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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 09:00

TROP BEAU !
 
Non, c’est pas mon résultat, mais plutôt comment je me suis vu sur ce marathon. Et le marathon me l’a fait payer. Chèrement. Quand marathon pas content, lui toujours faire ainsi, il parait. Et bin, je confirme.
Mais commençons par le commencement.
Pour ceux qui souhaiteraient sauter les préliminaires, je ne vous en tiendrai pas rigueur, rendez-vous au passage sur la course elle-même, ou même au résultat, tout en bas. A tout’
 
Pour les autres… youhou, ya encore quelqu’un ?
Donc marathon de Castellon, près de Valence. Plus de 6h de route depuis chez moi. Pour ne pas me taper 6h de route la veille de la course, j’avais décidé de partir le vendredi soir, faire une pause pour la nuit, et ainsi couper la route en 2. Attends, il va pas nous raconter son voyage, là ? Si, si, mais je vous assure, ya des trucs drôles (à posteriori bien sûr).
Je reprends, départ à 6h de Saint-Vincent, pour arriver avant 22h30 à l’hôtel où j’ai réservé, heure limite indiquée sur la réservation. Première partie du voyage pépère, pour traverser les Pyrénées, jusqu’à ce que je me rende compte qu’il allait falloir bourriner sur la fin pour arriver avant 22h30, et que la jauge d’essence est pas loin de la réserve. Je bourrine donc, ce n’est pas dans mes habitudes, pour arriver à 22h22 dans le village, la jauge d’essence presque au bout, mais il y a une station d’essence à l’entrée du village. Je tourne un peu en rond avant de trouver l’hôtel. Normal, aucune lumière sur la devanture. J’arrive, portes fermées, on renvoie au restaurant à l’entrée du village. J’y vais. Fermé. Il y a un numéro de téléphone sur la porte, mais mon téléphone ne capte pas. Et pour finir, la station-service est fermée pendant la nuit.
Je résume donc : je n’ai pas de lit, pas d’essence, pas de téléphone, je suis pommé dans un village où rien ne bouge.
Bon, je retrouve mes années d’étudiant, on va dormir dans la caisse. Je suis pas plus embêté que ça, mais je crains le froid. J’arrive à baisser tant bien que mal la banquette du passager, mais c’est pas facile, il y a le vélo derrière (oui, le vélo, on va y venir…). Je trouve un endroit sans trop de lumière, et j’arrive à dormir un peu, mais le froid me réveille vers minuit. J’ai pas pris de blouson, je n’ai que mon petit pull à capuche. Je sors tous mes t-shirts de mon sac que j’avais pris pour avant/après la course, et je les enfile tous. Même avec 6 couches de vêtement, j’ai encore froid. Bon, j’essaye de raisonner. Pour mettre le chauffage, faut que je mette le moteur, et il me reste vraiment peu d’essence. J’allume quand même 5min en me disant que ce sera peut être suffisant. Au bout de 5min je suis pas mal, mais dès que j’éteins le chauffage, j’ai re-froid. Impossible de dormir. Bon, je prends une autre décision : je vais me poser sur le parking de la station-service et je mettrai plus de chauffage. Si je tombe en panne sèche, au moins, je serai sur place pour remplir le lendemain.
Je reprends la route pour les 500m qui me séparent de la station-service. Et là, vous me croyez, vous me croyez pas, les flics arrêtent toutes les voitures ! Heureusement, Nicky m’avait donné les papiers de la voiture au dernier moment ! En fait, ils me demandent rien d’autre que de souffler dans un alcootest. J’arrive à comprendre à peu près ce qu’il me demande, et je souffle de toutes mes forces, ya pas de risque ! Bon, il se rend compte que ma gueule pas nette n’est due à l’alcool mais à la fatigue, et il me dit de circuler. J’essaye de baragouiner pour qu’il me dise quand est-ce que la station-service ouvre, et miracle ! Il me dit qu’il y en a une autre (au moins c’est ce que je comprends) ouvert 24/24 500m plus loin. J’en profite pour lui demander s’il connait un hôtel, et il m’indique un à une vingtaine de km, mais je comprends un mot sur 2 et je ne suis pas sûr de le trouver, et en plus, c’est à rebours de là où je veux aller. Mais bon, j’arrive au moins à trouver la station-service, je suis sauvé pour la nuit, je pourrai au moins chauffer la voiture ! Je commence à aller dans la direction qu’il m’avait indiqué, mais au bout de 10min, je suis dans la pampa, je me dis que je trouverai jamais ce qu’il m’a indiqué, et je décide de reprendre la route direction Castellon, je suis bien réveillé maintenant, et de m’arrêter dans un coin pour dormir quand je serai fatigué.
Je fais comme ça une cinquantaine de km avant de vouloir m’arrêter pour la nuit. Je loupe un premier embranchement. Quelques minutes plus tard, je vois un autre endroit pour m’arrêter, je ralentis, et 2ème miracle, je vois un panneau avec un lit, signe international pour hôtel. Juste à côté, voilà l’hôtel, le bar est allumé, il y a 4 gars de la Guardia Civil et le barman. Je rentre et lui demande s’il a une chambre pour la nuit. Il discute un peu avec le gars dans la cuisine et oui ! Je lui demande quand même combien, même si dans ma tête je ne sais pas quel prix j’aurai refusé ! 25 euros, nickel, je prends.
Mais arrivé dans le chambre, il fait bien froid. Normal, la fenêtre est ouverte. J’arrive pas à faire marcher le chauffage. Bon, tant pis, je sors la couverture, je prends une bonne douche chaude, et c’est parti pour la nuit… Réveil à 5h par le froid. Je renfile mon pull, triture à nouveau le chauffage, et j’arrive à me rendormir, jusqu’à 8h environ. Ça c’est de la nuit de compet !
Et en rentrant dimanche soir de la course, je vois que j’ai reçu un mail de booking et du 1er hôtel (fermé) comme quoi j’étais pas venu et qu’il fallait que je leur transfère le complément. J’ai pas encore répondu…
 
Je reprends la route le lendemain, tranquille, et arrive à Castellon vers midi. Mon hôtel est en plein centre-ville, je me mets dans un parking sous-terrain, et monte récupérer mon dossard, à 500m du parking et de l’hôtel. Puis direction hôtel pour faire le check-in. C’est long ! C’est à l’ancienne, on prend toutes les références de la carte d’identité, on te fait signer des papiers, on imprime des feuilles, bref, on fait des papiers qui ne serviront jamais. Enfin, je peux récupérer mon manger à la voiture (des pates !), et m’assoir tranquille sur un banc pour manger.
Donc oui, j’avais pris mon vélo pour la simple (et bonne ? je sais pas) que je savais que j’aurai une après-midi à tuer à Castellon, et que j’ai acheté quelques composants à mettre sur mon vélo (manettes de changements de vitesses neuves, nouveaux plateaux, nouvelle chaine), et qu’à la maison je n’arrive jamais à prendre le temps de le faire.
Bon, maintenant, il faut trouver un endroit pour la faire, cette mécanique ! Dans le sous-sol du parking, c’est glauque, d’autant plus qu’il fait très beau dehors. Je me vois mal le faire sur le square, avec tous les passages, et il faudrait que je sorte tout d’un coup de la voiture (sac d’outils, vélo, pied d’atelier) et que je le trimbale à la surface, je le sens pas.
En plus, j’ai vu le parcours, il passe en plein centre-ville, en plus sur la fin du parcours (km 40). Donc moi qui voulais partir juste après l’arrivée, je risque de me retrouver coincer une ou 2 heures, le temps que les derniers arrivent. Et pour finir, le parking est pas donné en centre-ville. Sur les infos marathon, ils disaient qu’il y avait plein de parking gratuit un peu plus loin à 2-3km au nord, à l’université. Je me dis que je vais aller là-bas, je serai tranquille pour bricoler. Et pour rentrer à l’hôtel, je pourrai courir, il faut justement que je fasse un petit footing de 20min.
Je fais donc cela, un peu de bricolage. Pas tout ce que je voulais faire car forcément j’avais oublié des outils et des guides de montage… Mais bon, j’ai quand même avancé !
Puis je vais pour rentrer à l’hôtel. Je mets tout dans le sac : le manger pour le soir et le matin, les affaires pour le marathon. Je checke 10 fois que j’ai rien oublié, car je veux pas me repayer un aller-retour à pied à la voiture la veille du marathon !
Je mets tout ça sur le dos, c’est pas très pratique pour courir, mais je le fais quand même. Arrivé à l’hôtel, je sors la clé. P…. la clé ! Pas là, pas là non plus ! Je sors toutes les affaires, introuvable. Bon, et bien je vais me taper l’aller-retour, hein ? Je laisse quand même le sac à l’hôtel et repart plus léger. J’essaye de positiver. De toutes façons, le marathon n’est pas un objectif, je suis là pour m’entrainer pour l’IM. Alors un peu de km en plus, c’est pas grave. Je retrouve la clé, et je peux enfin glandouiller dans ma chambre d’hôtel quelques heures devant le championnat d’Espagne d’athlé indoor, manger le reste de mes pates, lire un peu, et enfin dormir avant le grand jour.
Réveil à 6h pour manger, la course est à 9h, puis re-glandage pendant plus d’une heure, je pars vers 7h50 pour déposer mon sac à la consigne. Puis glandouille encore un peu avant de partir m’échauffer. J’avais pourtant tout prévu niveau chronométrique : 20min echauf, dernière pause pipi-caca à l’hotel, dernier echauf vers la ligne de départ, j’arrive 5min avant le départ.
Je suis dans les temps sauf qu’il y a la queue à l’entrée des SAS. L’organisation était top jusque-là, mais là, c’est le bordel. L’entrée est mal indiquée, tous les sub 3h se retrouvent au sas 2h45 et ce n’est qu’au moment de rentrer qu’on nous montre l’autre SAS. Là il y a encore une belle queue (enfin un attroupement), et ça rentre un par un, avec un seul bénévole. Le départ approche, tout le monde est stressé, et là ils « ouvrent » les barrières entre les SAS, et tout le monde avance !
Pour ceux qui ne sont pas habitués au monde de l’athlé et des SAS de départ. En général sur les grosses courses, pour que les plus rapides partent devant et les plus lents derrière, pour éviter trop de bordel au départ, on demande le temps objectif aux concurrents et on leur accorde un dossard qui leur permet d’accéder à des SAS de départ. Dans notre cas, il y avait les sub 2h45, sub 3h, sub 3h30, sub 4h, et plus de 4h il me semble. Ces SAS sont grillagés sur les côtés, avec une entrée filtrée (celle qui bouchonne), et il y a une barrière entre les SAS (parallèle à la ligne de départ donc) pour les séparer. Quelques minutes ou secondes avant le départ, on ouvre ces barrières et tout le monde s’agglutine vers la ligne de départ. A Boulogne, cela avait été fait quelques secondes avant le départ, c’était nickel.
Donc là, je suis encore dehors quand ils ouvrent les barrières de SAS. J’ai peur que le départ soit donné dans la foulée. Finalement la bénévole ouvre en grand le grillage et on peut rentrer, mais plein du SAS 3h30 nous sont passés devant. Je vois le ballon 3h15 et 3h devant moi. Je me faufile comme je peux autant que possible, mais après c’est bouchonné. Je suis dégouté. Il va falloir se battre pendant au moins 500m pour réussir à s’extirper et pouvoir courir correctement à mon allure. Ça veut dire que je vais devoir faire un peu de sur-régime si je ne veux pas rester coincé dans des pelotons qui courent moins vite.
 
Là, j’assiste à toute la splendeur des « grandes organisations » dont vous êtes le héros. Les 2 speakers qui nous annoncent que c’est notre jour, qu’on est les meilleurs, qu’on va accomplir quelque chose de grand, etc… sur la musique de Carmina Burana pour nous faire prendre conscience de l’énormite de notre accomplissement et des héros que l’on est en passe de devenir. Ca m’a rappelé les sketches de Johan Métais (que je recommande) : on est en plein dedans. Je me demande ce que je fous là, coincé au milieu de 1500 couillons.
 
La course :
 
Mais bon, enfin, on nous libère, j’attends, je piétine, je marche, et enfin je peux passer la ligne de départ, une dizaine de secondes plus tard, et enfin courir. Je zigzague comme prévu, je trouve un allié de circonstance, qui trace la route, et on se dépatouille petit à petit de la foule. Au 1er km, c’est bon, on peut retrouver notre rythme. Ce 1er km est passé en 3m38, mais globalement en faux plat descendant. Je me suis dit que je suis un peu rapide, mais je n’ai pas non plus trop entamé la réserve.
 
Petit apparté pour les objectifs : le but est de courir à 3m50/km, ce qui fait 2h41m45 pour le marathon. L’objectif principal est donc de descendre sous les 2h42. Mais si je me sens bien, je m’interdis pas d’aller un peu plus vite et d’aller chercher 2h40 voire 2h38. Si cela se passe moins bien, j’ai 2 autres objectifs : 2h45 (temps qualificatif pour les championnats de France) et 2h48m47 (15km/h).
 
J’essaye de me recaler à 3m50, mais ça court très vite autour de moi. Cela m’étonne, et j’essaye de pas m’emballer. Une grande partie de ceux-là vont exploser d’ici la fin. Je mets 2-3km à me caler. J’avais également, outre l’allure, 2 autres moyens de me réguler. Ma respiration : je dois rester « sous contrôle », pouvoir faire de longues inspirations et expirations. Et ma fréquence cardiaque : si possible rester en dessous de 157bpm.
 
En terme de respi je suis bien, mais en terme de fréquence cardiaque, je suis déjà à 160 au 1er km. Je ralentis pour redecendre un peu, et je garde le rythme sur les km 2-3-4. Mais l’allure est difficile à appréhender car on est souvent en faux plat, descendant sur les 3 1ers km, puis montant. Je suis en 3m48 sur les 2 et 3, mais passe en 3m54, 3m58, 3m59 sur 4, 5, 6, tout en gardant une FC à peu près sous contrôle. C’est le premier signe que les choses ne vont pas comme je l’espérais. Normalement, j’esperais courir en 3m50 avec une FC de 155 au moins, et donc avoir une petite marge pour accélérer, mais je suis plutôt vers 157-158. Au km 6, on a le droit à une belle haie d’honneur avec plein de supporters, c’est bien sympa.
Les km 7-8 sont toujours en montée, et je sens un peu de vent, et je fais l’effort pour reprendre un groupe 10m devant et me protéger du vent. Mais les pulses montent vers 160bpm. Je croise les premiers, un groupe de 4 africains, et un peu plus loin les premiers espagnols. Sur le faux plat descendant qui suivent, je garde le même rythme et les pulses ne descendent pas. Et bien tant pis, on verra bien où cela nous mènera (vous devinez déjà ?) km 7 en 3m48, et km8, en montée, en 3m47 (c’est là où j’ai dû accélérer je pense). Km 9 et 10 se passent bien, en descente, en 3m43 et 3m44, et je récupère un peu. Je passe le 10km en 38m25, donc avec 5s de retard sur le tableau de route. Je me dis que la montée/descente a pas du aider et je reste confiant, je suis bien. Les 8 prochains km seront les meilleurs de ma course. J’étais bien, j’ai repris plein de monde, j’ai bien profité. Je me suis rapproché d’un gros groupe devant, reçu plein d’encouragements que j’ai pu apprécier. Ces 10km sont passés en 3m46/km, même si globalement on était en descente (-35m). Vers le 18ème km, même si j’étais encore bien dans l’allure, j’ai commencé à sentir les cuisses, et je me suis dit que ça risquait de coincer. J’ai continué à bonne allure jusqu’au semi, que je passe en 1h20m15s environ, donc avec 45s d’avance sur l’objectif. Les 2h40 me paraissent inatteignables depuis le début et n’ont jamais vraiment été en jeu. Par contre, j’ai les 2h42 en tête depuis le début. Mais alors que je passe le semi avec 45s d’avance, je sais déjà que je ne les ferai pas. J’essaye de switcher dans la tête au prochain objectif, 2h45, qui était pour moi la limite à partir de laquelle je ne pouvais pas être satisfait de mon temps. Il faut que je courre environ à 15km/h pour le reste de la course. Normalement, 15km/h ne me semble pas rapide, mais là, cela me semble déjà une montagne.
 
Je passe encore le 22ème en 3m48, à mon agréable surprise car je pensais avoir ralenti. Après, par contre, on entame la remontée, et le chrono s’en ressent, même si je garde une allure correcte : 3m56, 4m, 3m58, 3m58, 3m58 pour les km 23 à 27. Mais je sens que je ne pourrai pas tenir ce rythme, et les 2h45 me semblent en péril. Les cuisses sont maintenant bien dures, et dans la tête, c’est difficile. Je switche au dernier objectif, 2h48.  Avec l’avance que j’ai, c’est encore carrément faisable. Mais la vitesse chute inexorablement, même si j’arrive à limiter la casse : 4m06, 4m08, 4m02, 4m09 jusqu’au km 31, avec un passage aux 30km en 1h55m50, soit une moyenne de 3m52. Par contre, mon allure du semi au 30km est de 4m/km. Pour tenir l’objectif de 2h48m47, il faudrait que je course les 12,2 dernier km en 53min, un peu moins de 14km/h, en 4m20.
Je fais encore illusion quelques km : 4m20, 4m13, 4m17, 4m16 jusqu’au 35ème, mais les cuisses sont maintenant complètement bloquées, et les 2h48 me paraissent illusoires. Je n’ai plus d’objectifs, j’hésite à m’arrêter. Je n’en peux plus, et courir m’est extrêmement pénible. J’essaye de ne jamais parler de souffrance quand je fais du sport, pour garder un peu de perspective, mais on n’en est pas loin. J’en vois un qui s’arrête devant moi. Le chanceux ! Je décide de continuer jusqu’au bout, au moins pour m’habituer à cette sensation de courir avec les cuisses défoncées, qui pourra me servir au Frenchman. Encore 2km, 4m42 (en montée) et 4m32. Il reste 5km, mais là j’explose pour de bon. Je n’ai plus qu’un objectif, rallier la ligne d’arrivée sans marcher, mais que c’est long, que c’est difficile. J’ai peut-être oublié ce qu’est l’Ironman, mais je me souviens plus avoir eu autant de mal sur la fin.
Pour emballer le tout, je crois que je fais une petite hypo sur la fin. Je me sens livide, j’ai le regard vide, je n’ai plus aucune interaction avec les supporters qui m’encouragent. Je ne ressemble plus à rien. Chaque km est une lutte. Je constate que je reste quand même en dessous de 5min, soit 12km/h, pendant ces moments difficiles : 4m43, 5m, 4m56, 4m52, 5m pour les 5 derniers km, avant de finir les 200 derniers mètre en 58s.
Le speaker hurle mon nom. Super. Je suis lessivé, déçu bien sûr.
Une des seules satisfactions est d’être arrivé à courir à 12km/h sur ces derniers km où j’étais à l’agonie, alors que je cherchais même pas à aller le plus vite possible, je voulais juste rallier l’arrivée. J’espère ne pas vivre cela sur le frenchman, mais si je dois le vivre, j’espère réussir à m’appuyer sur cette expérience pour réussir à ne pas craquer complètement, et toujours rester au-dessus de 12km/h, même si idéalement j’aimerai même rester en dessous de 4m40, mais bon, on a vu que c’était pas si facile que ça…

Donc au final ca fait du 2h52m02 officiel. Je pense que ma puce a pas du être détectée au départ car je suis crédité de 2h52m02 réél également, alors que j'avais une dizaine de secondes avant de passer la ligne de départ, donc d'après moi plutôt 2h51m50 réél. Bon, ca change pas grand chose ! Ca fait du 4m05/km environ sur le marathon, et 56 minutes sur les 12,2 derniers km (4m35/km...). J'en ai vu défilé du monde sur ces 10 derniers km, et je n'ai doublé personne. Au final, je me classe 123ème sur environ 1600. Pour la petite histoire, c'était ma première course en vétéran. En Espagne, apparemment, en athlé, les seniors vont jusqu'à 34 ans. A partir de 35 ans, on est "vétéran 1". 
Le marathon n'était pas tout plat, mais on ne peut pas dire qu'il était difficile non plus. 120m de D+/D- environ d'après ma montre, avec pas mal de virages, mais la plupart n'était pas vraiment des virages serrés et il n'y avait pas trop de relance.

J'ai pas trouvé de photos pour agrémenter le tout, mais j'ai la vidéo de mon arrivée. Enfin, 2 vidéos. La 1ère où on me voit passer la ligne et me dire que c'est enfin fini, et on entend le speaker hurler mon nom et dire quelque chose (en espagnol ?). D'ailleurs si quelqu'un comprend, je suis preneur, j'ai juste compris "de su vida", mais le reste ???

http://www.corriendovoy.com/atletismo/193324/maraton-bp-castellon-2017

Et la deuxième ce sont mes 100 derniers mètres (à partir de 30s environ), où on peut voir que ma foulée est absolument magnifique.

http://www.corriendovoy.com/atletismo/193325/maraton-bp-castellon-2017

Ca ne diminue pas ma motivation pour le Frenchman ! On continue l’entrainement, et j’y serai plus fort !

Sinon, ca aurait pu être encore pire bien sur. J'aurai pu être espagnol et aller skier à Formigal ce WE. Pour la petite histoire, le plus gros embouteillage que j'ai vu de ma vie. Des voitures à la queue leu leu pendant presque une heure quand je roulais en sens inverse pour revenir. Ils y sont encore je crois.

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Published by benji-triathlon
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commentaires

Seb Espert 22/02/2017 16:02

Sacré périple ! Et joli chrono dans ces conditions: bravo ! C'est marrant car, perso, j'ai fais mon record avec panne d'essence sur autoroute la veille, vol des affaires dans la voiture pendant le retrait des dossards...