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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 22:05

Bon, après une semaine à repousser l'inéluctable, je m'y colle, voici le CR de mon premier Ironman depuis Zurich 2014. On va faire comme si vous ne connaissiez pas le résultat, OK ?

Ce sera long et pénible, mais vous en viendrez à bout avec de la persévérance et un gros mental.

On y va ?

La Prépa

Non, ne vous inquietez pas, je ne vais pas décrire mes 5 mois de prépa. Mais comme je n'ai pas fait d'entrée pré-IM dans mon blog, je la fais maintenant. Une prépa plus courte qu'à l'habitude donc. J'avais fait une fin de saison 2016 course à pied jusqu'en novembre, ce qui m'a forcé à faire ma coupure plus tard que d'habitude. Je commence donc fin décembre, et on enchaine encore sur de la course à pied, avec le but de faire un gros cycle sur 2 mois, pour ensuite pouvoir faire beaucoup de vélo et finir par la natation. C'est une organisation assez différente des dernières fois. Jusqu'à 3 semaines avant le Frenchman, j'avais l'impression que tout se mettait en place parfaitement: j'avais un niveau en course à pied encore meilleure que mes saisons précédentes, et je tenais des allures indécentes à allure IM. En vélo, mes sorties en stage montraient que je tenais la forme, et en natation, après 4 mois où j'avais l'impression de ne pas réussir à avancer, j'ai profité de petite vacances au soleil pour nager tous les jours en eau libre, et au retour, j'étais plus très loin de mon meilleur niveau.

Bref, tout ça c'était avant, avant qu'au lendemain du half de Lacanau, je fasse un tour du parcours du Frenchman à puissance cible avec tout mon matos de compet’, et je me rendais compte qu’à allure IM, cela donnait du 34-35 km/h. Moi qui visais 36km/h mini, 37 idéalement, et 38 dans mes reves, je tombais de haut.

Les 2 dernières semaines ont été difficile, entre tous les tests vélo pour essayer de comprendre pourquoi je n’avancais plus, des douleurs aux ischios qui apparaissaient à pied, mes douleurs à la selle qui me font craindre de ne pas réussir à tenir la position aéro très longtemps, des sons bizarres qui émanaient de ma roue avant, et la pression d’avoir un unique objectif, on peut pas dire que je suis serein. Et ca se ressent sur mon humeur… Et pour corser le tout, gros coup de fatigue 2 semaines avant l’objectif, qui nous oblige à revoir le programme d’entrainement quasi quotidiennement. Heureusement, je refais surface 5-6 jours avant, et je sens les batteries se recharger à bloc à l’approche de la course.

J’essaye tous les petits artifices pour gagner en aéro. En particulier, je m’épile les jambes et les bras. Cela fait naitre des sentiments mitigées chez Nicky : d’un coté elle n’aime pas du tout esthétiquement, mais d’un autre coté, je vais comprendre ce qu’elle endure à chaque passage de l’esthéticienne… Effectivement, on verse une petite larme à l’arrache de chaque papier-cire, mais on y arrive en pensant aux 10s de gagnés sur 180km ! Non, en fait je sais pas combien ca fait gagner, j’espère un peu plus ! Je change ma chaine, je lave le vélo, j’essaye de planquer toutes les réparations pour ne pas perturber le flux de l’air. J’ai beau avoir fait une école d’aéronautique, ça reste du beau pifomètre !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

juste avant le premier arrachage de poils...

et c'est pas fini !

Lorsque je me suis inscrit au Frenchman, et pendant toute la préparation hivernale, j’avais des ambitions démesurées. J’avais choisi le Frenchman car son parcours paraissait rapide (tout plat) et que les Ironman labellisés sont hors de prix, et j’essaye de ne plus cautionner cela en boycottant ces épreuves. Bon, je ne dis pas que j’en ferai plus jamais, mais j’essaye d’éviter en tout cas. Maintenant que la course est passée, je peux le dire, mon but était tout simplement de la gagner ! Bon, je savais que c’était un objectif déraisonnable, car il était grandement fonction de paramètres que je pouvais maîtriser, c’est à dire qui allait s’inscrire. Mais je me tenais le raisonnement suivant : Tous les bons amateurs qui ont le niveau pour aller à Hawaii cherchent en général à y aller (ou y retourner). Je me disais donc que cette course allait attirer les seconds couteaux du triathlon amateur français. Et dans cette catégorie, je pensais avoir de bons arguments pour m’imposer. En plus, il y a des primes importantes, 2000 au 1er, 1500 au 2ème, 1000 au 3ème, 500 au 4eme et 300 au 5eme. C'est toujours bon à prendre! Bon, je m’étais également mis un objectif en temps pour ne pas être dépendant des autres : je visais sub-9h, avec sub-1h en nat, sub 5h en vélo, et sub-3h en course à pied. Pour les non-habitués, sub-9h, c’est un peu le graal du triathlète amateur. Et sub-3h à pied, c’est encore plus difficile, même certains pros ont quelquefois du mal à atteindre cette marque.

Jusqu’à 3 semaines avant l’objectif, j’étais cependant très confiant sur l’objectif. Je m’imaginais même dans mes rêves les plus fous un chrono du genre 56min/4h44/2h57 pour 8h40 avec les transitions, cela me paraissait du domaine de l’envisageable

A l’approche de la compétition, je revois mes ambitions à la baisse : j’ai vu la start-list, c’est bien plus fourni que ce que je pensais, et plus dense que les années précédentes. Je dénombre au moins 5 gars que je connais qui ont un meilleur potentiel, et mon coach en connaît un 6ème. Mais je ne désespère pas pour autant. Ces 6 gars me mettraient une rouste sur n’importe quelle épreuve jusqu’à l’half IM, et certains d’entre eux l’ont déjà mise (la rouste), mais sur IM, je sais que les cartes sont redistribuées, et que la gestion, l’alimentation, l’hydratation, et le mental, comptent autant que le potentiel athlétique, et dans ces aspects, je me sais et me sens fort. En réalité, je vois 2 gars qui me paraissent au dessus du lot, et les autres me semblent prenables.

J’essaye de recadrer mon objectif au chrono. Si ces 6 gars font une course parfaite, et moi aussi, je serai 7ème (au mieux). Si je réussis à faire moins de 9h et que je finis 10ème, je ne peux pas être déçu, j’essaye de faire abstraction de la compétition. Ceux qui me connaissent se doutent comment ça a été dur…

Les derniers jours, pour pimenter le tout, la météo s’en mêle. Ils annoncent très chaud le jour J. Pas la grosse canicule mais les 27-30°C, qui rendront la course à pied très difficile. Dans ces conditions, le sub-3h devient très compliqué, voire impossible avec mon niveau. Mais d’un autre coté, je sais que la chaleur durcira la course, et j’ai tendance à mieux supporter la chaleur que la majorité, et donc selon moi cela m’avantagera.

Voilà donc pour les éléments de ma prépa.

Ah non, un peu de nombres pour clôturer :

Depuis le 20 décembre, début de la prépa après 3-4 semaines de pause :

41h de nata pour 112km

86h de CAP pour 1100km

133h de vélo pour 3720km

et 16h de PPG pour 0km, forcément…

Tout ca en 22 semaines environ.

Pour ceux ne veulent pas faire d’addition/division, ca fait environ 12h30 par semaine.

Mais pour être complètement transparent, sur les 12 dernières semaines (sans compter la dernière), j’ai mis l’accélérateur, bien aidé par 2 semaines de stage à 35 (trop géniales les 2, merci encore aux participants de ces stages qui me liront), je suis à 17h de moyenne (sans compter ces 2 semaines, c’est plutôt 13,5h par semaine).

Ces dernières semaines seront d’ailleurs rythmées par l’appel du 4000 !!!!

Non, pas 4000 blagues/jour, mais 4000km de prépa, chiffre clé avancé par mon entraineur pour arriver avec une bonne caisse à vélo sur son IM.

J’ai tout fait pour y arriver, mais il m’en aura manqué 300. Cela ne me gêne pas du tout, car une bonne partie de ces km étaient en montagne, ce sont des km qui valent double ! Mais bon, ca aura quand même permis de bien délirer dessus avec les partenaires de stage et d'entrainement, et à me botter les fesses pour rallonger de quelques km les sorties quand je le pouvais ! ( Nicky prend la parole :mais tu savais pas que Pauline faisait pareil !)

Purée, je vous ai déjà assommé, et pas encore de blagounettes en vue, c’est plus ce que c’était les CR ! (Nicky : Mac Du te plaint pas on attendait ton devis...)

Allez, pour ceux qui veulent, on passe à l’avant-course, les moins motivés peuvent passer au récit de course direct. Enfin, les moins motivés peuvent fermer ce blog en fait.

 

Avant-course

On laisse les petits chez les grands-parents à Mimizan, et on part à Hourtin le vendredi matin, la veille de la course. Je voulais pas trop tourner en rond sur le site de la course, c’est pourquoi je voulais arriver le plus tard possible. Au programme de la journée, trouver l’appart, faire un plouf dans le lac pour reconnaître le parcours, un petit tour en vélo pour vérifier les réglages et les jambes, retirer les dossards, poser le vélo, et trouver un moment pour manger et si possible se poser tranquilou pour regarder le tour d’Italie.

Au final, la journée sera rythmée. La nata en lac se passe bien, et je constate qu’on aura un départ couru dans l’eau sur une cinquantaine de mètres. C’est tout bon pour moi, je suis bon à ce jeu là, ca me permettra de me placer aux avants-postes dès le début. Je fais quelques départs simulés avec l’aide de Val et sa cheville en titane pour essayer de voir à partir de quelle profondeur il vaut mieux se mettre à marcher que continuer à « dolphiner » (je vais pas re-expliquer, vous n'avez qu’à relire le CR de Lacanau, merde!). Mais bon, coach Nico me mettra en garde le soir même : pas de dolphin sur IM ! Ca pompe du jus et ça fait gagner quelques secondes.

2ème étape : le vélo, en compagnie de Seb, qui joue à se faire peur la veille du départ : il casse sa vanne sur sa chambre à air, puis s’aperçoit que sa chambre à air de secours est déjà percée ! Et bien, mieux vaut s’en rendre compte la veille que le jour J ! Moi, pendant ce temps, je stresse de ne pas avoir le temps de tout faire, et je lui mets la pression pour réparer vite, ce qu’il fait d’ailleurs à l’aise. On part, et c’est mon tour de faire le boulet, j’ai oublié ma montre ! Difficile alors de faire des allures cibles… On arrive à téléphoner à Nicky, je récupère ma montre dans la voiture, on peut enfin y aller. Là, je sens que j’ai pas de supers jambes de veille de course, mais c’est pas la cata. Par contre, énorme et très belle surprise : je fais des moyennes de maboule à allure IM : proche des 39km/h ! Bon, c’est super, mais ya un détail qui me chiffonne : pour ne pas l’abimer ou la salir la veille de course, je n’avais pas pris ma nouvelle trifonction Kiwami à manches (oui, celle à 300 boules, oui…), j’avais mis mon ancienne, Kiwami aussi, que j’ai depuis 3 ans, avec laquelle j’avais déjà fait l’IM de Zurich avec bonheur.

Bon, ca fait 3 semaines que je fais des moyennes de merde à vélo, que je ne comprends pas d’où ca peut venir, et la veille de course, je tombe sur ça. Ca remue fort dans ma petite tête : est-ce possible que ma nouvelle trifonction qui devrait etre plus rapide (c’est essentiellement pour ca que je l’ai acheté) soit la cause de cette non-vitesse depuis tout ce temps ? On en discute un peu avec coach Nick, et on décide de garder la nouvelle trifonction à manches, essentiellement pour me protéger du soleil. Mais quelques heures après, je retourne ma veste de tri-fonction : c’est décidé, je reprends ma vieille : je me barbouille de crème et tant pis pour les coups de soleil ! Je ne sais pas si c’est grâce à elle que je suis allé vite lors de cette reconnaissance, mais une chose est sure, ça m’a mis le moral dans les nuages de voir cette vitesse, c’est un signe, je vais lui faire confiance une dernière fois à cette trifonction verte, aux couleurs de mon ancien club Nanterre !

Après un repas relax grâce à mes 3 comparses de bungalow, qui auront grandement contribué à m’aider à évacuer mon stress d’avant-course (ya pas à dire, c’est important les veilles de course d’être le plus relax possible), on va chercher les dossards, et on prépare les vélos, avec le Giro en arrière-fond. C’est bon pour moi, tout est prêt, il me reste plus qu’à préparer mon dossard. Purée, ces cons là, ils se sont trompés sur mon prénom sur mon dossard, ils ont mis Tom ! C’est Seb qui tilte plus vite que moi : euh, ils se sont pas trompés sur ton prénom mais sur ton sac, ils t’ont donné le 338, pas le 238 ! Ouh pinaise, le petit coup de stress ! Plus le temps de faire un aller-retour, on prend le vélo avec nous pour tout faire sur place. Je connais un Tom qui va être content de me voir avec son dossard ! Tom est hyper-cool (normal pour un belge). Les bénévoles sont un peu débordés mais on arrive à chacun récupérer nos dossards, puces, etc.

Direction le parc, on dépose les vélos et les sacs de transition. J’essaye de visualiser chaque transition pour voir que je n’ai rien oublié… Re-pinaise, mes chaussettes ! Faire 180km nu-pieds, ca me fait pas peur, c’est ce que j’avais prévu, mais 42km sans chaussettes, c’est quand même risqué. Je me dis : « tant pis, au pire t’auras les pieds en feu, ca te fera oublier tes douleurs là où ca compte, dans les jambes ! ». On va au briefing, mais c’est bondé, il fait chaud… allez tant pis, je saute le briefing, je vais au bungalow chercher mes chaussettes ! Tout est bien qui finit bien, je mets mes chaussures sur le vélo, avec les élastiques, ce sera ca de moins à faire (ou à oublier de faire!) le matin de la course. En meme temps, s’il pleut… « Mais non, il pleuvra pas ! » me dit Nicky. C’est vrai, je les laisse, on se retrouve avec les autres de la Tribu pour un petit apéro sur l’herbe. On essaye d’être relax, mais on sent quand même un peu la tension. « J’te dis qu’t’es tendu, t’es tendu ! Me dis pas « j’suis pas tendu » dis moi « oui Claudie j’suis tendu » ». Bref, on se souhaite bonne chance, bonne nuit, et on part manger chacun dans notre bungalow. Une dernière plâtrée de pâtes, et je me couche vers 22h, mais j’ai du mal à m’endormir. Pas grave, la dernière nuit, de toutes façons, elle sert à rien. J’arrive quand même à dormir un peu car je n’entends pas l’orage pendant la nuit. Apparemment de gros coups de vent !

Réveil à 4h avec Seb. Il se fait son traditionnel jambon/oeuf, je reste sur mon Clusters/lait de ri/weetabix, complété par un peu de pates à l’envie. Oui, on peut avoir envie de pâtes le matin. Je jette un dernier coup d’oeil aux madeleines et bonbons que Nicky m’a acheté. Allez, dans 12h, je pourrai me jeter dessus ! L'ambiance est relax, on déconne, ca aide à moins se prendre la tête sur la course à venir. De toutes façons, je l'ai déjà imaginé 1000 fois à l'entrainement, plus besoin de le faire une énième fois. (Nicky : avec la musique de Seb le matin on pouvait que rigoler : Céline Dion avec la chorégraphie!)

On arrive en avance au parc à vélo. J’avais dis à Seb, ca sert à rien de dormir 15min de plus, et on sait jamais ce qu’on peut trouver dans le parc, mieux vaut se prendre de la marge.

Je retrouve mon vélo, mes chaussures trempées (merci Nicky!) mais c’est pas grave, il va faire chaud, c’est peut être même mieux ! Je gonfle mes boyaux, je tourne un peu la roue pour accéder à la valve… Mais ca frotte sur le frein ! Ca frotte fort même ! c’est quoi ce bordel, hier à la pause c’était nickel. Je me dis qu’avec le coup de vent et ma roue plein, le vélo a du tomber sur le coté et le frein a bougé. Super… Je vérifie le frein avant et repositionne le frein arrière, vérifie qu’il est bien serré, ca a l’air de coller, mais je me serai bien passé de ça. Je ne pense même pas à vérifier mon dérailleur. Heureusement il n’avait rien.

Le temps passe, je mets mes 70 bonbons énergisant dans ma Bentobox. Ca déborde ! Ah non, il reste un peu de places par là. J’en rajoute autant que possible, on sait jamais, si une petite faim devait survenir. Je table sur 2 bonbons toutes les 10min et un 3ème en bonus toutes les 30. Soit 14 par heure, 70 pour 5h. Le compte est bon. Les dents par contre elles vont morfler avec ce sucre ! Nicky me tartine de crème solaire « « white zinc », un truc de surfer australien qui doit normalement bien rester sur la peau. Je ne compte pas m’en mettre pendant la course. Du coup, j’aurai le look indien (ou mort vivant, selon les références) sur toute la course.


Je vous l'accorde, je n'ai pas encore the eye of the tiger, mais ca ne saurai tarder !


et là, je l'ai ?
 

Seb me taxe mon PQ, et 5min plus tard, c’est moi qui doit y aller. Bordel de prout, ou c’est qu’il est ? Ouf, le voilà qui revient l’air béat ! Je trouve les toilettes, aucune queue, je fais ma dernière vidange, et je peux aller dans les bus qui nous emmènent au départ, de l’autre coté du lac (la nata est une traversée de lac). J’ai perdu mes coéquipiers, mais par chance ils montent dans le même bus que moi. On déconne dans le bus, ca aide à faire passer la pression. Dans le bus, je pense à passer la pommade qui doit m’aider à ne pas trop souffrir de la selle, bonne rigolade quand les extérieurs prennent des photos et que je suis à poil dans le bus.

Sur l’aire de départ, je commence à m’échauffer à sec, je reçois les derniers encouragements de Nicky et Val et sa cheville en titane, puis on nous donne accès à la plage de départ. On fait le dernier échauf collectif avec la tribu, on s’encourage et direction l’eau pour le dernier echauf aquatique.

I believe I can fly ! ou au moins swim fast.

 

oooooh, le beau sourire crispé pour essayer d'évacuer le stress!

Je mets mes lunettes et direct la pression monte. Ca y est, c’est maintenant ! Le DJ nous donne du French : Edith Piaf et France Gall, on a déjà vu mieux pour galvaniser les foules ! Je m’échauffe bien comme il faut, je suis un des derniers à sortir de l’eau. La plage de départ est très large, cela permet de ne pas être gêné. Je choisis un endroit où j’ai l’impression que personne n’est « taquet/compet » et où je pourrai me détacher facilement pour poser ma nage rapidement. On nous annonce 5min avant le départ. Je passerai les 5 prochaines minutes à enlever mes lunettes toutes les 15s pour essayer d’enlever la buée, et à me dire : c’est pas grave, tu suis les bouées tous les 200m, ou les pieds devant toi.

 

Natation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le départ, vu d'un angle de vue différent

 

Ca y est, les fauves sont lachés, je prends un bon départ en courant, et conformément aux instructions du coach, dès que je ne peux plus courir, je commence à nager. Je vois qu’à coté de moi, les gars marchent encore. Je me relève une dernière fois, fais quelques pas, et replonge pour de bon. Je suis au milieu, je vois qu’à gauche il y a un gros paquet, et à droite un petit. Quant à nous, nous sommes 2 ou 3 à nager devant au milieu. Je me dis que j’ai fait le bon choix. Du coup, je ne suis pas obligé de nager très fort au départ, j’essaye de garder un bon rythme pour arriver à la première bouée pas trop mal placé. Elle est placée à 200m environ du départ, mais elle est placée dans l’axe de la course, de telle manière qu’elle n’implique pas de faire un virage, et donc ce n’est pas la cohue. On passe à 10-20m de la bouée, je me retrouve dans un petit groupe, un groupe s’est déjà détaché devant, ce n’est pas grave, je sais qu’il y a des nageurs que je ne peux pas accrocher devant. Je reste en 2ème position du groupe, mais j’ai du mal à nager propre, je nage légèrement à droite du gars, et je lui touche souvent les pieds, et on se rentre un peu dedans avec le mec à gauche. A chaque mouvement, j’essaye de bien regarder les pieds devant pour garder ma ligne. Ca marche pas mal, mais ça continue à se fritter. Après un nouveau carambolage, j’entends un gars gueuler et s’énerver. Bon, c’est pas le moment de se prendre un coup de poing, je décide de laisser la place. De toutes façons, je trouvais que l’allure n’était pas terrible. Je me décale à droite et remonte le premier pour prendre les commandes du groupe. J’ai de supers sensations, et je suis content de ma décision. Je vois bien devant, le plan d’eau est calme, je peux nager très propre, plutôt en amplitude, mais quand il y a des petites vaguelettes à cause des bateaux, je passe en fréquence pour relancer la machine. Derrière, je ne sens pas de doigts gratter mes pieds. Soit ils sont très respectueux, soit je les ai lâché. Je vois devant un peu à droite un gars qui a l’air de bien nager, mais qui m’a l’air de zigager pas mal et de s’arrêter même de temps en temps pour regarder devant. Petit à petit, je le rattrape et je me dis que je vais me caler derrière. Mais dès qu’il sent que je suis derrière, il met une accélération, j’hésite à suivre, mais je renonce assez vite : déjà il ne nage pas hyper droit et apparemment a des changements d’allure fréquents, et en plus il ne veux personne dans ces pieds, c’est un coup à se cramer pour gagner 30s, je préfère rester sur mon rythme. Je le vois s’éloigner, mais le garde en ligne de mire, et je vois qu’effectivement il ne nage toujours pas droit (à moins que ce soit moi…). Le temps passe tout doucement, il y a des bouées tous les 200m, mais je ne les ai pas compté, je n’ai aucune idée de où nous en sommes : on a nagé 10, 20, 30min ? Je continue sur mon rythme, toujours personne pour prendre un relais devant, mais je ne faiblis pas. Je vois même avec plaisir que je suis en train de revenir sur le gars devant. On le rattrape et cette fois-ci c’est lui qui se cale derrière.

Bon, là ca fait un moment qu’on nage, j’aimerai qu’on arrive au virage. Car le parcours est une longue ligne droite, puis on tourne à gauche pour rentrer dans le port, passer sous un pont, et arriver sur une ile là où est le parc à vélo. Théoriquement un super parcours.

J’attends donc ce virage avec impatience. Puis j’aperçois au loin 2 bouées rouge. Jusqu’à présent il n’y avait que des jaunes. Et merde, j’aurais du aller au briefing ! Je dois passer où ??? Je dois commencer à ralentir car le gars qui nage pas droit me redouble, et je le vois s’éloigner de plus en plus à droite. Moi je décide de me diriger vers la bouée rouge à gauche, j’imagine qu’on doit passer au milieu de ces 2 bouées, et comme on tourne à gauche, j’essaye de prendre la corde. L’autre n’a pas du voir la bouée à gauche et s’éloigne loin… Mais du coup je doute… J’essaye de voir si les bateaux me font des grands signes, mais rien, je continue, je passe la bouée rouge, je tourne à gauche, et là, vous me croyez, vous me croyez pas (pour ceux qui ont lu jusque là bien sur), je ne vois plus rien. Je suis complètement aveuglé par le soleil levant que l’on a en face. Mais pas qu’un peu, hein, complètement, je ne discerne rien ! Je suis obligé de m’arrêter et laisse passer quelques gars qui jusque là étaient derrière moi, qui eux ont l’air de réussir à se diriger. Je commence également à fatiguer, mais heureusement je me dis que c’est la fin. Mais en fait ca dure avant d’atteindre le port. Je suis complètement désorienté, je ne me souvenais plus que le parcours faisait autant de zigzag sur la fin, et cette partie me paraît interminable. Tous les gars de mon groupe me passent devant petit à petit. c’est un peu frustrant mais je me dis que je ne laisse que 30s-1min, il n’y rien de dramatique. On longe la berge où il est tentant de faire quelques mètres à gauche pour se lever et marcher, mais on continue à nager, on passe dans des roseaux, on voit qu’il y a des spectateurs sur le coté, mais je ne distincte rien. Enfin on passe sous le pont et j’aperçois l’arche d’arrivée. Je m’extirpe de l’eau, je suis content de ma nage, et je vois que je n’ai pas de vertiges comme je peux en avoir de temps en temps.

on m'a déjà vu moins à l'aise à la sortie de l'eau !

Je ne connais pas mon classement, mais j’imagine dans les 20, (nicky : j'ai compté 17-18 ) qui était ce que je pensais faire. Je fais une très bonne transition, j’ai tout dans mon sac de transition, les bénévoles sont au petits soins, et je peux partir au petit trot récupérer mon vélo, en attachant mon casque. Transition comme je l’avais imaginé, elle s’est déroulé parfaitement. Enfin, jusqu’à ce que je doive sauter sur le vélo. Quel bordel ! En fait j’ai enfin compris pourquoi je n’y arrivais pas : je suis habitué à enfourcher mon vélo par la droite, et d’appuyer en premier sur la pédale gauche pour me lancer. Sauf que quand on fixe les chaussures sur les pédales et qu’on les retient en place avec des élastiques, la chaussure gauche est derrière. Du coup je suis obligé d’appuyer en premier avec le pied droit et je suis pas du tout à l’aise. Une fois encore, c’est la cata, je manque de renverser un gars qui me doublait par la gauche, mais enfin je peux me lancer.

Au final, à l’analyse des résultats, je sors en 1h00m31s. C’est plus que ce que j’espérais (environ 57min), mais il y avait sans doute un peu plus. C’est le même parcours que l’année dernière, coach Nick me parlait de 4000 à 4100m. De mon coté, je suis allé voir les traces des athlètes sous Strava et j’ai retracé le parcours dans google earth, et je trouve environ 3900m. Un peu plus donc mais si on enlève les 50-60 mètres courus au départ, on n’est quand même pas loin du compte.

Dans l’absolu donc, un peu décevant, mais en relatif par rapport aux autres, je suis satisfait, je sors 20ème de l’eau, et grâce a ma bonne transition, je ressors 15ème.

Je suis à 6m40 du 1er, et 5m40 des adversaires « direct » , dont Boris Dessenoix, favori du jour selon moi, triathlète avec de nombreuses références en courte distance (D1 notamment) mais dont c’est le premier IM. Je perds 4min sur Jérome Save, Pierre Gaspariau, Nicolas Tardieu, Nicolas Onillon, que j’avais identifié comme mes adversaires les plus probables pour les places sur le podium, et j’arrive à repousser Guillaume Belgy, l’autre favori de la course selon moi, à 1m45, alors qu’on était sorti ensemble de l’eau à Lacanau. Les 4min de retard sur les autres favoris, et 5m40 sur Boris, c’est plutôt satisfaisant. Par exemple, Gaspariau et Save m’avaient pris 2m40 sur le half du Soulor Aubisque en 2013, mais c’est vrai que j’ai fait des progrès depuis. Et sur le triathlon indoor de st Gaudens début 2016, Jérôme me prend 40s en 300m (ca fait 8min30 proratisé sur 3800m). Mais c’était en piscine, et je sais que je nage bien mieux en lac (merci la combi!). Et sur Boris, proratisé sur un CD, ca ferait du 2m20, autant dire impossible pour moi de sortir avec si peu de retard sur les gars qui font de la D1 !

Vous avez encore du temps à perdre? Bon, vous l'aurez voulu, la suite de la course, c'est ici

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Published by benji-triathlon
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