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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 08:45

Des plumes partout !

Près de 6 mois après notre dernière virée Soulorienne, le Vad revenait sur mes terres pour un nouveau petit tour de vélo.

Et oui, malheureusement, le duathlon du Tourmalet était annulé cette année, il nous fallait trouver autre chose.

Comme la météo annonçait grand beau pour dimanche, j’ai imaginé un grand tour de vélo dans les Pyrénées : Marie-Blanque (par Escot, le plus dur…), Aubisque, Soulor, Luz-Ardiden, Tourmalet. 4500m de D+ et 220km. Je me suis dit que le Vad allait me dire que j’étais un peu fou dans ma ptite tête, mais à ma grande surprise il était chaud bouillant ! Bon, va falloir assumer maintenant ! Après négociation avec nos moitiés, il est apparu qu’on se fourrait le doigt dans l’œil si on pensait qu’elles allaient perdre 2h pour venir nous chercher au Tourmalet par un bel après-midi de dimanche. Elles avaient bien raison ! Donc impossible d’aller chercher le Tourmalet et de revenir sur Coarraze, ca nous aurait fait du 270km, fallait rester sérieux !

La solution de repli est de faire Luz-Ardiden et de rentrer au bercail après. Ca restait une grosse sortie de 210km.

Et puis la veille, on s’est rendu compte que peut être on était un peu con, et des amis nous ont suggéré plutôt de faire Hautacam, c’est plus près que Luz. On réduit à 190km, mais toujours 4000 de D+ environ.

On décidait de faire le point après l’Aubisque : soit on est chaud bouillant et on va chercher Hautacam. Soit on est moyen chaud et on rentre par Argeles Gazost avec éventuellement un petit col en plus. Soit on est cuit et on rentre par le Soulor et Ferrières au plus court.

Le jour J, départ à 8h comme prévu. Comment ? Oui, bon, 8h45, c’est presque 8h, non ?

Il fait hyper beau, on a une cinquantaine de bornes avant d’arriver au pied de Marie-Blanque, et les paysages sont magnifiques, on prend du beau temps. J’ai l’impression que les jambes sont pas dans un grand jour, mais je me dis que c’est juste le début, ça va venir !

On espérait faire du 20km/h sur la sortie (pauses inclues), et on prend un peu d’avance, même si on ne roule pas très fort, pas très vite. On se grimpe pas mal de petites côtes, il n’y a quasiment pas de voitures, la sortie comme on les aime quoi.

On arrive à Marie-Blanque, et on m’avait prévenu : c’est facile au début, et les 3-4 derniers km sont bien difficiles. Environ 8km d’ascension.

Je reste 2km avec le Vad, puis, comme prévu, j’accélère. Certains diront trop, sans penser à la suite. J’avale les 2 prochains km puis j’arrive à la partie difficile : il reste 4km et le panneau indique le prochain km à 11%. C’est dur mais ca passe, je suis encore à 10-11km/h. Prochain km à 9,5%, ca passe encore mais je commence à être un peu à la limite. J’espère un répit dans la pente au prochain km. Que dalle : 13% ! Là je ralentis. Pas par choix, non, par obligation. Je garde tout de même un bon rythme, et le dernier km, je me dis c’est bon, ca va rebaisser : 12% ! Argghhh, les salauds ! J’arrive au bout après avoir puisé bien dans mes réserves et en me disant que j’aurai bien passé un plus petit plateau (j’étais en 39*28, heureusement que j’avais 28 derrière !).

 

Je redescends récupérer le Vad, qui zigzague sur la route. Je lui demande si ça va, car le zigzag des fois c’est signe de manque de lucidité, mais là en l’occurrence c’était juste signe de manque de force ! Le Vad aussi en vient à bout finalement. On s’arrête pas trop longtemps en haut, le temps de prendre une photo, de se poser 5 minutes, et on repart pour la descente. Le Vad me met un vent dans descente, mais on est obligé de s’arrêter quand un troupeau de vaches traverse la route, et une en particulier n’a pas vraiment envie de se faire doubler.

Direction l’Aubisque maintenant, mais Marie-Blanque m’a plus entamé que ce que je pensais. On m’avait prévenu que c’était dur, et bien c’était dur !

On entame l’ascension de l’Aubisque sans vraiment le savoir, par Beost. C’est relativement facile jusqu’à Eaux-Bonnes et là la véritable ascension commence : 12km à 8,5% environ, assez homogène (entre 7 et 10% tous les km). Je commence à avoir faim, et j’essaye de manger un peu, mais en montant c’est difficile, et je ne suis pas très lucide car je me dis que je vais attendre la fin de l’ascension pour manger. J’avais bien mangé jusque-là, je me disais qu’il n’y avait pas de raison que je doive manger plus. Les 4 premiers km se montent bien, je suis à 12km/h environ. Puis les km commencent à devenir de plus en plus dur, les km à 8% ont l’air d’être à 12%, je cherche désespérément une accalmie dans la pente pour pouvoir souffler un peu. Il doit être 13h, une chaleur de plomb, ya pas beaucoup d’ombre, j’ai peur de faire une insolation, et les 2 abris anti-avalanches qu’on doit passer font un bien fou, la fraicheur, l’ombre.

On arrive à Gourettes, il reste que 4km, mais je suis à l’agonie, mes jambes ne répondent plus, je commence à zigzaguer sur des pentes à 8%, je commence à envisager de devoir m’arrêter. Je passe encore 1km puis je vois un coin d’ombre à droite et j’hésite à m’arrêter. Je continue mais le regrette aussitôt, il n’y a plus un coin d’ombre, et je n’avance plus, je n’ai plus de force, j’ai juste envie de m’arrêter et de m’allonger quelque part. Heureusement que mon puissance-mètre n’a plus de pile depuis le haut de Marie-Blanque, je pense que ca aurait été assez comique de me voir développer difficilement 120W et être au bord de l’explosion !

Puis la délivrance, j’aperçois un coin d’ombre, et là je n’hésite plus. Je n’ai rien à prouver, je m’arrête. Je manque de tomber en désenfourchant mon vélo. Je m’assois sur le bord de la route et essaye de récupérer. J’avale 2 barres en 20 secondes, ça fait du bien. Je me dis que j’ai dû me faire une bonne fringale en fait. Je pensais avoir assez mangé, mais faut croire que non. J’avais pas connu de telles défaillances depuis bien longtemps. Plus de 15 ans en fait et mon ascension du Tourmalet quelques semaines après l’achat de mon premier vélo de course, avec seulement quelques dizaines de km dans les pattes. A l’époque je m’étais arrêté 3 fois et je ne sais toujours pas comment j’étais arrivé au bout. Mais j’avais un petit plateau à l’époque, ça aide quand même.

Bref, au bout de 5 minutes, je commence à me sentir mieux et me dit que le Vad va bientôt me rejoindre, je vais pas lui donner le plaisir de me voir sur le côté de la route. Je souffle encore 2 minutes et après cette pause je repars, et le reste de l’ascension se passe bien mieux. C’est pas la grande forme mais ca passe.

Je souffle une minute en haut et je me motive pour redescendre chercher le Vad. Il n’est pas très loin, même pas un km.

Arrivé en haut, on est mort tous les deux ! On s’allonge dans l’herbe, et le Vad a la bonne idée d’aller acheter des sandwichs. Ça nous fait du bien, du gras, du sel, des calories. Puis un coca bien frais et ça va beaucoup mieux.

Bon, on est tous les 2 d’accord pour rentrer au plus court, Hautacam et Argeles gazost attendront une autre sortie !

On redescend vers le Soulor, la descente me fait peur car on est vraiment à flanc de falaise, et le Vad me prend un peu de temps. Il y a juste 2 km d’ascension pour arriver au Soulor. Je vois que je me rapproche du Vad, mais sur le faux plat montant, il ne faiblit pas, et je me rapproche difficilement. Sur les 500 derniers mètres par contre, je vois que je lui reprends du temps et je décide de faire l’effort pour aller le chercher. Il m’a fait pas mal de pancartes, mais les cols, je vais pas lui laisser ! Je vois qu’il ne regarde pas derrière et je me rapproche vite et voit que je vais le reprendre à moins de 100m. Je le passe en relançant avec une petite phrase douce au passage, et lui me répond par un « Nannnnn !!! » qui traduisait sa déception après avoir touché du doigt la pancarte du Soulor ! Peut-être une prochaine fois, Vad !

Au Soulor, on s’attarde pas et on descend rapidement. Pour la prochaine fois, je prends du plaisir dans la descente, et je me dis pas pendant toute la descente « mais quand est-ce que ça va se terminer ?! ». Bon, par contre j’ai regardé par rapport à la dernière fois, j’ai quasiment rien gagné en temps ! Mais ca va venir. Je me suis rendu compte aussi pendant cette sortie que j’étais bien plus à l’aise sur les virages à droite que sur les virages à gauche. C’est surprenant, je suis tombé sur un virage à gauche ! Et la vitesse aussi, dès que je dépasse 60km/h, je freine !

J’ai retrouvé des jambes et le faux plat jusqu’à chez nous est bien plaisant, on prend quelques relais. On est à 18,7km/h (l’Aubisque et la pause de 30min en haut ont fait mal à la moyenne) et je fais les derniers km rapides pour essayer d’arriver à 19km/h. C’est chose faite à 100m de l’arrivée.

On arrive donc après 7h30 (6h50 de roulage environ) et 143km pour 3000m de D+ environ.

Cette sortie devait confirmer ou non ma capacité à faire l’Altriman dans de bonnes conditions. Le résultat parle de lui-même… Même si j’ai très mal géré la sortie (Marie-Blanque à bloc, fringale sur l’Aubisque), les 200 bornes et 5000m de D+ de l’Altriman risquent de m’achever moi et ma fin de saison. Je vais donc faire l’impasse sur cette course, c’est plus logique, mais je ferai quand même le déplacement pour encourager/accompagner le Mac (sur l’IM) et le Vad (sur l’half) le samedi, s’il fait beau bien sûr, et pour faire le S le lendemain.

Et voilà, une bonne journée, même si au final je vois encore que mon niveau en vélo n’est pas celui que j’espérais !

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Published by benji-triathlon
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