucune crainte que des gars derrière puissent me reprendre. C’est sûr, ça donne l’impression du gars sûr de lui. C’est pas faux, je me sais fort à pied, et j’ai vu lors des demi-tours que de tous les gars que j’ai croisé qui était à moins de 10min de moi, aucun de me parait courir assez vite pour me reprendre. Et je n’imagine pas quelqu’un me reprendre 10min sur marathon, sauf grosse défaillance de ma part bien sûr.

Le deuxième tour commence, je ralentis encore et navigue entre 4m15 et 4m25 tout ce deuxième tour. Je suis encore à 145bpm, voire un peu plus. Je fais ce que je peux, mais je vois que j’ai repris du temps à Boris. Pas énorme, 3-4 minutes, pas assez pour espérer le reprendre avant la fin, mais c’est bon pour le moral. Je choppe 3 gels au ravito, j’essaye d’en manger 3 par tour, plus le coca et un peu d’eau. Il y a Enzo qui m’encourage, qui me dit que devant c’est en train de craquer. Ces paroles sont trop bonnes à écouter. De mon côté, c’est pas la folie, mais je garde un bon rythme, et je vois bien en croisant tout le monde que personne ne court très vite. Avant le premier aller-retour, je vois que j’ai repris pas mal de temps à Jérôme, mais je ne sais pas s’il est 3ème ou 4ème, et si l’autre est loin devant ou pas. Nicky continue à m’encourager, me dit que je suis pas loin de Jérôme. Dans ma tête, je me dis que c’est tout bon, si je lui ai repris quasi 10min en 20km, c’est que je suis en train de bien courir. Vers le 19ème km, Enzo m’attend et m’encourage en me disant : « allez, devant ça craque, ya Nicolas Tardieu juste devant en noir, il est cuit de chez cuit, et Save est pas loin, tu vas le reprendre avant le semi ». Effectivement, je vois le gars en noir qui est quasi à l’arrêt, me voilà 4ème. Je passe au semi mais je ne vois toujours pas Jérôme. Je le passerai finalement au bout d’un km dans le 3ème tour.

a priori dans le deuxième tour, vu qu'il y a d'autres personnes sur le circuit :-). Encore une belle foulée, mais ça ne durera plus très longtemps.

 

2ème tour passé en 43m20 (4m23/km réel). Je vois bien qu’il n’y aura pas 42,2km, mais à ce moment, dans ma tête, je m’en fous ! Je passe le semi (en fait plus proche de 20km) officiellement en 1h24m21, meilleur temps. Boris limite bien la casse, 1m30 derrière moi. Apparemment il a fait un 1er tour très rapide mais après il a bien accusé le coup. Un autre gars, qui finit 52ème au final, fait 1m moins bien que moi. Derrière nous 3 premiers, il y a déjà 4m30 d'écart avec le 4ème et j’ai repris environ 10min à Jérôme.

J’entame donc ce 3ème tour gonflé à bloc, mais je sens que ça répond de moins en moins bien. Je croise Philippe qui me gueule dessus une nouvelle fois que je suis en train de tout casser, que Jérôme est juste devant ! Et effectivement, je commence à l’apercevoir, et le double avant le 1er km du 3ème tour. Je le double au train, sans chercher à en faire trop. De toutes façons, je vois bien qu’il ne peut pas s’accrocher, il est déjà en train de lutter. De mon côté, je perds encore de la vitesse, et suis maintenant autour de 4m30/km. Je me dis que ce n’est pas si mal, que je perds de la vitesse, mais que je reste en contrôle.

Mes souvenirs sont un peu flous sur ces 2 derniers tours, je n’arrive pas à remettre les choses dans l’ordre. Je me souviens qu’on a pris une averse mémorable, qui a bien aidé à nous rafraichir, j’ai croisé le 2ème, Belgy, dans le 3ème tour, je vois qu’il a encore une avance confortable (une dizaine de minutes), que Nicky et Enzo essayent de m’encourager. On a un échange mémorable avec Enzo :

« tu veux que je te donne l’écart avec ceux devant ? »

« vas-y »

« 9 min de Belgy , 13min Dessenoix »

Du coup, je me dis que devant c’est mort, et je commence à me demander si ça peut pas revenir de derrière. J’avais entendu le speaker dire que Nicolas Tardieu revenait, et j’ai eu peur qu’il ait laissé passer l’orage, et qu’il court maintenant comme un lapin. Mais en fait non, in ne s’est jamais remis.

« derrière c’est loin, laisse tomber, faut regarder devant. Allez Benji, ils peuvent craquer devant, faut pas lacher ! »

« ouais, mais ici aussi ça peut craquer » je lui réponds.

Et là, tout le monde autour : « mais non !!!! allez, tu vas tout défoncer ! ». Trop marrant.

Mais bon, on est à la fin du 3ème tour, j’ai encore 9min de retard, je vois pas bien comment je pourrai reprendre ça en 12km. Surtout que Belgy, il m’a collé plus de 5min à pied à Lacanau, c’est un très bon coureur, en plus d’être un excellent cycliste, et c’est déjà miraculeux d’avoir réussi à lui reprendre du temps.

Ce 3ème tour j’oscille entre 4m22 et 4m38, et je le passe en 45min, soit 4m33. Je continue ma lente décélération. Idéalement, j’espérais faire le 1er tour à 3m55/km, et perdre 10s/km à chaque tour. Là, je suis parti plus lentement (4m08/km au 1er tour), mais la décélération n’est pas si mauvaise (4m23 au 2ème tour, et donc 4m33 au 3ème).

A Zurich, c’est le 3ème tour qui avait été difficile. Là, ce sera plus le début du 4ème.

Juste après l'averse, dans le 3ème tour à priori. On voit que c'est moins aérien, et la figure est moins fringante. On s'accroche !

 

Je prends un tour à la première féminine à la fin de ce 3ème tour, elle court vite dis-donc !

Nicky me dit que coach Nick est à fond derrière l’ordi et lui dit de me dire « ne change rien ! ». Ouais, super, sauf que ça fait 30km que je cours, là, j’en peux plus, je peux pas ne rien changer, faut que je ralentisse. Difficile d’expliquer l’état d’esprit et les sensations dans ce 4ème tour. Je vois que le cardio baisse un peu, et flirte autour des 140bpm. C’est pas si mal, c’est que j’ai réussi à garder un bon investissement tout du long, même si j’aurai aimé réussir à rester autour de 145bpm. J’ai peut-être eu une baisse de motivation quand je me suis rendu compte que la 3ème place était assurée et que devant c’était quasi impossible à aller chercher. Mais à la fin du 3ème tour, je vois que je suis à pile 2h pour 28km, donc encore sur les bases du sub-3h, et donc du sub-9h. Je suis surpris, je pensais avoir perdu plus de temps, et je me remobilise. Bien sur, je n’espère pas faire sub 3h, je ne peux plus courir à 4m16, mais je me dis que je ne serai pas si loin.

Mais au fait, je n’ai pas parlé de pipi-caca encore ! Ca ne me ressemble pas, on va remédier à ça. Sur le vélo, vous me demandez ? Et ben non, pas cette fois-ci. J’ai eu un peu envie sur la fin du vélo, mais c’est pas venu, sans me gêner pour autant. A pied, au bout de quelques km, je sens que je peux me délester, j’attends d’être à un endroit sans trop de gens, et c’est parti ! Il parait que c’est difficile de faire pipi en courant. Moi je ne comprends pas pourquoi, un peu de relâchement, et ça part tout seul. C’est sur après on n’est pas très frais, mais là avec toute l’eau qu’on se met dessus et la sueur, la trace va rapidement disparaitre… Ce sera la seule fois de la course, mais ça m’a bien soulagé !

Ce 4ème tour donc. La vitesse se dégrade encore : 4m42, 4m47, 4m48, 4m52 ! Arggghhh ! Mais en fait non, je ne regarde pas trop la montre, je fais ce que je peux. Mais je me souviens pas que les jambes étaient lourdes. Je pense c’était un manque d’énergie, ou peut être déshydratation. J’ai sans doute pas réussi à assez boire pour vraiment être au top. En tout cas, je n’ai pas mal aux jambes, musculairement, l’entrainement a payé, « j’ai pas mal ! ». Mon 36ème km est le moins rapide, en 4m55, à cause en particulier d’un petit arrêt à un ravito avec 2-3 triathlètes qui me bloquaient l’accès au coca, où j’ai du m’arrêter pour chopper un verre. C’est à ce moment que je vois Nicky, qui m’encourage une nouvelle fois, je lui dis que j’en peux plus, et elle arrive à trouver des mots pour me rebooster : « pense à ton chrono ! ». Mais c’est vrai ça, j’étais venu ici pour le chrono, pas pour la place, le sub-9 est peut être pas perdu. Comme quoi le cerveau contrôle le corps. Km 37 en 4m42, km 38 en 4m38. C’est pas folichon, mais réussir à accélérer à ce moment, c’est pas mal quand même. Je croise Belgy au km 36, il a encore 2km d’avance, je le félicite d’un signe de la main, je sais même pas s’il sait que je suis 3ème, et que j’ai essayé de le reprendre depuis 10km. Ca sent bon la fin, j’accélère encore, km39 en 4m34. Ca y est, je peux prendre la bifurcation pour aller à la ligne d’arrivée. On nous avait prévenus qu’on allait passer dans le sable et quelques mini-bosses. Ça va, on peut faire 300m difficile après 40km de plat. Je me sens des ailes, même dans le sable, je peux encore appuyer fort. Je vois la ligne d’arrivée, je ne relâche pas mon effort. Je suis à plus de 15km/h sur la dernière ligne droite, et je franchis enfin la ligne d’arrivée sous les applaudissements du public, et Nicky et Val qui sont là. Dernier km en 4m16, malgré le sable et les mini-bosses !

La dernière ligne droite ! La foule en délire !

A l’arrivée, je sais pas trop quoi faire, je lève un peu les bras sur les 50 derniers mètres, puis pense à applaudir le public, qui était très présent ce jour et m’a bien aidé, autant à vélo qu’à pied. On met une banderole au niveau de mon torse quand je passe la ligne d’arrivée, mais je suis gêné ; pour moi c’est les vainqueurs qui ont le droit de « casser » la ligne d’arrivée et la banderole. Là je ne suis que 3ème. Je prends quand même la banderole mais je n’ose pas la lever au-dessus de ma tête. En fait je suis comme un con, je n’ai pas pensé du tout à ce moment, ou à comment je vais savourer ce moment, je suis resté concentré jusqu’au dernier mètre, et maintenant que c’est fini, je me rends compte que je n’ai pas savouré ce dernier km, j’étais juste à bloc !

A l'arrivée, tout le monde il est content !

 

Bon ça aura quand même eu l’avantage de me faire casser la barre des… 8h50 ! Pile 8h50m00s. Enorme, je n’y crois pas.

Avant d’épiloguer longuement, comme à mon habitude, les derniers chiffres de la CAP :

Dernier tour (un peu plus long que les autres car bifurcation pour aller jusqu’à l’arrivée) : 48min pour 10,3km GPS (10,2 réel), soit 4m42/km. Encore 10s de perdu donc.

Et donc à ma montre 2h57m10s pour 40,4km GPS (40km réel), soit 4m26/km, soit 3h06m53s pour 42,2km. Officiellement 2h57m46 (j’ai couru un peu du 1er tour avant de lancer ma montre). Meilleur temps. Le 2ème est à 6min (celui qui finit 52ème), puis c’est Dessenoix 3h06m24 et Belgy en 3h08m35. Je leur reprends donc pas mal de temps (8m30 et 11min) mais pas suffisamment pour espérer les revoir. Ils finissent respectivement à 13min et 5m40 devant moi. Derrière, il y en a pas mal en 3h10 environ, puis le 11ème temps est déjà 20min derrière en 3h18.

Sur le 2ème semi, malgré ma difficulté, comme toujours, c’est difficile pour tout le monde, et c’est là en fait que j’ai fait les plus gros écarts. Je suis en 1h33m25, donc quand même 9min de perdu par rapport au 1er semi, mais je reprends plus de 6min au 2 premiers. D’autres sont intercalés, en 1h34, 1h36, 1h38, mais je réussis à faire le meilleur temps, à 1m30 du 2ème.

Une fois la ligne passée donc, j’ai droit à un petit interview, puis je peux retrouver Nicky, et Val, ils ont l’air aussi heureux que moi. Je me ravitaille, je bois, je bois, je bois. J’attends pour la bière l’arrivée des coéquipiers, sinon je vais être bourré très vite. Nicky arrive à passer sur l’aire d’arrivée, on peut discuter, et je file me faire masser, tant qu’il n’y a pas trop de monde. Du coup j’ai droit à une masseuse par jambe !

si on zoome sur la montre, on voit que... Non je déconne !

On en est là, quand un gars se présente, me dit qu’il est arbitre principal, et qu’il a en charge de ne plus me quitter des yeux jusqu’à ce que je me présente au contrôle anti-dopage. La classe, mon premier contrôle anti-dopage ! Bon, en fait c’est assez chiant et long, c’est hyper procédurier pour que l’athlète, en cas de contrôle positif, ne puisse pas s’engouffrer dans une brèche « vice de forme » pour se dédouaner. Heureusement, j’arrive à faire pipi assez vite, et ça ne me prend qu’une demi-heure environ, mais pour les 2 autres, ils attendent d’avoir envie… Je peux repartir profiter de la ligne d’arrivée, et accueillir mes coéquipiers, tous finishers, certains plus contents de leur course que d’autres, forcément. Moi, je suis sur mon petit nuage, et j’ai du mal à cacher ma joie. Que c’est bon de réussir son objectif !

Les 3 premiers. C'est bon ça !

 

Derrière moi, j’en ai pas parlé, mais Jérôme a réussi à garder sa 4ème place, mais il termine 15 minutes derrière moi. Malgré le parcours rapide donc, la chaleur a fait des dégâts, on n’est que 3 en dessous de 9h, Derrière Jérôme, c’est plus rapproché, 9h07, 9h10, 9h11, il n’y a plus de gros écarts, le 10ème est en 9h17.

Après la course et les jours suivants, je suis vraiment vraiment très content de ma course. J’ai réussi à battre tous mes adversaires que je pensais « prenable », les 2 seuls devant sont indéniablement meilleur que moi, et je n’imaginais pas pouvoir les battre. Je suis très content de mes chronos aussi, tout va bien.

Puis, au fur et à mesure des jours qui passent, je pense (oui je pense trop au général) à ce que j’aurai pu faire de mieux. Et finalement, je trouve que j’aurai quand même pu faire mieux. C’est bizarre, à Zurich, je m’étais dit que j’avais fait la course presque parfaite, que je ne pouvais pas espérer mieux. Là, je pense que je fais une meilleure course, mais je me dis que j’étais pas à mon maximum. Par contre, je ne parle pas en terme de classement, car pour le coup, je sais que de tous les « favoris », je suis celui qui a le mieux réussi sa course. C’est sur je pense avoir laissé quelques minutes par ci par là ; mais les autres c’est plutôt des dizaines de minutes qu’ils ont laissé, donc je ne peux pas regretter mon classement.

Déjà pour le sub-9h, comme je disais, le parcours est court, donc je voulais faire des calculs de prorata pour voir ce que j’aurai fait sur Ironman « complet ». Je me disais avec 10min d’avance ça passe facile, mais en fait :

En course à pied, j’ai donc 40km réel, et un peu plus car j’ai pas bippé, peut être 150m. Ça fait quand même 2km de moins. A 4m26/km moyen, ça fait déjà 8m52 de « gagné ». Après, je suis assez surpris de mon kilométrage à ma montre. On avait environ 250-300m de plus que le parcours de l’année dernière (la bifurcation pour l’arrivée qu’ils n’avaient pas), et l’année dernière mon coach me disait qu’il y avait environ 40,4km, et openrunner affiche 40,8km, mais en zoomant je vois que le demi-tour est un peu plus loin à un endroit (environ 60m, donc cela allonge de 240m en tout, soit un total à 40,55 pour l’ancien parcours). Et mes coéquipiers affichent environ 41km, comme d’autres sur Strava. Du coup, forcément je doute, j’aimerai qu’il y ait 40,5 voire 40,6 ou 40,7, mais en fait j’en sais rien. En tout cas, je gagne entre 6m40 et 8m50 sur ce marathon plus court. Et encore, j’ai pris ma vitesse moyenne, et on sait que les derniers km sont les plus longs. Quoi que dans mon cas, j’ai eu un petit sursaut sur la fin, ce n’est pas impossible que je sois arrivé à courir les derniers km en 4m30.

Sur le vélo donc, entre 178,5 et 179, à 37km/h, cela m’a fait gagné entre 1m40 et 2m25

Et sur la natation, difficile aussi de dire, mais je pense qu’il y avait entre 50 et 150m de trop, soit entre 45s et 2m15 de perdu.

Si on fait le total, ça fait que j’ai gagné, grace au mauvais kilométrage, entre 6m05 et 10m30. Soit un temps total entre 8h56m et… 9h00m30s ! Purée, mon sub-9h ! Ce n’est pas possible !3 jours après, je commence à me rendre compte que le sub-9 est peut-être pas « validé » ! Bon, ensuite je me suis dit, certains IM comptent dans leur marathon les distances de transition. Ça m’arrange. Et honnêtement, je trouve pas ça déconnant J. Bref, les transitions étaient de au moins 200m en tout, cela est suffisant pour repasser la barre des 9h, et on arrêtera là les calculs !

 

Pour ce qui est de faire mieux, comme je disais, je pense que j’ai laissé un peu de temps dans les 3 sports. Mais restons honnête, le parcours était très très rapide. En vélo on n’a eu que très peu de vent, et à pied c’est tout plat. C’est sûr que la chaleur a joué et nous a empêchés de courir encore plus vite, mais cela reste un parcours rapide. Difficile d’en trouver un plus rapide je pense.

Mais donc, en natation, je n’ai pas hyper bien géré, c’est moi qui étais devant pendant 2000m, puis j’étais complètement perdu et n’ai pas pu accrocher les pieds. Je pense avoir bien perdu entre 30s et 1min sur cette partie, si j’avais eu des pieds à prendre, et que j’avais mieux repéré la fin du parcours.

Sur le vélo, je cherche la petite bête, mais je pense pas que j’étais dans un grand jour. 219w, je pense que je suis capable de faire mieux. Et en terme d’aéro, je veux encore essayer de m’améliorer, en tentant de baisser mon poste de pilotage, changer ma position, resserrer éventuellement les appuis-coudes, tenter la position « mante religieuse ». Voire changer de vélo, mais là faut passer à la banque ! Bref, faut que je fasse des tests, j’ai vraiment envie de les faire pendant l’hiver, je pense que je peux encore gratter quelques 1/10 de km/h.

Et en course à pied… Bon, difficile de dire que je ne suis pas satisfait de cette course à pied. Meilleur temps, je repousse tous mes adversaires à plus de 9min, voire beaucoup plus. Mais au final, je ne valide pas le sub-3h. C’est sûr que les conditions de chaleur ne s’y prêtaient pas, contrairement à Zurich où il faisait 18°C, c’était parfait, mais le parcours était tout plat et très rapide, contrairement à Zurich où il y avait quelques montées et pas mal de virages. Donc je ne sais pas si on peut dire que le parcours était « lent ». En tout cas, même sur ce jour, j’ai l’impression de m’être laissé endormir au début du 4ème tour, que j’aurai pu gratter 10, 15, voire 20 secondes par km à ce moment-là, si j’avais réussi à me remettre dans ma course, et peut être aussi si j’avais mieux mangé/bu. Encore une fois, je suis conscient que j’ai été sans doute le meilleur sur ces aspects sur la course, et c’est ce qui m’a valu ma 3ème place, mais je pense pouvoir être encore meilleur…

Donc pas de regrets sur le classement, mais un peu sur le chrono, à posteriori.

Je suis reparti gonflé à bloc, avec l’envie d’en découdre à l’Altriman, mais la fatigue m’est tombé dessus 3-4 jours après la course, quelque chose de bien. Je me trainais comme une loque toute la journée, j’ai suivi Nicky en vélo sur un entrainement en course à pied, j’arrivais pas à suivre ! Mais là ça revient, et l’envie de reprendre la compétition aussi. L’altriman donc, le prochain objectif. Je vais pas avoir beaucoup de prépa spécifique, mais j’ai quand même pas mal de km de montagnes lors des stages, quasi 10 000m de D+ à chaque stage. Je pense que ça va le faire. Difficile de se donner un chrono ou un classement objectif, tellement la course est particulière et que j’ai du mal à me situer par rapport aux meilleurs qui font cette course. Mais clairement j’avais dit que si je revenais sur l’Altriman, ce serait quand je penserai avoir le niveau pour le gagner. Je pense ne pas en être loin, on verra bien.

 

Quelques vidéos pour finir, de mon arrivée, et de mon interview. Le speaker ne me connait toujours pas, malgré une dizaine de podiums sur des courses qu’il commentait ! Le lendemain à la remise des prix, il a même dit : « un jeune qui monte ». Mouais, je suis plus jeune, et je pense être arrivé au pic là, mais bon, c’est gentil quand même.

Allez, c’est la fin, bravo à ceux qui ont lu jusque-là, merci pour les mots d’encouragement ou de félicitations. Si ce CR vous a paru long, dites-vous que je l’écris surtout pour moi, je sais que j’aurai plaisir à le relire d’ici quelques mois ou quelques années, soit pour me remémorer ce que j’étais capable de faire à une époque, soit avant mon prochain IM, pour me souvenir de ce qui m’attend et de ce que je dois bien et mieux faire.

Avant cette course, je me disais que ce serait mon dernier Ironman préparé spécifiquement, tellement il m’est difficile de tout miser sur une seule course, et la pression que je me mets en conséquence, mais maintenant j’ai envie de remettre ça. J’ai fait 4 IM, et je les ai tous réussi, en baissant à chaque fois le chrono (bon en fait mon 2ème était légèrement moins rapide que mon 1er, mais le parcours plus dur), alors peut être que je peux aller encore plus vite ?

A dans 5 semaines pour le CR de l’Altriman, mais peut être que je ferai un petit S avant…

 

Ah, j'oubliais, j'ai pas pu récupérer mes 1000 euros de récompense, il faut attendre les résultats du controle anti-dopage dans 2 mois. Mais j'ai quand même eu droit au podium le lendemain, avec du beau monde !

represent La Tribu en jaune et noir. RESTECP !

 

Et pour vraiment finir, les 2 vidéos :

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